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joseph losey et alain delon : ou quand un autre regard est possi

  • Monsieur Klein, Franco Solinas, Joseph Losey et Alain Delon : ou quand un autre regard est possible

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                 En pleine Occupation de la France par une Allemagne victorieuse, Robert Klein, marchand d’art, rachète à bas prix des tableaux de maîtres à des Juifs qui tentent de fuir le territoire.

                 Quelques mois plus tard c'est la "Rafle du Vel-d'hiv" qui scellera le destin ce Monsieur Klein peu scrupuleux.

     

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                     Encensé par tout ce qui ressemble de près ou de loin à un téléspectateur, à un cinéphile, à un critique… "Monsieur Klein" de Joseph Losey, produit par le rôle titre Alain Delon sur un scénario de l’écrivain italien Franco Solinas… ce long métrage sorti en 1976  a le prestige, le mérite ou bien, l'inconvénient de l’unanimité ; autant dire, un film culte "Monsieur Kein"!

    Aussi, bon courage à qui s’avisera de formuler quelques réserves à propos de ce monument d’un unanimisme moutonnier ! Grand mal lui en prendra, pour sûr !

    Et pourtant…

     

                    "Monsieur Klein" ne serait-il pas ce qu'on peut appeler un "film menteur", un de plus,  dont le cinéma est coutumier - et pas seulement Hollywood manifestement ? Car, en ce qui concerne la dernière scène et cette voix off qui l'accompagne - écho qui se voudrait sans doute à la fois ironique et moraliste dans le genre - "Bien mal acquis ne profite jamais !" - et puis aussi - "C'est bien fait pour Klein !" -   et contrairement à ce que le scénario semble affirmer,  il n'y a pas de justice : dans la vie, les méchants ne sont jamais punis  car il  n'y a pas de morale non plus  ; ou bien alors, il faudra admettre que ceux qui entourent Klein dans ce train, et  en particulier le personnage joué par Jean Bouise dans ce wagon (à bestiaux)… que tous sont donc tout aussi coupables que lui.

    Monsieur Klein, Franco Solinas, Joseph Losey et Alain Delon : ou quand un autre regard est possible

    Monsieur Klein, Franco Solinas, Joseph Losey et Alain Delon : ou quand un autre regard est possible

               (dernière scène du film : Klein définitivement à l'étroit dans le wagon d'un train en partance - supposément - pour l'Allemagne après une rafle dite "du Vel d'Hiv"  ; dans son dos,  le personnage de Jean Bouise, un Juif spolié par Klein quelques semaines plus tôt  ; personnage censé incarné une justice immanente hélas mensongère ; et c'est alors que  le piège d'une théorie aussi fumeuse que maladroite se referme sur le trio Solinas-Losey-Delon)

     

    Alors, tous coupables : Klein et tous les autres ? Il est vrai qu'il est tentant de faire le constat suivant au regard de notre histoire ; celle de tous  les massacres et autres liquidations de masse depuis la nuit des temps : Dieu ne sauve personne qui ne sache pas se sauver lui-même car Dieu qui sait tout sait qu'il n'y a personne à sauver. Et c'est alors que le scénario se referme, tel un  piège, sur tout le monde : le scénariste, le réalisateur, le producteur, les acteurs, la critique et le public.

                     Autre remarque à propos de ce film manichéen, moralement démagogique ( démagogie communautaire  - recueillir l’estime de la communauté juive ;  sans oublier la culpabilité du non-Juif à propos des événements de la Seconde guerre mondiale) et roublard par ignorance ou par bêtise (Solinas, écrivain et scénariste,  s'est sans doute laissé "abuser" par un Delon producteur du film ; un Delon qui n'a certainement pas la carrure intellectuelle - historique et philosophique non plus - pour "gérer" un tel sujet - 1) : ce "conte" qui, encore une fois, se veut moraliste aurait été bien plus proche de ce qu'est l'être humain, de sa nature, de ce dont il est capable et de ce qu'aura été aussi l'occupation  - et par conséquent,  le film bien plus riche et précieux artistiquement et intellectuellement - si Klein avait été juif (2).

                     Certes, tout ça n'enlève rien à la qualité de la réalisation de Losey ni au film dans sa forme même si le fond ressemble fort à une escroquerie destinée sans doute à assurer le succès du film sur un plan commercial car le public - et la critique ? - aime que le méchant soit sans ambiguïté - et les gentils aussi -...  et que ce méchant soit puni à la fin.

                     Il s'agit indubitablement d'un film destiné à faire l'unanimité ; unanimité que l'on doit toujours questionner ; la vigilance et la lucidité s’en trouvent alors renforcées ainsi que la raison du plus raisonnant par voie de conséquence.

                    Le débat est ouvert. Qui s‘en plaindra ?

     

     

    1 - A ce propos, il faut bien se résoudre à constater que  Delon a sombré le jour où il a cessé d'obéir au cinéma en produisant ses propres films et à ceux qui ont écrit et écrivent encore son histoire qui a maintenant plus de cent ans, en lettres d'or. 

     

    2 - Louis Malle avec son "Lacombe Lucien - 1974" (film a contrario puisqu'il s'agit d'un méchant qui "finit bien" : rédemption amoureuse oblige !) qui n'a pas fait l'unanimité - loin s'en faut -, est certainement bien plus près de la vérité ( vérité qui attire toujours autant d'ennuis manifestement, hier comme aujourd'hui) de notre nature, tous humains que nous sommes, et de cette période maintenant historique (l'Occupation sous la Seconde guerre mondiale), et donc bien loin du mensonge de ce "Monsieur Klein" de Losey-Solinas-Delon. 

     

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