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art contemporain

  • Penser l'Art aujourd’hui avec Marcel Duchamp…

     

     

                     Entretien avec Marcel DUCHAMP (1887-1968) sur ses Ready-made, en juin 1967 à Paris, à la galerie GIVAUDAN.

     


                  On remarquera l’absence d’émotion ; un léger sourire amusé mais pas de rire, pas d’humour ni d’ironie ; une sorte de désinvolture sérieuse, sûre de son fait ; pas de propos moqueurs ou cyniques non plus, même si le discours de Duchamp sur ses Ready-made demeure bel et bien, et ce depuis plus de soixante ans (à l’heure où cet entretien est filmé), une attaque frontale des catégories de l'art à propos desquelles chaque parole de Duchamp exprime le rejet systématique ; soixante années d’une provocation bien maîtrisée, sans haine ni fracas, d’une radicalité d’une bonhomie surprenante - sorte de degré supérieur de la sagesse chez les prévaricateurs de l’Art ? -, qui doit bien malgré tout cacher quelques aspérités de l’âme, dans une fausse distanciation et un détachement feint très certainement symptomatique d’un rapport au monde, et ce dès 1913 - dès les premiers Ready-made -, d’une émotivité explosive... même si l'explosion n'arrivera jamais, ni de sa vie passée ni des quelques mois qu'il lui reste à vivre - nous sommes en 1967.

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                     Pour une grande dépression de l'homme Marcel Duchamp qui a très tôt refusé la consolation de l’Art

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    Nu descendant un escalier – 1912 : 146 cm × 89 cm


                   Né dans l’Art, tombé dans la peinture et la sculpture dès sa naissance – grands-parents, frères, sœurs sculpteurs et peintres -, et bien qu’il ait échoué au concours d'entrée des Beaux Arts de Paris, Marcel Duchamp hésitera très tôt entre deux carrières : humoriste ou peintre jusqu'au jour où…

    Mais... laissons la parole à Marcel Duchamp à propos de son tableau Nu descendant un escalier : « Je l'avais envoyé aux Indépendants de Paris en février 1912, mais mes amis artistes (cubistes et autres) ne l'aimèrent pas »

                   L'article 1 du statut de l'association Les Indépendants dispose que l'objet de la Société des artistes indépendants - fondée sur le principe de l'abolition des jurys d'admission - est de permettre aux artistes de présenter leurs œuvres au jugement du public en toute liberté.

    Si dans ce nu qui descend un escalier « il y avait plus à comprendre qu'à contempler », l’entourage supposément « révolutionnaire » de Duchamp, composé d’artistes cubistes, refusa ce nu (ainsi que son titre) au prétexte qu’il était déjà post-cubiste et un peu trop futuriste à son goût. Sans doute Duchamp ne s’est-il jamais remis de ce refus - il a alors une vingtaine d'années -, car des biographes audacieux ont vu à propos de ce rejet les prémisses d’une scène primitive, expérience traumatique qui s’avèrera fondatrice d’une vision de l’Art qui, du jour au lendemain, changea du tout au tout : à compter de ce refus d’un dogmatisme inattendu proche d’un académisme que ce mouvement cubiste était pourtant censé récuser de tous ses pinceaux et brosses de peintres, jamais plus Duchamp ne touchera un pinceau ni à un tube de peinture. Et c’est dans un immense éclat de rire… jaune de surcroît, le premier et le dernier rire - Duchamp sera tel Buster Keaton, un homme qui jamais ne sourit ni ne rit ! -, que Duchamp est devenu Marcel Duchamp alias R. Mutt, fabricant de sanitaire.

                    Plus de règle, plus de hiérarchie, à compter de ce refus, tout sera de l’Art - une roue, un porte-bouteille, un urinoir -, comprenez : plus rien ne le sera. Renonçant aux catégories de l'Art, au beau, au laid, à la notion même d’œuvre, dans un travail de sape sans précédent qui en annoncera bien d’autres encore (dans les années soixante dix, des artistes, pour ne pas être en reste, exposèrent leurs excréments dûment signés par leurs auteurs), comme autant de tentatives d’enfoncer le clou profond, bien profond… Duchamp décida alors que rien ne lui résisterait, ni matière ni aucun entendement.

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                                         Marcel Duchamp: Roue de bicyclette, ready made de 1913

     

                    C’est à ce moment-là que le Ready-made (1)verra le jour (dès 1913), aube et crépuscule tout à la fois. Désormais, le nom de Duchamp sera associé aux détournements d'objets tout faits, sans intérêt visuel de préférence, qu’il choisira pour leur neutralité esthétique : roue de bicyclette (1913), porte bouteilles (1914), fontaine (1917) ; il se contentera de les signer R. Mutt (2)...

    Le Ready-made… « Objet manufacturé promu à la dignité d'objet d'Art par le seul choix de l'artiste » (3) se verra doté d'un discours froid, indifférent à l'image de l'objet choisi, sans humour ni ironie, purement théorique, replié sur lui-même et fermé : pas de descriptions, pas d’explications ni d'intentions affichées, ni revendications ni dénonciation :  « Un ready made ne doit pas être regardé, on prend notion par les yeux qu'il existe, on ne le contemple pas. Le ready made ne peut exister seulement par la mémoire. »

    Anti-rétinien (Circulez y a rien à voir ! Y a qu’à se souvenir !), c'est sûr, de nombreuses carrières se sont alors bâties autour et sur le nom de Duchamp, à partir de l’interprétation de son "non-art" et le commentaire de son "absence d'oeuvre" ! Commentaires sur le "comment" et plus rarement sur le "pourquoi" (pourquoi a-t-il fait cette non-œuvre-là et pas une autre ?) ; car si Duchamp a révolutionné la conception de l’art -  là où il commence et là où il ne se termine pas ; ni fin ni commencement puisque tout est Art -, il s'est très certainement agi d'une révolution dans laquelle on ne reconnaîtra à l’être humain qu’un droit et qu'un devoir : celui de marcher sur les plates bandes et de pousser mémère dans les orties, couvrant de ridicule et de quolibets quiconque aurait dans l’idée de célébrer et de défendre par exemple : efforts et travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration, témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus... au profit d’un Art de force, de témérité et de victoire qui s’appuie sur une ascèse indéfectible.

