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  • Buffalo'66... where fools rush in

     

     

    "When we met, I felt my life begin

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    Buffalo'66 : écrit et réalisé par Vincent Gallo en 1998

     

                 Billy Brown sort de prison après cinq ans. Il décide d'aller voir ses parents à qui il n'a pas souhaité avouer la raison de son absence, choisissant de leur dire qu'il était parti se marier. Il kidnappe une jeune femme en chemin, Layla, et l'oblige à se faire passer pour sa femme devant ses parents.

     

    ***

     

     

              Sensibilité, charme... puissance et profondeur du cinéma indépendant américain aujourd'hui décimé... si le cinéma d'Hollywood part du vraisemblable pour nous parler d'une réalité qui n'existe pas et nous vendre le plus souvent un mensonge plus ou moins énorme, en revanche,  le cinéma indépendant américain (ou autre) part de l'invraisemblable ( ici : kidnapper une jeune fille et la faire passer pour son épouse auprès de ses parents) pour mieux coller à la réalité et nous proposer une des nombreuses vérités qui touchent à l'être humain, et dans Buffalo's 66... à la naissance de l'amour entre deux êtres.

     


       

               Dans Buffalo's 66, Ben Gazzara (invité d'honneur) chante (en playback sur la voix de Johnny Desmond) "Fools rush in" (de Bloom et Mercer) à la partenaire de Vincent Gallo, Christina Ricci :

     

    Fools rush in, where angels fear to tread
    And so I come to you my love
    My heart above my head
    Though I see the danger there
    If there's a chance for me
    Then I don't care, oh-oh-oh-oh

    Fools rush in, where wise men never go
    But wise men never fall in love
    So how are they to know
    When we met, I felt my life begin
    So open up your heart and let
    This fool rush in

     

    ***

     

              Vincent Gallo (acteur, réalisateur, artiste peintre, auteur compositeur et musicien pop) s'explique tout en expliquant : Buffalo'66, l'industrie du cinéma, la critique cinématographique, son travail d'artiste.

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  • Charles Boyer : l'homme aux cent films et aux trois Oscars !

     

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              De 1920 à 1976, Charles Boyer a tourné avec les plus grands, en France comme aux USA - Lubitsch, Preminger, Cukor,...

    Bien qu'élève du conservatoire, chez lui, tout était inné ; dans son jeu, il ne montrait rien, il se contentait d'être ; une diction parfaite, un style unique, inimitable, un physique qui n'avait rien à envier à qui que ce soit... il parlait autant avec sa voix qu'avec son regard... un regard mélancolique et compassionnelle.

     

                                         

                    Né à Figeac (Lot), décédé à Phoenix (Arizona-USA), aujourd'hui oublié, Charles Boyer est sans doute notre plus grand acteur des années 30 aux années 50, et le seul Français élevé au rang de star avec une quarantaine de films de metteurs en scène étasuniens tous plus prestigieux les uns que les autres.

     

                    Une pensée pour lui et pour les fées qui ont longtemps veillé à son chevet car rares sont les acteurs que la nature a autant gâtés !

     

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  • Arrêter tout, se taire, regarder et apprendre...

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    La mentale, MR73, Truands, Gangsters, Nid de guêpes, Prophète...

    Avec les réalisateurs, scénaristes et dialoguistes... Marchal, Audiard fils, Boursinhac, Schoendoerffer fils, Emilio-Siri,Yann Brion, Bibi Naceri... c'est toute l'industrie du cinéma américain... avec ses Scorsese et ses Clint Eastwood sur-évalués comme personne - un film tous les huit mois car, quand on n'a pas idée on pense sans doute en avoir une tous les jours - et ses faiseurs... ( De Palma, Michael Mann) ... qui n'a plus qu'un droit et qu'un devoir : arrêter tout, se taire, regarder et apprendre !

     

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                Cinéma-témoignage, cinéma-documentaire, cinéma-hommage (aux acteurs : Caubère, Duchaussoy, Béatrice Dalle, Arestrup) et pour finir...Cinéma- majuscule avec de véritables idées de mise en scène et une implication totale des acteurs...

