Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

fanon

  • Masque blanc sur peau noire

     

             En réponse à l’ouvrage de Frantz Fanonactualité,politique,fanon,césaire,singhor,négritude,antilles,afrique : "Peau noire, masques blancs" écrit en 1952 - chapitre 3 : l’homme de couleur et la blanche.

     

    ***

     

                Si aujourd'hui on peut être encore tenté de penser que le l'homme noir existe bel et bien, et avec en lui la résonance de rythmes sans âge et une métaphysique de forces spirituelles au caractère tellurique qui prennent leurs racines en Afrique et/ou aux Antilles...

     

    En revanche, il semble que l'homme blanc, lui, n’existe que dans la mesure où il incarne la modernité, c’est à dire : la science, la technique et le droit - droits de l’homme depuis les lumières et les révolutions américaine et française, et plus tard, le droit du travail né des luttes ouvrières du 19è siècle... sans oublier l‘Artiste pour une lecture critique ou complaisante de cette même modernité.

     

    Frantz Fanon - Serge ULESKI 2.gifAussi, quand l'homme noir tente de se rapprocher de cette modernité avec le souci majeur d‘améliorer sa condition, celle de sa famille, et pourquoi pas - lorsque l’ambition politique s’en mêle -, celle de son pays aussi, n'est-ce pas lui faire injure de ne voir dans cet homme qu’un névrosé qui tente de faire taire en lui le sentiment d‘infériorité qui l‘habite depuis sa naissance par le biais d'une “déracialisation complète” dans l'espoir d'une égalité totale avec le Blanc ?

     

    .(quand on sait que la modernité à laquelle il aspire n'est plus la propriété exclusive du Blanc depuis longtemps déjà...)

    Pas plus que Frantz Fanon qui choisira de faire des études de médecine (celle de l’homme blanc ?!) avant d’occuper le poste de médecin-chef de l’hôpital psychiatrique de Blida dans les années 50,  - il n'a pas choisi la voie d'un Marabout visitant à dos d’âne les bleds de la région à la recherche d’une âme à soulager -, cet homme n’a le désir de renier le fait qu‘il est noir pour mieux porter un masque blanc...

    Car, il n'a qu'une ambition cet homme noir : s’ouvrir à l’infinité de tous les possibles.

    N’en déplaise à ceux qui souhaiteraient déterminer cet homme noir sans qu'il ait son mot à dire sous prétexte qu'ils se savent habiter par un niveau de conscience politique supérieur à la moyenne de ceux qu'ils souhaitent sauver de l'ignorance et de la soumission : l’Homme sera toujours plus que ce qu’il croit savoir sur lui-même qui n’est - le plus souvent -, que ce que l’on a daigné lui enseigner ou bien, ce qu’on lui a laissé espérer... pour lui-même.

     

     

    P.S.

     

    Noir & Blanc : un nouveau paradigme est-il possible ? Non seulement il est possible mais il est surtout nécessaire.

    Certes, l’œuvre de Frantz Fanon qui a beaucoup,  à  tort,  usé de l’opposition blanc/noir a l’excuse d’être antérieur à la dé-colonisation ; processus historique qui nous a poussé à faire un constat aussi dérangeant qu’ indéniable : le Blanc n’a jamais eu pour vocation d’ humilier ou d’exploiter le Noir mais… bien le puissant d’oppresser le faible, le riche et le pauvre.

    Aujourd’hui, difficile d’ignorer  le fait qu’un Noir – chef d’Etat ou pas -, est tout aussi capable d’exploiter ou de massacrer d’autres Noirs avec la même efficacité et le même aplomb qu’un Blanc. Dès 1952, Frantz Fanon aurait-il pu et dû le pré-sentir, tout médecin qu’il était, psychiatre de surcroît ?

     

    Il y a des paradigmes qui sont de véritables paravents… ils vous bouchent la vue aussi sûrement qu’un bâillon bâillonne et qu’un bandeau vous aveugle ; et c’est alors que l’on devient un penseur… colin-maillard.

