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des apôtres

  • La Femme de cinquante ans et plus

    Matthieu et les femmes

     

                   "...Quand je les vois s'affairer, toutes ces femmes ! La carrière qu'il faut gérer, les enfants, le mari, les courses, le ménage et puis... un amant aussi parce que... merde ! On ne vit qu'une fois, alors... autant que ce soit la bonne : pas question de passer à côté de l'essentiel ! Mais comment font-elles ? C'est pas rien toute cette agitation ! Un vrai travail de titan ! Cela dit, et pour répondre à votre question : moi, les femmes, c'est avant vingt ans et après cinquante. Aussi, commençons par la femme de cinquante ans ; celle qui demande la divorce après vingt ans de mariage, ou bien celle que son mari a larguée, une fois que les enfants sont grands et qu'ils ne font plus chier personne ; et même quand ils font encore chier le monde, eh bien, c'est tant pis pour eux, et pour elle aussi. Alors... avec la femme de cinquante ans, c'est simple : soit elle boit, soit elle baise. Si vous l’invitez au resto, surveillez bien sa consommation d'alcool : le vin notamment. Si avant le repas, elle a pris un apéro, c'est mauvais signe ; et si en fin de repas, elle prend un digestif, alors là, cherchez pas : vous avez perdu votre temps. Votre soirée est foutue. Vous pouvez tout remballer. Vous êtes bon pour une branlette car, dites-vous bien que la femme que vous avez devant vous ne baise plus depuis des lustres et qu'elle en crève... oui ! elle en crève à petit feu ; elle compte sur l'alcool pour écourter son calvaire. En revanche, pour celles qui ne boivent pas, alors, là, oui ! Mille fois oui ! Cette femme de cinquante ans, divorcée donc et qui baise encore et même si c'est... allez... deux ou trois fois par an et parfois plus, pour les plus chanceuses ou les plus téméraires ! Car faut bien comprendre une chose : si elle baise plus souvent, eh bien, ça se saura et on la prendra pour une salope : ses collègues de bureau, par exemple et surtout les femmes, bien sûr ! Celles de son âge qui la jalouseront jusqu'à vouloir la tondre comme on en a tondues bien d'autres à une autre époque. Et puis, ses voisins aussi ! Ne les oublions pas ses voisins ! Les voisins et les cloisons ! L'isolation phonique, faut pas trop compter dessus depuis qu'on nous loge dans des passoires et des trous à rats en forme de gruyère. Tenez ! Un exemple : sa voisine ! Même âge mais... encore mariée celle-là. Je l'entends déjà : "Mais qui c'est la salope qui jouit ? De quel droit ! Trouvez-la-moi ! Mais... nom de Dieu ! C'est elle ! Oui, c'est bien elle ! Qu'on lui ferme le caquet, à cette traînée ! A son âge ! Vous vous rendez compte ! Une femme divorcée en plus ! A la prochaine réunion des copropriétaires, on lui fout la honte ! On va pas la rater !" Un voisin maintenant, au hasard. Tenez ! Le mari de cette même voisine : "Qui ? Quoi ? Qui c'est l'enculé qui la fait jouir ? Qui c'est le salaud qui me fout la honte ? J'ai l'air de quoi, moi ! Avec ma femme qui ne pipe pas mot ! Ah ! Tuez-le ! Tuez-la ! Tuez-les tous les deux ! Qu'on en finisse et qu'elle se taise ! Cette salope ! Qu'elle se taise à jamais !" Eh oui ! C'est bien malheureux pour cette femme de cinquante ans qui ne veut pas passer pour une salope et qui... par conséquent, ne baise pas souvent, et que tout le monde veut tondre ou tuer parce que... sachez une chose : cette femme-là, c'est trempée que vous la baisez. Oui, trempée ! Ménopausée ou pas, la femme de cinquante ans et plus, c'est trempée que vous la trouvez quand vous lui enlevez sa petite culotte et que vous vous apprêtez à vous occuper d'elle. Trempée, je vous dis ! Son clitoris ? Une citrouille gorgée de sang ! Un fer de lance, son clitoris ! Parce que... ces femmes-là, eh bien, elles bandent ! Oui, Monsieur ! Elles bandent comme des mecs quand ils bandent ! Des reines, ces femmes-là ! Oui ! Des reines de la baise pour peu qu'on leur foute la paix aux réunions de copropriétaires et qu'on ne cherche pas à les tondre !!  Des reines qui ne vous ... et ne se... refusent rien. Et pour cause : "Ce sera quand le prochain coup de quéquette ?! Dans un mois ? Un an ? Ô douleur ! Ô désespoir ! Mon Dieu, laissez-le-moi ! Laissez-le-moi encore un peu, je vous en supplie !"

