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  • Mai 68 : bond, rebond et volée

     

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                    Au moment des événements, j’étais dans mon berceau ; ou plutôt, dans mon lit : à 20h, fallait être couché.

    J’ai découvert Mai 68, dix ans après le mois de mai de l'année 1968.

    Aujourd’hui encore, mais... trente ans plus tard, je serais bien en peine d'en partager le ressac, les remous, les tourbillons et d’accompagner le retour des tous les enfants prodigues en commentaires de toutes sortes sur cette époque, à leurs yeux, bénite entre toutes les époques. 

     Je pense aux discours qui ont été tenus et qui ont continué d'être débités ici et là, jusqu‘au début des années quatre-vingt ; je pense aussi à ceux qui les faisaient et les dé-faisaient tous ces discours, au gré des circonstances et de leurs humeurs.

    Ceux qui ont tenu le haut du pavé, sont allés exercer leur talent dans la publicité, à la radio, à la télé ou bien, dans des journaux qui n'étaient pas toujours révolutionnaires, dans des gouvernements aussi ; des gouvernements de centre-gauche ; et puis fatalement, des gouvernements de droite, les jours de vaches maigres.

                 Comble de paradoxe, et parce que le ridicule ne tue plus, d'autres encore ont fini chez les curés (ou les rabbins !) : "Après moi............ chacun pour soi et Dieu pour tous !"

    D'aucuns verront là une tentative d'y trouver son salut, rédemption incluse, au terme d’un engagement illusoire, et/ou d'un fourvoiement jugé, après coup, vraiment trop indigne.

                  Quoi qu'il en soit, tous ces convertis défroqués puis, reconvertis, dirigeaient des groupuscules dits d’extrême gauche (non, on ne ricane pas !). Je pense, en particulier, à la fameuse nébuleuse appelée "Gauche prolétarienne", entre autres groupuscules fameux et inconnus.

    Après Mao........................... Dieu.

    Soit.

    Ah ! Ces gauchistes alors ! Toujours en quête d’absolu ; toujours à la recherche d’un chef, d‘un capitaine ou d‘une mère maquerelle à qui remettre la caisse et les clefs en fin de journée.

                  A tous ces contestataires radicaux qui ont fini mercenaires - on pense à un Cohn-Bendit  - devenu au fil des ans un archétype, celui de  la trahison de la promesse que portait Mai 68 -, à un Henri Weber, à un Michel Field (aujourd'hui directeur de l'info de France-télévisions !)... et combien d'autres encore ! seul le pouvoir économique semble leur avoir échappé. Rien de surprenant à cela : dans les affaires, les dilettantes n‘y ont donc pas leur place car, foin des discours et de la limonade, dans ce milieu, on ne considère que les résultats : on vous jugera donc sur votre efficacité seule.

     


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                  Lame de fond ouvrière sans précédent (9 à 11 millions de grévistes), en Mai 68, des langues se sont déliées, des carrières et des vies ont été brisées pour ceux qui, en poste, ont pris quelques risques, dans le privé comme dans le public ; des vestes ont été retournées aussi.

    Des jeunesses ont été gâchées, d'autres perdues : on aura abandonné ses études pour poursuivre le beau rêve de Mai et ses leaders charismatiques (1).

    affaires,litttérature,mai 68,auteurs,bourgeoisie,business,cultureAprès Mai 68, on a fait un peu plus l’amour : les femmes notamment.

    On n’a plus fait la guerre. C'est vrai ! D’autres s’en sont chargés, sous d’autres tropiques, ailleurs, loin.

    Certes, on a mieux vécu après Mai 68 qu’avant : des OS de chez Renault ont pu gagner un peu plus en travaillant un peu moins. C’était toujours ça de pris ; même si leurs fils et filles ne sont pas allés, pour autant, au lycée, à l’Université et dans les grandes écoles ou bien, dans des filières qui comptent vraiment, pour y réussir...

    Et puis d'autres enfants encore, fruits d'une immigration de fin de guerres coloniales, d'indépendances et de travail. Ce peuple, alors invisible, a-t-il partagé l'esprit de Mai ? L'a-t-il seulement touché, sinon effleuré ?

    En mai, on a interdit d’interdire, avant de jeter le bébé avec l’eau du bain ; la culture savante, dénoncée comme bourgeoise, a fini par raser les murs, tête baissée...

                  Et puis le divertissement est arrivé, tête haute, triomphant sans conteste, Sylvester Stallone se voyant remettre les insignes de chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres par un Jack Lang amusé ; Renaud et Guillaume Durand (chanteur et animateur de télé au vocabulaire de 300 mots), pour tenter de nous faire oublier Léo Ferré, Maurice Clavel et leurs contemporains.

               Certes ! Il y a fort à parier que les entrepreneurs de spectacles ne viendront pas nous vendre l’égalité des chances, la liberté et la fraternité, ni nous parler de la réalité et de la vérité des faits, des choses et des évènements de la condition humaine. Et pas d'utopie ni de théorie critique fumeuses non plus. Nul doute : ces producteurs-là seront tous irréprochables parce que... intègres ; et intègres parce que... sans projet... pour les siècles des siècles.

               Mais alors ! A qui les générations qui nous succéderont, demanderont-elles des comptes ? Et sur quoi ?

     

     

    1 - La filiation la plus importante de mai 68 était la tendance anarcho-marxiste et la tendance situ-libertaire : Lefeuvre, Castoriadis, Lefort, Lyotard, Lebebvre, Debord, Vaneigem et d'autres encore, tous déjà adultes et actifs depuis les années 50.

     

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    affaires,litttérature,mai 68,auteurs,bourgeoisie,business,cultureQue reste-t-il de Mai 68 ?

    Une fabuleuse mobilisation du monde du salariat et quarante ans plus tard, un de Gaulle visionnaire qui avait tout compris dans le domaine des affaires extérieures et tout ignoré à l'intérieur - le Peuple français, sa famille -, un peu comme ses héros à la carrière professionnelle époustouflante qui ont raté leur vie d’homme… vie de père et de mari.

    Bien sûr, les événements de Mai ont permis à la société française de combler le retard accumulé sous de Gaulle dans le domaine de la libération des moeurs, sans oublier les "usages" et les droits en vigueur dans l’entreprise, dans les universités, la famille : leur abandon ou leur réforme.

    Néanmoins, distinguons le Mai des ouvriers et le Mai d’une jeunesse étudiante appartenant à un milieu privilégié. Les aspirations toutes légitimes de cette jeunesse nous ont tout de même conduits vers cette société du divertissement-plaisir qu’est la nôtre aujourd’hui avec sa haine envers quiconque refuse de s’amuser ou bien, quiconque n’en a pas les moyens ; haine de l’échec aussi.

                    Et si, du côté des étudiants principalement, ce mouvement avait été un mouvement individualiste, hédoniste et matérialiste ? Penchants qui, à l’âge adulte, exigent des revenus confortables. Ce qui expliquerait bien des comportements quelques années plus tard et tout au long des années 80 et 90.

                     Souvenons-nous de l’expression ironique (sinon tragique) : "Et dire que ça a fait Mai 68 !"

     

    Lien permanent Catégories : politique, quinquennat Hollande et PS 2 commentaires
  • Serge ULESKI - ouvrages et entretiens

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    ____________de l'Art, de la littérature et autres considérations

     

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                 Présenté sous la forme d’un Abécédaire, le matériau de cet ouvrage a pour origine le blog de l’auteur ; les articles reproduits ici appartiennent aux deux catégories suivantes : « Littérature, auteurs et écriture » - « Artistes pour, envers et contre tous »

               Angot, Antonioni, Arendt à propos de la crise de culture, Michel Audiard père et fils, Bobin Christian, Céline, Camus et Sartre, Casanova, Césaria Evora, Virginie Despentes, Dieudonné, Marcel Duchamp, Clint Easwood, Finkielkraut, de Funès, Godard, Haenel, Houellebecq, Lanzmann et d’autres encore… comme autant d’entrées et de sorties vers une meilleure, sinon une autre compréhension des auteurs, des artistes et autres, tantôt controversés, tantôt unanimement salués.

     

    Pour prolonger, cliquez : Art et culture et Littérature et écriture

     

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    ____________des apôtres, des anges et des démons

                                 

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                « Le monde moderne regorge de disgraciés obscurs, de déclassés sans nombre, d'otages en sursis dans l'attente de la sentence que ne manquera pas de prononcer une organisation de l'existence qui a pour seul moteur : la haine de l'échec. Alors... aujourd'hui, sans honte et en toute impunité, et sans risquer d'être contredit, on peut crier à l'endroit de tous les Bouvard et Pécuchet et Don Quichotte de la réussite : Malheur aux ratés ! »

                Ce récit réunit dans le fond et dans la forme, les caractéristiques du roman, du conte, de l'essai et du pamphlet jusqu'aux confins de l'ironie et de la satire.

    Les trois premiers chapitres nous présentent un à un, Matthieu, Gabriel et Luc ; le lecteur aura tout le loisir de définir ce à quoi ces trois figures se rapportent, même si l'on peut d'ores et déjà parler d'abandon, d'échec et de folie, tantôt douce tantôt amère.

    Le quatrième chapitre introduit une dernière figure - Paul - et réunit, pour la première fois, les quatre personnages dans un même lieu, au cours d'une soirée d'une brutalité insoupçonnable.

    Le cinquième et avant-dernier chapitre abandonne Matthieu, Gabriel, Luc et Paul. Maintenant seul, comme coupé de ses personnages, un destin funeste viendra percuter de plein fouet notre narrateur.

    Dans le sixième et dernier chapitre qui n'occupe qu'une trentaine de lignes, une nouvelle voix se fait entendre en nous livrant une des nombreuses clés possibles de cette épopée.



    Thèmes abordés : le journalisme, la médecine, les femmes, la traite négrière, le show-business, l'art contemporain, la publicité, le marketing, le milieu de l'édition, le couple, la vie urbaine, l'évolution de notre espèce, la guerre, le ressentiment et la revanche de "classe", l'ingénierie sociale, l'anthropologie politique et la génétique.



              Texte libertin, assurément ! Dans la tradition du 18è siècle (Diderot ?) : libertinage de libre penseur dans l'exercice d'une prospective qui ouvre la porte à toutes les fictions sociales et politiques.

     

               A propos "Des apôtres..." cliquez entretien avec l'auteur

     

                       Extrait proposé - cliquez   Des apôtres extrait.pdf

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    ________Cinéma ! De film en film, de salle en salle

     

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                    Cinéma qui ne cessera jamais de hanter nos mémoires... sons, images, voix, musiques, lieux, acteurs, réalisateurs, auteurs, scénaristes, compositeurs, décorateurs, monteurs (le plus souvent monteuses), chefs opérateurs...


