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esclavage

  • Django au pays de « Candie land »* : une sucrerie cinématographique amère

     

     

                 Dés-enchaîné dès les premières minutes du film, puis rapidement déchaîné un colt dans chaque main, c’est Django de Quentin Tarantino, le justicier aux bras armés d’une justice vengeresse encore inégalée dans sa représentation … car jamais le châtiment aura été aussi savoureux à partager et la libération aussi belle à contempler !

    Ironie, humour macabre et noir, pastiche, parodie de western, dérision, bande musicale aux voix profondes d'authenticité, dialogues qui claquent comme un fouet, une claque en plein visage aussi, certes Tarantino s’amuse encore, mais quand il rit, sans doute pour ne pas désespérer totalement, c’est d’un rire jaune… un rire inédit chez Tarantino ; il faudra se reporter à « Jackie Brown », réalisé en 1997, pour trouver un tel élan compassionnel pour son personnage principal, l' objet de toute son attention.

     

                   « Pendant des siècles, ils ont été les barbiers de mes ancêtres, le rasoir en main, sous leur menton, sous leur gorge, trois fois par semaine… mais alors, pourquoi ne les ont-ils pas tués ? » questionne Calvin Candie le maître des lieux : Candie land…

    La réponse ne se fera pas attendre. Soudain, on ne joue plus. Le rideau tombe ; ailleurs, il se lève, et tout s’éclaire. Trêve de mascarade ! Bas les masques ! Les armes à feu ont remplacé le rasoir (soyons modernes que diable !) ; la passivité, une servitude résignée trop souvent prisonnière d'un processus de chosification mortifère, s'est muée en courage féroce…

    C’est le théâtre du Grand Guignol à Candie land ! Les balles pleuvent par dizaines, par centaines, par milliers, ça ricoche et ça siffle comme des missiles avant impact, des lambeaux de chair ensanglantée virevoltent, les corps sont criblés et couverts de sang, à flots ce sang, le sang de plusieurs siècles de générations de négriers et de leurs larbins sadiques, l’ancien testament d’une main, fouet de l’autre, pour un protestantisme fanatique qui nous rappelle étrangement ceux qui, la Torah d’une main, le flingue de l’autre, tiennent en respect le Palestinien qui rêve de liberté tout en continuant de lui voler sa terre et sa vie, et d’autres encore, Coran et décapitation, comme autant d’échantillons d’une humanité de cloportes.

    Le sang gicle au passage sur la fleur de coton immaculé d'une plantation au labeur esclavagiste, pétales de sueur, de larmes et de sang… mais aussi... nectar et miel d’une justice expéditive…il faut alors faire vite et frapper fort… car, si la vengeance est impatiente, la liberté l’est tout autant.

                   Un chant choral se fait entendre maintenant car partout ça crie, ça hurle, ça souffre, ça meurt, une fois, dix fois, cent fois, mille fois…

    Mais alors combien de fois faudra-t-il les tuer tous pour qu’ils meurent ?!

    « Candie land », cette terre infâme, est maintenant jonchée de cadavres ! Bientôt, une bâtisse blanche, de la couleur de son commerce - le coton -, contre celui de sa main d’oeuvre, volera en éclats… il n’en restera rien ; en cendres… cendres fumantes.

     

                      Django c'est Zorro chevauchant vers la femme qu'il aime, pour la délivrer ; un Zorro noir qui partage la condition de ceux dont il vole au secours ;  c’est  le retour de d’Artagnan, du nom ironique de l’esclave que son propriétaire donne à dévorer vivant aux chiens ; le d’Artagnan d’un Alexandre Dumas d’outre-atlantique qui rentre à la maison pour régler quelques comptes ; et c'est aussi le Christ, un Christ noir : "Voici leur sang versé, celui de ma liberté ! Voici leurs corps déchiquetés, le juste prix de mon émancipation !"

     

                 La traite, le colonialisme, un monde de gagnants abjectes : tout se tient donc. Surprenant qu’il y ait encore des trous du cul ou des salauds pour s’étonner que de temps à autre, le perdant lève la tête et le bras puis la main pour frapper.

    Si chez Tarantino c'est souvent le Blanc qui sauve le Noir ( voir Jackie Brown), ce que Spike Lee ne supporte pas, il n'en reste pas moins que la représentation du Noir et du Blanc, telle qu'elle nous est le plus souvent donnée par Hollywood - un Noir larmoyant, soumis, résigné, impuissant -, est inversée chez le réalisateur de Django : le Noir est futé, rusé même ; le Blanc est bête et méchant, méchant parce que bête, aussi bête qu’une bête, plus bête encore puisque sadique et cruel… même si c’est elle, cette bête, qui tient le fouet et la laisse.

    Tarantino met un point d’honneur à nous restituer la force et la dignité de l'esclave. En cela, Django c’est l’anti 12 years a slave du réalisateur britannique passé outre-atlantique, Steve Mcqueen, le Josh Randall de la traite négrière, réalisateur noir au producteur blanc ; 12 years a slave remportera l'Oscar du meilleur film : normal, le Blanc sort intact de "12 years a slave". En revanche, chez Tarantino, le Blanc sort laminé, rincé, essoré et couvert d'opprobre : il n'y a rien à sauver.

    Et puis, manifestement, Hollywood ne lui a pas pardonné ce jugement sans appel : « Que voulez-vous, Monsieur Calvin Candie, docteur Schultz est Allemand ; il n’a pas encore l’habitude des Américains et de leurs moeurs ; il ne connaît pas le spectacle d’un être humain que l’on donne à dévorer vivant aux chiens ».

    On pense alors au chaos du Moyen-Orient aux millions de morts (1) ; bilan d'une fausse guerre dite "contre le terrorisme"  lancée par les USA depuis 1990. Toute une région et sa population livrées vivantes aux chiens de la géopolitique.

     

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                   Dans ce monde de la traite, de l’esclavage et des plantations, "le nègre domestique", nègre de l'intérieur (incarné par Samuel Lee Jackson - sans doute le rôle de sa carrière), sait que la force est du côté des Blancs esclavagistes et négriers ;  sa sécurité et prospérité aussi quand il est promu au rang de Major d’homme et qu’il règne alors sur toute une colonie de "nègres des champs". Dans ces conditions, mieux vaut, à ses yeux, être le domestique du Blanc en 1858 que son salarié "libre" cent ans plus tard, à trois dollars de l’heure.

    C'est sûr ! Ce nègre-là avait du flair d’autant plus qu’à son époque, il n’y avait qu’un trou dans la roulette, tout comme aujourd’hui soit dit en passant… car jamais il n’y en aura pour tout le monde aussi longtemps que les bénéfices de la trahison de l’un reposeront sur l’exploitation de tous les autres.

                     

     

                     Django, ce film déterminé, sincère, qui se veut tout sauf malin, est d’une violence d’une beauté rare et renversante car portée par la dénonciation d’un crime d’Etat, le premier d’entre eux, les USA, et dont on peut encore tracer l’argent de ses bénéfices chez ses milliardaires d’aujourd’hui (JP Morgan…)

     

                    « Django, tu ne pourras jamais détruire Candie Land », hurle le nègre domestique avant d'aller rejoindre, des mains de Django, le monde des morts, celui des Blancs auquel il appartient ; pourtant, Tarantino l’a fait le temps d’un film, même si aujourd’hui tout est à refaire.

     

     

    * Du nom du propriétaire esclavagiste de la plantation de Calvin Candie ; rôle tenu par DiCaprio ; Candy - homonyme -, signifie en Français : sucrerie, bonbons, confiserie...

     

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  • 70e anniversaire de la libération des camps de concentration nazis

     

     

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    Tourisme mémoriel : "Auschwitz-Birkenau Tour, prix imbattables"

     

                  Ceux qui me lisent savent que rien ne me dérange autant que l’unanimité. Aussi, j’ai cherché une raison de rompre cette unanimité autour du « 70e anniversaire de la libération des camps de concentration (1) » ; unanimité entretenue par un grand nombre d’acteurs, et le premier d’entre eux, le Président Hollande ; un Président qui, depuis qu’il a été élu, semble tellement plus à l’aise avec les bombes ( Mali, Syrie, Irak), les parades militaires et les cercueils, une gerbe de fleurs géante dans les bras, qu’avec les exigences de sa fonction: rassembler un Peuple autour de son passé, de son présent et de son futur ; pour peu qu’il en ait encore un.

    C’est un article du journal du soir, de l'obscurité et de l'embrouille, Le Monde, qui me donnera l’occasion de rompre avec cette unanimité : il a pour titre… je vous le donne en mille : "Enseigner la Shoah, c’est parfois moins facile qu’avant."

    Plouf ! C'est ce qu'on appelle "mettre les pieds dans le plat" ! Et quand on sait qu'il ne faut pas me tenter, jamais...

    Doit-on préciser que cet article du journal Le Monde fait la part belle à la désinformation à propos de la dissidence sur Internet, sans oublier l’inévitable attaque contre Dieudonné et d’autres, ainsi que le procès fait aux collégiens et aux lycéens français issus de… etc... etc…………. (on connaît la suite, le refrain et le couplet, musique et paroles). Cette désinformation ne surprendra personne ; et ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre pour une fois car, votre serviteur n’aurait jamais prêté attention à un grand nombre d'acteurs de cette dissidence sans cette désinformation des médias sous perfusion de l’argent des contribuables. En effet, à cette désinformation, je lui dois tout ou presque ; mes meilleures lectures sur le Net, c’est sûr ! dans un souci de ré-information justement !

