Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

justice

  • Penser la diplomatie française aujourd'hui avec Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

     

     talleyrand,politique,france,napoléon,fouché,actualité,société,empire,premier empire,restauration,révolution française,justice        

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

                      Homme d’Etat et diplomate français, né le 2 février 1754 à Paris, décédé à l’âge de 84 ans, Talleyrand n’avait qu’une passion, dévorante de surcroît : la politique, la diplomatie et la France ;  à ses yeux, une seule et même dévotion.

    Très tôt, il a rêvé d’un destin unique, hors du commun et d’une France exemplaire : douceur de vivre, langue d’une beauté sans rivale ; une France forte dans une Europe apaisée et moderne, capable d’affronter les grands défis des siècles à venir.

    Et pourtant… sans foyer ni toit, excepté celui d’une nourrice... nourrice négligente qui sera la cause d'une chute qui lui coûtera son pied gauche, pied-bot qui toute sa vie « le tirera vers le bas », lui qui ne rêvait pour son pays et pour lui-même que de sommet...

    A la suite de cette disgrâce, des années durant, il n’aura jamais connu la considération d’un père et l’amour d’une mère, sinon un baiser, un seul, une seule fois… le sien… un baiser qu’elle ne lui rendra jamais. Et c’est encore ce pied bot qui le poussera vers la prêtrise, chaudement recommandée par une famille qui voyait dans cette carrière imposée un moyen de tenir éloigné de la vie publique un de ses membres marqué à jamais d’une infirmité par tous haïssable qui annonçait sans doute un destin peu enviable ; pire encore : une malédiction.

    Bientôt défroqué, délaissant la soutane puis, une fois évêque, la robe pourpre, il aura dit la messe 8 fois en tout et pour tout, préférant les plaisirs de la table et de la chair, jeune de préférence ; cela flattait son orgueil. Une belle revanche aussi ! car le beau sexe le consolait de cette démarche qui était la sienne : une démarche disgracieuse, bruyante, rustique et cadencée telle une horloge de campagne.

     

               "Diable boiteux" on le nommait - certes, il n'était pas un ange ! -, on le disait de tous les râteliers et de tous les mangeoires mais jamais au détriment des intérêts de son pays, et jamais en pots de vin ni en pourboires : il aura su simplement se faire payer à son juste prix car, créditeur de toutes les cours d’Europe, lui seul était autorisé à présenter la facture.

    Riche parce qu’enrichi pour s’être constitué au fil des ans un patrimoine plus que confortable… si Talleyrand avait le sens des affaires, il avait aussi et surtout le sens de l’Etat. Il portait malheur à ceux qui le délaissaient et le déconsidéraient, à ceux qui avaient l’imprudence ou la bêtise de le négliger.  Il le savait. D’où sa patience et sa confiance inébranlable en son propre destin : son heure viendrait toujours car celle des autres passeraient inévitablement sans revenir. 

    Il ne comprenait que la nécessité : ce qui ne peut pas ne pas être et qui est déjà... avant même que le commun des mortels ne le soupçonne. Il voyait loin, et longtemps à l’avance.  Et si, de son vivant, nombreux sont ceux qui ont fini par « craché leur tête » dans le panier de la guillotine, dépités, en fin de supplice et de journée, après en avoir expédiés beaucoup d’autres avant eux, sa prévoyance, fruit de son talent et de son génie, l’aura préservé de tout : de la chute, de la relégation, de la déchéance, des châtiments les plus cruels et de cette guillotine qui n'en avait jamais assez : assez de sang, assez de têtes.

    Mille fois remercié, mille fois rappelé, il nommait, il présidait, il instituait, il destituait. Il n’avait pas d’ennemis ; du moins, il ne s’en reconnaissait aucun. Il savait faire gagner tout le monde même s’il raflait tous les premiers prix et les honneurs : il n’était pas généreux mais pragmatique et lucide.

    Rejeté, tenu pour quantité négligeable dans sa petite enfance, il n’aura qu’une seule quête : se rendre indispensable. Comme tous les hommes d'action, il ne se payait jamais de mots même s’il nous a laissé quelques maximes savoureuses de justesse et de lucidité. Il n’est jamais allé dénoncer chez les autres ses propres lacunes, défauts et vices. Responsable, il a tout assumé, et l’avenir lui aura souvent donné raison. 

    Laissant à d’autres le soin de « gérer » le peuple qui ne l’intéressait pas, il ne méprisait personne, même pas ce peuple qu’il n’aura finalement jamais croisé en plus d’un demi-siècle d'activité politique ; c’est sans doute sa jambe qui l’empêchait de se baisser :   « Un mécontent, c’est un pauvre qui réfléchit » disait-il. Au moins, lui accordait-il, à ce peuple… cette faculté.

               Que n’a-t-il pas vu que les autres n’ont jamais su voir ! Tout, le plus souvent. Il a prévu tous les orages jusqu’à leur crevaison. Et c’est parce que la pluie est contre-révolutionnaire - car tout le monde quitte alors la rue pour rentrer chez soi se mettre au sec, près d’un feu de cheminée -,  qu’il ne l'a jamais crainte, allant même jusqu’à l'appeler de ses vœux pour se montrer indispensable une fois encore.

    Il a prêté serment, juré fidélité 12 fois. Il a donné sa parole qu’il a reprise très vite, car il savait qu’il lui faudrait la redonner. Il était de toutes les cours d’Europe et de tous les pays. Il ne négligeait aucun interlocuteur. Il parlait avec tout le monde pour peu que l’intérêt de la France (et les siens) soit en jeu. Il n’était ni machiavélique ni manichéen, il avait trop de talent pour ça : il n’agissait jamais parce que… tel était son bon plaisir ! et ne cultivait pas non plus la certitude d’une vérité qui aurait eu pour ennemi le mensonge.

    Homme de pouvoir, il a su reconnaître avant tout le monde que la politique et les affaires de l’Etat ont comme couleur dominante le gris, et parfois le noir les jours de grand malheur… mais rarement l’éclat d’une lumière incandescente.

    Il savait recevoir car il n'ignorait pas à quel point « comme on nourrit les gens, on les connaît »  : il savait donc gagner la confiance de son hôte et faire en sorte qu’il dévoile ses projets entre le foie-gras et le faisan, juste avant une bombe glacée au champagne.

    Condamné dès son enfance à rester dans l’ombre, il aura tout mis en œuvre pour contredire un destin imposé en se hissant jusqu’à la pleine lumière, tout en y demeurant plus d’un demi-siècle, ne devant rien à sa famille, ni à l’Eglise ni à la Monarchie. Il n’avait qu’un allié, qu’une force : son talent et son génie auxquels il devra tout ou presque. Il appartient à ces hommes, peu nombreux, deux ou trois par siècle, qui ne doivent rien à personne, le seul de sa génération, contrairement à Bonaparte qui doit tout à la Révolution française.

    Son heure, c’était celle des temps troublés. Il a souvent décidé du cours des choses là où d’autres hésitaient, tergiversaient sans fin et sans profit pour personne : deux heures pour trouver un régime à la France lui suffisaient amplement. 

    Il aimait qu’on lui appartienne corps et âme étant lui-même capable d’un même dévouement. S’il a servi tout en se servant ; contrairement à ceux qui sont pleins d’eux-mêmes, il était plein d’une ambition qui n’a jamais nui à son pays.

    L’ennui était son pire ennemi. Que n’a-t-il pas fait pour le vaincre, toujours en mouvement, échafaudant, entremettant et prévoyant comme personne. L’avenir était son royaume, et même s’il ne s’y oubliait jamais tout à fait, il savait aussi y faire entrer ceux que les événements précipitaient dans le chaudron brûlant d’une actualité politique et diplomatique torride.