                  Nul doute... il a dix ans, il s'est bel et bien passé quelque chose dans le cinéma français !

     

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  • American sniper - American bastard

     

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              Le dernier film de Clint Eastwood " American sniper" aura battu tous les records aux Etats-Unis dans les 2 premières semaines de son exploitation en décembre 2014 ; ce sera le plus gros succès commercial de la carrière du réalisateur.

     

    ***

     

              Sorti en France en février 2015,  American sniper "raconte" l’histoire de Chris Kyle de l’US Navy Seal aujourd'hui célèbre, et tout aussi célébré, pour sa remarquable efficacité durant son engagement en Irak ; efficacité en tant que sniper... bien entendu. 

    L’effet direct du film sur le public américain ne tardera pas à se faire sentir ; les retombées seront islamophobes et racistes :

    « Un p*** de bon film et maintenant je veux vraiment tuer certains de ces p*** d’enturbannés ! »

    ou bien encore...

    « Amerian Sniper me donne envie d’aller tirer sur quelques p*** d’arabes ! » déclare un autre spectateur.

     

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             N'a-t-on pas toujours les ennemis et les cibles que l'on mérite ?

     

                 Quant au réalisateur, ce pauvre Eastwood, il ne se sera  décidément rien épargné durant sa longue, trop longue carrière - un film tous les ans depuis trente ans -, puisqu'il signe là son film le plus affligeant ; un film d'une ignorance et d'une bêtise crasses, et par voix de conséquence, moralement (et politiquement... pour peu qu'Easwood et son public soient capables de comprendre ce que cet adverbe implique) abject.

    Comme quoi, on ne se refait pas ! Jamais ! Et plus encore lorsque l'on ne peut pas cacher très longtemps d'où l'on vient ! C'est sûr : Eastwood n'aurait jamais dû quitter le western spaghetti et s'effacer avec lui, ou bien encore, garder son costume d'inspecteur Harry, de triste mémoire, avant de prendre sa retraite dans l'oubli. Cela fait des années que nous sommes nombreux à tenter de convaincre la critique cinématographique à ce sujet, en particulier Télérama, les Inrocks et "Les cahiers" : en vain.

     

                  Car... mais faut-il le préciser ?... avec "American Sniper", le réalisateur et son public dont il n'y a définitivement plus rien à sauver, semblent avoir tout simplement oublié, eh bien... que les Irakiens sont chez eux. Eh oui !

     

                 Vous dites ? Les troupes américaines ont le soutien d'un gouvernement dit "irakien" de ce que l'on nomme encore l'Irak ?

     

    Oui, sans doute, mais... ce gouvernement et sa proximité avec les troupes américaines ne vous rappelle pas un passé franco-français pas si éloigné ? Car enfin, ce gouvernement irakien sorti des urnes de Washington, n'est-ce pas un peu aussi, et surtout, Vichy et la collaboration avec l'occupant allemand ?

              

                      Comment ça ? Ca vous avait échappé ?

     

               Avec ce film qui a tous les attributs d'une commande du Pentagone, ainsi qu'à la lecture des commentaires de ceux qui l'ont vu dès les premières semaines, une pensée vient à l 'esprit : heureusement qu'Hitler était nazi et accessoirement antisémite, car, dans le cas contraire, ils lèveraient aujourd'hui tous le bras. Oui ! Bien haut le bras !

    D'ailleurs, ils le lèvent ce bras, même manchots ! tellement la connerie et la scélératesse ne connaissent plus, chez tout ce beau monde, de limites, de frontières, de retenue.

    Oui ! Ils le lèvent ce bras, à l'heure où ceux qui le baissent sont poursuivis en justice (e.i la quenelle)... tous le lèvent, de Washington à Tel-Aviv en passant par l'Elysée et Bruxelles !  Et c'est la gerbe ! Encore et toujours la gerbe !

     

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               Aussi, pour cette raison, on vous épargnera une analyse du film d'Eastwood puisque ce film, vous le connaissez tous, il a déjà été tourné mille fois : avant hier les Indiens, puis vinrent les Vietnamiens ; aujourd'hui, les Arabes et les Musulmans ; John Wayne, De Niro (The deer hunter) et un dénommé Bradley... dont on se fout, du reste !

