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  • Charles Boyer : l'acteur aux cent films et aux trois Oscars !

     

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              De 1920 à 1976, Charles Boyer a tourné avec les plus grands, en France comme aux USA - Lubitsch, Preminger, Cukor,...

    Bien qu'élève du conservatoire, chez lui, tout était inné ; dans son jeu, il ne montrait rien, il se contentait d'être ; une diction parfaite, un style unique, inimitable, un physique qui n'avait rien à envier à qui que ce soit... il parlait autant avec sa voix qu'avec son regard... un regard mélancolique et compassionnelle.

     

                                         

                    Né à Figeac (Lot), décédé à Phoenix (Arizona-USA), aujourd'hui oublié, Charles Boyer est sans doute notre plus grand acteur des années 30 aux années 50, et le seul Français élevé au rang de star avec une quarantaine de films de metteurs en scène étasuniens tous plus prestigieux les uns que les autres.

     

                    Une pensée pour lui et pour les fées qui ont longtemps veillé à son chevet car rares sont les acteurs que la nature a autant gâtés !

     

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  • Buffalo'66... where fools rush in : Vincent Gallo aussi

     

     

    "When we met, I felt my life begin

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    Buffalo'66 : écrit et réalisé par Vincent Gallo en 1998

     

                 Billy Brown sort de prison après cinq ans. Il décide d'aller voir ses parents à qui il n'a pas souhaité avouer la raison de son absence, choisissant de leur dire qu'il était parti se marier. Il kidnappe une jeune femme en chemin, Layla, et l'oblige à se faire passer pour sa femme devant ses parents.

     

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              Sensibilité, charme... puissance et profondeur du cinéma indépendant américain aujourd'hui décimé... si le cinéma d'Hollywood part du vraisemblable pour nous parler d'une réalité qui n'existe pas et nous vendre le plus souvent un mensonge plus ou moins énorme, en revanche,  le cinéma indépendant américain (ou autre) part de l'invraisemblable ( ici : kidnapper une jeune fille et la faire passer pour son épouse auprès de ses parents) pour mieux coller à la réalité et nous proposer une des nombreuses vérités qui touchent à l'être humain, et dans Buffalo's 66... à la naissance de l'amour entre deux êtres.

     

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               Dans Buffalo's 66, Ben Gazzara (invité d'honneur) chante (en playback sur la voix de Johnny Desmond) "Fools rush in" (de Bloom et Mercer) à la partenaire de Vincent Gallo, Christina Ricci :

     

    Fools rush in, where angels fear to tread
    And so I come to you my love
    My heart above my head
    Though I see the danger there
    If there's a chance for me
    Then I don't care, oh-oh-oh-oh

    Fools rush in, where wise men never go
    But wise men never fall in love
    So how are they to know
    When we met, I felt my life begin
    So open up your heart and let
    This fool rush in

     

    ***

     

     

              Vincent Gallo (acteur, réalisateur, artiste peintre, auteur compositeur et musicien pop) s'explique tout en expliquant : Buffalo'66, l'industrie du cinéma, la critique cinématographique, son travail d'artiste.

     

                         Des nouvelles de Vincent Gallo Mars 2018 ICI

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  • Georges Simenon et les femmes : il était une fois...

     

     

     

                     Si l’être humain est au centre de l’œuvre de Simenon, et si les personnages en sont le  point de départ, les femmes en occupent souvent la première ligne, et à l’arrivée, on les retrouve tout aussi nombreuses.

    Les femmes, Simenon les a toutes rencontrées : la femme adultère, la femme battue, la femme empoisonneuse, la femme le diable au corps qui cache une brisure, une fêlure, une faille, un traumatisme, un manque, un gouffre…

    Fidélité faite femme, trahison... femmes de mareyeurs, femme de mariniers ; énergies que rien ni personne ne saurait épuiser dans l’animalité d’une relation brutale d’une existence dans tous ses états… oisives et bavardes, elles attendent leur mari sur le pas de leur porte ; actives, elles vous serviront un repas sans broncher ou bien vociférant, tablier autour de la taille, torchon d’une main… et tous se briseront contre ce bloc humain qu’elles dressent devant l’intrus.

     

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                  Contradictions, paradoxes, énigmes, Simenon a observé les femmes comme on le ferait d’un phénomène en action : frénétiques, en ébullition, rebelles, femme dépensière, femme qui thésaurise, femme aux mille lettres d’amour, il les a toutes vécues et il a tout compris de leurs faiblesses, de leur cruauté et de leur malheur passé, présent et encore à venir ; lui qui ne se repose jamais !

