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edgar morin

  • Alain Finkielkraut... contre toute raison

     

                  Alain Finkielkraut a été élu en avril 2014 à l'Académie française, au premier tour, par 16 voix sur 28 : 3 voix sont allées à Gérard de Cortanze, une à Athanase Vantchev de Thracy ainsi que Huit bulletins barrés d'une croix en signe de désaveu, après une polémique qui a échauffé les esprits.

                  Revenons sur cet essayiste à l'heure où le Figaro lui ouvre en grand ses colonnes à propos de la "ratonnade" israélienne à Gaza qui a fait plus de 2000 morts du côté des civils palestiniens à propos desquels il n'aura pas un mot, lui non plus : "Israël doit vaincre ! Israël vaincra!"

    Tel est son seul message.

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    Publié en 2014

     

     

                   Qui prendra le temps d'entreprendre la lourde tâche d’énumérer toutes les lacunes d’Alain Finkielkraut ? Lacunes qui, d’interventions en interviews, à la longue, année après année, deviennent à la fois embarrassantes et gênantes pour tout le monde ; en premier lieu pour les auditeurs et téléspectateurs confrontés à un Finkielkraut omniprésent dans les médias qui s’évertuent à lui tendre un micro ; et si ceux qu'on a encore la complaisance d’appeler « des journalistes » suspendent leur jugement à son sujet alors qu’ils sont capables des pires injustices à l’encontre d’autres figures du monde artistique ou intellectuel - exclusion, bannissement...-, sans doute est-ce dans le souci de respecter un usage qui veut que l’on ne tire pas sur ses propres invités comme d’autres une balle dans le pied ni sur une ambulance... animateurs et invités otages sanglés dans la même soute à bavardage pour le meilleur comme pour le pire.

     

              Qui est donc ce Finkielkraut qui n'a de cesse de se perdre dans le questionnement suivant : "Mais... qu’est-ce que cette réalité que l’on me demande de vivre et de partager..." ?

     

    Incapable de penser le présent (un présent trop imparfait pour lui sans doute), mais homme de son temps, assurément, (n'allez surtout pas voir chez Finkielkraut un mécontemporain), Finkielkraut incarne à merveille l'anti-intellectuel, avec pour conséquence compensatoire : l’explosion du communautarisme - religieux ou non -, aux tensions sans nombre et à l'humanité universellement perdue.

     

    Pourfendeur de ce qu'il croit être "La modernité" dont il n'y aurait rien à sauver, avec Finkielkraut, aucune cause n’est identifiée, jamais ! N'expliquant jamais rien, ne cherchant jamais à comprendre quoi que ce soit ni qui que ce soit, se cachant derrière Péguy sans doute pour ne pas avoir à citer Maurras et Barrès (1), Finkielkraut est l'anti-intellectuel par excellence. Il est vrai que cela demandera toujours plus d’intelligence et de courage de questionner les causes plutôt que de déplorer une réalité qui aurait pour unique origine la somme de ses effets. Les Durkheim et Max Weber auront beau s’agiter dans leurs tombes et sarcophages, panthéons et pyramides, et les sociologues du CNRS de s’arracher les cheveux…peu lui importe : tous n’ont qu’à bien se tenir.

      

    Ruines.jpgTel un Zemmour... de la rue d'Ulm contrairement à l'original qui vient de la rue saint Guillaume (Science-po), privé de culture historique, économique, sociologique et politique, Finkielkraut ne connaît que lui-même, faute de mieux. Grand admirateur de la  force de frappe d'Israël et des Etats-Unis, tout en conspuant les moeurs de la société américaine car, ignorant comme il n'est plus permis de l'être, Finkielkraut croit que les bombes de l'Oncle Sam sont gratuites et qu'elles n'engagent à rien, il semblerait que Finkielkraut soit l’incarnation même du "mal" qu’il dénonce et combat sans relâche, à savoir : la défaite et la fin d'une pensée analytique et prospective, ainsi que la mort des intellectuels et des "philosophes", et celle d'une littérature élévation de la conscience humaine...