     

                 A propos de cet article et de son titre « Enseigner la Shoah, c’est parfois moins facile qu’avant »  la réflexion suivante m’est venue à l’esprit :

                 Que cet enseignement  soit « moins facile qu’avant » c’est on ne peut plus normal car nous ne sommes plus "entre nous" ; comprenez : entre Européens, acteurs d'une Europe à feu et à sang. Rappelons aussi, à toutes fins utiles, que la Seconde guerre mondiale c'est 60 millions de morts dont 40 millions de civils ; avec ce rappel, nombreux sont ceux qui se sentiront moins seuls et un peu plus considérés. De plus, si l'imposition de cet enseignement était fait dans un esprit non pas ethnocentrique, voire ethniciste, accompagné de quelques arrière-pensées à la fois politiques et économiques, mais bien plutôt dans le souci de situer cette catastrophe dans son siècle - siècle de crimes de masse, du génocide arménien au Rwanda, en passant  par Nagasaki et Hiroshima (quand même !) et Pol Pot ; siècle de toutes les catastrophes, coloniales aussi... dans la continuité du crime de l’esclavage et de la traite -, soyez assurés que cet enseignement prendrait alors tout son sens auprès d’une quinzaine de millions de Français (enfants, parents et grands-parents) pour lesquels l'Histoire de l'Europe n'est pas leur histoire.

    Aussi, n’en déplaise aux adeptes de la blouse grise et des coups de règle sur les doigts…

    Que les donneurs de leçons et autres conteurs gardent à l'esprit qu’aujourd'hui, enseigner, c'est... non pas tirer la couverture à soi mais comprendre l'autre et l'accepter ; plus important encore, enseigner c’est écouter, échanger et partager. Dans le cas contraire, il serait plus honnête de faire un autre métier car, face à une telle incompétence dans l’accomplissement de la mission qui devrait être celle de ceux qui se lamentent aujourd'hui, c’est alors que l’on découvre qu'il y a vraiment des sujets plus importantes qui attendent notre société que le fait de savoir si nos chères têtes plus tout à fait blondes et dociles vont accepter d'avaler de gré ou de force ce qui deviendra, au fil des ans et des commémorations, davantage encore ce que vous nommez " Shoah" « votre Shoah seule » (2), car son enseignement n'aura alors qu’un seul but : faire taire toute critique à l’encontre d’Israël, du Judaïsme, du sionisme, de la politique étrangère d'une France sous influence... à l’heure où des associations communautaires, associations-écran qui ne sont que des officines israéliennes (CRIF, Licra, Uejf) interdisent aux Français issus de la culture arabo-musulmane, sous peine de se voir accusés d’antisémitisme, d’être solidaires des Palestiniens, leurs frères arabes et musulmans, et autres peuples massacrés, laissés sans secours à raison de plusieurs centaines de millions, à la suite de politiques criminelles (Irak, Syrie, Libye - Mali par ricochet) dont on attendra sans doute longtemps encore le procès de ses instigateurs et autres complices.

    Et qu’en est-il de la colonisation d'hier, de la ségrégation, du racisme et de l’islamophobie d'aujourd'hui ?

    Il est vrai qu'aux uns, tout est permis, aux autres... rien.

    Décidément, il est surprenant qu’autant de gens n’aient  toujours pas compris ceci : on n’enseigne pas l’histoire de son propre malheur - malheur d'hier -,  à plus malheureux que soi aujourd'hui, ou bien alors, c’est n’avoir que du mépris pour son public (3), tout en gardant à l’esprit qu’aujourd’hui, pour faire la leçon à qui que ce soit, il faut avoir les « les fesses propres » ; aussi, que les enseignants de notre belle et grande République fraternelle et égalitaire s'estiment alors heureux de pouvoir encore "faire la classe" !

             

                Alors que 75 % des Juifs présents sur notre territoire ont échappé à la déportation, n’ayant pas à rougir de ce que la France, collectivement, à pu afficher comme empathie et détermination durant l'Occupation, rares sont ceux qui savent se montrer à la hauteur de leur martyre et de leur histoire même si quelques exceptions individuelles existent car, regroupées en communauté, les victimes ont tôt fait de rejoindre en acte leurs bourreaux selon le principe qui veut que nous ayons tous de bonnes raisons d'être ce que l'on est et de faire ce que l'on fait ; alors que la pire des atrocités devrait pousser la victime, dans un élan irrépressible, à l’exemplarité... quasiment ! car, le statut de victime, ça ne dédouane pas, bien au contraire, ça oblige ! et les plus grands crimes poussent à la sainteté, victimes et bourreaux réunis.

    Certes ! Le calendrier n'y suffirait pas. N’empêche, il n’est pas interdit d’œuvre dans ce sens.

    De plus, à propos de l’enseignement de « la Shoah », à grand renfort d’images dès le CM2, on parlera sans hésiter de véritable scandale, de viol de la conscience, d’attentat à la pudeur : en effet, comment exposer et soumettre des enfants et des pré-adolescents à de telles images, la main lourde, la tête sous le billot, la nuque contrainte ?

    Quant au danger de saturation… sur le mode de « trop d’horreurs tuent les dispositions à l’empathie face à l’horreur», un exemple, un seul : sur France Culture, le "génocide juif" c’est toutes les deux heures, sept jours par semaine, 365 jours par an et la nuit aussi : redif oblige ! Et même dans les émissions culinaires ! Oui ! Sans rire. Un véritable tour de force cette mobilisation-injonction de chaque instant !

     

                En conclusion, il ne tient qu’à ceux qui ont placé le génocide juif... les uns au centre de leur existence, et d’autres… au centre de leur stratégie de domination et de chantage dans une recherche d'impunité à toute épreuve, de réaliser que l’ humanité a surtout besoin de bonnes raisons de continuer d’espérer même s’il semblerait, au sujet de cette nécessité, qu’il nous faille aller chercher, comme à regret, car toutes les bonnes volontés sont utiles, ceux qui sont à même de transmettre la vie comme on la donne, loin, très loin de tous les acteurs de ces commémorations.

     

    ***

     

                  Rappelons cette vérité tellement négligée : enseigner les grands crimes de l'Histoire n'a jamais dissuadé quiconque de les imiter comme pour mieux les re-vivre, l'assassin en devenir revenant toujours sur les lieux des crimes de ses aïeux. Sinon, où est-ce que les grands génocideurs iraient chercher tout ça, je veux dire : l'inspiration de leurs crimes, l'art et la manière ?

                On se le demande, franchement.

     

     


    1 - La presse omettra de préciser qu'il s'agit de camps "nazis" un peu comme si au 20e siècle - siècle concentrationnaire par excellence -, il ne pouvait s'agir que de camps forcément et nécessairement... nazis. Omission révélatrice donc.


    2- Terme religieux qui aurait besoin, soit dit en passant, d'être laïcisé et dés-ethnicisé : parlons alors plutôt du génocide des Juifs et autres victimes du régime Nazi.


      3- Ne cessons jamais de le leur rappeler - à la longue, qui sait -, tout en restant mobilisés afin que les conditions qui nous permettent de le faire soient toujours réunies : la liberté.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Charlie Hebdo versus Dieudonné

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  • Saïd Bouamama : une heureuse découverte

     

     

                 Absent des médias - lui aussi... un de plus ! -, Saïd Bouamama est sociologue et militant associatif. Engagé professionnellement et personnellement dans les luttes d'émancipation dans toutes leurs dimensions, il est notamment l'auteur de "Les Discriminations racistes : une arme de division massive" chez L'Harmattan en 2010 ;  "La France. Autopsie d'un mythe national" chez Larousse en 2008.

    Avec le Collectif Manouchian dont il est un des animateurs, il a établi un "Dictionnaire des dominations de sexe, de race et de classe" aux éditions Syllepse.

     

     

                  Saïd Bouamama , présente son nouveau livre « Figures de la révolution africaine » : Jomo Kenyatta, Aimé Césaire, Ruben Um Nyobè, Frantz Fanon, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Malcolm X, Mehdi Ben Barka, Amílcar Cabral, Thomas Sankara... autour de l’apport théorique de ceux qui ont inspiré et dirigé les luttes d'émancipation et d'indépendance...  sur le Continent africain.

     

                   "... Durant la Traite et la colonisation, les résistances des peuples autochtones ou déportés n’ont jamais cessé ; des dizaines de formes de résistance en fonction du rapport de force ont vu le jour : avortement pour ne pas laisser d’enfants-esclaves au maître, se laisser mourir de faim, révolte dans les plantations, empoisonnement du bétail du maître...

    La résistance des Marrons construisaient dans leurs refuges au sein de communautés d’esclaves fugitifs des manières de vivre qui renouaient avec la tradition...

                  « Le grand facteur d’optimisme,  c’est que quand on est tout au fond du gouffre, au moment de la Traite, la culture a été le lieu dans lequel la dignité a été préservée ; se replier y compris sur des traditions qui peuvent nous apparaître comme réactionnaires était la manière de résister et de maintenir une dignité car quand je suis nié, je réinvestis totalement ce qui me semble être mon passé avant l’arrivée de l’agresseur." -  Amílcar Lopes Cabralhomme politique fondateur du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert."

                 Saïd Bouamama nous rappelle qu'il n’y  a pas de domination sans violence, il n’y a pas de domination douce ; et c’est le dominant qui contraint le dominé à la lutte armée : les peuples se transforment dans l’action. Le droit n’est que l’expression d’un rapport de force.

