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  • Travail et entreprise : neuf études

     

     

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    neuf études sur le travail et l'entreprise, serge uleski, littérature

                      Si vous interrogez les travailleurs sociaux, les syndicalistes et les patrons, ils vous diront tous que le travail est essentiel à l'équilibre individuel, car le travail permet d'envisager une autre réalité que soi-même.

                  Car, travailler c'est sortir  prendre l'air, c'est faire un tour, et ce faisant, c'est rencontrer l'autre : son patron dans les couloirs, ou bien les collègues à la machine à café pendant les pauses si généreusement accordées par la direction des ressources humaines.

                  Et si d'aventure vous en doutez, votre entourage professionnel n'hésitera pas à vous rappeler qu'il existe bien une autre réalité que soi-même, un autre vécu, tout un monde de contraintes salutaires qui vous laisseront espérer des jours meilleurs, bien meilleurs même !    

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                                     Cliquez Travail et entreprise - 9 études.pdf

     

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    Inculture(s) 9 - Le Management - Une conférence... par non-merci

     

    Exploiter mieux pour gagner plus...

    Une autre histoire du management

       Conférence gesticulée par Annaïg MESNIL

    et Alexia MORVAN de la Scop Le Pavé

     

    Conférence gesticulée - version intégrale ICI

     

     

    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI en littérature

     

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  • Les 3A : un label incontournable

     

     

    "Dites, vous là-bas ! Venez donc par ici, deux minutes !

    - Qui ? Moi ?

    - Oui, vous !
    - Pourquoi moi ? J’ai rien dit. J’ai rien fait.
    - C’est à nous d’en décider. Et puis, nous vous trouvons un peu trop bavard ces temps-ci. Sachez que nous vous surveillons, et dernièrement on a relevé des déviances.

    - Des... dév...

    - Oui ! Des déviances ! Aussi, il va nous falloir, une nouvelle fois, corriger vos écarts. Nous devons nous assurer de la conformité de votre comportement avec l’ensemble de lois qui régissent ce lieu. Nous allons à nouveau tenter de vous aider à raisonner comme il faut afin d‘infléchir vos choix en notre faveur. Mais ce sera la dernière fois ! La dernière tentative ! Allez ! Suivez-moi !
    - Vous suivre ? Mais où ?
    - Vous le saurez toujours assez tôt. Pour l'heure, nous allons vous conditionner comme on conditionne une marchandise. C’est là, le prix à payer. Je vous propose un bocal comme premier conditionnement. Vous serez poisson rouge pendant une petite semaine. A heure fixe, dans votre aquarium, vous goberez les ressources matérielles et symboliques dont vous avez besoin pour prospérer parmi nous. Ces ressources qui sont aussi des remèdes, feront de vous le contraire de ce que vous êtes. Ils réveilleront l’autre vous-même que vous refusez de nous révéler. On va tenter encore une fois de vous réguler. Et puis, ensuite on va vous réformer.

    - Me réformer ? Ca peut pas attendre deux minutes ? Faut que je...
    - Allez ! Pas d'histoire ! Entrez ! Mais... essuyez-vous les pieds. Voilà. C'est bien. Prenez un siège et écoutez : le réalisme doit triompher de l’idéalisme qui lutte encore en vous ; manifestement, ce qu'il est raisonnable d'espérer n’a pas encore occupé la juste place qui lui revient car vous semblez résister. Il est donc temps pour vous d'adhérer. Alors, préparez-vous à passer de l’autre côté !
    - De l’autre côté ? Mais... de quel côté parlez-vous !
    - Cessez de vous distinguer et rangez-vous ! Rangez-vous des voitures, des autobus, des trains et des avions. Rangez-vous aussi au fond d’un placard. Rangez tout et laissez sortir cet autre vous-même qui fera de vous un adepte du consensus car, si vous persistez, vous finirez par souffrir d’une forme de mépris de vous-même ; épuisé par votre entêtement, effrayé par la peur du rejet, envoûté par les illusions nombreuses qui hantent votre univers clos et stérile, un sentiment d’insignifiance viendra bientôt vous engloutir. Alors, cessez de lutter contre ce réalisme que nous tentons de vous inculquer ; ce réalisme qui doit nous permettre de faire en sorte que vous soyez... non pas heureux car le bonheur ne nous est et ne vous sera d’aucune utilité... mais... comme neutralisé sur ordre et au pied levé.

    - Neutralisé ?

    - Oui ! Pour bien faire, vous serez et la majorité tapageuse et la majorité silencieuse ; une majorité non soumise, non rebelle ; une majorité neutre, comblée et assouvie.

    - ..............

    - Ah ! Mais... comment dire ? Comment décrire cet état ? Comprenez bien que ce concept est tout nouveau. Alors, c’est pas facile. Il faut pouvoir trouver des mots nouveaux pour décrire ce nouvel état de conscience qui frise... l’inconscience.

    - ..............

    - Disons que prochainement vous ne vous ferez plus d’illusion sur quoi que ce soit et sur qui que ce soit ; bientôt vous n'attendrez plus rien. Dans un état cotonneux, confiant et raisonnable comme la raison qui guide nos pas et tous nos choix, vous flotterez entre deux eaux. Vous serez... attendez voir ! Vous serez... Adulte, apolitique et... abruti ! Oui ! C'est ça ! Les 3A !

    - Les 3A ?

    - Un nouveau label incontournable ! La norme, la référence absolue : les 3A - Adulte, Apolitique et Abruti...

    - Abruti ?

    - Oui. Abruti. Je vous explique : épuré, stabilisé, indécis mais ouvert à toutes les propositions et à tous les vents, fasciné par les courants d'air, bientôt vous ne ferez plus qu'un avec les désirs du plus grand nombre car les indécis se rangent toujours du côté de l’avis de ceux qui n’en ont pas. Pour vous, la raison du plus fort en gueule et en image sera la meilleure des raisons qui soit et celui qui possédera l’écran le plus grand, sur écran géant - écran de la plus haute définition -, celui-là remportera votre vote. Le premier qui parlera et qui sera le dernier à l‘ouvrir recueillera votre assentiment et votre suffrage universellement exprimé. Comme vous pouvez le constater, notre système fait appel à l’ouïe et à la vue : l'audio et la vidéo ! Son et images ! Eh oui Monsieur ! C’est tout un monde que nous mettons en scène. Tout un monde ! Le nôtre ! Le seul disponible désormais !"

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    Pour prolonger, cliquez : Des apôtres, des anges et des démons

     

     

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  • La liseuse

     

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                                                                 (Jean-Honoré Fragonard -  1770)

     

                     N'avoir pour seul avenir qu'une poignée de mots ! Ceux des auteurs qui l'accompagnent tard dans la nuit. Car, lorsque Internet ne lui offre pas ce qu'elle attend, elle lit jusqu'à l'épuisement ; la lecture devient alors le sablier qui la conduit au sommeil.

                     Si lire c'est s'oublier soi-même et le monde tel que nous le vivons pour mieux en habiter un autre - celui qui au quotidien nous demeure étranger, impénétrable ; lire c'est aussi redécouvrir qu'il encore possible de toucher du doigt une vérité sur chacun de nous ; mille témoignages d'une vie hors des livres : la vraie vie, celle qui fait du succès une montagne à la vue imprenable et de l'échec, une tombe.

    Bonne ou mauvaise, la littérature nous absout et nous réconcilie, tout comme ce silence qu'elle impose à ses lecteurs : silence avec soi-même. Elle ne va pas y chercher une guérison ; ses lectures ne résorbent aucune de ses fièvres ; elle y abandonne le plus souvent les dernières forces de la journée qui s'achève.

    Lumière et obscurité ; partir loin de soi pour mieux y revenir ; dérives infinies. Miroir de sa propre existence, seule avec le monde, ses lectures tracent les cartes de territoires innombrables qui, en ce qui la concerne, ont la fâcheuse habitude de s'ouvrir et de se refermer sur des contrées inhospitalières, aux invocations et aux suppliques sans nombre ; lectures qui la submergent, la pénètrent et l'engloutissent.

    Un bouquant d'enfer, ses lectures ! Une page d'espérance, une page de désespoir, c'est bien sa propre vie qu'elle va chercher dans une littérature de substitution jusqu'à se perdre dans le labyrinthe de l'oubli de soi en tant qu'impuissance.

    Les livres, elle les ouvre au hasard, elle les feuillette et puis soudain, elle plonge et les dévore dans une lecture obsessionnelle : une flamme qui finit toujours par la brûler cette lecture ; et dans ces moments-là, c'est l'éternité qu'elle embrasse, pour un temps non répertorié, un temps sans partage possible ; un temps pour sentir battre le monde avec sa veine gorgée de sang et des larmes qu'elle ne peut plus verser sur elle-même.

    Ce qu'on fait de mieux dans ce qu'il y a de pire ! D'un état ordinaire, on descend vers l'abîme, et là, les exemples ne manquent pas : amours aussi extravagantes qu'impossibles, inceste, tueurs en série, femmes humiliées, couples défaits, « La petite du Vel'd'hiv » ; des biographies qui mettent en scène des pères abusifs, des mères soumises, femmes afghanes ou africaines quand la lumière était encore sur elles, pour finir avec Proust qu'elle lit sans fin et sans force ; auteur vers lequel on se tourne une fois que l'on a baissé les bras et qu'on s'est juré de ne plus porter aucun livre - à bout de bras, justement ! -, en y cherchant dans cette lecture, sa propre terminaison, prisonnière d'une chambre tombeau, dernière sépulture de vie pour les convalescents et les agonisants de l'existence.

    Arrivée à saturation, c'est alors qu'elle chavire dans un sommeil de plomb, exténuée.

     

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    Extrait du titre : "La consolation" - copyright Serge ULESKI

     

    A propos du titre : cliquez La consolation

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  • Penser l'Art aujourd’hui avec le "non-art" de Marcel Duchamp…

     

     

                     Entretien avec Marcel DUCHAMP (1887-1968) sur ses Ready-made, en juin 1967 à Paris, à la galerie GIVAUDAN.


                  On remarquera l’absence d’émotion ; un léger sourire amusé ; pas d’humour ni d’ironie ; une sorte de désinvolture sérieuse, sûre de son fait ; pas de propos moqueurs ou cyniques non plus, même si le discours de Duchamp sur ses Ready-made demeure bel et bien, et ce depuis plus de soixante ans (à l’heure où cet entretien est filmé), une attaque frontale des catégories de l'art à propos desquelles chaque parole de Duchamp exprime le rejet systématique ; soixante années d’une provocation bien maîtrisée, sans haine ni fracas, d’une radicalité d’une bonhomie surprenante - sorte de degré supérieur de la sagesse chez les prévaricateurs de l’Art ? -, qui doit bien malgré tout cacher quelques aspérités de l’âme, dans une fausse distanciation et un détachement feint très certainement symptomatique d’un rapport au monde, et ce dès 1913 - dès les premiers Ready-made -, d’une émotivité explosive... même si l'explosion n'arrivera jamais, ni de sa vie passée ni des quelques mois qu'il lui reste à vivre - nous sommes en 1967.

     

                                                               ***

     

                  

                 En septembre 2014, le Centre Pompidou a consacré une exposition à la peinture de Duchamp : « Duchamp, la peinture même ».

    A propos de l'exposition Beaubourg : une critique ICI

     

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                     Pour une grande dépression de l'homme Marcel Duchamp qui a très tôt refusé la consolation de l’Art

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    Nu descendant un escalier – 1912 : 146 cm × 89 cm


                   Né dans l’Art, tombé dans la peinture et la sculpture dès sa naissance – grands-parents, frères, sœurs sculpteurs et peintres -, et bien qu’il ait échoué au concours d'entrée des Beaux Arts de Paris, Marcel Duchamp hésitera très tôt entre deux carrières : humoriste ou peintre ; jusqu'au jour où…

    Mais... laissons la parole à Marcel Duchamp à propos de son tableau Nu descendant un escalier : « Je l'avais envoyé aux Indépendants de Paris en février 1912, mais mes amis artistes (cubistes et autres) ne l'aimèrent pas » - (sans doute lui reprochaient-ils de ne pas s'être rincés l'oeil avec ce nu tellement évasif ).

                   L'article 1 du statut de l'association Les Indépendants, dispose que l'objet de la Société des artistes indépendants - fondée sur le principe de l'abolition des jurys d'admission - est de permettre aux artistes de présenter leurs œuvres au jugement du public en toute liberté.