    Animales, certaines de ces femmes sentent tout : le moindre malaise de l’âme, le plus petit frémissement de la conscience. Très souvent des femmes sans enfant, un peu comme si tout l’amour dont elles sont capables leur avait été enlevé… et puis de mauvaises mères aussi, indignes, castratrices, accapareuses, et d’autres encore, dévouées, sacrificielles jusqu’au crime et qui, privées d’hommes et de mari, ont dû très tôt renoncer à une vie… de femme justement.

    Spontanées, intuitives, sensuelles, instinctives et redoutables, mordantes, des femmes au plus simple de l’écriture, mais géantes, toujours ! Qu’elles servent le bien ou le mal, des instincts les plus dégradants comme des desseins les plus nobles… elles portent avec elles et en elles toute l’Histoire du monde et toutes les histoires d’un Simenon insatiable : des femmes  qui, à trente ans, ont déjà épuisé toute leur force ; d'autres qui se sont laissées vieillir lentement comme un bon vin et qui, la cinquantaine passée, demeurent plus que jamais capables d’en remontrer à la terre entière. Femmes éteintes…  bougies à la flamme soufflée qui fument encore sans éclairer sinon une nuit noire comme le destin qui guette sa proie dans une allée devenue soudain impasse de fin de vie.

    Chahutées, bousculées par des hommes qu’un mal incurable torture…rien n’est gratuit chez elles ; dans chacun de leur acte, même au plus fort d’une cruauté proche de la démence car elles ne s’appartiennent pas toujours, contre toutes les formes de dépréciation de soi dans une organisation de l'existence qui a pour seule mécanique infernale  la soumission au moins-disant émotionnel qui engorge tous nos désirs, il leur arrive de commettre l’irréparable ; et c’est alors que… d’un premier jet, sans plan, elles se laissent agir ; ce n’est que plus tard qu’elles rendront des comptes ou bien qu’elles se tairont mutiques et désespérées du plus loin qu’elles se souviennent.

     

               Comiques, burlesques, perdues pour la raison, en retrait, effacées, écrasées, laissées pour mortes… identités multiples, phénomènes hors norme à l’image de l’auteur, en elles tout est nécessité psychologique et quand elle tombe la robe... panique, effroi, c’est tout un monde qui retient son souffle, celui des hommes qui ne savent pas encore comment ils se feront dévorer, même si parfois ce sont elles aussi qui retiennent le peu de vie qu’il leur reste à battre sur le pavé dans une existence sans but car le fort épargne rarement le faible, même les jours de sortie pour un bal de la misère noire.

    Candides, enfantines, d’un naturel désarmant, ingénues tombées des nues, ingrates, jeunes et déjà gâtées, sans cœur ni esprit, elles ont souvent de qui tenir : leur mère. Femmes du Milieu, femmes de parlementaires ou de ministres, maîtresses, comédiennes, prostituées rangées ou non des voitures, femmes au train de vie dispendieux...

     

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                   Roman après roman, c’est avec elles que Simenon a rendez-vous car… toutes ces femmes sont vraies, bien réelles. Simenon a vécu longtemps avec elles ; il les a toutes comme entraperçues, devinées, dévoilées derrière un comptoir, dans une boutique, au bras de leur mari ou d’un amant. Sans doute a-t-il croisé une fois leur regard, une fraction de seconde pour une éternité contenant déjà toute une vie sur deux cents pages….vie honnête ou bien mensongère, malheur, grandeur et décadence. A leur insu, il a tout compris d’elles, tout prévu, avant même qu’elles ne vivent un destin, le leur, encore à venir car la fiction est redoutable ; celle de Simenon plus encore : elle doit tout à la réalité.

    Mais alors, toutes ces femmes ont-elles soupçonné un instant qu’elles aient pu à ce point stimuler l’imagination d'un Georges Simenon qui affirmait pourtant en manquer cruellement ?

    Au moment précis où l’on croit fixer leur personnalité, elles déroutent, dévient, font volte-face et c’est de dos comme face à un mur qu’il faut maintenant poursuivre plus loin l’investigation de leurs motivations les plus secrètes, moteur de toute l’histoire d’une vie qui a basculé car toutes ces femmes ne se refont pas. Non ! Jamais !