     

    ________________________

     

     Pour prolonger... cliquez C comme colonialisme

    Lien permanent Catégories : Littérature et essais ad hominem, politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
  • « Négritude et Négrologues » de Stanislas Spero Adotevi


             « Aucune race n’a été témoin de l’injure comme la race nègre »

    A. Césaire.


    négritude.jpg

     

                  Né en 1969 à Alger à l’occasion du premier festival culturel africain, finalisé en 1972, l’ouvrage de Stanislas Spero Adotevi « Négritude et Négrologues » sera la première tentative sérieuse d’analyse critique de la « négritude », ce concept élaboré dans les années 30, place de la Sorbonne, et c’est à noter, à mille lieux des crimes  de l’administration coloniales d'une Afrique « pouilleuse, ravalée et broyée » par deux forts en thème : Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire.

    Analyse critique car, pour l’auteur, il ne fallait plus penser le monde en général et l'Afrique en particulier en termes de races mais d’individus, de droits et de valeurs ; il est vrai que dans les années 70, la pomme de la discorde était entre les Africains et non plus entre des colons racistes et voleurs et les Noirs, race opprimée.

    A la fois onirique, symbolique et poétique, "la négritude » se voulait un concept capable de transformer une insulte courante (sale nègre !) en titre de gloire et d’orgueil. Né du déracinement (Senghor et Césaire étaient alors étudiants à Paris), élaboré hors-sol pour ainsi dire, en bord de la Seine - qu’il se soit agit de la rive gauche ne change rien à l’affaire -, loin de toute promiscuité avec les causes, ce concept avait comme faiblesse de faire l’impasse sur Hegel, Marx et Lénine : l’Histoire, la lutte des classes et l’action révolutionnaire.

    Si l'auteur qualifie " la négritude" de concept abstrait, il reconnaît et paie néanmoins sa dette lorsqu'il écrit : « La négritude n’en demeure pas moins le temps primitif de la renaissance africaine, une prise de conscience et une nouvelle littérature » avant de puiser à pleines mains dans l’immense bêtisier de Césaire, de Senghor et dans une moindre mesure (il arrivera plus tard) de Frantz Fanon accoucheurs de formules telles que « l’homme total africain » ou bien encore « l’intuition mystique propre à l’homme africain ». Sartre en compagnon de route de cette négritude, ne sera pas en reste... mais c’est moins grave car il s’agit d’un Blanc ; et puis, on ne se refait pas !

     

                  Pour tous ces poètes pris en flagrant délit de fureur narcissique, le Nègre est amour, innocent et heureux. Son royaume est celui de l’enfance. Il n’a donc pas changé depuis la création. Sous leurs plumes à tous, l'auteur réalise très vite que la négritude court le risque de devenir une mascarade, une avalanche de clichés grotesques, quand ils ne sont pas des lieux communs éculés et des théories les plus réactionnaires. Le danger est imminent : avec la négritude, le Nègre - senghorien en particulier - n’aurait donc pas sa place auprès du Blanc sur le terrain de la science et de la raison.


    Et l’auteur de lancer à la cantonade : « La réalité, celle qui appelle la restructuration du monde, est en effet affaire de révolution et non de bouillonnement poético-cosmique. La négritude c’est le dernier-né d’une idéologie de domination (1). C’est l’aboutissement de plusieurs décennies d’ethnologie européenne. »

    Ces poètes normaliens avaient tout simplement oublié que « les colonisateurs n’étaient pas des poètes mais des manieurs de sabres ». Et puis, n'avaient-ils tous fait que célébrer la langue de leurs m(M)aîtres, de la maternelle jusqu'aux palmes académiques ?

     

                Humour grinçant, ironique, une écriture loin de la Sorbonne et de ses incantations les plus fumeuses, l’auteur se moque et dénonce le Noir quand il cesse d’être pour mieux rêver ce qu’il n’est pas et qu’il n’a vraiment pas besoin d’être et de regretter non plus. Et l’auteur de s’exprimer en ces termes : « La négritude retrouvée du salut personnel d’un Césaire ou d’un Senghor, c’est de la névrose. »

    De ce fait, la course pour la reconnaissance de la dignité de l’Homme Noir s’avère sans objet.

    Il se moquera aussi de cette bourgeoisie blanche qui « après avoir bousillé l’homme » sur sa machine, ici en Occident, en appelle à « l’idylle de l’humanité et de la nature », là où, comme par magie...  l’Afrique et le Nègre apparaissent  inévitablement : on pensera aux Duhamel (Georges), aux surréalistes (ce qui n’enlève rien à l’apport colossal de ce mouvement), Picasso, Apollinaire, Sartre encore…

    A propos de l’esclave et du racisme anti-Noir, en relation directe avec "la négritude »  - insulte transformée en titre de gloire -, doit-on néanmoins affirmer avec l’auteur que l’esclavage n’est pas né du racisme mais bien plutôt le racisme de l’esclavage ? Les deux ne se sont-ils pas nourris l’un l’autre ? Après tout, les négriers se faisaient-ils une si haute idée de la personne humaine qui pouvait ou pas, à leurs yeux, habiter le Nègre ? Leur mépris racial ne devait-il pas se porter plutôt bien (tous n’avaient sans doute pas encore rencontré le Persan de Montesquieu) lorsqu’ils chargeaient  sur leurs bateaux des hommes et des femmes à fond de cales pour un voyage dont un sur trois ne connaîtra jamais la destination ?

    Ou bien, s’est-il agit d’un esclavage dans l’esprit d’un : « Rien de personnel là-dedans mec ! C’est juste que j’ai envie de me faire un paquet de blé sur ton dos ! »

    Car dans cette lutte pour la liberté, comme l'auteur nous le fait remarquer, il y avait  - et il y a encore aujourd’hui -, du Blanc dans le Noir et du Noir dans le Blanc ; une lutte pour soi avec l’autre en soi jusqu’à ce constat d’une lucidité qui frôle des sommets : «Va saisir chez le Blanc comment on peut vaincre sans avoir raison ».

     

     

              Avec Senghor, normalien académicien Président du Sénégal  - cet orgueil-là annonce toutes les trahisons -, Adotevi sera cinglant et plus encore, avec l’utilisation politique de cette négritude restée inachevée dans sa théorie, jusqu’à reprocher à ce mal-Président de ne s’être jamais arraché à l’esclavage : « La négritude de Senghor et de ses discours n’étaient rien moins que de la propagande gouvernementale à grand renfort de théories les plus usées sur les traditions africaines et l’âme noire ; propagande qui laisse devant sa faim un peuple expulsé de l’Histoire et qui aboutit  à le faire piétiner quand elle ne le paralyse pas dans sa marche. »

     

    La négritude sous Senghor devient alors une néo-cléricature opium du peuple : « C’est dans l’inadéquation aux problèmes africains que se trouve la clé des difficultés que soulève la négritude » (verdict sans appel), et son « socialisme à la sauce africaine » naîtra le plus sérieusement du monde de « la copulation entre des rythmes primordiaux de l’Afrique et des accords commerciaux fécondants de l’Europe ». Il s’agira d’un socialisme qui en rassurera plus d'un ; un socialisme de cœur et d’esprit mais... pas touche aux intérêts du continent européen !

    Ce qui n’arrange rien, car la négritude revêt alors les habits d’un en soi indépassable.

     

    ***

     

                En 1972, Stanislas Spero Adotevi proposera aux Afrcains le projet suivant : «A nous de régler intelligemment et sans les ethnologues européens dans un développement endogène, la question de la famille  africaine, la question des ethnies, celle des traditions, et enfin le problème des classes sociales, tout en sachant que la structure traditionnelle africaine est condamnée. Et ce dont nous avons besoin aujourd'hui, c’est des tracteurs et pas seulement de métaphores. »

                   Quarante ans plus tard, à l’heure d’une mondialisation vorace et impitoyable, il semblerait que cette problématique ait pris une dimension et une accélération gigantesques.

     


     

    1 - Après tout, peut-on faire remarquer sans provocation excessive qu'en Algérie, Frantz Fanon était médecin psychiatre (médecine de l'homme blanc !) et non Marabout à visiter à dos d’âne les bleds de la région à la recherche d’une âme à soulager !

    Senghor a pris sa retraite de Président du Sénégal sous la pluie, en Normandie : vaches normandes, concours hippiques, climat tempéré… visite des haras avec la Reine Elisabeth venue renouveler les effectifs de ses écuries. 

    Quant à Aimé Césaire, il sera maire de Fort-de-France, et passera le plus clair de son temps à distribuer du RMI à 70% des habitants de sa commune. Il ne partagera pas le destin d’un... disons... Che Guevara, c'est sûr !

     

    ____________________

     

    adotevi,senghor,césaire,fanon,négritude,afrique,europe,colonialisme,esclavage,politique,mondialiation,actualitéBéninois, Stanilas Spero Adotevi est né en 1934. Il a enseigné la philosophie et l'anthropologie à Paris avant d'occuper de hautes fonctions à l'UNICEF. Il vit à Ouagadougou.

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu