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emmanuel todd

  • Emmanuel Todd : le retour !

     

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                 L’historien et démographe ne s’était pas exprimé depuis la polémique suscitée par son livre, “Qui est Charlie?”, paru au printemps 2015. Crise des réfugiés, attentats du 13 novembre, jeunesse économiquement sinistrée, autant de sujets qu’il aborde dans un entretien à “L’Obs”.

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                  A la lecture de cet entretien, deux questions surgissent : Todd aurait-il perdu le fil ? Parfois confus, Todd se cherche-t-il ? La question lancinante suivante l’occupe-t-elle : comment rester encore "performant" intellectuellement, inspiré et clairvoyant ?

    Si Todd reste pertinent sur ce qui nous a menés là où nous sommes aujourd’hui, Todd devrait admettre qu'il n’est plus capable de penser efficacement ce qui sera. Il semble s’être épuisé, notamment sur la question de l’assimilation et de l’intégration des populations issus de la culture arabo-musulmane.

    Il semblerait que tout ce que Todd a accumulé comme savoir au cours de ses recherches ne lui soit d’aucune utilité pour penser le monde de demain. En panne, il a commencé à raisonner avec ce qui a été sans réaliser que cela ne le sera jamais plus et qu'il faut pour l'avenir, prévoir autre chose ; et en dernier lieu, proposer à cet avenir, du passé car le futur antérieur n'accouchera jamais du futur simple.

                   Au cours de cet entretien, Todd réclame une France assimilationniste… une France des années 20…

    Certes,  Todd voit juste quand il dit que la France est sortie de l’histoire : «Fondamentalement, ce que fait le gouvernement français n’a plus la moindre importance. Etre lucide, de nos jours, c’est voir que la France n’est pas un pays où se fait l’histoire. Actuellement, les Français sont un peuple non historique.»

    Néanmoins, ce même Todd se garde bien de dire qui sont responsables de cette sortie… tout en omettant de préciser que cette sortie de la France a pour corollaire quelle entrée, auprès de qui, au service de quel projet ?

    A aucun moment il ne mentionne les USA, l’Otan, Israël et les Monarchies du Golfe. Seule l’Allemagne demeure, non sans raisons, sa cible unique ; l’Allemagne et l’U.E ; une Europe instrument d’une mondialisation qui n’est qu’une guerre contre les Etats-nations, l’Etat providence, les droits des salariés, la démocratie et la liberté d’expression.

    Todd a toujours autant de mal avec l’inclusion des USA dans son analyse de la situation européenne.

    On pourra toutefois donner raison à Todd lorsqu’il ré-affirme que « l’Allemagne n’a nullement renoncé à la puissance économique » et qu’ainsi, par voie de conséquence, « l’obsession des classes dirigeantes allemandes, c’est le renouvellement de la force de travail. L’Allemagne a remis en ordre de marche économique toute l’Europe de l’Est, intégré ses populations actives à son système industriel, écrasé la concurrence à l’ouest et au sud dans la zone euro, et est devenue quasiment le premier exportateur mondial pour les produits de haut niveau technologique»

     

                   Autre sujet : l’immigration, l’intégration et l’assimilation.

    Avec l’analyse suivante, Todd tord le coup à une idée reçue quant à la nature des difficultés que représenterait l’intégration des populations musulmanes en Europe ; et les islamologues non musulmans ou arabes, plus souvent islamophobes qu’islamologues, n’auront qu’à bien se tenir lorsque Todd précise sa pensée à propos de la politique d’immigration de l’Allemagne : « Désormais, il s’agit de tout autre chose, d’une autre espèce d’immigration. Avec les Turcs, la machine avait déjà commencé à caler. Pas tellement parce qu’ils sont musulmans, mais parce que leurs structures familiales sont patrilinéaires, c’est-à-dire très favorables aux hommes, et, plus important encore, endogames. C’est ça le marqueur important, la grande différence entre les Européens et les habitants du sud et de l’est de la Méditerranée : une tradition du mariage entre cousins qui, chez ces derniers, fait que le système familial tend à se refermer sur lui-même. La question n’est donc pas de savoir s’ils sont musulmans ou non, c’est de savoir à quel point leur système familial s’éloigne de nos cultures exogames. »

     

             Toutefois, Todd oublie de mentionner le repli communautaire quasi ethniciste, un repli d’ordre politique dans les faits : une situation propre à la France dans laquelle deux communautés se font face : Juifs et Musulmans dans un déplacement géographiques de deux antagonismes, colons israéliens face aux Palestiniens, avec une offensive sans précédent de la part d’associations-écrans - officines israéliennes (CRIF, LICRA) -, et de leaders médiatiques issus de la communauté juive, contre la communauté musulmane de France, chacun dans son rôle, selon son histoire personnelle et ses aptitudes intellectuelles : Zemmour, Finkielkraut, Elisabeth Lévy, Gilles-William Goldnadel, E. Badinter, Frédéric Haziza, Pierre-André Taguieff... couvrent le volet "revanche sur la dé-colonisation et islamophobie assumée"...

    Bernard-Henri Lévy, lui, couvre la partie moyen-orientale de la question dans son soutien actif à la destruction de l’Irak, de la Syrie et de la Libye et à la colonisation israélienne des territoires palestiniens.