     

                             Extrait du titre "Des apôtres, des anges et des démons"

     

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  • Angle mort

     

                 La ballade de Matthieu... don Quichotte à ses heures

     

     

               « Votre plus grand crime, c'est d'avoir abusé des mots, de tous les mots, en les mystifiant : en d'autres termes, vous nous avez fait prendre des vessies pour des lanternes ; et là où l'on croyait pouvoir trouver la lumière, nous n'avons trouvé que l'obscurité des ténèbres. Vous nous avez parlé de droits naturels, inaliénables et sacrés. Vous nous avez dit que nous étions tous égaux en droits, alors que nous ne le sommes... qu'une fois morts et enterrés. Vous nous avez dit que nous étions tous libres mais vous vous êtes bien gardés de réunir les conditions nécessaires à la jouissance de cette liberté puisque vous nous avez concocté un monde dans lequel... sans argent, point de salut et point de liberté, si par liberté, on entend la liberté de faire des choix qui nous permettent de vivre... debout et dignes. Vous nous avez déclaré la main sur le cœur, jurant à qui voulait bien vous entendre, que nul ne doit être inquiété pour ses opinions pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public. Mais alors, dites-nous comment fait-on pour ne pas vous déranger si nos opinions ont pour objet de dénoncer votre ordre qui n'a de public que le cercle restreint d'une caste qui détient tous les monopoles : ceux du pouvoir, des médias et de l‘argent ? Est-ce là une reconnaissance du droit de prêche dans le désert ? Vous nous avez dit que nul ne peut être contraint à faire ce que la loi n'ordonne pas ; par conséquent, dites-moi pourquoi tant de gens sont contraints par une loi qui n'existe pas, de vivre comme des chiens alors que les animaux domestiques des beaux quartiers sont mieux traités ? Vous nous avez dit : "Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît" mais vous vous êtes bien gardés de préciser : sauf si vous avez des petits copains haut placés pour vous couvrir de la tête aux pieds. Vous nous avez affirmé que nous avions tous droit à un travail alors qu'il s'agissait de nous payer trois fois rien ou de nous laisser crever de froid et de faim avec pour seul secours, une couverture et une boisson chaude. Vous nous avez affirmé que nous avions tous droit à l'instruction gratuite et obligatoire alors que ce sont toujours les mêmes qui réussissent et toujours les mêmes qui échouent et qu'on oriente vers des filières sans avenir. Vous nous avez dit que toute personne est également admissible à toutes places et emplois selon leur capacité sans autre distinction que celle de leurs talents alors que vos seuls critères de recrutement sont la corruption et l'exclusion pour délit de "sale gueule" ou bien, pour n'être le fils ou la fille de personne. Vous nous avez dit que la propriété était un droit inviolable et sacré et nul ne peut en être privé mais vous avez soigneusement omis de préciser : à condition d'en avoir une... de propriété ou plus simplement, un toit au dessus sa tête et un logement qui ne soit pas un trou à rats. Vous nous avez parlé d'équité pour ne plus avoir à nous entendre parler de justice et d'égalité devant la loi et le droit. Vous nous avez parlé de démocratie alors qu'il s'agissait de voter ou de fermer sa gueule. Vous nous avez parlé de consensus pour mieux baisser les bras devant les puissants. Vous nous avez parlé d'information alors qu'il s'agissait de diversions et de manipulations. Vous nous avez dit que ce n'était pas une question de courage, alors que vous étiez des lâches. Vous nous avez dit qu'il n'y avait pas d'alternative alors que vous étiez juge et partie, ou tout bonnement incompétents. Vous nous avez demandé d'être raisonnables dans nos revendications, alors que vos avions s'envolaient les soutes pleines de billets de banque vers des paradis fiscaux qui n'ont rien d'artificiels, ceux-là ! Vous nous avez parlé de modernité et de déréglementation alors qu'il s'agissait d'instaurer la loi de la jungle. Vous nous avez parlé de contre-pouvoirs avant de verrouiller toute contestation en installant à la tête de ces contre-pouvoirs fictifs, vos laqués dévoués, en attendant la prochaine promotion qui fera d‘eux des chefs patentés. Vous nous avez fait mille promesses mais vous vous êtes bien gardés de préciser que cette déclaration universellement solennelle reste valide aussi longtemps qu'elle ne remet pas en cause votre loi d'airain qui a pour seul modèle : la connivence, la collusion, la cooptation, le trafic d'influence, la concussion, l'abus de confiance et les bombes. Car, votre monde à vous, ce n'est pas un monde... mais un haras dont vous êtes les étalons ; et vous seuls êtes autorisés à reproduire inlassablement les mêmes schémas constructeurs d'un avenir dont ce sont toujours les mêmes qui sont exclus. Vous voulez qu'on vous dise ? Eh bien, vous nous en avez trop dit. Et nous, pour votre malheur, on a tout retenu. Pour une fois, on a été studieux. Oui ! On y a cru à tous vos contes de fées. On y a cru au Père Noël. Et c'est trop tard maintenant : ce qui a été dit, brocardé, affiché sur les frontons, ne peut plus être effacé. Alors, basta ! A la trappe maudite race : celle du scandale et du déshonneur car, ce soir c'est le Grand Soir : ce soir, nous vous révélons à vous-mêmes tels que vous êtes mais... sans tambour ni trompette. Étant donné les circonstances, on a souhaité faire dans la sobriété et dans la discrétion. Et puis, c'est pas la peine de lever la tête et de scruter le plafond. Les anges sont là devant vous : c'est nous. Oui ! Nous qui avons vaincu tout le mal qui est en vous. Pour vous, ce soir, nous ressuscitons et c'est le Ciel qui vous ouvre ses portes. Vous revenez de loin ! Sans nous, c'était l'enfer qui vous attendait ; l'enfer avec son torrent de boue. Car ce soir nous sommes venus vers vous pour vous demander de mourir avec nous. C'est le seul acte et le seul geste d'amour à votre portée : mourir avec nous pour nous, tout comme nous qui allons mourir avec vous. Puissiez-vous mourir dégoûtés de vous-mêmes tout comme nous qui mourons ce soir... dégoûtés de vous. »