    Cinéma d’hier, de demain, encore à naître...

    Cinéma mort-né !


    Et puis, l’autre cinéma, déjà perdu pour tout le monde : films dont les scénarios dorment à jamais au fond des tiroirs ou dans l’imaginaire de ces mêmes auteurs, cinéastes et producteurs.

    Le Cinéma nous offrira toujours plus que ce qu’il nous donne à voir, à entendre et à comprendre. Art métaphysique par excellence, quand il y a « Cinéma », il y a… transcendance, toujours !

    A la fois indéfinissable et irrésistible, ce à quoi nous sommes confrontés est bien plus grand que nous… spectateurs ! Bien plus grand, et bien plus haut aussi !

    Transcendance donc, et puis… immanence !

    Car, cette imposante confrontation avec tous les réels qu’est le cinéma nous est bien destinée ; elle nous rejoint et nous aussi ; et c’est ensemble que nous cheminons.

    Aussi… à chacun son cinéma !

    Et c’est alors qu’on pensera à un FILM UNIQUE qui réunira tous les films... pour que jamais on n'en soit séparés et qu'on ne les oublie...

     

     Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI sur le cinéma

     

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    ___________Je me souviens

     

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              Work in progress par définition, et puis... par nécessité aussi, sinon par nature, ce "Je me souviens" puisqu’on n’en finit jamais de se souvenir comme on ne cesse jamais d’oublier !


    Dans la première partie de cet ouvrage, et dans une certaine mesure, l'esprit de mes "Je me souviens" s'inspirera des "Je me souviens" de Georges Perec venus tout droit de chez Joe Brainard dont, aujourd'hui encore, nul ne sait de qui il s'est inspiré pour écrire ses "I remember".

    Dans la seconde partie, c'est de... demain dont je tenterai de me souvenir : de demain... dans... disons 50 ou 100 ans.

                Quant à savoir si ma tentative aura pour but de " retrouver un souvenir presque oublié... commun, sinon à tous, du moins à beaucoup" …

    Comme il s'agira de demain, on comprendra aisément que cette section s'adresse en priorité à des lecteurs qui ont une très bonne mémoire de l'avenir : pas du leur mais de l'avenir de ceux qui les suivront et qu'ils auront - par voie de conséquence -, précédés de peu mais suffisamment pour qu'ils les considèrent déjà - tous ces suiveurs -, comme leurs successeurs.

     

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    ___________Pièce à conviction

     

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    La vérité, c'est aussi et surtout dans les faits divers que vous la trouverez.

     

               Vous vous demandez dans quel monde vous vivez, dans quel pays, dans quelle ville, dans quel quartier ? Intéressez-vous donc aux faits divers et ne relâchez pas votre attention car tous ces faits divers sont aussi et surtout, des faits emblématiques de notre société qui demeure - quoi qu'on en dise - indomptable malgré tous ses garde-fous.

    Miroir déformant ou pas, le fait divers - pour peu qu'un traitement responsable lui soit réservé - viendra nous rappeler des logiques de comportement que l'on croyait révolues, une géographie urbaine ou rurale insoupçonnable, des conditions de vie scandaleuses mais aussi : mille transgressions, mille intolérances, mille traumatismes, mille injustices...

    Si la rubrique des faits divers est souvent celle des pauvres - rubrique-tombeau que personne n'ira fleurir - elle est aussi celle des fous.

     

    ***

     

    NB : ce texte n'est pas un polar !

     

                Trois longues années à découvrir les cadavres de dix adolescentes. Trois ans d'enquête à interroger des dizaines de suspects et des centaines de témoins éventuels, jusqu'au jour où l'on découvre dans le baluchon d'un sans-abri mort de froid, huit carnets. Après la lecture de ces carnets, la police ne tardera pas à faire un rapprochement entre ce cadavre et les viols et meurtres des dix adolescentes. Ce sont les analyses scientifiques qui finiront par établir avec certitude la culpabilité de l'auteur de ce "Journal" désormais considéré comme... "Pièce à conviction".

     

    Ce qui ne vous tue pas... fait de vous... un monstre !

     

    Comment revisiter le monde érotique et cruel du Marquis de Sade et chez Lautréamont, les forces obscures de l'irrationnel et de l'inconscient ?

    Ce récit est une tentative de réponse loin de toute analyse psychologique. D'où la forme adoptée : celle du "Journal intime".

    Parole de tueur donc ! Loin de la parole psychiatrique et, en ce qui concerne la parole du journalisme d'enquête, cette dernière est réduite à sa plus simple expression : celle de l'exposition des faits.

     

    Choix stylistique : celui d'une écriture subliminale censée incarner l'enfermement de notre tueur dans la négation de la réalité et du caractère injustifiable des actes qu'il commet. Des coupures de presse, insérées tout du long, renverront sans ménagement le lecteur à cette réalité décidément... têtue ! Aussi têtue que les faits qui nous sont rapportés dans ce journal.

     

     

    Extrait proposé - cliquez :  Pièce à conviction carnet 6 extrait.pdf

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                                                                        Extrait audio

     

     

     

    Entretien avec l'auteur : cliquez Pièce à conviction

     

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    ________Serge ULESKI - Morceaux choisis

     

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                La réalité psychologique de l’écriture est très complexe : tactique et stratégie y occupent une place importante. L’inspiration n’est pas tout : le but que l‘on s‘est fixé importe aussi.

     
    Comme un poisson dans l'eau... dans le vrai comme dans le faux, dans le bien comme dans le mal jusqu'à brouiller leurs frontières... pourquoi pas ? Tout en sachant comme nous le savons maintenant, que nous avons tous de bonnes raisons d'être ce que nous sommes et de le penser aussi (que nous avons de bonnes raisons) ; et bien malin ou présomptueux qui saura opposer La Vérité - et toute la vérité ! - au mensonge et exalter le Bien comme pour mieux conjurer tout le Mal qui est en nous et ce, sans sourciller et douter une seule seconde, insoucieux du fait suivant :

                Ce qui est... n'est pas ! Car il s'agit toujours d'autre chose ; autre chose et autre part... et puis, ailleurs aussi.

     

    ***

     

                 Rédigé sous la forme d’un Abécédaire, le matériau de ces morceaux choisis est issu des textes de l’auteur – romans et récits -, chez AMAZON ou bien, à paraître très prochainement chez ce dernier.

     

     Pour prolonger, cliquez : Littérature et écriture

     

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    _____Dieudonné, une résistance inespérée

     

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                   Banni des médias dominants - presse, télés, radios - depuis plus de dix ans à la suite d’un sketch sur FR3 qui mettait en scène un colon juif de Cisjordanie… Dieudonné a essuyé tous les affronts tout en faisant l’objet d’un nombre incalculables de mesures vexatoires et liberticides.

    D’une résistance et d’une persévérance hors du commun, Dieudonné a tenu bon ; et son public n’a jamais été aussi solidaire et nombreux qu’aujourd’hui.

     

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                   Que l'on ne s'y trompe pas : « raconter » Dieudonné, ce phénomène... ce n'est pas seulement parler de Dieudonné ; c'est aussi, et surtout, s'intéresser à tous ceux qui ont tenté de l’empêcher de travailler et d’exercer librement son Art.

    Dates, noms, faits et gestes, ce qui a été dit et écrit par les uns et par les autres… raconter Dieudonné, c'est mettre à jour le fait suivant :  de cette étude, de cet examen, ni les magistrats, ni les médias, ni la classe politique, ni les gouvernements n'en sortent grandis, et moins encore les associations communautaires acharnées à abattre professionnellement et socialement un humoriste fils spirituel de Molière, de Voltaire et d'Alfred Jarry.

                   Ces chroniques sont présentées dans leur chronologie… de 2007 à aujourd’hui. On pourra ainsi mesurer l’évolution des analyses de l’auteur et le chemin parcouru par celui-ci vis-à-vis de la démarche d’un Dieudonné artiste et activiste politique.

     

    Pour prolonger, cliquez  : le phénomène Dieudonné

     

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                     Et si en littérature, le meilleur personnage qui soit était le lecteur ?! Car, n’est-ce pas le lecteur qui « fait » le livre ?

    Il suffit de penser à tout ce qu’un lecteur est capable d’investir dans la lecture d’un texte : le pire comme le meilleur !

     

     

    ___________Paroles d'hommes 

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                  Arrive un jour où l'on décide de tout quitter pour échapper à tout ce qui nous empêche d’être... ce que l‘on croit pouvoir être, pensant à tort qu’il est encore possible d’être quelqu’un d’autre. Sur son chemin, on croise le rédacteur en chef auto-proclamé d'un magazine à la publication aussi hasardeuse qu'hypothétique ; ce personnage qui est aux sciences sociales ce que Knock est à la médecine, a comme projet un reportage sur une communauté rurale soupçonnée d'abriter des hommes aux mœurs d’une sauvagerie inqualifiable.

    Sans emploi et sans attaches, pensant n'avoir plus rien à perdre, ayant déjà tout perdu ou presque, on se dit : "Pourquoi pas ? Allez ! Va pour l’enquête ! Et puis... vogue la galère !" On prend la route. Les rencontres et les interviews se succèdent, l'enquête progresse mais... patatras ! L’itinéraire emprunté est un piège, et notre enquêteur malheureux progressera pas à pas vers une crucifixion sans gloire, sans honneur et sans rédemption.

     

    Thèmes abordés : l'impossibilité du pardon - La trans-sexualité et la question ontologique - Pulsions libidinales : frustrations et conflits - L'incommunicabilité - Le dépit amoureux et la trahison - Manipulation : mensonge et/ou vérité ?

    Et bien d'autres thèmes encore puisque... comme annoncé précédemment : "Ce qui est, n'est pas car il s'agit toujours d'autre chose... autre chose et autre part... et puis, ailleurs aussi !"

     

    Choix stylistique : cette farce tragique est écrite comme on diffuserait un événement en direct : dans l'urgence, caméra sur l'épaule.

     

     

    Entretien avec l'auteur : cliquez Paroles d'hommes

     

     

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                   En tant qu'auteur, on peut n'avoir qu'un souhait : que son projet d'écriture, une fois arrivé à son terme, se transforme en un véritable projet de lecture de la part du lecteur.

     

    __________Cinq ans, cinq nuits

     

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    Prix  "Littérature et Internet" Edition 2014

     

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                    Seul existe ce que l'on fait exister, avec détermination, après un travail acharné, pour ne pas se contenter, négligeant et sans courage, de le rêver.

