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algérie

  • Colonialisme, nazisme et crime contre l’humanité : anachronisme, amalgames et confusion

     

                  Combien sommes-nous à nous souvenir de cet historien qui, dans les années 90, d'une équation, avait tenté la résolution suivante : « communisme = fascisme » ?

    Il s’agissait de François Furet (1) et avec lui, de toute une bande de révisionnistes passés à droite après de bons et loyaux services à gauche ; un Furet, déterminé à tuer le père, et pas n’importe lequel, celui qui s’était longtemps fait appeler « le petit père des peuples », sans doute dans le but de devenir enfin adulte – comprenez : raisonnable ; et donc à droite toute !-, au sortir d’une adolescence idéologique jugée très certainement encore boutonneuse et imparfaite, telle une crise post-adolescente, à un âge où il est pourtant et généralement admis (Furet avait alors 60 ans passés !) qu’il est déjà bien tard pour envisager un saut idéologique d’une telle ampleur, pour ne rien dire d’une telle métamorphose à la fois psychique et physique : passer du communisme à l’anti-communisme caricatural et forcené.

    Communisme = fascisme a recueilli peu de suffrages, sinon ceux de Furet lui-même et de quelques hurluberlus de droite et d’extrême droite ; une extrême droite qui soutenait alors Reagan et qui ira jusqu’à oser un communisme=nazisme  pas piqué des hannetons mais tout aussi inopérant et absurde.

    Communisme = fascisme

    Personne n’a donc été convaincu. Rien de surprenant à cela : allez donc demander que quiconque… qui aurait eu un père communiste… reconnaisse que ce même père était un salaud de la pire espère ; celle des fascistes en l’occurrence, voire même… celle des nazis pour les plus téméraires et les plus impliqués d’entre eux.

    Rongés très certainement par une culpabilité étouffante, proche de la suffocation (Soljenitsyne n’avait fait de cadeau à personne, il fallait donc bien en finir au plus vite, cracher le morceau et sa pastille et brûler tout ce qu’on avait adoré !), sans oublier l’air du temps qui passe et qui reste et empoisonne l’atmosphère  – Souvenez-vous ! Le monde occidental était alors sous le charme, ou la coupe et le joug, c’est selon, d’un couple halluciné nommé Thatcher-Reagan...

    Communisme = fascisme...

    Ces stakhanovismes du revirement, historiens ou pas, n’ont trouvé en Europe aucun fils pour porter un tel jugement sur son père ; et bien des années plus tard, à l’heure de toutes les trahisons de l’Ouest à l’égard de l’Est (trahisons économique et politique) il n’est pas sûr que les populations de l’Est (les Polonais exceptés) soient disposés à un tel raccourci historique. Quant à la Russie ? Poutine, ancien agent du KGB, n’a jamais été aussi populaire - Nostalgie ! Nostalgie ! Quand tu nous tiens, tu nous tiens bien !

    ***

    Communisme = fascisme...

    Une fois épuisée cette équation absurde, arrive alors un Colonialisme =nazisme.

    Avec cette nouvelle résolution coup de poing et coup de semonce, c’est bien une plongée dans un anachronisme imbécile qu’on nous propose ; en effet, la dernière conquête de l’Afrique, dernier coup de reins sabres au clair dans la chair - l’arrière train plus précisément -, d’une humanité-instrument économique, stratégique et idéologique, cette conquête donc ne date-t-elle pas de 1830 ? Alors que le nazisme, lui, trouve ses balbutiements dans les années 20… celles du XXe siècle ?

    Colonialisme = nazisme (2)…

    Existe-t-il seulement un historien désintéressé, honnête et responsable pour faire sienne une telle corrélation ? A moins qu’il ne s’agisse de ré-écrire l’histoire,  "colonialisme = nazisme" ne tente-t-il pas de nous dire que si le nazisme avait été antérieur au colonialisme… le colonialisme aurait été assimilable au nazisme ?

    Après l’anachronisme, c’est bien d’uchronie qu’il s’agit.

    De plus, cet amalgame fâcheux qui n’explique rien, qui n’informe sur rien mais ouvre la porte à des débats sans fin, sans but et sans intérêt, dessert la cause de l’anti-colonialisme en appauvrissant tout son potentiel d’analyse, de critique, jusqu’à la négation d’une complexité et d’une ambivalence que le creuset nazi ne pourra jamais contenir ; une complexité riche d'enseignements incomparables avec ceux du nazisme.

    Si assimiler le colonialisme au nazisme, c’est ouvrir une porte, celle de dissensions stériles, c’est aussi en fermer une : celle d’un travail d’analyse, et c’est clore tout débat car, on ne débat pas du nazisme car, avec le nazisme, il n'y a pas de "oui mais..." : rien à sauver et rien à partager ! Avec le nazisme, aucun héritage, aucune transmission possibles et souhaitables.

    Pour preuve : rien n’a demeuré.

     

    ***

     

                Certes, dans le passé, des historiens et des auteurs ont rapproché le colonialisme du nazisme sans toutefois aller, en ogres d’une pseudo-vérité historique, jusqu’à la fusion/absorption.

    L’historien Olivier Le Cour Grandmaison : Coloniser. Exterminer (il en restera toujours quelque chose ! ndlr). Sur la guerre et l’Etat colonial :

               « …La violence coloniale n’a pas été un épiphénomène qu’on aurait pu à la rigueur éviter... elle a été partie constitutive du système. Racisme d’État ? La formule peut paraître forte pour qui ignore l’histoire coloniale. C’est pourtant bien d’une xénophobie quasi généralisée qu’a souffert la société française plus d’un siècle durant. »

    Grandmaison s’appuie sur une multitude d’auteurs : Voltaire, Tocqueville, Lamartine, Jules Verne, Maupassant, Zola et les « petits », mille et un idéologues et vulgarisateurs de la pensée coloniale. Ces auteurs étaient donc les Goebbels de la colonisation ? Oui ? Non ?

    Soit. Il se serait alors agi d'un nazisme d'un nouveau type, ou bien plutôt d’un prototype : un nazisme sans penseurs nazis ?

    On peut aussi discuter le fait que Jules Ferry  - en Eichmann ou Himmler de la première heure, et bien avant l’heure -, partisan de l’expansion coloniale contre Clémenceau à qui on devra plus tard l’humiliation de l’Allemagne en 1918 et  sa tentative de revanche (à chacun ses aveuglements !) ; que Ferry ait été un nazi… à l'heure où cette idéologie de mort assurée - et il en fut bien question -, était impensable parce que… encore impensée à la fin du XIXè siècle même si le philosophe allemand Friedrich Nietzsche  - le petit père de nombre d'intellectuels-philosophes plongés dans la confusion -, n’était pas loin d'y réfléchir avant tout le monde avec la publication de son Antéchrist.

    Autre rapprochement colonialisme/nazisme : "De la barbarie coloniale à la politique nazie d’extermination", par Rosa Amelia Plummelle-Uribe, militante afro-descendante qui fera le lien entre les politiques d’anéantissement colonial et l’ensauvagement des sociétés européennes.

    Aimé Césaire lui aussi évitera soigneusement l'anachronisme colonialisme=nazisme, préférant raisonner (poétiser ?) autour des "Origines du Nazisme » - il est vrai que les nazis n’ont pas inventé grand-chose même si l'on ne doit jamais oublier le fait suivant : dans les années 20 et 30, tous les prix Nobel à caractère scientifique étaient allemands ou de langue allemande… du nom de ce peuple discipliné qui a toujours porté en lui l’amour du travail bien fait : aujourd’hui encore, leurs train arrivent toujours à l’heure, et leurs automobiles sont d’un rapport qualité-prix imbattable.

    Aimé Césaire d’une intuition d’une intelligence folle, même s’il s’agit là très certainement d’une prophétie mais a postériori, auto-réalisatrice a priori, s'adressera à nous en ces termes :

    "...nul ne colonise innocemment, que nul non plus ne colonise impunément ; qu’une nation qui colonise, qu’une civilisation qui justifie la colonisation — donc la force — est déjà une civilisation malade, une civilisation moralement atteinte, qui, irrésistiblement, de conséquence en conséquence, de reniement en reniement, appelle son Hitler, je veux dire son châtiment."

    Ce qui ne valide toujours pas l'équation colonialisme=nazisme.

    En revanche, on trouve là, chez Aimé Césaire - la tentation était sans doute trop grande -, le désir de récupérer à son profit un événement-catastrophe pour mieux l’investir avant de le vampiriser et de devenir celui qui, le bras vengeur, en désignera la cible. Evénement d'une Seconde guerre mondiale qui a pourtant aux yeux des historiens ses racines dans un inconscient européen qui n’a jamais eu besoin de l’aide d’une extension territoriale quelconque et de sa population pour s’étriper à loisir.

    A partir de cette analyse quasi mystique de Césaire, façon ancien-testament, là où tout se paie, mais interprétation naïve et plutôt optimiste quand on sait à quel point l’Homme-impunité triomphe de siècle en siècle… et puis, n’est-ce pas les meilleurs qui partent en premier et les salauds en dernier… sans oublier les immortels, ceux que l’on nous ressert génération après génération, et sur lesquels la vérité des faits n’a aucune prise ?

    Ceux qui ont donc cherché à détourner la sentence de Césaire au profit d’un colonialisme =nazisme, en seront pour leurs frais : Aimé Césaire a fini Maire de Fort de France après la Présidence du Conseil régional de la Martinique, et non en Che Guevara ou en «Serge Klarsfeld » pourchasseur de nazis négriers et colonialistes.

    Colonialisme = nazisme…

               Et puis de dérive en dérive.. . Colonialisme = nazisme=crime contre l’humanité

               Aujourd’hui, des voix s’élèvent pour que l’épopée coloniale française, de sa sédentarisation à sa maturation (sur plusieurs siècles) au terme de laquelle le dernier bastion colonial que fut l’Algérie, tombera, soit reconnue comme « crime contre l'humanité » : une « violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d'un groupe d'individus inspirée par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux ».   

    « Colonisation - rôle et bilan globalement positifs » d'un côté, « Colonisation - crime contre l’humanité » de l’autre, deux faces d’une même pièce - déni et revanche pour les uns comme les autres ; une colonisation dont on chérit et caresse sans cesse le souvenir comme on caresse un espoir... contre une colonisation haïssable à rejeter en bloc ; seuls les gens pressés d’en découdre avec dieu sait quelle nécessité historique choisiront leur camp ;  les autres, plus avisés, patienteront car il y a fort à parier que les descendants des peuples colonisés ne nous en demandent pas tant ; il semble même qu’ils soient plus intéressés par la liberté et des visas que par des excuses ; quant à réunir des tribunaux et à dresser des bûchers…

    Certes ! Quelques Etats y trouveront leur compte sur le dos de leurs peuples toujours humiliés, plantés, là, sans avenir… derrière les barreaux d'une vaste prison qu’est devenue ce nouvel Empire post-colonial indépendant. Mais... de là à leur donner un coup de main...

     

                Contrairement au nazisme, qu'on le veuille ou non, quelque chose a bel et bien été sauvé de ce période coloniale... une langue, la langue française ; une langue parlée et respectée par des milliers d’êtres humains de tous les continents parmi les plus doués, les plus talentueux du monde dans les domaines des sciences et des arts ; preuve qu'il y avait bien quelque chose à sauver ! Et ce quelque chose l'a été par qui ? Aux plus sceptiques, on leur conseillera de voyager... et de rencontrer et d'écouter des Africains et des Maghrébins de tous les âges (3).

    Certes les êtres humains sont passés maîtres dans l'art de mentir et de se mentir ! Et dans une condamnation sans nuance du passé colonial de la France, une condamnation solennelle du type « crime contre l’humanité », il y a aurait là quelque chose qui relèverait du mensonge. En revanche, que des événements précis qui engageraient toute la responsabilité d'une France coloniale puissent faire l'objet d'un examen et qu'ils soient reconnus comme "crime contre l'humanité", pourquoi pas ! Une telle condamnation aurait alors un sens car c'est bien dans le souci d'une recherche de la vérité qu'un tribunal se serait prononcé, et non... dans le but de servir les intérêts d'un humanisme de culpabilité, et cet autre humanisme ignorant tout de l'être humain et de l'Histoire, pour ne rien dire d'un humanisme manipulateur et revanchard, un humanisme de Tartuffe, dans les faits... soucieux d'aucune condition humaine.

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    1 - Avec deux ouvrages : "Le passé d'une illusion" et "Fascisme et communisme".

    2 - Affirmation d'une violence émotionnelle rare comme si d'aucuns avaient des comptes à régler davantage avec leur propre histoire (culpabilité et transmission d'une génération à l'autre ?) qu'avec une "Histoire de la colonisation" digne de ce nom. Qu'il soit ici permis de rappeler ce qui suit : tout comme ceux qui n’ont pas eu de parents communistes – et ils existent -, nombreux sont ceux qui sont issus de milieux qui ne doivent rien à une colonisation quelle qu’elle soit : nazi ou pas.

    3 - Est-ce qu’un groupe de néo-nazis désireux de sillonner l’Europe en Autocar à la rencontre des descendants des victimes de cette idéologie recevrait le même accueil ? On peut en douter.

     

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  • Eric Zemmour : la perfectibilité de l'être humain en question

     

                       Zemmour ou la continuation de la guerre d'Algérie et de la haine de l'Arabe par d'autres moyens !

     

     

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    Billet de blog publié en 2013

     

     

                   Zemmour par-ci, Zemmour par-là… presse, télé, radio…

    Au fil des ans et de ses interventions, dans le choix de ses cibles privilégiées, difficile de ne pas faire le constat suivant en toute lucidité et en toute bonne foi, loin de tout procès d’intention : décidément, Zemmour n’acceptera qu’une France ; celle qui lui a permis (et lui permet) d’occuper dans les médias dominants un statut et une place de choix, sans partage et sans considération aucune pour qui et quoi que ce soit d’autre : une France taillée sur mesure pour Zemmour seul sur le dos de tous les autres qui n’auront jamais assez d’une vie pour gravir les marches d’une réussite fantomatique : de préférence, les minorités ethnique, sexuelle et culturelle.

    Mais où est le rapport… on se le demande !

                    Même une Christiane Taubira insultée n’aura pas droit à un mot de compassion ou de soutien direct et franc, sans ambiguïté donc, de Zemmour qui fait le choix délibéré et on ne peut plus conscient, comme une gifle à peine retenue, de reléguer les insultes racistes sans précédent à l’égard d’une ministre de la République au rang de ce qui peut bien se dire dans les cours d’écoles : interprétation triviale à dessein : celle du mépris pour la victime ; et comme une calamité n’arrive jamais seule… on mentionnera aussi, à l’aune de ce qu’un Zemmour est encore capable d’énoncer, une Christiane Taubira Ministre de la justice frappée du soupçon d’une nomination dans le cadre d’une discrimination qui se voudrait positive (1) ; ce qui, aux yeux de Zemmour, mérite déjà en soi une condamnation sans rémission, Zemmour ne reconnaissant qu’aux Européens de souche et les siens (mais de qui donc peut-il bien s’agir dans les faits ?), et même dans le cadre d’une incompétente et d’une malhonnêteté aux relents mafieux plus qu’avérés, une légitimité incontestable.

    Il est vrai que le traitement de ce que Zemmour doit sans doute considérer comme « l’affaire Taubira » est à l’image du mépris à peine déguisé (et dans le meilleur des cas : dédain et condescendance) dans lequel, en France, les communautés noire et musulmane, ou plus simplement arabe, sont tenues… pour quantités négligeables, et RTL manifestement ne s’en plaindra pas et son auditoire non plus que l’on flatte, caresse dans le sens du poil. A quelques exceptions près, chaque intervention de Zemmour sur cette antenne n’élève personne et rabaisse tout le monde, toujours, jusqu’à conforter les préjugés les plus éculés et les moins constructifs.

    Sur RTL, la réconciliation n’est donc pas pour demain. On a pourtant connu des minorités plus chanceuses face à l’adversité à chaque fois qu’il a été question de recueillir à l’unanimité le soutien de la communauté nationale.

    Mais là encore, où est le rapport, on se le demande !

                      Doit-on alors établir le fait suivant  : la boucle bouclée, si Zemmour n’avait pas été juif, aurait-il été tenté par l’antisémitisme, la dernière calamité qui manque à son tableau quand il part à la chasse contre tout ce qui de près ou de loin n’est pas Zemmour, faisant feu sur tous les gibiers susceptibles de remettre en cause son permis de chasser sur une terre, un territoire dont il prétend connaître seul les contours. Car Zemmour fait partie de ceux qui, après avoir déserté le champ de l’intelligence et de la compassion, s’autorisent tout, sans retenue loin des analyses des déséquilibres sociaux toujours croissants.

     

                    Mais enfin, pourquoi Zemmour a-t-il besoin de penser ce qu’il pense ?

    Si Zemmour dit tout, s'autorise tout, personne ne maîtrise comme Zemmour la dissimulation des véritables motivations qui se cachent derrière chacune de ses interventions dans les médias de masse qui l'accueillent à bras ouverts du matin au soir.

    S'il lui arrive d'avoir raison contre la bêtise, et trop souvent tort face à l'intelligence d'un intervenant - il est vrai qu'au royaume des aveugles les borgnes sont rois -, manifestement, Sciences-Po ne lui aura été d’aucun secours car, diplômé ou pas, on ne peut jamais cacher très longtemps d’où l’on vient, et plus encore quand on n’en est jamais vraiment parti. Et à ce propos, force est de constater que Zemmour n'est autre que le fils de ses parents et d’une seule histoire : la leur - colonialisme, Algérie française, guerre, OAS, expatriation, ressentiment ad vitam æternam (2); histoire qu’il a faite sienne, l’intériorisant  sans doute bien au-delà de ce que pouvaient attendre de lui ses ascendants car enfin, est-ce que les parents tiennent à ce que leurs enfants leur ressemblent à ce point ? Rien n’est moins sûr !


    Fier de cet héritage, garant de sa transmission - ressentiment, isolement et fermeture à l’autre.-, Zemmour contre Rama Yade, contre Taubira, contre Thuram, contre les groupes de Rap, contre ce qui de près ou de loin touche à l'Islam, inutile d'aller chercher plus loin... c'est Zemmour qui n'a de cesse de régler les comptes de ses ascendants sans jamais les solder, contre les Peuples colonisés, aujourd'hui indépendants, et leurs descendants français ou non.

    Et c'est sans doute là son drame le plus intime : Zemmour n'aura finalement rien choisi pour lui-même et de lui-même ; il n’aura fait que subir une histoire traumatique : celle de ses origines ; destin balayé par les vents d'une Histoire dont on n'avait rien anticipé faute d'une conscience appropriée  ; l'ignorance, l'insouciance et l'arrogance n'étant d'aucun secours face à la puissance d'une volonté de justice et d'autodétermination.

     

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                   Et si Zemmour n’était in fine qu’un petit machiste méditerranéen mal dégrossi (bien que malingre) qui n'a jamais vraiment quitté son bled (et ce bien qu'il n'y soit jamais né ni allé !) ni les jupes de sa mère dont il n’a de cesse de louer le dévouement, dans sa cuisine dès 6H le matin toute sa vie durant, devant ses fourneaux jusque tard le soir, pour le grand bonheur d'Eric Zemmour enfant, et le plus grand malheur de tout ce dont on est en droit d'attendre d'un être humain : intelligence, générosité, compassion et courage.

               Pour sûr ! Un coup majeur porté à la croyance à la perfectibilité de l’être humain, fondement de notre civilisation pourtant bel et bien européenne celle-là... que ce Zemmour !

     

     

     

    1 - En effet, n’a-t-il pas dit à Rama Yade : «Ce n’est pas moi qui ai été nommé ministre parce que j’étais noire et femme !»

    Mais alors, à partir de quand et sous quelles conditions, aux yeux de Zemmour, est-ce que l’on cesse d’occuper la place que l’on occupe parce qu’on est noir ou bien homosexuel ou bien encore… une femme ?

     

    2 - Haine à peine contenue, vengeance et revanche pour des dizaines de milliers d'entre eux ;  fonds de commerce du FN dans le bassin méditerranéen, de Nice à Perpignan.

     

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    Le syndrome du larbin

     

                Vidéo jointe à titre d'information... même s'il semblerait que Zemmour soit aussi concerné par ce syndrome : celui de larbin. Car, si là d’où l’on vient ne saurait en aucun cas empêcher quiconque d’aller voir ailleurs et de s’y installer, en revanche, il n’est sûrement pas nécessaire, une fois arrivé à destination, de conspuer à des fins de les rabaisser, celles et ceux qui n’ont pas eu la chance – ou su la saisir, faute d’aptitudes ou de volonté -, d’effectuer un tel déplacement à la fois horizontal et vertical même et surtout, si ce mépris et ce déni semblent n’avoir qu’une seule préoccupation : se protéger du danger et conjurer la peur d’un éventuel retour à la case départ, défait et humilié, pour la seconde fois, par une classe qui n’aura pas oublié que Montreuil (ville de naissance de Monsieur Zemmour) ne sera jamais ni Neuilly ni Paris.

    Et d’aucuns s’empresseront d’ajouter : combien de temps encore, les rescapés d’un déterminisme social le plus souvent impitoyable devront-ils donner des gages de bonne conduite et de fermeté d’âme (cachez donc toute cette compassion insupportable pour les dominés !) à ceux auxquels ils pensent devoir leur repêchage social, oublieux qu’ils sont de leurs droits et de leurs mérites ?

     

    Pour prolonger, cliquez : Qui sauvera Eric Zemmour

     

     

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  • Camus et Sartre : les irréconciliables

     

     

    politique,actualité,camus,sartre,algérie,ulm,école normale,normalien,char,tipasaTâche impossible que de vouloir réconcilier Camus et Sartre. 

     

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                Pour sûr, question éthique, Camus est au premier plan !

    Côté engagement, Sartre trône ; et pas n’importe quel engagement : celui qui a pour assise un "on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs" ou bien "on ne fait pas d'omelette avec des œufs pourris" ; ou bien encore : "qu'importe l'omelette pourvu que l'on ait l'ivresse bourgeoise d'un engagement anti-bourgeois et la renommée qui va avec !"

    Et puis, enfin...

                Sartre… c’est l'enfance d'un chef, la rue d’Ulm, - Ecole Normale pour normalien -, avec ses petites étudiantes admiratives et consentantes, la raison dialectique et le café de Flore, boulevard Saint Germain, lieu qu’il n’a jamais vraiment quitté excepté pour aller, de temps à autre, s’encanailler dans les usines Renault de Billancourt, tâter et goûter du bleu de travail – métallos, OS, monteurs…

                Alors que Camus...

                En dépit de la pauvreté, c’est le soleil de la méditerranée - une mer sans plis -, l'amitié solide, celle d'un René Char ; et puis aussi... et surtout...

                 "L’odeur volumineuse des plantes aromatiques qui racle la gorge et suffoque dans la chaleur, les concerts d’insectes somnolents et le libertinage de l'homme et de la nature..." (Noces à Tipasa – 1936/1937 - édition Folio)

     

    Entre ces deux-là, le silence immense d’une gêne indépassable.

     

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  • Tariq Ramadan à coeur ouvert

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               Né le 26 août 1962 à Genève, essayiste, islamologue, professeur et universitaire de nationalité suisse, arabe, musulman d’origine égyptienne, soutien indéfectible de la cause palestinienne, critique d'Israël et des USA, cela suffit pour qu'il ne soit jamais donné à Tariq Ramadan d'être "traité" comme n'importe quel autre intellectuel.

    Sans doute doit-il s'estimer heureux - et nous avec lui -, de pouvoir encore, ici et là, s'exprimer dans les médias, de temps à autre, même si à chaque fois, c'est un procès en sorcellerie qui lui est fait : pieu dressé, entouré de fagots de bois... le bûcher médiatique est prêt ; il ne reste plus alors qu'à allumer le feu.

     

     

     

              Tariq Ramadan dans l'émission "On n'est pas couché" intervient à propos de son livre : "Mon intime conviction". C'était en 2012.

     

     

                     On ne manquera pas de remarquer un Zemmour tel un poisson rouge dans son bocal à tourner en rond et autour du pot, le pot de la haine, de ce qu'il ne peut se résoudre à nous confesser...  mais qu'il avouera plus tard "en promo" à l'occasion de la sortie de son ouvrage "Le suicide français" une fois qu'il aura été remercié par la direction de France 2 : "J'aime pas les étrangers, surtout quand ils sont français maghrébins, arabes, musulmans et africains".