     

    __________________________

     

    * L'angle mort est la zone inaccessible au champ de vision sans rotation de la tête.

     

                Extrait du titre : « Des apôtres, des anges et des démons »

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    Sculpture de Jacques Legrand.

     

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  • Gabriel et la littérature pornographique

     

                     Gabriel qui n'en était pas à sa première découverte, finit par découvrir, sur le tard et longtemps après tout le monde, que le cul mène le monde à la baguette, les consommateurs à la ruine et les producteurs déjà pleins aux as, à la cotation en bourse entre deux trafics et une légion d'honneur pour service rendu au PIB d'une nation maintenant reconnaissante... libre et asservie, les fesses à l'air.

    De plus, le marché du cul, des cons et des pauvres bougres qui le soutiennent et l’engraissent comme on gave des oies déjà bien prospères, est un marché immense, pensait à juste titre Gabriel : pour une mise en érection au départ modeste, sans parler d'un taux de pénétration record avec ou sans vaseline, on peut attendre un retour sur investissement frisant les... les... mais... le chiffre est trop important, je me perds dans les zéros…

    Nul doute, Gabriel aurait pu amasser une montagne d’argent bien plus élevée que les monts Vénus et Ventoux réunis car, la mondialisation aidant tous ceux qui ont besoin d’être aidés, ce marché de dupes ne peut que croître et croître... et croître encore comme une bulle de savon en bandes dessinées organisées autour d’un jeu burlesque de farces et attrapes à mourir de rire si tant est que l’on puisse se permettre de mourir d’un tel rire sans perdre ses nerfs et sans endommager irrémédiablement les grandes artères coronairement bouchées de notre planète.

    .