     

                 De tous les milieux, de toutes les professions plus que de toutes les « classes sociales », comme autant de personnages, comme autant d’esquisses d’un monde qui ne leur appartient pas toujours… elles remettront sur le métier, contraintes et forcées, cent fois leur vie et leur existence… car pour toutes ces femmes seul existe ce que l'on fait exister, avec détermination, après un travail acharné, pour ne pas se contenter, négligeant et sans courage, de le rêver jusqu’à l'ébranlement de tous les repères.

    Solitude, humiliation dans une vie conjugale en situation d'échec, une existence qui semble à jamais figée, une vie sans lumière, subversives jusqu’à s'extraire d'un monde interdit d'extase, plébéiennes, femmes de notables, ces femmes... Simenon les a forcées jusqu’aux personnalités et caractères les plus audacieux. Touché par leur détresse sans toutefois reconnaître tous les ponts qu’il a sans doute inconsciemment dressés entre elles et lui, même coupables, Simenon aura toujours plus de sympathie et d'empathie pour elles que pour leurs victimes souvent socialement plus élevées ou plus chanceuses.

    Leur dignité à toutes frappera le lecteur peu soucieux de comprendre que Simenon n’est pas en-dessous ni au-dessus de la vérité de leur condition mais ailleurs, là où tout jugement est suspendu. A toutes il leur épargnera donc les affres d’un jugement lapidaire car Simenon sait que pour juger les autres il faut avoir été au moins une fois accusé.

     

                 Qu'importe le style ! Toutes ces femmes trônent au-dessus de l’écriture qui les a engendrées, et Simenon n’aura de cesse de déchiffrer leur propre énigme quels que soient les actes commis car leur vérité est loin de n’être que romanesque, et pour cette raison, il les excusera toutes.

    Folâtres, amoureuses, excentriques, criminelles, victimes, bourreaux, il les aura toutes côtoyées, puis... proche,  très proche, au plus près de leurs attraits, défauts et qualités… il les aura touchées aussi, chair et sang sous une veine palpitante comme un cœur qui bat trop fort ; il a su nous les rendre plus vivantes encore, là, sous nos yeux, en moins de mots qu’il faut pour le dire et l’écrire d’une écriture qui n’a qu’une seule prétention : nous rappeler d’où l’on vient… même sans y être allés,  avant de nous révéler à nous-mêmes tels que nous ne sommes pas et tels que nous ne serons sans doute jamais, ou bien encore, tels que nous aurions très bien pu être si par malheur, tout ce qui nous conduit à la déchéance en avait décidé ainsi en prenant le dessus sur tout ce qui nous condamne aux yeux d'une société aussi indifférente que cruelle.

     

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    Mentionnons au passage la biographie de Simenon par Pierre Assouline, énorme pavé qui se veut exhaustif mais qui se perd et perd en intensité au fil des pages et de sa lecture ...

    Génie impalpable, génie de Simenon, génie insaisissable, génie de l’artisan et de son labeur dans le silence de la tâche à accomplir, Balzac du 20e siècle et Maupassant des années cinquante… Simenon ne sera jamais au-dessus de ses personnages ; aussi, c'est bien dans ses personnages qu'il faut aller le chercher. D’où l’inutilité d’une biographie, et plus encore, d’une bio de 750 pages.

    Pour célébrer Simenon, on pensera plutôt à une épître, d’un seul jet, dans un seul souffle, tous ses personnages d’un seul trait, toute une vie, mille vies, de la comédie au drame, de la farce à la tragédie selon un ordre secret car cosmique - ordre supérieur à notre entendement jusqu’au moment où l’ordre est donné -, et qui fait que chez Simenon tout un chacun peut encore espérer recevoir ce qui lui est dû : la bascule de la guillotine, le cachot d’une prison sans rémission, la chambre d’un hôpital  psychiatrique… ou bien une justice qui viendra réparer tout le tort causé même si la consolation est brève car rien ne s’oublie jamais vraiment !

    Il faut relire Simenon, une grande leçon de modestie, un auteur si proche de ses lecteurs. Un des plus grands humanistes du XXe siècle.

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  • Louis de Funès : la réhabilitation

             

                    Acteur tantôt ignoré, tantôt décrié par la critique des années 60 et 70, souvent conspué par les cinéphiles de ces mêmes années autant pour ses films que pour ses rôles, mal aimé par tous ceux qui ont tourné avec lui - techniciens et réalisateurs inclus -, mais populaire chez tous les autres...