     

     

     

                  Ne pas rater la lecture : La tradition colonialiste  des socialistes : de la SFIO au PS par Saïd Bouamama

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    Pour prolonger, cliquez : Penser le néo-colonialisme avec la Françafrique

     

     

    Lien permanent Catégories : Quartiers populaires : Saïd Bouamama et d'autres 0 commentaire
  • Aimé Césaire, Le parti socialiste, la France et nous

     

                  « Les élus français, dont Ségolène Royal, demandent à ce que le poète martiniquais ait sa place au Panthéon. »

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    La gauche aurait donc proposé le Panthéon à Aimé Césaire !             

    Mais... de quelle gauche s'agit-il ?

    La gauche qui n’a eu de cesse de canaliser et de fédérer le ressentiment des laissés-pour-compte pour mieux s’empresser de l'exploiter à des fins électorales et seulement électorales ?

    Une gauche indifférente qui n’a rien résolu et qui refuse avec obstination de crever l’abcès de la question des français issus - pas seulement mais aussi - du colonialisme, de la traite et de l’immigration, tout en se désintéressant du sort qu’il leur est fait comparé à d’autres minorités et/ou catégories sociales.

    Ou bien, cette gauche qui s’est montrée incapable de rendre justice et d’accorder une vraie place à ce peuple de France qui n’a jamais pu ou su se rapprocher de la promesse d’égalité et de fraternité pour tous que la République française est supposée porter en elle, faute d’y être encouragés, aidés ou tout simplement, autorisés (sans oublier ce foutu travail qui, aujourd'hui, n’est plus là pour ceux qui n’ont jamais travaillé, et/ou ceux qui quittent notre Education Nationale sans qualification, sans formation, et nos Universités, sans les bons diplômes).

    Une gauche qui a joué l’épuisement et qui n’a pas d’autre issue à offrir à tous ceux qui remettent en cause les modes de fonctionnement, d’organisation et les grilles d’analyses de la République : une impasse en forme de cul de sac, le rejet et l'isolement avec pour seule consolation : un SOS racisme enfermé dans sa Tour d'Ivoire moralisante :dénoncer « les brûleurs de voitures » n'a jamais dissuadé qui que ce soit de les brûler. De même, dénoncer le racisme n'a jamais empêché qui que ce soit de s'y complaire.

    Après l'épuisement, le pourrissement qui donnera naissance au mouvement « Les indigènes de la République ».

    Nul doute ! Un job à plein temps avec retraite assurée, ce statut d’indigène auto-proclamé, avec ses officiels, ses titulaires et ses suppléants, sur le mode du "s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là", le discriminé développant une pensée discriminative à l'endroit de son discriminateur, jusqu'au rejet total, retrouvant ses plumes, ses peintures et son maquillage en bon indigène, fier et digne, alors que d'autres auront bougé et nous avec eux, et l'histoire aussi ; et le temps qui guérit bien des maux et vient à bout de bien des préjugés - évolution générationnelle et naturelle oblige ! Ce temps qui nous récompense de notre patience et de notre travail - pour peu qu'on s'y soit mis : travail sur soi, pour soi et les autres et avec eux.

    Et que dire d'un Dieudonné condamné à la surenchère permanente ; un Dieudonné qui n’a jamais cessé d’être le symptôme - comme des centaines de milliers d’autres avec lui - d’une maladie à l’origine de laquelle on trouvera un Etat et une classe politique incapables de nous proposer une France adulte, aux analyses honnêtes et courageuses, même au prix d’un froissement de l’orgueil national qui aurait pu donner lieu à un nouvel élan tout aussi national mais... fédérateur celui-là !

    Durant la période qui va de 1981 à 1995, on cherchera en vain des Rachida Dati, des Fadela Amara et des Rama Yade dans les gouvernements qui se sont succédés.

    Il faudra attendre un gouvernement de droite pour que les compétences de Madame Taubira soient reconnues, convoitées et sollicitées (parmi les candidats à la présidentielle de 2001, sans aucun doute... Madame Taubira était bien la meilleure, et de loin – souvenez-vous !)

     

    ***

    Dans les jours qui ont suivi le décès du poète - paradoxe suprême ! - c’est la droite qui adopte l’attitude, non pas la plus digne mais... l'attitude la plus honnête : profil bas et silence, laissant aux parents, aux proches d'Aimé Césaire, à ses administrés, à son peuple et à ses lecteurs le soin d’accompagner son départ.

    ________________

     

    Souhaitons que l’œuvre d'Aimé Césaire demeure irrécupérable ou bien, qu'elle le devienne ; aucune gauche ne pouvant prétendre se l’approprier, ni aucune droite, à bon compte et à moindre frais.

    Quant à réduire l’oeuvre de Césaire à l’anti-colonialisme...

    La domination, qui a toujours pour fin l'exploitation - exploitation intemporelle, sans visage, sans couleur et sans frontières - n'est-elle pas ce qui réussit le mieux à l'homme quand la nature et un savoir-faire éculé l'ont placé du côté de ceux qui ont le pouvoir d'ordonner et de contraindre ?

     

     ***

     

    On ne dira jamais assez qu'Aimé Césaire était loin de n’être qu’un poète anti-colonialiste même si son œuvre fait partie intégrante du patrimoine politique français.

    Une langue d’une invention égale à celle d’un René Char que celle d'Aimé Césaire ; René Char, une autre grande voix, résistante de surcroît, elle aussi... jusqu’à son dernier souffle.

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  • Du chantage à la concurrence victimaire...



                    La France est passée en cinq ans, dans le classement de Reporters sans frontières, du 11e rang au 37e rang de la liberté d'informer. Finira-t-on alors derrière la Chine ? 25 condamnations pour violation de la liberté d'expression... la France au 3e rang des condamnations loin devant la Russie à la Cour Européenne des droits de l'homme.


                    Qu'à cela ne tienne : dénoncez ! Dénoncez ! Il en restera toujours quelque chose !


    ______________________



                   A l'heure où sur le service public, et sur LCP seul, Rokhaya DIALLO avait obtenu, quand elle y travaillait encore, 26 minutes par mois pour nous parler des minorités visibles - discrimination, racisme et histoire coloniale -, (en comparaison : sur France Culture, le génocide juif - plus connu sous le nom de Shoah dans sa version commerciale et politique -, c'est... toutes les deux heures, tous les jours, 365 jours par an, même de nuit à l'occasion des redifs) ... et alors que la demande d’une juste répartition des commémorations et de la transmission de la mémoire, à propos de la colonisation et de ses crimes ainsi que de la traite négrière par un individu ou un groupe d'individus quels qu'ils soient, est qualifiée de "concurrence victimaire", voire... purement et simplement de revendication à caractère antisémite... un chef de service s'entretient avec un de ses employés...


    Où est le rapport ?... d'aucuns ne manqueront pas de se le demander ; quant aux autres...


    ***

     

    "Asseyez-vous donc.


    - Merci.


    -Dites-moi, j'ai entendu dire que vous vouliez une augmentation ?

     

    - Oui, je... enfin… mon salaire, c'est un peu juste quand même.

     

    - Un peu quoi ?

     

    - Juste... un peu court... si vous préférez.

     

    - Comment ça ?

     

    - Je gagne à peine 1600 euros net, et je me suis laissé dire que...

     

    - "Laissé dire" quoi ?

     

    - Ben, que le vôtre de salaire c'était plutôt dans les 6000.

     

    - Et alors ?

     

    - Ben, j'ai pensé que vous pourriez peut-être appuyer ma demande...

     

    - Appuyer votre demande ?

     

    - Oui. J’ai demandé  50 euros.

     

    - 50 euros ?

     

    - Parce que les fins de mois sont difficiles, vous savez.

     

    - Je vais vous dire : tout comme il y a 24 heures dans une journée pour tout le monde, pareillement, il y a dans un mois le même nombre de jours … et ce pour tout le monde aussi. Vous comprenez ?

     

    -......................................

     

    - Oui ?


    - .....................


    - Non ?

     

    - Oui chef, mais...

     

    - Allez, n'insistez pas. Vous ne voulez pas non plus que l'on vous soupçonne de...

     

    - Ah non chef ! Ah non, sûrement pas !

     

    - Parce que... être soupçonné, c’est pas rien non plus…

     

    - Ah non pas ça ! Tout... mais pas ça ! 

     

    - C’est pas rien et puis, c’est quelque chose d’être soupçonné de…

     

    - Oubliez tout. J’ai rien dit chef.

     

    - C'est mieux.

     

    - Jamais je ne…

     

    - C'est bien.

     

    - Loin de moi l'idée...


    - C'est parfait.


    - Loin de moi l'idée de mettre en concurrence votre salaire et le mien…

     

    - Et de convoiter mon poste, peut-être aussi, n’est-ce pas ?

     

    - Votre poste ? Comment pourrais-je… Ah, non jamais ! Je le jure sur tout ce que j’ai de plus cher... cher et sacré ! Ca non chef ! Je vous jure ! Jamais… Jamais, je n'oserais... enfin... vous imaginez bien. Tenez … ces 50 euros, je vous en fais cadeau.

     

    - Cadeau ?

     

    - Oui, oui ! C’est tout pour vous. 

     

    - Sur votre salaire ?

     

    - Oui, oui !

     

    - Chaque mois ?

     

    - Oui bien sûr ! Après tout,  50 euros de plus ou de moins.

     

    - Et vos fins de mois difficiles dont vous me parliez tout à l’heure ?

     

    - Je m’arrangerai chef.

     

    - Je vois que l’on s’est compris.

     

    - Oui chef.

