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cesar

  • FIAC 2016 : comment en finir avec l'art contemporain ?

     

                         

    FIAC GRAND PALAIS & HORS LES MURS

     

    20-23 OCTOBRE 2016

     

     

                     Combien de temps encore devra-t-on supporter cet art sans Art, cet art contemporain fossoyeur de l'Art moderne ?

                 

     

    ***

     

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    FIAC 2016

     

     

    " Quand j'entends le mot Culture*, je sors mon révolver ! "

                        Baldur von Shirach, chef des Jeunesses hitlériennes

     

     

    * dans toutes les acceptions du mot : art, histoire, philosophie...

     

     

    Billet rédigé en octobre 2011

     

     

                         Que peut-on raisonnablement attendre d’une société dont les élites culturelles ont fait le choix de troquer, entre autres sculpteurs… Rodin, Lambeaux et Meunier, contre des patrons de casses-autos-compresseurs (César ; Arman) ; et ce sans demander l’avis à qui que ce soit ?

     

     

     

     ____________________

     

     

               Comment ignorer aujourd'hui le fait que nombre de professionnels de l'Art contemporain - directeurs de musée et/ou de centres d'Art (financés et rémunérés par le contribuable), commissaires d'expositions, critiques d'art, les DRAC et les journalistes ont lamentablement échoué dans leur mission…

    Car, à défaut d'être des passeurs de culture, nombreux sont ceux qui se sont contentés d'être les relais serviles d'agences de relations publiques, de créations d'événements, de publicité, de marketing qui sont à la production artistique ce que le film publicitaire, le clip, le design, Disneyland et le parc Astérix sont à l'Art et qui ont pour mission première, sinon unique, de fabriquer, d'entretenir et de promouvoir l'image de camelots, de bonimenteurs, de montreurs de foires, gesticulateurs puérils, immatures, fumistes, anecdotiques, infantiles, égoïstiques... abusivement appelés : artistes...

    On pourra aussi et sans risques, les accuser d'être jour après jour, les complices de la dé-culturation et de l'abrutissement des masses laissées sans repères, et auprès desquelles on aura déconsidéré pour longtemps l'Art contemporain (qui vraiment, n'en avait pas besoin !!!), avec de soi-disant artistes cotés à plusieurs millions de dollars et à ce prix, de confondre l'Art avec l'industrie du divertissement... et du luxe, en l'occurrence.

    On parlera de leur culot, depuis plus de quarante ans, quand sans honte et sans rire, ils nous affirment qu'ils ont le devoir de nous faire connaître des productions reflets de notre époque - époque qui sera toujours, tout comme son Art, beaucoup plus que ce que l'on croit avoir compris d'elle, qui n'est, le plus souvent, que ce qu'on souhaite nous donner à comprendre, ou bien, seulement ce que l'on est capable de saisir d'elle...

    Et puis enfin, on ne manquera pas de garder à l'esprit qu'il se pourrait bien qu'ils aient été les saboteurs, les avorteurs de jeunes ambitions intimidées ou bien découragées - sinon dissuadées -, face à l'incurie des codes de la représentation et de la communication dite artistique et contemporaine et de leur maîtrise sans laquelle tout espoir d'être ne serait-ce que diffusé ou exposé, s'évanouit à jamais.

    Alors...

    Pour tout ce gâchis humain et artistique... réclamons une minute de silence...

    Sinon, l'éternité.

     

    ***

     

     

     

     

    John Houck - Untitled #236

     

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               Confrontés à toutes ces figures d’une scène prétendument artistique, créateurs aux installations dont les concepts feraient hurler de rire un cheval, énergumènes bavards comme il n'est pas permis, et alors que l'Art est l'incarnation même d'une pensée tacite...

    A quand donc une critique et une histoire de l'Art qui relèveraient de l’invective, de l’insulte et du crachat face à l'affront (quand ce n'est pas l'outrage) qui nous est fait, saison après saison, exposition après exposition, installation après installation, toutes plus indigentes les unes que les autres, foutoirs indescriptibles dans lesquels l'infantilisme côtoie le plus souvent le trivial qui côtoie le puéril qui, à son tour, embrasse l'anecdotique, le tout noyé dans un océan d’intentions aussi immatures qu’incompétentes et/ou jean-foutres...