                     Substituant à une vie conjugale en situation d'échec une voie large et resplendissante qui devra la mener jusqu'à son parachèvement, une femme se propose d'intervenir dans son propre destin. Une rencontre, comme un nouvel éclairage inattendu sur une existence qui semblait à jamais figée, avec celui qui deviendra très vite son amant, et c'est l'ébranlement de tous les repères, l'abolition de tous les interdits.

    Dépendance totale ! Absorption, fusion ! A l'effort que fournira cette femme pour échapper à l'étouffement, on pourra mesurer la puissance de sa réaction contre un mariage insipide, sans souffle et épuisé. Dans cette quête d'un Nouveau Monde - fief de tous les excès - dans ce réarmement contre les forces de la désagrégation, ce sont vingt années qu'elle rachètera et expiera auprès de cet amant-étoile décroché contre toute raison ; vingt années d'une existence qui n'a connu de la volupté que le regret de son absence.

    Une ambition d'une intelligence folle et subversive, cet érotisme qui ne produit rien et qui n'a qu'un seul but : s'extraire d'un monde interdit d'extase. Mais... pour plus d'un, pour plus d'une, un outrage ce sursaut, cet élan, cette ambition démesurée !

    Alors... rien, non rien, ne lui sera épargné ni pardonné.

     

    ***

    Thèmes abordés : l'extase et la volupté, le culte de l'Autre, l'absence et le manque, vie conjugale et atrophie.

    Choix stylistique : préciosité et emphase jusqu'à l'exubérance et parfois même, l'extravagance mais... à dessein - bien évidemment ! -, puisqu'à la source de ce choix, on trouvera une provocation en règle et un procès d'intention contre toutes les formes de dépréciation de soi et contre une organisation de l'existence qui a pour seule mécanique infernale : la soumission à un moins-disant émotionnel et érotique qui engorge tous nos désirs.

     

              Extrait proposé : Cliquez cinq ans cinq nuits extrait blog.pdf

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    CliquezEntretien avec l'auteur

     


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    Soutenir un auteur c'est le lire et en parler autour de soi

     
     

    ______________LA CONSOLATION

     

     

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                                     "Comment vivre sans choisir ? Comment vivre sans inconnu devant soi, sans espoir d'inédit, d'inattendu et d'inouï ?"

     

                Ce texte se déploie autour d'une femme divorcée après 25 ans de mariage. Les cinq premières années qui ont suivi son divorce sont des années fastes : elle recouvre, sa liberté. Mais très vite, à cinquante ans passés, c'est l'impasse : celle d'une organisation de l'existence au jour le jour.

     

                                "Depuis son divorce, voilà trois ans, elle a pris la vie, l'a quittée, l'a reprise, faisant l'impasse sur des jours, des semaines entières pendant lesquelles rien ne se passait et puis, hésitante, elle y est revenue à cette vie qui est la sienne aujourd'hui."

     

                La forme de ce roman est discursive. Le narrateur alterne le "elle" (le personnage de la femme), le "nous" (le personnage intégré à la communauté humaine) et le "on" que le lecteur (femme ou homme) aura tout le loisir de s’approprier ; il personnalise pour mieux dépersonnaliser, son personnage s'effaçant au profit d'une réalité plus vaste qu'elle : la condition de toutes celles - et accessoirement, de tous ceux - qui partagent... sa condition.

     

                               "Pourquoi nos vies seraient-elles si différentes puisque nous suivons tous, à quelques exceptions près, le même chemin ? Ne sommes-nous pas tous issus de la même branche, du même arbre, fruit d'une nécessité commune dictée par une loi dont les règles ne nous laissent guère le choix quand il s'agit de quitter les racines qui nous ont vus naître ?"

     

                Ce titre compte onze chapitres ; au neuvième, le lecteur possède tous les tenants et les aboutissants du personnage. Arrivent alors les deux derniers chapitres : le personnage a 55 ans et son destin, produit d’une sélection impitoyable, sera parfaitement accompli.

    Destin non conclusif, toutefois, puisque le lecteur se verra proposer un épilogue à deux voies, l'auteur ayant décidé de ne pas trancher.

     

                  Thèmes abordés : divorce, célibat, la souffrance au travail, la maternité, deuil, pardon et mémoire. 

           

               Extrait proposé : cliquez la consolation extrait.pdf

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    _________CONFESSIONS D'UN VENTRILOQUE

     

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                 Et si nous nous taisions ? Oui ! Nous taire pour mieux tendre l'oreille...

    Vous l'entendez maintenant ? L'entendez-vous cette plainte ?
      Elle gonfle. Elle exhale. Elle pousse ! Elle enfle. Elle est énorme à présent, et dans un instant, elle va éclater... Et tout s'achèvera en larmes, bien sûr.

     

    ***


                   Qui parle quand on parle ? Qui parle à qui ? Et qui écoute qui ?

                  Une voix s'est imposée à moi ; une voix venue témoigner et confesser un enfant martyr, le meurtre d'une femme, le décès accidentel d'une autre, une résistance aussi héroïque que vaine, et pour finir : un vieillard désabusé. De quoi remplir une vie... sans aucun doute !

    Composé de touches d'imprécations, de réflexions, de déclamations, de soliloques joints en forme de dialogue, d'impulsions violentes et de moments de silences, ces confessions sont une tentative d'écriture atonale qui offre la possibilité de lire les quatre premiers chapitres dans l'ordre que l'on veut ; ce qui devrait autoriser un grand nombre de combinaisons de lecture.


    Thèmes abordés : l'irrécusable douleur de l'insurmontable ; la révolte face au tragique dans l'existence, et l'espoir de la résilience.

     


     
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    ______Les brèves (plus ou moins brèves) de Serge ULESKI

     

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                  La vérité tient en quelques mots, et le mensonge... en tout un roman.

      

                 

    En proie à la nostalgie... 

    Et si, ce qui nous attire, nous séduit, nous émeut dans tout ce qui touche de près et de loin à hier, était le fait que ce morceau de vie qu'est le passé, est derrière nous ? Et on ajoutera, soulagés : "Ouf ! Plus de peur que de mal !" 

    Car... qui nous rappellera que vivre demeure une expérience que l'on préféra toujours avoir derrière soi et non... devant ?

     

     

    Fragments, figures de style, effets rhétoriques, parfois satiriques ou caricaturales…

    Maximes, syllogismes, aphorismes, tantôt inédits, tantôt glanés dans les textes de l’auteur (romans et billets de blogs)…

    Plus de trois cents brèves – plus ou moins brèves -, pour se dépêcher d’en sourire ou d’en rire ; ou bien encore, d’y réfléchir.

     

     

    Il faut taire les crimes, ceux de tous les jours car, les nommer, tous ces crimes d'exception, anonymes et insoupçonnables, c'est en faire des maux incurables, des maux privés de l'espoir de l'oubli.  

    Heureuse soit la victime à qui la société n'a pas notifié et qualifié le crime commis sur elle ! Car, elle n'aura alors qu'un seul poids à porter : celui de son propre jugement et seulement le sien. Et là, ô miracle ! L'esprit peut se révéler d'une magnanimité surprenante, lui qui est capable d'accueillir le pardon, ou bien l'oubli comme le naufragé accueille son sauveteur.

     

     
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    _______________TRANSIT (Théâtre)

     

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                Les personnages principaux de cette pièce de théâtre en un acte sont les suivants : un juge, un philosophe, un syndicaliste et un député.

    Autres personnages : un médecin, un infirmier, une jeune femme et un tire-au-flanc manchot (bras droit amputé).

    Le lieu : la salle commune et vétuste d'un foyer d'hébergement.

                 Tout au long de la pièce, le silence sera la règle et la parole, l'exception : surdité, mutisme et immobilisme - on ne veut pas entendre, on ne veut pas répondre, on ne veut pas bouger.

    Ces silences devront néanmoins... être joués. Ils le seront par le syndicaliste et le juge seuls, sauf instruction contraire. Durant ces pauses, tous deux doivent se montrer très tendus, exaspérés et accablés : ils sont plongés dans leurs pensées, un poids énorme semble les écraser, à l'intérieur d'eux, se livre une bataille.

    A titre d'exemples, ils pourront utiliser des éclats de rires brefs, des ricanements, des haussements d'épaules, tête que l'on jette en arrière, gémissements ponctués de longs silences, soupirs lourds et bruyants, râles, gestes furtifs, des bribes de phrases incohérentes et des phrases courtes mais compréhensibles celles-là (ces phrases sont notées dans le texte).

     
    Le député qui ne connaît ni l'identité ni la fonction du juge, du syndicaliste et du philosophe, accueillera ces silences avec anxiété. Il n'aura qu'un souci : les rompre.

    Le philosophe, lui, demeurera étranger à tout ce qui peut se faire ou se dire dans la salle commune de ce foyer.

     

    ***


                        Qui a forcé tous ces personnages à se retrouver dans ce lieu ? Qu'est-ce qui les réunit ? Pourquoi ce silence que tous cherchent à imposer à l'exception du député ? 

    C'est là tout l'enjeu de cette pièce.

     

     

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    _____Marquis de Sade : complaisance et omissions

     

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                « Célébration » du bicentenaire de la mort de Sade, exposition au Musée d’Orsay… manifestement, on n’en a jamais fini avec Sade ! Il va, il vient ; des universitaires,  des chercheurs, des auteurs  et autres « animateurs culturels médiatiques » nous le rappellent régulièrement à notre bon souvenir.

               Mais au fait, qui est Sade ? Et qui sont ceux qui s’obstinent à le faire exister ?  Pour(-)quoi et contre qui ?

              C’est tout le sujet de cet ouvrage dont toutes les citations (en italique) sont extraites de  « La philosophie dans le boudoir » qui a pour auteur Donatien Alphonse François de Sade, tantôt comte, tantôt marquis.

     

     

    ***

     


    Conférence inaugurale "Sade. Attaquer le soleil... par musee-orsay

     

                   A l’ouverture de la conférence de presse, en tant que commissaire générale de l’exposition « Sade. Attraper le soleil », Annie Lebrun aura ces mots : « Sade, c’est un changement de sensibilité. »

                      Tout est dit. Nous sommes maintenant prévenus.

