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élections présidentielles de 2017

  • Le cas Taubira

     

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            « Après avoir assuré mardi 22 décembre à la radio algérienne que la déchéance de nationalité ne serait pas retenue dans la Constitution, Christiane Taubira a subi l'humiliation du désaveu public ce mercredi 23 après le Conseil des ministres. La déchéance de nationalité est maintenue. Elle ne démissionnera pas. Mieux, elle la défendra devant le Parlement. »

                                  Médiapart le 23 décembre 2015

     

     

              Volte-face de François Hollande et de Manuel Valls... à cette pauvre Christiane Taubira, ils lui auront vraiment tout fait et elle aura tout avalé sans en perdre une goutte ! Alors qu'il y a une semaine, la non-introduction dans le projet de loi constitutionnelle de la déchéance de nationalité pour les personnes nées en France était acquise.

    Christiane Taubira garde néanmoins le sourire, à l'aise, Blaise ! La déchéance de nationalité est donc maintenue, Christiane Taubira devra la défendre devant le Parlement et vivre son naufrage politique et moral jusqu'à la noyade comme d'autres de boire leur vin jusqu'à la lie.

     

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                                 Le cas Taubira

     

                Brillante candidate à la présidentielle de 2002, une tête bien faite et bien pleine, des convictions qui ne sont pas simplement des humeurs (celles de tout le monde) ni un positionnement ethnique et démagogique ou plus simplement carriériste...

    Rapporteuse de la loi du 21 mai 2001 qui reconnaît enfin que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien constituent un crime contre l'humanité…

    Garde des Sceaux, star du gouvernement Ayrault, si Christiane Taubira est en politique un de nos derniers intellectuels engagés, dans les replis sinueux de son cortex cérébral, de circonvolution en circonvolution, Christiane Taubira n’a de cesse de creuse son sillon ; toujours le même depuis qu’elle a été nommée à son poste de garde des sceaux ; il a pour nom : solidarité gouvernementale.

    De la solidarité au renoncement, du renoncement à la soumission, de la soumission à l'asservissement, rappelons qu'il n'y a parfois qu'un pas... d'autant plus que le ministère de Madame Taubira se trouve tout près de l'Elysée et de Matignon, là où elle reçoit ses ordres.

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                N'oublions pas ceci : bien avant les péripéties à propos du projet de loi constitutionnelle et de la remise en cause du "droit du sol" qu'il implique, on pouvait déjà assister aux manifestations de flics dans les rues, à des avocats faisant la grève de l'aide juridictionnelle ; plus tôt en février de cette année, des enfants et leurs parents ont été arrêtés à l'occasion d'une traque contre les "anti-Charlie" ;   une mineure de 14 ans a été mise en examen pour apologie du terrorisme ; un adolescent de 16 ans a été placé en garde à vue ; un homme de 34 ans, qui avait fait l'apologie des frères Kouachi lors de son arrestation en état d'ivresse ; ainsi que des dizaines de procédures ouvertes pour "apologie" du terrorisme.

    Vint ensuite la confirmation par la Cour de cassation du caractère illégal de la campagne BDS (boycott d'Israël) ; les persécutions judiciaires de Dieudonné et d'Alain Soral qu'aucune justice en Europe se cautionnerait ; des « affaires » qui n'avancent pas (comme si l'Etat PS gardait sous la main l'épouvantail Sarkozy avec celui de Marine le Pen) ; et toujours des policiers et des gendarmes acquittés à propos de bavures avérées, des prisons surchargées et toujours une justice sous financée ; des syndicalistes mis en examen, et aujourd'hui même : condamné pour contrôles au faciès, l'Etat se pourvoit en cassation alors que François Hollande s'était engagé à lutter contre ce type de contrôle lors de sa campagne présidentielle.

    Le ver était dans le fruit, très tôt.