    Mille événements - en veux-tu, en voilà ! - proposés par des commissaires, dans le meilleur des cas, carriéristes, et dans le pire, tragiquement incultes, bardés de diplômes d’universités-dépotoirs et d‘Écoles nationales dans l'impossibilité de refuser quiconque se présente avec en poche un sésame qui a pour nom : Bac

     

                   Disons les choses...

                   Toute cette production tapageuse mais vaine, c'est Warhol (1) qui a triomphé de Picasso, César de Rodin - un Rodin qui pourtant avait pris soin d’ouvrir en grand toutes les portes qu’un César s’est empressé de refermer sur un univers concentrationnaire...

    Tout ce ramdam, c’est aussi - dans une longue liste qui n’épargne aucun art ni aucune discipline -, John Cage qui a triomphé de Pierre Boulez, un BHL de tout philosphe digne de ce nom...

    Et pour finir - un malheur n‘arrivant jamais seul -, c’est aussi Mitterrand et le PS qui ont triomphé de Jaurès...

    Le chanteur Renaud de Léo Ferré...

    Le Rock du Blues...

    Laurent Joffrin et Jean-Pierre Elkabbach du métier de journaliste.

     

     

    Matthias Dornfeld  - 2012

     

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    ***

     

               Quand cessera-t-on de penser que l'Art est mort avec la Seconde guerre mondiale et ses 60 millions de victimes mais pas le "Pop art" animé par des artistes-commerçants ?

     

    Un art intransmissible parce que...sans métier cette production auquelle il nous est demandé d'adhérer ou bien, de nous taire et de disparaître. Car enfin... allez transmettre des peluches, des homards, des pouces et des concepts qui feraient hurler de rire n'importe quel étudiant en 1ère année de philosophie, et même nos penseurs les plus pusillanimes et les plus indulgents !

                Mais… voici que des voix se font entendre ; elles nous demandent de ne pas nous inquiéter car, personne ne nous demandera des comptes puisque ce qu’on ne vous a pas transmis ne peut en aucun cas vous manquer, à savoir : un art d’aujourd’hui... pour demain ; un art qui renvoie aussi à hier, comme pour nous rappeler d’où l’on vient et sans qu'il ait été nécessaire d'y être allé ni d‘en revenir.

     

    Signe des temps ou maladie d'une époque : on ne compte plus les artistes dont… ce qu’on appelle l’œuvre restera sans héritier ; rien de surprenant en la matière puisqu’il s’agit le plus souvent d’une oeuvre sans héritage.

     

    Certes ! Tel ou tel artiste aura été le premier à y penser (?!) et sans aucun doute le dernier, même si après coup, on sera bien en peine de déterminer sur un plan artistique et historique ce à quoi l’artiste en question aura pensé et ce qu’il nous aura légué.  

     

    Quant aux discours autour de tout ce tapage ... ils nous rappellent que l’on peut créer du discours autour de tout et de n'importe quoi ; il suffit pour cela d'être un bon discoureur ; ce que sont nombre d’intervenants dans le milieu de l’art, manifestement : discourir ou travailler, il faut choisir ! Ils ont choisi et avec eux tous les intervenants de la scène "artistique" contemporaine : Etat, ministère, collectivités, fonctionnaires, médias et critiques.

     

                     Querelle des Anciens contre les Modernes ? Grande bataille des idées neuves contres des idées anciennes ?

    Encore faut-il qu’il en soit question.

    Mais alors, cet art sans idée, sans art ni artiste sert quel Art ?

    Il n’y a pas si longtemps encore, l’Art nourrissait spirituellement et intellectuellement l’homme ; alors que depuis les années soixante et le pop art, (pour ne pas le nommer) l’art (du moins, celui qui nous est proposé) a non seulement perdu sa majuscule, mais il semble n’avoir qu’un souci : affaiblir l’homme jusqu’à l’avachissement.