     

    Pour prolonger cliquez : Marquis de Sade - complaisance et omissions

     

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    _______Ad hominem: Politique et médias

     

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                 Présenté sous la forme d’un Abécédaire, les articles et billet publiés sous le titre "Ad hominem" appartiennent aux catégories suivantes du blog de l’auteur : Politique, médias, minorités, société et actualité…

               Hommes et femmes politique, hommes et femmes des médias, penseurs, historiens, acteurs de la dissidence sur Internet… on y retrouvera entre autres : Jacques Attali, Julien Assenge, François Bayrou, Bush junior, Michel Collon, Harlem Désir, Dieudonné, Robert Faurisson, Michel Glouscard, Bernard-Henri Lévy, Obama, Karl Marx, Audrey Pulvar, Michel Rocard, Saint Augustin, Nicolas Sarkozy, Alain Soral, Benjamain Stora, Christiane Taubira, Manuel Valls, Hubert Védrine, Zemmour… et beaucoup d’autres encore… dans un regard tantôt féroce, tantôt caustique, compassionnel aussi, sur ceux qui font l’actualité, parfois à leur corps défendant , et alors qu’ils souhaiteraient sûrement qu’on les oublie.

     

    Pour prolonger, cliquez : Médias et désinformation ainsi que Politique et actualité


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    _______La France et le fascisme

     

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                   Qu'en est-il de cette France que l'on dit "fille aînée du fascisme" ? A l'heure où  "Ni droite ni gauche. L’idéologie fasciste en France",  paru en 1983, est repris en collection de poche avec une nouvelle préface de l’auteur sur près de 150 pages ; en effet, à en croire l'historien Sternhell, la France serait aussi " la fille aînée du fascisme". Rien moins.

                   Cet opuscule d'une cinquantaine de pages se propose de répondre à cette question et d'en proposer d'autres à la réflexion du lecteur car, ce qui doit nous intéresser n’est pas tant de savoir si la France est la « fille aînée du fascisme » mais bien plutôt ce questionnement-ci : pourquoi certains historiens et politologues ont manifestement besoin de le penser alors qu'aucune définition du fascisme ne semble possible, tout en tenant compte du fait que jamais en France il n’a existé un Etat fasciste, et qui plus est… librement consenti ?

     

    Pour prolonger, cliquez : La France et le fascisme : autant de questions sans

    réponses 


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    __________La France et le sionisme : domination et chantage  

     

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              A l’heure où, en voyage d’Etat en Israël en novembre 2013 , François Hollande, Président de la République française, adresse un chant d’amour éternel à Israël dans la résidence privée de Netanyahu, chef d’un gouvernement à la tête d’une coalition d’extrême droite…

    A l’heure du bannissement de Dieudonné - plus de dix ans de persécution -, à la suite d’un sketch qui dénonçait la politique d’un Etat qui n’a, aujourd’hui, plus rien à envier à l’Afrique du Sud du temps de l’Apartheid…

    Et alors que l'Etat israélien jouit, ici en France, d'un soutien quasi inconditionnel de la classe politique en général et du PS en particulier, et ce jusqu'au sommet de l'Etat français, soutien concomitant avec une adhésion pleine et entière à la politique de l’Otan et à un mondialisme qui n’est dans les faits qu’une remise en cause de tous nos acquis sociaux et démocratiques ainsi que de notre patrimoine culturel, le tout en violation de notre tradition diplomatique qui a fait notre rayonnement et notre force une tradition qui avait pour objectif la recherche d'un équilibre face à des pays et des cultures hégémoniques à la soif excessive de domination...

                Cet ouvrage se propose d’exposer au grand jour, jour après jour, la démission de l’Etat, de la quasi-totalité de la classe politique, des intellectuels, du monde de la culture et des médias, tous terrorisés à l’idée de s’opposer à la préséance d’une idéologie seulement capable, d’organiser le malheur partout où elle est dominante : là-bas : bombardements civils, assassinats et expropriation ; ici : division, violence, chantage et bannissement.

     

    Pour prolonger, cliquez : Sionisme ? Vous avez dit "sionisme" ?

     

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  • Quand Léo Ferré est sans égal ni rival...

         

                 Un hommage à Léo Ferré qui nous a quittés un 14 juillet. C'était en  1993.

                          (d'aucuns prétendent qu'il a tiré sa révérence juste avant la retransmission télévisée du traditionnel défilé militaire des Champs-Elysées).

    _______________

     

     

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                      Il n'écrivait et ne parlait qu'une seule langue : le Français... mais il parlait tous les langages et écrivait dans toutes les musiques : il est à lui seul près d'un siècle et demi de poésie et de littérature.

    De Baudelaire à René Char en passant par Hugo, Bruant, Carco, Queneau, il a traversé toutes les Ecoles d'écriture - même automatique  ! Du langage insaisissable de la rue aux modes langagières éphémères, du Franglais à l'Argot, à la fois virtuose et vertigineux, surdoué, il pouvait dans un même texte aux néologismes sans nombre, dans un même vers, dans une même phrase les réconcilier tous.

                    Grand mélodiste, auteur, compositeur, orchestrateur et chef d'orchestre, il était son meilleur interprète. Ironique, moqueur, cruel et tendre, toujours en colère, il aura été le premier slameur et sans doute aussi, le premier rappeur. 

    Des millions d'hommes et de femmes ont découvert nos poètes du 19e et 20e siècles ainsi que la musique symphonique au contact de son oeuvre, de Beethoven à Berlioz, du carton perforé de l'orgue de barbarie au piano à bretelles et au rock psychédélique du groupe ZOO.

                   Si chez Ferré on ne compte plus les chansons qui ont pour sujet La Femme et les femmes, on a évoqué un Ferré anti-féministe, voire misogyne … or, la misogynie de Ferré était celle de tous les hommes de sa génération face aux femmes cultivées et indépendantes d'esprit. Ces femmes, tous les hommes de la génération de Ferré les craignaient... (même Sartre avait du mal avec le féminisme d'une Simone de Beauvoir). Car, pour Ferré, il ne peut y avoir de Femme que celle qui accompagne l'homme, le soutien, le couve ; c'est la femme qui veut et fait des enfants et qui les élève ; et c'est aussi l'autre Femme, fatale de surcroît, pour laquelle on se damne après avoir vendu son âme sous la contrainte d'une nécessité qui nous échappe et qui nous condamne au malheur.

                    Quant à savoir si Ferré était un bourgeois comme semble l'indiquer sa belle-fille, Annie Rabereau, dans un ouvrage "Comment voulez-vous que j’oublie" paru chez Éditions Phébus), encore faut-il s'entendre sur le terme "bourgeois" : sûrement Ferré a accueilli le succès, l'argent et son confort de vie qu'il apporte avec soulagement après 20 ans de galère, 20 ans de vache enragée... 20 ans de "vie d'artiste"... mais on peut sincèrement douter qu’il ait pu être un bourgeois dans sa manière de concevoir l'organisation de la société : qui fait quoi, où, comment, à quel prix et sur le dos de qui.

     

                  Contemporain d’un siècle aux trois-quarts éventé, contradictoire et ambivalent, Léo Ferré a sans doute fait l’amère expérience d’une humanité qui, si elle méritait un meilleur sort, ne pouvait néanmoins s’empêcher de mendier sa dignité auprès de salauds qui se feraient un plaisir de la lui accorder mais à condition qu’elle se baisse plus bas encore, sur les genoux car, comme tous les grands misanthropes, Ferré avait un amour débordant de compassion pour les petites gens ; dans ses textes et ses chansons, il leur disait "tu" : "... pour l'enfant que tu portes au fond de l'autobus"(extrait du titre "Requiem").

    Et si la musique l’a saoulé de mots, les mots l’ont aussi saoulé de musique et personne mieux que Ferré n'a usé et abusé de tous ces mots, jusqu'à en inventer d'autres... tellement il pouvait les trouver très en deçà de ce qu'il attendait d'eux... des mots d'une violence inouïe, parfois jusqu'à la terreur... terreur des mots, de tous les mots de tous les langages dans une seule et même langue indépassable et sans doute intraduisible.

                Qu'il soit permis ici de prédire qu'après Léo Ferré... ce sera (mais... n'est-ce pas déjà le cas ?) la débâcle d'une langue qui s'est effondrée sous le poids de la bêtise et du fric pour une réussite à courte vue, une réussite imbécile et sans profit pour notre humanité et son patrimoine.

     

    ***

     

                 Léo Ferré aura été le seul poète, authentiquement poète, sans rival excepté chez les plus grands (Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire, Césaire, Char), que la chanson, le music-hall, la scène et une production discographique d'une richesse sans égale, aient  jamais porté jusqu'à tous les sommets.

     

    ___________________

     

    "La mémoire et la mer"

    Léo Ferré - Paroles et musique

     

     

    "Ces mains ruminantes qui meuglent
    Cette rumeur me suit longtemps
    Comme un mendiant sous l'anathème
    Aimé Césaire ?!

    "Dieux de granits, ayez pitié
    De leur vocation de parure
    Quand le couteau vient s'immiscer
    Dans leur castagnette figure"
    René Char ?!

    "Quand j'allais, géométrisant,
    Mon âme au creux de ta blessure
    Dans le désordre de ton cul
    Poissé dans des draps d'aube fine
    Je voyais un vitrail de plus,
    Et toi fille verte, mon spleen"
    Baudelaire ?!

    "Je me souviens des soirs là-bas
    Et des sprints gagnés sur l'écume
    Cette bave des chevaux ras
    Au raz des rocs qui se consument"
    Rimbaud ?!

     

    La marée, je l'ai dans le coeur
    Qui me remonte comme un signe
    Je meurs de ma petite sœur, de mon enfance et de mon cygne
    Un bateau, ça dépend comment
    On l'arrime au port de justesse
    Il pleure de mon firmament
    Des années lumières et j'en laisse
    Je suis le fantôme jersey
    Celui qui vient les soirs de frime
    Te lancer la brume en baiser
    Et te ramasser dans ses rimes
    Comme le trémail de juillet
    Où luisait le loup solitaire
    Celui que je voyais briller
    Aux doigts du sable de la terre.
     
    Rappelle-toi ce chien de mer
    Que nous libérions sur parole
    Et qui gueule dans le désert
    Des goémons de nécropole
    Je suis sûr que la vie est là
    Avec ses poumons de flanelle
    Quand il pleure de ces temps là
    Le froid tout gris qui nous appelle
    Je me souviens des soirs là-bas
    Et des sprints gagnés sur l'écume
    Cette bave des chevaux ras
    Au raz des rocs qui se consument
    O l'ange des plaisirs perdus
    O rumeurs d'une autre habitude
    Mes désirs dès lors ne sont plus
    Qu'un chagrin de ma solitude.
     