    Et cette fois-ci en pire : amalgame, manipulation, diabolisation, voire... déshumanisation de tout ce qui de près ou de loin ressemble à un Irakien, un Arabe, un Musulman, hommes, femmes et enfants sur fond de bonne conscience, bien évidemment ! Bonne conscience propre aux pompiers-pyromanes venus faire un tour pour constater l'ampleur de la dévastation (1).

    Faut dire qu'à huit euros la place, à ce tarif là, c'est donné ! On fait le voyage sans hésiter. Alors, pourquoi s'en priver ? Les occasions de passer un bon moment en cassant du bougnou** en toute impunité - encore et toujours le bougnou** ! -,  ne sont pas si fréquentes de nos jours !

     

                  Après le tourisme sexuel, voici le tourisme guerrier avec "American Sniper" ! Là encore, pour trois fois rien, et sur le dos de la vérité du plus faible. 

     

    ***

     

                    Nominé pour six Oscars dont celui du meilleur film, "American sniper", sera récompensé pour le "montage sonore" seul. Là, c'est Hollywood qui sauve la mise, et peut-être aussi son honneur car il était un temps question de remettre à cet "American sniper" l'Oscar du meilleur film.

     

     

    1 - La politique conduite par les USA et ses complices, de la Libye à l’Afghanistan en passant par le Yémen et l’Afrique subsaharienne depuis septembre 2001 a fait près de 3 millions de morts... musulmans bien évidemment - embargo irakien inclus sous Saddam Hussein !

     

     

    NB : photos extraites du film

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    Pour prolonger, cliquez : Clint Easwood : quand la critique cinématographique s'effondre

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  • American Sniper : rebond Agoravox

     


                Publication, ici, de mes réponses aux commentaires qui m'ont été adressés suite à la parution sur Agoravox de mon billet critique du film de Clint Eastwood  "American Sniper" : j'ai répondu en priorité aux commentaires postés par ceux qui soutiennent les films du réalisateur Clint Eastwood.


    En voici un condensé :

     

                   Comment ne pas voir dans le cinéma de ce réalisateur Eastwood qui n’oublie jamais de s’attribuer le beau rôle en tant qu'acteur, un cinéma manichéen, un cinéma box office, cinéma kleenex aux ressorts et aux enjeux mille fois assénés, aux scénarii éculés – en effet : pas un seul personnage, pas une seule situation qui ne nous aient pas déjà été présentés et servis par Hollywood depuis 1945…

    Un Eastwood qui est passé complètement à côté de son époque même si cela ne l’empêche pas de traiter « l’actualité » en ratant l’essentiel, toujours !  A savoir... la vérité aussi complexe soit-elle.


                   Le cinéma d’Eastwood n’offre aucune perception critique de notre époque et aucune analyse prospective ; il n’élève aucune conscience et ne permet pas de rebondir plus loin, plus haut vers d’autres réalisateurs : Fellini, Bergman, Casavettes...

    Certes, Eastwood aurait vraiment tort de se gêner ! C’est sûr ! Aussi, ce qui est en cause, c’est le fait que la critique cinématographique française accepte sans honte, film après film, de se faire rouler dans la farine ; soumission à l'origine de laquelle on trouvera un refus catégorique de dénoncer chez ce réalisateur ce qui pourtant crève les yeux. Mais ce refus est-il si surprenant finalement ? Voyez qui sont les propriétaires des Cahiers, de Télérama, de Positif et des Inrocks !

    Suivre l’argent… contentons-nous de suivre l’argent , et tout devient clair !

    Alors, cette critique aurait-elle vraiment les moyens de cette dénonciation ? Avec quelles conséquences pour leur avenir professionnel à tous ?

    Devinez.


