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capitalisme

  • Francis Cousin à propos du Capital : crise, guerre et reconstruction

     

                            Le rôle des USA ; l'impossibilité d'une 3e guerre mondiale de type frontale ; crise monétaire et manipulation terroriste - Vidéo à 10.00, courtesy of agenceinfolibre

     

                            Conférence de presse du directeur du renseignement americain

     

                    Quelques mises au point : quand ce directeur du renseignement parle de "démocratie" il faut bien évidemment comprendre : soumission à l'Empire américain.

    A propos de la Russie : contrairement à ce qui est affirmé, la Russie n'est pas passée à l'offensive, elle est sur la défensive. La question de savoir " jusqu'où la Russie souhaite avancer" cache une autre question, la vraie question  pour les USA et ce directeur du renseignement : jusqu'à quel point la Russie est encore capable de défendre ses intérêts vitaux que nous, les USA, souhaitons menacer afin de l'affaiblir et de continuer de diviser et de contrôler les Européens.

     

                             Pour prolonger, cliquez : Daesh and Co... la guerre du pétrole

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  • « Merci patron » de François Ruffin : tel est pris qui croyait prendre

     

     

                       « Merci Patron » de François Ruffin (1), ce documentaire distribué par la SDI (société des distributeurs indépendants)… sorti le 24 février 2016, qualifié par "Le Monde diplomatique" de "film d'action directe", et par son auteur de "comédie documentaire" ou "thriller social" a pour trame ce qui suit : « Pour Jocelyne et Serge Klur, rien ne va plus : leur usine du Nord, qui fabriquait des costumes Kenzo (groupe LVMH) a été délocalisée en Pologne. C'est alors que François Ruffin, fondateur et rédacteur en chef du journal ironique et satirique "Fakir", frappe à leur porte. Il est confiant : il va les sauver. Entouré d'un inspecteur des impôts belge, d'une bonne soeur rouge, de la déléguée CGT, et d'ex-vendeurs à la Samaritaine, il ira porter le cas Klur à l'assemblée générale de LVMH, bien décidé à toucher le coeur de son PDG, le milliardaire Bernard Arnault. »

                       Dans la salle, ce vendredi-là, en fin d’après-midi, il était 18H, tous avaient plus de 60 ans ; et les femmes étaient majoritaires. Allez savoir pourquoi ! Sans doute est-ce parce que dans l’industrie de la confection, les femmes et leurs petites mains ont longtemps été les favorites des employeurs ?

    Manifestement, ce jour-là, ce sont les retraités qui ont choisi d’aller cauchemarder sur une réalité à rebours d’une vie qui n’est plus la leur : travail, cadences, menace du chômage, licenciement… Il est vrai que le danger d’hier à la fâcheuse habitude d’être vécu aujourd’hui avec une pointe de nostalgie car, une fois le malheur hors d’atteinte, bien des années plus tard, grande est la tentation de se dire : « Si avant c’était pas mieux, c’était quand même moins pire que ça en avait l’air ! »

     

                      Dans « Merci patron », Bernard Arnault sera sa tête de turc de Ruffin, une heure vingt durant. Pourquoi ce milliardaire, falot, sans charisme, physiquement « insignifiant », haut comme trois pommes, plutôt qu’un autre ?

    Mystère.

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                      Avec «Merci Patron », Ruffin tente de faire du "Michael Moore" avec deux bouts de ficelle. Contrairement à ce dernier, Ruffin n’a pas un physique – et parce que tout est important à l’écran ! -, qui lui permet de gagner notre sympathie dès les premières images et moins encore, de remporter notre adhésion sur la forme, et le fond… qui reste discutable comme on le verra. Car, chez Ruffin, tout est dans la dégaine ; une dégaine qui illustre une pensée bancale qui marche sur une jambe. En effet, Ruffin a la démarche de celui qui se croit debout alors qu’il est intellectuellement accroupi.  Pour cette raison, avec « Merci Patron », le Système peut dormir tranquille et l’Oligarchie mondiale n’a pas à craindre de croiser sa route… elle ne le remarquera même pas ; et si par malheur ce même Ruffin prend la parole… cette même Oligarchie aura sans aucun doute du mal à étouffer un fou rire irrépressible.