     

                 Si Todd a longtemps été « caricaturé en chantre de l’immigration heureuse » car il se s’est jamais privé de déclarer « au milieu des années 2000 que le raidissement réactionnaire autour des questions migratoires serait balayé par l’explosion des mariages mixtes et par l’arrivée de nouvelles générations ne partageant nullement ce genre d’anxiétés. » la question suivant se pose : Todd a-t-il révisé ses prévisions suite aux attentats de 2015 ?

    Todd perd pied avec la réalité en affirmant et alors que ce n’est même pas nécessaire et encore moins souhaitable : «… il faut revenir au concept d’assimilation » ; là, Todd semble ignorer que de tout temps, cette assimilation a été plus que relative : 

    - Les Italiens sont bel et bien restés italiens aujourd’hui encore ; il suffit d’aller au Stade de France lors d’un match France-Italie ; ou bien encore : avisez-vous de critiquer le Duce, Mussolini, auprès d’un Français d’origine italienne, même diplômé, instruit et cultivé… vous réaliserez très vite que cette figure italienne des années 20 et 30 jouit d’un respect à peine dissimulé.

    - Ecoutez donc maintenant la parole d’un Juif français sépharade (né en France donc !) qui vous murmure à l’oreille, un rien menaçant : « l’ONU, on s’en branle ! Jérusalem, capitale éternelle d’Israël ! »

    - Trouvez un Français d’origine polonaise qui ne soutienne pas le président Andrzej Duda et son Premier ministre Beata Szydlo ! Gouvernement élu non pas sur « la question nationale » contrairement à ce que les médias dominants (encore eux !) ont laissé dire et repris en coeur... mais bien plutôt sur fond de crise économique à propos du nombre de perdants toujours croissant de l’intégration européenne et le prix à payer pour les plus faibles, tout en gardant à l’esprit que le Peuple polonais n’est  pas au bout de sa peine à l’heure où l’Euro qu’il ne pourra pas refuser d’adopter - cela fait partie de ses obligations d’intégration européenne - fera son entrée dans les foyers.

    - Pensez aux filles et fils de Harkis nés en France dans les années 60 et 70... pensez un instant à leur ressentiment aussi tenace que justifié...

              Et pour finir, on se gardera de faire quelque commentaire que ce soit à propos du niveau d’assimilation des membres de la communauté chinoise, française ou pas ou peu ou totalement...

     

                 Vraiment,Todd est en panne sur la question intégration/assimilation. Quant à recommander une société policière pour gérer l’échec d’une assimilation qui ne représente aucune nécessité, en dehors d’être totalement irréaliste…Todd ira jusqu’à prédire à propos de L’Allemagne  et de sa politique d'accueil des réfugiés de la guerre et autres réfugiés économiques par centaines de milliers - et cela concerne la France tout autant : « Elle ne pourra intégrer, contrôler et utiliser efficacement de telles masses de population, à de tels niveaux de différence culturelle et à un tel rythme accéléré, qu’en se stratifiant et en se durcissant. Le prix à payer serait sa transformation en une société policière ou militarisée. »

    Merci Monsieur Todd ! Assimilation ou Etat militaro-policier ! Là, Todd force son talent prévisionniste au-delà du raisonnable. Ou bien, en secret, appelle-t-il de ses vœux une telle société face à l’échec d’une assimilation des populations musulmanes ou ré-islamisées ? Todd rejoindrait-il à mots couverts, tous les déçus d'une République assimilationniste, de tout temps fantasmée maintenant que cette République est nue, entièrement nue, à poil comme jamais face aux discriminations sans nombre qui frappent les communautés arabe, musulmane et africaine ?

                   Todd sauve en partie sa mise lorsqu’il rappelle ceci : « L’une des conditions fondamentales de l’assimilation, c’est que la machine économique tourne et que l’ascenseur social fonctionne. »

    On prendra néanmoins soin de remplacer «assimilation » par « intégration » et ce afin de nous rapprocher de la réalité historique, réalité des faits, de notre pays.

     

                   Todd poursuit non sans talent, un rien nostalgique, cette fois-ci à propos de l’U.E et de ce qu’elle a fait de la France avec la complicité de tous ceux qui ont occupé l’Elysée, Matignon et l’Assemblée nationale depuis 20 ans  : « Quelle occasion gâchée pour la France, une société douée dans son rapport à l’étranger et à l’universel. Tant qu’on aura ce blocage économique, on observera des phénomènes de pourrissement, qui pourront prendre en banlieue une forme islamique, tout simplement parce qu’il y a dans ces zones-là beaucoup de Français d’origine musulmane. »

    Là, Todd retrouve un peu de lucidité et de réalisme.

     

                  Sur les experts en terrorisme et les soi-disant islamologues - on pensera à un Gilles Kepel qui peut être sans difficulté considéré avant tout comme un expert des intérêts étasuniens et israéliens, tout atlantiste et sioniste qu’il est ! -, Todd fustige à raison ceux qui refusent de voir « que ce drame n’est qu’un morceau d’une tragédie globale : notre société est paralysée parce que la France n’a plus de monnaie et ne peut plus avoir de politique économique.»

    Et Todd de conclure à propos des tueries du 13 novembre 2015 à Paris : « L’une des choses qui m’a le plus tristement impressionné, c’est justement la vision que la classe politique et les médias ont alors donnée de la jeunesse française. D’un côté les jeunes terroristes déments, barbares, islamisés. De l’autre, des jeunes parfaitement sains, et radieux, sirotant des bières à la terrasse des bistrots. Alors qu’on a aujourd’hui toutes les statistiques en mains sur les difficultés effarantes à entrer dans la vie adulte pour les jeunes, la baisse de leurs revenus, leurs taux d’emploi misérables, les stages sous-payés voire non payés. Etre jeune en  France, ce n’est pas juste siroter un demi en terrasse.»