                  Les ressorts narratifs du cinéma d’Eastwood sont d’un tel conformisme, et plus grave encore, d’une telle putasserie une fois de plus, une fois de trop avec "American sniper", que la coupe est maintenant pleine. Et si, à de rares exceptions près, les procédés du réalisateur sont ceux d’Hollywood depuis toujours, ils n’en demeurent pas moins insupportables ; et le fait que le cinéma d’Eastwood n’oublie jamais de lorgner du côté du tiroir-caisse, tout autant ! Car, chez Eastwood, tout est pensé afin de ne pas perdre un client, un seul ; rien à voir donc avec un soi-disant souci d’exposer aux spectateurs tous les points de vue. Dans le cas contraire, tout le monde y trouverait son compte. Or, ce n’est pas le cas.

    Loin s’en faut.

     

    Cette scène au cours de laquelle l'épouse du sniper lui annonce par téléphone (entre autres scènes aussi téléphoniques que téléphonées)qu’elle mettra au monde un garçon... quelques secondes avant que son mari ne se trouve confronté à une attaque lancée par d’affreux Irakiens - et son épouse de la "vivre" en "live" cette attaque à dix mille kilomètres de distance ! -, est impardonnable en tant que putasserie émotionnelle : ce n’est plus simplement la recherche du plus grand commun dénominateur émotionnel auprès des spectateurs, ou le plus petit  - "petit" dans le sens de "bassesse" -, mais bien plutôt, une prise d’otage, un chantage et un viol des consciences : nous sommes non pas invités mais sommés de nous émouvoir ; et c’est aussi et surtout... Eastwood qui sombre définitivement, sans doute comme jamais dans aucun autre de ses films.

    Quant aux dix dernières minutes du film qui mettent en scène "le retour du sniper dans la vraie vie" - sa femme, ses enfants, ses amis, party, jeux et barbecue, puis tout à coup la violence refoulée en réponse au jeu du chien avec l’enfant -, cet épilogue ne semble n'avoir qu'un seul but : nous expliquer à quel point le personnage est capable de discernement ; jugement et retenue : un chien n'est pas un terroriste ! Merci de nous le rappeler qu'un Irakien est en dessous du chien ! Car cette scène assoit définitivement le héros-sniper à la table de la civilisation contre la barbarie musulmane, arabe, irakienne... dont il n’y aurait rien à sauver qui ne le soit par la Pax Americana seule : Pax responsable, soit dit en passant, du chaos irakien (Eastwood, si tu veux nous en parler, c’est quand tu veux !). Les dix dernières minutes du film consacrent et sacrent le personnage ; elles ne seront pas destinées, ces minutes, qui sait, à corriger l’image que le film n’a pas cessé de véhiculer à propos de tout ce qui de près ou de loin ressemble à un Arabe, un Irakien et/ou un Musulman. Eastwood persiste et signe donc.

    Quant aux opinions du réalisateur sur le monde, la terre, la lune et l’univers – sa vie, son œuvre ! -, force est de constater que le cinéma d’Eastwood est destinée en priorité au peuple américain. Aussi, qu’un européen puisse penser que ce cinéma-là le concerne... quand on sait quelles analyses de notre monde contemporain notre cinéma, ici en Europe, a été et reste encore en partie capable de nous proposer ... cet engouement autour du cinéma d’Eastwood demeure, pour un bon nombre d’entre nous, une énigme.

    A moins qu’il ne s’agisse tout simplement d’une prise de contrôle des esprits, une sorte de rapt culturel : les Européens, tout comme les Américains, refuseraient donc, eux aussi, de s’informer pour mieux ne pas penser ?

    Il est vrai qu’ici, en Europe, notre maison commune, tous les enfants et ados poussent en moyenne une fois par semaine  la porte d’un MacDo ; 80% des séries télévisées à succès sont américaines ; et quand un bombe tombée du ciel fracasse une existence, une famille, une habitation, quelque part dans le monde, neuf fois sur dix, elle est américaine.
     

    ***

     

                                  « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels » - Anatole France

     

                    De cette vérité là, vraiment basique, Eastwood en est incapable. Aussi, avec « American Sniper » de quoi le réalisateur nous parle-t-il ?