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                    Dès les premières images de « Merci patron », images sans relief à l'éclairage incertain, lumière blafarde… c’est le malaise : misérabilisme et ringardise suintent comme jamais… ils transpirent par tous les pores de la pellicule… on pense alors à Canal + et à Groland, et c’est le désespoir.

    Misérabilisme quand la misère fait la manche : Ruffin met en scène le couple Jocelyne et Serge Klur licenciés quelques mois plus tôt par LVMH, face caméra, suppliant Bernard Arnault de leur rendre leur travail : « Monsieur Arnault, reprenez-nous s’il vous plaît ! »; cette misère-là, c’est la misère d’un cinéma avec une écuelle posée par terre, auge à cochons : « A votre bon cœur Messieurs-dames ! » hurle le mendiant, entre deux numéros pathétiques d’acrobate sans métier ni talent.

    Avec ce couple "Jocelyne et Serge Klur" on pensera aux Deschiens bien évidemment mais sans le paradoxe de l’acteur de Diderot : cet acteur qui n’est pas ce qu’il donne à entendre ; pas plus qu’il n’est ce qu’il donne à ressentir ; alors que les Klur sont bel et bien ce qu’ils laissent paraître : pas de quoi sourire ou ricaner face à l'exposition de ce couple dans une mise en scène qui fait que très vite on sera tentés de se demander avec mauvaise conscience comment un groupe comme LVMH a pu un jour les employer …

    Après Groland, sans doute est-ce l’influence d'une Belgique proche - magazine télévisé Strip-tease oblige ! - sur un Ruffin originaire du Nord qui se fait sentir car ce dernier oublie un peu vite que la troupe des Deschiens c’est d'abord une écriture et une mise en scène au millimètre près ainsi qu'une immense capacité à produire de l’Art : l’art de l’incarnation et de la représentation – un mensonge qui dit trop souvent la vérité.

    Et puis ceci : combien de temps encore va-t-on accepter une représentation dégradante et humiliante des populations du Nord de la France ? Et le fait que des gens comme Ruffin ou Dany Boon soient originaires de cette région ne change à l’affaire : il l’aggrave tout au contraire.

     

                       A l’heure d’internet, canal de diffusion et de création sans précédent, le "machin" de Ruffin que d’aucuns osent appeler un film… est une véritable gifle adressée à tous ceux qui, depuis des années maintenant, ont soif de revanche sur un monde qui étouffe la moindre diffusion d'une information honnête car ce documentaire « zombie » à caractère néandertalien n’a ni l’art ni la manière de montrer et de démontrer quoi que ce soit sinon qu’il vaut mieux n’avoir rien à gagner pour n’avoir jamais rien à perdre : merci pour ce rappel !

    De plus… nonobstant ce qu’Internet est capable aujourd’hui de nous donner à entendre et à voir, ce cinéma-là, cinéma dit « militant », arrive difficilement à la hauteur – par exemple -, d’un documentaire des années 70 à propos de l’entreprise « Wonder » dans son authenticité et sa pertinence ; et moins encore à ce que le groupe Medvedkine et Chris Marker ont pu filmer du monde ouvrier à Sochaux et à Besançon, là encore dans les années 70.

     

                       Nous tous qui nous disons de gauche aurions mieux fait de nous méfier ; en effet, Ruffin a fait la une du New York Times ; son « film » est encensé par Télérama, les Inrocks, Marianne, France Inter, le Figaro, le Nouvelobs, radios et télés…

    Mais alors, depuis quand est-ce que la gauche fait l’unanimité dans les médias dominants, ceux de la « fausse gauche » y compris ?

    La réponse...