                     Si Duchamp a mené une réflexion sur la notion d’Art et sur l’esthétique, comme on l'a longtemps prétendu, et aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui s’y sont engouffrés… à moindre frais, d'une paresse et d'une complaisance inouïes, en suiveurs adeptes du "moindre" jusqu'au "moins que rien" dans un tout qui n'en serait pas davantage, sinon moins encore. Il est vrai que certains d'entre eux furent très vite trop heureux de servir une finalité à l’image du projet de société développé après la Seconde guerre mondiale - le tout marchant, le tout marchandise, jusqu'à l'humain plus récemment -, culminant dans les années 60 avec une société consommatrice de tout et d’un Pop-art - art opportuniste qui, tout comme la musique pop, trouve sa raison d’être produit et diffusé, dans le business que l’on peut y faire et seulement dans cette perspective ! -, dont les "critiques" n’ont jamais pu se départir  pour notre malheur à tous, puisque cet art-pop filiale de ce non-art qu'est l'art contemporain - abrégé AC comme art conceptuel pratiqué par des philosphes-artistes qui n'ont jamais étudié cette discipline qu'est la philosophie ; discipline qui demande, il est vrai, il faut le rappeler, près d'une bonne dizaine d'années d'études -, occupe aujourd’hui 80% de la couverture médiatique artistique.

    C'est sûr, le pop art doit tout à Duchamp, et les fortunes faites lui sont plus que redevables du fait que, par voie de conséquence, Duchamp triomphant, tous les jugements ne seront pas seulement suspendus mais tout simplement congédiés : tout le monde aura droit à sa minute non pas de silence mais de tintamarre de reconnaissance, de célébrité et de gloire ! Le mouvement fluxus ne sera pas en reste, sans proposition mais actif, bien décidé à perpétrer l’œuvre sans œuvre du Maître.  

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                                 La Mariée mise à nu par ses célibataires, même (Le grand Verre) - 1915-1923 - 277,5 cm × 175,9 cm

         
                   Tour à tour cubiste, futuriste, dada, surréaliste, Art, anti-Art, an-art... faites votre choix !

                   Bénéficiant d’un désert artistique dans un pays neuf et sans art (art autre que premier ou primitif des autochtones amérindiens ; si tant est que cet art ait été valorisé à cette époque car on peut toujours après coup, adorer ceux que l'on a massacrés !), privés d’histoire de l’Art, seuls les Etats-Unis pouvaient très tôt, bien avant les années 20, fêter Duchamp.

    Mais alors, malgré les apparences aussi trompeuses qu’elles puissent être quand elles nous dissimulent l’essentiel d’une démarche à la racine de laquelle on trouvera très certainement un désabusement et une mélancolie chronique, qui nous parlera du spleen de Duchamp, de cette grande dépression de l'homme qui a refusé la consolation de l’Art ? Dépressif dans un monde pressenti déprimant avant l’heure, comment Duchamp a-t-il pu survivre à un tel refus - refus de l'Art, refus de l'oeuvre, refus des valeurs -, même ludique et distancié au possible ?

    Est-ce la célébrité qui a porté Duchamp, une reconnaissance mondiale qui lui a permis d’acheminer son existence, année après année… pour mieux survivre psychiquement (alors que d’autres sombreront très vite dans le non-être à coups d’overdoses) à un tel renoncement très tôt dans son existence - « Tout est art ! » Le renoncement de tous les renoncements pour un artiste : le non choix puisque tout se vaut ?

    Dépression, tristesse assumée comme un moindre mal… on le serait à moins, c’est sûr ! Aussi soyons compatissants... si l'Art est un mirage comme le pensait Duchamp, alors il doit très certainement s'agir d'un mirage dans un désert. Mais alors, que penser d’une société prête à accepter une telle proposition, une société disposée à se tirer une balle dans le pied (4), du gros calibre en l’occurrence, et dont la détonation n’a pas fini de se faire entendre, même si aujourd’hui, essoufflée, cette société a cessé semble-t-il d’en rire ou d’en ricaner préférant tenir des discours très sérieux et posés autour de cet Art qui, après réflexion, n’aurait jamais quitté Duchamp, qui ne s’en serait jamais absenté, même un instant,  jusqu’à le célébrer car, finalement, oeuvre il y a, et Art aussi, et pire ou mieux encore : Duchamp est bel et bien et à jamais, entré dans l'histoire de l'Art - d’autant plus qu’il n’est plus là pour s’élever contre toutes ces louanges et tous ces discours...

    Cette société-là est sans aucun doute sur une pente savonneuse…

     

                    Dada triste  - "Il n'y a pas de solution car il n'y a pas de problème" disait Duchamp - ce qui signifie aussi que tout fait problème -, surréaliste sans joie  (5), Jeanne Raynal (artiste américaine à ses heures) a dit de lui "qu'il s'est laissé mourir toute sa vie". Individualiste forcené sur le mode "Chacun pour soi comme dans un naufrage", Duchamp tirera sa révérence sans bruit à l’âge de 81 ans, jeune et beau. Mais alors, est-ce que le non-art conserve les non-artistes bien mieux que tous les autres qui revendiquent la poursuite d'une oeuvre ?