     

    D'où sa nomination à l'Académie Française ? C'est fort possible. Il suffit seulement de penser à "l'oeuvre" d'un Jean d'Ormesson auquel Finkielkraut doit son élection ; un Jean d'Ormession qui sait quelle est sa dette en tant membre d'une classe qui a porté et élevé l'antisémitisme jusqu'au vertige comme aucune autre classe dans l'histoire.

     

    Gigantesque auto-mystification Finkielkraut ?

     

    A son sujet, on affirme que sa pièce favorite a pour nom « Tartuffe » - Mais alors... Tartuffe de la conscience humaine !

     

     

     

    1 - Heureusement que ces derniers étaient antisémites, ou bien encore : heureusement que Finkielkraut est juif car, dans le cas contraire, on pouvait craindre le pire : le ralliement de Finkielkraut à la pensée de ces deux auteurs aujourd'hui jugés infréquentables.

     


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                   Adepte impénitent de l’indignation à sens unique (2) et fortement communautarisée, les obsessions-indignations les plus récurrentes de ce Monsieur sont les suivantes : les musulmans – de France ou d’ailleurs -, les français du Maghreb et d’Afrique noire, les droits-de-l’hommistes (terme péjoratif chez Finkielkraut), l’anti-sémitisme (tout en ayant aucune sympathie pour les mouvements anti-racistes), et tout ce qui de près ou de loin concerne la cause juive ou la communauté du même nom. Et pour finir : l’Etat d’Israël.

     

    A chaque génération ses casseroles ! Le stalisnisme dans les années 50 et 60 ; aujourd'hui, le sionisme. 

     

    Plus intolérant qu’impatient avec la parole de l’Autre, et plus encore lorsqu’elle est… tout autre, plus infatué que passionné (il suffit de se reporter à ses prestations télévisées), qui peut nier que Monsieur Finkielkraut ait décidément beaucoup de mal avec tout ce qui n’est pas Alain Finkielkraut ?

     

    Et pourtant… il n'avait pas trop mal commencé avec Péguy, Arendt, Albert Camus, Lévinas... c’est vrai, ces derniers ont plutôt la réputation d'être d'une aide précieuse pour quiconque souhaite penser, s’affranchir et servir, non pas ses propres intérêts et ceux de sa "communauté", mais un intérêt bien supérieur : celui de la justice, puisque penser c’est fatalement penser... juste... parce que... altruiste, le cœur sur la main et sur la page d’écriture : raison, compassion et compréhension... un coeur intelligent donc... attributs et qualités dont l’absence doit être considérée comme une véritable infirmité ainsi qu’une catastrophe largement répandue depuis une trentaine d’années chez une élite médiatique (à ne pas confondre avec l’élite intellectuelle et morale qui, elle, a déserté les médias) arc-boutée à des allégeances à la fois ethnique, idéologique et culturelle. 

     

                Partisan d'une politique de la terre brûlée, derrière Finkielkraut, rien ne doit re-pousser, Jamais ! Un Finkielkraut qui se voudrait très certainement aussi transparent qu’un verre opaque car, nul n’ignore que le prestige accordé à l’ambiguïté et au mystère, ambivalence énigmatique, est un atout non négligeable pour un auteur très certainement en quête d’une postérité qu’il doit bien vouloir imaginer généreuse à son endroit, même si, pour son malheur, chacune de ses interventions fait qu’il ne peut s’empêcher soit de donner sa langue au chat, soit de se trahir car, Alain Finkielkraut n’a de cesse de se dénoncer : en effet, on lit dans Finkielkraut comme dans un livre, même fermé, pour peu que l’on soit au fait avec la mauvaise foi, l’hypocrisie, les lapsus et autres actes manqués, ignorés de lui-même... par définition, et qu'il ne les reconnaîtra sans doute jamais comme tels la tête sur le billot.

     

    Ses difficultés lorsqu’il est question d’appréhender la réalité d’un fait dans toute sa complexité font de lui un grand petit bourgeois que tout effraie, et par voie de conséquence, un bavard… puisque moins l’on comprend plus on commente et plus l’on s’agite, sans doute pour apaiser son angoisse ; en revanche,  une fois que l’on a saisi, on n’a qu’une envie : se taire et se mettre au travail…

     

    A ce sujet, bien qu'enseignant à l'Ecole Polytechnique, on ne saurait que trop recommander à Finkielkraut de prendre des cours du soir auprès d'Edgar Morin et de sa Méthode.

