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journalisme d'investigation

  • Lise Lucet en entretien chez Thinkerview

     

                 Qui se souvient que « La directive européenne sur le secret des affaires » a été adoptée à une très large majorité (77 %) par le Parlement européen en avril 2016 ?

     

                  A son propos, il est dit ceci : "... pour se faire une idée plus précise des conséquences de la directive, il faudra donc attendre deux ans, le temps qu’elle soit retranscrite par les vingt-huit Etats membres européens dans leur droit national. Puis que les premiers procès fondés sur cette nouvelle législation soient organisés, pour que les juges puissent établir une jurisprudence plus claire et, au choix, lever les doutes ou confirmer les craintes des critiques."

     

                    A l’aune de ce vote et de ses conséquences sur le droit d’informer et d’être informé, qui sera assez fou pour confier la protection et la garantie de la liberté (liberté d'expression et d'information), de la vérité (celle des faits sur un sujet quel qu’il soit) et de la justice (des conditions de vie et de traitement) à un député, et qui plus est à une Assemblée de députés, quand on connaît l’histoire parlementaire de la France (entre autres pays !) de la 3e République à nos jours ?

    Personne ! Bien heureusement.

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    Elise Lucet le 4 mai 2016 par Thinkerview

     

                  A l’écoute d’Elise Lucet, on ne peut pas ne pas la trouver sacrément optimiste… car enfin,  qui peut sérieusement refuser de voir que la moralisation des affaires n’aura pas lieu, pas plus aujourd’hui que demain, et moins encore qu’hier, à l’heure d’un mondialisme qui est aussi et surtout une guerre contre le pacte social européen (Etat providence, droit du travail, liberté d’expression et d’investigation) menée par les Banques et les Multinationales ?

    Aussi, lorsque Lucet refuse de voir que les journalistes d’investigation n’ont jamais été autant en danger qu'aujourd’hui, sans doute pense-t-elle à l’esplanade Henri de France, à Paris… là où se trouve le siège de France-Télévisions, bel édifice architectural, rassurant et cossu, à la moquette épaisse, climatisé en été et chauffé en hiver avec vu sur la Seine et ses bateaux mouches.

    Grand bien lui fasse alors !

     

                  A propos de cette autre question qui touche à l’instrumentalisation des journalistes : quelles informations sont "mises à la disposition" des journalistes d’investigation et des lanceurs d'alerte - à titre d’exemple, se reporter à HSBC et la CIA ? Par qui sont-elles rendues disponibles pour divulgation toutes ces informations ? A quelles fins ? Là encore, Lucet ne semble pas avoir pris conscience de la pertinence de ces questionnements quant à la véracité de ce qui nous est révélé : écrans de fumée, diversions multiples, information destinée à en cacher une autre bien plus importante encore...

     

                 En ce qui concerne le refus de Lucet de voyager en Mauritanie et au Maroc, celle-ci omet de préciser le pourquoi de ce refus : l’Etat français ne cherchera sans doute jamais à savoir quels auraient pu être les commanditaires d’un « préjudice extrême » contre sa personne ; raison d’Etat oblige ! Etat d’urgence et coopération judiciaire aussi ! Coopération précieuse, jamais acquise, qui fait souvent l’objet d’un chantage de la part du Maroc, à propos des jihadistes qui vont et viennent entre ce pays - en tant que lieu de départ, de transit ou de refuge -, et l’Europe.

    Sur le 11-Septembre, et contrairement à ce qui nous est donné à entendre dans l'interview de Lucet, rappelons que la question n’est pas de savoir si ce sujet est tabou chez Lucet mais bien plutôt si ce sujet l’est au sein du groupe France-télévisions.

     

                  Et puis enfin,  rien sur comment Lucet choisit ses sujets d’investigation ; rien non plus à propos de l’audience des émissions d'investigation en général et sur "Cash investigation" en particulier.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Le classement 2016 de la liberté de la presse par RSF

     

     

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  • Mort d'un journaliste d'investigation

     

                   Emmanuel Ratier n’est plus. Il était un des derniers journalistes d'investigation avec Pierre Péan et Philippe Cohen qui nous a quittés lui aussi cette année.