    Mais depuis que cette gauche traite les effets et non les causes, tiens pardi ! Et puis aussi : depuis que cette « gauche » se garde bien de nommer tous ceux qui, depuis, trente ans, ont précipité des millions de travailleurs européens dans un mondialisme qui n’est qu’une guerre contre les Etats-nations, l’Etat providence, le droit des  salariés, la liberté d’expression et la démocratie.

     

                       En prenant pour cibles Bernard Arnault et le groupe LVMH, force est de constater que le documentaire de Ruffin se condamne à ne traiter que les effets tout en passant à côté des causes car enfin :

    Qui a pensé le mondialisme ?

    Qui l'a rendu opérationnel ?

    Qui a permis cette mise en concurrence de tous contre tous tant à un niveau national qu'européen que mondial ?

    Qui sont ceux qui aujourd’hui soutiennent ce mondialisme ?

    Quel avenir politique possible pour ceux qui refusent de s’y soumettre ?

                        A toutes ces questions, aucune réponse ne nous mènera vers Bernard Arnault qui s'est simplement contenté d'aller là où l'argent ne coûte pas cher et là où il rapporte gros : "Bernard Arnault, vous avez dit Monsieur Ruffin ! Allez donc ! A aucun moment ce petit homme falot et malingre aurait pu penser le mondialisme !"

                        Mentionnons aussi le fait suivant : Ruffin c’est aussi  « Nuit debout » ; un mouvement à dormir debout ? Mouvement qui n'obtiendra très certainement rien comme d'autres ailleurs en Europe (et à Wall Street, pas davantage ! Un Wall Street un temps occupé et vite libéré) ; mouvement d'une génération dont une partie affiche un poing-levé d’une main, i-phone « made in China ! de l'autre » car, s’il n’y a pas de petits profits pour Bernard Arnault, toute économie est bonne à faire du côté des consommateurs ; et c'est alors que des pauvres équipent sous d'autres latitudes d’autres pauvres un peu moins pauvres qu'eux.

                        I-phone et LVMH-confection… la boucle est donc bouclée.

     

                        Pas de quenelle chez Ruffin… c’est sûr ! Pas d’attaque frontale non plus ; d’où l’unanimité des médias à l’encontre de "Merci patron" qui nous fera regretter sans l'ombre d'une hésitation, les films de Jean Yanne, ceux des années 70 : pensez seulement à "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" encore plus pertinent aujourd'hui qu'hier.

                        Et puis tenez : auprès de qui Emmanuel Macron est le plus populaire aujourd'hui ? Comme un fait exprès, il l'est auprès de ceux qui précipiteront en 2017, au deuxième tour d'une élection sans objet, la nomination du prochain Président d’une République européenne et mondiale, en attendant sa délocalisation sur la planète Mars ;  précisément les petits actionnaires de LVMH, ersatz de capitalistes,  figures archétypales dignes d’un électorat collaborationniste, jamais satisfait, hyènes aussi voraces que leur maître Arnault-LVMH, à leur échelle, certes, à leur petite échelle de mange-merde de l'actionnariat, et dont Ruffin prendra pourtant la défense en dénonçant le mépris de LVMH à leur égard à l’occasion d’une Assemblée générale.

     

                      La boucle bouclée... Tel est pris qui croyait prendre !

     

     

    1 - François Ruffin (né 1975) est un journaliste fondateur et rédacteur en chef du journal dit d’extrême gauche Fakir ; il écrit aussi dans Le Monde diplomatique. Sept années durant, il a participé à l'émission de France Inter Là-bas si j'y suis de Daniel Mermet, producteur de l'émission.

    2 - Bernard Arnault, né 1949, est propriétaire du groupe de luxe LVMH et du holding Christian Dior. Il est la 10e fortune mondiale en 2013 avec un patrimoine estimé à 29 milliards de dollars.

     

     

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  • Boualem Sansal, plus qu'un auteur : un leurre phénoménal...