     

                        CQFD : ce qu'il fallait aussi dire.

     

     

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  • "Qui est Charlie ?" un ouvrage d'Emmanuel Todd

     

                   Le 5 Janvier 2015, un hommage a été rendu aux victimes de la rédaction de Charlie Hebdo en Janvier 2014 ; les commémorations se poursuivent cette semaine encore. Faut dire que... " Quand on ne fait plus l'Histoire, on la commémore" - Régis Debray

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    Billet de blog publié en mai  2015

     

     

              Que la stupeur et l’effroi des tueries de Janvier dernier nous aient privés d’analyses susceptibles de nous aider à sortir d’une confusion à la fois politique, sociale et intellectuelle, cela était plus que prévisible.

    Les médias, les premiers, ainsi que la classe politique, n’auront pas résisté longtemps à la tentation de faire taire ceux qui, héroïques, auront pris sur eux, au risque du mépris, de la relégation, voire de l’excommunication, de garder leurs capacités de discernement intactes, tripe sensible mais tête froide, face à des événements dramatiques et face à ce qui restera comme le plus important rassemblement de l’histoire moderne du pays : plusieurs millions de "Je suis Charlie" dans les rues des principales villes de France.

    Après les questionnements passés quasiment inaperçus dans les médias de masse de  Frédéric Lordon et d’Alain Badiou à propos de ces événements et du slogan "Je suis Charlie", c'est au tour d'Emmanuel Todd de "sortir du bois" avec son dernier ouvrage : « Qui est Charlie ? ».

     

    ***

     

             CQFD : "Ce livre, c’est aussi la révélation du rôle du PS dans la destruction de la République.”

     

              En ce qui concerne les causes qui ont conduit à la mobilisation massive du 11 Janvier 2015, Todd évoque une crise religieuse car, pour Todd, c’est lorsqu’une religion disparaît qu’il faut la prendre au sérieux : l’effondrement du catholicisme dans les années 60.

    Le spirituel, tout comme le temporel, a le vide en horreur. Chassez le spirituel et il revient au galop ! Mais sous quelle forme ? Todd évoque alors une France laïque, voire laïcarde, une France d'une classe moyenne privée de religion et de transcendance qui vote sans doute majoritairement PS unie autour d’un bouc émissaire : les classes populaires en général et les Musulmans en particulier sur-représentés au sein de ces classes ; et c'est l'assaut meurtrier des locaux de Charlie Hebdo qui servira d’exutoire contre l’Islam, une religion qui, en France, n'est pas que symboliquement la religion des dominés et des plus faibles économiquement ; une religion qui est sans doute la seule fierté d’une grande partie de ses pratiquants et des non-pratiquants issus de cette culture.

              "l'Islam, cette religion qui ne veut pas mourir !"  ; 'L'Islam cette religion qui menace notre identité !"

    Tout le monde s'y retrouvera donc ce jour-là : les athées, laïcs et laïcards qui n'ont plus de religion ; mais pas seulement car, comme on pourra le voir plus loin, il manque à ce bouquet garni quelques arômes, et pas des moindres.

     

     

     

              Todd oppose un contenu latent qui force une approche à la fois sociologique et psychologique à un contenu manifeste : ce qui est explicité par les intéressés eux-mêmes - les "Je suis Charlie" rassemblés dans les rues le 11 janvier dernier -, avec l’appui de tous les médias dominants et le grand cirque et barnum de la politique et du showbusiness.

    Dans sa traduction et sa transposition politiques, Todd nous donne à penser à une sorte d’union sacrée contre le Musulman et les classes populaires rurales et péri-urbaines - "les banlieues" en priorité -, absentes des défilés de ce 11 Janvier 2015. Ce qui s’avère être juste dans les faits puisque ce sont ces classes et ce Musulman en particulier qui souffrent le plus du mépris des médias et plus récemment du PS sous l'influence d'un Manuel Valls (1).

    Tous se retrouvent alors autour d’un projet anti-égalitaire ; la présence du PS dans ce projet est tout à fait cohérente : que l’on pense un instant que les inégalités ne se sont jamais aussi bien portées sous un gouvernement et une présidence PS depuis 1983) ; un PS composé de "catholiques zombies" ; comprenez : des "catholiques" privés de leur religion depuis deux générations.

     

    ***

     

             Si l’exposé de Todd se défend et se tient, reste que notre démographe-historien-sociologue oublie d’être un peu plus explicite. Courageux mais pas téméraire  Todd ? Car, cette union sacrée a pour point nodal un soutien électoral inconditionnel par le "vote PS" principalement, à toutes les politiques à la fois économiques et militaires développées par les USA et une Europe supplétive depuis les événements du 11 septembre 2001 ; ce qui se fait appeler "La guerre mondiale contre le terrorisme", de l’Afghanistan à la Libye, en passant par l’Irak, se soldera par près de 3 millions de morts Musulmans, embargo irakien non inclus. Bilan provisoire puisque cette "guerre" qui est loin d'être gagnée - et ce n'est pas le but non plus -, ne connaîtra sans doute aucune fin.

    Faut dire que le chaos a des vertus qu'une morale humaniste ignore.

    D'autre part, avec l'introduction du concept de "catholique zombie", là encore, Todd botte en touche pour ne pas avoir à nommer les choses et les gens ; Todd passe à côté des véritables enjeux car... en ce qui concerne l'islamophobie, sa mise en scène, son déploiement, son entretien et son écho dans les médias de masse, difficile de ne pas constater que cette campagne a pour principales têtes d'affiche un grand nombre, sinon la totalité, des "leaders" médiatiques juifs et/ou sionistes : E. Lévy, E. Badinter, E. Zemmour, Finkielkraut, BHL, Goldnadel, Prasquier, Cukierman, Klasfled-fils, Glucksman père et fils et Taguieff (2); tout en précisant qu'à ce sujet, il semblerait qu'un rapprochement se confirme entre ces leaders communautaires et le Front national ; rapprochement contre les Musulmans et l'Islam au service d'une islamophobie qui n'est dans les faits que le nouveau visage de la "vieille" haine raciste anti-arabe ; et c'est plus récent (une trentaine d'années) : haine envers les activistes pro-palestiniens issus de l'immigration arabo-musulmane ainsi que contre nous tous, d'origine européenne, occupés à soutenir cette cause.

     

     

     

     

    1 - Quand le PS vote les pleins pouvoirs à Manuel Walls, c'est l'histoire qui bégaie : celle d'un certain 10 juillet 1940.

    Après la tragédie, la farce... parce... bon, le niveau n'est pas le même non plus : Charles Maurras et le Front populaire... ensemble pour tenter de "modérer" et d'amadouer l'Allemand aux portes de Paris en leur offrant Pétain comme interlocuteur-sauveur, c'est quand même autre chose que le Maire d'une commune sans importance, aujourd'hui premier ministre... grenouille qui n'en finit pas de vouloir se faire aussi grosse que le boeuf.

     

    2 - Mais alors, qu'est-ce à dire ? L'islamophobie délirante et obsessionnelle chez ces "Juifs médiatiques" serait donc l'équivalent d'un antisémitisme tout aussi forcenée ? Sorte de haine-miroir ?

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    "Je suis Charlie" : phénomène religieux ?

     

              Une conférence de Michel Drac à propos de l'ouvrage de Emmanuel Todd.

     

     

    Pour prolonger, cliquez : le PS doit mourir pour que la gauche renaisse

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  • 11 Janvier 2015 : quand les langues se délient enfin

     

     

                 Que la stupeur et l’effroi des tueries de Janvier dernier nous aient privés d’analyses susceptibles de nous aider à sortir d’une confusion à la fois politique, sociale et intellectuelle, cela était plus que prévisible.

    Les médias, les premiers, ainsi que la classe politique, n’auront pas résisté longtemps à la tentation de faire taire ceux qui, héroïques, auront pris sur eux, au risque de la relégation et du mépris, voire de l’excommunication, de garder leurs capacités de discernement intactes, tripe sensible mais tête froide, face à des événements dramatiques et face à ce qui restera comme le plus important rassemblement de l’histoire moderne du pays : plusieurs millions de "Je suis Charlie" dans les rues des principales villes de France.

                 Qu'à cela ne tienne : deux témoignages, deux questionnements, sont passés quasiment inaperçus dans les médias de masse qui se sont bien gardés d’en faire l’écho : ceux de Frédéric Lordon et d’Alain Badiou à propos des événements  de Janvier et du slogan "Je suis Charlie", véritable cri de ralliement.

    Puis, tout récemment est arrivé l'ouvrage d’Emmanuel Todd et sa question : « Qui est Charlie ? » ; témoignage tout chaud, brûlant même !

    Nous clôturerons ce tour d’horizon avec votre serviteur et sa contribution datée du 12 janvier : "Il était une fois".

     

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                     Voici la contribution de Frédéric Lordon intitulée « Charlie à tout prix ? » publiée intégralement  ICI.

                     Voici un extrait  : « On pouvait se sentir Charlie pour l’hommage aux personnes tuées même si la compassion publique se distribue parfois d’une manière étrange, je veux dire étrangement inégale.

    On pouvait aussi se sentir Charlie au nom de l’idée générale, sinon d’une certaine manière de vivre en société, du moins d’y organiser la parole, c’est-à-dire au nom du désir de ne pas s’en laisser conter par les agressions qui entreprennent de la nier radicalement.

    Mais les choses deviennent moins simples quand « Charlie » désigne non plus des personnes privées, ni des principes généraux, mais des personnes publiques rassemblées dans un journal. Si, « Je suis Charlie » était une injonction à s’assimiler au journal Charlie, cette injonction-là m’était impossible car cette formule a fonctionné comme une sommation.

    Bienvenue dans le monde de l’unanimité décrétée, et malheur aux réfractaires ! Et puis surtout : célébrons la liberté de penser sous l’écrasement de tout dissensus, en mélangeant subrepticement l’émotion de la tragédie et l’adhésion politique implicite à une ligne éditoriale (une ligne atlantiste, sioniste et anti-Musulman - ndlr) ! Ceci d’ailleurs au point de faire à la presse anglo-saxonne le procès de se montrer hypocrite et insuffisamment solidaire (obéissante) quand elle refuse de republier les caricatures.

    Il fallait donc traverser au moins une mer pour avoir quelque chance de retrouver des têtes froides, et entendre cet argument normalement élémentaire que défendre la liberté d’expression n’implique pas d’endosser les expressions de ceux dont on défend la liberté.