    A la décharge de Duchamp, on notera encore une fois l’absence de cynisme et la présence d’une remise en cause radicale proche d’un désespoir aussi profond qu’indéfinissable, sans doute insondable (6), désespoir que l’ART seul peut dépasser même dans la négation ; et c’est là le paradoxe et le questionnement qui naît de la confrontation avec la démarche de Duchamp : comment transcender le désespoir sans l'aide non seulement de Dieu mais de l'Art (autant dire.... une ambition et une tâche titanesques)  ? Lui, Duchamp, pour qui l’on devait tous faire le deuil de cet Art qui devait mourir parce que Marcel Duchamp en avait décidé ainsi à l’entrée de l’âge adulte qui n’est pourtant que l’enfance de l’Art pour tout artiste qui mettra toute une vie à en venir à bout… souvent en vain, loin de toute reconnaissance et sans postérité aussi.

                                             

    ***

              Marcel Duchamp nous a donné à comprendre que « Le ready made ne fait rien, il attend la mort, les questions d'art ne l'intéressent plus » Et aujourd’hui, qu’est-ce qui intéresse nos sociétés ? Quels projets ?

    Allons donc voir du côté de tous les renoncements dont elles sont capables, et ce au plus haut niveau de décision de toutes les décisions qui concernent ses millions de membres.

    Prophète malgré lui mais indifférent, n'en tirant aucune gloire, avec Duchamp, ce non-artiste nécessaire d’une non-œuvre riche en enseignements qui célèbre le non-art ou bien plutôt sa mort… toujours prochaine, c'est l'humain qui tire sa révérence et qui attend, lui aussi la fin - Oh non ! pas la fin du monde ! -, mais sa fin à lui, sans projet, à bout de force, résigné, tel un bouchon sur l’eau, sans plus de volonté ; sa petite fin à la fois unique et commune à tous, la mort, sa mort... immense car il n'en aura pas d'autre.

                   Duchamp a allumé la mèche en 1913, depuis, l’étincelle continue son petit bonhomme de chemin… elle se rapproche du baril  ; certains pensent qu’il est vide, d’autres plein d’une substance inoffensive même sous le feu et sa chaleur ; d’autres encore redoutent le pire…

    Pschitt ou boum ? Pile ou face ?

              Et même si un coup de dés jamais n'abolira le hasard, en attendant, qu’est-ce que l’homme est joueur quand même !

     

     

    1 - Déjà Jules Lévy assisté d'Alphonse Allais dans les années 1880 savait sans vergogne moquer l'Art qui s'écrit avec une majuscule ; le mouvement qu'il a fondé "Les arts incohérents" affichait un anti-Art sans retenue ; même Dada ne fera pas pire ( ou mieux, c'est selon).

     

    2 - Alias inspiré par les comic strips - sorte de bande dessinée humoristique bon marché vendue  alors à des millions d’exemplaires aux USA… ce qui tombe plutôt à pic puisque l'urinoir (entre autres objets) est bien à l'Art ce que le comic-strip est à la littérature mondiale. Quitte à choisir, on se permettra toutefois de préférer Kafka.

    3 -  Tout en oubliant d'ajouter... de l'artiste et celui des collectionneurs-investisseurs, spéculateurs, critiques d'art, commissaires et autres agents de la scène artistique.

    4- Ou qu'un Duchamp lui pisse dessus avec cette fontaine urinoir.

    5- Faut dire qu'à la longue, ça doit bien user son homme ! Même s'il faut bien que jeunesse se passe ; et à ce sujet, on pourra aussi s'interroger sur le fait que celle de Duchamp n'est jamais passée ; Picabia, un temps Dada, après avoir fait l'idiot, a repris ses pinceaux et la peinture ; on épargnera à Duchamp l'exemple de Dali.

    6- Sûrement, il doit bien en être question... ce n'est pas possible autrement... une telle constance, une telle obstination, un tel acharnement dans le renoncement.

     

     

                        "Beyond Repetition: Marcel Duchamp's Readymades" – conférence de David Joselit qui s’attachera au « comment » à défaut du « pourquoi ».

     

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    En septembre 2014, le Centre Pompidou a consacré une exposition à la peinture de Duchamp : « Duchamp, la peinture même ».

    A propos de l'exposition Beaubourg : une critique ICI

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  • Jeff Koons à Versailles

     

    Quand l'art contemporain se fait le fossoyeur de l'Art Moderne

     

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                 Visite privée de l'exposition sur invitation de Jean-Jacques Aillagon, Président du domaine du Château de Versailles, notre guide pour l'occasion, ce samedi 13 Septembre (2008) à 18h30.

     

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                 Certes, Koons aurait tort de se priver d'être "Jeff Koons" : argent, célébrité, considération...

    En revanche, on pourra difficilement pardonner à nombre de professionnels de l'Art contemporain - directeurs de musée et/ou de centres d'Art (financés et rémunérés par le contribuable), commissaires d'expositions, critiques d'art, les DRAC et les journalistes (1) d'avoir lamentablement échoué dans leur mission.

    A défaut d'être des passeurs de culture, nombreux sont ceux qui se sont contentés d'être les relais serviles d'agences de relations publiques, de créations d'événements, de publicité, de marketing qui sont à la production artistique ce que le film publicitaire, le clip, le design, Disneyland et le parc Astérix sont à l'Art et qui ont pour mission première, sinon unique, de fabriquer, d'entretenir et de promouvoir l'image de camelots, de bonimenteurs, de montreurs de foires, gesticulateurs puérils, immatures, fumistes, anecdotiques, infantiles... abusivement appelés : artistes.

    On pourra aussi et sans risques, les accuser d'être jour après jour, les complices de la dé-culturation et de l'abrutissement des masses laissées sans repères, et auprès desquelles on aura déconsidéré pour longtemps l'Art contemporain (qui vraiment, n'en avait pas besoin !!!), avec des figures telles que Jeff Koons coté à plusieurs millions de dollars et à ce prix, de confondre l'Art avec l'industrie du divertissement... et du luxe, en l'occurrence.