    Avec Marcel Duchamp, on avait l’audace, le courage, une radicalité assumée et salutaire ; le flair du prophète, mais aussi : l’hilarité et le scandale, le tout encadré par une technique , un savoir-faire et un métier.

    Aujourd’hui sans vision, la production de ces poseurs que l’on nous impose, ne dépasse guère le plus souvent le cadre des toilettes et/ou celui d’une chambre à coucher aux murs tapissés de jeunes filles en fleurs ; le nombril aussi, et plus bas encore mais... jamais plus haut.

    Faut-il leur rappeler à tous que jamais les artistes n'ont été égocentriques mais... absorbés, préoccupés, habités, obsédés par leur Art, précisément ce qu'ils portent en eux qui est... comme un fait exprès, ce qu'ils se proposent d'offrir au monde et de partager avec lui.

     

    Distinguo important.

     

    A la trappe l’Universel ! Fini l’Art qui permet de sortir de soi mentalement ou géographiquement.

    Non ! Aucune vision digne de ce nom : celle d’un monde pour demain ; artistes visionnaires, novateurs et précurseurs.

    Pire encore, on cherchera en vain un savoir-faire pour défendre quelle que valeur esthétique que ce soit : efforts et travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration, témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus...

    Car, cette exigence-là nous restitue ce qu'il ne faut jamais abandonner : le goût de l’effort et le toucher immédiat de l‘esprit qu‘est le talent lorsqu'il s'appuie sur une ascèse indéfectible et un Art de force, de témérité et de victoire.

     

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    Installation

    Petra Koelhe & Nicolas Vermot-Petit-Outhenin - Blue skies becoming almost black - 2015

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    1 - Il faut le dire et le redire : le pop-art, c’est de la pop music ; musique pop qui n’a bien évidemment rien à voir avec Bach, Beethoven, Wagner, Debussy, Stravinsky et Boulez... ni avec Michel-Ange, Picasso ou Dali pour le dessin, la peinture et la sculpture.

    Le Pop-art c’est un film avec Julia Roberts et Richard Gere ; rien d'équivalent à Fellini ou à  Tarkovski. Le pop-art c’est un roman de Levy de Musso ou de Beigbeder et sûrement pas une oeuvre de Proust, de Céline ou de Kundera.

    Qu'à cela ne tienne ! On nous présente les acteurs-animateurs de cet art contemporain, Pop-art en tête, qui occupe 80% de la couverture médiatique de l’actualité de l’art tout court, comme s’il s’agissait de Boulez, de Tarkovski ou de Kundera… sous prétexte que des journaleux sortis ou non d’écoles dites d’Art où plus rien n’est enseigné, n'ont tout simplement pas idée ; et puis aussi et surtout, parce que le fric est dans le pop-art comme le fric est dans la pop-music !

    Et pour l'avoir intégré, tous savent ceci : il n'y a pas de carrière pour quiconque s'avise de remettre en cause cet art contemporain dans ses fondements.

    A ce sujet, merci de vous reporter à Baudrillard dans "Le complot de l'art" - 1996

     

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    Pour prolonger, cliquez : Les dissidents de l'art contemporain ainsi que

     Les mirages de l'art contemporain

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  • Contre Sénèque : l'éloge de "La Colère"

     

                   Victime de la colère de Caligula puis de son successeur, Claude, dans le livre III de « La Colère » (titre original : De ira), Sénèque, exilé en Corse, ne pourra que condamner cette colère chez les Césars, Empereurs de Rome (il en aura connus ou « subis » cinq) ; mais pas seulement chez ces derniers : il déconseillera la colère à l’esclave car, en bon stoïcien qu'il était, Sénèque était d’avis que « … l’on ne se révolte pas pour le seul bénéfice d’une souffrance plus grande encore », refusant même d’accorder à l’amour-propre la moindre considération.

                 En revanche, Aristote vantait la colère comme un aiguillon nécessaire et efficace. Aussi, qu’il soit permis ici de faire l’éloge de La Colère : celle des humbles, des sans-grades et des humiliés contre la colère d’un notable aux ambitions sociale et politique contrariées, comme ce fut le cas de Sénèque.