     

    - Allez, retournez à votre travail maintenant.


    - Merci chef.


    - Y a pas de quoi."


    _________________





          

           Un rappel salutaire : état des lieux de la production audiovisuelle - films et documentaires -, autour de la traite négrière, de l'esclavage et de la colonisation.


    Pour prolonger, cliquez : Le phénomène Dieudonné

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  • 12 years a slave : le Midnight Express de l’esclavage

     

     

                         « Aucune race n’a été témoin de l’injure comme la race nègre »

     

     

     

     

               "12 years a slave", film de Steve McQueen, est l'adaptation de l'autobiographie Douze ans d'esclavage de Solomon Northup (1853), qui retrace l'histoire véridique d'un homme libre afro-américain enlevé et vendu comme esclave dans une plantation de la Louisiane.

     

    ***

               
                  Pendaisons et séances de coups de fouet à tous les étages et à tous les coins de rue et des marais du Bayou, "12 years a slave", si l'on n'y prête pas garde, pourrait très bien s'apparenter à une sorte d’anthologie - catalogue ou compilation -, de tout ce que l'on peut infliger comme sévices et conditions d’existence à un être humain, homme et femme confondus, sur lequel on exercerait un droit de vie et de mort, à une époque favorable comme aucune autre : nous sommes aux Etats-Unis, à la moitié du XIXe siècle, dans l’Etat de Louisiane, là où tous les coups sont encore permis sur une population d'esclaves d'origine africaine... et ce, bien que nous soyons  à quelques années de l’abolition de l’esclavage ; en effet, il prendra fin 1865 - du moins, dans les textes.

     

    Aussi, il ne faudra pas nous en vouloir si on aura tôt fait de classer "12 years a slave"dans la catégorie des " films gore" avant de se lasser et de quitter son fauteuil après une heure quinze de coups de fouets, de pendaisons, d’engueulades entre époux négriers, maîtres et esclaves… et alors que nous étions pourtant plein de bonne volonté et patients.

     

    Son (un musique omniprésente et vulgaire : cad – sirupeuse), image, dialogues, mise en scène… Steve McQueen semble incapable de nous dire,  à de rares, trop rares exceptions près, quoi que ce soit qui ne nous ait pas déjà été dit au cinéma et ailleurs à propos de cette catastrophe humaine.

    Sans doute le cinéma et la fiction sont-ils bien en peine de rendre compte de l’esclavage comme il est bien incapable de nous parler des génocides juif, rwandais, cambodgien (Rithy Panh ne s’y est pas trompé en choisissant une autre forme d’expression, d’enquête et d’exposition historique), ou celui du Timor-Oriental : le pathétique de toutes ces fictions-réalité sans surprise, multirécidivistes, scènes et dialogues confondus, filmées mille fois donc, étant le lot commun et le pain quotidien de mélodrames mémoriels interchangeables à souhait.

     

                Avec le livre et l’écrit… confessions et témoignages, finalement, seul le documentaire semble approprié pour traiter les catastrophes humaines… un peu à l’image de ce que Lanzmann  a pu faire avec le génocide juif, du moins… en ce qui concerne sa durée (un documentaire de dix heures - 1) car pour le reste, ce documentaire qui ne nous apprend rien – des auteurs l'auront précédés de très loin et nous auront amplement informés - n’est qu’un procès d’intention fait à tout un Peuple, à toute une Nation, à tout un Pays : la Pologne. Pays, Peuple et Nation crucifiés... si jamais il y eut en Europe un seul pays martyr.

     

    A la recherche d'un modèle, on penchera alors plutôt pour le travail d'un Rithy Panh à propos du génocide cambodgien ; travail artistique et métaphysique.

     

    ***

     

                 Force est de conclure que "12 years a slave" aurait très bien pu être tourné par nombre de réalisateurs tâcherons d'Hollywood et c'est là que le bât blesse...

    Aussi, on invitera chaleureusement McQueen à retourner au plus vite à un cinéma (c'est son 3e film) pour les “few”, « happy few » qui plus est… cinéma d’art et d’essai, cinéma d’auteur – appelons-le comme vous voulez ! -, car c’est bien de ça dont le cinéma a besoin aujourd’hui : d’exception et d’excellence.

     

    Tout en sachant que ses deux films précédents destinés à un public plus restreint, ont été à la hauteur de cette exigence-là.

     

     

    1 - L'humoriste Dieudonné avait un projet à ce sujet  - projet de documentaire -, mais n'a jamais pu trouver les fonds. Peut--être qu'un jour, quelqu'un quelque part...

    __________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Stanislas Spero Adotevi : Césaire, Senghor et l'Afrique

              

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  • "Ce soir ou jamais" et Frédéric Taddéï sont-ils en danger ?

     

     


                   La France est passée en cinq ans, dans le classement de Reporters sans frontières, du 11e rang au 37e rang de la liberté d'informer. Finira-t-on alors derrière la Chine ?

                    25 condamnations pour violation de la liberté d'expression... la France au 3e rang des condamnations loin devant la Russie à la Cour Européenne des droits de l'homme.

     

    _______________________

     


            Quand Taddéï... tendu (on sent chez lui le poids du harcèlement dont il est la victime depuis des mois, voire des années) doit rendre des compte à une fausse blonde, animatrice-journaliste-mannequin... (du moins... pour le temps qu'il lui sera donné de rester et mannequin et animatrice et "journaliste" car les belles années passent vite !), c'est nous tous qui le soutenons qui sommes tenus de rendre des comptes : à quand la prochaine humiliation ?

     

     

    ***

     

     

                Après  le « Six minutes pour Hitler et cinq minutes pour les Juifs» lancé à la cantonade par Caroline Fourest à propos de l’émission « Ce soir ou jamais »  et de son animateur Frédéric Taddéï – émission dans laquelle elle a pu maintes fois s’exprimer en toute liberté…

    Calomnie pure et simple de la part d’une ingrate (1) pourrie-gâtée par des médias complaisants et complices  - sponsorisée par BHL (entre autres sponsors), Fourest peut dire n’importe quoi sur n’importe qui sans être inquiétée -, un Patrick Cohen de France Inter (lui aussi, sponsorisé par les mêmes) lui emboitant le pas…

    Ce qu’il faut bien appeler une tentative de lynchage contre Frédéric Taddéï à grand renfort de sous-entendus et de propos calomnieux semble se déployer dans tous les médias ; et pour ne pas être en reste… au Nouvelobs aussi par l’intermédiaire de Bruno Roger-Petit, chroniqueur-invité à l’invitation permanente, grand pourfendeur de tous ceux que tous les médias pourfendent partout ailleurs.

    En effet, on ne trouvera pas un seul article favorable à Taddéï.

     

                Belle unanimité des médias, une fois encore (on pense à l’unanimité contre Dieudonné)... les hyènes sont lâchées ! Il est vrai que l'union fait la force ! Unanimité à vous tirer les larmes aux yeux.

     

    Des médias au sein desquelles une soumission totale est exigée ; dans le cas contraire, c’est la porte et Pôle-emploi avec obligation de reconversion : la presse est un petit milieu ; on a vite fait d’être black-listé.

    D'où le discrédit de ces médias (83% des Français ne leur font pas confiance) dont les propriétaires (la banque, le commerce des armes et l’industrie du luxe) refusent que des points de vue divergents puissent s'exprimer au sein des rédactions car toutes doivent converger : du Nouvelobs au Figaro ; et c’est la raison pour laquelle tous vont et viennent d’une rédaction à l’autre ; il suffit de penser à un Franz-Olivier-Giesbert : il les a toutes faites.

                Nous sommes maintenant, et sans l’ombre d’un doute,  face à ce qu’il faut bien se résoudre à appeler "une chasse aux sorcières » car Taddéï  fait tache dans le paysage audiovisuel français : vous pensez bien, il est le seul et le dernier à proposer des débats sur des sujets qui peuvent en fâcher plus d’un et plus d’une, certes ! Mais des sujets en contrepartie desquels, les téléspectateurs peuvent accueillir des hommes et des femmes indépendants qui ne doivent donc rien à personne mais tout à leur intelligence, leur expertise et leur honnêteté : cocktail détonnant et d’autant plus insupportable.

     

                Taddéï le dernier, Taddéï le seul… et  c’est déjà de trop ! Injonction, oukase, calomnie, édit ou fatwa - c'est au choix -, mais alors, qui veut la peau de Taddéï ?


    Une caste vorace et fourbe qui n’a de cesse d’être aux ordres d’une organisation de l’existence qui n’a plus aucun souci de la liberté (d’information), de l’égalité (des chances), de la fraternité (intercommunautaire) et de la justice pour tous.

     

                   Qu’il soit permis ici d’affirmer ce qui suit : si un seul danger nous guette aujourd’hui, ce n’est sûrement pas l’éthique professionnelle de Frédéric Taddéï dans l’exercice de son métier de journaliste et d’interviewer…

    Non, le danger, une fois encore, c’est cette unanimité contre lui.

     

                   Mais alors, le moment venu, quand la menace se fera plus précise encore, qui donc proposera de soutenir Frédéric Taddéï contre cette tentative de coup d’Etat sur la démocratie, la liberté d'expression et liberté de conscience ?

     

                 Autre coup d'état, encore un : il suffit de penser à l’arrêt du juge Bernard Stirn du Conseil d’état rendu à la demande de Valls qui interdira de spectacle Dieudonné et son public.