     

                 Directoire, monarchie, Empire, République, Consulat, terreur, homme de tous les régimes, résolu, il savait faire plier et se coucher ses contradicteurs ; il n’aura jamais été aussi fort que lorsque, naïfs, on pensait pouvoir disposer de lui alors que c’est lui qui disposait des autres. Il aura permis à la France de garder son rang dans la défaite et dans ses égarements, dans de beaux draps aussi... quitte à rétablir la Monarchie après avoir participé à sa culbute.

    Il n’a eu qu’un fils : Bonaparte ; et qu'un père : Napoléon 1er. Talleyrand ne lui avait-t-il pas écrit : « Loin de vous, je ne suis pas complet ». Il aura aussi été l’homme que l’Empereur aura le plus insulté : « Talleyrand, vous êtes de la merde dans un bas de soie ! » Dans ces propos-là, on reconnaît la violence proverbiale de ce Corse agité au génie capricieux et taciturne. Ce qui n'empêchait pas notre Empereur de rappeler Talleyrand à ses côtés après l'avoir maintes fois congédié.

                Prévoyant, il se sera bien gardé de voter la mort de Louis XVI. Ce qui ne l'empêchera pas, bien des années plus tard, de convaincre l’Empereur (de sa main, par courrier ! Oh ! Quelle imprudence !) d’exécuter après un enlèvement et un procès expéditif, le petit fils du grand Condé, le duc d’Enghien, fusillé dans les fossés du château de Vincennes : Bourbon, prince du sang, sang royal, ce jeune duc inoffensif avait 32 ans. Qu'à cela ne tienne : Talleyrand avait ses têtes ; faut croire que celle-là ne lui revenait pas, même exilée ; il est vrai qu’en France, les royalistes relevaient la leur, alors… bien sûr, il fallait frapper vite et fort.

    Il n’aura craint qu’un seul homme, quelques mois seulement, le temps d’organiser sa ruine : Joseph Fouché, dit Fouché de Nantes, duc d'Otrante, (dit le mitrailleur de Lyon), qui était aux basses œuvres ce que Talleyrand était aux charges les plus hautes ; un Fouché qui annonce déjà une police omnisciente au service des régimes totalitaires qui prospèreront un siècle plus tard ; un Fouché gardien d’un secret qui n’en était pas un pour lui : en effet, il y a des lettres qui, même supposées détruites, ne le sont pas pour tout le monde. Talleyrand l’avait oublié : le jeune duc d'Enghien n'était donc pas mort de la seule décision et de la seule main de l'Empereur.

                  Talleyrand haïssait la démesure, les exaltés, les enragés et les extrêmes. Ses propres excès, il les réservait à la table et aux chambres à coucher pour le temps qui lui aura été donné d’y être actif, avant de se résigner à un voyeurisme de contemplation d’une jeunesse encore accessible car attentive et sous son charme…  mais inconsommable dans son grand âge.

    Il insistait sur le fait qu’il n’avait jamais trahi personne qui ne se soit pas déjà trahi ; il n’a jamais fait partir celui qui n’était pas déjà sur le départ tout en l'ignorant, car, à la fois dedans et dehors, il avait ce privilège de voir avant tout le monde la fin, dès son début et la suite aussi ; il ne vivait pas pour ce qui était mais pour ce qui sera et devait être inexorablement : avec lui, il y avait péril en la demeure bien avant la catastrophe.

    Oublié pour un temps, un temps seulement, les mois de vaches maigres, désoeuvré, il est dit qu’il consacrait des heures au silence, à l’écoute des rires absents de son enfance, de ses jeux qui lui étaient interdits, et des quolibets à propos de sa jambe de fer. Sans doute est-ce dans ce manque-là et dans son injustice, qu’il aura puisé toute son énergie, l’accumulant, la tenant en réserve, jour après jour, pour mieux la dépenser sans compter une fois aux affaires. Même en été, il avait froid, toujours, car il y a des blessures qui ne se referment jamais et qui laissent entrer des courants d’air glacials.

    Une enfance tuée dans l’œuf d’un handicap qui ira plus tard chercher une compensation dans la fièvre d’une révolution, puis sous les ors d’un Consulat, puis d’une République, puis d’un Empire avant une Restauration quand il s'est avéré que l’avenir était au passé, comme tous ceux qui ont été privés d’enfance et de jeunesse, Talleyrand n’aura rien concédé à la vieillesse : ni son intelligence ni son énergie : octogénaire, il négociait encore avec les puissances européennes.

                 Chateaubriand, un littérateur monarchiste à l’esprit faible et à l’âme complaisante, adepte de la bien-pensance longtemps avant qu’elle n’ait tout recouvert comme aujourd’hui, n’aura vu chez Talleyrand, sans doute par paresse, par manque d’imagination et d’ambition pour lui-même et son pays, que du vice… alors qu’il était la vertu incarnée et la vraie morale : celle des forts au service du bien commun qui ont pour seuls adversaires plus forts qu’eux.

    Rompant avec l’inconstance, voire l’inconsistance, la frivolité et l’amateurisme de l’ancien Régime souvent tenté de confier les intérêts politiques et diplomatiques du Royaume à une ou deux catins et demi-mondaines entremetteuses, la Pompadour, ou bien à une ancienne prostituée, comtesse de bordel,  la du Barry ; et plus tard, Louis XVI baissant les bras devant une Marie Antoinette sans compétence pour la chose politique, comme autant de monarques pour lesquels le destin de la France se décidait dans les chambres à coucher, sur l’oreiller... Talleyrand fera de la politique et de la diplomatie un art… et le sens et le service de l’Etat, un engagement à plein temps pour des hommes d’exception.

    A sa mort, il aura fait entrer le France et l’Angleterre, ennemis de toujours, dans la paix et dans le 20e siècle avec un demi-siècle d'avance ; un premier noyau européen pour une alliance face au pire (deux guerres mondiales), rarement face au meilleur, c'est sûr ! mais... qui l'en tiendra pour autant responsable ?

                    Certes, Talleyrand qui aura été toute sa vie durant un homme de l’avenir, n’est plus aujourd’hui qu’un homme du passé. Mais ne nous y trompons pas : il est aussi l’homme de tout ce qui n’est plus et qui, pour notre malheur, aurait dû demeurer à la tête de l'Etat : intelligence, puissance et volonté au service du bien commun.

    Car enfin… qui, depuis 40 ans, qui en France et en Europe, possède ces trois attributs sans lesquels, une Nation, un continent, une civilisation ne sont plus qu’un bouchon dans l’eau emportés par un courant qui n’est pas le leur, et trop souvent, celui de leur pire ennemi ?

    Ne cherchez pas ! Vous ne trouverez personne. Ou bien plutôt si : pour toute consolation, et pour peu que cela en soit une, vous trouverez un nouvel ordre mondial sans justice au service d’une hyper-classe sans honneur.

                Que n'avons-nous pas alors perdu au change !

     

    _________________

     

                      

     François Asselineau sur le glacis politique français

     

     

    Pour prolonger, cliquez : Hubert Védrine : orgueil et prestige

    Lien permanent Catégories : A l'international, politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
  • Intouchables : pourquoi fallait-il un noir en face de ce blanc tétraplégique ?

     

    politique,justice,actualité,société,cinéma,films,acteurs,art  

     

                       Une vraie dynamique, quelques idées de cinéma, d’aucuns parleront de « bon boulot » à propos du film « Intouchables ».

    Si les réalisateurs ont su le plus souvent éviter les pièges tendus par un scénario à haut risque - ceux, entre autres, du pathos, des larmes et des stéréotypes raciaux et de classes -, contrairement à ce qui a pu être écrit ici et là, pas de bien-pensance dans ce film pour la simple raison qu’on n’y trouvera aucune pensée, et c’est déjà ça de gagner ou de sauver s’empressera-t-on d’ajouter car, le travail passé des scénaristes-réalisateurs est là pour l’attester : si par malheur ces derniers avaient souhaité y prétendre… c’est bien avec une catastrophe qu’on aurait eu rendez-vous.

    Dans « Intouchables » sans doute pourra-t-on y voir en toute bonne foi, outre le souci de se remplir les poches, le désir sincère de raconter avec honnêteté une histoire… vraie de surcroît.

    Conte de fée sans morale donc (référence au fait qu’il n’y a pas de pensée) on pourra quand même regretter que les réalisateurs Toledano et Nakache aient pour les blacks de la banlieue (1) qu’un seul projet : qu’ils torchent, lavent et essuient le cul des blancs…

    Parce que ça, c’est quand même pas très nouveau !

    Sans oublier l’incontournable : « Touche pas à la femme blanche ! » - même sous le prétexte qu’elle puisse être lesbienne.

    Aux Etats-Unis, le film sera jugé "raciste et choquant.

     

    ***

                 Certes, pour l’adaptation au cinéma de La case de l'oncle Tom, les volontaires n’ont jamais manqué à l’appel, et Omar Sy (2) semble fin prêt pour une nouvelle adaptation du roman de l'écrivain américaine Harriet Beecher Stowe dont les premières feuilles ont été publiées en 1852…

    Mais qu’en 2011 un acteur prête son concours à un tel projet, c’est déjà en soi une belle déception car enfin… difficile de ne pas se poser la question suivante : pourquoi fallait-il un noir corvéable à merci ( un noir torche-cul)  en face de ce blanc tétraplégique et millionnaire ?

    _________________

    1 - banlieue dont on ne sait pas quoi faire et que l’on commence à peine à savoir filmer… semble-t-il !

    2 - Canal+ oblige : génération grandes gueules et petites têtes.

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
  • Humour, rire et justice

     

     

     

     ***

              Sortie par effraction de toutes les impasses, hors de l’espace et hors du temps, dans une autre dimension, les mécanismes du rire sont complexes ; ils se dérobent à l’analyse exhaustive car avec le rire, le talent et le génie, il reste toujours une part d’inconnu.

    Le rire est magique d’une magie blanche et noire ; quand il est gris, le rire est retournement et détournement de l’insupportable même s’il en garde la trace et la marque car il n’oblitère rien, ne répare rien mais il permet de souffler un peu, consolateur, avant de côtoyer à nouveau des oppresseurs têtus et insatiables.

    Le rire est libération quand il met en scène un dépeçage des conventions, des hypocrisies et des machinations ; il libère l'esclave ; il permet de sortir de l’enfermement.

               Bergson disait : « Le rire n’a pas plus grand ennemi que l’émotion. Le comique s’adresse à l’intelligence pure ». Coeur de pierre donc, mais source d’énergie radicale, il est une ouverture sans précédent vers l’inouï, l’inédit et la liberté.

              Rire, humour… humour et rire, il arrive aussi que le rire rende justice à ceux qui en sont privés. Belle revanche des déshérités alors !

     

    _________________________

     

                      

                      Dieudonné, parce que... le plus talentueux et le plus courageux, sinon le seul.

    Un Dieudonné Spartacus du rire, là où l'humoriste, ainsi nommé, cesse d'être un esclave et ce faisant, libère tous les autres humoristes de la malédiction d'un humour tiroir-caisse, un humour de flagorneur, et pour voie de conséquence, un humour affligeant  comme tout ce qui rabaisse l'homme à ce qu'il croit savoir de lui-même, qui n'est le plus souvent que ce qu'on a daigné lui enseigner ou bien ce qu'on a souhaité lui faire espérer de lui-même et des autres.

     

    Pour prolonger, cliquez : Dieudonné, le Spartacus du rire

    Lien permanent Catégories : Art et culture, Dieudonné : le phénomène 0 commentaire
  • Attentats parisiens : « Pourquoi je meurs ? »

                      Billet de blog rédigé en novembre 2015

     

     

     

                   "La réponse aux assassins doit être plus de fraternité, plus de démocratie, plus d'amour mais pas moins de débat."

         Jean-Luc Mélenchon, dimanche 15 novembre 2015 au sortir de l'Elysée.

      

     

     

                    Toutes ces voix brisées, sanglots dans la voix, tous ces visages, jeunes le plus souvent, les yeux rougis d’avoir trop pleuré... tous ces témoignages (1) diffusés tout au long de la soirée de Vendredi 13 novembre 2015, semblent ne poser qu’une question : « Pourquoi je meurs ? » car, tous sont morts ce soir-là, autant ceux qui n’en sont pas revenus que ceux qui en ont « réchappé » car on ne réchappe de rien, du moins jamais vraiment, quand il s’est trouvé qu’ils étaient trop nombreux autour de vous à ne pas avoir eu cette ultime chance.

     

                   Difficile néanmoins d’accepter qu’aucune réponse ne soit apportée à cette question lancinante « Pour(-)quoi je meurs ? ». Question qui n’est pas près de cesser de hanter tous ceux qu’elle a déjà commencé de vampiriser.

    Et c’est alors que l’on prend son courage à deux mains pour tenter d’expliquer deux ou trois choses :

                   Pourquoi je meurs ? demandez-vous...  eh bien, permettez-moi de vous dire que le jour où vous vous déciderez à ne plus accepter de vivre dans l’ignorance, alors, ce jour-là, vous aurez non seulement la réponse à votre question mais... d'une pierre deux coups, à votre douleur et à votre peur, vous substituerez une colère bienfaitrice car salvatrice. Mais attention ! Pas n’importe quelle colère ! Pas la colère dont l’Etat fait des choux gras ; la colère dont l’Etat se nourrit jusqu’à en devenir obèse, car cette colère-là renforce son pouvoir ; alors non ! pas cette colère, cette fameuse colère, celle qui nous est le plus souvent donnée à voir et entendre les jours des grandes catastrophes, la colère de l’ignorance bien évidemment ! Celle qui prend les effets pour les causes et ce faisant, se trompe de cible.

    Et pour ce qui est des tueries de ce vendredi 13 censé être la « Journée de la gentillesse » - eh oui ! le plus sérieusement du monde ! -, il est bien évidemment question de cette colère qui oubliera dans les jours à venir, soyons-en certains, de se tourner vers le palais de l’Elysée, l’hôtel Matignon et les façades du ministère des affaires étrangères, quai d’Orsay, ainsi que vers les ambassades des Etats-Unis et d’Israël ; deux Etats qui ont pris le contrôle de notre politique étrangère avec nos "dirigeants" - Hollande, Valls et Fabius - qui vouent "un amour éternel" à ces deux Etats (2) qui représentent un véritable danger pour la paix dans le monde depuis une bonne vingtaine d'années.

     

                   « Vous ne vous occupez pas de politique, monsieur ; je vous plains, car un jour la politique s'occupera de vous. »

                   Royer-Collard (à Sainte Beuve)

     

                   Alors oui ! Il est bel et bien question de substituer à cette colère de l'ignorance entretenue par l'Etat et ses relais médiatiques, la colère de ceux qui savent ! Aussi, travaillons tous ensemble à faire en sorte que ce soit la colère de ceux qui n’ont plus peur car, demain, ils sauront pour(-)quoi ils sont en danger de mort… que ce soit cette colère-là qui triomphe car, à l'avenir, seule cette colère nous protégera : elle fera en sorte que les événements de ce 13 novembre 2015 aient une probabilité de récurrence bien plus faible, voire nulle, car nous tous alors, exigerons de l'Etat qu'il cesse de nous mettre en danger pour son seul profit dans la gestion de carrières politiques mirobolantes auprès d'une oligarchie mondiale sans foi ni loi.

    Car enfin… doit-on une fois encore rappeler ceci ?

    La seule colère que l’Etat accepte, c’est la colère de l'ignorance qui le rend plus fort et fait de vous un être plus dépendant encore ; un citoyen désarmé réclamant à cor et à cri "protection et considération" sans soupçonner toutefois qu'il ne saurait en être question étant donné les choix qui sont faits par cet Etat qui a failli. De cette colère-là, l’Etat s’en repaît ; rien de surprenant à cela, puisque c’est ce même Etat qui en est à l’origine ; cette colère-là, l’Etat et ses relais médiatiques ont tout mis en œuvre pour qu’elle soit votre seul recours les jours de catastrophes, les jours où dans votre chair, vous êtes atteint… dans votre chair et dans votre psychisme ; et tous les psys de la terre n’y changeront rien ; et toutes les cellules de soutien psycho-machin, cellules post-traumatiques non plus !

    Cette colère, colère de l’ignorance qui se trompera fatalement d’objet, l’Etat (et les médias) l’entretient - il vous la garde au chaud pour ainsi dire ! - tout au long de l’année en vous gardant dans l’ignorance car il sait  que cette colère quasi « stratégique », vous la lui rendrez au centuple lorsque vous lui remettrez les « pleins pouvoirs » au cri de « Protégez-nous ! » ; une injonction crédule et suicidaire car, l’Etat ne protège que l’Etat. De plus, jamais un acte terroriste n’a mis en danger l’Etat ; l’Etat sort toujours plus fort d’une campagne d’attentats, et les victimes et leur famille plus faibles et plus dépendants encore.

     


                     Valls jure de "détruire" Daech ; un Valls grenouille de la politique qui n'a de cesse de chercher à se faire aussi grosse que le boeuf.

     

                    Aussi, attendons-nous dans les mois à venir à un Etat-providence croupion, Etat certes fauché mais anticipons dès maintenant un Etat mastodonte dans ses fonctions régaliennes - surveiller et punir -, tout en gardant à l'esprit qu'il n'est pas sûr, mais pas sûr du tout, que cette surveillance et ce goût pour le châtiment nous mettent à l'abri du pire.

     

    ***

     

                 Nous avons incriminé l'Etat, reste alors ses relais ; le premier de ses relais : les médias et le mensonge par omission.

                 Face à ces témoignages qui nous sont proposés depuis deux jours comme autant d’aveux d’ignorance, il nous faudra encore une fois mettre en cause tous ces journalistes payés pour ne jamais expliquer pour(-)quoi 129 personnes sont mortes et 300 sont blessées ; bilan encore provisoire. Des petites mains du journaliste à 1800 euros par mois, costume bon marché, micro d’une main, parapluie de l’autre, les jours de pluie, des journaux de 20H, pour mieux nous expliquer qu’ils ne savent rien - car ce qu’ils savent, ils font bien de le garder pour eux s’ils souhaitent garder ce qui n'est plus qu'un « job » -, aux journalistes-vedettes et stars à raison de dizaines de milliers d’euros par mois… tous contribuent, jour après jour, à entretenir cette colère à venir, cette colère de l’ignorance qui protègera l’Etat et ses politiques de toute remise en cause les jours de grandes catastrophes : jours de colère justement ! Ce qui nous promet dans les années à venir des milliers de vies détruites, sidérées qui ne trouveront aucune raison de recommencer à espérer car leur colère à tous, celle entretenue par l’Etat et les médias, ne les sauvera pas.

     

     

     

     

    1 - A propos de tous ces micros-trottoirs, ceux du lendemain Samedi 14 novembre en particulier, déjà plus sereins, on notera le fait que les interviewés semblent avoir un mal fou à parler de ce qu'ils ressentent et de ce qu'ils croient avoir compris avec leurs propres mots  ; en effet, on ne peut pas ne pas remarquer l'usage d'expressions et de formules toutes faites venues tout droit des journalistes des médias dominants ainsi que de la classe politique : "Avec ces attentats, Daech tente de provoquer une guerre civile en France" ; ou bien encore : "C'est à notre mode de vie, à notre civilisation auxquels Daech s'attaque !" etc...

    A ce sujet, notons que, comme un fait exprès, dans les médias et dans la classe politique, seuls ceux qui valident la politique de l'Etat PS souscrivent à cette interprétation des attentats.

    Alors que l'on pourrait tout aussi bien dire que les attentats de Daech n'ont qu'un but : faire plier l'Etat PS à propos de sa politique étrangère : que l'Etat PS  renonce à s'aligner sur l'Otan et les USA (Arabie Saoudite et Israël accessoirement)  ; en effet, cela n'aura échappé à personne le fait que jamais l'Etat français n'a été aussi proche de l'Otan, des USA, d'Israël et de l'Arabie Saoudite, cette alliée de revers contre l'Irak, l'Iran et la Syrie.

     

    2 - Car enfin, depuis quand est-ce dans l'intérêt de la France de jouer Israël contre les Palestiniens, l'Ukraine contre la Russie, les USA contre Poutine, l'Arabie Saoudite contre l'Iran, Boko Haram contre Khadafi, Daech né de la destruction de l'Irak, financé par l'Arabie Saoudite contre Bachar al-Assad...

    Il y a bien quelque chose de  pourri au royaume de la diplomatie française ! Nul doute !

    ______________

     

    Pour prolonger, cliquez : Ceux par qui le scandale d'attentats meurtriers est arrivé

    Lien permanent Catégories : Attentats, terrorisme, Charlie..., Medias, désinformation et ré-information 0 commentaire
  • Chômage, élection et mortalité

     

    Billet de blog publié en novembre 2015  

     

     

                 Alors que François Hollande conditionne sa candidature à la présidentielle de 2017 à une baisse « crédible » du chômage en 2016,
    l'information suivante vient de nous être communiquée :  

    actualité,françois hollande,ps,hollande,valls,chômage,économie,mortalité,justice,politique,travail,code du travail

     

              Le chômage tue entre 10 000 et 20 000 personnes par an en France

     

                 En effet, une étude de l'Inserm met en évidence une "surmortalité très importante" chez les chômeurs, presque trois fois supérieure à celle des personnes qui ont un emploi.

    Suicides, maladies cardiaques, etc. Le chômage tuerait "entre 10 000 et 20 000 personnes par an", selon une estimation de Pierre Meneton, auteur d'une étude sur la santé des chômeurs pour l'Institut français pour la santé et la recherche médicale : ICI

     

    ***

     

                  Le temps guérit bien des maux, n'est-ce pas François ! Et puis, comme chacun sait : en politique, la patience est la première des qualités.

     

     

    ________________

     

    Pour prolonger, cliquez : continuer de porter la crise au coeur du PS

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
  • Penser l'Art aujourd’hui avec Marcel Duchamp…

     

     

                     Entretien avec Marcel DUCHAMP (1887-1968) sur ses Ready-made, en juin 1967 à Paris, à la galerie GIVAUDAN.

     


                  On remarquera l’absence d’émotion ; un léger sourire amusé mais pas de rire, pas d’humour ni d’ironie ; une sorte de désinvolture sérieuse, sûre de son fait ; pas de propos moqueurs ou cyniques non plus, même si le discours de Duchamp sur ses Ready-made demeure bel et bien, et ce depuis plus de soixante ans (à l’heure où cet entretien est filmé), une attaque frontale des catégories de l'art à propos desquelles chaque parole de Duchamp exprime le rejet systématique ; soixante années d’une provocation bien maîtrisée, sans haine ni fracas, d’une radicalité d’une bonhomie surprenante - sorte de degré supérieur de la sagesse chez les prévaricateurs de l’Art ? -, qui doit bien malgré tout cacher quelques aspérités de l’âme, dans une fausse distanciation et un détachement feint très certainement symptomatique d’un rapport au monde, et ce dès 1913 - dès les premiers Ready-made -, d’une émotivité explosive... même si l'explosion n'arrivera jamais, ni de sa vie passée ni des quelques mois qu'il lui reste à vivre - nous sommes en 1967.

    _______________________

     

                     Pour une grande dépression de l'homme Marcel Duchamp qui a très tôt refusé la consolation de l’Art

     Afficher l'image d'origine

    Nu descendant un escalier – 1912 : 146 cm × 89 cm


                   Né dans l’Art, tombé dans la peinture et la sculpture dès sa naissance – grands-parents, frères, sœurs sculpteurs et peintres -, et bien qu’il ait échoué au concours d'entrée des Beaux Arts de Paris, Marcel Duchamp hésitera très tôt entre deux carrières : humoriste ou peintre jusqu'au jour où…

    Mais... laissons la parole à Marcel Duchamp à propos de son tableau Nu descendant un escalier : « Je l'avais envoyé aux Indépendants de Paris en février 1912, mais mes amis artistes (cubistes et autres) ne l'aimèrent pas »

                   L'article 1 du statut de l'association Les Indépendants dispose que l'objet de la Société des artistes indépendants - fondée sur le principe de l'abolition des jurys d'admission - est de permettre aux artistes de présenter leurs œuvres au jugement du public en toute liberté.

    Si dans ce nu qui descend un escalier « il y avait plus à comprendre qu'à contempler », l’entourage supposément « révolutionnaire » de Duchamp, composé d’artistes cubistes, refusa ce nu (ainsi que son titre) au prétexte qu’il était déjà post-cubiste et un peu trop futuriste à son goût. Sans doute Duchamp ne s’est-il jamais remis de ce refus - il a alors une vingtaine d'années -, car des biographes audacieux ont vu à propos de ce rejet les prémisses d’une scène primitive, expérience traumatique qui s’avèrera fondatrice d’une vision de l’Art qui, du jour au lendemain, changea du tout au tout : à compter de ce refus d’un dogmatisme inattendu proche d’un académisme que ce mouvement cubiste était pourtant censé récuser de tous ses pinceaux et brosses de peintres, jamais plus Duchamp ne touchera un pinceau ni à un tube de peinture. Et c’est dans un immense éclat de rire… jaune de surcroît, le premier et le dernier rire - Duchamp sera tel Buster Keaton, un homme qui jamais ne sourit ni ne rit ! -, que Duchamp est devenu Marcel Duchamp alias R. Mutt, fabricant de sanitaire.

                    Plus de règle, plus de hiérarchie, à compter de ce refus, tout sera de l’Art - une roue, un porte-bouteille, un urinoir -, comprenez : plus rien ne le sera. Renonçant aux catégories de l'Art, au beau, au laid, à la notion même d’œuvre, dans un travail de sape sans précédent qui en annoncera bien d’autres encore (dans les années soixante dix, des artistes, pour ne pas être en reste, exposèrent leurs excréments dûment signés par leurs auteurs), comme autant de tentatives d’enfoncer le clou profond, bien profond… Duchamp décida alors que rien ne lui résisterait, ni matière ni aucun entendement.

    Afficher l'image d'origine

                                         Marcel Duchamp: Roue de bicyclette, ready made de 1913

     

                    C’est à ce moment-là que le Ready-made (1)verra le jour (dès 1913), aube et crépuscule tout à la fois. Désormais, le nom de Duchamp sera associé aux détournements d'objets tout faits, sans intérêt visuel de préférence, qu’il choisira pour leur neutralité esthétique : roue de bicyclette (1913), porte bouteilles (1914), fontaine (1917) ; il se contentera de les signer R. Mutt (2)...

    Le Ready-made… « Objet manufacturé promu à la dignité d'objet d'Art par le seul choix de l'artiste » (3) se verra doté d'un discours froid, indifférent à l'image de l'objet choisi, sans humour ni ironie, purement théorique, replié sur lui-même et fermé : pas de descriptions, pas d’explications ni d'intentions affichées, ni revendications ni dénonciation :  « Un ready made ne doit pas être regardé, on prend notion par les yeux qu'il existe, on ne le contemple pas. Le ready made ne peut exister seulement par la mémoire. »

    Anti-rétinien (Circulez y a rien à voir ! Y a qu’à se souvenir !), c'est sûr, de nombreuses carrières se sont alors bâties autour et sur le nom de Duchamp, à partir de l’interprétation de son "non-art" et le commentaire de son "absence d'oeuvre" ! Commentaires sur le "comment" et plus rarement sur le "pourquoi" (pourquoi a-t-il fait cette non-œuvre-là et pas une autre ?) ; car si Duchamp a révolutionné la conception de l’art -  là où il commence et là où il ne se termine pas ; ni fin ni commencement puisque tout est Art -, il s'est très certainement agi d'une révolution dans laquelle on ne reconnaîtra à l’être humain qu’un droit et qu'un devoir : celui de marcher sur les plates bandes et de pousser mémère dans les orties, couvrant de ridicule et de quolibets quiconque aurait dans l’idée de célébrer et de défendre par exemple : efforts et travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration, témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus... au profit d’un Art de force, de témérité et de victoire qui s’appuie sur une ascèse indéfectible.

                     Si Duchamp a mené une réflexion sur la notion d’Art et sur l’esthétique, comme on l'a longtemps prétendu, et aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui s’y sont engouffrés… à moindre frais, d'une paresse et d'une complaisance inouïes, en suiveurs adeptes du "moindre" jusqu'au "moins que rien" dans un tout qui n'en serait pas davantage, sinon moins encore. Il est vrai que certains d'entre eux furent très vite trop heureux de servir une finalité à l’image du projet de société développé après la Seconde guerre mondiale - le tout marchant, le tout marchandise, jusqu'à l'humain plus récemment -, culminant dans les années 60 avec une société consommatrice de tout et d’un Pop-art - art opportuniste qui, tout comme la musique pop, trouve sa raison d’être produit et diffusé, dans le business que l’on peut y faire et seulement dans cette perspective ! -, dont les "critiques" n’ont jamais pu se départir  pour notre malheur à tous, puisque cet art-pop filiale de ce non-art qu'est l'art contemporain - abrégé AC comme art conceptuel pratiqué par des philosphes-artistes qui n'ont jamais étudié cette discipline qu'est la philosophie ; discipline qui demande, il est vrai, il faut le rappeler, près d'une bonne dizaine d'années d'études -, occupe aujourd’hui 80% de la couverture médiatique artistique.

    C'est sûr, le pop art doit tout à Duchamp, et les fortunes faites lui sont plus que redevables du fait que, par voie de conséquence, Duchamp triomphant, tous les jugements ne seront pas seulement suspendus mais tout simplement congédiés : tout le monde aura droit à sa minute non pas de silence mais de tintamarre de reconnaissance, de célébrité et de gloire ! Le mouvement fluxus ne sera pas en reste, sans proposition mais actif, bien décidé à perpétrer l’œuvre sans œuvre du Maître.  

     Afficher l'image d'origine

     

                                 La Mariée mise à nu par ses célibataires, même (Le grand Verre) - 1915-1923 - 277,5 cm × 175,9 cm

         
                   Tour à tour cubiste, futuriste, dada, surréaliste, Art, anti-Art, an-art... faites votre choix !

                   Bénéficiant d’un désert artistique dans un pays neuf et sans art (art autre que premier ou primitif des autochtones amérindiens ; si tant est que cet art ait été valorisé à cette époque car on peut toujours après coup, adorer ceux que l'on a massacrés !), privés d’histoire de l’Art, seuls les Etats-Unis pouvaient très tôt, bien avant les années 20, fêter Duchamp.

    Mais alors, malgré les apparences aussi trompeuses qu’elles puissent être quand elles nous dissimulent l’essentiel d’une démarche à la racine de laquelle on trouvera très certainement un désabusement et une mélancolie chronique, qui nous parlera du spleen de Duchamp, de cette grande dépression de l'homme qui a refusé la consolation de l’Art ? Dépressif dans un monde pressenti déprimant avant l’heure, comment Duchamp a-t-il pu survivre à un tel refus - refus de l'Art, refus de l'oeuvre, refus des valeurs -, même ludique et distancié au possible ?

    Est-ce la célébrité qui a porté Duchamp, une reconnaissance mondiale qui lui a permis d’acheminer son existence, année après année… pour mieux survivre psychiquement (alors que d’autres sombreront très vite dans le non-être à coups d’overdoses) à un tel renoncement très tôt dans son existence - « Tout est art ! » Le renoncement de tous les renoncements pour un artiste : le non choix puisque tout se vaut ?

    Dépression, tristesse assumée comme un moindre mal… on le serait à moins, c’est sûr ! Aussi soyons compatissants... si l'Art est un mirage comme le pensait Duchamp, alors il doit très certainement s'agir d'un mirage dans un désert. Mais alors, que penser d’une société prête à accepter une telle proposition, une société disposée à se tirer une balle dans le pied (4), du gros calibre en l’occurrence, et dont la détonation n’a pas fini de se faire entendre, même si aujourd’hui, essoufflée, cette société a cessé semble-t-il d’en rire ou d’en ricaner préférant tenir des discours très sérieux et posés autour de cet Art qui, après réflexion, n’aurait jamais quitté Duchamp, qui ne s’en serait jamais absenté, même un instant,  jusqu’à le célébrer car, finalement, oeuvre il y a, et Art aussi, et pire ou mieux encore : Duchamp est bel et bien et à jamais, entré dans l'histoire de l'Art - d’autant plus qu’il n’est plus là pour s’élever contre toutes ces louanges et tous ces discours...

    Cette société-là est sans aucun doute sur une pente savonneuse…

     

                    Dada triste  - "Il n'y a pas de solution car il n'y a pas de problème" disait Duchamp - ce qui signifie aussi que tout fait problème -, surréaliste sans joie  (5), Jeanne Raynal (artiste américaine à ses heures) a dit de lui "qu'il s'est laissé mourir toute sa vie". Individualiste forcené sur le mode "Chacun pour soi comme dans un naufrage", Duchamp tirera sa révérence sans bruit à l’âge de 81 ans, jeune et beau. Mais alors, est-ce que le non-art conserve les non-artistes bien mieux que tous les autres qui revendiquent la poursuite d'une oeuvre ?

    A la décharge de Duchamp, on notera encore une fois l’absence de cynisme et la présence d’une remise en cause radicale proche d’un désespoir aussi profond qu’indéfinissable, sans doute insondable (6), désespoir que l’ART seul peut dépasser même dans la négation ; et c’est là le paradoxe et le questionnement qui naît de la confrontation avec la démarche de Duchamp : comment transcender le désespoir sans l'aide non seulement de Dieu mais de l'Art (autant dire.... une ambition et une tâche titanesques)  ? Lui, Duchamp, pour qui l’on devait tous faire le deuil de cet Art qui devait mourir parce que Marcel Duchamp en avait décidé ainsi à l’entrée de l’âge adulte qui n’est pourtant que l’enfance de l’Art pour tout artiste qui mettra toute une vie à en venir à bout… souvent en vain, loin de toute reconnaissance et sans postérité aussi.

                                             

    ***

              Marcel Duchamp nous a donné à comprendre que « Le ready made ne fait rien, il attend la mort, les questions d'art ne l'intéressent plus » Et aujourd’hui, qu’est-ce qui intéresse nos sociétés ? Quels projets ?

    Allons donc voir du côté de tous les renoncements dont elles sont capables, et ce au plus haut niveau de décision de toutes les décisions qui concernent ses millions de membres.

    Prophète malgré lui mais indifférent, n'en tirant aucune gloire, avec Duchamp, ce non-artiste nécessaire d’une non-œuvre riche en enseignements qui célèbre le non-art ou bien plutôt sa mort… toujours prochaine, c'est l'humain qui tire sa révérence et qui attend, lui aussi la fin - Oh non ! pas la fin du monde ! -, mais sa fin à lui, sans projet, à bout de force, résigné, tel un bouchon sur l’eau, sans plus de volonté ; sa petite fin à la fois unique et commune à tous, la mort, sa mort... immense car il n'en aura pas d'autre.

                   Duchamp a allumé la mèche en 1913, depuis, l’étincelle continue son petit bonhomme de chemin… elle se rapproche du baril  ; certains pensent qu’il est vide, d’autres plein d’une substance inoffensive même sous le feu et sa chaleur ; d’autres encore redoutent le pire…

    Pschitt ou boum ? Pile ou face ?

              Et même si un coup de dés jamais n'abolira le hasard, en attendant, qu’est-ce que l’homme est joueur quand même !

     

     

    1 - Déjà Jules Lévy assisté d'Alphonse Allais dans les années 1880 savait sans vergogne moquer l'Art qui s'écrit avec une majuscule ; le mouvement qu'il a fondé "Les arts incohérents" affichait un anti-Art sans retenue ; même Dada ne fera pas pire ( ou mieux, c'est selon).

     

    2 - Alias inspiré par les comic strips - sorte de bande dessinée humoristique bon marché vendue  alors à des millions d’exemplaires aux USA… ce qui tombe plutôt à pic puisque l'urinoir (entre autres objets) est bien à l'Art ce que le comic-strip est à la littérature mondiale. Quitte à choisir, on se permettra toutefois de préférer Kafka.

    3 -  Tout en oubliant d'ajouter... de l'artiste et celui des collectionneurs-investisseurs, spéculateurs, critiques d'art, commissaires et autres agents de la scène artistique.

    4- Ou qu'un Duchamp lui pisse dessus avec cette fontaine urinoir.

    5- Faut dire qu'à la longue, ça doit bien user son homme ! Même s'il faut bien que jeunesse se passe ; et à ce sujet, on pourra aussi s'interroger sur le fait que celle de Duchamp n'est jamais passée ; Picabia, un temps Dada, après avoir fait l'idiot, a repris ses pinceaux et la peinture ; on épargnera à Duchamp l'exemple de Dali.

    6- Sûrement, il doit bien en être question... ce n'est pas possible autrement... une telle constance, une telle obstination, un tel acharnement dans le renoncement.

     

     

                        "Beyond Repetition: Marcel Duchamp's Readymades" – conférence de David Joselit qui s’attachera au « comment » à défaut du « pourquoi ».

     

    __________________

     

    En septembre 2014, le Centre Pompidou a consacré une exposition à la peinture de Duchamp : « Duchamp, la peinture même ».

    A propos de l'exposition Beaubourg : une critique ICI

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
  • Roger Garaudy : réhabilitation et justice

     

     

                 « Toujours à contre-nuit, comme un pont de lumière entre l’Europe et l’Orient»

     

    garaudy,censure,israël,usa,urss,christianisme,marxisme,philosophie,pcf,cgt,politique,justice,bannissement,bernanos,roger garaudy,kravtchenko

     

    Spiritualisme, morale marxiste, marxisme et Chrétiens, Islam…

     

                   Né le 17 juillet 1913 à Marseille, résistant, communiste, enseignant, député, sénateur, écrivain et philosophe, humanisme et marxisme, Bernanos de gauche, membre du parti communiste dès 1933, arrêté en 1940 sous le régime de Vichy, déporté en Algérie... après la libération Roger Garaudy entre au comité central du PCF.