     

                   Qu’il soit permis ici de préciser ceci à propos du travail de ce journaliste infatigable : Emmanuel Ratier n'enfonçait pas des portes ouvertes ; il n'enquêtait pas sur ce que nous savons tous (investigation à la Médiapart : des ministres et des députés qui se servent au passage ; investigation destinée le plus souvent à faire tomber un ennemi politique, et à propos de laquelle nous ne sommes, in fine, guère plus avancés) ; Emmanuel Ratier enquêtait bien plutôt sur ce qui nous échappe, là où toutes les énergies sont occupées à nous garder dans l'ignorance, la meilleure alliée de la domination.

     

                 La spécialité d’Emmanuel Ratier était le Who's Who politique, économique et médiatique. Comprenez : qui fait quoi, à qui, où, comment, pour()quoi et pour le compte de qui.

    Publié sous le titre « Au cœur du pouvoir », ce Who’s Who que des médias dominants se gardaient bien de commenter à chacune de ses mises à jour et ré-éditions – la dernière chez Kontre Kulture -, permet d'expliquer le maillage labyrinthique d’un système de contrôle et de domination des uns par et pour les autres, larbins et garçons de courses compris, tous au service de ceux qui trônent au sommet de la pyramide… celle du « Pouvoir ».

    Tout s’éclaire à la lecture de cet ouvrage : les nominations dans les secteurs médiatique, économique et politique ; comment les places sont attribuées, par qui et dans quel but ; la chute des uns, l’ascension des autres, le pourquoi ; l’influence que peut exercer tel ou tel lobby ; tout alors fait sens.

    Cet ouvrage et ses ré-éditions successives ainsi que la publication de sa lettre confidentielle d'information "Faits et documents" - on lui doit aussi : "Le vrai visage de Manuel Valls"disponible ICI -, représentent la quintessence du travail d’investigation d’Emmanuel Ratier : qui commande, qui obéit ; qui est redevable de quoi auprès de qui. L’ouvrage permet donc, et le plus simplement du monde, de comprendre le mode de fonctionnement d’un système contre lequel tous les dissidents se sont un jour heurtés, jusqu’au constat amer de leur échec ; cette incapacité à changer la nature d’un pouvoir qui n’admet aucun partage, aucune contestation, aucune remise en cause, tellement il se régale et se repaît de tout, hilare : du prix du sang, de notre sang ! et de nos dernières indignations.

     

                 Nul doute, Emmanuel Ratier aura été la mauvaise conscience du journalisme, de ces centaines de salariés payés pour ne jamais nous informer à la grande satisfaction de leurs patrons et des actionnaires. Pour s’en convaincre, il suffit de lire la presse à l’annonce du décès d’Emmanuel Ratier : dites-moi comment vous rédigez vos nécrologies et je vous dirai qui vous cherchez à tuer une seconde fois.

    Il aura été aussi la mauvaise conscience de tous les pistonnés du système, médiocres et sans mérite ; classes politique, médiatique et économique inextricablement enchevêtrées : pères, mères, filles et fils de..., époux, épouses, gendres………. tous au service des uns et des autres, et réciproquement.

    Et puis enfin, Emmanuel Ratier était plus généralement  la mauvaise conscience de tous ceux qui ne veulent pas savoir, de tous ceux qui ne veulent rien savoir de peur sans doute de défaillir, incapables de gérer une prise de conscience qui les anéantirait ; ceux pour lesquels le réel c’est déjà une réalité de trop. Sans oublier ceux qui se font grassement payer pour tout ignorer : on ferme les yeux, ou bien on regarde ailleurs.

     

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                  Si la « notoriété » d'Emmanuel Ratier est inversement proportionnelle au travail gigantesque qu’il a produit, ce journaliste a le plus souvent vécu le visage masqué ; ce qui lui a permis de vivre un peu plus longtemps que la moyenne de ceux qui, tout comme lui, avaient à cœur de nous informer, c’est-à-dire : de nous alerter.

    Personne ne l’a suicidé ; aucun chauffard téléguidé ne l’a renversé ; Emmanuel Ratier a expiré dans un lit à l'âge de 57 ans ; trop tôt, trop jeune, beaucoup trop jeune, n'empêche !

     

              Mais alors, qui reprendra le flambeau de l'investigation - qui fait quoi, à qui, où comment, pour()quoi et pour le compte de qui -, la plus haute mission du métier de journaliste ?

     

     

    P.S

    On dit Emmanuel Ratier proche de l'extrême droite.

    Peu importe pour qui il votait. Peu importent ses motivations. Seules importent la pertinence et la qualité des infos qu'il partageait. En cela, il était le meilleur dans son domaine.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Matthieu et le journalisme d'investigation

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