    On parlera de leur culot, depuis plus de quarante ans, quand sans honte et sans rire, ils nous affirment qu'ils ont le devoir de nous faire connaître des productions reflets de notre époque - époque qui sera toujours, tout comme son Art, beaucoup plus que ce que l'on croit avoir compris d'elle, qui n'est, le plus souvent, que ce qu'on souhaite nous donner à comprendre, ou bien, seulement ce que l'on est capable de saisir d'elle...

    Et alors que la production qui nous est proposée ne reflète que l'aspect le moins pertinent parce que... de toutes les époques, ce prosélytisme au service d'un esprit mercantile ; esprit qui finalement, nous distingue si peu de l'animal ; animal qui est, tout le monde en conviendra, bien incapable d'accoucher d'un Léonardo, d'un Boulez, d'un René Char, d'un Zao Woo-ki, d'un Picasso, d'un Giacometti, d'un Ligeti, sa production étant limitée le plus souvent à des déjections fécales, nécessaires certes mais... en aucun cas, ne pouvant trouver leur place dans nos centres d'Art, même et surtout, contemporains.

    Et puis enfin, on ne manquera pas de garder à l'esprit qu'il se pourrait bien qu'ils aient été les saboteurs, les avorteurs de jeunes ambitions intimidées ou bien découragées - sinon dissuadées -, face à l'incurie des codes de la représentation et de la communication dite artistique et contemporaine et de leur maîtrise sans laquelle tout espoir d'être ne serait-ce que diffusé ou exposé, s'évanouit à jamais.

     

                   Alors... pour tout ce gâchis humain et artistique... réclamons une minute de silence... sinon, l'éternité.

     

     

    1 - Ceux de France Culture qui se sont littéralement couchés devant tous ceux qui auront été à l'origine de cette exposition au Château de Versailles, et devant Koons finalement - Koons et ses millions (et sûrement pas devant son art !) -, lors de l'émission du vendredi 12 septembre à 19H15 avec Laurent Goumarre en direct de Beaubourg.

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  • Art, Artistes, histoire et Art contemporain…

     

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    FIAC 2016

     

     

    " Quand j'entends le mot Culture*, je sors mon révolver ! "

                        Baldur von Shirach, chef des Jeunesses hitlériennes

     

     

    * dans toutes les acceptions du mot : art, histoire, philosophie...

     

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                   Le problème avec l’art contemporain («AC », abréviation pour « art contemporain) ne réside-t-il pas dans l’emploi du vocable « art » qui n’a pas sa place dans cet AC car l’Art a une histoire et le vocable aussi par voie de conséquence ?

    A cette question ainsi posée, grande est la tentation de répondre par l'affirmative car enfin, l’AC n'est-il pas en rupture totale avec cette histoire ? Rupture jugée le plus souvent à tort comme « révolutionnaire » ou bien « anti-système » ; à tort car, cet AC est subventionné comme jamais auparavant par l’Etat et son ministère de la Culture ; un ministère propagandiste qui plus est.

    Aussi, et pour peu qu’il s’agisse d’Art, tout contestataire qu'il soit, l’AC n’est sûrement pas plus révolutionnaire qu’un dessin de... disons... Toulouse-Lautrec. D’autant plus qu’il n’y a rien à attendre d’une contestation financée et subventionnée par un Etat quel qu’il soit, même et surtout PS. Que cela ait pu échapper à la « critique » dénote à quel point cette contestation est portée par des intervenants qui n’ont aucune idée de ce qu’implique une véritable remise en cause d’un système que ce soit au nom d’un anti-capitalisme forcenée ou d’un anti-mondialisme alternatif anti-consumériste.

     

                  Accordons néanmoins aux acteurs-créateurs de cet AC le droit et la légitimité d’utiliser le vocable « artiste » qui a vu le jour il y a moins de deux siècles… alors que l’Art a 18 000 mille ans, sinon plus, pour ce qu’on est aujourd’hui capable de savoir à son sujet. L’Art précédant de loin, de très loin, le vocable « artiste », on peut sans risquer le ridicule dissocier sans difficulté l’artiste de tout Art.

    Tenez ! Songez donc à l’expression « C’est tout un art !» : car, servir l’Art c’est tout un art en effet ; c’est un métier, un savoir-faire, des heures d’apprentissage dans la solitude, la sueur et les larmes (parfois même le sang !)….

    Précisons aussi ceci : Servir l’Art ne fait pas systématiquement d’un peintre ou de tout plasticien, un artiste d’autant plus que l’Art n’a pas toujours été servi que par des artistes tout au long de son histoire : Michel-Ange était-il un artiste ?

    Il était beaucoup plus que ça.

    Lautrec a servi l’Art ; il était aussi un artiste ; van Gogh, lui, a fait ce qu’il a pu à la fois en tant que peintre et en tant qu’artiste.

    Un peintre dit contemporain tel que Philippe Lejeune (né en1924 ; peintre-gourou des anti-abstrait et des anti-AC d'une pierre deux coups ; et puis, pourquoi faire les choses qu'à moitié dans la critique de l'AC !) est-il un artiste même si l’on peut difficilement lui contester à la fois le titre de « peintre » et le fait que sa démarche consiste à servir l’Art en tant que... Histoire ?

     

     

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    Et celui-ci, Vladimir Veličković : peintre et artiste ?

     

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    Ou bien encore : Ursula ULESKI

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                 En conclusion même provisoire, affirmons ceci : l’art contemporain n’a rien à voir avec l’Art même s’il est servi par ce qu’on peut appeler « des artistes » ; et si la maigre et récente histoire de l’AC nous est d’un enseignement quelconque,  il est vraiment tentant de penser que l’Art, aujourd'hui, est donc bien mieux servi par des « non-artistes ».

