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  • Penser la littérature aujourd'hui avec Louis-Ferdinand Céline



                      "La haine chez Céline est le ressort de l'imagination, du déchaînement d'éloquence. D'ordinaire la haine a le souffle court mais chez une poignée de maîtres une misanthropie enragée, une nausée à la face du monde engendrent de grands desseins. Le monotone de l'abomination devient symphonique. Mettez "l'homme" là où une formule insensée indique "le y...pin", et vous aurez chez Céline des passages d'une grandeur biblique..." - Georges Steiner

                                                                                     

                                                                     


                                                                                                              

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                     Louis Ferdinand Céline ou la littérature de l'échec et du trauma

     

                 Si derrière un auteur et son œuvre, on trouvera toujours une blessure, quelles interprétations donner à la haine célinienne, et pas seulement dans les pamphlets (1) ?

    D’aucuns s’interrogent sans fin, les raisons à la fois inavouables et inconscientes de cette haine semblant échapper à l’auteur lui-même qui, sur le fond, ne s’en excusera jamais : « J’ai eu le tort de l’ouvrir ; j’aurais mieux fait de rester à ma place. Mais aujourd’hui encore, je défis qui que ce soit de m’apporter la contradiction sur ce que j’ai pu écrire à cette époque ».

     

     

                Qu'à cela ne tienne ! Rien ne remplace une biographie ! Celle de l’enfance ; sans oublier, en ce qui concerne notre auteur, la généalogie de la famille Destouches.

                                                                      

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                 Fils de Fernand Destouches issu d'une famille de petits commerçants et d'enseignants, et de Marguerite Guillou, famille bretonne venue s'installer en région parisienne pour travailler comme artisan…

    Le Père de Céline, homme lettré mais incapable d'épargner à sa famille la hantise du prochain terme à payer (hantise qui sera très longtemps aussi celle de Céline) était opposé aux études, gardant à l'esprit sa propre expérience : "Les études, c’est la misère assurée » disait-il à son fils".

    Une mère dentellière, travailleuse indépendante qui vivra péniblement de son métier et de sa boutique…

    Lourd de sens, Céline ajoutera : « On a toujours été travailleurs dans ma famille : travailleurs et bien cons ! » (c'est là le fils d'une mère artisan et d'un père déclassé qui s'exprime, et non un fils d'ouvrier ; distinction importante).

     

    Certificat d’études en poche, un rien désœuvré, Céline s'engage dans l’armée très tôt, même si, en 1919, il reprend le chemin de l’école, passe son Bac - il a alors 26 ans -, avant d’embrasser la médecine, sa véritable vocation dès l’enfance ; il se dit « guérisseur dans l’âme ». Il étudiera la médecine dans les livres, seul, le soir, tout en travaillant le jour, même si jamais cette médecine ne lui permettra de joindre les deux bouts (… de payer son terme) ; il fermera son cabinet de Courbevoie très vite après son ouverture – fait lourd de conséquences.

    Céline conjurera ce qui n’est pour l’heure qu’une déconvenue, en se lançant dans l’écriture, et entreprendra un long, un très long Voyage (2)

    Il poursuivra sa vocation de médecin auprès des pauvres – dans les dispensaires -, non pas par charité mais de par son appartenance sociale, et après l’échec de son installation à Courbevoie, Cécile ne pouvait en aucun cas prétendre à une meilleure situation et à une autre clientèle.

                                                                                     

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                 Sur un plan générationnel, Céline demeure un pur produit de la France de l’après boucherie de 14-18, avec le traumatisme de la trahison de l’espoir et les humiliés de Bernanos ; génération sacrifiée dont nul n’attendait le meilleur ; l’époque l’interdisait : elle n’en avait plus besoin (à ce sujet, difficile de ne pas penser au père de Céline). Aussi, ce meilleur dont l’époque ne savait que faire, cette génération l’a accumulé jusqu’à devenir une force. Et quand cette force s’est libérée, de quoi a-t-elle accouché ? De quelles actions vertueuses ? Ou bien, de quels desseins monstrueux pour avoir trop longtemps macéré dans la frustration, le ressentiment, l’impuissance, la retenue et le dépit ?

    Cette force a alors donné naissance au pire qui est souvent, en littérature, le meilleur.

               Céline se dit athée et mystique ; craignant sans doute tout autant l’étiquette d’humaniste que celle d’anti-humaniste, il revendique le fait de ne pas s’intéresser aux hommes mais aux choses. Ecrivain et chroniqueur, pour Céline, écrire c’est mettre sa peau sur la table : la grande inspiratrice, c’est la mort ; à la fois risque et certitude que cette mort.

    Craintif, très certainement dépourvu de courage physique (3), homme sans joie, chez Céline, le vulgaire, c’est l’homme qui fait la fête ; l’homme qui souffre est seul digne de considération ; et pour cette raison, rien n’est plus beau qu’une prison, puisque les hommes y souffrent comme nulle part ailleurs. Et son Voyage s'en fera largement l'écho... jusqu'au bout de la nuit...

                 Nuit noire... pour une littérature de l'échec et du trauma : échec en tant que médecin (sa seule véritable vocation : on ne le rappellera jamais assez !) ; échec de la mère de l'auteur qui mourra épuisée et aveugle à l’ombre du ressentiment d’un mari déclassé ; trauma de la première guerre mondiale.

     

                 Avant de mettre le feu à la littérature,  l’exercice de cette médecine qui ne le mettait nullement à l’abri du besoin a sans doute pu contribuer à son dégoût plus social qu’humain (Céline n'a pas toujours su faire un tel discernement) pour cette organisation de l'existence dans laquelle on ne fait décidément que l’expérience de l’échec car, dans les années trente, nonobstant le succès littéraire de son Voyage (à la fois succès commercial et succès d’estime), Céline devra faire face à un nouvel échec : celui de son intégration sociale malgré sa tentative désespérée de rallier à lui les classes dominantes - ou pour faire court : toutes les forces qui combattront le Front Populaire -, à coups de pamphlets antisémites et plus encore, pendant l’occupation, en commettant l’erreur (4) de soutenir un régime et une idéologie par avance condamnés à l’échec.

    Encore l'échec !

                                                                                              

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                         Céline n’a jamais vraiment quitté son milieu familiale ni sa classe : il n'a jamais cessé de "penser" comme elle ; il n’a jamais su s’en affranchir. L’aurait-il fait… nombreux sont ceux qui affirment qu’il nous aurait privés d’une œuvre incomparable. Certes ! Mais... échec après échec, ne sommes-nous pas aussi tout ce que nos prédécesseurs et nos contemporains ont tenté d'accomplir ? Pays, Etats, régimes, nations, continents, cultures, individus, seuls ou bien en grappes indissociables, nous tous, n'héritons-nous pas de leurs échecs comme de leurs réussites ?

    Si, pour citer notre auteur, l'amour, c'est l'infini mis à la portée des caniches, Céline n’a jamais cessé d’être ce caniche et tous ses personnages avec lui ; personnages pour lesquels le calice de la réussite est passé loin, très loin d'eux ; calice qu’il ne leur a jamais été permis d'entrevoir, encore moins de saisir, eux tous pourtant à la tâche, jour après jour, indéfectibles, comme d’autres... au temple, zélés et fervents...

    Choisissant alors de retourner toute la violence de son échec et celle d'un déterminisme social dont les parents de l'auteur furent les victimes muettes et résignées, non pas contre lui-même - ce qui nous aurait privés de son œuvre -, mais contre ses contemporains ; et les "heureux élus" auront pour noms : les plus faibles pour commencer - les pauvres qu’il a soignés sans profit ; puis la communauté juive – communauté incarnant la réussite sociale ; et en médecine, cette communauté n’était pas la dernière à s’imposer non plus…

    Violence donc… bientôt étendue à toute la société ; et pour finir : à tout le genre humain.

                                                                                    

    ***

     

                 N’en déplaise à Nietzsche… et si le ressentiment à son paroxysme qu'est la haine était le sel de la terre, un moteur créatif sans rival et qui ne cessera jamais de nous surprendre ? Après Matthieu, Céline accouchant d’un évangile d’un nouvel ordre : un évangile vengeur... même privé d’une revanche digne de ce nom...

    sade.gifCar Céline est bien à l’humanisme ce que Sade, le marquis triste (qui donc nous parlera du spleen sadien ?) est au romantisme pour avoir été de ceux qui, à leur insu semble-t-il, auront longtemps poursuivi en vain une quête qui cachait un besoin insatiable d'absolu à la racine duquel on trouvera très certainement une recherche effrénée de leur propre salut dans une société sans pardon à l'encontre de ceux qui refusent, tête baisser, de s'agenouiller.


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    1- On ne le précisera jamais assez : la haine célinienne est déjà bien présente dans "Voyage au bout de la nuit".

    2 - Il se vantera d’avoir écrit son "Voyage au bout de la nuit"… avec pour seul souci : être à l’abri du besoin, assuré qu’il était du succès de son récit : « cet ouvrage, c’est du pain pour un siècle de littérature, le prix Goncourt assuré pour l’éditeur qui s’engagera ».

    Céline avait vu juste : ce sera le succès, mais le prix Renaudot pour consolation.

    3 - Sa courte expérience de la guerre 14-18 aurait-elle révélé chez Céline des manquements - tel que le courage ou la solidarité ?! -, qui ont très bien pu ternir l'image qu'il avait de lui-même ? Manquements qu'il ne se serait jamais pardonné ; d'où un sentiment de culpabilité dont il lui a fallu, pour survivre... se libérer en imputant ces manquements (ceux-là et d'autres) à tout le genre humain.

    4 - A la décharge de l'auteur... on précisera : erreur due à l’absence de culture politique et historique au sein d’une classe dépourvue des outils conceptuels propres à la compréhension de l’organisation d'une société.