    Et le diable des soirs conquis
    Avec ses pâleurs de rescousse
    Et le squale des paradis
    Dans le milieu mouillé de mousse
    Reviens fille verte des fjords
    Reviens violon des violonades
    Dans le port fanfarent les cors
    Pour le retour des camarades
    O parfum rare des salants
    Dans le poivre feu des gerçures
    Quand j'allais, géométrisant,
    Mon âme au creux de ta blessure
    Dans le désordre de ton cul
    Poissé dans des draps d'aube fine
    Je voyais un vitrail de plus,
    Et toi fille verte, mon spleen


    Les coquillages figurant
    Sous les sunlights cassés liquides
    Jouent de la castagnette tant
    Qu'on dirait l'Espagne livide
    Dieux des granits, ayez pitié
    De leur vocation de parure
    Quand le couteau vient s'immiscer
    Dans leur castagnette figure
    Et je voyais ce qu'on pressent
    Quand on pressent l'entrevoyure
    Entre les persiennes du sang
    Et que les globules figurent
    Une mathématique bleue,
    Sur cette mer jamais étale
    D'où me remonte peu à peu
    Cette mémoire des étoiles

    Cette rumeur qui vient de là
    Sous l'arc copain où je m'aveugle
    Ces mains qui me font du fla-fla
    Ces mains ruminantes qui meuglent
    Cette rumeur me suit longtemps
    Comme un mendiant sous l'anathème
    Comme l'ombre qui perd son temps
    À dessiner mon théorème
    Et sous mon maquillage roux
    S'en vient battre comme une porte
    Cette rumeur qui va debout
    Dans la rue, aux musiques mortes
    C'est fini, la mer, c'est fini
    Sur la plage, le sable bêle
    Comme des moutons d'infini...
    Quand la mer bergère m'appelle
     
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  • Crise de la transmission et deuil de l'oubli - 3

     

     

                   Ce que vous n'avez pas connu ne peut en aucun cas vous manquer !

           En sommes-nous si sûrs aujourd'hui ?

     

    ____________________

     

     

    Le dernier des hommes de Friedrich Wilhelm Murnau - 1924

    ou l'homme au rebut.

     

     

                            Ordet (La Parole), de Carl Dreyer - 1955 ; d'après la pièce de théâtre du Danois Kaj Munk

                     Comment embrasser la totalité de l'univers, alors que le matérialisme et le scepticisme n'en voient qu'une partie dont ils ont la folie de croire qu'elle est le tout ?

     

     

    Le sacrifice d'Andrei Tarkovski - 1986

    Comment combler l'absence d'un espace réservé à la vie spirituelle ? Et la menace que cette absence fait peser sur chacun d'entre nous.

     

    ***

     

                Le dernier des hommes, Ordet, Le sacrifice... Murnau, Dreyer, Tarkovski... et d'autres...

    Qui les protègera de l'oubli, de cette perte de mémoire, de cette amnésie savamment organisée et entretenue par des marchands de succédanés et une économie de l'ersatz qui a tout emporté sur son passage ?

    Au sujet de cet oubli, le véritable deuil, finalement, n’a pas pour objet la perte - à l'heure du numérique, plus rien ne se perd, et pour peu qu’il s’agisse d’une œuvre, celle-ci est indestructible : désormais, ce qui a été le sera à jamais !

    Non ! Aujourd'hui, le deuil a bien plutôt pour objet l’absence de transmission et l’ignorance certaine de ceux à qui aucune chance ne sera donnée de découvrir et de connaître tout ce dont il nous a été donné d'être les témoins...

    Car si Internet c'est toute la mémoire du monde, avec le concours de millions d'acteurs du web déterminés à transmettre le passé, même récent, encore faut-il soupçonner l'existence de tout ce qu'une génération a pu faire advenir intellectuellement et artistiquement.

     

                  Le deuil, c’est donc le deuil de la non-transmission avec lequel il nous faut vivre ; le deuil de notre incapacité à pouvoir transmettre et « raconter l’autre » qui n’est plus ; le raconter auprès d’un public absent, indisponible ; des millions d'êtres humains privés de leurs capacités à faire un pas en arrière car, aujourd’hui,  il n’est donné à personne de se retourner : "Pas le temps ! Et puis j'étais pas né !"

    Et ce deuil-là est sans recours ni consolation.

     

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  • Jeff Koons à Versailles

     

    Quand l'art contemporain se fait le fossoyeur de l'Art Moderne

     

    _____________________________

     

     

                 Visite privée de l'exposition sur invitation de Jean-Jacques Aillagon, Président du domaine du Château de Versailles, notre guide pour l'occasion, ce samedi 13 Septembre (2008) à 18h30.

     

     ***

     

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                 Certes, Koons aurait tort de se priver d'être "Jeff Koons" : argent, célébrité, considération...

    En revanche, on pourra difficilement pardonner à nombre de professionnels de l'Art contemporain - directeurs de musée et/ou de centres d'Art (financés et rémunérés par le contribuable), commissaires d'expositions, critiques d'art, les DRAC et les journalistes (1) d'avoir lamentablement échoué dans leur mission.

    A défaut d'être des passeurs de culture, nombreux sont ceux qui se sont contentés d'être les relais serviles d'agences de relations publiques, de créations d'événements, de publicité, de marketing qui sont à la production artistique ce que le film publicitaire, le clip, le design, Disneyland et le parc Astérix sont à l'Art et qui ont pour mission première, sinon unique, de fabriquer, d'entretenir et de promouvoir l'image de camelots, de bonimenteurs, de montreurs de foires, gesticulateurs puérils, immatures, fumistes, anecdotiques, infantiles... abusivement appelés : artistes.

    On pourra aussi et sans risques, les accuser d'être jour après jour, les complices de la dé-culturation et de l'abrutissement des masses laissées sans repères, et auprès desquelles on aura déconsidéré pour longtemps l'Art contemporain (qui vraiment, n'en avait pas besoin !!!), avec des figures telles que Jeff Koons coté à plusieurs millions de dollars et à ce prix, de confondre l'Art avec l'industrie du divertissement... et du luxe, en l'occurrence.

    On parlera de leur culot, depuis plus de quarante ans, quand sans honte et sans rire, ils nous affirment qu'ils ont le devoir de nous faire connaître des productions reflets de notre époque - époque qui sera toujours, tout comme son Art, beaucoup plus que ce que l'on croit avoir compris d'elle, qui n'est, le plus souvent, que ce qu'on souhaite nous donner à comprendre, ou bien, seulement ce que l'on est capable de saisir d'elle...

    Et alors que la production qui nous est proposée ne reflète que l'aspect le moins pertinent parce que... de toutes les époques, ce prosélytisme au service d'un esprit mercantile ; esprit qui finalement, nous distingue si peu de l'animal ; animal qui est, tout le monde en conviendra, bien incapable d'accoucher d'un Léonardo, d'un Boulez, d'un René Char, d'un Zao Woo-ki, d'un Picasso, d'un Giacometti, d'un Ligeti, sa production étant limitée le plus souvent à des déjections fécales, nécessaires certes mais... en aucun cas, ne pouvant trouver leur place dans nos centres d'Art, même et surtout, contemporains.

    Et puis enfin, on ne manquera pas de garder à l'esprit qu'il se pourrait bien qu'ils aient été les saboteurs, les avorteurs de jeunes ambitions intimidées ou bien découragées - sinon dissuadées -, face à l'incurie des codes de la représentation et de la communication dite artistique et contemporaine et de leur maîtrise sans laquelle tout espoir d'être ne serait-ce que diffusé ou exposé, s'évanouit à jamais.

     

                   Alors... pour tout ce gâchis humain et artistique... réclamons une minute de silence... sinon, l'éternité.

     

     

    1 - Ceux de France Culture qui se sont littéralement couchés devant tous ceux qui auront été à l'origine de cette exposition au Château de Versailles, et devant Koons finalement - Koons et ses millions (et sûrement pas devant son art !) -, lors de l'émission du vendredi 12 septembre à 19H15 avec Laurent Goumarre en direct de Beaubourg.

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  • Hadopi face à la "Génération gratuité"

                Que faut-il penser de cette génération qui passe le plus clair de son temps à télécharger des films et des musiques piratés, et à n'écouter que ces musiques et à ne regarder que ces films pour lesquels elle ne donnerait pas un Euro si d‘aventure elle y était contrainte ?

    Pour sûr, cette génération sera vertueuse parce que... écolo : “Comment ça ! Vous vous brossez les dents en laissant couler l’eau ?!! Mais quelle sorte d’homme êtes-vous ? Vous n’avez pas honte ?”

    Ecolo et puis, un rien hygiéniste aussi : “ Qui c’est ce taré incontrôlable qui fout le bordel ?! Débarrassez-nous en au plus vite !”

    Pour le reste, on est libres mais... prévenus : inutile de chercher à éveiller en elle un intérêt quelconque pour ce qui s‘avèrera payant.

     

    ***

     

                La marchandisation de tout ce qui peut a priori faire l’objet d’une transaction commerciale, c’est la société de consommation arrivée au sommet de sa maturité avec pour seule préoccupation la dévalorisation de tout ce qui peut représenter ou prétendre à une valeur autre que marchande ; et son corollaire a pour nom : la gratuité.

    Surtout ne pas y voir là une contradiction ou un paradoxe qui trahiraient un manque de cohérence !

    Si tout ce qui a un prix n’a pas de valeur“, aujourd’hui, tout ce vaut et rien ne vaut la peine de débourser quelque argent pour ce rien qui ne vaut pas plus que ce que peut valoir tout le reste car, on peut difficilement nier la chaîne de causalité suivante : société de consommation = dévalorisation de tout ce qui n’est pas "marchandisable" = tout devient marchandise = tout est interchangeable, fin de la rareté et de l’unicité (caractère unique d’un objet d’une production) = dévalorisation de la marchandise elle-même pour laquelle on n’acceptera plus de payer si on peut l’éviter : vol, piratage,échange...

    Et cette gratuité exigée - sinon souhaitée -, sera accordée à quel prix ?

    Au prix de tout ce qu’on lui fera payer en échange de cette gratuité   qui concerne des secteurs d’activités totalement dévalorisés et désincarnés : journaux gratuits pour la liquidation du métier de journaliste, télévision publique sans garantie de financement, musiques, films... tous devenus interchangeables à souhait...

    Nul doute, ceux qui regardent ces films et écoutent ces musiques ne s'y sont pas trompés ; c'est la raison pour laquelle ils ne souhaitent pas les acheter s'ils peuvent l'éviter ; même si l'on pourra tout de même déplorer le fait que seuls ces musiques et ces films semblent retenir leur attention.