     

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               On aura beau chercher à nous expliquer comment on extirpe la colère ; à défaut, comment on y met un frein, comment on la réprime et la refoule quand son torrent menace de tout emporter...

    Pour la juguler, d’aucuns comptent sur le temps qui guérit bien des maux ; d’autres jugent ce remède trop lent car la colère, impétueuse, emportée par elle-même, avance à pas de géant.

    Si nul âge n'en est exempt, néanmoins, rien n’est plus difficile que de cultiver cette colère - de « rester en colère » -, jusqu’à un âge avancé car plus on vieillit plus on est tenté de baisser les bras : la résignation puis la soumission guettent,patientes : en effet, tôt ou tard...

    Et c’est déjà la mort, cette résignation et cette soumission ! Son anti-chambre, pour sûr ! car la grande faucheuse n’est alors, elle non plus, jamais bien loin.

     

               La colère n’est pas une manifestation de faiblesse. Élan, ardeur, elle croît du fait des obstacles : ceux dressés par l’injustice et l’arbitraire. Elle sévit là où la loi commande aussi bien que là où la force fait le droit. Des foules ont marché en masse sous son drapeau sans rien craindre, se jetant au devant d’innombrables périls.

    La colère est la plus constructive des frénésies.  Sans elle, aucune victoire n’est permise, ou bien alors... que l’on nous cite un Peuple,un seul, qui ait renoncé à la colère et qui n'ait pas été livré à un arbitraire plus insoutenable encore ? Humiliation accrue pour toute victoire et pour toute récompense.

    Aussi…

    Malheur aux Peuples qui n’ont pas connu la colère ! Esclaves ils sont, esclaves ils demeureront !

     

                Vertige effréné, flétrir la colère, cet utile auxiliaire de tous les combats, c’est faire l’éloge de la servitude.

    Rien de ce qui relève de l’humain n’est étranger à la colère ; la colère est le propre de l’homme, et le rire n’est que la manifestation de son triomphe. Se priver de la colère, c’est désarmer l’âme, lui ôter son élan et c’est se condamner à l’inertie.

    Dard enfoncé dans le flanc de la conscience humaine et de sa condition, la colère ne confie sa vengeance à personne d’autre qu’à celui qui la porte : l’exécuteur.

    Feux autour des places, supplices, rien n’est comparable à la fureur de la colère, et rien ne réjouit autant que son visage menaçant ; visage pourpre, d’une teinte sanglante, impatient de dévorer une proie qui déjà exhale les restes de sa vie : en seconde et en poids de chair humaine.

    Respiration entrecoupée, agitations, exclamations, des hommes les plus sages, les plus éclairés l’ont cultivée et entretenue jusqu’à  l’embrasement.

    Sans la colère, pas de liberté. Vertu tournée contre tous les vices, la colère ne coûte cher qu’à celui qu’elle prend pour cible. On ne peut la ramener qu’à une seule raison : frapper encore plus fort.

    Voyez ! Par la colère, un père est fier de son fils, un enfant fier de ses parents, un époux fier de son épouse.

     

               La colère surpasse toutes les vertus.  Si les guerres sont l’expression de la force des oppresseurs, la colère d’essence plébéienne est l’explosion de la révolte des humiliés.

    Soulèvement de l’amour-propre, la colère est le plus haut des sentiments : elle rassemble les nuages, éclate en tempêtes, tourbillonne en un cyclone.  Rien au-dessus car la majesté l’accompagne. 

    Où trouver une telle majesté chez l’homme résigné et soumis ? Ne cherchez pas ! Vous ne trouverez rien, sinon... l'abaissement et la laideur de la soumission.

    Aucune vertu à souffrir par humilité ni à tolérer l’outrage par humanité donc.

     

                  Adapter ses forces aux obstacles, et ses moyens au but, la colère ne s’épuise alors jamais. Laissons à la colère le plus de liberté possible sans chercher à modérer son intempérance. 

    Jaillissant en traits de flamme, bouleversant toute la condition humaine, avec la colère, l’intention est tout, et l’acte n’est rien.