                    "... la vérité de ces intellectuels maghrébins qui ont décidé de jouer les supplétifs des pires ‘’penseurs’’ néo-conservateurs français. Dans leur croisade du choc des civilisations, il leur faut du renfort basané. C'est bien connu, le colon a toujours besoin de son bon nègre, de son indigène alibi. Y a bon Banania. Dans cette guerre faite aux Arabes et musulmans, où à la tourelle, son char à pédales BHL (Bernard Henri Levy) se rêve en Patton, un nommé Kamel Daoud va être recyclé par les élites de Paris et qui, lui-même, était un militant barbu du FIS (front islamique du Salut)…"

                           -   Ahmed Bensaada

     

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             Boualem par-ci, Boualem par-là, omniprésent depuis la publication de son roman "2084, la fin du monde", interviews radios, télés, presse papier et internet sans nombre, le dernier roman de cet auteur a pour sujet...

    "Devinez !

    - ................

    - Allez !

    - L'isl...

    - Oui, c'est ça... encore un effort !

    - L'islamisme ?

    - Bingo !"

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                "2084 - la fin du monde" est une fable sur l’islamisme et l'Algérie. Après Houellebecq, l'auteur prophétise la soumission du monde à l'Islam.

     

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                 Comme un fait exprès, dès sa venue en France pour présenter son dernier roman, toutes les mouches à m**** et atlantistes des médias se sont ruées sur lui, caméra et micro en mains, même si, d'interview en interview (ICI sur bibliobs), il demeure difficile de suivre et de comprendre le positionnement de cet auteur qui, vivant en Algérie, déplore, sur LCP dernièrement, l'arabisation de l'Algérie dans les années 80.

    Mais alors, est-ce que cet auteur ignore qu'une Nation c'est une langue ? Ou bien, souhaitait-il que l'Algérie garde la langue de son colonisateur ? 1000 ans d'histoire et plus à la poubelle contre 150 années de colonisation de langue française ?

    On peut sans difficulté imaginer les réactions, ici en France, suite aux propos d'un auteur français interrogé sur un média allemand qui regretterait que la France n'ait pas gardé, une fois libérée en 1944, la langue de l'occupant.

     

               Grande est la tentation de recommander à Boualem Sansal de quitter l'Algérie puisqu'il pense manifestement qu'on y trouve trop d'Algériens arabophones ! D'autant plus que dans cette même interview, Sansal n'a pas assez de mots pour nous dire à quel point il admire la langue française.

    Soit. La langue française c'est en France que ça se passe. Qu'il s'y installe donc. Toute la caste médiatico-littéraire l'accueillera à bras ouverts. Nul doute ! D'autant plus que... taper sur les Musulmans est la garantie d'une ascension sociale à grande vitesse : prix littéraires, repas à la Closerie des Lilas aux frais des éditeurs subventionnés ras la gueule...

    Aussi, soyez le bienvenu Monsieur l'auteur algérien francophone et francophile qui souhaite filer droit avec l'Occident.


              Très confus dans ses analyses, à l'écoute de cet écrivain, force est de constater ceci : n'est pas Orwell qui veut (rapport au titre de son ouvrage 2084 en écho à 1984 ) ! De plus, pour avoir raison dans cent ans, il vaut mieux avoir raison de son vivant ; ce qui fut le cas d'Orwell qui dénonçait le "Big Brother soviétique" dès 1949, année de parution de son ouvrage "1984" qui traite du totalitarisme. Or, aujourd'hui, et contrairement à la thèse de l'auteur, ce n'est pas l'Islam qui domine l'Europe et le monde mais bien plutôt une oligarchie militaire, financière et culturelle sous le leadership des Etats-Unis.