    Aussi, dans le doute, laissons donc le Contemporain aux artistes des Arts incohérents d'Aphonse Allais de 1882 ( comme quoi, rien de vraiment nouveau sous le soleil contemporain !) et l’Art qui s'inscrit dans sa propre histoire aux plasticiens : une Histoire toujours en mouvement, si possible : continuité et remise en cause mais sans la rupture de l'AC ; rupture le plus souvent vaine et creuse. Et s'il peut arriver que l'Art soit servir par un plasticien-artiste (pensons ne serait-ce qu'à Picasso et Dali), qui s'en plaindra ? C'est l'AC qui recule et l'Art qui continue d'avancer.

     

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    Pour prolonger, cliquez : FIAC 2016 - comment en finir avec l'AC

    ainsi que Les mirages de l'art contemporain

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  • L'Art contemporain : Spinoza et Frédéric Lordon...

     

                       A propos de l'art contemporain, Frédéric Lordon convoque Spinoza pour lequel " Il n'y a pas de valeur. Il n'y a que des processus de valorisation ; les affects seuls sont les opérateurs de cette valorisation".

    Et Lordon de valider (ou de valoriser) ce qui, dans les faits, n'est qu'un parti pris Spinoziste qui a sans doute à voir avec les origines culturelles du philosophe, brillant au demeurant, et l'expérience de cette origine : une culture juive iconoclaste dans un siècle pictural par excellence (triomphe de la perspective en peinture ;  art italien et flamand à son apogée) avec le bannissement délibéré de représentations religieuses de type figuratif car l'interdit de la représentation est bel et bien présent dans le Judaïsme.

    Dans ce contexte, c’est sûr : se tenir loin de l’Art n’aide certainement pas à se forger un jugement sûr, informé et avisé sur les œuvres et les artistes.

     

                      « Il n'y a pas de valeur. Il n'y a que des processus de valorisation ; les affects seuls sont les opérateurs de cette valorisation. »

     

                      Il serait vraiment temps car salvateur, que des universitaires comme Lordon soient capables de se dire et de nous dire : "Et si Spinoza se trompait ?" Car, pour tout philosophe valorisé à la hauteur d'un Spinoza, pourquoi ne pourrait-on pas poser la question suivante :  "Là, Spinoza aurait-il atteint son niveau d'incompétence ?" En d’autres termes, pourquoi un philosophe ne serait-il pas condamné, tout comme le commun des mortels, à s'élever à son niveau d'incompétence selon un principe bien connu ; celui de Peter ? A charge pour des universitaires comme Lordon de nous alerter, nous pauvres lecteurs non-philologues, lorsqu’ils rencontrent une telle éventualité : celle de l’erreur qui aurait pour fondement l’ignorance et par voie de conséquence : l’incompétence.

    Aussi, à propos de l’Art, osons la question : "Et si Spinoza était incompétent ?"

    Et puis, comment l’en blâmer : qui peut tout savoir et tout comprendre, sur tout à tout moment ?

    Personne.

     

                   Le diagnostic d’erreur serait-il interdit à propos de Spinoza parce ce qu’il est un philosophe reconnu comme tel et qu’un philosophe ne peut pas se tromper ? La philosophie serait alors une science exacte ? Depuis quand ?

    De plus, gardons à l’esprit, pour appuyer notre démonstration, tout renvoyant à l’expéditeur l’argument tel un effet boomerang, que Spinoza est un philosophe que parce qu’il a bénéficié « d’un processus de valorisation » qui l’a élevé à ce rang de philosophe (thèse complotiste de Lordon ce processus de valorisation ? Quelqu’un, quelque part aurait décidé que Spinoza doit être un philosophe important et reconnu comme tel par le monde entier ?) : de plus, Spinoza n'est-il pas un être humain, et par conséquent... esclave de ses affects tout comme le commun des mortels puisque tout ne serait qu’affects, affections, afflictions affreuses et laides !

                      Sans ce regard lucide et vigilant à propos de tout philosophe, aussi valorisé soit-il, force est de constater que des universitaires comme Lordon se condamnent à passer alors de la philosophie au music-hall en se faisant les ventriloques qui, d’un Spinoza, qui d’un Descartes.

     

                       « Il n'y a pas de valeur. Il n'y a que des processus de valorisation ; les affects seuls sont les opérateurs de cette valorisation. »

     

                        Pour revenir à l'affirmation de Spinoza, reprise par Lordon, appliquée à la philosophie et aux philosophes, on pourrait alors tout aussi bien affirmer ceci : "Il n'y a pas de philosophes ni de philosophie. Il n'y a que des processus de valorisation ; et seuls les affects sont les opérateurs de cette valorisation."

    En d’autres termes, sans ce processus de valorisation, Spinoza ne serait qu'une anecdote car, tout bien considéré, Spinoza n’est pas un philosophe en soi ; il a simplement bénéficié d’un processus de valorisation qui a fait de lui un philosophe reconnu comme tel par tous les universitaires  !

    Proposition absurde, bien évidemment car, Spinoza est un philosophe non pas grâce à ce processus de valorisation mais bien plutôt parce qu’il y a eu des philosophes avant Spinoza -  Platon, Aristote -, et parce qu’on a philosophé avant lui ; aussi, pas d’erreur possible : Spinoza est bien un philosophe parce qu’il existe ce qu’on appelle  « une histoire de la philosophie » à la lumière de laquelle on peut juger si Spinoza est un philosophe et de quelle importance, qui plus est.

     

                      Ludwig est un compositeur de la trempe d’un Beethoven parce qu’il y a eu avant lui, ou simultanément, Bach et Mozart ; Picasso parce… Goya, Vélasquez, l’Art africain… Pierre Boulez parce que (dans le désordre chronologique)… Stravinski, Debussy, Wagner, Webern, Schoenberg, la musique d'extrême-orient…

    A ce propos, Lordon semble ignorer que l’art contemporain, fossoyeur de l’art moderne, c’est la rupture ; et pas n’importe quelle rupture ; c’est la rupture propre au refus de l’histoire de l’Art, de la technique, de l’apprentissage et d’une forme de dépassement de soi devant son propre sujet, celui de l’artiste lui-même et de l’œuvre sur laquelle il travaille à un instant donné car l’art contemporain est plus un symptôme que le produit d’une affirmation esthétique, spirituel et civilisationnel ; un symptôme d’ordre économique pour l'occasion (qui nous renseigne sur ce qu’est devenue l’économie et la place qu'elle occupe !) et un malaise culturel (quels systèmes de valeurs pour quel type de projet de société ?) jusqu’à l’impasse et la mort de l’Art ; un Art suicidé par les « artistes » eux-mêmes, enfants d’une culture sans Histoire et sans passé, sans héritage et sans intimité ; une œuvre étrangère à l’artiste qui se regarde « faire l’artiste » avec plus ou moins de cynisme décadent. 

    Au royaume de l’indistinction, là où « tout se vaut », il n’empêche que tous doivent servir, artistes, salariés et patrons, la marchandise et la marchandisation du monde. Et tous ceux qui ont longtemps cru que l’Art, c’est « tout ce qui est indispensable et qui ne sert à rien » -  un peu comme affirmer, dans un autre domaine, celui du cinéma, qu’Hollywood ne fait pas de politique -, ceux-là n’ont rien compris : car rien n’a été plus instrumentalisé que l’Art, de tout temps, en tant que formidable vecteur de propagande au sens de propager, répandre, diffuser… une idéologie, une religion ; aujourd’hui, un ordre économique du "tout marchandise" ; et dans ce contexte-là, tout ce qui est cher, tout ce qui s’évalue à la hauteur de plusieurs millions d’euros a de la valeur ; et plus c’est cher plus c’est une valeur sûre parce que chère !

    Surprenant que Lordon ne cite pas Marcel Duchamp alors qu'il mentionne Warhol à propos de la question : « Qu’est-ce que l’Art ? Qu’est-ce qui fait Art ? Quelle valeur accordée à une œuvre en particulier ? »

    Dommage vraiment car, la ou les réponses de Duchamp à ce sujet sont très certainement bien plus riches en enseignements que celles de Spinoza repris par Lordon.

    Duchamp prophète, dénonce le « Tout est Art » à venir avant de se retirer dans un immense éclat de rire de désespoir et d'attendre la mort toute sa vie durant aprés avoir refusé la consolation de l’Art ; sa mort à lui Duchamp donc et puis aussi, la mort de l’Art ; un Art au service d’un ordre économique qui n’en finit pas de crever crise après crise tout en faisant mourir des millions d’hommes et de femmes dans des guerres économiques qui ont pour enjeu : l’accaparement des dernières ressources naturelles.

    Andy Warhol, jouisseur, quant à lui, célèbre la civilisation du « dollar » et s‘en remplit les poches. Warhol est de son temps, c’est-à-dire qu’il appartient au passé ; Duchamp prophète n’a de cesse de prédire l’avenir depuis plus d’un siècle.

     

                   A propos de l'Art, à l’écoute de Lordon, deux ignorances semblent se renforcer : celle de Lordon (génération pop-art et pop-music à la portée de tous ! Et si les artistes n’ont plus besoin de l’Histoire de l'Art et d’un apprentissage, leur public non plus ! Et ça tombe plutôt bien puisque ces deux exigences n’ont pratiquement plus droit de cité dans les écoles dites d’Art et les écoles tout court !) et celle de Spinoza qui ignore tout simplement l'histoire de l'Art : la peinture a ses maîtres, le dessin aussi, car l'Art c'est de l'histoire et de la technique.

    Entre le relativisme absolu d'un Spinoza (seuls les affects sont juges) et l'impasse académique d'un Kant sur le jugement esthétique, qui fait courir le danger d’un Art figé, sclérosé, bégayant qui n’a de cesse de se répéter,  il existe une autre voie : le talent ou le génie devant lequel tous sont contraints au silence, qu'ils aiment ou qu'ils n'aiment pas – adhésion, rejet, indifférence -, quels que soient leurs affects ou bien encore, pour revenir à Kant, quelle que soit la tradition auquelle l'oeuvre fulgurante est censée appartenir ou bien, semble s’en détacher avec plus ou moins de détermination, de préméditation et de virulence...

    L’œuvre s’impose alors d’elle-même, sans qu’elle ait pu faire l’objet d’un processus de valorisation ; tous les affects sont congédiés. Le complot n’a pas sa place ; il ne peut pas se déployer…

                     Le jugement par l'affect c'est le jugement par excellence de l'ignorance car l'émotion est le pire des mensonges lorsqu'il s'agit d'éclairer la vérité de l'Art qui est une transcendance... avec ou sans Dieu.

     

     

                      Extrait tiré d'une version longue de la conférence gesticulée - inculture 1 où Franck Lepage développe une demi-heure son propos sur l'art contemporain . filmé à Amiens pour associations d'éducation populaire : "la Boite sans projet" http://www.boite-sans-projet.org

    La conf. complète : https://www.youtube.com/watch?v=ixSI7...

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    ainsi que

     Les mirages de l'art contemporain

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  • Les 30 dernières minutes de l'art contemporain... pour ne plus y revenir...

     

                               ... et en finir avec cet art fossoyeur de l'art moderne

     

     

                L'art contemporain : l'apologie du non-travail ou quand c'est l'artiste qui fait l'oeuvre, ici et maintenant, une fois la postérité hors jeu.

     

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  • Mémoire artistique : amnésie et commerce

     

      

                     

           Réponse à Emmanuel Tugny et consorts : Le mémoire artistique ICI

     

     

                 Il est dit que les écoles d’Art préparent les élèves à l’intégration au marché de l’art. Aussi, tous devront savoir se vendre : "le mémoire artistique" est alors censé les préparer à répondre à cette exigence.

     

            Nul doute, "Le mémoire artistique" fera de l'artiste un bavard expansif... très certainement au détriment de toute réalisation... artistique justement, encourageant et privilégiant un artiste sans art, sans métier et sans maîtrise, puis finalement et fatalement... un artiste sans oeuvre... un artiste comme dés-oeuvré. D'où la nécessité du recours à la parlotte.

     

               "Tais-toi, apprends et bosse !" Tel devrait être le message affiché au fronton de toutes les écoles d'Art. Car l'Art n'a pas besoin de discours ou de justification ; en revanche l'Art a besoin d'un regard... celui d'un public confronté à une oeuvre qui le convainc alors de la nécessité de l'Art. A charge pour tout artiste d'être au rendez-vous de cette exigence... exigence qui n'a pas grand-chose à voir avec sa capacité à remplacer l'oeuvre par un discours ou bien une oeuvre d'une faiblesse telle.. que le discours devient sa seule planche de salut en naufragé d'une pratique artistique au clou.

    Mémoire pour mémoire... en revanche, la mémoire artistique - celle d'une histoire de l'Art, en priorité... fera que bon nombre d'artistes iront se faire pendre ailleurs une fois que toute la pauvreté de ce qu'ils croyaient pourtant relever d'un Art majeur leur aura sauté aux yeux comme on recouvre la vue et la mémoire (!) après une longue période d'amnésie.

     

                                                               ***       

     

               Ne plus écrire, ne plus parler...  mais alors, à quand des artistes muets, illettrés et manchots (des fois qu'il leur viendrait à l'idée de nous parler avec les mains) ? Et ce afin que l'artiste se taise et que l'Art hurle à nos oreilles sa victoire... jusqu'à en devenir sourds car, seuls des artistes sans parole ni bras ainsi qu'un public dur de la feuille comme un pot sauveront l'Art contemporain, moderne et autre du naufrage...

               Dans l'attente de l'arrivée ou du retour d'une cécité universelle tout aussi salvatrice qui mettra alors tout le monde d'accord - artistes, critiques et public !

            Après tout, dans la longue nuit d'un art contemporain sans Art, tous les chats ne sont-ils pas gris et nous tous des génies ?

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    ainsi que Molière et l'Art contemporain par

    François-Laurent Balssa

     

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  • "Dirty Corner", l'installation d'Anish Kapoor au château de Versailles vandalisée

     

     

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                      « Des inscriptions ont été découvertes dimanche sur la sculpture monumentale d’un artiste britannique, installée depuis début juin dans les jardins du château de Versailles. » ICI, inscriptions qualifiés d' « antisémites » par l'auteur de cet encombrant qui se dit "sculpture" et quelques politiques qui lui ont emboité le pas ( Valls, Hollande...)...

    Jugez plutôt : «La reine sacrifiée, deux fois outragée », « SS Sacrifice Sanglant », « le deuxième viol de la Nation par l'activisme juif déviant ». Ou encore « Juifs tradis et Kabbalistes : ce taré vous met en danger » - convenons tous ensemble que ce dernier commentaire est plutôt protecteur à l'endroit des Juifs dits traditionalistes.

    Doit-on ici préciser qu'il faut faire preuve d’une mauvaise foi certaine - mauvaise foi sans surprise qui cache, une fois de plus, une menace et un chantage censés faire taire toute critique en général et en particulier aussi, et plus encore lorsqu'elles sont justifiées -, pour qualifier ces inscriptions d’antisémites même si l’on doit regretter que d’aucuns soient incapables de critiquer cette  « production » dite artistique qui est un véritable "délit", un délit gratuit et sans profit pour la société, un délit qui n'explique rien, sans avoir toutefois à faire état de l’origine ethnique du dit « auteur-délinquant » ?

    Et quand on sait qu’en ce qui concerne Anish Kapoor, la critique était d’autant plus facile et justifiée que sa production est médiocre et sans art, on réalise à quel point la mention de l'appartenance ethnique de l'auteur du forfait était bien inutile.

     

     

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                   Le seul mérite de cet encombrant...  mais l'art contemporain nous a déjà mille fois encouragés d'y adhérer, contraints et forcés le plus souvent, et si tant est que cela en soit un, c’est son côté monumental : 9m de haut et 60m de long.

    Alors qu’un champ abandonné aurait tout aussi bien pu convenir ou bien encore, la Méditerranée  -  on dit cette mer très profonde, jusqu’à 5000 mètres -, dans le cadre d’une exposition champêtre dans le premier cas, sous-marine dans le deuxième -, c'est bien d'une vraie blessure esthétique et d'une nouvelle injure symbolique qu'il est question avec cette profanation toute laïque : le refus du respect que l'on doit à tous les lieux de la République, y compris ceux d’Ancien régime.

    Rien de nouveau en la matière néanmoins car, avec l'art contemporain fossoyeur en chef de l'art moderne, c'est bel et bien la règle suivante qui s'impose : le viol des consciences et la recherche systématique du traumatisme ; recherche derrière laquelle un mépris certain pour l'espèce humaine parvient à peine à cacher un engagement auto-destructeur et nihiliste.

    Continuer de nous salir et de nous avilir... nous et notre époque, ça oui !

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                  Dans une interview au Journal du Dimanche, Anish Kapoor a évoqué la « connotation sexuelle » de son œuvre, censée représenter « le vagin de la reine qui prend le pouvoir » ; formule à la Marcel Duchamp mais sans le génie radical et visionnaire de ce dernier : tout ce à quoi nous serons confrontés ; et comme de juste, nous y sommes et n'avons pas cessé d'y être depuis les années 50 !

    Décadente cette gesticulation contemporaine ! "Décadente" dans le sens de "sortie du progrès", se situant en-dehors du monde tel qu'il est, a été, pourrait être, sera... ce qu'on pourrait appeler "une réalité visionnaire du monde", contrairement à l'Art qui a toujours su nous éclairer sur son époque.