    .

    Grand vizir de tous ceux qui partagent ses préjugés et sa stratégie consciente ou inconscience de sabotage de nos efforts d’unité nationale autour de valeurs et d’une Histoire communes, même conflictuelles, maître à penser par excellence de tous ceux qui pensent contre lui…faites donc le test ! Enquérez-vous de l'opinion de Finkielkraut sur un sujet quel qu’il soit, et contentez-vous de penser le contraire, c'est à dire...  de voir plus grand, plus large… en un mot : plus complexe ;  ça marche à tous les coups ! Car, vous aurez alors fait un grand pas vers une pensée honnête et féconde, et qui plus est, une pensée altruiste, en lieu et place d'une opinion socialement et ethniquement orientée (ce qui est toujours le cas chez Finkielkraut ! D’où sa charge régulière contre les Français issus de l’immigration du Maghreb et ceux  qui contestent ses jugements à l’emporte pièce, avec en toile de fond son soutien à la politique pourtant indéfendable de l’Etat d'Israël) ; un grand pas donc vers une pensée qui vous rapprochera d’une meilleure compréhension d’une réalité qu’aucune vérité statistique ou factuelle ne pourra jamais contenir. Seule condition : être prêt, si nécessaire, à penser contre soi, contre sa caste, sa classe, contre son ethnie, tout en y mettant un peu de cœur (3) ; ce dont Finkielkraut est bien incapable.

     

    *** 

     

                 Producteur et animateur chez France Culture de l'émission Répliques (3) qui se veut, sans rire, au cœur de la France, le choix de ses invités permet le plus souvent à Finkielkraut de leur faire dire tout haut ce qu’il ne peut aujourd’hui que se résoudre à penser tout bas depuis que son crédit que l’on nommera « anti-raciste » est épuisé.

     

    Jouissant sur cette radio publique d'une impunité refusée à tous les autres, les propos concernant les Français issus du colonialisme et de l’immigration d’Afrique noire et du Maghreb, vers lesquels les sujets qu'il traite ne manquent jamais de nous ramener - et quelque soit le sujet : un vrai tour de force de la part de Finkielkraut ! -, s’ils devaient prendre pour cible la communauté juive relèveraient sans l’ombre d’une hésitation de l’anti-sémitisme ; appliqués aux homosexuels, de l’homophobie ; aux femmes, de la misogynie de la pire espèce…

     

    Un Alain Finkielkraut pourtant né de parents étrangers, aux origines polonaises, et qui, face à ceux qui en auraient bien besoin - Français déshérités, naufragés de l’Histoire eux aussi ; et comme si cela ne suffisait pas : privés parfois d’une modernité émancipatrice -... semble déterminé à ne pas rendre, même en partie,  tout ce qu’il a reçu d’une France qui n’en était pourtant pas à son premier coup d'essai et à sa première intégration... excepté à ceux qui n’en ont guère besoin, à savoir : une classe qui, d’une Europe berceau, temple et tombeau, croule sous son héritage culturelle comme d’autres sous des milliards (4).

     

    Mais... ne prête-t-on pas qu’aux riches une attention à la hauteur de ses propres ambitions sociales ?

     

    Ingrat donc mais d'une ingratitude sélective car… charitable et généreux avec ses acolytes et camarades de combat, d’aucuns soupçonnent Finkielkraut de faire signer ses livres par les autres. Le dernier en date : « Réflexions sur la question blanche : du racisme blanc au racisme anti-blanc » ; ouvrage qui n’est qu’un procès de plus contre tout ce qui de près ou de loin ressemble à un Français d’Afrique ou du Maghreb, musulman ou non, rédigé par un dénommé Gilles-William Goldnadel pourtant bien incapable de construire à l’écrit comme à l’oral, une phrase ou un raisonnement dignes de ce nom, et ce bien qu’il soit avocat – avocat d’une seule cause, il est vrai : Israël (5).