    On pensera aussi au suicide social d'un Céline pour qui le peuple n'est qu'une masse sans forme et sans distinction "... dont le sadisme unanime procède avant tout d'un désir de néant profondément installé dans l'Homme... une sorte d'impatience amoureuse, à peu près irrésistible, unanime, pour la mort" et à ce sujet, il semble que Céline ait partagé ce désir et cette impatience.

                 Pour ce qui est de l'idée de décadence qu'il partageait avec Drieu la Rochelle, entre autres, ne l'a-t-il pas épousée comme personne cette décadence en soutenant un régime décadent par excellence : celui des Nazis ?!

    Quant à ce monde dans lequel il n'y aurait rien à sauver, Zola dont Céline aurait très bien pu être le fils naturel - il en avait toutes les dispositions -, n'a-t-il pas su, dans le ruisseau de la condition humaine y chercher et y trouver de l'espoir et parfois même, du sublime ?

    Céline choisira « l’Assommoir » comme référence - titre qui convenait tout à fait à l’idée qu’il se faisait des pauvres en général, et des ouvriers en particulier -, omettant sans doute volontairement « Germinal » ; lui pour qui rien ne devait germer, jamais, de l’espèce humaine mais bien plutôt, pourrir.

     

               Au sujet de Zola, se reporter au texte de Céline : Hommage à Zola - Médan octobre 1933

     

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  • Littérature et écriture : n'avoir pour seul avenir qu'une poignée de mots

     

                     Et si en littérature, le meilleur personnage qui soit était le lecteur ?! Car, n’est-ce pas le lecteur qui « fait » le livre ? Il suffit de penser à tout ce qu’un lecteur est capable d’investir dans la lecture d’un texte : sans doute, le pire comme le meilleur !

     

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    La littérature...

    Celle qui nous transmet Homère en héritage, et qui poursuit son petit bonhomme de chemin avec Cervantès, Shakespeare, Diderot, de Nerval, Lautréamont, Baudelaire, Rimbaud, André Breton, Kafka, Brecht, Beckett, Bernanos, Ionesco, Perec, René Char, Jean-Edern Hallier, Dario Fo...

     

    Et l’écriture… qui commence bien avant l’acte d’écrire car, l'écriture, tout comme l'Art, c'est une manière de vivre.

                Certes ! Plus on lit, plus c'est difficile d’écrire. Aussi... heureux celle ou celui qui n'a pas lu ! Car sa plume pourra alors glisser sur le papier - ou ses doigts sur le clavier -, sans retenue, sans regret ni remords.

                L'écriture, c'est la langue. Le style, c'est la culture de l'auteur, son point de vue, un regard sur le monde qui lui est propre : c’est un angle de vue particulier, un angle d’attaque aussi - pour peu qu’il soit guerrier.

    Il y a « style » à chaque fois qu’il nous est donné à lire une langue re-construite, une langue re-composée et ré-assemblée.

    Un auteur ne doit pas renoncer aux nouvelles formes d'expressions. Avec l'aide de la poésie contemporaine, seul et dernier lieu où l'on peut encore trouver une écriture et du vocabulaire, on cherchera une langue inclassable, une diversité formelle, de nouvelles structures, avec le concours de la musique et du cinéma qui devront contribuer à l'enrichissement de la littérature d'aujourd'hui et de demain.

    Les intrigues, les portraits psychologiques, la nécessité de vrais personnages importeront peu ; la quête sera esthétique : esthétique de la forme, esthétique de l'écriture.


    Ne pas hésiter : il faut aller à la fois… contre et dans le sens du lecteur, vers ce que peuvent être ses préjugés, ses peurs... la catharsis s'opérant dans l'intimité de sa lecture, dans les plis et les dédales d'une conscience labyrinthique ; et cette catharsis ne regarde que lui.

    A l'intention de ce même lecteur, on doit pouvoir inventer une nouvelle forme de "prise de contact" et mettre en place une organisation différente du temps tout relatif qu'est celui de la lecture : écoulement lent, rapide du temps qui lui est "volé", à son insu ou bien, consciemment, avec ou sans son consentement.

    Viendront ensuite les clins d’œil aux auteurs du passé, à ceux d'aujourd'hui aussi, et à ceux de demain ; ces derniers pouvant être connus de l’auteur seul.

    La citation (à comparaître ?!), c'est une dette que l'on paie et que l'on acquitte envers celui que l'on cite ; la citation permet aussi de sortir de l'oubli un auteur injustement négligé, voire ignoré.

    Les clins d’œil puis... les sinuosités de la pensée car, on en sait un tout petit plus sur nous-mêmes que les autres, mais guère plus, si on oublie le côté factuel de la vie : ce qu'on a fait ou pas fait ; là-dessus, on en saura toujours plus que quiconque - hors amnésie.

     

                En tant qu’auteur, on n’a pas à s’excuser : la littérature est notre confesseur, elle nous absout ; on peut aussi n'avoir qu'un souhait : que son projet d'écriture, une fois arrivé à son terme, se transforme en un véritable projet de lecture de la part du lecteur.

    Le sens à donner à la lecture (pourquoi je lis ? Qu’est-ce que je lis... là, maintenant ?) doit faire l’objet d’une création et re-création permanentes ; dans le fait de lire un texte, inutile d’y chercher - à l’instant même où on le  lit -, un sens établi une fois pour toutes, un sens certifié par son auteur ou qui que ce soit d'autre...


    Que l’interprétation et la compréhension d’un texte soient donc aussi et surtout, la projection des certitudes et des préjugés du lecteur et que le texte rencontre ses lacunes, ses insuffis
    ances et ses interrogations ! Lecteur qui, parfois, pourra échouer à donner un sens au texte qu’il lit, et par voie de conséquence, au fait même de lire... mais qui... opiniâtre, mènera l’expérience de cet échec jusqu'à son terme car, cette expérience est tout aussi digne d‘être vécue que l’autre expérience - bien connue celle-là : celle d’une compréhension totale d‘un texte et du pourquoi de sa lecture ; compréhension et certitude tout aussi illusoires que la découverte de n’importe quelle vérité sur quoi que ce soit : vérité prétendument globalisante et irréversible.

     

                  La réalité psychologique de l’écriture est très complexe : tactique et stratégie y occupent une place importante. L’inspiration n’est pas tout : le but que l‘on s‘est fixé importe aussi.

    Mais alors, que dit-on, comment, pourquoi, et à qui le dit-on ?

    - Accéder à une liberté sans responsabilité que seule la littérature peut offrir.

    - Dépasser les distinctions génériques telles que poésie, prose, roman, récit, essai etc...

    - Expérimenter l'ensemble des potentialités de l'écriture dans une dissolution du Moi en une multiplicité de voix, de sujets possibles - tantôt entiers, tantôt fragmentés -, jusqu’à abolir les notions mêmes d’objectivité et de subjectivité et embrasser l’infini et l’éternel mais aussi... l’individu et la masse, l'esprit claire et solide, les yeux et la bouche grands ouverts pour mieux tout saisir et tout absorber...

                 Et bien que les pensées naissent des événements de notre vie...

    - Avoir pour seul moteur d'inspiration le désordre du monde, son chaos et les tensions entre désir de vie et désir de mort...

    - A la fois poursuivi et poursuivant, gibier et chasseur, sans plus de distinction entre le dedans et le dehors, l'homme et la nature…

    - Vaincre l'angoisse face à la fatalité de violence qu'exerce le monde sur toute tentative de recherche d'autonomie, avec sa menace d'extinction envers ceux qui seraient tentés d'y prétendre...

                   Et même si l'échec menace toujours...

    - Faire briller en plein soleil, une épée de toute beauté : celle de la colère, pointe acérée, lame tranchante, tout devant céder sous elle, sans arguties car, aujourd'hui, quiconque n'est pas en colère est soit un idiot, soit un escroc, soit un salaud.

     

                Si aujourd'hui, nous ne sommes sûrs de rien ni de personne, c'est que nous sommes infiniment plus nombreux qu’hier à chercher à savoir ; et plus nous serons nombreux à trouver et moins les évidences auxquelles il nous a si longtemps été demandé d'adhérer s’imposeront à notre esprit.

    Ainsi va la recherche ! Vers un savoir de plus en plus complexe mais sans surprise car, ce savoir doublé d'une compréhension dévastatrice nous renverra fatalement à ce que nous sommes aussi - d'aucuns ajouteront -, et surtout : à cette nature en trompe l’œil, dissimulatrice, accapareuse et rétentrice qu'est la nôtre.

    Porteuse de tous les dangers, cette recherche expansionniste toujours plus performante et exigeante : le danger de nous laisser sans évidences et sans certitudes.

    Du grain à moudre pour la littérature... ce danger ! Nul doute !

    Aussi, n’hésitons pas à exposer tous les avis ! Affichons toutes les certitudes possibles, contradictoires de préférence. Au lecteur de faire son choix, s'il en a envie ; il peut aussi se contenter de tous les avis ; et à défaut, du sien propre, pour peu qu'il en ait un.


                   Comme un poisson dans l'eau... dans le vrai comme dans le faux, dans le bien comme dans le mal jusqu'à brouiller leurs frontières... pourquoi pas ? Tout en sachant comme nous le savons maintenant, que nous avons tous de bonnes raisons d'être ce que nous sommes et de le penser aussi (que nous avons de bonnes raisons) ; et bien malin ou présomptueux qui saura opposer La Vérité - et toute la vérité ! - au mensonge et exalter le Bien comme pour mieux conjurer tout le Mal qui est en nous et ce, sans sourciller et douter une seule seconde, insoucieux du fait suivant :

                      Ce qui est... n'est pas ! Car il s'agit toujours d'autre chose ; autre chose et autre part... et puis, ailleurs aussi.