     

                    Pour conclure : quand Eastwood fait un film censé traiter un sujet d'actualité, ce n'est jamais le film qu'il fallait faire et que les autres feront à sa place ; American sniper ne fera pas exception ; pour cette raison, il n’y a pas un film d’Eastwood qui arrive à la cheville d’un "Apocalyspe Now" de Coppola (2) ni de dizaines d’autres réalisateurs ; c’est la raison pour laquelle, en compétition, Eastwood reste absent de la remise des prix.

    Et ce n'est que justice.

     


    1 - A ce propos, ceux qui sont revenus blessés physiquement de la guerre d’Irak... n'ont pu que constater que rien n’avait été prévu pour eux ; pas de lieux d’accueil ; aucuns moyens supplémentaires dans les hôpitaux, dans les centres de ré-éducation. Trop, beaucoup de blessés... les autorités prévoyaient plus de morts : il est vrai qu'ils ne coûtent rien ; c’est la raison pour laquelle rien n’avait été mis en place pour faire face à un nombre aussi élevé qu'inattendu de blessés.

    Rien non plus à ce sujet dans le film d’Eastwood qui a maintenant tous les attributs d'un film de commande, le Pentagone en maître d’ouvrage, bien évidemment !

     

    2 - Le cinéma de Coppola n’est pas, dans l'esprit, et contrairement à ce que son passeport pourrait nous faire croire, un réalisateur américain ou américanophile ; il reste un immigré italien ; de plus, Chris Kyle (le sniper dont le film d'Eastwood s'est inspiré et qui a publié un ouvrage sur son engagement en Irak) n’est pas Joseph Conrad ; on ne fait donc pas le même cinéma avec l’un et l’autre. Et puis, à chacun ses auteurs !

     

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  • Steve McQueen : le Josh Randall de l'esclavage

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                Le réalisateur Steve McQueen reçoit l’Oscar du meilleur film, dans le temple du cinéma mainstream, en smoking, un peu à l’image du film qu’il a réalisé et que des producteurs ont accepté de financer...


    Tout en sachant qu'à l'exception de quelques plans et de quelques scènes... (trop rares...) "12 years a slave" aurait très bien pu être tourné par nombre de réalisateurs tâcherons d'Hollywood et une industrie cinématographique qui ne s'y est d'ailleurs pas trompée en remettant cet Oscar... et c'est bien là que le bât blesse.

     

              Aussi, à l’heure où un Obama  très très en dessous de ce qu’on pouvait attendre, avec naïveté ou pas, de sa victoire à la présidence des Etats-Unis, voilà sept ans déjà… un Obama à la queue d’un pays - dont la tête est à Wallstreet  -, et d'une société qui ne font toujours pas de cadeaux aux plus exposés et aux plus faibles de ses membres, et ici… pas davantage, dans cette Europe contaminée par une idéologie du soupçon et de l’égoïsme, le réalisateur Steve McQueen (1) aurait été bien avisé de refuser cet Oscar ou bien alors... de le jeter à la face d’une audience à la réputation surfaite comme nulle part ailleurs dans le monde et dans aucun autre métier ; une caste adepte d'un "chacun pour soi" vorace, entre deux sourires faussement amicaux qui laissent entrevoir une mâchoire étau qui ne lâche rien et qui a pour seul souci et unique préoccupation : le haut de l’affiche, longtemps et seul de préférence, à l’exclusion de tous les autres et de tout autre considération...

     

    Une caste nombriliste en mal d’existence, toujours ! (trop célèbre, trop riche… trop de tout jusqu’à l’excès !) dont les quelques « charity dinner » à 50 000 milles dollars le couvert qui jalonnent leur parcours au service d’une production cinématographique le plus souvent médiocre, ou tout juste dans la moyenne, pourraient donner l’illusion qu’elle sait rendre ce qu’elle a reçu, pris ou volé à des gogos qui peuplent les salles obscures de la planète à la recherche d’un rêve inaccessible, cauchemar pour tous ceux qui, en vain, courent après, alors que dans les faits, les membres de ce Club de prestidigitateurs à la manque ne font que s’auto-célébrer partout où ils passent, sans jamais s’attarder au demeurant sur qui ou quoi que ce soit sinon… sur l’image dans le miroir qu’ils n’ont de cesse de se tendre à eux-mêmes.