     

    Intimidés, craintifs, la peur au ventre, terrifiés, tous ces supplétifs d’une caste qui n’en a jamais assez - plus ! toujours plus ! Ce qui se solde par moins, toujours moins de liberté de conscience et d'expression ! -,… ne feront-ils pas alors le choix de protéger leur avenir professionnel en lieu et place de la dénonciation d’une véritable cabale qui, pour un peu, ferait passer le maccarthysme pour un jeu de société un peu pervers certes, mais bon enfant, et les procès de Moscou pour des joutes oratoires dignes de l’agora grecque ?

     

    L’avenir le dira.

     

    En attendant, que l’on reconnaisse en toute bonne foi que nous avons de bonnes raisons d’être pessimistes - quand même !


     

     

    1 - "La calomnie, Monsieur ? Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j’ai vu les plus honnêtes gens prêts d’en être accablés. Croyez qu’il n’y a pas de plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde, qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville, en s’y prenant bien : et nous avons ici des gens d’une adresse ! ... D’abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l’orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano vous le glisse en l’oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, on ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’œil ; elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ?"

     

    ÉLOGE DE LA CALOMNIE - Beaumarchais   « Le barbier de Séville, II-8 »

     

     

                   Pour prolonger, cliquez : Pour un journalisme de toutes les intelligences

     

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  • Revue de presse de Serge ULESKI : les frasques éditoriales du Nouvelobs

     

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                   La France est passée en cinq ans, dans le classement de Reporters sans frontières, du 11e rang au 37e rang de la liberté d'informer. Finira-t-on alors derrière la Chine ?

                    25 condamnations pour violation de la liberté d'expression... la France au 3e rang des condamnations loin devant la Russie à la Cour Européenne des droits de l'homme.


    _______________________


     

    Antisémite, "national-socialiste" : comment devient-on Alain Soral ?

     

              Au sujet de cet article qui instruit à charge le "dossier Alain Soral"  (juges d’instruction les journalistes ? Mauvais, qui plus est ! Car un juge doit instruire avec impartialité), difficile de ne pas y voir un véritable procès d’intention contre l’essayiste, un article de propagande d'une journaliste dont la profession est humiliée chaque jour : une formation au rabais, pas de culture, un travail sans feuille de paie (ou bien une feuille de paie qu’on n’oserait pas montrer) ; un « job », plus qu’un métier dans lequel une soumission totale est exigée… sinon... c’est la porte et Pôle-emploi avec obligation de reconversion : la presse est un petit milieu ; on a vite fait d’être black-listé.

    Même si cet article contre Soral n'a aucune espèce d'importance car si d'aventure cette journaliste devait penser différemment, elle ne pourrait pas l'écrire. D'où le discrédit des médias dont les proprios refusent que des points de vue divergents puissent s'exprimer au sein d'une même rédaction car tous doivent converger.

    ***

     

                A propos du « cas Soral »  - après « l’affaire Dieudonné »-,  qu’il soit permis néanmoins de rappeler ceci  :


    Céline avait un problème avec les Juifs (et nombre d’auteurs bien avant lui aussi... de Voltaire aux Goncourt - près de deux cents ans d’antipathie à l’endroit de cette ethnie) avant de vomir sur toute l'espèce humaine. Dont acte.

    Heidegger, lui, avait sa carte au parti nazi en 1943 ; il pensait que Hitler était la meilleure chose qui soit arrivée à l’Allemagne et à l'Europe.

    Aujourd’hui, Céline est une figure mondiale de la littérature admirée, respectée qui en a formé plus d'un.

    Heidegger a formé tous nos philosophes ; aujourd'hui, on le commente jusqu'à plus soif, colloque après colloque, dans toutes les langues, et sans animosité ni procès d’intention ; bien au contraire : on lui tresse des lauriers comme à personne d’autre.


                Critique littéraire en 1930 (ou plus simplement journaliste), qui aurait bien pu souhaiter passer à côté de Céline ?

    Philosophe, à la même période, là encore, qui aurait bien pu souhaiter passer à côté de Heidegger ?

    C'est sûr : ces gens-là, et d’autres, ont troué le cul de leur époque et de ceux qui devaient sans doute ressembler aux chroniqueurs et journalistes qui aujourd’hui lynchent avec leur plume qui un Dieudonné, qui un Soral, qui un Tariq Ramadan, qui un Nabe, qui un Meyssan, qui un Faurisson, et d’autres encore : Jean Bricmont, Frédéric Taddéï...

    Aussi... au regard de l’engagement d’un Céline ou d’un Heidegger, force est de constater que l’essayiste Alain Soral a encore de la marge et une sacrée distance à parcourir et à combler pour peu que ce soit là son projet.


              Qu’il soit permis de rappeler ceci : un journaliste... n’est ni un juge d’instruction, ni un commissaire politique et certainement pas un flic… un OPJ chargé d'enregistrer les plaintes des bourgeois des beaux quartiers qui ne supportent pas le tapage nocturne de fêtards et autres joyeux lurons.

     

    ***


                Pour rappel :

    Alain Soral ou la raillerie nietzschéenne

     

            soral,dieudonné,celine,heidegger,esclavage,shoah,klarsfeld,information,société,actualité,vallaud-belkacem,filippetti   Difficile de se passer de l'intelligence d'Alain Soral ! Il est celui qui, aujourd'hui en France, avec l’aide de Rousseau, de Marx, de György Lukács, de Lucien Golmann, de Philippe Muray, de Michel Glouscard et de Jean-Claude Michéa , développe les analyses les plus courageuses, les plus pertinentes, les plus intelligentes et les plus talentueuses sur la société française (d’aucuns écriront : "... sur ce qui est arrivé à la France...") de la fin de la seconde guerre mondiale à nos jours.


    Certes ! Il lui arrive de se disperser et de s’éparpiller un peu trop parfois car, quand on est sûr, avec raison, de son talent, on peut facilement être tenté de croire que tout ce que l’on fait ou dit relève de ce même talent, alors qu’il peut très bien s’agir tout simplement d'une bêtise sans nom.

                 Mais alors... que celui qui n'a jamais péché - péché d'orgueil -, lui jette la première pierre !

     

     

    Manuel Valls n'est plus le chouchou des Français : l'affaire Dieudonné a eu raison de lui  par Bruno Roger-Petit


              Les gens n’aiment pas qu’on leur force la main. Jamais ! Même si…


    « En douceur Valls ! En douceur, mon gars et ça marchera, tu verras ! »



    Frédéric Taddeï, Dieudonné et "Jour de colère" : une convergence intrigante et ambiguë ?


     
               Quand Taddéï... tendu (on sent chez lui le poids du harcèlement dont il est la victime depuis des mois, voire des années) doit rendre des compte à une fausse blonde, animatrice-journaliste-mannequin : du moins... pour le temps qu'il lui sera donné de rester et mannequin et animatrice et "journaliste" car les belles années passent vite !

    A quand la prochaine humiliation ? Où et avec qui ?


     ***


                Après  le « Six minutes pour Hitler et cinq minutes pour les Juifs» lancé à la cantonade par une Caroline Fourest  sponsorisée par BHL (entre autres sponsors), à propos de l’émission « Ce soir ou jamais »  et de son animateur Frédéric Taddéï – émission dans laquelle elle a pu maintes fois s’exprimer en toute liberté…

     

    Calomnie pure et simple de la part d’une ingrate (1) pourrie-gâtée par des médias complaisants et complices  - Fourest peut dire n’importe quoi sur n’importe qui sans être inquiétée -, un Patrick Cohen de France Inter (lui aussi, sponsorisé par les mêmes) lui emboitant le pas…

    Ce qu’il faut bien appeler une tentative de lynchage contre Frédéric Taddéï à grand renfort de sous-entendus et de propos calomnieux semble se déployer dans tous les médias ; et pour ne pas être en reste… au Nouvelobs aussi par l’intermédiaire de Bruno Roger-Petit, chroniqueur-invité à l’invitation permanente, grand pourfendeur de tous ceux que tous les médias pourfendent partout ailleurs.

     

    En effet, on ne trouvera pas un seul article favorable à Taddéï.


                Belle unanimité des médias, une fois encore (on pense à l’unanimité contre Dieudonné)…les hyènes sont lâchées ! Il est vrai que l'union fait la force ! Unanimité à vous tirer les larmes aux yeux.

    Des médias au sein desquelles une soumission totale est exigée ; dans le cas contraire, c’est la porte et Pôle-emploi avec obligation de reconversion : la presse est un petit milieu ; on a vite fait d’être black-listé.

    D'où le discrédit de ces médias (83% des Français ne leur font pas confiance) dont les propriétaires (la banque, le commerce des armes et l’industrie du luxe) refusent que des points de vue divergents puissent s'exprimer au sein des rédactions car toutes doivent converger : du Nouvelobs au Figaro ; et c’est la raison pour laquelle tous vont et viennent d’une rédaction à l’autre ; il suffit de penser à un Franz-Olivier-Giesbert : il les a toutes faites.

                Nous sommes maintenant, et sans l’ombre d’un doute,  face à ce qu’il faut bien se résoudre à appeler "une chasse aux sorcières »,  car Taddéï fait tache dans le paysage audiovisuel français  : vous pensez bien ! il est le seul et le dernier à proposer des débats sur des sujets qui peuvent en fâcher plus d’un et plus d’une, certes ! Mais des sujets en contrepartie desquels, les téléspectateurs peuvent accueillir des hommes et des femmes indépendants qui ne doivent donc rien à personne mais tout à leur intelligence, leur expertise et leur honnêteté : cocktail détonnant et d’autant plus insupportable.