    Si dans ce nu qui descend un escalier « il y avait plus à comprendre qu'à contempler », l’entourage supposément « révolutionnaire » de Duchamp, composé d’artistes cubistes, refusa ce nu (ainsi que son titre) au prétexte qu’il était déjà post-cubiste et un peu trop futuriste. Sans doute Duchamp ne s’est-il jamais remis de ce refus - il a alors une vingtaine d'années -, car des biographes audacieux ont vu à propos de ce rejet les prémisses d’une scène primitive, expérience traumatique qui s’avérera fondatrice d’une vision de l’Art qui, du jour au lendemain, changea du tout au tout : à compter de ce refus ( un an avant son premier "Ready made" - c'est à noter) d’un dogmatisme inattendu proche d’un académisme que ce mouvement cubiste était pourtant censé récuser de tous ses pinceaux et brosses, jamais plus Duchamp ne touchera un tube de peinture. Et c’est dans un immense éclat de rire… jaune de surcroît, le premier et le dernier rire - Duchamp sera tel Buster Keaton, un homme qui jamais ne sourit ni ne rit ! -, que Duchamp est devenu Marcel Duchamp alias R. Mutt, fabricant de sanitaire.

                    Plus de règle, plus de hiérarchie, à compter de ce refus, tout sera de l’Art - une roue, un porte-bouteille, un urinoir -, comprenez : plus rien ne le sera. Renonçant aux catégories de l'Art, au beau, au laid, à la notion même d’œuvre, dans un travail de sape sans précédent qui en annoncera bien d’autres encore (dans les années soixante dix, des artistes, pour ne pas être en reste, exposèrent leurs excréments dûment signés), comme autant de tentatives d’enfoncer le clou profond, bien profond, Duchamp décida alors que rien ne lui résisterait, ni matière ni aucun entendement.

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                                         Marcel Duchamp: Roue de bicyclette, ready made de 1913

     

                    C’est à ce moment-là que le Ready-made (1) verra le jour (dès 1913), aube et crépuscule tout à la fois. Désormais, le nom de Duchamp sera associé au détournement d'objets tout faits, sans intérêt visuel de préférence, sélectionnés pour leur neutralité esthétique : roue de bicyclette (1913), porte bouteilles (1914), fontaine (1917) ; il se contentera de les signer R. Mutt (2)...

    Le Ready-made… « Objet manufacturé promu à la dignité d'objet d'Art par le seul choix de l'artiste » (3) se verra doté d'un discours froid, indifférent à l'image de l'objet choisi, sans humour ni ironie, purement théorique, replié sur lui-même et fermé (discours de façade qui cache un désir de faire payer à l'histoire de l'Art et aux artistes qui l'entouraient, le prix du refus de son propre travail en tant que peintre ?) : pas de descriptions, pas d’explications ni d'intentions affichées, ni revendications ni dénonciation :  « Un ready made ne doit pas être regardé, on prend notion par les yeux qu'il existe, on ne le contemple pas. Le ready made ne peut exister seulement par la mémoire. »

    Anti-rétinien (Circulez y a rien à voir ! Y a qu’à se souvenir !), c'est sûr, de nombreuses carrières se sont alors bâties autour et sur le nom de Duchamp, à partir de l’interprétation de son "non-art" et le commentaire de son "absence d'oeuvre" ; commentaires sur le "comment" et plus rarement sur le "pourquoi" (pourquoi a-t-il fait cette non-œuvre-là et pas une autre ?) ; car si Duchamp a révolutionné la conception de l’art -  là où il commence et là où il ne se termine pas ; ni fin ni commencement puisque tout est Art -, il s'est très certainement agi d'une révolution dans laquelle on ne reconnaîtra à l’être humain qu’un droit et qu'un devoir : celui de marcher sur les plates bandes et de pousser mémère dans les orties, couvrant de ridicule et de quolibets quiconque aurait dans l’idée de célébrer et de défendre par exemple : efforts et travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration, témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus... au profit d’un Art de force, de témérité et de victoire qui s’appuie sur une ascèse indéfectible.

                     Si Duchamp a mené une réflexion sur la notion d’Art et sur l’esthétique, comme on l'a longtemps prétendu, et aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui s’y sont engouffrés… à moindre frais, d'une paresse et d'une complaisance inouïes, en suiveurs adeptes du "moindre" jusqu'au "moins que rien" dans un tout qui n'en serait pas davantage, sinon moins encore. Il est vrai que certains d'entre eux furent très vite trop heureux de servir une finalité à l’image du projet de société développé après la Seconde guerre mondiale - le tout marchant, le tout marchandise, jusqu'à l'humain plus récemment -, culminant dans les années 60 avec une société consommatrice de tout et d’un Pop-art - art opportuniste qui, tout comme la musique pop, trouve sa raison d’être produit et diffusé, dans le business que l’on peut y faire et seulement dans cette perspective ! -, dont les "critiques" n’ont jamais pu se départir  pour notre malheur à tous, puisque cet art-pop filiale de ce non-art qu'est l'art contemporain - abrégé AC comme art conceptuel pratiqué par des philosphes-artistes qui n'ont jamais étudié cette discipline qu'est la philosophie ; discipline qui demande, il est vrai, il faut le rappeler, près d'une bonne dizaine d'années d'études -, occupe aujourd’hui une grande partie de la couverture médiatique artistique.

    C'est sûr, l'art contemporain doit tout à Duchamp, et les fortunes faites lui sont plus que redevables du fait que, par voie de conséquence, Duchamp triomphant, tous les jugements ne seront pas seulement suspendus mais tout simplement congédiés : tout le monde aura droit à sa minute non pas de silence mais de tintamarre de reconnaissance, de célébrité et de gloire ! Le mouvement fluxus ne sera pas en reste, sans proposition mais actif, bien décidé à perpétrer l’œuvre sans œuvre du Maître.  

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                                 La Mariée mise à nu par ses célibataires, même (Le grand Verre) - 1915-1923 - 277,5 cm × 175,9 cm

         
                   Tour à tour cubiste, futuriste, dada, surréaliste, Art, anti-Art, an-art... faites votre choix !

                   Bénéficiant d’un désert artistique dans un pays neuf et sans art (art autre que premier ou primitif des autochtones amérindiens ; si tant est que cet art ait été valorisé à cette époque car on peut toujours après coup, adorer ceux que l'on a massacrés !), privés d’histoire de l’Art, seuls les Etats-Unis pouvaient très tôt, bien avant les années 20, fêter Duchamp.

    Quelques arrières pensées inavouables peuvent-elles expliquer cet engouement ? Comme par exemple : humilier l'Europe et "cracher" sur son histoire de l'Art d'une excellence d'une arrogance insupportable outre-atlantique, un peu comme  avec les dé-constructivistes français des années 70 célébrés dans les universités américaines, et d'une pierre deux coups, saper, après l'Art, les fondements des valeurs européennes et rabaisser la puissance de son histoire philosophique, de Grecs à Rousseau en passant par les penseurs allemands ?