    A l'heure où Fernandel et Bourvil sont plongés dans l'oubli (leurs scénaristes, dialoguistes et réalisateurs avec eux), de Funès rayonne et trône. Télérama, le quotidien Le Monde... toute la presse rend hommage à cet acteur-onomatopée et mauvais mime ; un ouvrage lui tresse des lauriers ; la jeunesse ne tarit pas d’éloges à son sujet : oui, les jeunes aiment de Funès ! On évoque des « de Funès-party » jusque tard dans la nuit.

     

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                     Autre temps, autres mœurs : on a perdu Fernandel, Michel Simon, on nous imposera de Funès... de Funès auprès de Bourvil, avant de perdre ce dernier aussi. On a perdu l'homme de la rue, droit, réservé, honnête, plutôt généreux, un peu naïf par la force des choses… et pour toute consolation, on nous a servi un personnage sans qualité, cupide, inculte, arriviste, violent et accapareur, sans un seul regard critique de ceux qui le mettaient en scène, des scénaristes, des dialoguistes... dans des films sans point de vue, le plus souvent.

    En effet, on remarquera l'absence totale d'humour et d'auto-dérision, voire de distance, dans les personnages qu'incarne de Funès ; rien non plus dans son jeu d'acteur. Au cirque, chez les clowns, et pour peu qu'il ait pu y trouver une place - et rien n'est moins sûr -, de Funès ne serait non pas l'Auguste (personnage au nez rouge, loufoque, grotesque et attachant), mais le contre-pitre (celui qui ne comprend rien à rien), et pas n'importe lequel : un contre-pitre qui se prendrait alors - sans toutefois soupçonner un instant en lui cette supercherie -, pour le clown blanc (personnage digne, élégant, malicieux), et fatalement... pour cette grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf, et ce bien qu'il ne possède aucune des qualités de l'une ni de l'autre.

     

                      Fort d'un soutien populaire qui ne s'est jamais relâché, ce personnage égocentrique dont chacun de ses rôles est dépourvu de qualités humaines, fait donc aujourd'hui l'unanimité dans la presse cinéphilique comme dans l'édition et même chez France Culture.

    Ce qui frappe, c’est l’absence de regard critique chez tous les agents de ce qu’il faut bien appeler « la réhabilitation de Louis de Funès » ; tous n’ont pas de mots assez forts pour exprimer leur admiration pour cet acteur "génial" et de célébrer, un petit homme au visage ingrat, un personnage-archétypal sur-excité, mesquin, méprisant, avare, obtus, borné, envieux, impitoyable avec les faibles et docile avec les puissants.

            

                       Sans doute dupes de ce qui nous est donné à rire - même si, après tout, rien ne nous empêche de nous demander au détriment de qui et de quoi on rit -, célébrer aujourd’hui le cinéma d’un de Funès sans y jeter un regard critique, n’est-ce pas célébrer la loi du plus lâche face aux puissants ainsi que la loi du plus méchant face aux plus faibles ?  Car, à  y réfléchir de plus près : tout ce qui est mal n'est-il pas bon, et ne fait-il pas du bien ? Aussi, rire avec Louis de Funès, à défaut de rire de lui, n’est-ce pas rire de tout ce qu’on n’ose pas soi-même assumer car, tout ce qu’on a rêvé, de Funès ne l’a t-il pas fait ?

    Rire exutoire que ce rire-là ; rire du faible à propos d’un plus faible que lui. Belle revanche des vaincus ou des humiliés qui s’ignorent, heureux de l’être ! Et aujourd’hui encore, ce rire n'en finit pas de résonner, génération après génération… tocsin de l'âme... âme funès-te pour une société humaine en décomposition.

    Malheur aux vaincus !

     

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  • Intouchables : pourquoi fallait-il un Noir en face de ce Blanc tétraplégique ?

     

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                       Une vraie dynamique, quelques idées de cinéma, d’aucuns parleront de « bon boulot » à propos du film « Intouchables » sorti en 2011.

    Si les réalisateurs ont su le plus souvent éviter les pièges tendus par un scénario à haut risque - ceux, entre autres, du pathos, des larmes et des stéréotypes raciaux et de classes -, contrairement à ce qui a pu être écrit ici et là, pas de bien-pensance dans ce film pour la simple raison qu’on n’y trouvera aucune pensée, et c’est déjà ça de gagner ou de sauver s’empressera-t-on d’ajouter car, le travail passé des scénaristes-réalisateurs est là pour l’attester : si par malheur ces derniers avaient souhaité y prétendre… c’est bien avec une catastrophe qu’on aurait eu rendez-vous.