     

                Un auteur qui se respecte, se doit d'être sale à l'intérieur mais... impeccablement mis à l'extérieur, un auteur au linge irréprochable. Oui ! Propre à l'extérieur et sale à l'intérieur car, porteur de toutes les ignominies dont notre espèce est capable, cet auteur d'une nécessité absolue, jusqu'à ce que... une fois la morale évacuée ou expurgée, il ne reste plus que des hommes et des femmes, enfants, vieillards, pères, mères, sœurs, frères, filles, fils, bourreaux et victimes, eux tous terrés au fond d'un gouffre implorant le ciel, et la nuit, les étoiles, à la recherche d'une lumière rédemptrice pour les plus coupables d'entre nous, et consolatrice, pour les plus humbles, abandonnés de tous, face à un lecteur non seulement témoin mais... acteur, incarnant pour l'occasion... le dernier des hommes.

    Car… avec la civilisation, nous avons gagné la liberté et quelque espoir de justice pour le plus grand nombre, mais nous avons perdu une grande partie de notre capacité à construire et à entretenir des rapports authentiques avec nos semblables qui ont tous la prétention de ne pas nous ressembler ; la communion devient impossible en dehors des grandes messes qui nous sont imposées par des média intéressés, complaisants et paresseux.


    Avec l'écriture, on rétablit ce lien. L'écriture, c'est un îlot de liberté au milieu d'un océan de contraintes, d'injonctions, de censure, et la pire de toute : l'auto-censure.

                   Aujourd'hui, la création seule permet, en partie, de combler le gouffre effroyable qui nous éloigne et qui n'aura de cesse de nous séparer de notre propre humanité, siècle après siècle, jusqu'à ne plus être capable d'en soupçonner, jadis, son union même ! ...

    ...divorce consommé.

     

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  • Serge ULESKI - ouvrages et entretiens

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    ____________de l'Art, de la littérature et autres considérations

     

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                 Présenté sous la forme d’un Abécédaire, le matériau de cet ouvrage a pour origine le blog de l’auteur ; les articles reproduits ici appartiennent aux deux catégories suivantes : « Littérature, auteurs et écriture » - « Artistes pour, envers et contre tous »

               Angot, Antonioni, Arendt à propos de la crise de culture, Michel Audiard père et fils, Bobin Christian, Céline, Camus et Sartre, Casanova, Césaria Evora, Virginie Despentes, Dieudonné, Marcel Duchamp, Clint Easwood, Finkielkraut, de Funès, Godard, Haenel, Houellebecq, Lanzmann et d’autres encore… comme autant d’entrées et de sorties vers une meilleure, sinon une autre compréhension des auteurs, des artistes et autres, tantôt controversés, tantôt unanimement salués.

     

    Pour prolonger, cliquez : Art et culture et Littérature et écriture

     

     L'ouvrage est disponible ICI

     

     

    ____________des apôtres, des anges et des démons

                                 

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                « Le monde moderne regorge de disgraciés obscurs, de déclassés sans nombre, d'otages en sursis dans l'attente de la sentence que ne manquera pas de prononcer une organisation de l'existence qui a pour seul moteur : la haine de l'échec. Alors... aujourd'hui, sans honte et en toute impunité, et sans risquer d'être contredit, on peut crier à l'endroit de tous les Bouvard et Pécuchet et Don Quichotte de la réussite : Malheur aux ratés ! »

                Ce récit réunit dans le fond et dans la forme, les caractéristiques du roman, du conte, de l'essai et du pamphlet jusqu'aux confins de l'ironie et de la satire.

    Les trois premiers chapitres nous présentent un à un, Matthieu, Gabriel et Luc ; le lecteur aura tout le loisir de définir ce à quoi ces trois figures se rapportent, même si l'on peut d'ores et déjà parler d'abandon, d'échec et de folie, tantôt douce tantôt amère.

    Le quatrième chapitre introduit une dernière figure - Paul - et réunit, pour la première fois, les quatre personnages dans un même lieu, au cours d'une soirée d'une brutalité insoupçonnable.

    Le cinquième et avant-dernier chapitre abandonne Matthieu, Gabriel, Luc et Paul. Maintenant seul, comme coupé de ses personnages, un destin funeste viendra percuter de plein fouet notre narrateur.

    Dans le sixième et dernier chapitre qui n'occupe qu'une trentaine de lignes, une nouvelle voix se fait entendre en nous livrant une des nombreuses clés possibles de cette épopée.



    Thèmes abordés : le journalisme, la médecine, les femmes, la traite négrière, le show-business, l'art contemporain, la publicité, le marketing, le milieu de l'édition, le couple, la vie urbaine, l'évolution de notre espèce, la guerre, le ressentiment et la revanche de "classe", l'ingénierie sociale, l'anthropologie politique et la génétique.



              Texte libertin, assurément ! Dans la tradition du 18è siècle (Diderot ?) : libertinage de libre penseur dans l'exercice d'une prospective qui ouvre la porte à toutes les fictions sociales et politiques.

     

               A propos "Des apôtres..." cliquez entretien avec l'auteur

     

                       Extrait proposé - cliquez   Des apôtres extrait.pdf

                      (Ne pas fermer le PDF après lecture : faites "page précédente")

     

     

     

    Extrait audio

     

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    ________Cinéma ! De film en film, de salle en salle

     

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                    Cinéma qui ne cessera jamais de hanter nos mémoires... sons, images, voix, musiques, lieux, acteurs, réalisateurs, auteurs, scénaristes, compositeurs, décorateurs, monteurs (le plus souvent monteuses), chefs opérateurs...


    Cinéma d’hier, de demain, encore à naître...

    Cinéma mort-né !


    Et puis, l’autre cinéma, déjà perdu pour tout le monde : films dont les scénarios dorment à jamais au fond des tiroirs ou dans l’imaginaire de ces mêmes auteurs, cinéastes et producteurs.

    Le Cinéma nous offrira toujours plus que ce qu’il nous donne à voir, à entendre et à comprendre. Art métaphysique par excellence, quand il y a « Cinéma », il y a… transcendance, toujours !

    A la fois indéfinissable et irrésistible, ce à quoi nous sommes confrontés est bien plus grand que nous… spectateurs ! Bien plus grand, et bien plus haut aussi !

    Transcendance donc, et puis… immanence !

    Car, cette imposante confrontation avec tous les réels qu’est le cinéma nous est bien destinée ; elle nous rejoint et nous aussi ; et c’est ensemble que nous cheminons.

    Aussi… à chacun son cinéma !

    Et c’est alors qu’on pensera à un FILM UNIQUE qui réunira tous les films... pour que jamais on n'en soit séparés et qu'on ne les oublie...

     

     Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI sur le cinéma

     

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    ___________Je me souviens

     

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              Work in progress par définition, et puis... par nécessité aussi, sinon par nature, ce "Je me souviens" puisqu’on n’en finit jamais de se souvenir comme on ne cesse jamais d’oublier !


    Dans la première partie de cet ouvrage, et dans une certaine mesure, l'esprit de mes "Je me souviens" s'inspirera des "Je me souviens" de Georges Perec venus tout droit de chez Joe Brainard dont, aujourd'hui encore, nul ne sait de qui il s'est inspiré pour écrire ses "I remember".

    Dans la seconde partie, c'est de... demain dont je tenterai de me souvenir : de demain... dans... disons 50 ou 100 ans.

                Quant à savoir si ma tentative aura pour but de " retrouver un souvenir presque oublié... commun, sinon à tous, du moins à beaucoup" …

    Comme il s'agira de demain, on comprendra aisément que cette section s'adresse en priorité à des lecteurs qui ont une très bonne mémoire de l'avenir : pas du leur mais de l'avenir de ceux qui les suivront et qu'ils auront - par voie de conséquence -, précédés de peu mais suffisamment pour qu'ils les considèrent déjà - tous ces suiveurs -, comme leurs successeurs.

     

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    ___________Pièce à conviction

     

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    La vérité, c'est aussi et surtout dans les faits divers que vous la trouverez.

     

               Vous vous demandez dans quel monde vous vivez, dans quel pays, dans quelle ville, dans quel quartier ? Intéressez-vous donc aux faits divers et ne relâchez pas votre attention car tous ces faits divers sont aussi et surtout, des faits emblématiques de notre société qui demeure - quoi qu'on en dise - indomptable malgré tous ses garde-fous.

    Miroir déformant ou pas, le fait divers - pour peu qu'un traitement responsable lui soit réservé - viendra nous rappeler des logiques de comportement que l'on croyait révolues, une géographie urbaine ou rurale insoupçonnable, des conditions de vie scandaleuses mais aussi : mille transgressions, mille intolérances, mille traumatismes, mille injustices...

    Si la rubrique des faits divers est souvent celle des pauvres - rubrique-tombeau que personne n'ira fleurir - elle est aussi celle des fous.

     

    ***

     

    NB : ce texte n'est pas un polar !

     

                Trois longues années à découvrir les cadavres de dix adolescentes. Trois ans d'enquête à interroger des dizaines de suspects et des centaines de témoins éventuels, jusqu'au jour où l'on découvre dans le baluchon d'un sans-abri mort de froid, huit carnets. Après la lecture de ces carnets, la police ne tardera pas à faire un rapprochement entre ce cadavre et les viols et meurtres des dix adolescentes. Ce sont les analyses scientifiques qui finiront par établir avec certitude la culpabilité de l'auteur de ce "Journal" désormais considéré comme... "Pièce à conviction".

     

    Ce qui ne vous tue pas... fait de vous... un monstre !

     

    Comment revisiter le monde érotique et cruel du Marquis de Sade et chez Lautréamont, les forces obscures de l'irrationnel et de l'inconscient ?

    Ce récit est une tentative de réponse loin de toute analyse psychologique. D'où la forme adoptée : celle du "Journal intime".