     

     

          Oscars 2014 : McQueen remercie ses sponsors et clôture son intervention en nous demandant d'avoir une pensée pour les 21 millions d'esclaves dans le monde : il les a donc comptés ? N'en-a--t-il pas oublié une bonne partie ? Ces 21 millions ne sont-ils pas l'arbre qui cache la forêts de près de 6 milliards d'êtres humains potentiellement menacés... 6 milliards dont on retranchera ceux qui vivent de la sueur et du sang de cette multitude ainsi que leurs gardes chiourmes que sont les gouvernements aux ordres d'une oligarchie mondiale vorace et féroce.

     

     

                Tout comme ces hommes politiques charismatiques en campagne qui s’affichent volontaristes et soucieux de la justice et des grands équilibres humanistes pour, une fois élus, tout renier - engagements et promesses -, à propos des artistes dits « engagés » - puisque tel est  ou était le cas du réalisateur anglais Steve McQueen (2), ce Josh Randall de la dissidence et de la cause des déshérités et autres damnés de la Terre -, force est de constater une fois encore qu'ils ne dérogent que trop rarement à cette règle qui veut que les promesses n’engagent que ceux auxquelles elles s’adressent.

     

               On ira donc ailleurs cueillir les fruits défendus d'un arbre qui tiendrait alors toutes ses promesses sans avoir à préciser que nous n'avions pas attendu un Steve McQueen ou un autre pour le faire : on connaît un peu la musique tout de même ! Et l'on a une bonne, très bonne mémoire de ce qui a été et de ce qui sera... pour voie de conséquence.

     

    ***

     

    Esclavage et réparations

    Dossier complet ICI


     

                  "Toute faute mérite réparation, selon l’un des fondements du Code civil de 1804. A fortiori, un crime contre l’humanité, considéré comme imprescriptible en vertu du droit pénal international.
     
    L’esclavage, reconnu comme tel en France, reste pourtant impuni. Pire, après l’abolition de l’esclavage en 1848, des dédommagements ont été versés par l’État... aux esclavagistes des colonies pour compenser le manque à gagner.

     

    Déterminé à rouvrir le débat, le Conseil représentatif des associations noires (Cran), à l’occasion de l’anniversaire de la découverte du “Nouveau monde”par  Christophe Colomb en 1492, avait lancé un «Appel pour un débat national sur les réparations liées à l’esclavage»  dans Le Monde.fr en octobre 2012 : « En France, les réparations liées à l’esclavage demeurent un sujet tabou. En Outre-mer et dans la société française dans son ensemble, les questions liées à l’esclavage sont encore source de colères, de ressentiments et de problèmes non résolus (...). Aujourd’hui, il est temps d’ouvrir le débat sur les réparations : où sont passés les flux financiers générés par la traite négrière? »
     
    Le CRAN avait aussi formulé les vœux suivants : "Traçabilité des entreprises ayant tiré profit de la traite, obligation pour elles de ne pas taire leur passé, financement de fictions télévisées racontant l’esclavage, révision des programmes et des manuels scolaires, impulsion donnée aux études post-coloniales."

                      Alors que Jean Marc Ayrault, avait confirmé l’engagement de Matignon : " Nous sommes très ouverts à l’idée de réparations liées à l’esclavage" revirement soudain, sous le poids de pressions dont on ignore encore l'origine, l'Elysée montera au créneau avec la déclaration suivante  : « Le seul choix possible, le plus digne, le plus grand, c’est la mémoire, la vigilance et la transmission», a déclaré M. Hollande, adressant ainsi une nouvelle fin de non recevoir aux revendications de réparations matérielles. »

     

                      A l'heure où la demande d’une juste répartition des commémorations et de la transmission de la mémoire, à propos de la colonisation et de ses crimes ainsi que de la traite négrière... est qualifiée de "concurrence victimaire", voire... purement et simplement de revendication à caractère antisémite...c'est bien un  "Circulez les nègres ! Y a rien à gratter ! " qui leur est hurlé à tous.