     

     

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                     Voici la contribution d'Alain Badiou qui a pour titre : « Le Rouge et le Tricolore » - ICI dans son intégralité.

                     Voici un extrait : "Sur la trame générale de « l’Occident » contre « l’Islamisme », apparaissent, d’un côté, des bandes armées meurtrières ou des individus surarmés, de l’autre, au nom des droits de l’homme et de la démocratie, des expéditions militaires internationales sauvages, détruisant des Etats entiers (Yougoslavie, Irak, Libye, Afghanistan, Soudan, Congo, Mali, Centrafrique…) et faisant des millions de victimes, sans parvenir à rien qu’à négocier avec les bandits les plus corruptibles une paix précaire autour des puits, des mines, des ressources vivrières et des enclaves où prospèrent les grandes compagnies.

    On prétend de ci de là que ce n’est pas le fait d’être musulman en soi, comme indice négatif, que visent les caricatures de Charlie-Hebdo, mais l’activisme terroriste des intégristes. C’est objectivement faux. Prenez une caricature typique : on y voit une paire de fesses nues, c’est tout, et la légende dit « Et le cul de Mahomet, on peut s’en servir ? ». Le Prophète des croyants, cible permanente de ces stupidités, serait-il un terroriste contemporain ? Non, cela n’a rien à voir avec quelque politique que ce soit. Rien à voir avec le drapeau solennel de la « liberté d’expression ». C’est une ridicule et provocatrice obscénité visant l’Islam comme tel, c’est tout. Et ce n’est rien d’autre qu’un racisme culturel de bas étage, une « blague » pour faire péter de rire le lepéniste aviné du coin. Une complaisante provocation « occidentale », pleine de la satisfaction du nanti, envers, non seulement d’immenses masses populaires africaines, moyen-orientales ou asiatiques qui vivent dans des conditions dramatiques, mais envers une très large fraction du peuple laborieux ici même, celui qui vide nos poubelles, nettoie la vaisselle, s’éreinte au marteau piqueur, fait à cadence accélérée les chambres des hôtels de luxe ou nettoie à quatre heures du matin les vitres des grandes banques. Bref, cette part du peuple qui, par son travail seul, mais aussi par sa vie complexe, ses voyages risqués, sa connaissance de plusieurs langues, sa sagesse existentielle et sa capacité à reconnaître ce que c’est qu’une vraie politique d’émancipation, mérite au moins qu’on la considère, et même, oui, qu’on l’admire, toute question religieuse mise de côté.

    Dès le début, l’Etat s’est engagé dans une utilisation démesurée et extrêmement dangereuse. Au crime à motivations identitaires, il a opposé dans les faits une motivation identitaire symétrique. Au « musulman fanatique » on a opposé sans vergogne le bon Français démocrate. Le scandaleux thème de « l’union nationale », voire de « l’union sacrée », qui n’a servi en France qu’à envoyer les jeunes gens se faire massacrer pour rien dans les tranchées, est ressorti de ses placards naphtalinés.

    Il a même été possible que le criminel de guerre coloniale Netanyahou figure au premier rang des manifestants, supposés venir là célébrer la liberté d’opinion et la paix civile.

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                       C'est au tour d'Emmanuel Todd avec son dernier ouvrage : « Qui est Charlie ? ».

    Todd évoque une crise religieuse car pour Todd, c’est lorsqu’une religion disparaît qu’il faut la prendre au sérieux : l’effondrement du catholicisme dans les années 60.

    Le spirituel, tout comme le temporel, a le vide en horreur. Chassez le spirituel et il revient au galop ! Mais sous quelle forme ? Todd évoque alors deux France : une France laïque, voire laïcarde, classe moyenne privée de religion et de transcendance qui vote PS et une France catholique majoritairement de centre-droit (UMP), sans oublier des traditionalistes ultra-minoritaires mais très actifs (FN) ; deux France unies autour d’un bouc émissaire : les classes populaires en général et les Musulmans en particulier sur-représentés au sein de ces classes ; et c'est l'assaut meurtrier des locaux de Charlie Hebdo qui servira d’exutoire contre l’Islam, une religion qui, en France, n'est pas que symboliquement la religion des dominés et des plus faibles économiquement ; une religion qui est sans doute la seule fierté d’une grande partie de ses pratiquants et des non-pratiquants issus de cette culture.

                 "l'Islam, cette religion qui ne veut pas mourir !"  ; 'L'Islam cette religion qui menace notre identité !"

    Tout le monde s'y retrouvera donc ce jour-là : les athées, laïques et laïcards, qui n'ont plus de religion, et les cathos modérés et intégristes.

     

     

                    Todd oppose un contenu latent qui force une approche à la fois sociologique et psychiatrique à un contenu manifeste : ce qui est explicité par les intéressés eux-mêmes - les "Je suis Charlie" rassemblés dans les rues le 11 janvier dernier -, avec l’appui de tous les médias dominants et le grand cirque et barnum de la politique et du showbusiness.

    Dans sa traduction et sa transposition politiques, Todd nous donne à penser alors à une sorte d’union sacrée PS, UMP et FN (Oui, le FN ! qui est aussi un parti de la haine envers le faible, le dominé, le nécessiteux et pas seulement d'origine étrangère) . Ce qui s’avère être juste dans les faits puisque ce sont ces trois partis qui « contrôlent » le jeu politique et les résultats des élections depuis les années 80.