    Dans « Intouchables » sans doute pourra-t-on y voir en toute bonne foi, outre le souci de se remplir les poches, le désir sincère de raconter avec honnêteté une histoire… vraie de surcroît.

    Conte de fée sans morale donc (référence au fait qu’il n’y a pas de pensée) on pourra quand même regretter que les réalisateurs Toledano et Nakache aient pour les Blacks de la banlieue (1) qu’un seul projet : qu’ils torchent, lavent et essuient le cul des Blancs…

    Parce que ça, c’est quand même pas très nouveau !

    Sans oublier l’incontournable : « Touche pas à la femme blanche ! » - même sous le prétexte qu’elle puisse être lesbienne.

    Aux Etats-Unis, le film sera jugé raciste et choquant.

    Certes, il y a aux USA une vraie culture de l'antiracisme et de l'anti-négrophobie en particulier qui ne doit rien à ce PS bien de chez nous (composé exclusivement de Blancs) qui n'a pas cessé d'instrumentaliser cette lutte sans profit aucun pour ceux qui étaient concernés ; ce qui n'a pas empêché les membres de ce parti de faire de belle carrière autour de la lutte anti-raciste. 

    Le succès de 'Intouchables" n'est que le reflet d'une absence totale de culture telle que définie plus haut. Les bons sentiments n'expliquent ni n'excusent pas cette ignorance. Les réalisateurs ont su admirablement capitaliser dessus ; même la critique n'y a vu que du feu ; de leur part, seul le scénario a fait l'objet de commentaires "ironiques" et "moqueurs" sans pour autant remettre en cause le rôle tenu par un acteur qui se devait d'être noir puisque son personnage l'était.

    On retrouva le même engouement de la part du public pour "La ligne verte" de production américaine cette fois-ci ; film tout aussi scandaleux sur le fond.

     

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                 Pour l’adaptation au cinéma de La case de l'oncle Tom, les volontaires n’ont jamais manqué à l’appel, et Omar Sy (2) semble fin prêt pour une nouvelle adaptation du roman de l'écrivain américaine Harriet Beecher Stowe dont les premières feuilles ont été publiées en 1852…

    En 2011, avec "Intouchables", qu'un acteur nommé Omar Sy ait prêté son concours à un tel projet, c’est déjà en soi une belle déception car enfin… difficile de ne pas se poser la question suivante : pourquoi fallait-il un Noir corvéable à merci ( un noir torche-cul)  en face de ce Blanc tétraplégique et millionnaire ?

    Devinez !

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    1 - Banlieue dont on ne sait pas quoi faire et que l’on commence à peine à savoir filmer… semble-t-il !

    2 - Canal+ oblige : génération grandes gueules et petites têtes.

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  • Oedipe roi - de Pasolini

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                 "Je suis à l'abri car j'ai la vérité avec moi. Mais… qu'il est horrible  de savoir alors que ce n'est d'aucune utilité pour celui qui sait. Je savais. J'ai voulu oublier. " Tirésias - l'oracle -, s'adressant à Oedipe, roi de Thèbes.

     

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                   Personne n’a autant pris au sérieux nos mythes et leur transmission que Pasolini, d'autant plus qu'avec ce cinéaste exigeant et sans concessions, c’est toujours à prendre ou à laisser. Alors on prend, bien sûr ! car l'on sait déjà que Pasolini nous rendra même ce qu'on lui a pris ; on en sera donc doublement récompensés.

                   Pasolini n’est pas un faiseur doué et malin, c’est un visionnaire et un militant. Tourné au Maroc, pour Œdipe roi (tragédie de Sophocle ;  429 av.J.C) porté à l’écran en 1967, Pasolini choisit un décor antique en l'état. Hurlements, cris, plaintes, rythmes, chants et musiques de tous les continents (Asie via le Japon), Œdipe roi de Pasolini c'est la leçon d'Artaud ; Artaud et son théâtre de la cruauté : le texte se tait, plus de bavardage ; c’est aussi un Art brut… brut de décoffrage avec ses visages "rupestres", arides, hommes, femmes et enfants du désert et d'un dur labeur sous la chaleur ; parures et armures fruits d’un choix à la fois extravagant et rustique, le tout appuyé par un casting composé d’amateurs entourés de quelques professionnels, la mise en scène primant sur la psychologie.