              Alors, pour sûr ! Un leurre phénoménal toute cette effervescence médiatique autour de Boualem Sansal ! Un leurre qui cache  des millions de morts musulmans sous les bombes et les embargos occidentaux de ces vingt dernières années. Un leurre pour mieux nous inoculer le poison d'une diversion qui arrive à point nommé car la cible de ces médias ce n'est pas cet auteur - idiot utile de stratégies qui dépassent manifestement son talent littéraire -, mais nous tous, à la fois téléspectateurs et spectateurs crédules et de bonne foi. Un leurre censé détourner l'attention à propos de deux fléaux : la guerre faite à des peuples le plus souvent sans défense situés autour des routes d'acheminement des matières premières dans le dos d'une autre guerre savamment et délibérément entretenue, guerre intestine entre les Musulmans - Chiites, sunnites, pouvoir, influence, domination, Iran contre Arabie Saoudite ; second fléau : un mondialisme sous le leadership non pas des Musulmans (la bonne blague !) mais des USA et de Wall street : domination économique, culturelle et militaire. Un mondialisme tombeau de l'Europe, une Europe non pas en tant qu’entité ethnique mais en tant que puissance mondiale capable de déjouer la tentative de destruction de notre civilisation par un leadership à la solde d’un capitalisme sans identité sans foi ni loi.

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    Pour prolonger, cliquez : la conquête islamique : mirage et mensonge

     

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  • William Morris : un homme de son siècle... à venir.

     

                Avant de s’engager vers la quarantaine dans les mouvements sociaux qui agitent l’Angleterre de la fin du XIXe siècle, William Morris (1834-1896) connut la notoriété comme poète puis en tant que protagoniste du mouvement « Arts and Crafts » dont le programme d’une unité à retrouver dans la conception et la production des objets usuels et du décor matériel de la vie fut une source d'inspiration pour nombre d’avant-gardes ultérieures.

    Son engagement prendra pour cibles l’Architecture,  les arts appliqués, l’économie, l'éducation et l’histoire  dans le cadre d’une pensée socialisante : « Certaines personnes pensent que le confort d’une maison bourgeoise constitue l’essence même de la civilisation et que leur jouissance est ce qui sépare cette civilisation de la barbarie. S’il en est ainsi, adieu mes espoirs ! Car j’ai toujours pensé que civilisation signifiait : conquête de la paix, de l’ordre et de la liberté ; une vie libérée de la peur et de la lâcheté mais riche en événements, et non le culte d’une différence toujours plus aiguës entre les classes ».

     

                     Transposé aujourd’hui, difficile de ne pas penser à cette mondialisation qui n’est qu’une guerre contre les salaires, les droits sociaux et la démocratie.

     

    Reprenant  certaines thèses de Charles Fourier, William Morris ira jusqu’à dénoncer le règne de ce qu’il nommera « l’esprit du commerce » : « Aujourd’hui l’altération, la fourberie dominent partout. Le cultivateur est devenu aussi fraudeur que l’est le marchand. Tout est falsifié. La multitude des pauvres ne peut plus se procurer de comestibles naturels ; on ne lui vend que des poisons lents tant l’esprit du commerce a fait des progrès jusque dans les moindres villages ; et c’est la chimie qui donne les moyens de dénaturer toutes  les denrées. Tout n’est alors que travestissement  et c’est sur le pauvre que s’exerce la gargote chimique.»

     

                      On pensera à la mal-bouffe et aux documentaires de Marie Monique Robin sur la domination des multinationales de l’agroalimentaire.

     

    A propos de la transmission des savoir-faire, William Morris écrira : « Les progrès de la dégradation sont manifestes car, s’il subsistait encore quelques bribes de tradition chez les artisans du XVIIIe siècle, la division du travail a maintenant tout avili depuis l’architecte jusqu’au manœuvre ; le niveau de qualification étant tombé beaucoup plus bas  à la grande satisfaction d’une industrie de la camelote : « Manger serait fort ennuyeux pour des gens sans appétit (c'est-à-dire ignorant le plaisir de manger) ; il en va de même de produire des objets sans art ( c'est-à-dire en se privant du plaisir de produire) ; ce plaisir qui adoucit  le labeur, la nature elle-même nous invite à le rechercher et à long terme, l’humanité le trouvera indispensable. »