    Parole de tueur donc ! Loin de la parole psychiatrique et, en ce qui concerne la parole du journalisme d'enquête, cette dernière est réduite à sa plus simple expression : celle de l'exposition des faits.

     

    Choix stylistique : celui d'une écriture subliminale censée incarner l'enfermement de notre tueur dans la négation de la réalité et du caractère injustifiable des actes qu'il commet. Des coupures de presse, insérées tout du long, renverront sans ménagement le lecteur à cette réalité décidément... têtue ! Aussi têtue que les faits qui nous sont rapportés dans ce journal.

     

     

    Extrait proposé - cliquez :  Pièce à conviction carnet 6 extrait.pdf

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    Entretien avec l'auteur : cliquez Pièce à conviction

     

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    ________Serge ULESKI - Morceaux choisis

     

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                La réalité psychologique de l’écriture est très complexe : tactique et stratégie y occupent une place importante. L’inspiration n’est pas tout : le but que l‘on s‘est fixé importe aussi.

     
    Comme un poisson dans l'eau... dans le vrai comme dans le faux, dans le bien comme dans le mal jusqu'à brouiller leurs frontières... pourquoi pas ? Tout en sachant comme nous le savons maintenant, que nous avons tous de bonnes raisons d'être ce que nous sommes et de le penser aussi (que nous avons de bonnes raisons) ; et bien malin ou présomptueux qui saura opposer La Vérité - et toute la vérité ! - au mensonge et exalter le Bien comme pour mieux conjurer tout le Mal qui est en nous et ce, sans sourciller et douter une seule seconde, insoucieux du fait suivant :

                Ce qui est... n'est pas ! Car il s'agit toujours d'autre chose ; autre chose et autre part... et puis, ailleurs aussi.

     

    ***

     

                 Rédigé sous la forme d’un Abécédaire, le matériau de ces morceaux choisis est issu des textes de l’auteur – romans et récits -, chez AMAZON ou bien, à paraître très prochainement chez ce dernier.

     

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    _____Dieudonné, une résistance inespérée

     

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                   Banni des médias dominants - presse, télés, radios - depuis plus de dix ans à la suite d’un sketch sur FR3 qui mettait en scène un colon juif de Cisjordanie… Dieudonné a essuyé tous les affronts tout en faisant l’objet d’un nombre incalculables de mesures vexatoires et liberticides.

    D’une résistance et d’une persévérance hors du commun, Dieudonné a tenu bon ; et son public n’a jamais été aussi solidaire et nombreux qu’aujourd’hui.

     

    ***

     

                   Que l'on ne s'y trompe pas : « raconter » Dieudonné, ce phénomène... ce n'est pas seulement parler de Dieudonné ; c'est aussi, et surtout, s'intéresser à tous ceux qui ont tenté de l’empêcher de travailler et d’exercer librement son Art.

    Dates, noms, faits et gestes, ce qui a été dit et écrit par les uns et par les autres… raconter Dieudonné, c'est mettre à jour le fait suivant :  de cette étude, de cet examen, ni les magistrats, ni les médias, ni la classe politique, ni les gouvernements n'en sortent grandis, et moins encore les associations communautaires acharnées à abattre professionnellement et socialement un humoriste fils spirituel de Molière, de Voltaire et d'Alfred Jarry.

                   Ces chroniques sont présentées dans leur chronologie… de 2007 à aujourd’hui. On pourra ainsi mesurer l’évolution des analyses de l’auteur et le chemin parcouru par celui-ci vis-à-vis de la démarche d’un Dieudonné artiste et activiste politique.

     

    Pour prolonger, cliquez  : le phénomène Dieudonné

     

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                     Et si en littérature, le meilleur personnage qui soit était le lecteur ?! Car, n’est-ce pas le lecteur qui « fait » le livre ?

    Il suffit de penser à tout ce qu’un lecteur est capable d’investir dans la lecture d’un texte : le pire comme le meilleur !

     

     

    ___________Paroles d'hommes 

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                  Arrive un jour où l'on décide de tout quitter pour échapper à tout ce qui nous empêche d’être... ce que l‘on croit pouvoir être, pensant à tort qu’il est encore possible d’être quelqu’un d’autre. Sur son chemin, on croise le rédacteur en chef auto-proclamé d'un magazine à la publication aussi hasardeuse qu'hypothétique ; ce personnage qui est aux sciences sociales ce que Knock est à la médecine, a comme projet un reportage sur une communauté rurale soupçonnée d'abriter des hommes aux mœurs d’une sauvagerie inqualifiable.

    Sans emploi et sans attaches, pensant n'avoir plus rien à perdre, ayant déjà tout perdu ou presque, on se dit : "Pourquoi pas ? Allez ! Va pour l’enquête ! Et puis... vogue la galère !" On prend la route. Les rencontres et les interviews se succèdent, l'enquête progresse mais... patatras ! L’itinéraire emprunté est un piège, et notre enquêteur malheureux progressera pas à pas vers une crucifixion sans gloire, sans honneur et sans rédemption.

     

    Thèmes abordés : l'impossibilité du pardon - La trans-sexualité et la question ontologique - Pulsions libidinales : frustrations et conflits - L'incommunicabilité - Le dépit amoureux et la trahison - Manipulation : mensonge et/ou vérité ?

    Et bien d'autres thèmes encore puisque... comme annoncé précédemment : "Ce qui est, n'est pas car il s'agit toujours d'autre chose... autre chose et autre part... et puis, ailleurs aussi !"

     

    Choix stylistique : cette farce tragique est écrite comme on diffuserait un événement en direct : dans l'urgence, caméra sur l'épaule.

     

     

    Entretien avec l'auteur : cliquez Paroles d'hommes

     

     

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                   En tant qu'auteur, on peut n'avoir qu'un souhait : que son projet d'écriture, une fois arrivé à son terme, se transforme en un véritable projet de lecture de la part du lecteur.

     

    __________Cinq ans, cinq nuits

     

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    Prix  "Littérature et Internet" Edition 2014

     

    ***

     

                    Seul existe ce que l'on fait exister, avec détermination, après un travail acharné, pour ne pas se contenter, négligeant et sans courage, de le rêver.

                     Substituant à une vie conjugale en situation d'échec une voie large et resplendissante qui devra la mener jusqu'à son parachèvement, une femme se propose d'intervenir dans son propre destin. Une rencontre, comme un nouvel éclairage inattendu sur une existence qui semblait à jamais figée, avec celui qui deviendra très vite son amant, et c'est l'ébranlement de tous les repères, l'abolition de tous les interdits.

    Dépendance totale ! Absorption, fusion ! A l'effort que fournira cette femme pour échapper à l'étouffement, on pourra mesurer la puissance de sa réaction contre un mariage insipide, sans souffle et épuisé. Dans cette quête d'un Nouveau Monde - fief de tous les excès - dans ce réarmement contre les forces de la désagrégation, ce sont vingt années qu'elle rachètera et expiera auprès de cet amant-étoile décroché contre toute raison ; vingt années d'une existence qui n'a connu de la volupté que le regret de son absence.

    Une ambition d'une intelligence folle et subversive, cet érotisme qui ne produit rien et qui n'a qu'un seul but : s'extraire d'un monde interdit d'extase. Mais... pour plus d'un, pour plus d'une, un outrage ce sursaut, cet élan, cette ambition démesurée !

    Alors... rien, non rien, ne lui sera épargné ni pardonné.

     

    ***

    Thèmes abordés : l'extase et la volupté, le culte de l'Autre, l'absence et le manque, vie conjugale et atrophie.

    Choix stylistique : préciosité et emphase jusqu'à l'exubérance et parfois même, l'extravagance mais... à dessein - bien évidemment ! -, puisqu'à la source de ce choix, on trouvera une provocation en règle et un procès d'intention contre toutes les formes de dépréciation de soi et contre une organisation de l'existence qui a pour seule mécanique infernale : la soumission à un moins-disant émotionnel et érotique qui engorge tous nos désirs.

     

              Extrait proposé : Cliquez cinq ans cinq nuits extrait blog.pdf

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    Soutenir un auteur c'est le lire et en parler autour de soi

     
     

    ______________LA CONSOLATION

     

     

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                                     "Comment vivre sans choisir ? Comment vivre sans inconnu devant soi, sans espoir d'inédit, d'inattendu et d'inouï ?"

     

                Ce texte se déploie autour d'une femme divorcée après 25 ans de mariage. Les cinq premières années qui ont suivi son divorce sont des années fastes : elle recouvre, sa liberté. Mais très vite, à cinquante ans passés, c'est l'impasse : celle d'une organisation de l'existence au jour le jour.

     

                                "Depuis son divorce, voilà trois ans, elle a pris la vie, l'a quittée, l'a reprise, faisant l'impasse sur des jours, des semaines entières pendant lesquelles rien ne se passait et puis, hésitante, elle y est revenue à cette vie qui est la sienne aujourd'hui."

     

                La forme de ce roman est discursive. Le narrateur alterne le "elle" (le personnage de la femme), le "nous" (le personnage intégré à la communauté humaine) et le "on" que le lecteur (femme ou homme) aura tout le loisir de s’approprier ; il personnalise pour mieux dépersonnaliser, son personnage s'effaçant au profit d'une réalité plus vaste qu'elle : la condition de toutes celles - et accessoirement, de tous ceux - qui partagent... sa condition.

     

                               "Pourquoi nos vies seraient-elles si différentes puisque nous suivons tous, à quelques exceptions près, le même chemin ? Ne sommes-nous pas tous issus de la même branche, du même arbre, fruit d'une nécessité commune dictée par une loi dont les règles ne nous laissent guère le choix quand il s'agit de quitter les racines qui nous ont vus naître ?"

     

                Ce titre compte onze chapitres ; au neuvième, le lecteur possède tous les tenants et les aboutissants du personnage. Arrivent alors les deux derniers chapitres : le personnage a 55 ans et son destin, produit d’une sélection impitoyable, sera parfaitement accompli.