    Très tôt, Roger Garaudy ouvrira un dialogue avec l’autre versant de la réflexion révolutionnaire dans l’ouvrage « L'église, le communisme et les Chrétiens » car pour Roger Garaudy, révolution et transcendance sont indissociables.

    En bon communiste discipliné et aveugle, il sera sans pitié pour Victor Kravtchenko (l'auteur de Chose Freedom, un livre dénonçant le système soviétique, publié à New York en 1946) même si, tel un effet boomerang, bien des années plus tard, à propos d'un de ses ouvrages, il lui faudra, lui aussi, faire face à une vendetta qui n’aura rien à envier à celle que Kravtchenko en 1947devra affronter au moment de son procès en diffamation contre l’accusation d’agent américain lancée par le PCF ; un Kravtchenko seul et abandonné par toute la classe intellectuelle dite de gauche, dite progressiste.

    L'invasion de la Tchécoslovaquie par l’URSS lui inspirera deux ouvrages : "Pour un modèle français du socialisme" et le questionnement suivant : "Peut-on être communisme".

    Au cours des années soixante il s’orientera vers une approche « auto-gestionnaire », voire « libertaire » de l’organisation de l’existence ; il penchera pour l’émancipation de la classe ouvrière des appareils des partis politiques et des syndicats : PCF – CGT en tête.

    En 1970 il est exclu du PCF. Il se tourne alors vers la religion : le Christianisme de son enfance avant de se convertir à l'Islam en 1982 après avoir vu dans le Coran la continuité du message de Christ : Jésus et les Evangiles. Il viendra à l’Islam « l’Evangile d’une main et le Capital de l’autre » précisera-t-il.            

     

    garaudy,censure,israël,usa,urss,christianisme,marxisme,philosophie,pcf,cgt,politique,justice,bannissement,bernanos,roger garaudy,kravtchenko

                (Partout les mêmes images : Gaza, Syrie, Irak, Yémen, Libye, Afghanistan - partout les USA, Israël, l'Arabie Saoudite, le Qatar, les djihadistes coalisés et une Europe supplétive : France et Grande Bretagne en tête)

     

                  Tous les titres des ouvrages de Roger Garaudy (plus de 60) témoignent d’un esprit d’une clairvoyance rare :

    - Les Fossoyeurs – Un nouvel appel aux vivants

    - Avons-nous besoin de Dieu ?

    - Vers une guerre de religion ? Débat du siècle

    - L'Islam et l'intégrisme

    - Les États-Unis avant-garde de la décadence,

    - Le Procès de la liberté

    - Le XXIe siècle – Suicide planétaire ou résurrection

    - Le Terrorisme occidental

     

                       Dans les années 90, il fut un des premiers à dénoncer un nouvel ordre mondial qui n’est que la continuité de l’ancien désordre colonial.

    L'ouvrage "Les mythes fondateurs de la politique israélienne" publié en 1995 fera de lui la victime d’un long acharnement qui n’aura rien à envier aux procès staliniens des années 30 et 40… jusqu’à sa « chute » et son bannissement professionnel et médiatique.

    L’ouvrage en question se compose de trois chapitres principaux : « Les mythes théologiques », « les mythes du XXe siècle » et « l'utilisation politique du mythe ».

                      Roger Garaudy explique le pourquoi de cet ouvrage :

     
    " ... les intégrismes, générateurs de violences et de guerres, sont une maladie mortelle de notre temps. Ce livre fait partie d'une trilogie que j'ai consacrée à les combattre : Grandeur et décadence de l'Islam , dans lequel je dénonce l'épicentre de l'intégrisme musulman : l'Arabie Saoudite. Deux ouvrages consacrés à l'intégrisme catholique romain qui, tout en prétendant "défendre la vie", disserte sur l'embryon, mais se tait lorsque 13 millions et demi d'enfants meurent chaque année de malnutrition et de faim. Ces ouvrages s’intitulent : Avons-nous besoin de Dieu ? et Vers une guerre de religion ? 

    Le troisième volet du triptyque, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, dénonce l'hérésie du sionisme politique qui consiste à substituer au Dieu d'Israël l'Etat d'Israël, porte-avions nucléaire et insubmersible des Etats-Unis qui entendent s'approprier les pétroles du Moyen-Orient.

    Une politique aussi inavouable en son fond exige le camouflage que mon livre a pour objet de dévoiler. D'abord, une prétendue justification "théologique" des agressions par une lecture intégriste des textes révélés, transformant le mythe en histoire : la terre conquise devenant "terre promise". Il en est de même pour l'Exode, cet éternel symbole de la libération des peuples contre l'oppression et la tyrannie, invoqué aussi bien par le Coran (XLIV, 31-32) que par les actuels "Théologiens de la libération".

    Et puis une mythologie plus moderne : celle de l'Etat d'Israël qui serait "la réponse de Dieu à l'Holocauste", comme si Israël était le seul refuge des victimes de la barbarie de Hitler, alors qu'Itzhak Shamir lui-même écrit: "Contrairement à l'opinion commune, la plupart des immigrants israéliens n'étaient pas les survivants de l'Holocauste, mais des Juifs de pays arabes, indigènes à la région."

     

                      Si à aucun moment Roger Garaudy ne niera le génocide juif, Roger Garaudy n'aura eu qu'un seul tort : dénoncer l'exploitation de ce génocide à des fins de domination et de spoliation ; ce qu'on nommera plus tard... la shoah-business, sujet de controverse lancé par le politologue et historien américain Norman G. Finkelstein dans un livre publié en 2000, sous le titre : L’Industrie de l’Holocauste : réflexions sur l’exploitation de la souffrance des Juifs.

     

    garaudy,censure,israël,usa,urss,christianisme,marxisme,philosophie,pcf,cgt,politique,justice,bannissement,bernanos,roger garaudy,kravtchenko

    (Se soumettre ou périr)

     

                       Agrégé de philosophie à 23 ans, d’une intelligence foudroyante d’une limpidité redoutable (pensée limpide dans la noirceur du siècle), suite à la publication de cet ouvrage sur l’Etat d’Israël et sa condamnation par les tribunaux à la demande des associations juives, le bannissement de Roger Garaudy de la vie intellectuelle française, peine de mort civile, annoncera la fin des débats politiques, intellectuels et spirituels en France au profit d’un « il n’y a pas d’alternative » dévastateur, qui scellera une défaite sans précédent de la pensée, comme autant de réactions en chaîne d’une décadence intellectuelle et d’une rupture de la transmission d'une tradition philosophique humaniste ; décadence qui propulsera au devant de la scène, après une chute vertigineuse de tous les niveaux de la réflexion intellectuelle et historique, un contingent arrogant, bruyant, d’une intolérance inouïe - obscurantisme, terreur et mensonges : trou noir cauchemardesque de la pensée -, relayé par des médias aux ordres qui, d'une pierre deux coups, enterreront sans sourciller, six pieds sous terre, leur métier de journaliste : Bernard-Henri Lévy, Bernard Tapie, Jack Lang, Bernard Kouchner, Alain Finkielkraut, Eric Zemmour, La Licra, le CRIF, Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, Manuel Valls, François Hollande…

     

    garaudy,censure,israël,usa,urss,christianisme,marxisme,philosophie,pcf,cgt,politique,justice,bannissement,bernanos,roger garaudy,kravtchenko

    (Autre confirmation de la fin de tous les débats - Gaza 2008)

     

                 Infortuné, Roger Garaudy décédera le 13 juin 2012 dans le silence assourdissant d'une caste médiatique et intellectuelle terrifiée à l'idée de lui rendre justice : en effet, le premier qui s'y risquerait... sauterait.