     


                    Anonyme.jpgIntraitable avec ses dis-semblables, toujours pusillanime avec lui-même, son clan et sa caste, on peut légitimement prédire que cet homme sans excuses qui n'est plus un "intellectuel" depuis longtemps déjà – pour peu qu’il l'ait été un jour -, mais bien plutôt un propagandiste (avec le soutien indéfectible des médias du service public, radios-télés, désespérément complaisants par lâcheté et veulerie), finira poisson rouge à tourner en rond dans son bocal : celui de ses obsessions et de ses indignations à la racine desquelles on trouvera un parti pris proche de la forfaiture et du parjure  (6) quand on le compare à ceux qui ont fait, ici en Europe, la littérature et la philosophie, entre autres piliers de notre civilisation, pour ne rien dire de son incapacité à comprendre le monde tel qu’il est, faute d’être à même d’en interroger les causes, et alors que ce monde lui ressemble à tel point que, jamais, il n’osera en toute conscience le regarder en face.

     

               De là à soupçonner chez Finkielkraut une conscience aiguë et une peur panique de cette ressemblance…

     

     

     

    2– Tout en prenant soin de conspuer les indignations de ceux qu’ils considèrent ses ennemis idéologiques. A titre d’exemple : se reporter à son réquisitoire contre l’opuscule Indignez-vous de Stéphane Hessel ; réquisitoire qui se garde bien de nommer sa cible, la vraie : la charge d’Hessel dans la deuxième partie de son ouvrage contre la politique scélérate de l’Etat israélien à l’endroit des palestiniens.

     

     

    3 - Cette émission a une fois de plus franchi, le samedi 10 octobre 2015, le seuil du tolérable. À la 28e minute, Georges Bensoussan prononce ces mots : « Aujourd'hui nous sommes en présence d'un autre peuple au sein de la nation française (...). Il n'y aura pas d'intégration tant qu'on ne se sera pas débarrassé de cet antisémitisme atavique qui est tu. Un sociologue algérien, Smaïn Laacher vient de dire dans le film qui passera sur France 3 : "C’est une honte que de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes, en France, on le tète avec le lait de la mère". »

    À cet instant, nous assistons en direct au glissement assumé d’un racisme culturel à un racisme biologique, condamnant au délit, sans distinction, une partie de la population française dès la naissance. La suite ICI

     

    4 - De préférence à l’égard de l’Autre, même et surtout… lorsqu’il est tout autre ; ou du moins… lorsqu’il est perçu comme tel car, si l’on n’a pas la compassion, on aura les camps. Et on les a eus, et on les a encore (Palestine… )  ! Surprenant que Finkielkraut n’ait pas retenu cette leçon de l’Histoire ; il est vrai qu’elle ne concerne plus sa communauté.  Aussi, à chacun sa m**** ! Et les victimes seront bien gardées et les bourreaux protégés, voire… absous.

     

    5 - On retrouve le même symptôme, la même hostilité au détriment d’une entente et d’une association fécondes, chez un Zemmour dont l’histoire familiale a pour cadre le Maghreb ; ironie suprême : un Zemmour toujours prompt à distribuer des bons et mauvais points de francité à des compatriotes avec lesquels il partage pourtant, peu ou prou, la même histoire ; tout en sachant qu’à ce petit jeu, on trouvera toujours plus français que soi (et dans le cas de Zemmour et Finkielkraut, ça ne sera pas très difficile) qui donc fera comprendre à tous ces re-dresseurs inquisiteurs zélés et diviseurs irresponsables que la France ne leur en demandait pas tant ?

     

     

    6 – Qui peut nier le fait que la défense de la politique de l’Etat d’Israël, ça rend bête... bête et méchant ? Voyez donc ! Hier : Bergson, Chagall, Arendt, Lévinas… figures symboliques de l’excellence dans les domaines scientifique, artistique et philosophique. Aujourd’hui : Finkielkraut, BHL, Ivan Levaï, Enrico Macias et Patrick Bruel. Aussi… force est de reconnaître que la crise de la culture touche bien toutes les communautés ; la médiocrité et la bêtise aussi.

     

    Difficile de ne pas penser à l'ouvrage de Julien Benda La trahison des clercs écrit en 1927, et dernièrement... à l'article de Séverine Labat.

     

     

     

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    Pour prolonger, cliquez : Finkielkraut, Zemmour et consorts

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  • Régis Debray, Edgar Morin... les deux sages

     

    La République, l'islam et la laïcité

     

        

                         Dans le cadre de la soirée consacrée aux  tueries de Paris et de Vincennes de janvier 2015, Médiapart invite Jocelyne Dakhlia, Régis Debray, Edgar Morin et Benjamin Stora à échanger.