    Car, les véritables enjeux sont ailleurs, et pour commencer : dans tout ce qui a été acquis de haute lutte et que le marché a investi au galop, à savoir : ce qui était hier encore accessible à tous et qui aujourd‘hui ne l‘est qu’à la condition d’être capable de payer rubis sur ongle.

     

                Aussi, toute communication autour de la gratuité avec son message subliminal “Mais... payez donc ! puisqu’on vous dit que c’est gratuit !” a de bonnes chances de faire la fortune de quelques uns avant d’en flouer un très grand nombre, à l’heure où tout espoir de ré-investissement dans de nombreux domaines culturels aujourd'hui délaissés ou privés d’exigence et d’excellence, semble à jamais perdu.

     

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  • Internet, écriture et édition : bilan et perspectives

     

     

                 Entretien avec Jan Kapriski... un temps rédacteur en chef de la revue (éphémère) : Littérature et écriture.

     

     

     

     

    ***



    Jan - « L’heure du bilan a sonné !» m’as-tu annoncé Serge. Tu es venu me voir et tu m’as demandé de conduire cet entretien. Il sera donc question de ta présence sur le Web depuis trois ans, et de ce que tu souhaites nous dire à ce sujet ; ça peut être utile auprès des auteurs qui se posent la question suivante : « Qu’est-ce qu’Internet peut bien m’apporter ? ». On commence par l’audience de ton blog, ou plus généralement, ton audience sur le web...

     

    Serge ULESKI - Difficile d’évaluer mon lectorat mais… je le situe entre 8000 et 10000 par mois, parfois plus - ce qu’on appelle les « visiteurs uniques » -, en audience cumulée sur les trois sites suivants : Nouvelobs, Agoravox et Le monde.fr.

     

    - Sur le Nouvelobs, tu gères 2 blogs.

     

    - Oui. Un qui a pour sujet "l'écriture et l'Art"... un autre sur l'actualité politique.

     

    - Depuis huit ans, tu es très présent sur les réseaux-sociaux et pas simplement sur ces plateformes d'info.

     

    - C’est ma manière à moi de me démultiplier ; notion très importante avec Internet : si vous voulez qu’on vienne chez vous, il faut aller chez tous les autres. Aussi, je suis partout où il y a de la lumière... même celle d’une bougie. Chaque billet publié sur ce qu'on pourrait appeler mon blog-maître, celui du Nouvelobs, fait l'objet d'une publication sur de nombreux autres sites.

     

    - D’où ton Pagerank de 5.   

     

    - C’a demandé pas mal de travail ; un travail à plein temps : il faut pouvoir intervenir sur l'actualité, avoir un avis sur tout ou presque... Même si je cible en priorité les sites à forte audience.

    - Et les sites qui traitent de littérature ?

    - La plupart de ces sites n’acceptent pas de contributions extérieures. Ces sites sont fermés ; ils fonctionnent en vase clos ; de plus, ce sont des sites très confidentiels, à faible, voire très faible audience. Sinon,j'interviens régulièrement sur Exigence littérature.

     

    - Pour reprendre cette idée de « démultiplication »… tu interviens sur les sites tantôt en tant que contributeur, ou bien alors, tu utilises la fonction « commentaire »…



    - Avec cette fonction propre à Internet, j’interviens sur les journaux en ligne tels que Libé, Le Point, Marianne, Médiapart à partir de leur publication sur Facebook...

     

    - Tes interventions vont bien au-delà du simple commentaire. Il est plutôt question de rebond ou de prolongement…

    - On répond à un texte par un texte. C’est ma position en ce qui concerne le "commentaire" ; commentaire qui peut occuper une place qui ne lui est pas destinée, et ce faisant devenir le centre d'une parution dont le contenu initial se trouve renvoyé à la périphérie.

    - Le commentaire peut alors devenir le nouveau centre d’attention ?

     

    - C'est ça. Une seule règle néanmoins : il faut respecter le sujet traité par le billet.


    - Ta démarche peut être à l’origine de quelques tensions...

     

    - C’est le risque. Tensions du côté de l’auteur du billet original ou bien, des internautes qui interviennent, eux, sous la forme concise du commentaire. Faut bien dire qu’il y a sur Internet et les sites généralistes à forte audience, un refus de tout ce qui est disons écrit ou étoffé ; sur Internet, on aime la concision, et donc  les commentaires courts. C'est sans doute la BD qui est responsable de cette situation ; la BD et ses effets sur deux générations ainsi que les méthodes d'enseignement du français ; les nouveaux outils de communication sont aussi en cause ; pour faire court : l'hégémonie irréversible de l'image et du son, et par voie de conséquence... les problèmes que rencontrent les internautes quand il faut passer à l'écrit.


    - Avec Internet, le niveau est toujours un problème, non ?

    - C'est vrai : on y trouve pas que des as de l'écrit ou du raisonnement. Mais... il faut le dire : Internet permet à nombre d’auteurs, d'artistes et de créateurs à la marge des milieux culturel, artistique et médiatique de s’exprimer ou de présenter leur travail ; et ces internautes-là représentent de surcroît près de 99% de ceux qui créent ; et j'en fais partie. Internet est aussi là pour pallier la disparition de ce qui s’est longtemps appelé « Le café du commerce » : lieux où l’on pouvait dire ce qu’on pense, donner son opinion quelle qu’elle soit ; ces lieux ont pratiquement disparu. Internet a pris le relais ; une différence de taille quand même : avec Internet, la parole libérée est souvent une parole anonyme, sans nom ni visage...

     

    - D'où les excès.

     

    - Et qui plus est : une parole formulée dans l'instant, dans l'humeur ; une parole sans recul qui se propage à une vitesse vertigineuse auprès d’une audience potentiellement illimitée.

     

    - Toi-même, comment gères-tu les commentaires des internautes ?

     

     

    -  Sur le Monde.fr et sur Agoravox, je peux gérer les commentaires. Sur le Nouvelobs, je n'ai pas la main. C'est le Nouvelobs qui valident ou pas les commentaires qui sont déposés. En règle générale, je valide tous les commentaires – quelle que soit leur longueur -, sauf les insultes et les commentaires incompétents ou de mauvaise foi. Dans l’ensemble, les commentaires que l’on me soumet sont plutôt constructifs, même sur DSK ou sur Alain Soral et alors que cet auteur fait l’objet d’une haine inextinguible ; ainsi que Dieudonné qui garantira des records d’audience à quiconque poste un billet à son sujet. Sur Godard, Eastwood, Marc-Edouard Nabe et Bayrou, j'ai essuyé quelques insultes. Comme quoi, il y a encore des gens intouchables !

     

    -  Quelle est la fréquence de tous ces commentaires ?



    - Toutes les études le montrent : moins de 10 pour cent des lecteurs-internautes laisse un commentaire. Ce pourcentage semble invariable.



    - Beaucoup se plaignent d'Internet. A son sujet, ils n’hésitent pas à parler de "poubelle".

    - Les critiques les plus virulentes ont pour origines ceux dont la notoriété est antérieure à Internet ; notoriété qui repose sur la télé, la radio et la presse écrite. Et puis, il faut bien aussi mentionner cette caste médiatique qui, depuis toujours, prétend au monopole de l'analyse et du commentaire ; et cette caste médiatique découvre avec Internet qu’elle est loin de faire l'unanimité auprès d'un public spectateur-lecteur-auditeur-critique avec lequel elle n'avait, jusqu'à présent, aucun contact direct ; protégée qu'elle était, aujourd'hui cette caste accepte mal la liberté d'opinion. C’est la raison pour laquelle elle a recours au rejet et au mépris.

     

    - Quels sont tes billets qui ont rencontré le plus de lecteurs ?

     

    - Un billet sur Dieudonné, un Billet sur le PS et puis un autre, sur l’affaire Fofana.

     

    - Et la censure ? As-tu eu à t’en plaindre ?

     

    - Sur Internet, c'est une constante : plus un site touche un large public, plus il est liberticide ; le niveau de tolérance est vite atteint. Sur le Net, il s'agit surtout de censure préventive : dans le doute, on préfère bâillonner le blogueur. Pour exercer cette censure, la grande majorité des hébergeurs qui n'a pas les moyens de contrôler tous les contenus se repose sur la délation par l'intermédiaire de la fonction Alerter (ou avertir - bel euphémisme pour dénoncer) ; en un clic on alerte, celui qui dénonce restant anonyme : pas de visage ni de nom ; juste une adresse IP.

     

    - J'imagine... ils doivent tous s'en donner à coeur joie !

     

    - On peut dire ça, oui. Cela dit, l'ironie est la suivante : je me suis fait "jeter" à deux reprises : de la plateforme "RFI - atelier des médias" et de Médiapart... et détrompe-toi, non pas pour mon soutien à la dissidence (Soral, Dieudonné et d'autres) mais pour avoir critiqué ces deux médias : RFI à propos de la France-Afrique, et Médiapart à propos de l'incompétence de sa rédaction en politique internationale et plus particulièrement, en géopolitique. RFI à supprimer toutes mes contributions qui représentaient plusieurs années de collaboration. Médiapart les a toutefois maintenues.

     

    - On a évoqué ton audience sur Internet. Qu'en est-il de tes ouvrages ?

     

    - Depuis la mise en ligne progressive de mes titres sur Amazon, j'en suis à un moyenne de 600 exemplaires par titre.

     

    - C'est plutôt encourageant non ?

     

    - Comme on a pu le voir avec les commentaires, les ventes représentent grosso-modo un peu moins de 10% de l'audience. Aussi, si 10% des lecteurs laisse un commentaire, il semblerait qu'il y ait le même pourcentage qui achète mes ouvrages.

    - Seule solution pour augmenter les ventes : augmenter l'audience.

    - En effet.

     

    - Cela dit, pourquoi ce faible taux de retour sur ton "investissement", si j'ose dire : investissement  dans la toile en général et dans ton blog en particulier ?

     

    - Plusieurs raisons ; j'en retiendrai deux : parmi les lecteurs de mon blog, les plus nombreux viennent simplement pour y lire ce que j'ai à dire sur tel ou tel sujet plus ou moins d'actualité ; tous ne viennent pour y découvrir de la littérature, la mienne en l'occurrence ; Et puis, tous n'en lisent pas. Quant aux autres, laisse-moi éclairer un aspect parfois négligé, pourtant primordial de la lecture ou de la non-lecture d’une œuvre à l’égard de laquelle tout lecteur serait tenté de se détourner d’instinct, avec à l’esprit cette considération imparable et fatale à tout auteur non estampillé écrivain : à quoi bon la lecture d’un texte dont on n’est pas assuré de la légitimité

    - Un peu comme la signature sur un tableau ?

    - Oui.