    Ces deux France se retrouvent alors autour d’un projet anti-égalitaire (la présence du PS dans ce projet est tout à fait cohérente : que l’on pense un instant que les inégalités ne se sont jamais aussi bien portées sous un gouvernement et une présidence PS depuis 1983) ; un projet xénophobe aussi ; le PS une fois encore, parti sioniste, n’hésitant plus, avec la complicité des dirigeants du Crif, à jouer le Juif contre le Musulman, l'Arabe, l'Africain et le sympathisant blanc : à titre d'exemple, Dieudonné, autre exutoire, dès 2003 ; et plus récemment, avec une version "Valls et la Licra" contre l'humoriste-activiste et son public.

                     Si l’exposé de Todd se défend et se tient, reste que notre démographe-historien-sociologue oublie d’être un peu plus explicite. Courageux mais pas téméraire  Todd ? Car, l’alliance de ces deux France a pour point nodal un soutien inconditionnel à toutes les politiques à la fois économiques et militaires développées par les USA et une Europe supplétive depuis les événements du 11 septembre 2001.

    Ce qui se fait appeler "La guerre mondiale contre le terrorisme",  de l’Afghanistan à la Libye, en passant par l’Irak, se soldera par près de 3 millions de morts Musulmans, embargo irakien non inclus. Bilan provisoire puisque cette "guerre" qui est loin d'être gagnée - et ce n'est pas le but non plus -, ne connaîtra sans doute aucune fin.

    Faut dire que le chaos a des vertus qu'une morale humaniste ignore.

     

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                     Votre serviteur, enfin...  avec un billet de blog qui a pour titre : "11 Janvier 2015 : il était une fois".

                     Un extrait  :


                     Un rassemblement et une marche historiques : plus de 3,7 millions de Français ont défilé en hommage aux 17 victimes des tueries de la semaine.

                   Avec cette manifestation qui semble rejeter "la politique", ou se situer comme "en-dehors" sinon au-delà, parmi les trois millions et plus de participants à la marche "Je suis Charlie", un grand nombre a sans doute vu dans les événements de ces derniers jours non pas la manifestation d’une cause mais bien plutôt celle d’un effet. Or, la tuerie dans les locaux de Charlie Hebdo et celle du supermarché de Vincennes auraient pourtant dû provoquer le réveil d'une prise de conscience des causes qui nous y ont menés et par voie de conséquence, à une prise de conscience politique. Aussi, ce qui semble être le rejet de cette conscience-là par toute une population aujourd'hui dépolitisée qui a trouvé à s'exprimer dimanche, annonce, qu'on le veuille ou non, des déceptions sans nombre dans les mois et les années à venir car personne, aucune société, ne peut échapper à la politique ou s'en extraire :

    - Doit-on accepter que la classe politique se laisse tenter par le maintien d'une pression sécuritaire jusqu'à la prochaine élection présidentielle à des fins électoralistes et dans l'espoir d'une prise de contrôle accrue sur notre liberté d'expression et de mouvement jusqu'au coeur dans notre intimité à grand renfort de nouvelles lois liberticides ?

    - Quelles conclusions tirer de notre ralliement à une politique étrangère atlantiste ?

    - Peut-on faire l’économie de nous interroger sur une représentation de l’Islam qui, islamophobie consciente ou inconsciente, semaine après semaine, humilie ses croyants tout en les marginalisant ?

    - La communauté juive de France peut-elle continuer de confier sa représentation à des associations qui ne sont que des officines d’un Etat étranger, Israël en l'occurrence, qui a fait la preuve de son incapacité à bâtir un état moderne, responsable, respectueux des lois internationales et dont la classe politique et les premiers ministres successifs sont devenus les véritables ennemis mortels de cette communauté, ici, sur le sol de notre République ?

    - Doit-on refuser de mettre un terme au dénigrement systématique de la France, de son passé qui désarme des millions de français issus de l’immigration ou de la colonisation et les laisse sans identité enviable autre que celle de la religion ?

     
    - Peut-on continuer avec la promotion d'un économisme pour lequel il n'y a de vérités qu'économiques... ratios et calculs ?

    - Peut-on nier plus longtemps encore le racisme institutionnel qui a tout recouvert : logement, travail, études, considération citoyenne ?

     

                           Là, c'est la politique qui frappe à la porte. Assourdissant !

     

     

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  • Europe, USA, Russie, Ukraine, Allemagne... Emmanuel Todd en exclusivité

     

     

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    Interview exclusive d'Emmanuel Todd par Olivier Berruyer sur son site les-crises.fr

    Emmanuel Todd dresse un réquisitoire sans merci contre l'Allemagne.

    C'est ICI

     

    On sera pour, on sera contre, en partie, en totalité... c'est selon.

     

    _________________

     

     

               Dans son analyse de la destinée européenne, de l’Allemagne et de la crise ukrainienne, Emmanuel Todd a oublié l'Otan et les Etats-Unis. Et quand on sait que sans les USA (et la CIA), jamais l'Ukraine n'aurait pu être déstabilisée… cela laisse songeur.

    Dans les faits, l'approche allemande et américaine de la "gestion" de l'Europe, ce qui implique nécessairement l'affaiblissement de la Russie, voire sa marginalisation définitive de la scène internationale -, est bel et bien complémentaire. Et si la France est absente c’est qu’elle est de fait... hors jeu, avec ou sans son consentement, sa passivité ou sa servitude, car ce n'est pas dans la tradition de la France d'affaiblir la Russie au bénéfice de l'Allemagne, et plus récemment dans l’histoire, pour le profit des USA. Et ces derniers le savent. C'est la raison pour laquelle ils peuvent faire le choix de se passer de notre soutien, voire de notre participation active. Au mieux, pouvaient-ils se contenter d’espérer notre silence : que l'on regarde ailleurs.