    Anti-intellectuel, anti-culturel, a-historique, l’Œdipe de Pasolini peut traverser le temps sans craindre de prendre une ride, une seule ou de s’attirer les quolibets d’un public indigent et avachi, aujourd'hui bien incapable de relever tout défi quel qu'il soit : esthétique, humain, artistique ou politique.

    Plus surprenant encore, ce cinéma-là de Pasolini, c’est aussi Jean Rouch et ses contes du Niger, avec ses mythes et ses jeux de rôles à tour de rôle.

    Et s'il faut bien reconnaître que... in fine, tous peignent, écrivent, composent et tournent le plus souvent pour les pires de la société (la bourgeoisie), l’œuvre de Pasolini (poèmes, romans, essais, films) est irrémédiablement anti-bourgeoise et anti-institutionnelle ; un parti pris quasi unique, cette volonté qui fut la sienne, de ne rien céder à qui et à quoi que ce soit, jusqu’à la fin, tragique au demeurant.

     

                  Aujourd’hui, le monde occidental ne survivrait pas à un film de Pasolini ; et c’est sans doute la raison pour laquelle il les ignore. Aussi, c’est un miracle que l’industrie du cinéma ne lui ait pas coupé les ailes en son temps puisque tout le cinéma de Pasolini est un cinéma contre l’industrie et la rentabilité (saint Matthieu, Médée).

    Le tiroir caisse ? Pasolini connaît pas ! Autant pour tous ces porcs - même quand ils n’en mangent pas - qui placent l’argent au centre de leur existence car ils ignorent tous autant qu’ils sont que l’indépendance financière ne sert pas à acheter une Ferrari mais à dire la vérité.

     

                     Pier Paolo Pasolini est sans doute un des dix réalisateurs  pour lequel on sera encore disposés à se tenir devant un écran de cinéma trois heures durant dans la pénombre d’une salle obscure, pour peu qu’on puisse y trouver un silence propice au recueillement nécessaire à ce 7e Art privé année après année de sa majuscule.

     

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  • En cas de malheur...



     

    Bardot et Gabin

     

                Ce sont Georges Simenon et Claude Autant Lara qui scelleront en 1957 sur un thème du compositeur René Cloërec, le destin de Brigitte Bardot et de Jean Gabin, dans la chambre d’un modeste hôtel de la rue Monsieur le Prince.

    Et si en cas de malheur, et juste avant qu’il ne frappe une dernière fois, on ne pourra compter que sur l’amour pour le temps qu’il lui sera donné de nous soutenir, de nous illuminer et de nous porter jusqu’aux nues avant l’abîme et une désolation qui nous laisseront sans voix…

    On pourra toujours se dire : « Décidément non ! Il ne pouvait pas en être autrement !» tout en ajoutant que Brigitte Bardot teint là un de ses plus beaux rôles, avant de se féliciter qu’il ait été donné à Jean Gabin de l’y accompagner jusqu’à son terme et son dernier souffle de vie.

     

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                        Mais qui donc rendra au film ce plan volé par une censure brutale et imbécile, et dans lequel Brigitte Bardot, nue sous sa jupe, propose gracieusement son corps à un Jean Gabin subjugué ?

     

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  • Le cheval de Turin : Béla Taar ou le refus... envers et contre tous

     

     

     

                  Pour la petite histoire, face au grand artiste qu’est Béla Taar, réalisateur hongrois, Le cheval de Turin film sorti en 2011, a pour origine un incident qui bouleversera la vie d’un certain Friedrich Nietzsche :  le 3 janvier 1889, alors qu'il effectuait un trajet en calèche dans la ville de Turin, le cheval cessa d'avancer. Incapable de le remettre en marche, le cocher battit la bête, ce qui suscita chez le philosophe un élan de compassion irrépressible d'une intensité hors du commun :  Nietzsche se pendit au cou de l'animal et passa, prostré, les dix dernières années de sa vie dans un état de démence.

    De là à penser que Béla Tarr, qui aurait été présent ce jour-là, n’aurait trouvé rien de mieux que de rentrer avec ce cheval et son cocher jusqu’à cette ferme isolée battu par une tempête du diable, un père taiseux et sa fille, une charrette et ce même cheval qu'on attellera puis détellera, une fois, dix fois... avant de renoncer...

    Grande est la tentation !

     

                  Film frugal tout comme le repas qu’un père et sa fille partageront jour après jour - des pommes de terre cuites à l’eau au gros sel -, tandis que dans la grange, un cheval refusera bientôt toute nourriture ; et à propos de cet animal, on sera tenté de se dire que si ce cheval avait eu le don de la parole, nul doute, serait-ce sans un mot qu’il aurait mené sa vie...