    Destin non conclusif, toutefois, puisque le lecteur se verra proposer un épilogue à deux voies, l'auteur ayant décidé de ne pas trancher.

     

                  Thèmes abordés : divorce, célibat, la souffrance au travail, la maternité, deuil, pardon et mémoire. 

           

               Extrait proposé : cliquez la consolation extrait.pdf

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    _________CONFESSIONS D'UN VENTRILOQUE

     

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                 Et si nous nous taisions ? Oui ! Nous taire pour mieux tendre l'oreille...

    Vous l'entendez maintenant ? L'entendez-vous cette plainte ?
      Elle gonfle. Elle exhale. Elle pousse ! Elle enfle. Elle est énorme à présent, et dans un instant, elle va éclater... Et tout s'achèvera en larmes, bien sûr.

     

    ***


                   Qui parle quand on parle ? Qui parle à qui ? Et qui écoute qui ?

                  Une voix s'est imposée à moi ; une voix venue témoigner et confesser un enfant martyr, le meurtre d'une femme, le décès accidentel d'une autre, une résistance aussi héroïque que vaine, et pour finir : un vieillard désabusé. De quoi remplir une vie... sans aucun doute !

    Composé de touches d'imprécations, de réflexions, de déclamations, de soliloques joints en forme de dialogue, d'impulsions violentes et de moments de silences, ces confessions sont une tentative d'écriture atonale qui offre la possibilité de lire les quatre premiers chapitres dans l'ordre que l'on veut ; ce qui devrait autoriser un grand nombre de combinaisons de lecture.


    Thèmes abordés : l'irrécusable douleur de l'insurmontable ; la révolte face au tragique dans l'existence, et l'espoir de la résilience.

     


     
    Extrait audio
     

     

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    ______Les brèves (plus ou moins brèves) de Serge ULESKI

     

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                  La vérité tient en quelques mots, et le mensonge... en tout un roman.

      

                 

    En proie à la nostalgie... 

    Et si, ce qui nous attire, nous séduit, nous émeut dans tout ce qui touche de près et de loin à hier, était le fait que ce morceau de vie qu'est le passé, est derrière nous ? Et on ajoutera, soulagés : "Ouf ! Plus de peur que de mal !" 

    Car... qui nous rappellera que vivre demeure une expérience que l'on préféra toujours avoir derrière soi et non... devant ?

     

     

    Fragments, figures de style, effets rhétoriques, parfois satiriques ou caricaturales…

    Maximes, syllogismes, aphorismes, tantôt inédits, tantôt glanés dans les textes de l’auteur (romans et billets de blogs)…

    Plus de trois cents brèves – plus ou moins brèves -, pour se dépêcher d’en sourire ou d’en rire ; ou bien encore, d’y réfléchir.

     

     

    Il faut taire les crimes, ceux de tous les jours car, les nommer, tous ces crimes d'exception, anonymes et insoupçonnables, c'est en faire des maux incurables, des maux privés de l'espoir de l'oubli.  

    Heureuse soit la victime à qui la société n'a pas notifié et qualifié le crime commis sur elle ! Car, elle n'aura alors qu'un seul poids à porter : celui de son propre jugement et seulement le sien. Et là, ô miracle ! L'esprit peut se révéler d'une magnanimité surprenante, lui qui est capable d'accueillir le pardon, ou bien l'oubli comme le naufragé accueille son sauveteur.

     

     
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    _______________TRANSIT (Théâtre)

     

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                Les personnages principaux de cette pièce de théâtre en un acte sont les suivants : un juge, un philosophe, un syndicaliste et un député.

    Autres personnages : un médecin, un infirmier, une jeune femme et un tire-au-flanc manchot (bras droit amputé).

    Le lieu : la salle commune et vétuste d'un foyer d'hébergement.

                 Tout au long de la pièce, le silence sera la règle et la parole, l'exception : surdité, mutisme et immobilisme - on ne veut pas entendre, on ne veut pas répondre, on ne veut pas bouger.

    Ces silences devront néanmoins... être joués. Ils le seront par le syndicaliste et le juge seuls, sauf instruction contraire. Durant ces pauses, tous deux doivent se montrer très tendus, exaspérés et accablés : ils sont plongés dans leurs pensées, un poids énorme semble les écraser, à l'intérieur d'eux, se livre une bataille.

    A titre d'exemples, ils pourront utiliser des éclats de rires brefs, des ricanements, des haussements d'épaules, tête que l'on jette en arrière, gémissements ponctués de longs silences, soupirs lourds et bruyants, râles, gestes furtifs, des bribes de phrases incohérentes et des phrases courtes mais compréhensibles celles-là (ces phrases sont notées dans le texte).

     
    Le député qui ne connaît ni l'identité ni la fonction du juge, du syndicaliste et du philosophe, accueillera ces silences avec anxiété. Il n'aura qu'un souci : les rompre.

    Le philosophe, lui, demeurera étranger à tout ce qui peut se faire ou se dire dans la salle commune de ce foyer.

     

    ***


                        Qui a forcé tous ces personnages à se retrouver dans ce lieu ? Qu'est-ce qui les réunit ? Pourquoi ce silence que tous cherchent à imposer à l'exception du député ? 

    C'est là tout l'enjeu de cette pièce.

     

     

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    _____Marquis de Sade : complaisance et omissions

     

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                « Célébration » du bicentenaire de la mort de Sade, exposition au Musée d’Orsay… manifestement, on n’en a jamais fini avec Sade ! Il va, il vient ; des universitaires,  des chercheurs, des auteurs  et autres « animateurs culturels médiatiques » nous le rappellent régulièrement à notre bon souvenir.

               Mais au fait, qui est Sade ? Et qui sont ceux qui s’obstinent à le faire exister ?  Pour(-)quoi et contre qui ?

              C’est tout le sujet de cet ouvrage dont toutes les citations (en italique) sont extraites de  « La philosophie dans le boudoir » qui a pour auteur Donatien Alphonse François de Sade, tantôt comte, tantôt marquis.

     

     

    ***

     


    Conférence inaugurale "Sade. Attaquer le soleil... par musee-orsay

     

                   A l’ouverture de la conférence de presse, en tant que commissaire générale de l’exposition « Sade. Attraper le soleil », Annie Lebrun aura ces mots : « Sade, c’est un changement de sensibilité. »

                      Tout est dit. Nous sommes maintenant prévenus.

     

    Pour prolonger cliquez : Marquis de Sade - complaisance et omissions

     

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    _______Ad hominem: Politique et médias

     

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                 Présenté sous la forme d’un Abécédaire, les articles et billet publiés sous le titre "Ad hominem" appartiennent aux catégories suivantes du blog de l’auteur : Politique, médias, minorités, société et actualité…

               Hommes et femmes politique, hommes et femmes des médias, penseurs, historiens, acteurs de la dissidence sur Internet… on y retrouvera entre autres : Jacques Attali, Julien Assenge, François Bayrou, Bush junior, Michel Collon, Harlem Désir, Dieudonné, Robert Faurisson, Michel Glouscard, Bernard-Henri Lévy, Obama, Karl Marx, Audrey Pulvar, Michel Rocard, Saint Augustin, Nicolas Sarkozy, Alain Soral, Benjamain Stora, Christiane Taubira, Manuel Valls, Hubert Védrine, Zemmour… et beaucoup d’autres encore… dans un regard tantôt féroce, tantôt caustique, compassionnel aussi, sur ceux qui font l’actualité, parfois à leur corps défendant , et alors qu’ils souhaiteraient sûrement qu’on les oublie.

     

    Pour prolonger, cliquez : Médias et désinformation ainsi que Politique et actualité


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    _______La France et le fascisme

     

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                   Qu'en est-il de cette France que l'on dit "fille aînée du fascisme" ? A l'heure où  "Ni droite ni gauche. L’idéologie fasciste en France",  paru en 1983, est repris en collection de poche avec une nouvelle préface de l’auteur sur près de 150 pages ; en effet, à en croire l'historien Sternhell, la France serait aussi " la fille aînée du fascisme". Rien moins.

                   Cet opuscule d'une cinquantaine de pages se propose de répondre à cette question et d'en proposer d'autres à la réflexion du lecteur car, ce qui doit nous intéresser n’est pas tant de savoir si la France est la « fille aînée du fascisme » mais bien plutôt ce questionnement-ci : pourquoi certains historiens et politologues ont manifestement besoin de le penser alors qu'aucune définition du fascisme ne semble possible, tout en tenant compte du fait que jamais en France il n’a existé un Etat fasciste, et qui plus est… librement consenti ?

     

    Pour prolonger, cliquez : La France et le fascisme : autant de questions sans

    réponses 


                                                             L'ouvrage est disponible ICI

     

     

    __________La France et le sionisme : domination et chantage  

     

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              A l’heure où, en voyage d’Etat en Israël en novembre 2013 , François Hollande, Président de la République française, adresse un chant d’amour éternel à Israël dans la résidence privée de Netanyahu, chef d’un gouvernement à la tête d’une coalition d’extrême droite…

    A l’heure du bannissement de Dieudonné - plus de dix ans de persécution -, à la suite d’un sketch qui dénonçait la politique d’un Etat qui n’a, aujourd’hui, plus rien à envier à l’Afrique du Sud du temps de l’Apartheid…

    Et alors que l'Etat israélien jouit, ici en France, d'un soutien quasi inconditionnel de la classe politique en général et du PS en particulier, et ce jusqu'au sommet de l'Etat français, soutien concomitant avec une adhésion pleine et entière à la politique de l’Otan et à un mondialisme qui n’est dans les faits qu’une remise en cause de tous nos acquis sociaux et démocratiques ainsi que de notre patrimoine culturel, le tout en violation de notre tradition diplomatique qui a fait notre rayonnement et notre force une tradition qui avait pour objectif la recherche d'un équilibre face à des pays et des cultures hégémoniques à la soif excessive de domination...