                   Mais alors, malgré les apparences aussi trompeuses qu’elles puissent être quand elles nous dissimulent l’essentiel d’une démarche à la racine de laquelle on trouvera très certainement un désir de vengeance jamais assouvi - d'où son obstination toute sa vie durant -, un désabusement aussi et une mélancolie chronique, qui nous parlera du spleen de Duchamp, de cette grande dépression de l'homme qui a refusé la consolation de l’Art ? Dépressif dans un monde pressenti déprimant avant l’heure, caar enfin, comment Duchamp a-t-il pu survivre à un tel refus - refus de l'Art, refus de l'oeuvre, refus des valeurs -, même ludique et distancié au possible ?

    Est-ce la célébrité qui a porté Duchamp ? Cette reconnaissance occidentale lui aurait ainsi permis d’acheminer son existence et de survivre psychiquement (alors que d’autres sombreront très vite dans le non-être à coups d’overdoses) à un tel renoncement très tôt dans son existence - « Tout est art ! » le renoncement de tous les renoncements pour un artiste : le non choix puisque tout se vaut ?

    Dépression, mélancolie assumée comme un moindre mal… on le serait à moins, c’est sûr ! Aussi soyons compatissants... si l'Art est un mirage comme le pensait Duchamp, alors il doit très certainement s'agir d'un mirage dans un désert. Mais alors, que penser d’une société prête à accepter cette proposition de Duchamp ( "tout est art, donc rien ne l'est !"), une société disposée à se tirer une balle dans le pied (4), du gros calibre en l’occurrence, et dont la détonation n’a pas fini de se faire entendre, même si aujourd’hui, essoufflée, cette société a cessé semble-t-il d’en rire ou d’en ricaner préférant tenir des discours très sérieux et posés autour de cet Art que Duchamp n'aurait jamais quitté,  jusqu’à le célébrer car, oeuvre il y a finalement, et Art aussi, et pire ou mieux encore : Duchamp est bel et bien et à jamais, entré dans l'histoire de l'Art - d’autant plus qu’il n’est plus là pour s’élever contre toutes ces louanges et tous ces discours...

    Cette société-là est sans aucun doute sur une pente savonneuse…

     

                    Dada triste  - "Il n'y a pas de solution car il n'y a pas de problème" disait Duchamp ; ce qui signifie aussi que tout fait problème -, surréaliste sans joie  (5), Jeanne Raynal (artiste américaine à ses heures) a dit de lui "qu'il s'est laissé mourir toute sa vie". Individualiste forcené sur le mode "Chacun pour soi comme dans un naufrage", Duchamp tirera sa révérence sans bruit à l’âge de 81 ans, jeune et beau. Mais alors, est-ce que le non-art conserve les non-artistes bien mieux que tous les autres qui revendiquent la poursuite d'une oeuvre ?

    A la décharge de Duchamp, on notera encore une fois l’absence de cynisme et la présence d’une remise en cause radicale proche d’un désespoir aussi profond qu’indéfinissable, sans doute insondable (6), désespoir que l’ART seul peut dépasser même dans la négation ; et c’est là le paradoxe et le questionnement qui naît de la confrontation avec la démarche de Duchamp : comment transcender le désespoir sans l'aide de Dieu et/ou de l'Art (autant dire.... une ambition et une tâche titanesques)  ? Lui, Duchamp, pour qui l’on devait tous faire le deuil de cet Art qui devait mourir parce que Marcel Duchamp en avait décidé ainsi à l’entrée de l’âge adulte qui n’est pourtant que l’enfance de l’Art pour tout artiste qui mettra toute une vie à en venir à bout… souvent en vain, loin de toute reconnaissance et sans postérité non plus ; refus de son travail de cubistes dont Duchamp était loin de se douter qu'ils poseraient un tel acte de censure et de rejet à son égard.

                   "Nu descendant un escalier"...  cet escalier, il ne le descendra pas, il le montera jusqu'à son sommet, là où la célébrité mondiale attend ses quelques élus. Duchamp n'avait donc pas tout perdu.

     

                                             

    ***

              Métier, technique, capable du meilleur face à une toile, artiste lettré doué d'une intuition d'une grande intelligence (et d'une grande sensibilité), plongé dès sa naissance dans un milieu artistique sans cynisme, personne ne nous demandera de croire que Duchamp souhaitait le plus sérieusement du monde "la mort de l'Art" tout en croyant à la nécessité de cette mort. 

    Pour cette raison, s'il avait été compris, et si on avait su lire entre les "Ready-made"  et les commentaires s'y rattachant, comme d'autres entre les lignes des auteurs, les héritiers auto-proclamés de Duchamp n'aurait jamais dû voir le jour ;  en toute logique, il n'en reconnaîtra aucun parmi ceux qui n'ont cessé et ne cesse de s'en réclamer.

    La faute de Duchamp s'est  d'avoir engendré une lignée d'imbéciles et d'agitateurs-provocateurs-transgressifs - à défaut de subversion - artistiquement et politiquement impotents. Mais, ça aussi l'avait-il prévu ?  Prophète, Duchamp avait-il compris dès 1913 que l'avenir de l'Art serait dans le "non-art" assumé dans un monde innommable tel que  l'Art ne pourrait plus y faire face (se reporter à la démarche de Joseph Beuys) ? Prévoyant, mais opportuniste aussi, et puis parce que... vanitas vanitatum, il se serait alors contenté de s'assurer que l'Histoire de l'Art  dans sa version "non-art" retiendrait son nom car sûr de son fait, il savait que ce qui devait arriver ne pouvait pas ne pas arriver, un an avant la grande boucherie de la première guerre mondiale, nouveau siècle de tous les totalitarismes, y compris aujourd’hui avec le mondialisme issue d’une pensée économique ultra-libérale dont tout découle ? 

    Faut bien reconnaître que les émules de Duchamp ("les imbéciles ça ose tout ; c'est à ça qu'on les reconnaît !") et une grande partie des acteurs-animateurs-décideurs de l'art contemporain, lui ont donné raison.

                  Marcel Duchamp nous a demandé de comprendre que « Le ready made ne fait rien, il attend la mort, les questions d'art ne l'intéressent plus ». Et aujourd’hui, qu’est-ce qui intéresse nos sociétés ? Quels projets ?

    Regardons du côté de tous les renoncements dont elles sont capables, et ce au plus haut niveau de décision de toutes les décisions qui concernent ses millions de membres.

    Avec Duchamp, cet artiste non-artiste d’une non-œuvre riche en enseignements qui célèbre en 1913 le plus sérieusement du monde (contrairement à Dada) le non-art ou bien plutôt sa mort prochaine, c'est l'humain qui tire sa révérence et qui attend, lui aussi la fin - Oh non ! pas la fin du monde ! -, mais sa fin à lui, sans projet, à bout de force, résigné, tel un bouchon sur l’eau, sans plus de volonté ; sa petite fin à la fois unique et commune à tous : la mort, sa mort à lui... immense car il n'en aura pas d'autre.