    - Et cette légitimité, où le lecteur ira-t-il la chercher ?

    - Le lecteur ira la chercher dans un premier temps, auprès des éditeurs (un ouvrage estampillé Gallimard jouira d’une légitimité et d’un prestige incomparables), et dans un second temps : auprès des critiques, des éditorialistes, des commères en tous genres, magazines, radios, télés, bien évidemment. Et si par malchance l’auteur et son texte n’ont pas été validés par une bonne partie de tout ce beau petit monde, le lecteur aura très vite le sentiment de perdre son temps en s’adonnant à une lecture pour rien ou pour si peu ; une lecture et un livre pour personne sinon les proches de l’auteur. Quant à la critique... elle n'achète pas les livres qu'elle couvre, aussi, ceux qui sont auto-édités passent automatiquement à la trappe. La critique se repose uniquement sur le service de presse des éditeurs ; ce sont eux qui décident de ce que la critique lira ou ne lira pas.

     

    - Ce regard des lecteurs et de la critique sur les auteurs auto-édités peut-il changer un jour ?

     

    - Ca prendra du temps.

     

    - Que penses-tu de l’expérience de Marc-Edouard Nabe et son anti-édition dont on nous a rebattu les oreilles ?

     

    - Rien à dire de particulier. Ce que Nabe appelle l’anti-édition est une formule pompeuse et creuse que tous les imbéciles autour de lui – et on me dit qu’ils sont nombreux -, ont reprise. Si Nabe fait de l’anti-édition, il s’agit tout bêtement d’édition anti-éditeurs et anti-libraires : anti-FNAC disons. No big deal ! La véritable anti-édition signerait l’arrêt de mort du livre et de l’écrit au bénéfice d’une littérature orale ; une littérature de l’ouïe, une littérature du bouche à oreille qui se déclamerait sous (ou derrière) le « masque ». La seule originalité de la démarche de NABE c’est son passage de l’édition à compte d’éditeur à l’édition à compte d’auteur, même si les éditeurs l'ont un peu aidé puisqu'il n'en trouvait plus. Nabe fait simplement de l’auto-édition mais… avec un siècle de retard : l’auto-édition de Nabe date d’une époque où les auteurs devaient payer leurs exemplaires avant de les écouler auprès de leurs lecteurs. Nabe n’a manifestement jamais entendu parler de l’impression papier à la commande qui se pratique sur le Net depuis quelques années maintenant ; système d’impression dans lequel l’auteur n’a rien à débourser, excepté le lecteur lorsqu’il commande un ouvrage.



    - Tu as recours à Amazon

     

    Amazon gère toute la chaîne de l’édition : de l’impression à la facturation et l’envoi du manuscrit commandé par le lecteur. En ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage - mise en page et mise en forme -, l'auteur contrôle tout à la virgule près. On peut aussi à tout moment effectuer des corrections, des modifications... le livre que reçoit le lecteur étant la dernière version chargée par l'auteur sur l'interface de l'imprimeur.

    - Tu veux dire qu'aujourd'hui, il peut circuler des versions différentes de chacun de tes titres ?

    - Je parlerais de corrections ou de modifications mineures en ce qui me concerne, même si des changements majeurs sont possibles. C'est bien de savoir que l'on peut toujours intervenir sur ses textes. Rien n'est figé, jamais, avec Internet et ce système d'impression papier à la demande ! Ensuite, je n’ai qu’à toucher la part qui me revient sur le prix de vente. Avec ce système de publication, l'auteur est vraiment rémunéré ; et le prix de son livre n'en est pas plus élevé pour autant.

     

    - Rien à voir avec les 8% d'un éditeur donc !

     

    - Et plus encore quand il s'agit d’un éditeur qui n’a pas les moyens de faire connaître les ouvrages qu’il publie. Franchement, je ne vois pas comment des auteurs peuvent encore aujourd’hui accepter les conditions qui leur sont faites  ; et notamment la cession à vie et au-delà, des droits sur leur propre travail, sur leur sueur et leur sang ?! Et en échange de quoi, franchement ? Disons les choses : des pans entiers de l’édition ont longtemps eu pour occupation principale la chasse aux subventions ; notamment les petits-éditeurs-sangsues de la province, gérants-salariés de leur propre maison, installés dans des communes aux codes postaux du type 64258 ou 34878 ou bien encore 12145 (ne cherche pas : ces codes sont fictifs), bien au vert dans des hameaux, des villages et autres lieux-dits, un salaire confortable en fin de mois, le tout sur le dos des auteurs qu’ils éditent et qui ne verront jamais leurs livres dans les bacs des points de vente qui comptent. Nul besoin de le déplorer, personne n’aurait pu soupçonner qu’ils y étaient… puisque ces éditeurs n’ont pas les moyens de faire connaître les ouvrages qu’ils éditent. Sans oublier le fait suivant : compte d’éditeur ou d’auteur, n’est-ce pas toujours l’auteur qui paie la fabrication et la diffusion de son livre ?! Pourquoi crois-tu qu’un éditeur donne 8% à son auteur ? 8% du fruit de son travail ? Où donc sont passés les 92% restant ?

    - On parle depuis quelques années maintenant d'une crise du livre…

    - Est-ce vraiment le livre qui se porte mal ou bien les éditeurs ? Et plus particulièrement ceux qui n’ont pas les moyens de faire connaître les livres et/ou les auteurs qu’ils éditent ? A l’avenir, je crois que les éditeurs qui ne seront pas capables de “rapporter” des lecteurs à leurs auteurs auront du souci à se faire. Avec Internet et l'impression numérique à la commande, l'auteur pourra voler de ses propres ailes.

    - Tu veux dire qu'Internet lui fournira des lecteurs ?

    - Oui. Même si cela demandera de la part de l'auteur, un travail quotidien pour développer sa notoriété et sa crédibilité : sites, plateformes communautaires, forums...

     

    - Tu penses que d’ici peu, le seul intermédiaire “toléré” par les auteurs entre un livre et son lecteur sera l’imprimeur, et seulement l’imprimeur ?

    - C'est fort possible à moyen terme pour les auteurs dont les livres sont appelés à occuper un petit segment du marché ; et plus ce segment est limité, plus l'auteur a besoin d'un pourcentage de rémunération élevé : seule l'auto-édition est capable de le lui garantir.

     

    - Sujet à suivre donc…

     

    - Même si la course s’annonce bien plus courte qu’elle n’en a l’air ! D’ici dix ans, ce sera plié.

     

    - Sinon, tu comptes sortir combien de titres ?

     

    - 18 au total. Une quinzaine d'entre eux est en ligne et peut être commandée sur Amazon dès maintenant.



    - Alors, ce bilan ?

    - Positif ; encourageant. On ne lâche rien. On continue : de l'audience, encore de l'audience, toujours plus d'audience ! Et je salue ceux qui me lisent, et doublement ceux qui me soutiennent :  et je les salue tous fraternellement et même... confraternellement."

     

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    Pour prolonger, cliquez : Les ouvrages de Serge ULESKI

     

     

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  • Jean-Marie Domenach et Pierre Boutang à voix nue en 1992

     

     

                 Partie 1 - la première rencontre : un résistant de la première heure et un pétainiste résistant en 1942 sur la terre africaine ; un anticolonialiste face à un partisan de l'Algérie française ; un Républicain face à un monarchiste...

    Bien des années plus tard, un rapprochement semble néanmoins possible.

     

     

                   Partie 2  - Pascal plutôt que Descartes chez Boutang ; et puis la grâce. Pour Domenach, le mal de notre époque c'est la pauvreté de notre imaginaire et la perte de la foi.

     

     

               Partie 3 - la modernité : le récent et le paraître devant la société chez Boutang. Pour Domenach, la modernité c'est le changement : des références plus près de nous, loin du Parthénon et une idée générique de l'homme.

    Tous deux se retrouvent alors autour de la question de l'enseignement ; ce pauvre enseignement.

     

                    Partie 4 - L'écologie : les bulldozers ont fait plus de mal que les chars d'assaut pour Domenach qui salue au passage André Gorz et Illich ;

    Pour Boutang, l'écologie c'est la question du "maximum" : Prométhée et l'hybris.

    Tous les deux se retrouvent autour de Barrès et du déracinement.

     

     

     

                    Partie 5 - Pour Domenach, l'esprit français ne peut pas se borner à ses frontières ; il a besoin d'explorer l'autre, toujours ! Mais où est notre au-delà   aujourd'hui ? L'Europe ?

    Prophétique, Boutang n'y croit pas à cette Europe comme nous tous aujourd'hui.

     

     

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    Né le 13 février 1922 à Lyon, décédé le 5 juillet 1997 à Paris, Jean-Marie Domenach est un résistant, écrivain et intellectuel français catholique.

     

    Né le 20 septembre 1916 à Saint-Étienne, décidé le 27 juin 1998 à Saint-Germain-en-Laye, Pierre Boutang est un philosophe, poète et traducteur français. Également journaliste politique, il évolua au sein des courants maurrassiens, royalistes, gaullistes ou encore chrétiens.

     

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  • American Sniper : rebond Agoravox

     


                Publication, ici, de mes réponses aux commentaires qui m'ont été adressés suite à la parution sur Agoravox de mon billet critique du film de Clint Eastwood  "American Sniper" : j'ai répondu en priorité aux commentaires postés par ceux qui soutiennent les films du réalisateur Clint Eastwood.


    En voici un condensé :

     

                   Comment ne pas voir dans le cinéma de ce réalisateur Eastwood qui n’oublie jamais de s’attribuer le beau rôle en tant qu'acteur, un cinéma manichéen, un cinéma box office, cinéma kleenex aux ressorts et aux enjeux mille fois assénés, aux scénarii éculés – en effet : pas un seul personnage, pas une seule situation qui ne nous aient pas déjà été présentés et servis par Hollywood depuis 1945…

    Un Eastwood qui est passé complètement à côté de son époque même si cela ne l’empêche pas de traiter « l’actualité » en ratant l’essentiel, toujours !  A savoir... la vérité aussi complexe soit-elle.


                   Le cinéma d’Eastwood n’offre aucune perception critique de notre époque et aucune analyse prospective ; il n’élève aucune conscience et ne permet pas de rebondir plus loin, plus haut vers d’autres réalisateurs : Fellini, Bergman, Casavettes...

    Certes, Eastwood aurait vraiment tort de se gêner ! C’est sûr ! Aussi, ce qui est en cause, c’est le fait que la critique cinématographique française accepte sans honte, film après film, de se faire rouler dans la farine ; soumission à l'origine de laquelle on trouvera un refus catégorique de dénoncer chez ce réalisateur ce qui pourtant crève les yeux. Mais ce refus est-il si surprenant finalement ? Voyez qui sont les propriétaires des Cahiers, de Télérama, de Positif et des Inrocks !