    Son modèle - parce qu’il en faut toujours un -, son modèle... du... et... dans le genre précédemment cité, celui de la pornographie, son maître à tout faire, à tout rompre, à tout foutre, à tout bien peser et à penser... en un mot : le Maître de Gabriel ! eh bien, ce maître portait le nom de Zola, de son prénom : "Émile je t’enfile !" (blague que Gabriel affectionnait plus particulièrement, aussi je ne peux pas ne pas la partager avec vous).

    Oui ! Emile Zola ! Le pornographe de la classe ouvrière exploitée...

    Zut ! Un pléonasme !

    Je recommence : Zola, le pornographe ouvriérisant de la classe ouvrière bafouée et humiliée...

    Encore un pléonasme... Non, deux !

    Je reprends : Zola... l’ouvriériste du XIè siècle... de la condition ouvrière du XVIIè siècle... exploitée par une classe supérieurement obscène et pornographe mais... dirigeante... du XXIè siècle (c’est pas parfait mais c’est mieux).

     

    ***

     

     

                   Gabriel prit sa plume et un livre vit le jour : "Baise-moi ! Baise-moi ! Baise-moi vite !" Trois fois "Baise-moi ! " juste pour être sûr et puis, l’emphase n’était pas la dernière qualité littéraire de Gabriel ; son livre en avait bien d’autres.

    Gabriel prit soin d’utiliser tous les ingrédients nécessaires à la rédaction et à la fabrication d’un ouvrage pornographique. On y trouvait dans son livre : du sexe et de l’audace, en veux-tu ? Eh bien, en voilà !

    Des scènes folles... mais folles ! mettaient en scène des hommes et des femmes criblés de sexes parce que... fous de sexe... mais fous, comme il n’est plus permis aujourd’hui de l’être et même et surtout, lorsque l’on souhaite quitter très jeune et très tôt ses semblables tout aussi jeunes ou beaucoup moins jeunes, dans la précipitation d’un diagnostic qui ne vous laisse rien espérer de bon, sinon la quasi-certitude qu’il n’y a plus d’espoir.

    Du sexe, encore du sexe, du bon, du meilleur, dans ce récit qui ne semblait n’avoir qu’un seul but, qu’une seule vocation, louables au demeurant : recueillir tous les sexes de la planète jusqu’à ne plus savoir où, comment, à qui les redistribuer et à quel sexe se vouer, et puis, qui prendre pour sexe comme on prend une trajectoire et sa tangente pour cible.

    Le livre de Gabriel ? Un océan de sexes !

    Imaginez un instant tous ces sexes éperdus dans une quête pour le moins sexuelle, égarés dans un univers où seul le sexe contrôle et dirige les forces sexuellement transmissibles de cet univers obsédé par le sexe. Un univers tout feu tout sexe. Unique cet univers ! Du sexe à en perdre son sexe et plus particulièrement, au cours d’une scène d’ablation à caractère fortement sexuel qui a soulevé, dans les milieux littéraires, l‘indignation quasi générale.

    Du sexe, encore du sexe à en perdre la raison ; raison qui vous permet d’ordinaire d’identifier le sexe auquel vous appartenez et le sexe qui... vous… appartient. Mais, encore faut-il être capable de le retrouver ce sexe négligemment perdu parmi tous ces sexes ivres de sexe comme un chien court en rond après sa queue jusqu'à l'épuisement.

    Mais... comment peut-on décemment réunir au sein d’un même ouvrage autant de sexes ? Mais où diable Gabriel est-il allé chercher tous ces sexes ?

     

    ***

     

                     Les éditeurs jugèrent le titre "Baise-moi ! Baise-moi ! Baise-moi vite !" maladroit et d'une provocation attentatoire à tout ce qui ne saurait l’être et ce, sous aucun prétexte. Quant au livre, tout le monde d’un commun accord et dans une belle unanimité s’accordait et... d’une seule voix, pour penser qu’il était mauvais mais... vraiment mauvais.

    Étrange ce verdict tout de même ! Trop de sexe dans le livre de Gabriel ? Trop de sexe tuerait donc le sexe ? Les sexologues ont sans aucun doute une opinion sur cette question épineuse et éminemment sexuelle !

    Mais alors, que manquait-il à l'ouvrage de Gabriel ?

    A n’en point douter, il manquait un Je ne sais quoi de Dieu sait quoi dont on n’identifiera jamais le manque ni sa nature car personne n’a souhaité faire des recherches approfondies à ce sujet. Et pourtant ! Un critique averti aurait pu constater - si ce critique s’était penché sur l’ouvrage de Gabriel -, qu’il n’y avait dans l'ouvrage de Gabriel ni homme ni femme, ni début ni fin mais un seul et unique sexe, avant, pendant et après, longtemps après, une fois le sexe... pardon ! Une fois le livre refermé.

    Choqués et dégoûtés, les éditeurs ont poliment prié Gabriel de les oublier. Mais la rage au ventre, Gabriel s’est obstiné. Même au prix de l'échec car, Gabriel n’a pas voulu en démordre. Les éditeurs se sont franchement fâchés et plus particulièrement "Les Éditions de la Main Libre" dirigées par des féministes pourtant modérées, très propres sur elles, bon chic bon genre et responsables devant l’histoire féministe de tout ce dont il est important d’être responsable face à l’histoire qui ne vous permet plus de dormir debout... même mal accompagnée.

    Mais alors... sexiste l’ouvrage de Gabriel ? Difficile de se prononcer mais... sexuel, très certainement, le livre de Gabriel !

    .

    Gabriel connaissait mal le fonctionnement du milieu de l’édition ; les us et coutumes et les "Je te cite, tu me cites, on se cite" exécutés dans la connivence. Un monde où chacun est l’employeur et le serviteur de l’autre. Un clan qui fonctionne dans la complicité de quelques courtisans qui écrasent tout sur leur passage. Un vrai rouleau compresseur, ce clan ! Et puis, il manquait à Gabriel un micro. Il n’était pas une sommité médiatique. Un parfait inconnu dans le milieu de l’édition, Gabriel ! Pas de recrutement par cooptation car, c’est la position qu’on occupe dans ce milieu qui permet d’imposer sa camelote et celle de ses copains. Cette position déterminera aussi vos chances d’invitation car on parlera de vous si vous n’oubliez pas de parler de ceux qui parleront de vous.

    Le système étant verrouillé, personne ne célébrerait l‘oeuvre de Gabriel. Son ouvrage ne bénéficierait pas d’un conditionnement médiatique propice à tous les succès. Pas d’entourloupe pour provoquer un flot de critiques élogieuses et révérencieuses. Pas d’article complaisant et intéressé. D’ailleurs, comment Gabriel aurait-il pu renvoyer l’ascenseur puisqu’il ne disposait d’aucune courroie de transmission pour le faire ? Gabriel n’avait personne à flatter, à servir, à complimenter et personne non plus pour chanter les louanges d’un nouvel auteur dans l‘impossibilité de chanter les louanges de ceux qui auraient chanté les siennes. L’œuvre de Gabriel agoniserait donc dans l’indifférence et des médias et des lecteurs potentiels.

    Le livre de Gabriel ? Un non-événement.

    Gabriel pensait sincèrement que la réussite était à portée de la main et qu’il suffisait de se baisser pour rafler la mise comme tant d'autres ont su le faire, souvent... médiocres, sinon pires encore... ou bien, tout juste dans la moyenne.

    Alors, pourquoi pas lui ?

    .

    "Pardon ! Vous dites ? Pourquoi pas Gabriel ? Mais... attendez ! Pourquoi lui ? Personne ne l'avait invité à notre banquet. Personne ! Et sûrement pas nous. Alors, de quoi s'est-il mêlé ? Je vais vous le dire : votre Gabriel s'est mêlé de ce qui... à aucun moment, ne le concernait, à savoir : de notre réussite et de celle de ceux qu'on a fait et qu'on fera réussir demain, selon notre bon vouloir."

     

    ***

     

                       Vraiment ! Il y a une erreur à ne jamais commettre : c'est de penser que l'on est bon sous prétexte que l'on se sait bien meilleur que ceux qui réussissent. Car, pour certains d'entre eux, ce qu'il leur faut être, ce n'est pas... bons, mais... très, très, très, très, très, très..............

    Pouf ! Dans une autre vie, alors ? Parce que là, ils n'auront jamais le temps !

     

    _____________________

     

    Extrait du titre "Des apôtres, des anges et des démons"

     

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