    Tout en poursuivant : « L’éthique du négociant veut qu’il donne toujours aussi peu que possible aux consommateurs et qu’il leur prenne toujours plus. L’éthique de l’artiste veut qu’il mette le plus possible de lui-même dans tout produit de son activité. Le négociant mène une guerre contre l’artiste : les marchandises qu’il vend doivent être fabriquées autant que possible au moyen d’instruments privés de désirs et de passions, par des machines automatiques dont on attend une qualité propre à une indifférence mécanique avec ou sans le concours de l’individu.

    Les artistes se retrouvent alors marginalisés et la transmission de leur savoir-faire en danger car « cette corporation ne connaît plus le travail artistique pratiqué en commun. Leur isolement constitue un obstacle de taille au progrès de leur formation car la tradition coopérative place l’artiste dans une position où il acquiert une multitude de tours de main grâce au travail fertile et généreux d’innombrables générations antérieures. »

     

                      Arrive alors l’âge de l’Ersatz : le règne sans précédent de la falsification, du succédané, du « sous-équivalent », de la copie et du substitut.

    C'est au choix. Faites votre choix ! Tours de passe-passe... en veux-tu, en voilà !

     

    William Morris, lucide, nous fera remarquer que seuls deux types de marchandises échappent à cette falsification : l’armement pour lequel on déploie une ingéniosité fantastique confinant au génie ; et l’ensemble des machines-outils nécessaires pour la production marchande dont   la finalité même n’est qu’un ersatz, un grand ersatz général que l’on nomme civilisation : ersatz d’habitation, ersatz de travail, ersatz de relations humaines, ersatz de loisirs...

    Art, Culture (avec et sans majuscule)… tout y passera jusqu’à la démocratie et la liberté d’expression sous le contrôle de médias ersatz d’information, d’objectivité, de pluralisme et de tolérance.  

    Aussi, rien de surprenant que seuls demeurent dans les mémoires, même par bribes et sans chronologie : Homère, Shakespeare, Dante, Cervantès, Florence, Venise, la peinture flamande, Picasso, Dali, Victor Hugo, Fellini, Copernic, Aristote, Poincaré,  Descartes, Newton, nos Cathédrales… ce qu’il convient d’appeler : le génie européen.

     

                       A propos de cet âge de l'ersatz, William Morris avancera l'explication suivante : « La raison pour laquelle nous créons tous ces ersatz est que nous sommes trop pauvres (d’esprit, de mémoire, de culture, d’invention, de moyens) pour vivre autrement. Trop pauvres pour vivre avec la nature, trop pauvres pour habiter des villes et des maisons conçues pour et par des honnêtes gens, trop pauvres pour empêcher nos enfants de grandir dans l’ignorance, trop pauvres pour détruire les prisons et les hospices, maisons de retraite et autres mouroirs… trop pauvres pour donner à chacun la chance d’exercer l’activité pour laquelle il a le plus de capacités. Trop pauvres pour que règne la paix ».

    Ce qui rejoint aujourd’hui les statistiques quant à la répartition de la richesse mondiale : Moins de 10 % de la population mondiale détient 83 % du patrimoine mondial, alors que 3 % vont à 70 % des habitants. L’Amérique du Nord et l’Europe en possèdent 65 %.

     

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  • Alain de Benoist, à propos du libéralisme et du populisme

     

                  Libéralisme économique dit de droite, libéralisme sociétal dit de gauche... Alain de Benoist nous rappelle (avec Michéa)  que ces "deux" libéralismes n'en sont et n'en font qu'un ; ils sont les deux faces d'une même pièce de monnaie : dissociables mais inséparables car interdépendants, l'un conduit à l'autre, l'un mène à l'autre, l'un naît de l'autre et vice versa.

    Pour ce libéralisme économique et sociétal, l'individu précède la société ; il passe avant ; il n'y a pas de communauté nationale, il n'y a pas de Nation, pas de frontières, il n'y a que des individus qui ne sont en aucun cas dans l'obligation de "faire société", l'individu demeurant la seule valeur d'évaluation.

                      Et c'est alors qu'il n'y a plus de droite ni de gauche ; il n'y a plus que le Peuple (les Peuples) face à des élites mondialistes au service d'une guerre contre  la démocratie, la liberté d'expression, les droits et les salaires.

     

     

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            "Le Peuple est une réalité vivante dont l'être-ensemble est politique. Cet être-ensemble populiste est un être qui réagit à la place vide de la direction politique ; il correspond à un moment de la vie des démocraties où le Peuple se met à contre coeur à faire de la politique car il désespère de l'attitude des gouvernants qui n'en font plus. Le populisme est l'aspiration non encore réalisée de ce désir de politique."

     

                                      Vincent Coussedière

     

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    Pour prolonger, cliquez : Penser la politique aujourd'hui avec Michéa

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  • Karl Marx, encore et toujours historien et prophète !


    Francis Cousin 

     

    Marx, qui n'était pas marxiste, n'avait pas d'analyses assez dures contre la marchandise et le salariat.

                

                      "À partir de Marx – Pour une compréhension radicale de la crise du capital et pour l’abolition révolutionnaire de l’économie et de la politique. "

     

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    Pour prolonger, cliquez : Marx, un humanisme

     

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  • Vers une société d’abondance frugale

    Contresens et controverses sur la décroissance 

     

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     Dans cet ouvrage Serge Latouche convoquera à la barre Paul Lafargue, Marcel Gaucher, Ivan Illich, Paul Ariès, Yves Cochet, Cornélius Castoriadis, André Gorz et bien d’autres encore pour plaider la cause des objecteurs de croissance.

     

    Seul projet politique capable de redonner sens à la gauche, la décroissance se fonde sur la critique radicale du libéralisme économique et renoue avec l’inspiration originelle du socialisme.

     

    « Même si nos regrets sont directement proportionnels aux excès du progrès », on ne reviendra pas en arrière pour autant car il s’agit tout simplement de cesser d’aspirer à une croissance illimitée du PIB.

     

                 Baudrillard avait déjà tout compris lorsqu’il expliquait : « La croissance  produit des biens et de besoins mais elle ne les produit pas au même rythme. Il en résulte une paupérisation psychologique, un état d’insatisfaction généralisée qui définit la société de croissance comme le contraire d’une  société d’abondance. »

     

    Et la conclusion suivante s’impose déjà à nous pour peu que l’on y réfléchisse de très près : « La véritable pauvreté réside dans la perte de l’autonomie et la toxicodépendance au consumérisme. Aussi, être dépendants signifie être pauvres ou misérables ; en revanche, être indépendants c’est accepter de ne pas s’enrichir ».

     

     

                  Avec la décroissance, nous sommes en présence de quatre facteurs :

     

     

    1 – Une baisse de la productivité théorique globale : rejet des techniques polluantes, de l’usage abusif des énergies fossiles et de équipements énergivores.

     

    2 – La relocalisation des activités et l’arrêt de l’exploitation du Sud.

     

    3 – La réorientation des emplois vers des secteurs d’activité écologiques.

     

    4 – Changement de mode de vie par la suppression des besoins inutiles et superfétatoires.

     

     

                   La recherche scientifique, comme le souligne André Gorz, sert le complexe industriel technoscientifique ; elle n’a le plus souvent aucun souci de l’intérêt général.

     

    Castoriadis quant à lui, réalise très tôt « qu’il nous faut une véritable démocratie instaurant des processus de réflexion et de délibération le plus larges possible ; une démocratie disposant d’une véritable information  lui permettant d’exercer un jugement sûr car il est illusoire de penser que l’on peut sortir du productivisme sans restaurer la démocratie, et plus encore lorsque l’on sait que tous les débats autour du nucléaire, des OGM et des nanotechnologies sont truqués et les référendums refusés. »

     

    C’est sûr : un projet politique démocratique radicale est indissociable d’un projet écologique basé sur la décroissance car un tel projet se heurtera fatalement des intérêts privés colossaux.

     

    Pour cette raison, le projet « décroissance » s’inscrit inévitablement  dans celui d’une émancipation de l’humanité et de la réalisation d’une société autonome par une maîtrise rationnelle non pas de la nature par l’économie et la technique mais de nos besoins par une redéfinition de ce qui doit être produit, comment, où et à quelle fin.

     

     

                 Paul Ariès rappelle que le pétrole et le nucléaire du Parti socialiste comparés à celui de l’UMP ne sont pas plus écolo. La sortie du productivisme est donc nécessaire car la croissance et le développement  sont croissance de l’accumulation du capital, exploitation de la force de travail et destruction sans limite de la nature.

     

    Arrive alors sur le tapis, le sujet ou le problème, c’est selon, de la surpopulation  car « si tout le monde vivait comme les Australiens, d’ores et déjà, le monde serait surpeuplé et il faudrait éliminer les neuf dixièmes de la population car on ne pourrait pas faire vivre plus de 500 millions de personnes. » Aussi, qu’il y ait 10 millions ou 10 milliards d’habitants…  la dynamique  de l’économie de marché capitaliste dévorera toute la biosphère.

     

    Inutile de nier ou de tourner autour du pot : l’espèce humaine doit impérativement trouver au plus vite les moyens de stabiliser sa (sur)population : « La question est de savoir si cette stabilisation sera imposée par les événements, par des politiques autoritaires, par des méthodes fondées sur la coercition, voire sur la barbarie : avortement obligatoire, infanticide, criminalisation de l’immigration, personnes âgées considérées comme un poids insoutenable, retour de la peine de mort pour éviter une population carcérale trop importante… etc…»

     

     

               Persévérer dans le mythe de la croissance comme aujourd’hui, c'est-à-dire dans le maintien d’une société de croissance à la recherche d’une croissance disparue, c’est se condamner à l’austérité imposée, et par voie de conséquence, à la combinaison la plus injuste du gaspillage dans la pénurie : nous sommes déjà dans une inégalité scandaleuse puisque moins de 20% de la population consomment  86% des ressources de la planète.

     

    De plus, il n’y a  rien de pire qu’une société de croissance sans croissance ; elle n’engendre que chômage et pauvreté : précisément ce qu'il nous est donné de vivre depuis près de trente ans. Et une mondialisation qui n’est qu’une guerre contre les salaires, les droits sociaux, les Etats providence et la démocratie ne nous sera d'aucun secours non plus.

     

    Il faudra donc aussi changer de mondialisation.

     

     

                  Reste la question épineuse : comment mettre en œuvre cette société d'abondance frugale tout en se donnant les moyens de contrer « une cosmocratie mondiale regroupant les oligarchies économiques et financières qui, sans décision explicite, vide la politique de sa substance et impose ses volontés. Tous les gouvernements sont les fonctionnaires généreusement rétribués du capital et les instruments de la petite internationale des nouveaux maîtres du monde.»

     

                 Si tout est dans l'exécution - mise en oeuvre... (baïonnettes et guillotine ?) -, la bataille sera rude.

     

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  • L'anti-fascisme de théâtre et la dictature de la marchandise par Francis Cousin


                  "La conscience révolutionnaire est d'abord un acte d'intelligence et d'élucidation"



    (courtesy of... Cercle des volontaires)


     

             Marx, Orwell, Guy Debord et... last but not least... le Christ

    contre la dictature mondiale des marchands

    et retrouver la communauté humaine du "produire" humain.


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    Francis Cousin, L’Être contre l’Avoir. Pour une critique radicale et définitive du faux omniprésent…, Le retour aux sources, 2012.

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