                Cet ouvrage se propose d’exposer au grand jour, jour après jour, la démission de l’Etat, de la quasi-totalité de la classe politique, des intellectuels, du monde de la culture et des médias, tous terrorisés à l’idée de s’opposer à la préséance d’une idéologie seulement capable, d’organiser le malheur partout où elle est dominante : là-bas : bombardements civils, assassinats et expropriation ; ici : division, violence, chantage et bannissement.

     

    Pour prolonger, cliquez : Sionisme ? Vous avez dit "sionisme" ?

     

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  • Penser l'Empire aujourd'hui avec Alain Soral

     

     


    Comprendre l'Empire - Interview Soral par alexishassler

    (Vidéo d'Octobre 2010 - soit 5 mois avant la parution de l'ouvrage aux éditions Blanche)

     

     ***

     

    Comprendre_l_empire.jpg

                    Détricoter le roman national, à la mémoire hémiplégique, et plus largement, le roman occidental tout aussi lacunaire et fictionnel… du christianisme aux Lumières, de la Révolution française jusqu’au terminus bancaire, convoquant à la barre Marx , Engels, Michéa, Orwell, Sorel, Proudhon, Weber, les Pères de l’Eglise, Wall Street, la City et la FED, violences et mépris social… telle est la vision du monde qu'Alain Soral nomme Empire.

    Exposition au déroulement implacable d’une histoire qui nous est commune à tous, où que nous nous situions… acteurs, ou bien spectateurs et victimes abasourdis… histoire de ceux qui nous ont précédés, histoire d’aujourd’hui, et pour ce qui est de demain... histoire destinée à ceux qui possèdent une excellente mémoire de l’avenir : les esprits clairvoyants.

    De la Famille au clan à la tribu pour culminer avec la Nation et le contrat social jusqu’aux nouveaux réseaux au service des lobbies marchands et ethno-confessionnels, sans oublier les mafias policées ou pas (drogue et prostitution contre le complexe militaro-industriel et les cols blancs de la finance ; mafia calabraise contre Loge P2), comme autant de mensonges d’une République dite démocratique, structure combattante de l’Empire - en effet, 1% est le taux incompressible de la population qui a toujours commandé à la masse -, ... nul doute, le prolétariat du XIXe siècle et sa misère sont bien l’incarnation de la trahison de la bourgeoisie.

     

                     Peuple qui assume le principe de réalité - salaires "plancher" : exploitation et servitude -, parmi lequel on comptera des penseurs autodidactes contre le ralliement de soi-disant libertaires révolutionnaires au libéralisme mondialisé avec son Capital coupé de toute attache géographique et morale ; bientôt Capital nomade dénué d'un minimum de culture humaniste...

    Finies les cultures enracinées et les perspectives historiques ! L’hyperclasse et ses VIP condamnent les salariés à la précarité...

    Arrivent alors Canal+, les bobos et la gaudriole branchée, cache-misère d’une humanité souffrante et vaincue ; le RMI puis le RSA pour toute consolation.

     

                     Liquidation de la classe moyenne non salariée (artisans, commerçants, petits patrons, travailleurs indépendants), et du métier de journaliste par la même occasion ; métier perverti, avili par une démocratie d’Argent et de Marché ; les derniers journaux indépendants de qualité seront liquidés et remplacés par le divertissement.

    Intellectuels-animateurs au service d’une propagande de masse, une fois la trahison des clercs consommée et digérée, la chasse tirée… avec la domination par la séduction, une seule liberté est accordée : consommer. Et dans un tel environnement, les idiots utiles sont légion : prostitution morale et intellectuelle, en veux-tu en voilà ! Argent, honneurs, sexe…

    Car... seuls restent en place les kapos, les collabos, les soumis et les imbéciles ; réseau culturo-mondain comme horizon indépassable de notre temps qui annonce le règne de l’empathie affective - émotion et désir au fin de détruire chez l’individu toute capacité analytique et critique -, et signe la mort du logos : fin de la chaîne causale ; destruction du sens.

    Pour les insoumis, en revanche, ce sera... chantages au fascisme, au racisme, à l’antisémitisme… la fin justifiant les moyens ; sentences équivalentes à une mort professionnelle et sociale certaines de réfractaires ruinés et jetés à la rue par des procès sans nombre et sans fin.

     

    ***

     

                  Solitude-dépression-consommation à l’Ouest. Chaos, guerres et misère au Sud, fatalement la question suivante surgit : d’un de Gaulle patriote et cultivé à un Sarkozy sans frontières et inculte, que nous est-il donc arrivé ?

    Liquidation de l’héritage du CNR (Conseil National de la Résistance) : jamais plus la classe politique ne s’occupera d’économie !

    La Banque au pouvoir avec Pompidou et Giscard !

    Immigration-isme… stratégie de dumping social de la droite patronale, chantage à l’extrême-droite sur quiconque remet en cause cette stratégie.

    Mai 81 et l’expulsion de la classe ouvrière. Liquidation du PCF.

    Collaboration et colonialisme… culpabilisation : le Peuple de France baisse la tête mais n’en pense pas moins.

     

    ***

     

                   Voici maintenant le traité de Maastricht pour une destruction méthodique des 3 piliers que sont l’économie, la morale et le social.

    Identité nationale niée mais... « danger de l’Islam » et des banlieues, un ministre de l’intérieur en soutien, bientôt Président, pour faire monter la mayonnaise, le tout relayé par un dispositif fait d’argent, de médias et de réseaux. Une élection sera gagnée sur une campagne parodiant celle du FN jusqu’à la venue d’une Carla Bruni courtisane bobo. Mariage idéal : vulgarité et inculture précèderont l’instauration d’un libéralisme sécuritaire, servile envers les puissants prédateurs financiers et impitoyable envers le monde du travail.

    Et la Banque ! Encore la Banque ! Et quand il lui faut faire la manche… eh bien, les Etats et toute la classe politique avec eux, comme un seul homme, comme une seule force … enfin retrouvée, n’hésitent pas : on lui remplit les poches, même trouées.

     

                  Mondialisation contre mondialisme : échanges équilibrés et contrôlés contre la guerre économique planétaire et permanente de tous contre tous, quiconque refuse de se soumettre à l’idéologie finalement totalitaire et belliqueuse de la mise sous tutelle de l’humanité entière est expulsé du champ social.

     

                  Et Alain Soral de conclure "....Aujourd’hui, ce Nouvel Ordre Mondial exige de la gauche comme de la droite qui lui soient remis les pleins pouvoirs… "

    Gauche et droite qui ne se feront pas prier (Strauss-Khan, Sarkozy)...

    Avant d'ajouter : "... le monde occidental est face à un choix : la soumission totale ou la révolte."

     

                L'année 2012 installera-t-elle la dictature de l’Empire ou bien, marquera-t-elle le début de son démantèlement ?

     

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    Que ce soit le silence médiatique qui accueille ce nouvel opus d’Alain Soral "Comprendre l'Empire" ne surprendra sans doute personne car, qui aujourd’hui dans les médias, pourra en toute conscience saluer le travail effectué par cet auteur : celui d'une synthèse qui attendra longtemps encore sa réfutation ?

                Rectificatif concernant l'affaire Dreyfus et le compte-rendu qu'Alain Soral souhaite nous faire dans son ouvrage : l’arrêt de 1906 de la Cour de cassation qui innocente et réhabilite définitivement Dreyfus ne marque pas "la victoire de l’argent sur la noblesse et l’esprit aristocratique" mais bien plutôt la victoire de la vérité sur le mensonge ainsi que la victoire contre l’antisémitisme car Dreyfus n'aurait jamais été inquiété s'il n'avait pas été juif.

     

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  • L'imbécile au travail

     

                  Observer un imbécile travailler, cadre de surcroît, l'observer ordonner, organiser, commander, peut vous occuper toute une journée, voire une semaine car, côtoyer l’imbécillité au travail, c'est un spectacle d'un intérêt supérieur, bien supérieur à tous les autres.

    Jadis cantonné à un rôle subalterne, sans danger pour autrui, l'imbécile des temps modernes se voit aujourd'hui doté de pouvoirs et de responsabilités qui font de lui l'agent redoutable d'une stratégie perverse. Et malheur à qui travaillera sous sa responsabilité !

    Si pour d'aucuns, leur manière d'être ce qu'ils sont peut quelquefois les sauver du naufrage d'un jugement sans appel, en revanche, de cet imbécile-là, rien à sauver car, rien ne le sauvera.

    "Qui suis-je ? Que fais-je ?" et puis aussi et surtout : "Qui sont les autres ?" sont des questions hors de portée pour cet imbécile qui ne dispose d'aucun outil pour se les poser. Quant à y répondre...

    L'introspection lui est interdite. Evoluant à la surface des choses, des êtres et de lui-même quand il s'agit de comprendre son environnement qui n'est pas simplement le sien mais celui de ses subordonnés, il n'explore rien de ce qui fait de lui ce qu'il est, et des autres... pas davantage

    Coriace mais sans courage, l'imbécile au travail battra toujours en retraite dès les premières alertes et il sera sans pitié à l'encontre de ses subordonnés qui l'auront exposé à des risques que lui-même n'aurait jamais envisagé courir.

                  L'imbécile au travail ne choisit pas : il subit et fait subir ; du pain bénit pour ses supérieurs. Les entreprises qui nomment de tels individus à des postes d'encadrement nous informent plus que tout sur l'idée qu'elles se font du travail qui doit être accompli et des hommes qu'elles recrutent.

    Dépourvu de jugement, aveuglé par sa tâche, son poste, son rang, sa fonction, son statut, il ne veut rien savoir. Il n'a qu'un souci : occuper la place et la garder. Les traits figés, le corps raide, statue sur son socle, il n’en descendra pas. Sûr de lui face à ses subordonnés, humble en compagnie de ses supérieurs, l'imbécile au travail acceptera tout de celui qui l’a nommé. Ses supérieurs ont toujours raison. Aucune vérité qui ne vienne pas d'en haut est bonne à prendre et de lui, il n'en sortira aucune. Quant à lui susurrer à l'oreille une idée ou deux, en collègue attaché à le sortir du cul de sac dans lequel son action le mènera inévitablement un jour, inutile de l'envisager : son regard dubitatif, marque d'une impuissance immense, viendra nous signifier que c’est sans espoir et qu'il nous a fait perdre notre temps car, l'imbécile au travail maintient hors d'atteinte toute réalité qui ne soit pas la sienne à des fins de se protéger d'une confrontation possible entre lui et le monde. Son incompétence n'est pas simplement due à un manque de qualification ou d'expérience ; son incompétence, c'est son imbécillité même, insoupçonnable en lui et aucune formation, remise à niveau, plan d'amélioration et d'accompagnement - si tant est qu'il vienne à l'idée de quiconque de les lui proposer - ne le sauveront. Où qu'il soit, quoi qu'il fasse, il demeurera un imbécile : cadre imbécile, père imbécile, mari imbécile, amant imbécile, fils imbécile, partenaire imbécile au squash entre midi et deux.

    Cette imbécillité a pour racine la certitude d'être au-dessus de toute autre compétence : celle de ses collègues - cadres tout comme lui - et de ses subordonnés ; certitude obstinée, démentie au quotidien, à chaque heure mais... néanmoins beaucoup plus gratifiante que l'aveu d'une incompétence crasse car, cette certitude cache très certainement l'angoisse inconsciente de ne pas être à la hauteur, et une culpabilité propre à l'usurpateur confronté à l'absence de toute légitimité dans l'exercice de son autorité.

                   Si d'aucuns peuvent comprendre ce qui a motivé sa nomination, nul ne sait d'où il vient cet imbécile au travail, cet éternel Don Quichotte de l'intelligence humaine ; nul ne connaît son histoire, le comment, le pourquoi d'une telle amputation de sa conscience - conscience propre aux êtres humains : la conscience de n'être que la partie d'un tout et sans elle, de n'être rien.

    Inutile de le questionner. Il a tout oublié. Grand bien lui fasse ! Car... qui peut bien être assez cruel pour souhaiter le réveiller, et ce faisant, l'exposer à toute l'horreur de sa condition face à un monde à l'écart duquel il se sera si longtemps tenu, tout en y agissant, en aveugle privé de canne blanche pour le guider et éviter qu'il ne trébuche sur le premier obstacle qui se dresse devant lui.

     

                  Lorsque celui qui l'a nommé aura besoin de couper quelques têtes ou de déplacer quelques pions, se sentant lui-même en danger, dans un jeu pervers qui n'amusera personne d'autre que lui qui aura failli un moment ne plus pouvoir s'en amuser, redevable de tout, l’imbécile au travail repartira comme il est venu, loin des honneurs et de la reconnaissance de ses subordonnés pour le travail accompli. Et c'est sans broncher qu’il expiera en acceptant de se sacrifier.

    Son expiation, vécue comme une nécessité qui ferait loi, c'est la dette que l'imbécile au travail n'a de cesse de rembourser, selon l'adage : "Qui paie ses dettes nourrit en secret l'espoir d'être autorisé à en contracter d'autres, dans un avenir proche, très très proche si possible et puis.... ailleurs, de préférence !" Car, l’imbécile au travail ne supporte pas les temps morts de l'oisiveté, mère de tous les vices, la réflexion et l’introspection porteuses de tous les dangers d'une révélation d'une réalité terrifiante : celle du caractère circonstanciel de son utilité et de sa nécessité au travail ; sans oublier ce sentiment évanescent, lancinant en lui : le sentiment de ne rien devoir à lui-même mais de devoir tout... à celui qui l’a nommé.

     

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    Extrait du titre : "La consolation" - copyright Serge ULESKI

     

     

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  • La littérature française d'aujourd'hui et d'hier : ersatz et puis... extraits

     


    Michel Houellebecq : le Goncourt inopérant

     

    Interview Maurice G. Dantec décédé le 25 juin 2016, à propos de son ouvrage :

    "Les Résidents"

     

     

              Deux figures emblématiques ou bien, symptomatiques ou bien encore : problématiques ?

    Avec 2 pour tension... il semblerait que les anti-dépresseurs (et autres cachetons) aient remplacé l'absinthe ou plus simplement le bon vieil alcool : vins et spiritueux, pastis et pistaches, joie de vivre et d'exister... debout, érectile et ferme.

             Certes, à chaque jour suffit sa peine ! N'empêche, on finira quand même par regretter Malraux, surtout dans ses vieux et tout derniers jours.

     

     

     

              Hommage d'André Malraux à Jean Moulin au Panthéon :

    "Entre ici Jean Moulin avec ton terrible cortège"

     

     

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  • M comme Malédiction

     

    To the memory of an angel...

     

    A la mémoire de Béatrice Athévain

     

             Et alors qu'on ne lui avait rien demandé (et ses enfants non plus - leur père s'étant fait la belle, lui qui n'avait aucun goût pour tout ce qui touchait de près ou de loin à la littérature - il ne lisait... ou plutôt, il ne regardait... que de la BD), en une quinzaine d'années, Béatrice aura tout sacrifié à l'écriture avant de tirer sa révérence.

    Son oeuvre ?

    Un ouvrage retenu par un éditeur dans les années 90 "Fragments, interstices et incises" (oui, je sais ! Le titre ne lui aura été d'aucun secours) ; éditeur qui... depuis, a mis la clé sous la porte ; et six titres restés à ce jour inédits et... introuvables - ce qui n'arrange rien.

    Existent-ils ? N'existent-ils pas ces inédits ? Ont-ils été détruits par son auteur juste avant qu'elle ne décide de... ?

    Affaire à suivre... pour peu qu'il y ait des volontaires.

     

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              Ce billet est aussi dédié à tous les obsessionnels compulsifs de l'écriture. 

     

             Ils ne se déplacent jamais sans un stylo et un carnet ; leur hantise : se trouver dans l'impossibilité de pouvoir noter une idée, une phrase, un mot ; et de ce fait : les oublier.

    Une peur panique pareille à une phobie : plutôt mourir que de courir ce risque !

     

                   Mais... comment taire cette voix qui hurle à l’intérieur, ou bien qui chuchote ? Cette voix qui ne vous lâche pas jusqu’au moment où n’y tenant plus, on sort un carnet pour noter à la hâte trois mots, dix lignes, tout en sachant que l‘on y reviendra cent fois, mille fois, et que ce n’est que le début d’un travail harassant.

    Ils ne vivent que pour elle, tous ces don Quichotte de la littérature,  y retournant sans cesse, et n’y trouvant qu’un soulagement, qu’une libération bien éphémère.

    Après toutes ces années, qui ne chercherait pas à lui échapper, même pour un temps ? Qui ne serait pas tenté d’apprendre à l’ignorer ou bien, à contrôler son débit, et même, pouvoir faire “comme si de rien n’était”, comme si cette voix n’était pas là... cette voix qui, sans relâche vous force, et vous pousse jusqu'à ce que vous lui cédiez et qu’elle s’apaise en vous en attendant la prochaine fois, la prochaine heure ?

    Tous vous le confirmeront : une malédiction cette voix pour laquelle ils ont tout sacrifié ; un supplice qui absorbe, qui recouvre tout, qui vous prend tout et qui ne vous rend rien.

    Maudits ils sont !

     

                      Mais alors... qui les délivrera de cette malédiction qu'ils portent en eux comme une brûlure ?

     

     

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    Photos : M le Maudit, film de Fritz Lang de 1931

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  • Portraits de femmes avec William Shakespeare

     Célébration

                    

                         A l'occasion du 400è anniversaire de la mort de William Shakespeare

     

    ___________________

     

     

                     Après Goneril et Regan (deux des trois filles du Roi Lear), lady Macbeth, et Gertrude reine du Danemark et mère de Hamlet... portraits de femmes tantôt cruelles, vénales et a-morales, tantôt inconstantes ou bien encore, crédules par vanité...

    Après Catherine dans "La mégère apprivoisée" et son monologue final, sans ambiguïtés quant à ce qui pouvait être attendu d'une épouse sous l'ère élisabéthaine  - monologue aujourd'hui inaudible tellement il consacre la soumission totale de la femme dans le mariage -, c'est sur lady Anne, (future épouse du meurtrier de son mari et de son père) que se porte toute l'attention de Shakespeare dans une scène fameuse de Richard III (Acte I - scène II), ici restituée en partie - la scène a été largement amputée par le réalisateur Richard Loncraine comme c'est l'usage dans les "adaptations" des pièces de Shakespeare ; du moins... quand il ne s'agit pas simplement de théâtre filmé mais bien de cinéma.

                                                              

    Acte I - scène II - tour de force : théâtre et écriture - vidéo à partir de... 5.26

     

                Lady Anne est penchée sur le corps de son mari assassiné. Son assassin Gloucester, futur Richard III, est, contre toute attente, présent ; il est venu gagner le coeur d'une veuve qui sera sa prochaine épouse et victime. 

                                                                                                                     

    Suite - Vidéo jusqu'à... 2.06

     

    ***

     

    - Did you not kill my husband ?

    - I grant you yes.

    (...)

    - Be damned for that wicked deed ! O, he was so gentle...

    - Fitter for the King of heaven who has him.

    - And you unfit for any place but hell !