    La colère n’ignore aucune injure.  La colère vient à nous, tout comme nous qui venons à elle... elle qui nous attendait, qui nous espérait comme aucune autre. C’est la plus fervente et la plus chaleureuse des maîtresses. Quand elle survient, impossible de la repousser. Elle nous attire, tout comme nous la charmons.

    La colère appelle aux armes. La colère n’amortit rien ; elle éclaircit le nuage qui offusque la bienséance.  La colère n’abandonne rien au temps car seul le flux et le reflux du présent importent.

    De colères, n’en refoulons aucune. Permettez tout à la colère car tel est son souhait. Contentez-la !

     

              Vaincre la colère c’est refuser de vivre debout, en homme libre ; c’est  se soumettre à l’oppresseur. 

    A la fois ordre et commandement, face à la colère, ne réclamons le secours de personne. Bien au contraire : accompagnons-la  jusque dans ses dernières témérités…

     

                La colère est une plainte qu’arrachent les grandes injustices. Seule la colère ouvre la voie à la liberté, jamais la servitude. La colère est courage. Succédant à la réflexion sans l’inspirer entièrement - même s’il est bon que la colère puisse être à la source de tous les questionnements -, la colère n’accroît aucun tourment car elle est bel et bien l’unique allégement des souffrances les plus vives.

    Seul le complot frappe de nuit ; la colère, elle, frappe en plein jour.

    La colère ne connaît le pardon qu’une fois l’adversaire terrassé.

    La résignation est un vice qui encourage tous les vices. La colère est une vertu qui se propose de donner l’exemple : celui d’une « saine colère » car la colère n’est ni rancune ni vengeance, elle est jugement. Face à la surdité de la tyrannie, la colère est donc bien la meilleure des conseillères.

    La colère n’est pas ébranlement de l’âme mais sa résurrection et son affermissement  car elle sert à la fois la nature et la raison. Transformation intérieure, la colère doit être contenue dans un seul cas : lorsqu’elle sert l’ennemi.

    La  colère n’est pas une maladie mais un symptôme : celui d’une prise de conscience qui n’admet plus l’infamie.

     

                 La colère est libération. Pensons à tous ces hommes illustres dont l’Histoire retient le courage de leur résistance ! Et gardons à l’esprit que seuls les pleutres résignés, les classes dominantes et leurs larbins condamnent la colère aussi bien individuelle que collective, et plus encore lorsqu'elle les prend pour cibles.

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  • De Louise Bourgeois à Jeff Koons en passant par Annette Messager

    Dernièrement - dieu sait pourquoi -, j’ai pensé à Louise Bourgeois et à son araignée intitulée "Maman" ; sculpture qui, à mes yeux, n'a qu’un seul mérite : celui d’être monumentale (ce qui n'est pas une qualité en soi, bien évidemment) car, pour le reste…

     

     

    J’ai pensé aussi à son expo, celle de Beaubourg, en mars dernier ; expo qui peut se résumer à une vidéo bavarde et complaisante diffusée sur un écran devant lequel des fauteuils confortables ont été placés, le tout disposé à l’entrée de la dite Expo comme pour dissuader quiconque d’aller plus loin.

     

    Dans tous les cas, une "artiste" dont « l‘œuvre » est à chercher sous la moquette épaisse d’un salon cossu ou sous les lattes étriquées d‘un parquet ciré ; et le commissaire de l’expo ne s’y est pas trompé - même involontairement -, en installant ces fauteuils et ce téléviseur.

     

     

     

    Pour rester avec Beaubourg* qui, manifestement, ne souhaite pas être en reste avec quiconque cotise à la MDA (Maison des artistes - organisme agréé par l'État pour gérer le régime de Sécurité sociale des artistes) : Annette Messager.

     

    Après le stade oral et le stade anal, voici venir le stade « peluches et souffleries ».

     

    Dis ! Annette ! Franchement, à ton âge, hein ? T’as pas honte ?

     

     

     

    Jeff Koons maintenant.

     

    Ce blaireau rémunéré à coups de millions de dollars (aussi riche, sinon plus, qu’un joueur de basket de la NBA), cet ancien trader est annoncé au château de Versailles en septembre ; alors... attendez-vous à… petit lapin, homard et cœur géants.

     

    Vraiment, je suis impatient de lire les papiers des journalistes qui, le moment venu, seront dépêchés sur les lieux (et celui de Mediapart aussi, et surtout !) ; personne n'étant épargné par l'automatisme d'une approbation aussi irréfléchie qu’injustifiée, nul doute, leurs articles ne manqueront pas de mentionner un Koons sulfureux, un Koons futé et drôle avec ça, et irrévérencieux et tellement cocasse dans ce lieu insolite et... et... et...

     

    Mon cul !

     

    Alors oui ! Mille fois oui !

     

     

    Confronté à toutes ces figures d’une scène prétendument artistique que des journalistes moutonniers n’hésitent jamais à encenser, à quand une critique et une histoire de l'Art qui relèveraient de l’invective, de l’insulte et du crachat, courage d'une main, désespoir et colère de l'autre, face à l'affront (quand ce n'est pas l'outrage) qui nous est fait, saison après saison, exposition après exposition, installation après installation, toutes plus indigentes les unes que les autres ; foutoirs indescriptibles dans lesquels l'infantilisme côtoie le plus souvent le trivial qui côtoie le puéril qui à son tour embrasse l'anecdotique, le tout noyé dans un océan d’intentions aussi immatures qu’incompétentes et jean-foutres.

     

    Mille événements - en veux-tu, en voilà ! - proposés par des commissaires bavards et suffisants parce que... dans le meilleur des cas, franchement et tout bonnement carriéristes, et dans le pire, snobs mais tragiquement incultes, même bardés de diplômes issus d’universités-dépotoirs et d‘Écoles nationales de Dieu sait où et de Dieu sait quoi qui ne peuvent refuser quiconque se présente avec en poche un sésame qui a pour nom : le Bac.

     

     

     

    *) N’est-ce pas ironique de constater que l’exposition René Char à la BNF aura été bien plus proche de l’idée que l’on se fait de l’Art, de l’Artiste et d’une Oeuvre que toute autre expo à Beaubourg, ces derniers mois ? La poésie volant au secours d’un art aujourd’hui indigent parce que.... sans mémoire et sans culture.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

                                                                                ***

     

     

     

     

     

     

    Toute cette production tapageuse et vaine, c'est Warhol qui a triomphé de Picasso, César de Rodin, un Rodin qui pourtant avait pris soin d’ouvrir en grand toutes les portes qu’un César s’est empressé de refermer sur un univers concentrationnaire...

     

    Tout ce ramdam, c’est aussi - dans une longue liste qui n’épargne aucun art ni aucune discipline -, John Cage qui a triomphé de Boulez, Houellebecq de Jean-Edern Hallier et de Maurice Clavel, un BHL et un Finkielkraut pour triompher et de Sartre et de Camus et de Deleuze et de Foucault et de Derrida...

     

    Et pour finir - un malheur n‘arrivant jamais seul -, c’est aussi Mitterrand et le PS qui ont triomphé de Jaurès, Renaud de Léo Ferré, le Rock du Blues, et Guillaume Durand... de Personne.

     

     

     

    ***

     

     

     

    Mais... voilà que j'entends des voix ; elles me demandent... surtout de ne pas m’inquiéter car, personne ne nous demandera des comptes.

     

    Dieu soit loué ! Personne nous demandera d’avoir honte quand il sera temps de passer la main car, ce qu’on ne vous a pas transmis ne peut en aucun cas vous manquer : un art d’aujourd’hui... pour demain qui renvoie aussi à celui d’hier, comme pour nous rappeler d’où l’on vient et sans qu'il ait été nécessaire d'y être allé ni d‘en revenir.

     

    Un art intransmissible parce que... sans métier ce tapage auquel il nous est demandé d'adhérer ou bien, de nous taire et de disparaître. Car enfin... allez transmettre des peluches, des homards, des pouces et des araignées géantes et sans objet ! Allez donc transmettre des concepts qui feraient hurler de rire n'importe quel étudiant en 1ère année de philosophie et nos penseurs mêmes les plus pusillanimes et les plus indulgents !