     

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                        Pour gagner du temps, on conseillera aux internautes de faire l'économie des interventions de l'historien Benjamin Stora (1) au révisionnisme très très sélectif, notamment en ce qui concerne ce qu'il appelle "l'échec des pays arabes" face à la démocratie et à la laïcité, occultant délibérément le fait que c'est bel et bien l'Occident qui a fait la guerre au nationalisme arabe au nom du péril communiste,  et plus récemment, encore l'Occident, USA en tête,  qui a oeuvré à la destruction des deux derniers pays laïcs du Proche et Moyen-Orient : la Syrie et l'Irak ; et dans une certaine mesure, la Libye de Kadhafi... et ce pour le plus grand bonheur de deux alliés des USA :  Arabie Saoudite et Israël.

    Comme quoi, rien n'est jamais perdu pour tout le monde.

                Au cours de cette petite assemblée de sages, Plenel fera  le choix de la discrétion ; et personne ne s'en plaindra.

     

               Si Régis Debray met l'accent sur le fait  que " la modernité libère les archaïsmes" (2), et même si ce rappel ne nous aidera en rien à comprendre les événements de la semaine du 11 janvier 2015, le contenu de l'intervention de Régis Debray a les avantages et les inconvénients de son âge ; Régis Debray nous rappelle un certain nombre de fondamentaux mais leur synthèse aura malheureusement très peu de prise sur un réel qui semble échapper à toute une classe au ton professoral, même si la bonne foi et la bienveillance de cette classe envers les couches populaires ne sauraient être remises en cause.

    N’empêche…

    Qui Régis Debray a-t-il rencontré ces vingt dernières années ? Ses rencontres lui ont permis quel niveau de perception de la réalité des conditions de vie de millions de nos concitoyens ?

    Car Régis Debray semble oublier que " les valeurs", ça ne s'enseigne pas, ça se vit ! Soit ces valeurs déterminent  votre condition d’existence, soit le sort qui vous est fait vient contredire chacune d’entre elles… ces valeurs sont  alors perçues comme les marqueurs d'une domination à la fois ethnique et "de classe", tout en gardant à l’esprit qu’aujourd’hui, pour faire la leçon à qui que ce soit, il faut avoir les « fesses propres », très propres. Or, la République française remplit-elle cette condition ? Rien n’est moins sûr !

     

                      Edgar Morin, la tête dans les nuages mais les pieds sur terre,  prendra le parti de l'anthropologie, de l'Histoire de France et des religions qui l'habitent ; manifestement, l'âge d'Edgar Morin ne lui aura enseigné qu'une exigence : la lucidité et l'honnêteté ; et c'est alors qu'Edgar Morin proposera, appuyé par Jocelyne Dakhlia, l'enseignement d'un nouveau roman national ; le vrai roman national ; un roman à caractère multi-ethnique, et par voie de conséquence, multi-culturel : tous différents mais semblables à soi ! Car, il y a bien plusieurs France, et aucune ne doit s'opposer à ce que toutes ces France puissent cohabiter dans le respect mutuel.

     

                    Il est grand temps que l’Etat français se montre à la hauteur de cette nécessité-là.


     

    1 - Benjamin Stora, historien dit spécialisé dans l'histoire de l'Algérie et du Maghreb ; à ce sujet, il serait bon que l'histoire de l'Algérie nous soit aussi et surtout contée par ceux qui ont souhaité être Algériens plutôt que par ceux qui ont refusé une telle perspective qu'ils ont jugée peu enviable et souhaitable, voire... inacceptable.

     

    2 - Constat irréfutable, certes ! Encore faut-il contextualiser géographiquement et culturellement la nature et les raisons de cette résurgence car il n'est pas certain que seule la modernité en soit responsable : on pensera aussi aux inégalités sociales, la religion devenant alors le refuge des laissés pour compte.