     

                Taddéï le dernier, Taddéï le seul… et  c’est déjà de trop ! Injonction, oukase, calomnie, édit ou fatwa - c'est au choix -, mais alors, qui veut la peau de Taddéï ?


    Une caste vorace et fourbe qui n’a de cesse d’être aux ordres d’une organisation de l’existence qui n’a plus aucun souci de la liberté (d’information), de l’égalité (des chances), de la fraternité (intercommunautaire) et de la justice pour tous.

     

                   Qu’il soit permis ici d’affirmer ce qui suit : si un seul danger nous guette aujourd’hui, ce n’est sûrement pas l’éthique professionnelle de Frédéric Taddéï dans l’exercice de son métier de journaliste et d’interviewer…

    Non, le danger, une fois encore, c’est cette unanimité contre lui.

     

                   Mais alors, le moment venu, quand la menace se fera plus précise encore, qui donc proposera de soutenir Frédéric Taddéï contre cette tentative de coup d’Etat sur la démocratie, la liberté d'expression et liberté de conscience ?

     

               Encore une autre tentative : il suffit de penser à l’arrêt du juge Bernard Stirn du Conseil d’état rendu à la demande de Valls qui interdira de spectacle Dieudonné et son public.

     

    Intimidés, craintifs, la peur au ventre, terrifiés, tous ces supplétifs d’une caste qui n’en a jamais assez - plus ! toujours plus ! Ce qui se solde par moins, toujours moins de liberté de conscience et d'expression ! -,… ne feront-ils pas alors le choix de protéger leur avenir professionnel en lieu et place de la dénonciation d’une véritable cabale qui, pour un peu, ferait passer le maccarthysme pour un jeu de société un peu pervers certes, mais bon enfant, et les procès de Moscou pour des joutes oratoires dignes de l’agora grecque ?

     

    L’avenir le dira.

     

    En attendant, que l’on reconnaisse en toute bonne foi que nous avons de bonnes raisons d’être pessimistes - quand même !


     

     

    1 - "La calomnie, Monsieur ? Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j’ai vu les plus honnêtes gens prêts d’en être accablés. Croyez qu’il n’y a pas de plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde, qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville, en s’y prenant bien : et nous avons ici des gens d’une adresse ! ... D’abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l’orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano vous le glisse en l’oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, on ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’œil ; elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ?"

     

    ÉLOGE DE LA CALOMNIE - Beaumarchais   « Le barbier de Séville, II-8 »

     

     

    Des malles retracent la vie d'une famille disparue à Auschwitz

                   

              Entreposées depuis 1945 dans les combles de la mairie du village d'Auvillar, une quinzaine de valises n'avaient jamais été réclamées.


    ***


              Les valoches maintenant... à la Une du Nouvelobs ! Ca, c’est du lourd !

    Mais alors, semaine après semaine... est-ce  Faurisson qui est parvenu à leur faire tous douter du génocide juif  ? Finiront-ils par déterrer les morts pour les faire parler ?

    C’est à croire.


              En ce qui nous concerne,  faut nous excuser : il y a la vie qui nous attend… nous et des milliards d’êtres humains. La vie… celle d’aujourd’hui et demain qui trépigne déjà d’impatience, riche en promesses de révolte et d’insoumission face à ce qui nous est donné à lire, à entendre et à vivre chaque jour… jour après jour !

    Allez : sans rancune !

     

     

    Depuis l'affaire Dieudonné, on m'envoie des mails qui hiérarchisent esclavage et Shoah

    Par Sophie Elizéon - Déléguée interministérielle/Outremer


     

              Bon, sinon… ça va la vie pour vous Madame la déléguée... ? Vous vous êtes remise de ces mails vraiment... vraiment... comment dire...

    Les mots me manquent.


    ***

     

                Tenez en attendant ! Votre billet d'humeur (humeur chagrine), me fait penser à ceci :imaginez un bureau, un chef de service assis derrière et son employé assis devant...

     

    "Dites-moi, j'ai entendu dire que vous vouliez une augmentation ?

    - Oui, je... enfin… mon salaire, c'est un peu juste quand même.

    - Un peu quoi ?

    - Juste... un peu court... si vous préférez.

    - Comment ça ?

    - Je gagne à peine 1600 euros net, et je me suis laissé dire que...

    - "Laissé dire" quoi ?

    - Ben, que le vôtre de salaire c'était plutôt dans les 6000.

    - Et alors ?

    - Ben, j'ai pensé que vous pourriez peut-être appuyer ma demande...

    - Appuyer votre demande ?

    - Oui. J’ai demandé  50 euros.

    - 50 euros ?

    - Parce que les fins de mois sont difficiles, vous savez.

    - Je vais vous dire : tout comme il y a 24 heures dans une journée pour tout le monde, pareillement, il y a dans un mois,  le même nombre de jours … et ce pour tout le monde aussi. Vous comprenez ?

    -......................................

    - Oui ? Non ?

    - Oui chef, mais...

    - Allez, n'insistez pas. Vous ne voulez pas non plus que l'on vous soupçonne de...

    - Ah non chef ! Ah non, sûrement pas !

    - Parce que... être soupçonné, c’est pas rien non plus…

    - Ah non pas ça ! Tout... mais pas ça ! 

    - C’est pas rien et c’est quelque chose d’être soupçonné de…

    - Oubliez tout. J’ai rien dit chef.

    - C'est mieux.

    - Jamais je ne…

    - C'est bien.

    - Loin de moi l'idée de mettre en concurrence votre salaire et le mien…

    - Et de convoiter mon poste, peut-être aussi, n’est-ce pas ?

    - Votre poste ? Comment pourrais-je… Ah, non jamais ! Je le jure sur tout ce que j’ai de plus cher, cher et sacré ! Ca non chef ! Je vous jure ! Jamais… Jamais, je n'oserais... enfin... vous imaginez bien. Tenez … ces 50 euros, je vous en fais cadeau.

    - Cadeau ?

    - Oui, oui ! C’est tout pour vous. 

    - Sur votre salaire ?

    - Oui, oui !

    - Chaque mois ?

    - Oui bien sûr ! Après tout,  50 euros de plus ou de moins.

    - Et vos fins de mois difficiles dont vous me parliez tout à l’heure.

    - Je m’arrangerai chef.

    - Je vois que l’on s’est compris.

    - Oui chef.

    - C'est parfait. Allez, retournez à votre travail maintenant.

    - Merci chef."

     

     

                        Ah ! Le PS ... ses ministres, ses secrétaires d'Etat et ses délégué(e)s... c'est pas rien quand même ; et puis, c'est quelque chose aussi !

     

    ***


    Pour info : sur LCP Rokhaya DIALLO avait obtenu 26 minutes par mois pour nous parler des minorités visibles... à l’époque où elle y « travaillait » encore.

    La demande d’une juste répartition des commémorations et de la transmission de la mémoire, à propos de la colonisation et de ses crimes ainsi que de la traite négrière... est qualifiée de "concurrence victimaire", voire... purement et simplement de revendication à caractère antisémite.

     

                2951362652770.jpgMadame la déléguée interministérielle d'outre-mer, nul doute... vous irez loin, très loin ; je vous prédis un avenir radieux : une grande ligne droite… la voie royale !

    Surtout, ne changez rien !

    Mais ne nous en veuillez pas si on ne vous y accompagne pas. Il y a des destinations vraiment trop déshonorantes.

     

                                 

                                Rendez-vous aux prochaines élections ! Quand même !



     

    Spectacle de Dieudonné interdit : pourquoi j'en suis reconnaissant aux pouvoirs publics Par Arno Klarsfeld

     

             Arno Klarsfeld sur  LE PLUS du Nouvelobs à propos de l’affaire Dieudonné !

    Non mais… dites-le : c'est de la provocation ni plus ni moins ? Après tant et tant d’articles qui n’ont pas cessé de nous dire qu’il n’y avait rien à sauver chez Dieudonné…

    Ou bien alors, c'est un baround d'honneur à propos de « l'affaire Dieudonné » !
    La dernière intervention sur ce sujet… on finit alors avec l'intervenant (un monumental cancre) le moins à même de nous éclairer sur quoi que ce soit concernant cette affaire, celle-là et toutes les autres.


                    Et puis surtout… que l’on nous montre un honnête homme, un seul, ou qu’il se fasse connaître dans les meilleurs délais, qui ne soit ni un politique aux arrières pensées inavouables ni juge et partie, ni un pleutre, ni un imbécile ou bien une gourde, un honnête homme donc qui soit d’avis qu’il n’y a rien à sauver chez Dieudonné… car on l’attend encore !

                 

     

    Inégalités de salaires : Najat Vallaud-Belkacem veut sévir


                    A l'occasion de la Journée de la Femme, la ministre promet des sanctions aux entreprises qui ne luttent pas efficacement contre les inégalités.


    ***

     

               Soit dit en passant… Il existe déjà un arsenal juridique contre les inégalités de salaires hommes/femmes à poste égal. Aussi, ce ne sont pas tant ces inégalités-là qu’il faut déplorer mais bien plutôt l’absence totale de détermination d’y mettre fin.

    Et c’est bien là qu’est la posture d’un gouvernement PS qui n’a pas son pareil lorsqu’il est question de faire semblant d’enfoncer des portes… ouvertes de surcroît,  tout en nous précisant qu’elles étaient verrouillées à double tour.

               Certes ! L’Entreprise est une vache sacrée hindoue, et dans le secteur public, il n’y a pas de petites économies, jamais ! Voyez les médecins étrangers dans nos hôpitaux ! Des médecins payés jusqu’à 30% en dessous de leurs collègues pour un travail, des responsabilités et un nombre d’heures identiques.