    Le vagin de Kapoor ne témoigne de rien sinon d'une pathologie. Niais nous y entrons dans ce vagin, niais nous en sortons ; et de marbre qui plus est : celui de l'indifférence ; et de plomb : celui de la colère, une colère de gros calibre ! De plus, il est vraiment inacceptable que de l'argent public y soit englouti.

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    Vagin de la reine versus le trou du cul de l’artiste, un immense trou pour l’occasion, à la hauteur de la connerie de ce délinquant juvénile qui associe la création artistique à ce qui ressemble fort à un complexe d'Oedipe mal résolu (1) - entre autres pathologies et symptômes -, responsable d’un nombrilisme fossoyeur de l’Art majusculaire avec pour ultime accouchement : une production immature, en dessous de la ceinture (l’artiste fait aussi dans le symbole phallique) là où le pipi-caca est roi : du porno soft tendance scatologique, inévitablement...

    Aujourd'hui, il semblerait que les patients des psychanalystes et autres psychothérapeutes occupent en majorité une scène réservée jadis aux artistes, et ce avec l'assentiment, la complicité et la complaisance de tous les acteurs de cette scène : Etat, collectivités, institutions.

    Comment alors signifier à tous ces patients que parmi le public, nombreux sont ceux qui n'acceptent plus d'être leur cure  ?

    La question est posée. En attendant une réponse, tous ces "animateurs urbains" devront très certainement faire face dans les mois et les années à venir, à des niveaux de contestation sans précédent ; une contestation conduite par ceux qui, aujourd'hui, se considèrent dans le droit de la défense personnelle.

     

     

    ***

     

                 Mais au fait… à qui doit-on cette intrusion aussi prétentieuse qu’imbécile ?

    A Catherine Pégard, une journaliste au Quotidien de Paris puis au Point, diplômée de science-po, un temps conseillère de Sarkozy, nommée à la présidence de l'établissement public du château de Versailles lors du conseil des ministres du 31 août 2011, succédant ainsi à Jean-Jacques Aillagon.

     

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    Qui nous parlera des pressions qui ont pu être encore une fois exercées sur sa pauvre personne pour qu’une telle provocation stérile, après tant d’autres, soit acceptée dans des lieux qui n’ont besoin que d’un seul hommage et d'un seul soutien : celui de l’Histoire, de l'Etat et des visiteurs venus du monde entier pour lesquels la France c’est aussi Versailles et son roi.

    Aussi, pardonnons-leur à tous car ils ne savent pas ce qu’ils font ! Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils sont nommés : pour attendre les ordres et les exécuter car, sans ces ordres, perdus ils sont dans une nomination bien trop grande pour eux.

    On aura, au passage, une pensée pour cette France du XVIIe siècle saignée à blanc par un roi soleil qui fut finalement enterré de nuit, en catimini, par peur du scandale et des crachats ; faut dire que le peuple avait alors du caractère et de la salive à revendre, muselé qu’il était ; un roi donc qui se plaçait au dessus de tout ce qui conduira ses descendants sur l’échafaud avec sa lame assoiffée de sang et de justice aujourd’hui encore introuvable pour partie.

     

    ***

     

               Pour revenir à notre sujet, l'Art ou bien plutôt... son absence... à quand une critique et une histoire de l'Art qui relèveraient de l’invective, de l’insulte, courage d'une main, colère de l'autre, face à l'affront (quand ce n'est pas l'outrage) qui nous est fait, saison après saison, exposition après exposition, installation après installation, toutes plus indigentes les unes que les autres ; foutoirs indescriptibles dans lesquels l'infantilisme côtoie le plus souvent le trivial qui côtoie le puéril qui à son tour embrasse l'anecdotique, le tout noyé dans un océan d’intentions aussi immatures qu’incompétentes et jean-foutres (2).

    Névrose et enfermement ! A la trappe l’Universel ! Aucune tentative de sortir de soi ! Aucune vision digne de ce nom : celle d’un monde, celui d’hier, d’aujourd’hui et pourquoi pas, un monde pour demain ; artistes visionnaires, novateurs et précurseurs.

    Pire encore, on cherchera en vain un savoir-faire pour défendre quelle que valeur esthétique que ce soit.

                  Oui ! Un savoir-faire : celui de l’artisan et de son métier ; sueur, larmes et sang ; efforts et travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration ; témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus.

     

                        Tout n'est pas perdu néanmoins car ce serait une grave erreur d'oublier ceci : l'Art ne peut exister qu'à condition que le monde cesse de se suffire.

    Le monde ne remplit-il pas cette condition aujourd'hui ? L'Occident n'en a-t-il pas assez de se mordre la queue et de ne regarder que son nombril ? 

    Le modernisme a vécu ; le post-modernisme aussi ; le retour de l'Art majusculaire est donc programmé, et les animateurs de la scène dite artistique déjà condamnés à retrouver l'anonymat des cabinets des thérapeutes, et pour d'autres, à prendre rendez-vous au plus vite car, ça va en faire du monde !

     

     

    1 -  "... le complexe d’Œdipe est un rapport de forces affectif et sexuel au sein d’une famille. L’enfant en est à la fois sujet et enjeu. S’il reste prisonnier de l’attachement œdipien, il ne peut grandir et structurer son moi, car il demeure dans l’impossibilité de dépasser une relation duelle et exclusive. Il noue de ce fait une relation névrotique au parent de sexe opposé tout en éliminant le parent de même sexe qui est l’obstacle à sa passion amoureuse.

    Une mauvaise résolution de l’Œdipe entraîne que l’enfant n’est plus sujet de son développement, mais un enjeu de séduction, de manipulation, d’autoritarisme ou de démission." (la suite ICI)

     

    2 - Se reporter à l'article de Jean Baudrillard à propos de l'art contemporain : ICI

     

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