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    Pour prolonger, cliquez : Dimanche 11  janvier - elle était une fois

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  • Gérard Filoche : entretien et mise au point

     

                Gérard Filoche, ancien inspecteur du travail et membre du Bureau National du Parti Socialiste revient sur ses déclarations suite au décès du PDG de l'entreprise "suceuse de sang" qu'est Total... entreprise au CA de plusieurs centaines de milliards qui ne paie pas d'impôts en France ; une entreprise prédatrice impliquée au plus haut niveau politique sur tous les Continents dont celui de l'Afrique...

    Gérard Filoche explique ce qu'est... ce que sont les entreprises... du boulanger à la PME ; des entreprises dépendantes pour leur survie d'un millier d'hyper-entreprises aux actionnaires voraces.

    Gérard Filoche nous parle du PS et de Manuel Valls qu'il situe à l'extrême droite de la Gauche... tout en comparant sa tentative de prise de contrôle du PS à celle du Labour Party par Tony Blair...

    L'insolence de la réforme du code du travail - le texte le plus dénigré et le plus "fraudé" -, par ceux qui n'en ont pas besoin : un Bayrou ici, un Balladur là, un Chirac encore...

    Le dernier accord national interprofessionnel (ANI)...

    Les tensions et rivalités inter-syndicales...

    Le barrage de Sivens et le meurtre de Rémi Fraisse...

    La présidence de François Hollande... une présidence sans majorité et la crise institutionnelle qui a commencé...

     

     

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                  D'une compétence incontestable, Gérard Filoche sait de quoi il parle quand il parle de l'entreprise.

    Quand il s'agit de politique et du PS, on observera que Filoche oublie la construction européenne, le traité de Lisbonne et le mondialisme : cette guerre contre les salaires, la démocratie et l'Etat providence dont la construction européenne est l'un des instruments.

    Filoche oublie aussi ceci : il n'y a pas de carrière - politique ou autres -, pour ceux qui veulent prendre l'argent là où il est. Où sont les Tony Blair et les Moscovici de la politique aujourd'hui ? Dans une des permanences du secours catholique à distribuer des boissons chaudes à des clochards qui sentent la pisse ?

    Non. L'un travaille pour la Banque, l'autre pour la Commission européenne au service de ce même secteur bancaire, à se remplir les poches avec notre argent.

    Sur l'écologie, pas grand-chose non plus ; manifestement, Filoche n'a lu ni Ivan Illich ni André Gorz.

     

                 Eternel optimiste, Gérard Filoche reste un homme d'appareil, et c'est sans doute la raison pour laquelle il pense que l'on peut réformer le PS ; il est bien le seul,

    Tous les partis meurent un jour, et le PS doit mourir pour que la gauche renaisse.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Porter la crise au coeur du PS

     

     

     

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  • Le meurtre de Rémi Fraisse vu par Edgar Morin

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              Dans le texte qui va suivre, Edgar Morin revient sur le meurtre de Rémi Fraisse, écologiste étudiant en environnement à Toulouse.


    Une fois de plus, fidèles à eux-mêmes, les "commentateurs patentés de l'actualité" passeront à côté de l'essentiel ; il reviendra alors à Edgar Morin seul de voir dans ce décès de Rémi Fraisse la victime d’une guerre de civilisation : un productivisme forcené qui condamne notre avenir  - si par avenir on entend un monde encore vivable pour l'immense majorité, et plus encore pour les plus faibles d'entre nous -, contre une pensée d'une lucidité vivace et d'une connaissance des véritables enjeux socio-économiques et environnementaux.

     

                 Avec Edgar Morin, encore lui ! la culture, l'intelligence et la clairvoyance triomphent de l'ignorance, de la bêtise et d'un aveuglement de petit-bourgeois égoïste et apeuré (1) et autres pauvres bougres cloîtrés dans une vie minuscule et nombriliste sans conscience ; de tout temps, symptôme d'une mort lente et sans profit pour personne puisque cette mort-là - ces morts-là ! -, ne laisse rien derrière elle.


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                Qu'à cela ne tienne ! Qu'il soit permis ici de rappeler qu'avec ou sans gendarmes sur-armés pour protéger des élus aux ordres d'une raison économique mortifère - encore la mort ! toujours la mort ! -, et un projet obsolète dans ses finalités... que l'autoritarisme, voire le fascisme,  qui a pour seule origine une absence totale de compétence dans le domaine de la gestion de notre avenir social... eh bien... que cet autoritarisme-là ne passera pas !