                   Duchamp a allumé une mèche en 1913, depuis, l’étincelle continue son petit bonhomme de chemin… elle se rapproche du baril  ; certains pensent qu’il est vide, d’autres plein d’une substance inoffensive même sous le feu et sa chaleur ; d’autres encore redoutent le pire…

    Pschitt ou boum ? Pile ou face ?

              Et même si un coup de dés jamais n'abolira le hasard, en attendant, qu’est-ce que l’homme est joueur quand même !

     

     

    1 - Déjà Jules Lévy assisté d'Alphonse Allais dans les années 1880 savait sans vergogne moquer l'Art qui s'écrit avec une majuscule ; le mouvement qu'il a fondé "Les arts incohérents" affichait un anti-Art sans retenue ; même Dada ne fera pas pire ( ou mieux, c'est selon).

     

    2 - Alias inspiré par les comic strips - sorte de bande dessinée humoristique bon marché vendue  alors à des millions d’exemplaires aux USA… ce qui tombe plutôt à pic puisque l'urinoir (entre autres objets) est bien à l'Art ce que le comic-strip est à la littérature mondiale. Quitte à choisir, on se permettra toutefois de préférer Kafka.

    3 -  Tout en oubliant d'ajouter... de l'artiste et celui des collectionneurs-investisseurs, spéculateurs, critiques d'art, commissaires et autres agents de la scène artistique d'Etat ou privée.

    4- Ou qu'un Duchamp lui pisse dessus avec cette fontaine urinoir.

    5- Faut dire qu'à la longue, ça doit bien user son homme ! Même s'il faut bien que jeunesse se passe ; et à ce sujet, on pourra aussi s'interroger sur le fait que celle de Duchamp n'est jamais passée ; Picabia, un temps Dada, après avoir fait l'idiot, a repris ses pinceaux et la peinture ; on épargnera à Duchamp l'exemple de Dali.

    6- Sûrement, il doit bien en être question... ce n'est pas possible autrement... une telle constance, une telle obstination, un tel acharnement dans le renoncement.

     

     

                        "Beyond Repetition: Marcel Duchamp's Readymades" – conférence de David Joselit qui s’attachera au « comment » à défaut du « pourquoi ».

     

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                       Pour prolonger cliquez : Duchamp par alain Boton

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  • Penser aujourd'hui la citoyenneté avec la publicité

     

     

                   La publicité est partout ; et tout comme Dieu, elle sait tout... tout de vous : qui vous êtes, qui vous voulez être ; et si d’aventure vous n’en avez aucune idée, n'ayez aucune crainte : elle se chargera de vous le faire savoir en temps et en heure mais... à son heure.

    Ce que vous ne serez jamais, elle le sait aussi ; c’est la raison pour laquelle elle ne rate jamais sa cible et ne perd jamais son temps à tenter de convaincre les grincheux rabat-joie et les pauvres... pauvres et insolvables, aujourd'hui rendus aphones et exclus de tous les débats.

    La publicité n‘en démord pas et ne renonce jamais. Avec elle, on jurerait que la vie vaut la peine d’être vécue par tous. Chacun de ses messages ridiculise et abêtit l'adulte, le parent, l'homme et la femme ; en revanche, elle idolâtre l'adolescent et l'enfant (1) tout en salissant la conscience humaine et sa condition précaire car avec la publicité, l'annonceur est roi et le consommateur un sujet.

     

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                   Son idéologie infantilisante est tellement oppressante, qu’insolvable, on réfléchirait à deux fois avant de la remettre en question ; mieux vaut alors baisser la tête et disparaître au plus vite.

    Pensez à tous ces centres commerciaux ! C'est tout émus et larme à l'œil, qu'on prend sa place dans la file d‘attente et sous les néons d'un univers de cartes de crédit et de tiroirs-caisses car, si vous les écoutez un instant, ces publicitaires vous diront qu'aujourd’hui, le monde, ça ne s'habite plus, non, mille fois non ! Le monde, ça s'avale d'un coup d'un seul, ça se digère et ça s'évacue... dans les toilettes.

    Pourquoi le nier : loin de cette merveilleuse abondance de clinquant, on souffre tellement et on se sent très vite impuissant et comme abandonné. En un mot qui en vaut bien d'autres : une merde ! Oui ! Une merde, on se sent, une fois exclu.

     

                   Cette idéologie intimidante d'une violence qui ne s'affichera jamais comme telle, est capable au pied levé de faire face à toutes les contestations et à toutes les révolutions de moeurs et de palais. Ironie, humour, cynisme... ses propres contradictions ne l'effraient même plus : elle recycle, récupère tout, comme on fait les poubelles car la publicité n'épargne personne : tout le genre humain est concerné : l'homme et la femme, l'enfant et puis, les bêtes aussi. 

    La femme :

    Pour l'heure, faisons l'impasse sur celles qui reportent leur frustration sur la lecture assidue des biographes du dernier tueur en série dont le procès retentissant vient de s'achever, dans l'espoir d'oublier une surcharge pondérale avilissante, une feuille de paie qui se compte sur les doigts d'une seule main, deux mômes à charge et pas de mari...

    La femme donc, la vraie ! Femme balaie et serpillère allègre et rayonnante ; la femme mère protectrice et quasi... exclusive ; la femme de tête face à mari sans, et la femme délinquante sexuelle multirécidiviste par excellence placée pour l'occasion en tête de gondole...

    L'homme, lui, beaucoup moins libidineux, maintenant dévirilisé, compréhensif et respectueux, est placé derrière elle, tel un chariot élévateur pour une levrette frénétique ; il lui demandera sa permission avant de passer à l'action, sans toutefois se douter qu'il est sur le point de se faire mettre bien avant qu'il ait eu le temps de la lui mettre à elle... qui s'éloigne déjà en hurlant de rire.

    L'enfant :

    Espèce encore protégée sous nos latitudes depuis que ceux des autres, sous d'autres longitudes, corvéables à merci, nous sont offerts pour pas un rond ou pour si peu, en conversion... l'enfant donc est exhibé sans vergogne sur la place publique comme futur adepte de la contemplation et de la consommation de soi dans le but de lui apprendre à jouer à l'adulte qu'il n'est pas encore et qu'il ne sera sans doute jamais pour peu qu'on permette à ces marchands de soupe, de faire de cet enfant, un étourdi infantile et docile pour la vie ; et longtemps, longtemps après sa mort d'adulte déboussolé, aussi.