    Tout le monde gratte : le privé comme le public… et toujours sur le dos des plus faibles, bien évidemment.


                A propos de la petite Najat Vallaud-Belkacem qui a les dents longues et qui maîtrise à merveille la langue de bois de ses pairs et sponsors et autres mentors… modèles indépassables de politiciens ringards au possible… à son propos donc… ainsi qu’à l’endroit de sa collègue Aurélie Filippetti (les deux gourdes du gouvernement ?)  les sarcasmes vont bon train : en effet, il est dit que l’on peut leur donner pratiquement n’importe quoi à vendre ; elles achètent tout de suite, enthousiastes et conquises, prêtes à partir en campagne ; elles n’ont alors qu’une envie : le revendre à tous !

    Dans d’autres circonstances, ce serait plutôt une qualité mais… dans le contexte d’un gouvernement PS et de ses vieux loups et sangliers, même encore jeunes... mais déjà chauves,  il ne peut s’agir que d’un cadeau empoisonné et d'une stratégie perverse.


                 A suivre donc...


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  • « Négritude et Négrologues » de Stanislas Spero Adotevi


             « Aucune race n’a été témoin de l’injure comme la race nègre »

    A. Césaire.


    négritude.jpg

     

                  Né en 1969 à Alger à l’occasion du premier festival culturel africain, finalisé en 1972, l’ouvrage de Stanislas Spero Adotevi « Négritude et Négrologues » sera la première tentative sérieuse d’analyse critique de la « négritude », ce concept élaboré dans les années 30, place de la Sorbonne, et c’est à noter, à mille lieux des crimes  de l’administration coloniales d'une Afrique « pouilleuse, ravalée et broyée » par deux forts en thème : Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire.

    Analyse critique car, pour l’auteur, il ne fallait plus penser le monde en général et l'Afrique en particulier en termes de races mais d’individus, de droits et de valeurs ; il est vrai que dans les années 70, la pomme de la discorde était entre les Africains et non plus entre des colons racistes et voleurs et les Noirs, race opprimée.

    A la fois onirique, symbolique et poétique, "la négritude » se voulait un concept capable de transformer une insulte courante (sale nègre !) en titre de gloire et d’orgueil. Né du déracinement (Senghor et Césaire étaient alors étudiants à Paris), élaboré hors-sol pour ainsi dire, en bord de la Seine - qu’il se soit agit de la rive gauche ne change rien à l’affaire -, loin de toute promiscuité avec les causes, ce concept avait comme faiblesse de faire l’impasse sur Hegel, Marx et Lénine : l’Histoire, la lutte des classes et l’action révolutionnaire.

    Si l'auteur qualifie " la négritude" de concept abstrait, il reconnaît et paie néanmoins sa dette lorsqu'il écrit : « La négritude n’en demeure pas moins le temps primitif de la renaissance africaine, une prise de conscience et une nouvelle littérature » avant de puiser à pleines mains dans l’immense bêtisier de Césaire, de Senghor et dans une moindre mesure (il arrivera plus tard) de Frantz Fanon accoucheurs de formules telles que « l’homme total africain » ou bien encore « l’intuition mystique propre à l’homme africain ». Sartre en compagnon de route de cette négritude, ne sera pas en reste... mais c’est moins grave car il s’agit d’un Blanc ; et puis, on ne se refait pas !

     

                  Pour tous ces poètes pris en flagrant délit de fureur narcissique, le Nègre est amour, innocent et heureux. Son royaume est celui de l’enfance. Il n’a donc pas changé depuis la création. Sous leurs plumes à tous, l'auteur réalise très vite que la négritude court le risque de devenir une mascarade, une avalanche de clichés grotesques, quand ils ne sont pas des lieux communs éculés et des théories les plus réactionnaires. Le danger est imminent : avec la négritude, le Nègre - senghorien en particulier - n’aurait donc pas sa place auprès du Blanc sur le terrain de la science et de la raison.


    Et l’auteur de lancer à la cantonade : « La réalité, celle qui appelle la restructuration du monde, est en effet affaire de révolution et non de bouillonnement poético-cosmique. La négritude c’est le dernier-né d’une idéologie de domination (1). C’est l’aboutissement de plusieurs décennies d’ethnologie européenne. »

    Ces poètes normaliens avaient tout simplement oublié que « les colonisateurs n’étaient pas des poètes mais des manieurs de sabres ». Et puis, n'avaient-ils tous fait que célébrer la langue de leurs m(M)aîtres, de la maternelle jusqu'aux palmes académiques ?

     

                Humour grinçant, ironique, une écriture loin de la Sorbonne et de ses incantations les plus fumeuses, l’auteur se moque et dénonce le Noir quand il cesse d’être pour mieux rêver ce qu’il n’est pas et qu’il n’a vraiment pas besoin d’être et de regretter non plus. Et l’auteur de s’exprimer en ces termes : « La négritude retrouvée du salut personnel d’un Césaire ou d’un Senghor, c’est de la névrose. »

    De ce fait, la course pour la reconnaissance de la dignité de l’Homme Noir s’avère sans objet.

    Il se moquera aussi de cette bourgeoisie blanche qui « après avoir bousillé l’homme » sur sa machine, ici en Occident, en appelle à « l’idylle de l’humanité et de la nature », là où, comme par magie...  l’Afrique et le Nègre apparaissent  inévitablement : on pensera aux Duhamel (Georges), aux surréalistes (ce qui n’enlève rien à l’apport colossal de ce mouvement), Picasso, Apollinaire, Sartre encore…

    A propos de l’esclave et du racisme anti-Noir, en relation directe avec "la négritude »  - insulte transformée en titre de gloire -, doit-on néanmoins affirmer avec l’auteur que l’esclavage n’est pas né du racisme mais bien plutôt le racisme de l’esclavage ? Les deux ne se sont-ils pas nourris l’un l’autre ? Après tout, les négriers se faisaient-ils une si haute idée de la personne humaine qui pouvait ou pas, à leurs yeux, habiter le Nègre ? Leur mépris racial ne devait-il pas se porter plutôt bien (tous n’avaient sans doute pas encore rencontré le Persan de Montesquieu) lorsqu’ils chargeaient  sur leurs bateaux des hommes et des femmes à fond de cales pour un voyage dont un sur trois ne connaîtra jamais la destination ?

    Ou bien, s’est-il agit d’un esclavage dans l’esprit d’un : « Rien de personnel là-dedans mec ! C’est juste que j’ai envie de me faire un paquet de blé sur ton dos ! »

    Car dans cette lutte pour la liberté, comme l'auteur nous le fait remarquer, il y avait  - et il y a encore aujourd’hui -, du Blanc dans le Noir et du Noir dans le Blanc ; une lutte pour soi avec l’autre en soi jusqu’à ce constat d’une lucidité qui frôle des sommets : «Va saisir chez le Blanc comment on peut vaincre sans avoir raison ».

     

     

              Avec Senghor, normalien académicien Président du Sénégal  - cet orgueil-là annonce toutes les trahisons -, Adotevi sera cinglant et plus encore, avec l’utilisation politique de cette négritude restée inachevée dans sa théorie, jusqu’à reprocher à ce mal-Président de ne s’être jamais arraché à l’esclavage : « La négritude de Senghor et de ses discours n’étaient rien moins que de la propagande gouvernementale à grand renfort de théories les plus usées sur les traditions africaines et l’âme noire ; propagande qui laisse devant sa faim un peuple expulsé de l’Histoire et qui aboutit  à le faire piétiner quand elle ne le paralyse pas dans sa marche. »

     

    La négritude sous Senghor devient alors une néo-cléricature opium du peuple : « C’est dans l’inadéquation aux problèmes africains que se trouve la clé des difficultés que soulève la négritude » (verdict sans appel), et son « socialisme à la sauce africaine » naîtra le plus sérieusement du monde de « la copulation entre des rythmes primordiaux de l’Afrique et des accords commerciaux fécondants de l’Europe ». Il s’agira d’un socialisme qui en rassurera plus d'un ; un socialisme de cœur et d’esprit mais... pas touche aux intérêts du continent européen !

    Ce qui n’arrange rien, car la négritude revêt alors les habits d’un en soi indépassable.

     

    ***

     

                En 1972, Stanislas Spero Adotevi proposera aux Afrcains le projet suivant : «A nous de régler intelligemment et sans les ethnologues européens dans un développement endogène, la question de la famille  africaine, la question des ethnies, celle des traditions, et enfin le problème des classes sociales, tout en sachant que la structure traditionnelle africaine est condamnée. Et ce dont nous avons besoin aujourd'hui, c’est des tracteurs et pas seulement de métaphores. »

                   Quarante ans plus tard, à l’heure d’une mondialisation vorace et impitoyable, il semblerait que cette problématique ait pris une dimension et une accélération gigantesques.

     


     

    1 - Après tout, peut-on faire remarquer sans provocation excessive qu'en Algérie, Frantz Fanon était médecin psychiatre (médecine de l'homme blanc !) et non Marabout à visiter à dos d’âne les bleds de la région à la recherche d’une âme à soulager !

    Senghor a pris sa retraite de Président du Sénégal sous la pluie, en Normandie : vaches normandes, concours hippiques, climat tempéré… visite des haras avec la Reine Elisabeth venue renouveler les effectifs de ses écuries. 

    Quant à Aimé Césaire, il sera maire de Fort-de-France, et passera le plus clair de son temps à distribuer du RMI à 70% des habitants de sa commune. Il ne partagera pas le destin d’un... disons... Che Guevara, c'est sûr !