    1 - Majorité silencieuse que le désordre et le courage indisposent car ce courage-là, celui des militants, lui rappelle trop souvent sa propre lâcheté, son inconséquence et puis surtout : une ignorance crasse.  

     
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    Le sociologue et philosophe Edgar Morin, le 20 octobre 2012.

                       

    "... A l’image d’Astérix défendant un petit bout périphérique de Bretagne face à un immense empire, les opposants au barrage de Sivens semblent mener une résistance dérisoire à une énorme machine bulldozerisante qui ravage la planète animée par la soif effrénée du gain. Ils luttent pour garder un territoire vivant, empêcher la machine d’installer l’agriculture industrialisée du maïs, conserver leur terroir, leur zone boisée, sauver une oasis alors que se déchaîne la désertification monoculturelle avec ses engrais tueurs de sols, tueurs de vie, où plus un ver de terre ne se tortille ou plus un oiseau ne chante.Cette machine croit détruire un passé arriéré, elle détruit par contre une alternative humaine d’avenir. Elle a détruit la paysannerie, l’exploitation fermière à dimension humaine. Elle veut répandre partout l’agriculture et l’élevage à grande échelle. Elle veut empêcher l’agro-écologie pionnière. Elle a la bénédiction de l’Etat, du gouvernement, de la classe politique. Elle ne sait pas que l’agro-écologie crée les premiers bourgeons d’un futur social qui veut naître, elle ne sait pas que les « écolos » défendent le « vouloir vivre ensemble ». Elle ne sait pas que les îlots de résistance sont des îlots d’espérance. Les tenants de l’économie libérale, de l’entreprise über alles, de la compétitivité, de l’hyper-rentabilité, se croient réalistes alors que le calcul qui est leur instrument de connaissance les aveugle sur les vraies et incalculables réalités des vies humaines. C'est le caractère abstrait et anonyme de cette machine énorme, lourdement armée pour défendre son barrage qui a déclenché le meurtre d’un jeune homme bien concret, bien pacifique, animé par le respect de la vie et l’aspiration à une autre vie.

    Par l’entêtement à vouloir imposer ce barrage sans tenir compte des réserves et critiques, par l’entêtement de l’Etat à vouloir le défendre par ses forces armées, allant jusqu’à utiliser les grenades, par l’entêtement des opposants de la cause du barrage dans une petite vallée d’une petite région, la guerre du barrage de Sivens est devenue le symbole et le microcosme de la vraie guerre de civilisation qui se mène dans le pays et plus largement sur la planète. Partout, au Brésil, au Pérou, au Canada, en Chine… les indigènes et régionaux sont dépouillés de leurs eaux et de leurs terres par la machine infernale, le bulldozer nommé croissance.

    Dans le Tarn, une majorité d’élus, aveuglée par la vulgate économique des possédants adoptée par le gouvernement, croient œuvrer pour la prospérité de leur territoire sans savoir qu’ils contribuent à sa désertification humaine et biologique. Et il est accablant que le gouvernement puisse aujourd’hui combattre avec une détermination impavide une juste rébellion de bonnes volontés issue de la société civile. Pire, il a fait silence officiel embarrassé sur la mort d’un jeune homme de 21 ans, amoureux de la vie, communiste candide, solidaire des victimes de la terrible machine, venu en témoin et non en combattant. Il faut attendre une semaine l’oraison funèbre du président de la République pour lui laisser choisir des mots bien mesurés et équilibrés alors que la force de la machine est démesurée et que la situation est déséquilibrée en défaveur des lésés et des victimes.

    Ce ne sont pas les lancers de pavés et les ­vitres brisées qui exprimeront la cause non violente de la civilisation écologisée dont la mort de Rémi Fraisse est devenue le ­symbole, l’emblème et le martyre. C’est avec une grande prise de conscience, capable de relier toutes les initiatives alternatives au productivisme aveugle, qu’un véritable hommage peut être rendu à Rémi Fraisse."

     

    LE MONDE |04.11.2014 à 14h38 - Edgar Morin 

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    Pour prolonger, cliquezPenser aujourd'hui la fin de l'aliénation avec André Gorz

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