    Qu'à cela ne tienne : Roger Garaudy aura été sans aucun doute un homme du futur… «… l'homme qui a brisé les frontières idéologiques artificielles du XX° siècle » : religion et marxisme. 

     

                        Mais alors, qui donc aujourd’hui osera témoigner en sa faveur sans craindre la relégation ?

    Lien permanent Catégories : Histoire et révisionnisme, Israël : judaïsme, sionisme et colonisation, Littérature et essais ad hominem 1 commentaire
  • La liseuse

     

     

                     N'avoir pour seul avenir qu'une poignée de mots ! Ceux des auteurs qui l'accompagnent tard dans la nuit. Car, lorsque Internet ne lui offre pas ce qu'elle attend, elle lit jusqu'à l'épuisement ; la lecture devient alors le sablier qui la conduit au sommeil.

                     Si lire c'est s'oublier soi-même et le monde tel que nous le vivons pour mieux en habiter un autre - celui qui au quotidien nous demeure étranger, impénétrable ; lire c'est aussi redécouvrir qu'il encore possible de toucher du doigt une vérité sur chacun de nous ; mille témoignages d'une vie hors des livres : la vraie vie, celle qui fait du succès une montagne à la vue imprenable et de l'échec, une tombe.

    Bonne ou mauvaise, la littérature nous absout et nous réconcilie, tout comme ce silence qu'elle impose à ses lecteurs : silence avec soi-même. Elle ne va pas y chercher une guérison ; ses lectures ne résorbent aucune de ses fièvres ; elle y abandonne le plus souvent les dernières forces de la journée qui s'achève.

    Lumière et obscurité ; partir loin de soi pour mieux y revenir ; dérives infinies. Miroir de sa propre existence, seule avec le monde, ses lectures tracent les cartes de territoires innombrables qui, en ce qui la concerne, ont la fâcheuse habitude de s'ouvrir et de se refermer sur des contrées inhospitalières, aux invocations et aux suppliques sans nombre ; lectures qui la submergent, la pénètrent et l'engloutissent.

    Un bouquant d'enfer, ses lectures ! Une page d'espérance, une page de désespoir, c'est bien sa propre vie qu'elle va chercher dans une littérature de substitution jusqu'à se perdre dans le labyrinthe de l'oubli de soi en tant qu'impuissance.

    Les livres, elle les ouvre au hasard, elle les feuillette et puis soudain, elle plonge et les dévore dans une lecture obsessionnelle : une flamme qui finit toujours par la brûler cette lecture ; et dans ces moments-là, c'est l'éternité qu'elle embrasse, pour un temps non répertorié, un temps sans partage possible ; un temps pour sentir battre le monde avec sa veine gorgée de sang et des larmes qu'elle ne peut plus verser sur elle-même.

    Ce qu'on fait de mieux dans ce qu'il y a de pire ! D'un état ordinaire, on descend vers l'abîme, et là, les exemples ne manquent pas : amours aussi extravagantes qu'impossibles, inceste, tueurs en série, femmes humiliées, couples défaits, « La petite du Vel'd'hiv » ; des biographies qui mettent en scène des pères abusifs, des mères soumises, femmes afghanes ou africaines quand la lumière était encore sur elles, pour finir avec Proust qu'elle lit sans fin et sans force ; auteur vers lequel on se tourne une fois que l'on a baissé les bras et qu'on s'est juré de ne plus porter aucun livre - à bout de bras, justement ! -, en y cherchant dans cette lecture, sa propre terminaison, prisonnière d'une chambre tombeau, dernière sépulture de vie pour les convalescents et les agonisants de l'existence.

    Arrivée à saturation, c'est alors qu'elle chavire dans un sommeil de plomb, exténuée.

     

    ______________________

     

    Extrait du titre : "La consolation" - copyright Serge ULESKI

     

    A propos du titre : cliquez La consolation

    Lien permanent Catégories : Littérature et essais ad hominem 0 commentaire
  • Hillary Clinton : toujours plus de chaos à venir !

     

    hillary clinton,Diana Johnstone,jean bricmont,usa,

     

                    Un Donald Trump outrancier offert à la communauté internationale, sorte d'écran de fumée pour occuper les médias et nous faire oublier l'héritière de la principale puissance responsable de l'insécurité et du chaos dans le monde depuis 20 ans...

    Guerre sécuritaire chez les Républicains, guerre humanitaire aux millions de morts chez les Démocrates, Donald Trump,  Hillary Clinton... les USA ne veulent pas partager le monde ; toute relation gagnant-gagnant leur est étrangère car tous doivent se soumettre ou périr... c'est la politique de domination par le chantage au chaos menée par Washington depuis 20 ans. Et c'est la journaliste et écrivain américaine Diana Johnstone qui nous le rappelle.

     

     

              À l’occasion de la sortie de son livre "Hillary Clinton : La Reine du chaos", Diana Johnstone souhaite mettre l'Europe devant ses responsabilités car sans son soutien et sans sa soumission aux diktats étasuniens, cette politique du pire qui est celle des USA n'aurait jamais pu voir le jour ni se maintenir à un tel niveau de destruction ; une politique qui ne connaît plus aucune retenue depuis la chute du mur de Berlin et la désintégration de l'URSS.

    Rappelons que sans le soutien de Tony Blair, et alors que la France de Chirac et de Villepin s'y était opposée, jamais les USA n'aurait détruit l'Irak en 2003.

     

             Diana Johnstone place la France au centre de la responsabilité européenne car cette Américaine n'attend plus rien de son pays ; à ses yeux, aucun changement de politique internationale ne viendra de Washington et certainement pas avec Hillary Clinton à la Maison Blanche.

    actualité,politique,hillary clinton,diana johnstone,chaos,usa,donald trump,tony blair,chirac,de villepin,washington,justice

                 Diana Johnstone sera-t-elle entendue ? On peut en douter. L'Europe est gouvernée par des hommes et des femmes formés aux USA ; quant à ceux qui ont séché les cours, on ne pourra que déplorer le fait qu'ils n'ont ni le caractère ni la lucidité ni le courage propres à une lecture panoramique du monde qui balaie de son intelligence préventive tous les horizons dans la nécessité de prévenir les tensions et de préserver les équilibres qui seuls garantissent un monde sécurisé et apaisé dans la pluralité des cultures et des sociétés.

     

     

     ____________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Capital, crise, guerre et reconstruction

     

    Lien permanent Catégories : Israël : judaïsme, sionisme et colonisation, Medias, désinformation et ré-information 0 commentaire
  • George Carlin : l'oncle d'Amérique de Dieudonné

                       Election américaine oblige !

     

     

                Décédé en 2008, à l'âge de 71 ans, George Carlin aura fait rire et penser, 50 années durant, des millions d'Américains et d'anglophones.

     

     

    Cliquez sur " paramètres" (settings) puis sur "subtitles" pour activer la traduction française


    "Ca s'appelle "le rêve américain" car, pour y croire, il faut être endormi".

     

    ***

     

     

                        Dans un monde où la bêtise et le mensonge sont rois, rien n'est plus drôle et plus terrifiante que la vérité.

     

    ***

     

                     Satiriste et polémiste d'origine irlandaise, George Carlin n'épargnera personne : Présidents, gouvernements et leur politique, la société moderne américaine, les religions, les communautés, les lobbies... il ne connaîtra aucun tabou, il s'autorisera tout ; il abordera tous les sujets sans retenue ni auto-censure.

     

     

    ______________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Les vidéos de George Carlin

     

    Lien permanent Catégories : Art et culture, politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu