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antoine spire

  • George Steiner : Le pèlerin de tous les possibles

     

     

              george-steiner.jpgGeorge Steiner, c'est ce ver luisant de l'intelligence à chaque fois que la nuit recouvre l'entendement. Ôte de l’humanité, cette humanité, il la reçoit tout en étant reçu par elle : " La patrie c’est là où on peut travailler… là où on vous laisse travailler."

     

    ***

              Il est un des plus virulents critiques de la politique d’Israël : « Torturer un être humain, c’est le transcendant du mal absolu ; plutôt se tuer que le faire !"

    Or, Israël devra continuer de torturer.

    George Steiner, c'est aussi et surtout la meilleure réponse que l’on puisse adresser, ici en France, à un BHL, à un Zemmour, à un Finkielkraut, à une E. Lévy, à un Goldnadel, à des médias et une grande partie de la classe politique… comme autant de figures emblématique du naufrage de tout un héritage et de la descente aux enfers d'une raison d'être au monde défaillante et corrompue ; déliquescence qui semble aujourd’hui irréversible.

     

    ***

     

     

                   George Steiner : La barbarie de l'ignorance

     

     

                 Antoine Spire jadis producteur sur France Culture, remercié par une gourde, Laure Adler alors qu'elle prenait la direction de France Culture... s'entretient avec George Steiner autour de la re-publication de son ouvrage sur Heidegger. 

    Ils évoquent la fascination des penseurs juifs pour Wagner, Nietzsche et Heidegger et plus largement, la fascination des intellectuels pour les systèmes totalitaires : URSS et Chine.

    Au sujet de Heidegger et son engagement auprès des Nazis, un Heidegger qui a formé une grande partie des intellectuels du XXè siècle, Steiner fera la remarque suivante : "Le plus grand des penseurs peut être le plus petit des hommes."

    Antoine Spire insiste sur l'absence de l’être humain, de l’individu humain, l’a-humanisme de Heidegger comme une sorte de « planète vide dans le soleil grec du matin ».

    Héritier des pré-socratiques, très grand élève d’Aristote, peut-on suggérer que « Heidegger s’est retiré du monde dans le langage » ?

    Steiner réplique que tout notre vocabulaire écologique pourrait bel et bien venir des premiers écrits de Heidegger, ceux des années 20 après la catastrophe de la première guerre mondiale : la dénonciation de la mécanisation totale, brutale, anonyme de la vie par l’être humain pour une exploitation totale de la planète en lieu et place d’un désir de vie, un désir de laisser vivre la vie.

    Plus tard, il sera question du langage et de son origine ; ce miracle qui définit l’homme car l’homme c’est l’animal qui parle, puis la déconstruction qui mettra en cause la correspondance entre le langage et la réalité : la communication. Arrive alors le doute généralisé qui a pour conséquence la remise en cause de l’autorité qui repose sur la confiance et la compétence.

    Déconstruction de la personne humaine aussi qui nous laisse avec une énergie terrible d’absence : le vide plein du souvenir de ce qui n’est plus.

     

                 Sans Dieu, avec la perte du sujet, qu’est-ce qui est encore possible ?

    Michel-Ange, Bach, Beethoven, Shakespeare, Dostoïevski…  les anciennes formes ne reviendront pas. L’Histoire ne serait alors que du passé ? Et notre époque... l'épilogue, comme une grande fatigue de l’Histoire?

     

                George Steiner souhaite conclure avec ceci : "L’esprit humain est indestructible."

    Et c'est là une raison d'espérer encore.

     

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    George Steiner à propos de son roman "Le Transport de A.H".

     

     

                 Si on peut regretter chez Steiner des lacunes dans le domaine de la politique - qui fait quoi, à qui, où, comment, pourquoi et pour le compte de qui -, ainsi qu'à propos des apports de la psychanalyse que George Steiner rejette, la psychologie des Peuples et des Nations aussi, lui, le voyageur solitaire, il n’en demeure pas moins qu’il y a un reproche que l’on ne pourra jamais adresser à George Steiner : c’est de ne pas comprendre ceux qui ont fait l'Histoire ainsi que les auteurs qu’il a lus, contrairement à d'autres, aussi cultivés que bêtes.

     

     

    Pour prolonger, cliquez : Steiner, un diamant d'intelligence

     

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                  Version Papier : de l'Art, de la littérature et autres considérations

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  • George Steiner : Le pèlerin de tous les possibles

     

     

              george-steiner.jpgGeorge Steiner ôte de l’humanité : cette humanité, il la reçoit tout en étant reçu par elle : " La patrie c’est là où on peut travailler… là où on vous laisse travailler."

     

    ***

     

              Il est un des plus virulents critiques de la politique d’Israël : « Torturer un être humain, c’est le transcendant du mal absolu ; plutôt se tuer que le faire !"

    Or, Israël devra continuer de torturer.

    George Steiner, c'est aussi et surtout la meilleure réponse que l’on puisse adresser, ici en France, à un BHL, à un Zemmour, à un Finkielkraut, à une E. Lévy, à un Goldnadel, à des médias et une grande partie de la classe politique… comme autant de figures emblématique du naufrage de tout un héritage et de la descente aux enfers d'une raison d'être au monde défaillante et corrompue ; déliquescence qui semble aujourd’hui irréversible.

     

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                    Janvier 1997 - France Culture  

     

                 Antoine Spire jadis producteur sur France Culture, remercié par une gourde, Laure Adler alors qu'elle prenait la direction de France Culture... s'entretient avec George Steiner autour de la re-publication de son ouvrage sur Heidegger. 

     

    Ils évoquent la fascination des penseurs juifs pour Wagner, Nietzsche et Heidegger et plus largement, la fascination des intellectuels pour les systèmes totalitaires : URSS et Chine.

    Au sujet de Heidegger et son engagement auprès des Nazis, un Heidegger qui a formé une grande partie des intellectuels du XXè siècle, Steiner fera la remarque suivante : "Le plus grand des penseurs peut être le plus petit des hommes."

    Antoine Spire insiste sur l'absence de l’être humain, de l’individu humain, l’a-humanisme de Heidegger comme une sorte de « planète vide dans le soleil grec du matin ».

    Héritier des pré-socratiques, très grand élève d’Aristote, peut-on suggérer que « Heidegger s’est retiré du monde dans le langage » ?

    Steiner réplique que tout notre vocabulaire écologique pourrait bel et bien venir des premiers écrits de Heidegger, ceux des années 20 après la catastrophe de la première guerre mondiale : la dénonciation de la mécanisation totale, brutale, anonyme de la vie par l’être humain pour une exploitation totale de la planète en lieu et place d’un désir de vie, un désir de laisser vivre la vie.

    Plus tard, il sera question du langage et de son origine ; ce miracle qui définit l’homme car l’homme c’est l’animal qui parle, puis la déconstruction qui mettra en cause la correspondance entre le langage et la réalité : la communication. Arrive alors le doute généralisé qui a pour conséquence la remise en cause de l’autorité qui repose sur la confiance et la compétence.

    Déconstruction de la personne humaine aussi qui nous laisse avec une énergie terrible d’absence : le vide plein du souvenir de ce qui n’est plus.

     

                 Sans Dieu, avec la perte du sujet, qu’est-ce qui est encore possible ?

    Michel-Ange, Bach, Beethoven, Shakespeare, Dostoïevski…  les anciennes formes ne reviendront pas. L’Histoire ne serait alors que du passé ? Et notre époque... l'épilogue, comme une grande fatigue de l’Histoire?

     

                George Steiner souhaite conclure avec ceci : "L’esprit humain est indestructible."

    Et c'est là une raison d'espérer encore.

     

     

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                 Si on peut regretter chez Steiner des lacunes dans le domaine de la politique - qui fait quoi, à qui, où, comment, pourquoi et pour le compte de qui -, ainsi qu'à propos des apports de la psychanalyse que George Steiner rejette, la psychologie des Peuples et des Nations aussi, lui, le voyageur solitaire, il n’en demeure pas moins qu’il y a un reproche que l’on ne pourra jamais adresser à George Steiner : c’est de ne pas avoir compris les auteurs qu’il a lus, contrairement à d'autres, aussi cultivés que bêtes.

     

     

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                  Version Papier : de l'Art, de la littérature et autres considérations

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  • George Steiner : Le pèlerin de tous les possibles.

     

     

              George Steiner ôte de l’humanité : cette humanité, il la reçoit tout en étant reçu par elle : " La patrie c’est là où on peut travailler… là où on vous laisse travailler."

     

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              Un des plus virulents critiques de la politique d’Israël : « Torturer un être humain, c’est le transcendant du mal absolu ; plutôt se tuer que le faire !"

    Or, Israël devra continuer de torturer.

    George Steiner… c'est aussi la meilleure réponse que l’on puisse adresser, ici en France, à un BHL, à un Zemmour, à un Finkielkraut, à une E. Lévy, à un Goldnadel, à des médias et une grande partie de la classe politique… comme autant de figures emblématique du naufrage de tout un héritage et la descente aux enfers d'une raison d'être au monde défaillante et corrompue ; déliquescence qui semble aujourd’hui irréversible.

     

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                    Janvier 1997 - France Culture :  George Steiner et Antoine Spire jadis producteur sur France Culture, remercié par une gourde, Laure Adler alors qu'elle prenait la direction de France Culture... t
    ous deux s'entretiennent autour de la re-publication d’un ouvrage de George Steiner sur Heidegger. 

     

    Ils évoquent la fascination des penseurs juifs pour Wagner, Nietzsche et Heidegger et plus largement, la fascination des intellectuels pour les systèmes totalitaires : URSS et Chine au XXè siècle.

    Au sujet de Heidegger et son engagement auprès des Nazis, un Heidegger qui a formé tous les philosophes de la seconde moitié du XXè siècle, Steiner fera la remarque suivante : "Le plus grand des penseurs peut être le plus petit des hommes."

    Antoine Spire insiste sur l'absence de l’être humain, de l’individu humain, l’a-humanisme de Heidegger comme une sorte de « planète vide dans le soleil grec du matin ».

    Héritier des pré-socratiques, très grand élève d’Aristote, peut-on suggérer que « Heidegger s’est retiré du monde dans le langage » ?

    Steiner réplique que tout notre vocabulaire écologique pourrait bel et bien venir des premiers écrits de Heidegger, ceux des années 20 après la catastrophe de la première guerre mondiale : la dénonciation de la mécanisation totale, brutale, anonyme de la vie par l’être humain pour une exploitation totale de la planète en lieu et place d’un désir de vie, un désir de laisser vivre la vie.

    Plus tard, il sera question du langage et son origine : le miracle qui définit l’homme : l’homme c’est l’animal qui parle. Puis, la déconstruction qui mettra en cause la correspondance entre le  langage et la réalité : la communication. Arrive alors, le doute généralisé qui a pour conséquence la remise en cause de l’autorité qui reposait et repose toujours sur la confiance et la compétence.

    Déconstruction de la personne humaine aussi qui nous laisse avec une énergie terrible d’absence : le vide plein du souvenir de ce qui n’est plus.

     

                 Sans Dieu, avec la perte du sujet, qu’est-ce qui est encore possible ? Michel-Ange, Bach, Beethoven, Shakespeare, Dostoïevski…  les anciennes formes ne reviendront pas. L’Histoire ne serait alors que du passé ? Et notre époque... l'épilogue, une grande fatigue de l’Histoire?

     

                George Steiner souhaite conclure avec ceci : "L’esprit humain est indestructible."

    Et c'est là une raison d'espérer encore.

     

     

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                 Si on peut regretter chez Steiner des lacunes dans le domaine de la politique - qui fait quoi, à qui, où, comment, pourquoi et pour le compte de qui -, ainsi qu'à propos des apports de la psychanalyse que George Steiner rejette, la psychologie des Peuples et des Nations aussi, lui, le voyageur solitaire, il n’en demeure pas moins qu’il y a un reproche que l’on ne pourra jamais adresser à George Steiner : c’est de ne pas avoir compris les auteurs qu’il a lus, contrairement à d'autres, aussi cultivés que bêtes.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Steiner, un diamant d'intelligence

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