     
     

     

    Pour prolonger, cliquez 12 years a slave : le "Midnight Express" de l’esclavage

     

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    1 - Né Steve Rodney McQueen, la parenté patronymique avec un acteur qui en son temps a tenu des rôles qui n’étaient pas tous dépourvus de qualités aurait-elle dû nous alerter ? Cette parenté accidentelle a-t-elle forcé en lui une admiration juvénile pour le rêve hollywoodien et le désir d’intégrer son gratin, crème de la crème, pour mieux en partager le fromage ?

    Josh Randall : héros d'une série western télévisée dans les années 60 ; rôle tenu par l'acteur américain Steve McQueen.

     

    2 - A son sujet, il est écrit ceci : artiste contemporain reconnu depuis la fin des années 90, Steve McQueen est proclamé « l'Artiste Officiel de la Guerre en Irak » par ses compatriotes, grâce à sa collaboration unique avec les familles de soldats britanniques décédés là-bas, en faisant leurs portraits.

    Ayant fait ses armes comme étudiant en Arts à New York, Steve McQueen expose partout dans le monde, de la fondation PRADA à Milan, en passant par le Musée d'Arts Modernes à Paris, jusqu'à Zurich, Sao Paulo, etc… Il réalise plusieurs courts métrages et vidéos, dont l'une, inspiré de Buster Keaton est récompensée en 1999, par le prix Turner : récompense annuelle décernée à un artiste contemporain britannique de moins de 50 ans.

     

     

     

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  • Clint Eastwood... ou quand la critique baisse sa garde...

     

    Et les bras, face au réalisateur-acteur.

    Nous voilà manchots !

     

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                   Clint Eastwood Jr, dit « Clint », né le 31 mai 1930 à San Francisco. Acteur de séries-télé à ses débuts, avant de poursuivre sa carrière dans le Western Spaghetti – genre cinématographique qui n’a, soit dit en passant, de Western que les costumes et de Spaghetti que l’absence d’anti-pasti ; films à la mise en scène pédante et creuse, et qui sont aux sarcasmes et à l’humour ce que les sabots de bois sont à la danse classique -, sans oublier quelques « Inspecteur Harry » d’un niveau guère supérieur aux productions de Michael Winner « Un justicier dans la ville » avec Charles Bronson pour tenir le rôle et la lanterne d’un cinéma obscurantiste comme jamais…

    Héros de la critique cinématographique française...

    Et pour la nommer :

    - Jean-Marc Lalanne, des Inrockuptibles (et comme un malheur n'arrive jamais seul, on le trouvera aussi sur France Culture) : le "Attendez j'veux direeeeee !" de la critique que toutes les mères aimeraient avoir pour gendre (et les pères aussi ; et surtout ?)

    - Michel Ciment, de la revue Positif et son grand âge (on ne devrait jamais vieillir !) : beaucoup lui sera donc pardonné ; même si on pourra toujours regretter qu’il n’ait pas su se retirer à temps pour éviter tout ridicule…

    - Sans oublier les dilettantes, tâcherons et pantouflards du « Masque et la plume » venus cachetonner sur France Inter aux frais du contribuable.

     

              Face aux trois derniers films d'Eastwood que sont Million Dollar Baby, Invectus et Gran Torino (en ce qui concerne ce dernier, on a eu très peur : imaginez un film qui aurait pour titre "Opel Kadett" !)...

    Confronté à ces trois films, comment ne pas voir dans le cinéma de ce réalisateur qui n'oublie jamais de s'attribuer le beau rôle, un cinéma manichéen, un cinéma Oncle Sam (et oncle Tom, pour un peu ?), un cinéma box office, cinéma kleenex aux ressorts et aux enjeux mille fois assénés, aux scénarii éculés – en effet : pas un seul personnage, pas une seule situation qui ne nous aient pas déjà été présentés et servis par Hollywood depuis 1945…

               Comment qualifier le cinéma de ce réalisateur dont les productions sont invariablement encensées par une critique hypnotisée par cette figure omniprésente ?

    Le cinéma d’Eastwood n’offre aucune perception critique de notre époque et aucune analyse prospective.

    Figé dans le passé le cinéma d’Eastwood ?

     

    Soyons clairs : dans la forme mais plus encore dans le fond (1), le cinéma d'Eastwood est tout simplement passé à côté de son époque même si cela ne l’empêche pas de traiter « l’actualité » en ratant l’essentiel, toujours !  A savoir... la vérité aussi complexe soit-elle (2).

     

    Pour le réalisateur, le temps s’est mystérieusement arrêté dans les années 50 car, tout dans son cinéma nous renvoie à cette période et à tout ce que Hollywood a été incapable de s’autoriser à produire et à penser.

     

              Mais alors, comment expliquer un tel engouement de la part de la critique française pour Eastwood qui, avec Scorsese, est sans doute le plus sur-évalué de tous les réalisateurs hollywoodiens ?

    Et bien c'est simple : soyez grand (1m95), mince, de nationalité américaine de préférence, âgé de plus de 75 ans ; réalisez un film tous les ans, sans faiblir, pendant une bonne trentaine d'année et c'est gagné ! Positif; Télérama, les Inrocks et les Cahiers feront de vous… un Maître chez les maîtres (et leurs esclaves ?!) avec l’Everest pour piédestal.

    Et gare à ceux qui contestent ce choix ! Car la critique cinématographique en est là aujourd'hui ; tout comme le cinéma français pris en otage par des « fils et filles de » - acteurs, actrices et réalisateurs sans bagage existentiel -, et d'autres encore pour lesquels notre 7è Art n’est que… sons et images, bruit et cauchemar, pour des productions désincarnées parce que… sans culture et sans Histoire ; cinéma rase-mottes aussi, privé d’immanence et de transcendance, incapable de donner à voir et à entendre autre chose que ce qui nous est donné, là, sur l’écran…

    Car, même dans un registre populaire, l’Art cinématographique doit rester une métaphysique ; ou pour le dire autrement : ce qui est donné à voir et à entendre doit toujours être plus grand, bien plus grand que moi... réalisateur, ou bien moi… spectateur.

    Et là, force est de reconnaître que l'on en est loin, très loin : de plus en plus loin.

     

                  Les ressorts narratifs du cinéma d’Eastwood sont d’un tel conformisme, et plus grave encore, d’une telle putasserie une fois de plus, une fois de trop, que la coupe est maintenant pleine. Et si, à de rares exceptions près, les procédés du réalisateur sont ceux d’Hollywood depuis toujours, ils n’en demeurent pas moins insupportables ; et le fait que le cinéma d’Eastwood n’oublie jamais de lorgner du côté du tiroir-caisse, tout autant ! Car, chez Eastwood, tout est pensé afin de ne pas perdre un client, un seul.

    Certes, Eastwood aurait vraiment tort de se gêner ! C’est sûr ! Aussi, ce qui est en cause, c’est le fait que la critique cinématographique française accepte sans honte, film après film, de se faire rouler dans la farine ; soumission à l'origine de laquelle on trouvera un refus catégorique de dénoncer chez ce réalisateur ce qui pourtant crève les yeux. Mais ce refus est-il si surprenant finalement ? Voyez qui sont les propriétaires des Cahiers, de Télérama, de Positif et des Inrocks !

    Suivre l’argent… contentons-nous de suivre l’argent , et tout devient clair !

    Alors, cette critique aurait-elle vraiment les moyens de cette dénonciation ? Avec quelles conséquences pour leur avenir professionnel à tous ?

     

    Devinez.

     

     

    1 - N'est pas artiste ni auteur qui veut  !  D'autant plus que personne ne sort indemne d'un long début de carrière chez des réalisateurs tels que Sergio Leone et don Siegel - Western Spaghetti et Inspecteur Harry. La preuve est faite avec ce réalisateur.

     

    2 - Se reporter à ma "critique" de son long métrage de 2014 : American Sniper

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             Pour rebondir et prolonger... cliquez American Sniper - rebonds Agoravox

     

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