     

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    adotevi,senghor,césaire,fanon,négritude,afrique,europe,colonialisme,esclavage,politique,mondialiation,actualitéBéninois, Stanilas Spero Adotevi est né en 1934. Il a enseigné la philosophie et l'anthropologie à Paris avant d'occuper de hautes fonctions à l'UNICEF. Il vit à Ouagadougou.

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  • Howard Zinn : une histoire populaire des Etats-Unis

     

     

                    « Qu’advient-il d’un rêve suspendu ? Se dessèche-t-il  comme un raisin au soleil ? Ou suinte-t-il comme une plaie avant de disparaître ? Est-ce qu’il pue comme la viande pourrie ? Ou se couvre-t-il d’une croûte sucrée comme un bonbon acidulé ? Il tombe peut-être comme un fardeau trop lourd. Ou bien, explose-t-il ? » - Langston Hugues

     

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    Christophe Colomb, Cortès, Pizarro, grands marins génocidaires et pilleurs…

     

    Les Puritains (protestant de la fin du XVIe siècle au début du XVIIe siècle) : intolérance et cruauté…

     

    Colonnes d’Indiens, longues trainées humaines déplacées d’Etat en Etat, toujours plus loin par centaines de milliers pour hâter leur mort – famines, épidémies -, traités bafoués, toutes les paroles aussitôt données sont reprises... le Président Jackson (1767 - 1845) grand propriétaire n'aura jamais assez de terre...


    Plus tard, annexion du Texas, Guerre contre le Mexique de1846...

    Plus tard encore, McKinley déclare la guerre à l’Espagne : « Entre nous, j’accueillerais avec plaisir n’importe quelle guerre tant il me semble que ce pays en a besoin », écrivait Théodore Roosevelt en 1897.

     

    Après la traite et l'esclavage, Carnegie, Rockefeller, Pullman, Goldman Sachs, tous feront fortune au tournant du XXe siècle grâce au monopole, à l’intimidation de la concurrence, à des salaires les plus bas possibles et à la lutte impitoyable menée contre toute forme d’organisation des travailleurs…

     

    Aujourd’hui, de la Maison Blanche à la Cour suprême, du Sénat, de la Chambre des Représentants aux procureurs, juges, syndicats et conseils municipaux, il n’y a pratiquement plus de cloisons étanches entre ces lieux censés œuvrer pour l’intérêt général et le bien commun dans un esprit de justice et le monde de l’entreprise dans les filières de l’armement, de la sécurité, du renseignement et de l’agroalimentaire. Ces filières entre les mains d’intérêts économiques privés financent toutes les élections américaines, la totalité de la classe politique, du local au national, des cantons aux Etats, des Etats à la Fédération ; tous dépendent de leurs financements pour leur ré-élection, Républicains comme Démocrates.

     

    De ce contexte, c'est la notion même de "conflit d'intérêts" qui sombre corps et biens.

     

                    Zinn s'interroge à propos des Pères fondateurs des États-Unis (the Founding Fathers) qui ont signé la Déclaration d'indépendance ou la Constitution des États-Unis, et ceux qui ont participé à la Révolution américaine comme Patriots : " Etaient-ils des hommes justes et sages cherchant à garantir un juste équilibre ? En fait, ils se souciaient peu d’équilibre, à l’exception peut-être de celui qui permettait de laisser les choses en l’état. C'est-à-dire un équilibre entre les forces dominantes de l’époque. Ils ne souhaitaient certainement pas rééquilibrer les rapports entre maîtres et esclaves, entre possédants et démunis, entre Indiens et Blancs."

     

    L’historien Beard au début du XXe siècle fondera son analyse générale de la Constitution sur l’étude des situations économiques et des opinions politiques des 55 hommes qui l'ont élaborée ; quatre groupes n’étaient pas représentés au sein de la convention rédactrice : les esclaves,  les domestiques sous contrat,  les femmes et les Indiens.

     

    Zinn reprenant l'analyse de ce même historien  : "La condition sociale inférieure des Noirs,  l’exclusion des Indiens, la suprématie assurée des riches sur les pauvres  dans la nouvelle société américaine, tout cela existait déjà lorsque la Révolution débuta. Une fois les Anglais chassés, ils ont pu l’inscrire sur le papier, le consolider, le régulariser et même le légitimer dans la lettre même de la Constitution des Etats-Unis, élaborée lors d’une convention réunissant à Philadelphie les chefs révolutionnaires en 1787.

    L’esclavage existait dans les Etats africains, et les Européens en prirent parfois prétexte pour justifier leur propre traite des esclaves. Cependant, comme le souligne Davidson dans son ouvrage The African Slave Trade, le statut des « esclaves » en Afrique était très proche de celui des « serfs » européens. Si la condition des esclaves africains était très dure, ils conservaient néanmoins certains droits que les esclaves transportés en Amérique n’avaient plus. Ils étaient à mille lieux  du bétail humain qu’on trouvait dans les cales des bateaux de la traite et sur les plantations américaines."

     

                  C’est sous le Président Jackson (1828-1832) que se met en place le système du bipartisme américain : "Dès 1877, on pouvait voir se dessiner certaines tendances qui allaient se confirmer au cours des dernières années du siècle : les Noirs seraient contenus, les grèves chez les travailleurs blancs combattues et les élites politico-industrielles du Nord et du Sud prendraient fermement les commandes du pays pour gérer la plus importante période de développement économique de toute l’histoire de l’humanité. Tout cela se réalisa aux dépens des mains d’œuvre noire, blanche, chinoise, européenne et féminine rétribuées en fonction de la couleur, du sexe, de la nationalité et de la classe sociale. Ce brillant édifice, destiné à stabiliser l’organisation hiérarchique de l’économie du pays, institua divers niveaux d’oppression."

     

    Et, toujours, ce même outil pour noyer le ressentiment de classe sous un flot de slogans d’unité nationale : le patriotisme. Et comme un fait exprès, arrive alors la seconde guerre mondiale puis la victoire des "alliés" (Russie et USA).

    Et votre serviteur de rajouter ce qui suit : L'Europe est morte à Yalta  à l'heure où les USA qui n'étaient au XIXe siècle que la queue de cette Europe, en prennent la tête ; dès lors, les Etats-Unis ne cesseront plus de la contrôler puis de la diriger en sous-main avec Schuman et Monnet : plan Marshall , guerre froide, Otan et parapluie nucléaire.

    Depuis, l'Europe n'a pas cessé de mourir en tant que "projet civilisationnel" pour le plus grand bénéfice d'une puissance pour laquelle les Peuples ne forment qu'un seul et même marché : du temps de cerveau disponible à divertir, des ventres à remplir et des portefeuilles à vider.

     

     

                        Howard Zinn  rétablit la vérité à propos d'un Kennedy qui n’a jamais soutenu, sinon du bout des lèvres, la lutte pour les droits civiques de peur de s’aliéner le vote démocrate des Etats du Sud. Lorsque ce même Kennedy prit ses fonctions en 1961, il approuva un plan secret qui prévoyait diverses interventions militaires (voir les Pentagon Papers) au Vietnam et au Laos.

     

    Carter n’a jamais cessé de financer les dictatures : Salvador, Philippines… déjà sous sa présidence, avant l’arrivée de Reagan, les pauvres subissaient de plein fouet les politiques de restrictions budgétaires entre deux réductions fiscales pour les plus riches : "Comme le souligne William Greider dans son remarquable livre Who will tell the People ? The betrayal of American Democracy... à ceux qui reprochent aux républicains ce qui s’est passé et pensent que le retour des démocrates à la Maison-Blanche restaurera une imposition équitable, il faut rappeler ce fait regrettable : le tournant de la politique fiscale a eu lieu en 1978 quand les démocrates jouissaient de tous les pouvoirs, bien avant l’accession de Reagan à la présidence

     

    A propos de la réélection de Reagan :"Pour son second mandat, il fut ré-élu avec 59% des votes exprimés. En tenant compte des abstentions, il n’obtint que 29% des voix de l’électorat total des Etats-Unis."

     

    Aux élections de 1988, la victoire de Bush père avec 54% des votes exprimés ne représentait que 27% de l’électorat global.

     

    Zinn nous rappelle à toutes fins utiles ceci : "Sous Clinton, il existait deux sources de financement possibles pour un programme audacieux de reconstruction sociale : réduire le budget militaire et taxer les riches. Clinton n’en retiendra aucune. Le budget militaire atteignit 300 milliards de dollars. L’imposition des plus riches passa de 34 à 35%." A la fin de l’ère Clinton, l’Amérique pouvait se vanter d’avoir statistiquement la plus importante population carcérale au monde.


    ***


    330px-Howard_Zinn.jpgCet ouvrage de Howard Zinn de plus de huit cents page rédigé en 1980, ré-édité et complété à plusieurs reprises depuis, se fonde sur le point de vue de ceux que l'Histoire interroge rarement, confrontant les mythes à la réalité des conditions d'existence des classes et des populations qui suèrent sang et eaux et qui habitent ce vaste pays qui n'a jamais cessé de se chercher un destin ; un empire orphelin, privé de civilisation (dans le sens de... "entente spirituelle unanime entre les hommes" - Elie Faure), aujourd'hui... gigantesque outil à la fois d'innovation et de destruction seulement capable d'exporter le chaos : chaos financier en Europe ; chaos guerrier partout ailleurs...

    Pour son seul bénéfice, gains à  courte vue.

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