     

              

     

                   Cinéaste au rythme cardiaque très lent, cinéma en apnée car, si d'aucuns savent retenir leur souffle, d'autres savent retenir le temps comme personne, tout comme cette musique musclée - organum et cordes dans le grave  -, véritable bombe à retardement lancinante et récurrente (en do mineur), destinée à porter et à accompagner 30 plans-séquences de cinq minutes chacun, plans contemplatifs pour l'uns, pour d’autres,  moins compréhensifs ou pusillanimes, plans interminables...

    Ces plans trouveront pourtant leur raison d’être, leur force, leur efficacité, leur caractère aussi rare que précieux (comme chacun sait, le cinéma ce n’est pas ce qui nous est montré mais ce qui nous est révélé !) dans le fait que, tous ces plans, sans exception, forceront le spectateur à quitter l’image et l'écran pour rentrer dans lui-même et y poursuivre deux heures et demie durant, même et surtout somnolent, sa propre œuvre que devient alors sa vie pour le temps qu'il lui sera donné d'être le spectateur de Béla Tarr.

    Pour cette raison, Le cheval de Turin se rêve autant qu'il se voit. Aussi, et vraiment ! on peut affirmer qu’avec le cinéma de Béla Tarr c’est autant le spectateur qui fait le film que le réalisateur. Et nous devrions tous demander à partager avec lui l’Ours d’argent que le film a reçu à l'occasion du dernier festival de Berlin.

                   Artiste d’une radicalité qui n’a besoin ni de discours ni de justification, fascinés nous sommes face à la volonté de fer de ce réalisateur pour lequel aucun compromis n’est une option ! Et si au cinéma, le noir-et-blanc reste bien le choix de ceux qui ont encore quelque chose à dire, et la couleur, celle de l’industrie cinématographique, avilissant tout ce qu’elle touche et recouvre…

    Le cheval de Turin restera un gigantesque bras d’honneur adressé à cette modernité cinématographique imbécile et veule, film après film - un film chassant l'autre -, d'un Béla Tarr ennemi public numéro un de tous ceux qui ont la faiblesse, la bêtise ou la naïveté de penser que le cinéma n’est qu’un divertissement destiné à nous faire vivre par procuration des vies au suspense insoutenable, dans la fureur, le bruit, le sang, les larmes et la sueur de coïts sans nombre...

    Mais alors... qu'ils passent donc leur chemin ! Le  prochain Eastwood (Eh oui ! Déjà le suivant ! Car, c'est bien connu : les gens qui n'ont pas idée en ont cinquante par jour), avec ses acteurs- tâcherons d’une industrie sans art, y pourvoira, car quelque part, dans une province hongroise, un réalisateur  attend les plus exigeants d'entre nous.

     

    ***

     

                  Après le passage d'un groupe de tziganes que personne n’a invité, chassé à la hache, l’eau du puits s’est tarie,  la tempête s’est tue, le soleil a fondu et l’aube ne s’est plus levée...

     

    (Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin le puits se vide)

     

    Après l'eau, c'est une lampe à pétrole, au réservoir pourtant plein, qui refusera définitivement d'éclairer la demeure d'un père et de sa fille, et bientôt l'écran car,  plus de lumière, plus de cinéma !

     

    ***

     

                  Béla Tarr écrase tout sauf le spectateur, et longtemps on pourra se demander avec lui qui n’en a aucune idée aujourd’hui encore, et même après plus de dix films, quelle peut bien être l’origine (quelle scène primitive au traumatisme fondateur ?) d'un tel parti-pris artistique, d’un tel refus proche d'un Bartleby, obstiné et têtu, d'une telle démarche hors du commun, même si une réponse semble s'imposer :

    A l'origine de cette radicalité sans doute trouvera-t-on le refus (encore le refus !) d'un monde dans lequel il n'est plus possible de vivre sans tuer l’autre ou dans le meilleur des cas, sans pourrir irrémédiablement la vie de son voisin avant de ruiner sa vie propre dans une lutte acharnée et cruelle pour une survie qui n’est déjà plus une vie mais un commencement de mort lente et sinistre. 

                     Et si l'on tend l’oreille, on pourra très certainement entendre de la voix de Béla Tarr nous signifier ceci : « Dans ces circonstances, ce sera sans moi ! ». En effet, Le cheval de Turin est l'ultime film d'un cinéaste qui abandonne le cinéma.