    - Yes, one place else, if you will hear me name it : your bed-chamber (...) Your beauty which did haunt me in my sleep could make me undertake the death of all the world, so I might live one hour in your sweet bosom (...) He who bereft you lady of your husband, did it to help you to a better husband.

    (...)

    Lady Anne crache au visage de Gloucester...

     

    - Teach not your lips such scorn for they were made for kissing lady, not for such contempt (...) I humbly beg for death upon my knee. Do not pause !(...) It was I who killed your husband but it is your heavenly face which set me on.

    (...)

    - I would I knew your heart. I fear it's false.

    - Then never man was true.

    (...)

    - Put down the blade.

    (...)

    - Shall I live in hope ?

    - All men, I hope, live so.

    (...)

    - I will with all expedient duty see you

    - With all my heart...

    ______________________

               

    Was ever a woman in this humour won ?

    .

    A-t-on jamais fait de cette manière la conquête d’une femme ? 

    (une femme qui, voilà une minute encore, crachait au visage de l'assassin de son mari et de son père et qui jurait de les venger)

    Ah ! L'inconstance des femmes !

     .

    ***

    .

                   Sade n'a-t-il pas dit : "Les femmes jouissent d'abord par l'oreille" ? Et Gloucester, pour leur malheur à toutes, savait parler aux femmes.

                   Sade avait lu aussi Shakespeare, sans aucun doute.

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  • La liseuse

     

     

                     N'avoir pour seul avenir qu'une poignée de mots ! Ceux des auteurs qui l'accompagnent tard dans la nuit. Car, lorsque Internet ne lui offre pas ce qu'elle attend, elle lit jusqu'à l'épuisement ; la lecture devient alors le sablier qui la conduit au sommeil.

                     Si lire c'est s'oublier soi-même et le monde tel que nous le vivons pour mieux en habiter un autre - celui qui au quotidien nous demeure étranger, impénétrable ; lire c'est aussi redécouvrir qu'il encore possible de toucher du doigt une vérité sur chacun de nous ; mille témoignages d'une vie hors des livres : la vraie vie, celle qui fait du succès une montagne à la vue imprenable et de l'échec, une tombe.

    Bonne ou mauvaise, la littérature nous absout et nous réconcilie, tout comme ce silence qu'elle impose à ses lecteurs : silence avec soi-même. Elle ne va pas y chercher une guérison ; ses lectures ne résorbent aucune de ses fièvres ; elle y abandonne le plus souvent les dernières forces de la journée qui s'achève.

    Lumière et obscurité ; partir loin de soi pour mieux y revenir ; dérives infinies. Miroir de sa propre existence, seule avec le monde, ses lectures tracent les cartes de territoires innombrables qui, en ce qui la concerne, ont la fâcheuse habitude de s'ouvrir et de se refermer sur des contrées inhospitalières, aux invocations et aux suppliques sans nombre ; lectures qui la submergent, la pénètrent et l'engloutissent.

    Un bouquant d'enfer, ses lectures ! Une page d'espérance, une page de désespoir, c'est bien sa propre vie qu'elle va chercher dans une littérature de substitution jusqu'à se perdre dans le labyrinthe de l'oubli de soi en tant qu'impuissance.

    Les livres, elle les ouvre au hasard, elle les feuillette et puis soudain, elle plonge et les dévore dans une lecture obsessionnelle : une flamme qui finit toujours par la brûler cette lecture ; et dans ces moments-là, c'est l'éternité qu'elle embrasse, pour un temps non répertorié, un temps sans partage possible ; un temps pour sentir battre le monde avec sa veine gorgée de sang et des larmes qu'elle ne peut plus verser sur elle-même.

    Ce qu'on fait de mieux dans ce qu'il y a de pire ! D'un état ordinaire, on descend vers l'abîme, et là, les exemples ne manquent pas : amours aussi extravagantes qu'impossibles, inceste, tueurs en série, femmes humiliées, couples défaits, « La petite du Vel'd'hiv » ; des biographies qui mettent en scène des pères abusifs, des mères soumises, femmes afghanes ou africaines quand la lumière était encore sur elles, pour finir avec Proust qu'elle lit sans fin et sans force ; auteur vers lequel on se tourne une fois que l'on a baissé les bras et qu'on s'est juré de ne plus porter aucun livre - à bout de bras, justement ! -, en y cherchant dans cette lecture, sa propre terminaison, prisonnière d'une chambre tombeau, dernière sépulture de vie pour les convalescents et les agonisants de l'existence.

    Arrivée à saturation, c'est alors qu'elle chavire dans un sommeil de plomb, exténuée.

     

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    Extrait du titre : "La consolation" - copyright Serge ULESKI

     

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  • George Steiner : un diamant d'intelligence

     

    9782070126927

                "Un souci extrême de la vérité cache très certainement une passion dévorante pour le mensonge. Quant à savoir comment l'esprit se masque lui-même cette probabilité...

    Dominer cette dualité, c'est être envers soi-même un agent double, c'est se nourrir à un ultime degré d'ironie à la fois juvénile et raffinée, de la trahison de soi-même."

     

    George Steiner à propos de l'historien et critique d'art Anthony Blunt, espion britannique, agent double au profit de l'URSS.

     

               

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    Ecrivain anglo-franco-américain, né à Paris le 23 avril 1929. Théoricien de la traduction, expert en littérature comparée et docteur honoris causa d’un grand nombre d’universités de par le monde, George Steiner est plus connu du grand public comme essayiste, critique littéraire et philosophe.

     

     

                  Sur Soljenitsyne...

    Sciemment ou non, quiconque offre une explication diagnostique, si pieuse, voire réprobatrice soit-elle, érode, aplanit jusqu'à vouer à l'oubli l'irrémédiable concrétude de la mort sous la torture de tel homme ou de telle femme, de la mort de faim de cet enfant-ci. La sainteté du détail infime obsède Soljenitsyne. Comme chez Dante, les noms propres sortent en cascade de sa plume. Si nous voulons prier pour les torturés à mort, il le sait, nous devons mémoriser leurs noms et les articuler, par millions, dans un incessant requiem de nomination.

     

                  A propos de l'oeuvre de Graham Greene...

    Greene sait que le plus esseulé des hommes est celui qui n'a point de secret - ou, plus exactement, qui n'a personne auprès de qui trahir un secret.

     

                  Thomas Bernhard : Vienne et l'Autriche...

    Le pays, la société, qu'il a mille fois raison de fustiger pour son passé nazi, sa bigoterie et ses risibles autosatisfactions est aussi le berceau et le cadre d'une large part de ce que la modernité compte de plus fécond et de plus significatif. La culture qui a accouché d'Hitler a aussi nourri Freud, Wittgenstein, Mahler, Rilke, Kafka, Kraus, Broch, Musil...

     

    George Steiner - Serge ULESKI.jpgAprès la chute du mur de Berlin...

    Seule la violence tyrannique peut étouffer l'égotisme humain, l'appétit de gaspillage et d'ostentation. Et ceux qui exercent cette violence se flétrissent à leur tour dans la corruption. Cette connaissance nous diminue car, elle amplifie le beuglement de l'argent.

     

     

    Naturellement, il n'est pas insignifiant que Steiner soit un lecteur fabuleusement savant, qu'il parle couramment plusieurs langues et qu'il soit aussi à l'aise pour disserter de Platon, Heidegger et de Simone Weil que pour nous entretenir de Fernando Pessoa ou d'Alexandre Soljenitsyne (Robert Boyers - en introduction à l'ouvrage " Chroniques du New Yorker).

     

                 Sur B.B, plus connu sous le nom de Bertolt Brecht...

    Aucun poète lyrique, aucun dramaturge, aucun pamphlétaire n'a donné une voix aussi perçante aux hymnes à l'argent, n'a rendu plus tangible la puanteur de la cupidité.

     

                 Et puis cette longue élégie, cette souffrance amoureuse pour un peuple martyr...

    L'histoire russe est faite de souffrances et d'humiliations presque inconcevables. Mais le tourment comme l'abjection nourrissent les racines d'une vision messianique... jusqu'à se traduire dans l'idiome du slavophile orthodoxe ou dans le sécularisme du communisme. Le seul fait que la Russie ait survécu sous un Staline, comme sous un Ivan le Terrible témoigne d'une étrangeté de destinée créatrice ; et tous les grands écrivains russes sont là pour en témoigner.

     

                   Sur Céline...

    La haine chez Céline est le ressort de l'imagination, du déchaînement d'éloquence. D'ordinaire la haine a le souffle court mais chez une poignée de maîtres une misanthropie enragée, une nausée à la face du monde engendrent de grands desseins. Le monotone de l'abomination devient symphonique. Mettez "l'homme" là où une formule insensée indique "le y...pin", et vous aurez chez Céline des passages d'une grandeur biblique.

     

                 Au sujet du "couple" de Gaulle-Malraux...

    Pour l'un comme pour l'autre, la vie était essentiellement affaire de style. Tous deux avaient une conscience presque sensuelle des grands mouvements de l'éternité. En de Gaulle, Malraux reconnut l'incarnation suprême du "pouvoir comme geste imaginatif". En Malraux, de Gaulle perçut un témoin idéal et le mémorialiste de son propre scénario de grandeur (La condition humaine, L'espoir...).

     

               Soudain, une apparition-recension d'outre-tombe : Celan

    La syntaxe est comprimée dans une sorte de tension implosive. Les modificatifs, les détours pronominaux, les conjonctions  qui ont donné au discours occidental moderne sa fluidité logique, son ouverture à la compréhension et à la paraphrase sont finement éliminés au burin. Celan frappe d'anathème la causerie qui est le contraire du "dire".

     

                Et d'autres encore... Simone Weil, Russel, Canetti, Koestler, Foucault...

     

                 Plus de cent trente articles écrits par George Steiner pour le prestigieux magazine américain The New Yorker entre 1967 et 1997.

     

    __________________

     


    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI en littérature

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