    Suivre l’argent… contentons-nous de suivre l’argent , et tout devient clair !

    Alors, cette critique aurait-elle vraiment les moyens de cette dénonciation ? Avec quelles conséquences pour leur avenir professionnel à tous ?

    Devinez.


                  Les ressorts narratifs du cinéma d’Eastwood sont d’un tel conformisme, et plus grave encore, d’une telle putasserie une fois de plus, une fois de trop avec "American sniper", que la coupe est maintenant pleine. Et si, à de rares exceptions près, les procédés du réalisateur sont ceux d’Hollywood depuis toujours, ils n’en demeurent pas moins insupportables ; et le fait que le cinéma d’Eastwood n’oublie jamais de lorgner du côté du tiroir-caisse, tout autant ! Car, chez Eastwood, tout est pensé afin de ne pas perdre un client, un seul ; rien à voir donc avec un soi-disant souci d’exposer aux spectateurs tous les points de vue. Dans le cas contraire, tout le monde y trouverait son compte. Or, ce n’est pas le cas.

    Loin s’en faut.

     

    Cette scène au cours de laquelle l'épouse du sniper lui annonce par téléphone (entre autres scènes aussi téléphoniques que téléphonées)qu’elle mettra au monde un garçon... quelques secondes avant que son mari ne se trouve confronté à une attaque lancée par d’affreux Irakiens - et son épouse de la "vivre" en "live" cette attaque à dix mille kilomètres de distance ! -, est impardonnable en tant que putasserie émotionnelle : ce n’est plus simplement la recherche du plus grand commun dénominateur émotionnel auprès des spectateurs, ou le plus petit  - "petit" dans le sens de "bassesse" -, mais bien plutôt, une prise d’otage, un chantage et un viol des consciences : nous sommes non pas invités mais sommés de nous émouvoir ; et c’est aussi et surtout... Eastwood qui sombre définitivement, sans doute comme jamais dans aucun autre de ses films.

    Quant aux dix dernières minutes du film qui mettent en scène "le retour du sniper dans la vraie vie" - sa femme, ses enfants, ses amis, party, jeux et barbecue, puis tout à coup la violence refoulée en réponse au jeu du chien avec l’enfant -, cet épilogue ne semble n'avoir qu'un seul but : nous expliquer à quel point le personnage est capable de discernement ; jugement et retenue : un chien n'est pas un terroriste ! Merci de nous le rappeler qu'un Irakien est en dessous du chien ! Car cette scène assoit définitivement le héros-sniper à la table de la civilisation contre la barbarie musulmane, arabe, irakienne... dont il n’y aurait rien à sauver qui ne le soit par la Pax Americana seule : Pax responsable, soit dit en passant, du chaos irakien (Eastwood, si tu veux nous en parler, c’est quand tu veux !). Les dix dernières minutes du film consacrent et sacrent le personnage ; elles ne seront pas destinées, ces minutes, qui sait, à corriger l’image que le film n’a pas cessé de véhiculer à propos de tout ce qui de près ou de loin ressemble à un Arabe, un Irakien et/ou un Musulman. Eastwood persiste et signe donc.

    Quant aux opinions du réalisateur sur le monde, la terre, la lune et l’univers – sa vie, son œuvre ! -, force est de constater que le cinéma d’Eastwood est destinée en priorité au peuple américain. Aussi, qu’un européen puisse penser que ce cinéma-là le concerne... quand on sait quelles analyses de notre monde contemporain notre cinéma, ici en Europe, a été et reste encore en partie capable de nous proposer ... cet engouement autour du cinéma d’Eastwood demeure, pour un bon nombre d’entre nous, une énigme.

    A moins qu’il ne s’agisse tout simplement d’une prise de contrôle des esprits, une sorte de rapt culturel : les Européens, tout comme les Américains, refuseraient donc, eux aussi, de s’informer pour mieux ne pas penser ?

    Il est vrai qu’ici, en Europe, notre maison commune, tous les enfants et ados poussent en moyenne une fois par semaine  la porte d’un MacDo ; 80% des séries télévisées à succès sont américaines ; et quand un bombe tombée du ciel fracasse une existence, une famille, une habitation, quelque part dans le monde, neuf fois sur dix, elle est américaine.
     

    ***

     

                                  « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels » - Anatole France

     

                    De cette vérité là, vraiment basique, Eastwood en est incapable. Aussi, avec « American Sniper » de quoi le réalisateur nous parle-t-il ?

     

                    Pour conclure : quand Eastwood fait un film censé traiter un sujet d'actualité, ce n'est jamais le film qu'il fallait faire et que les autres feront à sa place ; American sniper ne fera pas exception ; pour cette raison, il n’y a pas un film d’Eastwood qui arrive à la cheville d’un "Apocalyspe Now" de Coppola (2) ni de dizaines d’autres réalisateurs ; c’est la raison pour laquelle, en compétition, Eastwood reste absent de la remise des prix.

    Et ce n'est que justice.

     


    1 - A ce propos, ceux qui sont revenus blessés physiquement de la guerre d’Irak... n'ont pu que constater que rien n’avait été prévu pour eux ; pas de lieux d’accueil ; aucuns moyens supplémentaires dans les hôpitaux, dans les centres de ré-éducation. Trop, beaucoup de blessés... les autorités prévoyaient plus de morts : il est vrai qu'ils ne coûtent rien ; c’est la raison pour laquelle rien n’avait été mis en place pour faire face à un nombre aussi élevé qu'inattendu de blessés.

    Rien non plus à ce sujet dans le film d’Eastwood qui a maintenant tous les attributs d'un film de commande, le Pentagone en maître d’ouvrage, bien évidemment !

     

    2 - Le cinéma de Coppola n’est pas, dans l'esprit, et contrairement à ce que son passeport pourrait nous faire croire, un réalisateur américain ou américanophile ; il reste un immigré italien ; de plus, Chris Kyle (le sniper dont le film d'Eastwood s'est inspiré et qui a publié un ouvrage sur son engagement en Irak) n’est pas Joseph Conrad ; on ne fait donc pas le même cinéma avec l’un et l’autre. Et puis, à chacun ses auteurs !

     

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     Pour prolonger : cliquez Clint Eastwood : quand la critique cinématographque baisse sa garde

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  • "Petits blancs" - "Racaille": Différentes approches, même combat.

     

                    Le Club de la presse du Nord Pas de Calais a consacré "Les mardis de l'info" du mois de mai 2014 à un débat sur les petits blancs avec deux auteurs, Aymeric Patricot professeur en ZEP en région parisienne et Said Bouamama, sociologue.

     


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                    Saïd Bouamama à propos d'un système qui génère guerre et racisme avec Que faire la revue militante du NPA - c'était en 2010 :

     

    Que Faire : Peux-tu rapidement retracer ton parcours militant ?

     

    Saïd Bouamama : On peut le dater dès mes 14 ans, dans un quartier populaire de Roubaix. La crise n’est pas encore forte donc ça reste une ville ouvrière avec beaucoup de liens sociaux, avec une dynamique évidente. On est dans l’après 68 et les maoïstes arrivent donc dans les quartiers populaires de manière très offensive. Ils apportent quelque chose de particulier qui est d’autoriser à la révolte : une des premières phrases que je me rappelle c’est « on a raison de se révolter », ce qui correspondait exactement à ce qu’on se disait. Sur Roubaix cent jeunes issus de l’immigration avaient fini par adhérer soit à une structure proche des maoïstes, soit directement chez les maoïstes – le PC-MLF à l’époque, puis le PC-RML. En réalité ce qui nous intéressait le plus ce n’était pas le maoïsme, mais leur discours sur les milieux populaires : « arrêtez de nous considérer comme ne valant rien ». Il y avait une dimension de valorisation extrêmement forte qui nous a beaucoup plu. Deuxièmement, il y avait la question palestinienne qui a été très vite une question centrale pour nous. Et troisièmement ils nous incitaient à lire, et plusieurs trajectoires en ont été transformées : j’aurais été en échec scolaire comme la plupart de mes camarades si je n’avais pas croisé le chemin des maoïstes.

    Et puis très vite ça a clashé sur une question de classe : nous n’avions pas leurs réflexes culturels, leurs goûts etc., Voilà le point de rupture avec les maoïstes : la rupture est née de ce décalage entre ce qu’on vivait, nous enfants d’ouvriers immigrés, et ceux qui prétendaient changer la société. Cela va rester pour moi un des points de vigilance permanents et donc d’engueulade y compris avec des camarades proches : dans le nord je travaille beaucoup avec des gens sortis du PC qui essaient de reconstruire quelque chose, mais en même temps je suis infernal avec eux sur cette question de base sociale : « qui va changer la société ? ».

    Par la suite je m’investis dans la Marche pour l’égalité que je coordonne pour la région du nord, et très vite je suis confronté à l’état de la classe politique de gauche et d’extrême gauche telle qu’elle était à l’époque. Au sein de la même marche, il y avait deux marches : la marche des gens comme nous, de quartiers populaires, voulant dire basta aux crimes racistes, et la seconde marche, celle de tous les soutiens. C’est-à-dire qu’en gros il y avait d’un côté les Arabes et de l’autre, il y avait les blancs, de l’extrême gauche au PS, qui soutenaient l’idée que les jeunes issus de l’immigration que nous faisions uniquement une marche anti-FN. Ca a été la seconde leçon politique sur la trajectoire de mon parcours militant : la prise de conscience qu’il y a une distance d’analyse entre l’essentiel de la classe politique blanche et les autres autour de cette idée de nous mettre comme paravent au FN. Ca va déboucher sur le consensus autour de SOS racisme, de la LCR au PS en passant par le PC, par tout le monde. Entre temps, tout ça m’a donné envie de faire des études. Au fur et à mesure que j’avance dans mes études, je commence à m’intéresser à d’autres questions sociales et à ceux qui prétendent changer la société et je deviens marxiste, mais sans jamais pouvoir me retrouver dans les organisations existantes. J’avais cette espèce de schizophrénie entre d’une part le fait que j’étais persuadé que c’était le système capitaliste qui produisait l’ensemble des dégâts sociaux, et d’autre part le fait que ceux qui se revendiquaient du marxisme étaient incapables de prendre en compte la question des quartiers populaires, de l’immigration, et plus tard de l’islam.

     

                     La suite ICI

     

     

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    Pour prolonger, cliquez : Saïd Bouamama

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