    Aujourd’hui c’est l’état d’urgence décrété par Hollande dans la nuit du 13 au 14 novembre dernier qui vient assombrir le tableau avec des assignations à résidence d’écologistes considérés dangereux, des perquisitions par centaines sans résultats et des interdictions de rassemblements et de manifestation... Christiane Taubira, infatigable Garde des sceaux, la ministre "J'y suis bien, j'y reste !" persiste et signe : souriante et enjouée, elle demeure.

     

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               Et c'est alors que... pas à pas, sans éclat ni tapage, par la petite porte, porte de derrière pour ainsi dire... mois après mois, année après année, on s’y traîne, debout mais couché, lentement mais sûrement, de flatterie en flagornerie, alléché par l’odeur d’une promesse de reconnaissance au sein du grand barnum politique et sociétal... et puis, par un beau matin, on retrouve ses chaînes, le bruit de son cliquetis et son entrave, celle dont on croyait s’être débarrassé.

    Et c'est alors que l'intéressée ira jusqu'à tenir le fouet qui punira ses congénères. Et c'est aussi l'indépendantiste guyanaise qui échange son lexique et son codex de militante des droits des Peuples à disposer d'eux-mêmes contre une langue de bois au service de la domination du plus fort sur le plus faible : l'élève a dépassé le Maître.

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    Mais alors, esclave un jour, esclave toujours ?

    « Django » le long métrage de Quentin Tarantino sur la traite, nous en donnera quelques exemples aussi hilarants et savoureux que pathétiques car, dans ce monde de la traite, de l’esclavage et des plantations, "le nègre domestique", nègre de l'intérieur, qui bichonne le maître, le pomponne, s’assure de son bien-être, de la propreté des lieux et de l’excellence des mets qu’il trouvera dans son assiette, sait que la force est du côté des Blancs esclavagistes et négriers ;  sa sécurité et prospérité aussi quand il est promu au rang de Major d’homme. Dans ces conditions, mieux vaut, à ses yeux, être le domestique du Blanc au 19e siècle que son salarié "libre" cent ans plus tard, à trois dollars de l’heure.

     

                   D’autre temps, d’autres mœurs… soit !  Mais quand on sait qu’aujourd’hui personne n’ est contraint à ce déshonneur - et sûrement pas Madame Taubira -… sinon par désoeuvrement, orgueil et vanité ; encore et toujours la vanité ! Que dire alors ?

    Frantz Fanon, Aimé Césaire et Edouard Glissant  (auteurs cravatés qui n’ont fait finalement que servir la langue des maîtres) dont Christiane Taubira se réclame, ont donc échoué : leur littérature ne l’a pas aidée à penser les dangers de la compromission et le piège qui se referme sur la victime qui choisit de servir son bourreau : celui d'hier, d'aujourd'hui et de demain ; celui qui est du côté du manche ; bourreau de toujours qui vous domine des pieds à la tête, entre deux sourires, deux tutoiements, deux embrassades : Judas père et fils. 

    Autant pour la vigilance de Madame Taubira qui avait pourtant tous les atouts en main – intelligence, talent, culture -, pour démasquer un tel stratagème. Car si le pouvoir corrompt, le pouvoir « privé du pouvoir de dire non et de lui tourner le dos » rabaisse et avilit ; on quitte alors son fauteuil débiteur et sale… endetté à vie.

    Aussi, à propos de la relation du PS avec Christiane Taubira, force est de conclure ce qui suit : ce parti n'a pas son pareil lorsqu'il s'agit de salir celles et ceux dont il loue les services le temps d'un passage dans un de ses gouvernements iniques dont il a le secret ; il exigera tout d'eux qui, sur le plan de la morale, de l'éthique et de la rigueur intellectuelle, y laisseront tout ce qu'ils possédaient avant d'y entrer.

    Prêtez-leur un bras et main forte, et c'est tout votre corps, corps et âme, que vous y abandonnerez car, c'est maintenant bien établi : on sort manchot, cul-de-jatte, lobotomisé et sale - en d'autres termes : discrédité - d'une collaboration, même éphémère,  avec un parti qui cultive comme aucun autre, le mépris courtois et sournois envers ceux qui le servent, sans doute à cause d'une trahison politique qui lui sied si bien depuis trente ans !