    Mais alors… tout ça pour ça ! Toutes ces arguties d'une indigence à la fois historique et intellectuelle autour de la laïcité et d'une "tradition française à la Zemmour" pour ne jamais, au grand jamais, confesser un racisme atavique chevillé au corps car, on ne peut jamais cacher très longtemps d’où l’on vient, et plus encore quand on n’en est jamais vraiment parti.

    Et à ce propos, force est de constater que Zemmour n'est autre que le fils de ses parents et d’une seule histoire, la leur : le colonialisme ; guerre, Algérie française, OAS, expatriation et ressentiment jusqu’à une haine à peine contenue, vengeance et revanche pour des dizaines de milliers d'autres... fonds de commerce du FN dans le bassin méditerranéen, de Nice à Perpignan, soit dit en passant.

    Histoire que Zemmour a faite sienne, l’intériorisant sans doute bien au-delà de ce que pouvaient attendre de lui ses ascendants car enfin, est-ce que les parents tiennent à ce que leurs enfants leur ressemblent à ce point ? Rien n’est moins sûr !

    Fier de cet héritage, garant de sa transmission - ressentiment, isolement et fermeture à l’autre.-, Zemmour contre Rama Yade, contre Taubira, contre Thuram, contre les groupes de Rap, contre ce qui de près ou de loin touche à l'Islam, inutile d'aller chercher plus loin... c'est Zemmour qui n'a de cesse de régler les comptes de ses ascendants sans jamais les solder, contre les Peuples colonisés, aujourd'hui indépendants, et leurs descendants français ou non nés et vivant sur notre sol.

    Et c'est sans doute là son drame le plus intime : Zemmour n'aura finalement rien choisi pour lui-même et de lui-même ; il n’aura fait que subir un destin balayé par les vents d'une Histoire qui ne pardonne pas l'incapacité à prévoir l'inexorable... faute d'une conscience appropriée ; l'ignorance, l'insouciance et l'arrogance n'étant d'aucun secours face à la puissance d'une volonté de justice et d'autodétermination des Peuples humiliés.

     

               Pour sûr ! Un coup majeur porté à la croyance à la perfectibilité de l’être humain, fondement de notre civilisation pourtant bel et bien française et européenne celle-là... que ce Zemmour (et tous les autres avec lui) face à Tariq Ramadan qui n'a besoin d'aucun avocat, droit dans ses bottes, et qui n'a rien à cacher non plus face à des animateurs-créateurs d'ambiance au service d'une télé... spectacle d'un monde qui n'existe pas.

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    Pour prolonger, cliquez : Islam, Coran et Musulmans

     

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  • Boualem Sansal, plus qu'un auteur : un leurre phénoménal...

                    "... la vérité de ces intellectuels maghrébins qui ont décidé de jouer les supplétifs des pires ‘’penseurs’’ néo-conservateurs français. Dans leur croisade du choc des civilisations, il leur faut du renfort basané. C'est bien connu, le colon a toujours besoin de son bon nègre, de son indigène alibi. Y a bon Banania. Dans cette guerre faite aux Arabes et musulmans, où à la tourelle, son char à pédales BHL (Bernard Henri Levy) se rêve en Patton, un nommé Kamel Daoud va être recyclé par les élites de Paris et qui, lui-même, était un militant barbu du FIS (front islamique du Salut)…"

                           -   Ahmed Bensaada

     

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    boualem sansal 2084.jpg

     

     

             Boualem par-ci, Boualem par-là, omniprésent depuis la publication de son roman "2084, la fin du monde", interviews radios, télés, presse papier et internet sans nombre, le dernier roman de cet auteur a pour sujet...

    "Devinez !

    - ................

    - Allez !

    - L'isl...

    - Oui, c'est ça... encore un effort !

    - L'islamisme ?

    - Bingo !"

    boualem sansal, 2084 la fin d'un monde, littérature, fable, gallimard, fiction, islam, islamisme

                "2084 - la fin du monde" est une fable sur l’islamisme et l'Algérie. Après Houellebecq, l'auteur prophétise la soumission du monde à l'Islam.

     

    ***

     

                 Comme un fait exprès, dès sa venue en France pour présenter son dernier roman, toutes les mouches à m**** et atlantistes des médias se sont ruées sur lui, caméra et micro en mains, même si, d'interview en interview (ICI sur bibliobs), il demeure difficile de suivre et de comprendre le positionnement de cet auteur qui, vivant en Algérie, déplore, sur LCP dernièrement, l'arabisation de l'Algérie dans les années 80.

    Mais alors, est-ce que cet auteur ignore qu'une Nation c'est une langue ? Ou bien, souhaitait-il que l'Algérie garde la langue de son colonisateur ? 1000 ans d'histoire et plus à la poubelle contre 150 années de colonisation de langue française ?

    On peut sans difficulté imaginer les réactions, ici en France, suite aux propos d'un auteur français interrogé sur un média allemand qui regretterait que la France n'ait pas gardé, une fois libérée en 1944, la langue de l'occupant.

     

               Grande est la tentation de recommander à Boualem Sansal de quitter l'Algérie puisqu'il pense manifestement qu'on y trouve trop d'Algériens arabophones ! D'autant plus que dans cette même interview, Sansal n'a pas assez de mots pour nous dire à quel point il admire la langue française.

    Soit. La langue française c'est en France que ça se passe. Qu'il s'y installe donc. Toute la caste médiatico-littéraire l'accueillera à bras ouverts. Nul doute ! D'autant plus que... taper sur les Musulmans est la garantie d'une ascension sociale à grande vitesse : prix littéraires, repas à la Closerie des Lilas aux frais des éditeurs subventionnés ras la gueule...

    Aussi, soyez le bienvenu Monsieur l'auteur algérien francophone et francophile qui souhaite filer droit avec l'Occident.


              Très confus dans ses analyses, à l'écoute de cet écrivain, force est de constater ceci : n'est pas Orwell qui veut (rapport au titre de son ouvrage 2084 en écho à 1984 ) ! De plus, pour avoir raison dans cent ans, il vaut mieux avoir raison de son vivant ; ce qui fut le cas d'Orwell qui dénonçait le "Big Brother soviétique" dès 1949, année de parution de son ouvrage "1984" qui traite du totalitarisme. Or, aujourd'hui, et contrairement à la thèse de l'auteur, ce n'est pas l'Islam qui domine l'Europe et le monde mais bien plutôt une oligarchie militaire, financière et culturelle sous le leadership des Etats-Unis.

              Alors, pour sûr ! Un leurre phénoménal toute cette effervescence médiatique autour de Boualem Sansal ! Un leurre qui cache  des millions de morts musulmans sous les bombes et les embargos occidentaux de ces vingt dernières années. Un leurre pour mieux nous inoculer le poison d'une diversion qui arrive à point nommé car la cible de ces médias ce n'est pas cet auteur - idiot utile de stratégies qui dépassent manifestement son talent littéraire -, mais nous tous, à la fois téléspectateurs et spectateurs crédules et de bonne foi. Un leurre censé détourner l'attention à propos de deux fléaux : la guerre faite à des peuples le plus souvent sans défense situés autour des routes d'acheminement des matières premières dans le dos d'une autre guerre savamment et délibérément entretenue, guerre intestine entre les Musulmans - Chiites, sunnites, pouvoir, influence, domination, Iran contre Arabie Saoudite ; second fléau : un mondialisme sous le leadership non pas des Musulmans (la bonne blague !) mais des USA et de Wall street : domination économique, culturelle et militaire. Un mondialisme tombeau de l'Europe, une Europe non pas en tant qu’entité ethnique mais en tant que puissance mondiale capable de déjouer la tentative de destruction de notre civilisation par un leadership à la solde d’un capitalisme sans identité sans foi ni loi.

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  • Albert Camus, l'Algérie, la France et nous

     

                 En réaction à la publication de "Albert Camus l’Algérien, n’est pas Français" par Kouidri Saâdeddine 

                 Avec pour sous-titre... "Peut-on revendiquer une nationalité naturelle à titre posthume ?"

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               Disons les choses : si Albert Camus est ou bien, a été algérien... il s'est manifestement agi d'un Algérien d'un nouveau type... du genre qui ne peut concevoir une Algérie qui ne soit pas française.

    Aussi... mettons-nous, nous tous, d'accord une bonne fois pour toutes : les Algériens d'Algérie sont-ils algériens (et si possible... fiers de l'être)  ou bien sont-ils finalement français ? Et les Français sont-ils français ou bien algériens ?

     

                                                                    ***

     

                Cette tentative récurrente de récupération d'Albert Camus par quelques lettrés d’Algérie (mille fois réitérées) cacherait-elle un malaise identitaire du type : « ... être algérien sans Camus, ça n'en vaut pas la peine !» ?

     

              A juste titre, l’article mentionne le fait suivant : "Nous sommes nombreux à voir énormément d'Algérie dans l'œuvre d'Albert Camus". Faire ce constat, ce n'est certainement pas servir l’idée que Camus était algérien. Ou bien alors,  tous les colons l'étaient  tout aussi légitimement car, ils avaient aussi en eux une sacrée dose d'Algérie tous ces colons, et  jusque sous leurs ongles noirs de terre ! Les colons donc et tous ceux qui le moment venu ont choisi la France tellement ils se sentaient algériens.

    De plus, doit-on et peut-on oublier que toute l'œuvre de Camus est en langue française, et qu'il n'en maîtrisait pas d'autre ?

    C’est un professeur du secondaire qui donna à Camus les ailes qui lui permettront d’entrevoir un avenir littéraire et philosophique. Camus avait pour compagnons et référents Nietzsche et Kierkegaard et pas Abd el-Kader ben Muhieddine (عبد القادر بن محي الدين pour les intimes).

    Parler d’un Camus algérien s’est courir le risque d'un anachronisme à la limite du risible car, du temps de Camus, il n'y avait pas d'Algériens mais... des autochtones que la guerre d'indépendance a "transformés" en Algériens. Et c’est bien peu de dire que le FLN aura eu un mal de chien à y parvenir ; ça lui a pris près de 20 ans (à partir de Sétif). Et ce même FLN n’a pas lésiné : intimidation, contrainte, chantage, enrôlement de force, racket et assassinats…

    Et Camus nous a quitté avant de pouvoir apprécier ou pas, le fruit de leurs louables efforts à tous, même s'il  a eu le temps de nous dire deux ou trois choses sur la torture et le terrorisme qui n'étaient pas du goût de tout le monde.

     

                Le titre de cet article  "Albert Camus l’Algérien, n’est pas Français" fait finalement peu de cas de l'idée "Algérie". Ou bien alors, cette idée n'a toujours pas été élaborée car ce titre provocateur dessert l'Algérie en général, l'Algérien en particulier (en tant que concept) ainsi que l'Indépendance (en tant que processus historique), sans oublier la langue de ce pays ; car enfin, peut-on être algérien et ne maîtriser que la langue de l'ancien colonisateur ?

    Les pièges sont partout, pour tout le monde. Les faux débats aussi.

    Dire que Camus était algérien… de la terre d'Algérie... de cette terre qui fut pendant 150 ans celle du colonisateur français... n’est-ce pas prendre le risque d'épouser son point de vue : "La terre dite d'Algérie était française de droit ! Pour preuve, le fait que Camus ne faisait qu'un avec cette terre".

    Néanmoins "Camus et l'Algérie" est sans l’ombre d’un doute un sujet très instructif, et par conséquent, révélateur, surtout aux yeux de ceux  qui connaissent bien l'œuvre de l’écrivain et qui n’ont aucun ascendant qui ait gagné un sou sur le dos d’un autochtone ou qui ait vécu aux frais de la Princesse coloniale ; mais c'est aussi et surtout, et pour peu qu'ils s'intéressent encore à Camus -  et c'est pas sûr non plus -, une question piégée pour les rapatriés et fils et filles de colons ou fonctionnaires de l'Etat colonial (1), les Algériens d'Algérie, les Français-Algériens de France, les Juifs d'Algérie expatriés, les Harkis et leurs descendants...

    Mieux vaut avoir une idée claire de l'Algérie avec et sans Camus, avant et après l'indépendance, quand on décide de se coltiner un tel sujet... pour peu que cela en soit un, et pas simplement une usine à gaz de plus qui ne dit rien sur rien ni personne, et un piège de plus pour l'ancien colonisé pas si ancien finalement et pas si décolonisé que ça manifestement.

     

                 En conclusion, on sera vraiment tenté de demander que l’on fiche la paix à Albert Camus qui, Algérien ou pas, n'a fait que ce qu'il a pu, comme nous tous, d'autant plus qu'il n'est pas sûr que son oeuvre puisse expliquer quoi que ce soit de l'Algérie d'aujourd'hui. Quant à celle de demain, de ce côté-là de la méditerranée, un peu comme ici d'ailleurs, il paraît qu'il ne faut pas trop espérer.

                 Aussi...

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    1 - Aujourd'hui tous (re)convertis à un anti-colonialisme viscéral et une condamnation sans appel de l'Algérie française... et ce bien qu'ils n'aient pas oublié de remplir les formulaires d'indemnisation qui, dans les années 70, leur ont permis de toucher en tant que rapatriés (filles et fils de... inclus) des sommes aussi rondelettes que bien mal acquises... mais qui profitent toujours. Le temps apaise bien des scrupules et susceptibilités ; et là encore, faut croire que l'argent n'a pas d'odeur quand on prend soin de se boucher le nez au moment de passer à la caisse.

     

     

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  • Élisabeth Lévy : la pasionaria au service d'une islamophobie xénophobe

     

     

                  Tout comme Zemmour et Finkielkraut, obsédés par tout ce qui de près ou de loin touche à la religion musulmane et à ses pratiquants plus ou moins fervents ici en France et ailleurs, ce que les Elisabeth Lévy de ce monde ne comprendront jamais c’est qu'avec ou sans l’Islam, c'est de nous qu'il s'agit ! Oui ! de nous... face à nous-mêmes, en notre âme et conscience, et certainement pas... d'eux car, une fois que l'on aura opposé le cynisme occidental veule et intéressé de nos élites économiques et politiques aux archaïsmes de ceux d'en face, en fin d‘analyse, il sera quand même, et encore, et toujours question, ici en Occident, du même cynisme veule et intéressé de ceux qui servent une organisation de l’existence d‘une violence économique, sociale et culturelle sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale, et qui s'étend sur le monde..

    Faut dire qu'à propos d’Elisabeth Lévy si d’aucuns la considèrent « journaliste » - elle anime sans complexe un webzine qui a érigé la veulerie analytique et l’islamophobieau rang de vertus élémentaires : un peu de judaïsme, une bonne dose de sionisme discipliné, bête et méchant et un positionnement à droite, voire à l'extrême droite -, d’autres, en revanche, plus lucides, la définisse comme suit : sioniste servile, porte parole de l’Etat d’Israël comme il n’est pourtant plus permis de l’être depuis des lustres, à défaut et plus près de nous, depuis 2009 - à ce sujet, on pourra se reporter à l’ouvrage de « Etre juif après Gaza » de Esther Benbassa.

     

    ***

     

              Visage tendu à la « Finkielkraut », symptôme s’il en est d’une tension intérieure aux frustrations sans nombre, tension intenable mais qu’il faut bien pourtant tenir ! Ne nous y trompons pas ! Au fil des ans, cette tension à la racine de laquelle on trouvera une allégeance communautaire pleine et entière, est devenue un véritable fardeau car cette solidarité à la fois tribale et idéologique n’offre aucune reconnaissance affective à l’échelle de la nation française, en dehors de sa communauté et de carrières dans des médias complaisants et tout acquis à la cause politico-ethnico-religieuse d’une idéologie aussi redoutable qu’impitoyable, à savoir : le sionisme dont les représentants les plus médiatisés sont au bord de l’asphyxie intellectuelle et morale ; là encore, n’en doutons pas un seul instant !

    D’où une gestuelle qui trahit une impuissance et une impatience, et une diction laborieuse d’épuisement mentale au terme d’une désocialisation symbolique certes ! mais bien réelle : le sentiment de ne jamais pouvoir faire un avec un tout, décidément têtu, qui refuse de se soumettre à une idéologie étrangère à son histoire ; et plus important encore, étrangère à son véritable caractère national, unique en Europe : un engagement jamais pris en défaut pour l’égalité entre tous les citoyens.

    C'est alors que cet échec a conduit tout ce petit monde tout aussi craint que méprisé, à un comportement paranoïaque et à une idée, une seule, fixe et récurrente comme une maladie chronique et sans remède : l’ennemi est partout, ici, et surtout là où il se trouve en plus grand nombre encore, à des milliers de kilomètres.

    Et ce fardeau dont on ne peut se décharger qu’au prix d’une rupture avec une identité offerte dès la naissance et qui n’a même pas le mérite d’un effort individuel fruit d’un long travail avec et sur soi-même, porte un nom : la haine. Une haine froide,pure et cristalline, une haine aiguisée, lame de rasoir, haine déterminée de l’Arabe anti-sioniste, musulman ou pas, éduqué ou pas mais pour sûr... pro-palestinien et français et pour lequel le génocide juif appartient à une histoire qui ne saurait être la sienne, et ce sous aucun prétexte ; refus d’une fermeté à la fois saine et informée. Ce dont personne ne saurait se plaindre.

    Blasphème inexpiable.

     

     

                 Haine du Maghrébin et de l’Africain… et l’on ne manquera pas de mettre en avant la spécificité de cette double haine islamophobe et xénophobe : l’histoire familiale d’une Elisabeth Lévy ; et c’est là qu’elle rejoint ce qu’on peut appeler « le syndrome de Zemmour » ; un Zemmour qui passe le plus clair de son temps à distribuer de bons et mauvais points de "francité" aux français issus du Maghreb et d’Afrique, alors que toute la généalogie de ce même Zemmour renvoie à ce même Maghreb.

    Descendante d'une famille de Juifs séfarades algériens installés au Maroc, c'est sûr qu’à ce petit jeu, Elisabeth Lévy trouvera plus français qu’elle sans difficulté : effet boomerang garanti (1).

    Une haine donc mais aussi une crainte : celle de perdre le quasi monopole du contrôle sur tout ce qui se dit et se fait dans les médias, entre autres lieux d'influence  sur les consciences et les opinions : qui est autorisé à parler, de quoi, à qui et où ; ce qui explique en grande partie le vide critique qui, depuis plus de trente ans, occupe tous les lieux de débat à l'heure où les projets tant européens que mondiaux d'organisation de l'existence ne recueillent plus  le soutien que d'une petite minorité : et cette concomitance n'est bien évidemment pas un hasard.

     

     

                 Tartufferie républicaine ! Celle des repus gavés, même s'il doit bien leur arriver à tous, parfois, dans un moment de lucidité toujours trop rare, de soupçonner le caractère illégitime de leurs conditions matérielles et sociales car nombre d'entre eux ne doivent rien à eux-mêmes - talent, savoir-faire, compétences -, mais tout à ceux qui les ont récompensés pour leur engagement en faveur d’intérêts communautaires bien bien supérieurs à quelque intérêt général que ce soit ; d’où l’agressivité d’une E.L. et une culpabilité de moins en moins « refoulable », les événements au quotidien venant contredire ou bien, dévoiler au grand jour, l’escroquerie d’un positionnement médiatique dans lequel on ne trouvera pas une once de sincérité et d’honnêteté, mais bien plutôt... plus, toujours plus ! En revanche, moins, toujours moins si possible pour ceux qui n’ont qu’à se contenter de ce qu’on leur donne : c’est-à-dire rien ou si peu. Pour vérifier la véracité de cette injustice sociale, il suffit de se reporter aux études de l’INSEE et du CREDOC concernant les français dits "issus de l’immigration et de la colonisation africaine et maghrébine".

    Et si le fait d’être français aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir la France du XIXe siècle, face aux questionnements de E.L,. on pourra quand même nous aussi s’interroger à propos de ceci :

     

               - Est-ce "français" que de manifester son soutien, ici à Paris, à un Etat voyou tout occupé, cinq semaines durant, à passer par pertes et profits plus de deux milles hommes, femmes et enfants au terme d’une ratonnade de maintien de l’ordre colonial, le petit doigt sur la couture du pantalon entre deux « vendredi de Shabbat » ?

                 - Est-ce "français" de soutenir systématiquement un Etat qui n’a plus rien à envier à l’Afrique du Sud du temps de l’Apartheid ?

             - Est-ce "français" que d’œuvrer à ce que cet Etat soit soutenu par toute la classe politique et médiatique jusqu’au plus haut sommet de l’Etat ?

                - Est-ce "français" que d’exercer un chantage à l’antisémitisme sur tous ceux qui s’aventurent à dénoncer les points précédents ?

     

                 Là encore, on pourra sans difficulté trouver « plus français » !

     

                 Pauvre Elisabeth Lévy ! Elle semble avoir toutes les raisons au monde de se faire oublier sur la question de l’identité nationale et pourtant, cette E.L. se repaît d’un débat sans objet qu’elle tente pourtant, sans répit, d’introduire partout où les médias l’invitent à gesticuler.Et puis, c’est sûr, E.L. a vu juste dans sa dénonciation permanence de l’Islam :

     

                - L'injustice sociale ne touche pas en priorité les immigrés ou bien, les français issus de l'immigration mais... les Bretons.

                - Les seules vraies victimes du racisme en France ne sont pas en priorité les noirs et les arabes mais... les Auvergnats.

                - Pas de problème de tolérance vis à vis de la religion musulmane mais bien plutôt vis à vis du judaïsme et du catholicisme ; il suffit de penser aux difficultés sans nombre que rencontrent les juifs et les catholiques toutes les fois qu'ils souhaitent se réunir dans des lieux de culte décents et dignes d‘un pays moderne et tolérant.

                 Madame Elisabeth Lévy, en tant que négationniste, n'a de leçons à recevoir de personne. C’est sûr !

     

                 Syndrome de Zemmour donc : les êtres revendicatifs la gênent au plus haut point, et plus spécialement ceux qui ouvertement se considèrent comme humiliés ; à leur contact, un seul réflexe : nier leur souffrance - il est vrai qu'il y a des souffrances qui ne laissent aucune place à qui que ce soit mais bien plutôt un seul devoir : la partager sans conditions -, avant de se précipiter dans le camp des puissants - USA, Otan, Israël -, à droite de l’échiquier politique - pourquoi faire les choses à moitié ! -, comme pour mieux se persuader de la supériorité de la raison du plus fort sur les affects qui minent les plus faibles.

     

    ***

     

                Nul doute : une seule appartenance, une seule allégeance mais un double discours : « Faites ce que je dis mais pas ce je pense et ce que je fais ! » C’est bien la preuve, difficilement réfutable, de l’appartenance d’Elisabeth Lévy à ce qu’il est aujourd'hui convenu d’appeler « La domination » en tant qu’agent patentée sous le couvert d’un autre syndrome, après celui de « Zemmour », celui de Finkielkraut ; un Finkielkraut qui se cache derrière Charles Péguyet l’Académie française pour mieux dissimuler une identité une et indivisible, entièrement tournée vers une appartenance ethnique et tribale et la mémoire d'une catastrophe humaine, le tout dédié à la perpétuation d’une raison d’être au monde qui commande tout : allégeances, actes, anathèmes, postures et jugements.

     

              La fausse problématique musulmane soulevée par tous ces individus aura au moins eu le mérite de lever le voile sur une réalité et des acteurs médiatiques bien réels et préoccupants ceux-là, et dont il ne faut plus renoncer à dénoncer jour après jour la nocivité sociale : un poison.

     

     

    1 - Règlement de compte inter-communautaire sans fin et sans issue depuis la fin de la guerre d'Algérie : juifs séfarades et colons, les uns expatriés, les autres rapatriés... eux tous pour avoir refusé l'indépendance algérienne - une Algérie aux Algériens -, contre tout ce qui de près ou de loin ressemblerait aujourd’hui, ici en France, à un nationalisme algérien, ou plus largement, à un pan-arabisme, de la part de titulaires de la carte d'identité française nés en France.

     

     

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  • Benjamin Stora et Médiapart : entre censure et calomnie

     

     

                Suite au billet de Benjamin Stora qui a pour titre « Messali Hadj raconté par sa fille » 

    Et le commentaire suivant du 21/05/2013, 19:10 Par polig : « Le travail de Stora dans la sale affaire Algérienne est capital. C'est le meilleur sur le sujet. Tant mieux si le pouvoir le dédaigne (il a des soucis et c'est très bien). Il n'en fera que mieux son travail. Il y a des gens qui comptent sur des types comme lui. Qu'il ne l'oublie pas. »

    En réponse à ce commentaire que j’ai jugé complaisant, je me suis permis de poster le commentaire suivant - analyse à propos de la démarche de Monsieur Stora déjà publiée sur Médiapart à plusieurs reprises (le livre qui se rapporte au billet « Messali Hadj raconté par sa fille » n’est bien évidemment pas en cause) ; commentaire très vite censuré par Médiapart :

                    Soit. Les crimes de la colonisation en général et ceux de colonisation algérienne en particulier avec Benjamin Stora,  chef de file... pour nous rappeler jour après jours, tous ces crimes, colloque après colloque, conférence après conférence, entre deux voyages en Algérie et une risette aux dirigeants de ce pays totalement discrédités auprès d’un Peuple autant humilié par la colonisation que par l’échec de son indépendance...

    Un Benjamin Stora qui se propose de célébrer un Albert Camus pourtant  incapable d'envisager une Algérie qui ne soit pas française, mettant un point d'honneur à criminaliser le rôle de la France en Algérie dans une lecture univoque de l'Histoire, tout en s'affichant avec les dirigeants algériens ; un Benjamin Stora qui appartient - et ça aussi c'est de l'Histoire ! -, à une communauté qui a fait le choix du refus d'une Algérie pour les Algériens...

    Mais alors, à ce jeu, qui perd, qui gagne ?

    Les grands perdants sont la justice et la liberté pour le Peuple algérien, et la place de la diplomatie française dans le monde car, la culpabilité vous rend muet et inopérant. La France doit-elle alors partager le sort de l'Allemagne (géant économique et nain politique et diplomatique) ? Ou bien se résoudre à faire les guerres qu'on lui demande de mener ? Certainement pas.

    Les grands gagnants sont l'Etat algérien et cette coalition américano-israélo-sunnite qui prétend décider dans une région qui s'étend de Casablanca à Bagdad ( et bientôt à Téhéran ?) qui vivra, où, sous quel régime et dans quelles conditions.

     

                     Réaction de Monsieur Stora : 

    21/05/2013, 21:55 Par Benjamin Stora

    "Monsieur, quand vous m'insulter article après article,  billet après billet, vous ajoutez aussi l'antisémitisme (ndlr) en écrivant, "qui appartient à une communauté....". Avec mon profond mépris, et mon étonnement à vous trouver dans un site comme Mediapart.... B.S."

     

                    Ma réponse au commentaire de Benjamin Stora le 21/05/2013 à 21:55

     

    "Antisémitisme"...

    Comme c'est intéressant cette accusation sans fondement. Vous non plus... faut pas vous pousser bien fort ; votre recours au chantage à l'antisémitisme confirme mon analyse à votre sujet (accusation et chantage qui sont devenus aujourd'hui, tout comme hier le patriotisme et le nationalisme, le refuge des crapules) : vos intentions ne sont pas "pures", loin s'en faut. Dans le cas contraire, vous auriez su gérer ce commentaire qui est le mien ; propos déjà formulés sur Médiapart à de nombreuses reprises.

    Jamais semble-t-il vous ne rencontrez d'opposition. A la première alerte, vous vous réfugiez dans les jupons de la calomnie de l'antisémitisme. Or, c’est bien dans l’adversité et la confrontation avec l’altérité et la contradiction que l’on juge le caractère d’un homme.

    Les Internautes jugeront donc.

    Et puis, dites-nous comment vous pouvez demander qu'un commentaire soit censuré ou accepter qu’il le soit ?

    Aucun homme d’honneur, honnête et de bonne foi accepterait une telle entrave à la liberté d’expression.

    Je compte donc sur vous pour que mon commentaire à votre sujet soit à nouveau republié.

     

    ***

     

              Mon commentaire ne sera jamais re-publié. Mais… fallait-il le préciser ?

             En conclusion, qu’il soit ici permis de dire avec la plus grande clarté ce qui suit : on reprochera à Monsieur Stora d’outrepasser ses droits et ses compétences en tant qu’historien et de travailler non pas à la réconciliation des Peuples français et algérien  - réconciliation sans objet parce que… sans fondement : en effet,  Français de France, rendez-vous en Algérie, vous y serez très bien reçus par la population, dans les grandes villes comme dans les campagnes...

    On reprochera à Monsieur Stora d’apporter sa pierre à l’édifice d’une réconciliation d’intérêts géopolitiques inter-étatiques qui n’ont que peu à voir avec le bien commun, la justice et la liberté des Peuples de la Méditerranée, et en premier, le bien-être du Peuple algérien.

     ______________

     

    Pour prolonger : cliquez Stora, le relais de BHL

     

                       ainsi que Benjamin Stora, l'Algérie, la France et nous...

     

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  • François Hollande : le chevalier Bayard de l'Elysée... Président sans peur

     

     

                      ... Mais pas sans reproches ?

     

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             Serrer la main dans le même mois, et successivement à un Netanyahu et à un Bouteflika... sans porter de gants...(pour ne rien dire des accolades et autres embrassades : une cabine de lavage et de désinfection a-t-elle été prévue ?) ce n'est plus du courage mais... bel et bien de l'héroïsme de la part de notre Président !

     

             Il est vrai que ces deux chefs d'Etat... ou bien plutôt, ces deux chefs de bande, n'ont pas besoin d'alliés mais de complices. Dommage néanmoins que ce soit sur le dos de la France et de sa réputation. Et même s'il elle n'est plus à faire depuis 15 ans... n'empêche l'humiliation est là, bien là car enfin, qu'en est-il de la défense de la justice et de la liberté et de la distance à prendre, voire la réserve, face à des Etats sans scrupules ?

          

     - Une Algérie riche en gaz et pétrole dont la moitié de la population en âge de travailler est au chômage (dans les villes, les couples et leurs enfants qui ont pour seul logement des caves, comme des rats), pour ne rien dire d'une guerre civile savamment provoquée et entretenue au bilan de 300 000 morts et une corruption quasi constitutionnelle - Article 1 : " Sors ton fric si tu ne veux pas vivre comme un chien, sinon... retourne dans ta niche et crève !"

     

               Avec cette visite en Algérie, Hollande valide 60 ans d'une politique étrangère française qui infantilise les anciennes colonies, conforte les assassins et le voleurs, et pousse au désespoir ou à la mendicité (des visas ! donnez-nous des visas !) des Peuples entiers.

     

    - Quant à la visite de Netanyahu à la tête d'un Etat condamné cent fois à l'ONU et dont on se doit de rappeler la politique à l’égard du Peuple palestinien : vol de la terre, assassinats, meurtres, bombardements civils, occupation, humiliation ; et ici en France : bannissement, chantage professionnel, chantage à l'anti-sémitisme, racket sous la forme de procès sans nombre contre quiconque ose dénoncer la connivence au plus haut sommet de l'Etat français avec cette politique : journalistes, artistes, producteurs radio et télé, universitaires et blogueurs...

     

               Une politique d'Etat d'un cynisme qui viole l'humanité de chacun d'entre nous, et ce jusqu'à sa plus petite parcelle, tout en nous dépouillant de toute possibilité de croire encore en l'Homme et à l'avenir.

     

                N'ayons aucun illusion : si c'est bien ce cynisme-là qui doit triompher, alors, c'est bien toute notre civilisation et notre humanité qui s'effondrent.

     

    ***

     

    Netanyahu et Bouteflika dans le même mois,  alors que la présidence de Hollande n'a même pas un an ! Etait-ce nécessaire et si urgent ?

     

    Que la diplomatie française nous donne une seule raison pour un tel empressement et un tel appétit pour la canaille !


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    Pour prolonger à propos de l'Algérie et de la France cliquez...  http://www.legrandsoir.info/factum-politique-a-l-usage-du-president-francois-hollande-en-visite-d-etat-a-alger.html

     

    A propos d'Israël et de la France... cliquez http://blogs.mediapart.fr/blog/serge-uleski/021112/netanyahu-toulouse

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  • de Gaulle : amnésie et complaisance entre mythe et réalité

    Ci-après, quelques rappels de faits historiques indissociables d'un personnage que l’on voudrait univoque et qui, semble-t-il, force l'admiration avec une complaisance aussi surprenante que déplacée.

     

    ***

     

    Le 9 septembre 1944, un gouvernement d'unanimité nationale est constitué sous la présidence de Gaulle jusqu’en janvier 1946.

     

    1945 - Massacres de Sétif, Guelma et Kherrata : répressions sanglantes d'émeutes nationalistes dans le département de Constantine, en Algérie française.

    8 mai 1945 : fin des hostilités et la victoire des Alliés, un défilé est organisé. Les partis nationalistes algériens, profitant de l'audience particulière donnée à cette journée, décident par des manifestations d'abord pacifiques de rappeler leurs revendications patriotiques. Un policier tire sur un jeune Algérien tenant un drapeau de l'Algérie et le tue, ce qui déclenche des émeutes entre Algériens et Européens, avant que l'armée n'intervienne.

    Il y aura parmi les Européens plus d'une centaine de morts et autant de blessés.

    Après l’intervention de l’armée, en représailles, le nombre des victimes autochtones (algériennes), est difficile à établir aujourd’hui encore ; les autorités françaises de l'époque fixèrent le nombre de tués à 1 165 ; pour les historiens, le nombre varie de 8 000 à 15 000 victimes.

     

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    Le 29 mai 1958, René Coty fait appel à Charles de Gaulle qui deviendra ainsi le premier Président de la Vè République.

     

    Guerre d'Algérie : dès 1959, de Gaulle en revient à une solution classique de répression militaire ; jusqu'à l'hiver 1961/62, il choisira de poursuivre la guerre, au prix d'un accroissement de l'usage de la torture. Jusqu'à la fin de 1961, la lutte contre le FLN est menée avec autant de vigueur, et même davantage, qu'auparavant : selon Constantin Melnik, conseiller spécial de Michel Debré chargé de coordonner les services secrets, il y eut environ 500 assassinats politiques entre 1958 et 1961.

     

    Dans la nuit du 17 au 18 octobre 1961 à Paris, au lendemain de l'assassinat de policiers par des militants du FLN, une manifestation, interdite par les autorités françaises, fut organisée : les manifestants algériens protestaient contre le couvre-feu imposé en métropole aux ressortissants d'Afrique du Nord. Cette manifestation fut férocement réprimée. Selon l'historien Alain-Gérard Slama, le chiffre total est de l'ordre d'une centaine de victimes. Le préfet de police Maurice Papon couvrira ses policiers et le gouvernement l'ensemble de ses fonctionnaires.

    Quelques mois plus tard, le 8 février 1962, toujours à Paris, lors d'une manifestation interdite, huit manifestants « français » contre la guerre d’Algérie sont tués par les forces de police au métro Charonne et un autre mourra à l'hôpital ; on retrouvera le même duo : de Gaulle et le préfet de police Maurice Papon.

     


    ***


     

    26 mai 1967 : grève et massacre en Guadeloupe : des ouvriers du bâtiment réclament 2% d’augmentation et la parité en matière de droits sociaux.

    Alors que des négociations sont en cours, des CRS prennent position. Très vite, la tension monte. Les CRS lancent des grenades lacrymogènes pour disperser la foule et chargent à coup de matraques, à coups de crosses... et à coups de pieds. Le massacre qui s’ensuit fera 87 victimes civils guadeloupéennes (Papon auait-il été muté aux Antilles ?!) tués par des gendarmes et parachutistes français.

     

    Décidément...

    A la lumière des tous ces faits tragiques, force est de constater que… tout comme Racine et Shakespeare - mais sans le génie de ces derniers...

     

    de GAULLE TUE BEAUCOUP !


    ***

     

    En Mai 68, au cours de la plus grande grève dans l'histoire du mouvement ouvrier français, on retiendra que l'on ne doit l'absence de bain de sang qu'à un Préfet de Police nommé Maurice Grimaud qui a succédé à Maurice Papon et à un Georges Pompidou, (sans oublier, côté étudiants, le fait que les parents des fils et filles de Mai étaient gaullistes), alors que le Général de Gaulle avait clairement fait savoir (on ne se refait pas, manifestement !) que la police ne devait pas hésiter à tirer sur les manifestants-grévistes pour rétablir l’ordre (se reporter aux mémoires du préfet Grimaud : En mai, fais ce qu'il te plaît).

    Avec ces derniers événements…

    Entre panique, incompétence et ignorance de cette France avec laquelle il n’hésitait pourtant pas à rebattre les oreilles du monde entier, ironie de l'Histoire, on ne pourra s'empêcher de penser au Pétain des années 40.

    En effet, de Gaulle a près de 80 ans au moment des événements de Mai : en juin, un vote de soutien tout relatif, lié au désir de l'électorat de retrouver un Etat fort, le maintiendra dans ses fonctions avant une démission précipitée dix mois plus tard ; démission sans gloire, dans une indifférence quasi ... générale ; de Gaulle n'étant déjà plus une solution d'avenir pour la société française.

     

     

    _____________


     

    Haut en couleurs (celles de notre drapeau avec le rouge comme couleur dominante… celle du sang ?!) ce personnage « culte » semble forcer autant l'amnésie que l’admiration ou le dédain chez ses détracteurs ; ceux d'une gauche modérée ou à l'extrême d'une droite qui aujourd’hui encore n’est pas loin de lui reprocher de ne pas avoir tué assez.

     

    Aussi...


    Il serait temps que l'Histoire reconnaisse les milliers de cadavres qui jonchent le parcours de cet homme équivoque à l’autoritarisme finalement bien moins éclairé qu’il n’y paraît.

    Et si au royaume des imbéciles et des aveugles, les borgnes et les admirateurs sont rois, nul ne saurait nous empêcher de renvoyer dos à dos les uns et les autres pour mieux nous empresser d’emprunter d’un pas léger et confiant le chemin qui mène à un belvédère à la vue imprenable : celle des faits.

    Et pour peu qu’un kiosque à musique, non loin, nous propose une nouvelle interprétation d’un Chant des partisans qui, nul doute, au sortir de la Deuxième guerre mondiale, méritait une autre postérité et d’autres hommes avec lesquels partager cet héritage…

    On pourra, une fois encore, constater à quel point les héros d’hier voyagent mal dans le temps lorsqu’ils s’obstinent à vouloir encore, et contre toute raison, influencer son cours.


     

    PS - Dans ce billet, j’ai souhaité en priorité évoquer des événements à caractère politique : contestations, revendications, exercice d'une liberté de parole et d'action ; événements qui seuls permettent d’évaluer le "niveau" de liberté toléré par un régime ; en l’occurrence celui d’un de Gaulle.

    Au sujet de Mai 68, si ses fils et filles avaient été algériens, africains ou antillais, et si le passé nous est d’un enseignement quelconque, on doit malheureusement pouvoir légitimement penser que Pompidou aurait un peu moins insisté auprès de Gaulle pour qu’il n’y ait aucun bain de sang.

    Et si, sur un plan politique, de Gaulle a su se rendre indispensable tant en France qu'à l'étranger, et si ce Général a aimé la France, Pinochet a très certainement lui aussi aimé le Chili, et Staline l’URSS ; et tous deux ont su se rendre tout aussi indispensables.

    Quant à la politique de non-alignement vis à vis des Etats-Unis, celle-ci n’était pas plus louable que celle d’un Tito vis à vis de l’URSS.

    Encore une fois, on doit pouvoir questionner ce personnage équivoque à l’autoritarisme finalement bien moins éclairé qu’il n’y paraît. En d’autres termes, plutôt euphémistiques, il faut bien reconnaître que de Gaulle, qui était un militaire et qui l'est resté, a eu beaucoup de mal avec la liberté (surtout quand il s'est agi de celle des autres), la démocratie et la justice sociale (sous son régime, pas de redistribution des fruits d'une croissance pourtant record ; pour s'en convaincre, il suffit de se pencher sur la condition ouvrière avant Grenelle).

    Et s’il lui est arrivé d’avoir une très haute idée de la France - une France sans Peuple ?! Sinon, une France-troupeau -, c’était très certainement parce qu’il avait une très, très haute idée de lui-même et de la classe dont il était issu : une classe née pour guider, diriger...

    Devinez qui ou quoi ?!

    Des oies.

    Ou bien plutôt... pour rendre à de Gaulle les propos qui lui appartiennent : des veaux.

     

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