     

     

                Pour un Kinder Bueno ou un paquet de chips, la publicité vous encouragera, mine de rien, à trucider votre voisin de palier tout en s'empressant de faire l’impasse sur notre condition de mortels car à ses yeux, la société de consommation a le devoir de nous la faire oublier.

    En ce qui concerne le vide affectif de millions de vies mutilées, là encore, la publicité a la prétention de compenser largement les souffrances de l'homo oeconomicus d’une perte de repères due à la destruction des identités collectives et individuelles ; et à ce sujet, les marques ne nous servent-elles pas déjà de prothèses identitaires ?

    Aussi... à l 'aune de cet univers unidimensionnel,  grande est la tentation d'imaginer maintenant des slogans publicitaires d’une radicalité bouleversante - mépris et haine du consommateur avec pour seule cible à atteindre et à abattre : le consommateur fauché ou récalcitrant...

    Mépris assénée sans détour, loin des circonvolutions de rigueur et de principe qui ont toujours permis à ces professionnels de la litote, de prendre la terre entière pour un asile d'aliénés... aliénés et immatures.

     

                     Allez ! Foin de notre devoir de réserve ! Osons l'impensable :

    Pour une grande marque de chaussure, on pensera au slogan : "Marche ou crève !" Pour une grande marque de luminaire : "Casse-toi, sale pauvre, tu nous fais de l’ombre !" Pour une agence d’intérim : "Un travail chez nous, c’est mieux que... pas de travail du tout !" Pour une grande, très grande compagnie d’assurance, on imaginera une affiche représentant des hordes de sans-abri et un texte d’accroche : "Soyez prévoyants ! Prévoyez donc le pire pour vous et vos proches !"

    Pour une grande maison de crédit à la consommation, un slogan d’un courage insensé : "Endette-toi, connard ! On a besoin de ton blé !" Pour les agences de voyage, un slogan novateur et lucide, une proposition de rêve : "Allez donc jouer les riches dans les pays pauvres ! Bande de fauchés !"

    L'industrie automobile ne doit pas être en reste, aussi, accouchons sans douleur d'une idée insensée ! Insensée mais pleine de bon sens quand on s'en rapproche et qu'on y regarde de près.

    Jugez plutôt : "Alors, tocard ! Tu la changes quand ta caisse ? Faut-il qu'on t'la brûle?" 

     

     

    1 Jusqu'au nourrisson, et ce au grand dam de L'ARPP, ex BVP : l'organisme de régulation visant à promouvoir une publicité saine, véridique et loyale ainsi qu'une communication responsable.

     

    Pour prolonger, cliquez : "La société de consommation" par Jean Baudrillard

     


    Intégrisme marchand et manipulations par nature-boy-79

     

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  • Sociologie ? Vous avez dit sociologie ?

     

                     Faisant suite à la publication  «Pourquoi les gens ne se mobilisent pas ?» (1) Entretien avec le sociologue F. Poupeau… A lire sur le site Autrefutur.net    

    Enfin la référence à un sociologue qui semble poser les bonnes questions et regarder là où il faut ! Analyse proche du réel, claire, déterminée !

    Ce qui nous change d’un Robert Castel et d’une vidéo en lien interne et sur plusieurs colonnes dont le discours de recherche (et de trouvailles ?) n’a vraiment pas de quoi fouetter un chat ni casser deux pattes à un canard ; une sociologie face à laquelle...si nous devons tenir compte de l’actualité d’un monde que nous sommes de moins en moins nombreux à habiter… Hollande et son gouvernement d'eunuques, la commission européenne, Wallstreet, la City, la Banque,  la CIA, l'axe occidentalo-sunnite (oui ! oui ! il existe !)... et tous les enfoirés de la terre avec eux, peuvent tous dormir tranquilles.

      

    *** 


                 Cours magistraux, conférences en veux-tu en voilà, recherches donnant lieu à des publications de chercheurs destinées à d’autres chercheurs, directeurs de thèse, professeurs, directeurs de recherche, d’études... dont le soutien est indispensable pour progresser dans la carrière (2) -,

    Jargon destiné à masquer le vide d'une pensée creuse parce qu'en panne ou bien pour mieux nous signifier à tous : «  De quoi j'me mêle ! Occupe-toi donc de ce qui ne te regarde pas ! »

    Phraséologie susceptible de rassurer ses pairs (il est bien des nôtres !), d'épater le bourgeois en mal de pseudo-réel ainsi que les militants d’une extrême gauche mondialiste anti-mondialisation (3), avant de faire hurler de rire mon cheval (fouette cocher !)...

    Ils vont leur petit bonhomme de chemin tous ces sociologues (4) dans le confort d'une notoriété confidentielle pour les uns, étendue pour les autres. Sans risque, loin des sujets brûlants d'une actualité à haute température et pour longtemps, ils dissertent sans talent, sans joie, sans enthousiasme, sans faim ni soif, un rien routiniers.          

              Et pendant ce temps qui n’a pas que son propre temps à perdre ni le nôtre, occupés, d'autres investissent des territoires périlleux, descendent dans la tranchée et font le "job" : ils se coltinent le réel, lieu de tous les risques, de tous les dangers et parfois aussi, lieu de tous les interdits et tous les refus, là où l’on ne vous remettra aucun palme pour l’avoir fait, là où il n’y a que des coups à prendre et là aussi où tous les coups sont permis de la part des détracteurs d’une lecture du réel qui donne le vertige :

    L’ignorant qui entend le rester coûte que coûte car toute remise en cause lui serait alors fatale sera sans pitié pour celui qui lui apportera une telle lecture du réel ; et les autres, ceux dont le flair ne doit rien à la race canine – faut bien dire qu’ils sont parents -, sentiront en une fraction de seconde l’imminence du danger qu’il y aurait à autoriser une telle lecture d’un réel qui n’est plus, entre leurs mains, qu’une fiction de conte de fées sans honneur et sans morale.

              Les chercheurs, tout comme les conseilleurs, n'étant manifestement pas les payeurs, les sociologues seraient bien avisés de cesser de « chercher en rond », tel un poisson rouge dans son bocal  et de s'occuper de "trouver pour le bien commun" des pistes susceptibles de conduire à des solutions dont pourrait bénéficier la communauté tout entière (5) car, si un bon et un vrai journaliste est un journaliste non pas mort mais au chômage ou bien, un journaliste à la tête de son propre journal, de même un bon sociologue ne peut être qu’un sociologue sans employeur, et certainement pas l’Etat dont il devrait dépendre en dernier pour nourrir sa famille et partir en vacances.

     

    ***

     

               Qui donc éclatera le cul du réel ?

     

             Car, Aujourd'hui, la sociologie doit être un combat... un combat mené à trois - histoire et économie -, contre un mensonge de masse par omission sans précédent. Dans le cas contraire, la sociologie ne sera qu'une discipline de plus, avec la filière psycho, pour les recalés des Lettres et des Sciences. Une sociologie pour gestionnaires fonctionnarisés d'une carrière au CNRS, à l’EHESS et dans nos pauvres universités, avant le Collège de France - carrière sans éclats de voix et sans profit pour la communauté -, inutiles mais respectés par des pairs dont ils seront non pas les fils mais la copie conforme, en nouveaux clones ventriloques d'une vieille soumission : la soumission à la paresse et à la recherche d'une sécurité et d'un confort douillet propre à ceux qui auront mené  leur existence assis sur le cul des autres un peu à l'image des fauteuils qu'ils auront occupés toute leur vie durant, jusqu'à leur dernier avancement de carrière qui sera aussi leur dernier souffle, et le seul à leur portée puisque le seul dont ils pourraient être dignes.

    Aussi, qui aura suffisamment de temps à perdre pour se déplacer et recueillir leurs dernières paroles à eux tous ?

    Sollicités, il paraîtrait que même les prêtres et autres vampires de la conscience humaine, ne feront pas le voyage car, tous ces sociologues d'une conscience sans dents et sans poings, vieillards édentés et manchots, ne valent tout simplement pas la peine d'un tel déplacement.  

     

     

     

    ***

     

             Mais alors, qui fera la sociologie des sociologues ? Il y a vraiment urgence.

     

     

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                        Alain Soral... à propos de l'Islam : un opposant utile qui n'existe pas.

     

                              

                   Conflit de civilisation, mythe d'une Europe pacifiste, oppression économique, racialisation des crises : des pauvres se battent contre d'autres pauvres...

     

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    1 - Il faut le savoir : en France, il n'y a guère plus de 50 000 personnes déterminées à mourir debout tout en faisant face à ceux qui les exécuteront... et les exécutent chaque jour, en silence, jour après jour, dans une vie de chien ou le martyre, dans l'héroïsme et le sacrifice d'un voyage en RER à 5h30 du matin, rentré à 20h le soir, cinq jours par semaine, ou dans le retraité à 400 Euros par mois.

    Et aujourd'hui, il s'agit bien d'exécution. Aussi, tout le monde serre les fesses dans l'espoir d'être épargné.

    La dernière réforme du marché du travail validée par le MEDEF, trois syndicats, le PS et le gouvernement Hollande et toute la droite...montre si besoin était, que tous sont abandonnés.

     

    2 – Ne serait-ce que dans l’espoir d’échapper à une « carrière » dans des universités dépotoirs… et entrer au CNRS planqués et pénards, ainsi qu'à l'EHESS, Sciences-Po et autres écoles de la duplication sociale et professionnelle en une fraction d’un millième de seconde de notre ère numérisée ras la gueule.

     

    3 - Du moins, pour ce qu'il en reste ! Un "gauchisme" qui, au fil des ans, a conduit la gauche là où elle se trouve aujourd’hui : dans l’impasse, avec pour seule sortie un François Hollande  pour symboliser la mort de toute "Gauche de gouvernement" quelle qu'elle soit.

     

    4 - Sans rire, le plus sérieusement du monde, certains d'entre eux se disent libertaires, voire anarchistes, même s'ils n'oublient jamais de pointer tous les jours à l'Université ou dans des Ecoles à 15 OOO Euros par an de droit d'entrée avant d'en sortir repus, gavés et intellectuellement inopérants mais omniprésents. 

     

    5 – Même si les sociologues n'ont pas pour vocation de proposer des solutions et de conseiller les gouvernements, les chercheurs en sciences sociales ont le droit de se poser la question de l'utilité de leurs recherches ; utilité autre que celle destinée à favoriser leur carrière.

    En son temps, Edgar Morin a eu des choses à dire, sinon à dénoncer, à ce sujet.

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  • Antonin Artaud par Colette Magny : confessions

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    .                  Mort au monde... Antonin Artaud nous revient plus vivant que jamais avec ce texte lu par Colette Magny *

     

     

                  "... Je dis ce que j'ai vu et ce que je crois ; et qui dira que je n'ai pas vu ce que j'ai vu, je lui déchire maintenant la tête. Car je suis une irrémissible Brute, et il en sera ainsi jusqu'à ce que le Temps ne soit plus le Temps.

    Ni le Ciel ni l'Enfer, s'ils existent, ne peuvent rien contre cette brutalité qu'ils m'ont imposée, peut-être pour que je les serve… Qui sait ? En tout cas, pour m'en déchirer.

    Ce qui est, je le vois avec certitude. Ce qui n'est pas, je le ferai, si je le dois. Voilà longtemps que j'ai senti le Vide, mais que j'ai refusé de me jeter dans le Vide. J'ai été lâche comme tout ce que je vois. Quand j'ai cru que je refusais ce monde, je sais maintenant que je refusais le Vide. Car je sais que ce monde n'est pas et je sais comment il n'est pas. Ce dont j'ai souffert jusqu'ici, c'est d'avoir refusé le Vide. Le Vide qui était déjà en moi.

    Je sais qu'on a voulu m'éclairer par le Vide et que j'ai refusé de me laisser éclairer. Si l'on a fait de moi un bûcher, c'était pour me guérir d'être au monde. Et le monde m'a tout enlevé. J'ai lutté pour essayer d'exister, pour essayer de consentir aux formes (à toutes les formes) dont la délirante illusion d'être au monde a revêtu la réalité.

    Je ne veux plus être un Illusionné. Mort au monde ; à ce qui fait pour tous les autres le monde, tombé enfin, tombé, monté dans ce vide que je refusais, j'ai un corps qui subit le monde, et dégorge la réalité. J'ai assez de ce mouvement de lune qui me fait appeler ce que je refuse et refuser ce que j'ai appelé.

    Il faut finir. Il faut enfin trancher avec ce monde qu'un Être en moi, cet Être que je ne peux plus appeler, puisque s'il vient je tombe dans le Vide, cet Être a toujours refusé. C'est fait. Je suis vraiment tombé dans le Vide depuis que tout, - de ce qui fait ce monde, - vient d'achever de me désespérer. Car on ne sait que l'on n'est plus au monde que quand on voit qu'il vous a bien quitté.

    Morts, les autres ne sont pas séparés : ils tournent encore autour de leurs cadavres, et je sais comment les morts tournent autour de leurs cadavres depuis exactement trente-trois Siècles que mon Double n'a cessé de tourner.

    Or, n'étant plus je vois ce qui est. Je me suis vraiment identifié avec cet Être, cet Être qui a cessé d'exister. Et cet Être m'a tout révélé. Je le savais, mais je ne pouvais pas le dire, et si je peux commencer à le dire, c'est que j'ai quitté la réalité..."

      

           Une pensée pour tous ceux qui se savent séparés d'eux-mêmes dans leur relation avec le monde ; monde que l'on ne peut décidément pas refuser d'habiter, volontairement ou bien comme contraint par un envoûtement aujourd'hui encore mystérieux (et la schizophrénie est un tel envoûtement, une telle maladie)... qu'au prix d'un énorme préjudice à soi-même.

             A leur famille aussi.

     

     


    * Une Collette Magny qui a pu, à un moment de sa vie, se sentir, elle aussi, comme... séparée.

     

     

    Spleen - Charles Baudelaire (1821 - 1867)


                          A Pierre.

     

     

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  • Des nouvelles du Rap avec Kimto Vasquez

     

                 L'artiste s'entretient avec David L'Epée - intellectuel indépendant (tel qu'il se définit) de nationalité suisse engagé en politique.

     

     

                      Une tête bien faite, une maturité accomplie... serein, déterminé et sûr de lui... c'est Kimto Vasquez !

     

    ***

     

     

    Tonton du café du commerce (recueil hérétique) - Kimto Vasquez

      

    Une très belle production

     

     

     

     

    Pour prolonger... cliquez Rap et rappeurs

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  • George Carlin : l'oncle d'Amérique de Dieudonné

                       Election américaine oblige !

     

     

                Décédé en 2008, à l'âge de 71 ans, George Carlin aura fait rire et penser, 50 années durant, des millions d'Américains et d'anglophones.

     

     

    Cliquez sur " paramètres" (settings) puis sur "subtitles" pour activer la traduction française


    "Ca s'appelle "le rêve américain" car, pour y croire, il faut être endormi".

     

    ***

     

     

                        Dans un monde où la bêtise et le mensonge sont rois, rien n'est plus drôle et plus terrifiante que la vérité.

     

    ***

     

                     Satiriste et polémiste d'origine irlandaise, George Carlin n'épargnera personne : Présidents, gouvernements et leur politique, la société moderne américaine, les religions, les communautés, les lobbies... il ne connaîtra aucun tabou, il s'autorisera tout ; il abordera tous les sujets sans retenue ni auto-censure.

     

     

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    Pour prolonger, cliquez : Les vidéos de George Carlin

     

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  • Fa, Antifa... dialogue, bilan et perspectives

     

                   

                    Parce qu'il n'est jamais trop tard pour comprendre que l'anti-fascisme est le pire produit du fascisme : dictature de la marchandise, réification et aliénation de l'être humain au nom du libéralisme ; tout comme l'anti-racisme est le pire produit du racisme : mise en concurrence du travailleur protégé européen avec une masse de travailleurs du monde entier privés de droits politiques et sociaux pour le plus grand bénéfice des multinationales du CAC 40 au nom d'un universalisme béat et sans jugeotte.

    En 1936, les Républicains espagnols liquideront les groupes radicaux qui revendiquaient la fin de l'Etat, l'abolition de l'argent et du salariat avant d'être liquidés à leur tour par les troupes de Franco.

    Quant à l'action de SOS racisme, elle culminera avec la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2002, un certain 21 avril.

     

                            "Depuis près de quarante ans, le grand opéra de l'Antifascisme occupe le devant de la scène politique. Depuis près de quarante ans, tous les démocrates, de la droite classique aux anarchistes, appellent par des chœurs pathétiques à la lutte contre le fascisme. Depuis près de quarante ans, tous les partis, fascistes et antifascistes, invitent le peuple à participer au grand « drame historique », à la lutte homérique entre Fascisme et Démocratie. Seul contre tous, notre courant, solidement accroché à la théorie marxiste, n'a cessé de dénoncer le caractère purement bourgeois de cette prétendue « alternative historique », de montrer que participer à l'antifascisme, sous quelque forme et pour quelque mobile que ce soit, revient automatiquement à abandonner les positions de classe et à enrôler le prolétariat sous les drapeaux bourgeois." - Programme Communiste, avril/juin 1962

                   "La lutte pour la démocratie représente donc un puissant diversif pour arracher les ouvriers de leur terrain de classe et les entraîner dans les voltiges contradictoires où l’État opère sa métamorphose de démocratie en État fasciste. Le dilemme fascisme-antifascisme agit donc dans l’intérêt exclusif de l’ennemi ; et l’antifascisme, la démocratie chloroformisent les ouvriers pour les laisser ensuite poignarder par les fascistes, étourdissent les prolétaires afin qu’ils ne voient plus le champ et la voie de leur classe."  - Bilan, novembre/décembre 1934

                 "L'antifascisme ramène la lutte anticapitaliste à un combat contre l'une des formes politiques du Capital. En posant l'alternative fascisme ou démocratie on ne fait que contraindre la classe à choisir entre deux formes de domination du Capital. On fait de la démocratie bourgeoise une légalité au dessus des classes. L'antifascisme en tant que lutte interne au système ne peut donc que tourner à l'avantage de la bourgeoisie. Ce faux dilemme est le paravent derrière lequel se dessine une attaque généralisée contre le prolétariat. [...] Fascisme, démocratie et réformisme agissent en forces solidaires au service du Capital." - Guerre de classes, mars 1974

     


    Antifa : mise au point par ERTV

     

              Kim et Mhedy, deux chasseurs de skins durant les années 80, reviennent sur leurs parcours : un regard critique sur la mouvance antifa.

     

     


    Serge Ayoub répond à Kim et Mhedy par ERTV

     

     

             Serge Ayoub qui fut une figure incontournable du mouvement skinhead dans les années 80-90, réagit dans cette interview à la vidéo « Antifa , mise au point », de Kim et Mhedy.


                             

                                      "Je préfère un ouvrier communiste à un bobo gauchiste"

    On saluera la cohérence du parcours de Serge Ayoub. Courage physique, courage tout court, sans langue de bois, le talent de cet activiste réside dans le fait qu'il a toujours eu la manière d'être ce qu'il est.

    Ses idées ? Il n'en manque pas. Confrontez-les dans le cadre de la confrontation des idées justement ! avant de crier haro sur l'homme.

      

    1 - Courtesy of ERTV

     

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