     

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  • Crise de la transmission et deuil de l'oubli - 3

     

     

                   Ce que vous n'avez pas connu ne peut en aucun cas vous manquer !

           En sommes-nous si sûrs aujourd'hui ?

     

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    Le dernier des hommes de Friedrich Wilhelm Murnau - 1924

    ou l'homme au rebut.

     

     
                                 

     

                            Ordet (La Parole), de Carl Dreyer - 1955 ; d'après la pièce de théâtre du Danois Kaj Munk

                     Comment embrasser la totalité de l'univers, alors que le matérialisme et le scepticisme n'en voient qu'une partie dont ils ont la folie de croire qu'elle est le tout ?

     

     

    Le sacrifice d'Andrei Tarkovski - 1986

    Comment combler l'absence d'un espace réservé à la vie spirituelle ? Et la menace que cette absence fait peser sur chacun d'entre nous.

     

    ***

     

                Le dernier des hommes, Ordet, Le sacrifice... Murnau, Dreyer, Tarkovski... et d'autres...

    Qui les protègera de l'oubli, de cette perte de mémoire, de cette amnésie savamment organisée et entretenue par des marchands de succédanés et une économie de l'ersatz qui a tout emporté sur son passage ?

    Au sujet de cet oubli, le véritable deuil, finalement, n’a pas pour objet la perte - à l'heure du numérique, plus rien ne se perd, et pour peu qu’il s’agisse d’une œuvre, celle-ci est indestructible : désormais, ce qui a été le sera à jamais !

    Non ! Aujourd'hui, le deuil a bien plutôt pour objet l’absence de transmission et l’ignorance certaine de ceux à qui aucune chance ne sera donnée de découvrir et de connaître tout ce dont il nous a été donné d'être les témoins...

    Car si Internet c'est toute la mémoire du monde, avec le concours de millions d'acteurs du web déterminés à transmettre le passé, même récent, encore faut-il soupçonner l'existence de tout ce qu'une génération a pu faire advenir intellectuellement et artistiquement.

     

                  Le deuil, c’est donc le deuil de la non-transmission avec lequel il nous faut vivre ; le deuil de notre incapacité à pouvoir transmettre et « raconter l’autre » qui n’est plus ; le raconter auprès d’un public absent, indisponible ; des millions d'êtres humains privés de leurs capacités à faire un pas en arrière car, aujourd’hui,  il n’est donné à personne de se retourner : "Pas le temps ! Et puis j'étais pas né !"

    Et ce deuil-là est sans recours ni consolation.

     

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  • Polisse : le sans-faute de Maïwenn ?

                  

              Que du talent, de l'intelligence et du culot dans ce dernier opus de Maïwenn ? Très certainement.

    Un casting à vous couper le souffle (du plus petit intervenant aux acteurs principaux), une direction d'acteurs et une mise en scène d'une qualité aujourd'hui bien trop rare (parfois même... quasi inexistante) dans le cinéma français pour ne pas être saluée...

    C'est admiratif que l'on quitte ce film. Même si.... 

                 Deux bémols toutefois : 

                 - Il est vrai que l'on peut trouver plutôt détestable qu'un acteur quel qu'il soit, accepte de se voir attribuer le "beau rôle" ; un rôle sans ambivalence... un personnage à la "je suis vraiment un type bien ! Pas vrai ?" que sa compagne et réalisatrice ont réservé à Joey Star (la réalisatrice ne s'en cache pas ; elle a fait ce film pour son compagnon qu'est l'acteur)..... ça en devient même embarrassant après une heure ! Avoir placé Joey Star au centre du film, c'était finalement assez opportuniste sur un plan commercial et démago aussi. En revanche, les personnes joués par Karine Viard et Marina Fois sont bien plus riches, et puis surtout, bien plus près de ce que nous sommes tous : avec elles, la vérité reprend ses droits après le mensonge du personnage de Joey Star.

              - Plus proche du petit que du grand écran - génération télé oblige, sans doute ! -, avec Polisse, le cinéma (1)... tel qu'il est né avec Metropolis et tel qu'il a pu se développer avec Citizen Kane semble s'être fait la malle, même si Cassavetes n'est pas parti bien loin.

     

              Qu'importe ! Puisque l'on peut raisonnablement penser que l'oeuvre de Maïwenn n'en avait pas besoin.  

     

     

    1 - Ce qui tente une nouvelle fois à prouver que le cinéma, ce n'est pas que de la mise en scène et de la direction d'acteurs...

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