    Mais... ô divine surprise ! La France, contre toute attente, a choisi de les accompagner dans leur entreprise de captation de l'Ukraine.

    Certes,  l'Allemagne est un peu l'Israël de l'Europe : porte-avion américain, elle a toutefois son propre agenda : son caractère national et son histoire le lui commandent. Ce qui ne justifie pas le fait de minimiser le rôle néfaste des USA. De là à  penser que Todd a un sérieux problème avec l’Allemagne... obsession maladive qui se confirme au fil des ans. Ou bien alors, Todd cherche à masquer un ralliement à l'Empire en nous conseillant de jouer la carte américaine contre l'Allemagne, bouc-émissaire idéal ici en France, pour des raisons bien évidemment historiques, cela va sans dire. Ce qui nous fait courir le risque de voir ce choix des USA contre l'Allemagne - c'est-à-dire... un choix contre l'Europe finalement, puisque... pas d'Europe sans l'Allemagne et une France forte -, devenir réalité même si pour l’heure, la France choisit de se laisser porter par les événements provoqués tantôt par l’Allemagne, tantôt par les USA.

    Mais alors, prochainement, Todd nous recommandera-t-il de soutenir le traité transatlantique, lui qui appelle à la rescousse le boucher de la realpolitik, Kissinger,  et un vieillard dont toutes les « prophéties » ont lamentablement échouées, un dénommé Brezinski ?

    Donald (Mickey) Tusk, de nationalité polonaise, russophobe comme ce n'est pas permis, nommé Président du conseil européen est bien l'homme des USA, et accessoirement celui de l'Allemagne qui a soutenu sa candidature : c'est un libéral pur jus en matière économique (sous-financement de l'Etat et guerre contre les salaires) ; ce qui n'est pas fait pour déplaire  à Merkel, l'esclavagiste de la classe ouvrière d'Europe de l'est : en effet, l'Allemagne distribue des salaires compris entre 1 et 5 euros de l'heure.

    Car il existe pourtant une autre option : ni ralliement aux USA, ni rupture avec l'Allemagne ; en effet, la France est assez puissante symboliquement, économiquement et culturellement dans le cadre européen, pour proposer  - ou imposer -, à l'Allemagne, un partenariat gagnant-gagnant tout en gardant à distance les USA et leur soif d'hégémonie sur un monde qu'ils ne veulent surtout pas partager avec qui que ce soit ; est-il besoin de rappeler que les USA ont besoin de vassaux et de complices, et certainement pas de partenaires. De plus, ils ne respectent et ne tolèrent aucune culture qui  leur soit un tant soit peu… opposée. Todd ne peut pas l’ignorer. Pour cette raison, on regrettera son approche qui voit de près seule l’Allemagne et demeure aveugle de loin, outre-Atlantique… et ce bien que l’analyse de Todd du "caractère allemand" soit  juste car historique.

    Oui, il faut craindre la diplomatie allemande... et son incompétence ou bien son amateurisme ! Souvenons-nous de la Yougoslavie : l’Allemagne ne porte-elle pas  la plus grande part de responsabilité dans l’effondrement de la Yougoslavie et dans les guerres sanglantes qui s’en sui­virent ? Et que dire de la Ré-unification négociée sans la Grande Bretagne et la France ?

    Certes ! Craignons l'immaturité congénitale et endémique de l'Allemagne dans le domaine des affaires étrangères... mais alors : accompagnons-la... guidons-la d'un bras et d'un pied fermes !

    On en a encore les moyens.

     


              Quant à la France, notre pauvre France, si aujourd’hui elle semble absente de l’Europe et de la conduite de son destin et de l’histoire qui s’y écrit jour après jour - l’Allemagne et les USA y faisant leur marché sans nous, distribuant tous les rôles -, ce sont les circonstances qui l’auront voulu : la médiocrité sans précédent de ceux qui occupent l’Élysée et Matignon, et plus généralement… de la classe politique : pour preuve, le fait qu’aucune voix ne s’élève contre le hold-up allemand et américain sur l’Europe.

    Un quartet se détache, figures de proue de cette médiocrité, un quartet sans colonne vertébrale, sans qualités car sans héritage : Hollande, Valls, Fabius et Sapin…

    Oui ! Hollande, Valls, Fabius et Sapin ! Et si on laisse de côté Valls  - la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf ! - avec trois d’entre eux, l’ENA est maintenant tout nue ; et aucun cache-sexe ne viendra la sauver.

    Consultez leur CV à tous ; mettez dans la balance les enjeux nationaux, européens et mondiaux qui nous font face ainsi que ce que cela demanderait d'y faire face justement (culture historique, intelligence, force de caractère, patriotisme...), et tout est dit, tout devient clair : c'est perdu d'avance ; autant convier des Parkinsoniens, de surcroît incontinents à la moindre alerte, à un concours de mikado. Car, au sujet de ce quartet, difficile de ne pas penser à du mou pour chat... tenez ! à une bougie qui coule à la moindre contrariété, la cire les recouvrant tous… fantômes, zombies et morts-vivants, tout à la fois car, que l’on ne s’y trompe pas : il n’est pas seulement question de courage mais d’intelligence prospective, de celle qu’il nous faudrait au plus vite déployer pour contrer des stratégies dont notre pays sortira plus affaibli encore, plus dépendant, plus soumis, sous contrôle, comme « en laisse » ; et si la situation se prolonge au-delà du raisonnable, c’est alors que l’Europe deviendra non plus une tribune, un tremplin pour la France mais une niche, notre niche pour une France à la fois chien et chienne, dans laquelle il ne nous restera plus qu’à faire le deuil de notre capacité à pouvoir nous projeter vers des lendemains féconds et dignes de notre rang.

     

                  Sans volonté, totalement soumis au plus fort, la force primant sur le droit et sur le courage (on l’a va tout dernièrement à propos du soutien de l’Etat français de la ratonnade israélienne des gazaouis), pour ne rien dire d’une allégeance qui a pour seul critère une origine soit ethnique, soit sociale ( « Ma tribu, mon clan… à tort ou à raison ! » Là encore, on a pu en faire le constat amère à propos de Gaza) ; allégeance non seulement abjecte mais régressive humainement et psychiquement, étant donné l’importance des enjeux pour la France et l’Europe… ce qui est en cause aujourd'hui c'est un constat d’incompétence et une sorte de malheureux concours de circonstances : l’arrivée à « maturité » sur le « marché » de la conduite des affaires de l'Etat d’un personnel politique indigent et  jean-foutre ; des domestiques qui croient avoir pris la place du maître de maison. Des bonnes ! ce quartet auquel il ne manque plus qu’une jupe et un tablier... des bonnes ! Des bonnes de quartiers chics, certes !  mais… bonniches quand même !

    Et cette incompétence a pour racine une ignorance d’un tragique inqualifiable après quarante années d’un cynisme désabusé qui a semé un cancer : le règne des imbéciles sur-diplômés.

    Et c’est encore une fois l’ENA qui sombre.

     

                  Inutile d’évoquer une trahison quelconque car, pour trahir, encore faut-il s’être ralliés, même provisoirement, à un idéal, à un projet… tout en ayant pris conscience des véritables enjeux auprès desquels un engagement trouve sa place dans la responsabilité et une exigence certaine envers soi-même, sans oublier une prise de conscience qui place la loyauté au-dessus de l’opportunisme propre à la gestion d'une carrière…

    Non. Bien plutôt, des hommes de la marge, à la marge,  en marge, à côté…  au bord… comment dire … ?  Des hommes en-dessous d’une ligne de flottaison qui aurait pu, voilà quelques années encore, laisser espérer quelques sautes non pas tant d’humeur que d’intelligence … en un éclair, un peu  comme quand on se ressaisit à temps, in extremis... avant une catastrophe imminente, alors que le naufrage auquel nous assistons, atterrés, est maintenant irréversible et sans rémission en ce qui les concerne.

     

                  Cruel destin pour ce beau pays qu’est le nôtre et pour ce continent européen capable du meilleur ! Et force est de constater, en ce qui concerne la France, que le poisson ne pourrit par la tête mais bien plutôt,  par la queue, le morceau le moins noble pour des roturiers de la politique…  pour des hommes en queue de peloton, les derniers, les cancres d’une classe d’âge dont il n’y a sans doute plus rien à sauver. Et là encore, ce sont nos Grandes Ecoles qui se noient.

    Cette génération née au terme de la seconde guerre mondiale, tout de suite après, comme dans la foulée pour ainsi dire, mais à petite foulée, pépère – il est vrai qu’à chaque jour suffit sa peine -, cette génération n’aura pas eu à choisir entre le courage et la lâcheté, ni « l’entre deux », ce territoire dans lequel même les hommes les plus illustres ont dû un jour fatalement mettre les pieds avant de se salir les mains…

    Non, vraiment, elle n’aura eu qu’un souci cette génération d’hommes destinés à commander : quelle place occuper avant d’en occuper une autre, plus lucrative encore pour des arrivistes arrivés depuis longtemps, et qui s’ennuient déjà, à leur insu, de n’avoir rien à risquer, jamais, nulle part, et sûrement pas leur situation ni leur vie car celle des autres y suffit amplement.

     

                   Et pour finir, sans conclure pour autant, on pourra quand même s’étonner d’une chose : que ce ne soit pas un Cagliostro... non ! plus affligeant encore : une « du Barry » ou une « Pompadour » qui mène la danse tout en conduisant les affaires de l’Etat… une putain et une demi-mondaine donc, à une époque où la politique de la France se décidait dans les chambres à coucher (avant la venue salvatrice d’un Talleyrand balayé plus tard par « la corbeille »), même si leurs équivalents masculins qui ont tenu (et tiennent) un temps les rênes non pas du « pouvoir » mais de la soumission aux plus forts qui vous dictent tous vos choix, n’en ont pas été et n’en sont pas, aujourd’hui encore, si éloignés que ça ; les backroom non plus comparés aux alcôves d’antan.

     

                      Que voulez-vous : les apparences ne sont trompeuses qu’un temps seulement, et la perspective d’un retour de Sarkozy, l’histoire se répétant, annonce une farce macabre qui achèvera notre déchéance pour le plus grand plaisir de ceux qui n’ont cultivé qu’un esprit revanchard et d'autres qui n'ont fomenté qu'un seul plan : que la voix de la France se perde à jamais dans le concert assourdissant des nations sans voix ni volonté.

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