     

     

     

    ***

     

     

    Querelle des Anciens contre les Modernes ?

     

    La bonne blague !

     

    Grande bataille des idées neuves contres des idées anciennes ?

     

    Encore faut-il qu’il en soit question car, pour ma part, je n’ai pas vu d’idées dans toute cette production !

     

     

    Rien de surprenant à cela : le plus souvent, nous avons affaire à des « artistes » qui n’ont pas idée, justement !

     

     

    Mais alors, cet art sans idée, sans art ni artiste sert quel Art ?

     

     

    Avec Duchamp, on avait l’audace, le courage, une radicalité assumée et salutaire ; le flair du prophète, mais aussi : l’hilarité et le scandale.

     

     

    Aujourd’hui sans vision, la production de ces poseurs que l’on nous impose, ne dépasse guère le plus souvent le cadre des toilettes et/ou celui d’une chambre à coucher aux murs tapissés de jeunes filles en fleurs ; le nombril aussi et plus bas encore mais... jamais plus haut.

     

     

    A la trappe l’Universel ! Quid d’une tentative de sortir de soi et de son environnement immédiat : qu’il soit mental et /ou géographique.

     

     

    Non ! Aucune vision digne de ce nom : celle d’un monde, celui d’hier, d’aujourd’hui et pourquoi pas, un monde pour demain ; artistes visionnaires, novateurs et précurseurs.

     

    Pire encore, on cherchera en vain un savoir-faire pour défendre quelle que valeur esthétique que ce soit.

     

    Oui ! Un savoir-faire : celui de l’artisan et de son métier ; sueur, larmes et sang ; efforts et travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration ; témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus.

     

     

    ___________

     

     

     

    Là, maintenant, je pense à nombre d‘artistes, rencontrés à l'occasion d‘expositions ; je revois un Français d’origine russe, Sacha, âgé de 35 ans - vous lui en donneriez 50 ; RMiste, il a pour atelier une chambre d’hôtel de 8m2.

     

    Je pense aussi à un artiste peintre du nom de Heinrich ; un homme couvert de toiles, à défaut d’honneurs, et qui a derrière lui cinquante ans de peinture.

     

    On me dit qu’ils sont des milliers tous ces artistes, tous RMistes ayant tout sacrifié pour servir un art qui aurait dû être leur métier ; artistes recalés ou bien, évincés de la Maison Des Artistes, faute d’être capables de déclarer suffisamment de revenus qui auraient pour origine leur production artistique ; eux tous, année après année s’épuisant sur une toile et son châssis, sur une forme, une figure, une teinte ; eux tous encore, à battre la matière comme on bat le pavé, et la misère comme on bat la mesure, et sa coulpe aussi puisque tous ces artistes vous diront qu’ils n’ont pas à se plaindre : leur « on nous a rien demandé, après tout » cachant tant bien que mal un sentiment de culpabilité face à leur inutilité et sociale et économique et commerciale et médiatique et... et... et...

     

    Artistes anonymes, dans nos villes, dans nos quartiers, dans notre rue, souvent seuls, et pour certains d'entre eux, en rupture, incompris de leur famille depuis longtemps déjà ! Artistes à la pitance et à la sépulture plus qu'incertaines (en effet, qui les enterrera et comment ? Même si l'on ne doit jamais désespérer ni jurer de rien).

     

    Alors vraiment : comment ne pas leur adresser un sourire et une poignée de main fraternels ? Comment refuser le verre de vin qu’ils vous tendront lors de vernissages quasi confidentiels, par la force des choses ? Comment ne pas les aimer tous ces stakhanovistes de l’Art, chacun dans leur discipline, toutes techniques confondues - et les plus innovantes parfois aussi - car, ils m’ont rendu ce qu'il ne faut jamais perdre : le goût de l’effort et le toucher immédiat de l‘esprit qu‘est le talent lorsqu'il s'appuie sur une ascèse indéfectible et un Art de force, de témérité et de victoire.

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