    Après leur départ, reste alors pour tous ceux qui ont un jour succombé à l'appel du PS à se faire oublier au plus vite dans le confort d'une retraite rondelette ; et pour ceux qui auront gardé un minimum de conscience morale... retraite amère qui ressemble étrangement à une cavale : rompre tout contact avec son passé tout en renonçant à une vie sociale digne de ce nom.

     

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              Mais alors... est-ce un hasard si ce destin sacrificiel qui ressemble fort à une crucifixion touche en priorité des Français qui appartiennent à des minorités visibles ?

    On pourra longtemps s'interroger sur le fait que le PS ait pu confier à Christiane Taubira un projet de loi aussi clivant et controversé que "Le mariage pour tous" ou bien une réforme pénale aussi ambitieuse que controversée. Doit-on y voir là, une fois encore, un désir du PS de gonfler les scores du vote FN avant de l'instrumentaliser à la prochaine présidentielle de 2017 ?

    Ah ! Mépris quand tu nous tiens.....................   Harlem Désir (il sera le premier), Malik Boutih, Najat Vallaud-Belkacem et maintenant Christiane Taubira...

    Même en politique, on leur confie le sale boulot.

     

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                   La pire des choses pour un être humain c’est de mal vieillir car, on ne devrait jamais vieillir comme on ne devrait jamais cesser de hurler ! Tous devraient alors pousser leur cri puis mourir tout de suite après pour mieux laisser résonner ce cri.

    Attention des médias, confort matériel, prestige de la fonction, à ce sujet, on reprochera à ChristianeTaubira d’avoir tué ce cri pour une bataille de chiffonniers de mauvaise foi à l’Assemblée nationale le mercredi au moment des questions de gouvernement, tout en ayant la faiblesse ou la fourberie de croire que cette bataille valait une seconde d’attention et une seule journée d'investissement.

    Christiane Taubira, une authentique femme de gauche dans un gouvernement de droite aura accepté de gérer, durant cinq années, la pénurie d’un budget d’une justice à 60 Euros par tête d'habitant, le plus faible d’Europe…

    Une femme politique Christiane Taubira, faite pour le combat politique mais sûrement pas destinée à occuper un poste de ministre car, si la politique c’est un métier dans une démocratie squelettique, être ministre c’est la poursuite de cette carrière politique par d’autres moyens ; ne rien faire, attendre, sourire, s’agiter, ménager la chèvre et le chou puis frapper très vite et fort au bon moment : ascension assurée.

    Mauvaise fille, ChristianeTaubira n’a fait finalement que donner des coups de pieds dans les tibias de tout le monde, renonçant très vite à mener jusqu’au bout une réforme dès les premiers coups de sifflet de l'Elysée et Matignon qui annoncent la fin de la partie en attendant la prochaine.

    Ministre militante mais impuissante, c’est alors que l’on développe un comportement de petit chef, puis de capot, la boucle bouclée.

    Christiane Taubira avait une opportunité de quitter ce gouvernement d'une présidence de la honte et du ridicule, au moment de l’arrivée de Valls ; son erreur, sa faute sera d’être restée ; ce qui la condamne déjà. D’autres ministres avaient compris qu’il fallait quitter ce gouvernement de renégats ; elle s’est obstinée : la peur du désoeuvrement suite à un retour à la vie civile ?

     

               Dans ces conditions, comment alors ne pas souhaiter que Christiane Taubira se fasse oublier dès 2017. Un retour à la Guyane peut-être auprès d’une population qui n’a pour seule avenir que le RSA. Tout le monde a le droit à la rédemption. Espérons qu’elle ira la chercher et qu’elle trouvera cette rédemption auprès des déshérités de l'Outre-mer, abjecte dans son organisation économique, et par voie de conséquence, dans son organisation sociale.

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    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
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