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  • Penser l'Art aujourd’hui avec Marcel Duchamp…

     

     

                     Entretien avec Marcel DUCHAMP (1887-1968) sur ses Ready-made, en juin 1967 à Paris, à la galerie GIVAUDAN.

     


                  On remarquera l’absence d’émotion ; un léger sourire amusé mais pas de rire, pas d’humour ni d’ironie ; une sorte de désinvolture sérieuse, sûre de son fait ; pas de propos moqueurs ou cyniques non plus, même si le discours de Duchamp sur ses Ready-made demeure bel et bien, et ce depuis plus de soixante ans (à l’heure où cet entretien est filmé), une attaque frontale des catégories de l'art à propos desquelles chaque parole de Duchamp exprime le rejet systématique ; soixante années d’une provocation bien maîtrisée, sans haine ni fracas, d’une radicalité d’une bonhomie surprenante - sorte de degré supérieur de la sagesse chez les prévaricateurs de l’Art ? -, qui doit bien malgré tout cacher quelques aspérités de l’âme, dans une fausse distanciation et un détachement feint très certainement symptomatique d’un rapport au monde, et ce dès 1913 - dès les premiers Ready-made -, d’une émotivité explosive... même si l'explosion n'arrivera jamais, ni de sa vie passée ni des quelques mois qu'il lui reste à vivre - nous sommes en 1967.

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                     Pour une grande dépression de l'homme Marcel Duchamp qui a très tôt refusé la consolation de l’Art

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    Nu descendant un escalier – 1912 : 146 cm × 89 cm


                   Né dans l’Art, tombé dans la peinture et la sculpture dès sa naissance – grands-parents, frères, sœurs sculpteurs et peintres -, et bien qu’il ait échoué au concours d'entrée des Beaux Arts de Paris, Marcel Duchamp hésitera très tôt entre deux carrières : humoriste ou peintre jusqu'au jour où…

    Mais... laissons la parole à Marcel Duchamp à propos de son tableau Nu descendant un escalier : « Je l'avais envoyé aux Indépendants de Paris en février 1912, mais mes amis artistes (cubistes et autres) ne l'aimèrent pas »

                   L'article 1 du statut de l'association Les Indépendants dispose que l'objet de la Société des artistes indépendants - fondée sur le principe de l'abolition des jurys d'admission - est de permettre aux artistes de présenter leurs œuvres au jugement du public en toute liberté.

    Si dans ce nu qui descend un escalier « il y avait plus à comprendre qu'à contempler », l’entourage supposément « révolutionnaire » de Duchamp, composé d’artistes cubistes, refusa ce nu (ainsi que son titre) au prétexte qu’il était déjà post-cubiste et un peu trop futuriste à son goût. Sans doute Duchamp ne s’est-il jamais remis de ce refus - il a alors une vingtaine d'années -, car des biographes audacieux ont vu à propos de ce rejet les prémisses d’une scène primitive, expérience traumatique qui s’avèrera fondatrice d’une vision de l’Art qui, du jour au lendemain, changea du tout au tout : à compter de ce refus d’un dogmatisme inattendu proche d’un académisme que ce mouvement cubiste était pourtant censé récuser de tous ses pinceaux et brosses de peintres, jamais plus Duchamp ne touchera un pinceau ni à un tube de peinture. Et c’est dans un immense éclat de rire… jaune de surcroît, le premier et le dernier rire - Duchamp sera tel Buster Keaton, un homme qui jamais ne sourit ni ne rit ! -, que Duchamp est devenu Marcel Duchamp alias R. Mutt, fabricant de sanitaire.

                    Plus de règle, plus de hiérarchie, à compter de ce refus, tout sera de l’Art - une roue, un porte-bouteille, un urinoir -, comprenez : plus rien ne le sera. Renonçant aux catégories de l'Art, au beau, au laid, à la notion même d’œuvre, dans un travail de sape sans précédent qui en annoncera bien d’autres encore (dans les années soixante dix, des artistes, pour ne pas être en reste, exposèrent leurs excréments dûment signés par leurs auteurs), comme autant de tentatives d’enfoncer le clou profond, bien profond… Duchamp décida alors que rien ne lui résisterait, ni matière ni aucun entendement.

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                                         Marcel Duchamp: Roue de bicyclette, ready made de 1913

     

                    C’est à ce moment-là que le Ready-made (1)verra le jour (dès 1913), aube et crépuscule tout à la fois. Désormais, le nom de Duchamp sera associé aux détournements d'objets tout faits, sans intérêt visuel de préférence, qu’il choisira pour leur neutralité esthétique : roue de bicyclette (1913), porte bouteilles (1914), fontaine (1917) ; il se contentera de les signer R. Mutt (2)...

    Le Ready-made… « Objet manufacturé promu à la dignité d'objet d'Art par le seul choix de l'artiste » (3) se verra doté d'un discours froid, indifférent à l'image de l'objet choisi, sans humour ni ironie, purement théorique, replié sur lui-même et fermé : pas de descriptions, pas d’explications ni d'intentions affichées, ni revendications ni dénonciation :  « Un ready made ne doit pas être regardé, on prend notion par les yeux qu'il existe, on ne le contemple pas. Le ready made ne peut exister seulement par la mémoire. »

    Anti-rétinien (Circulez y a rien à voir ! Y a qu’à se souvenir !), c'est sûr, de nombreuses carrières se sont alors bâties autour et sur le nom de Duchamp, à partir de l’interprétation de son "non-art" et le commentaire de son "absence d'oeuvre" ! Commentaires sur le "comment" et plus rarement sur le "pourquoi" (pourquoi a-t-il fait cette non-œuvre-là et pas une autre ?) ; car si Duchamp a révolutionné la conception de l’art -  là où il commence et là où il ne se termine pas ; ni fin ni commencement puisque tout est Art -, il s'est très certainement agi d'une révolution dans laquelle on ne reconnaîtra à l’être humain qu’un droit et qu'un devoir : celui de marcher sur les plates bandes et de pousser mémère dans les orties, couvrant de ridicule et de quolibets quiconque aurait dans l’idée de célébrer et de défendre par exemple : efforts et travail dispensés pour une finalité bouleversante et incontestable dans sa maîtrise et son inspiration, témoin indiscutable d‘années de recherche et d’apprentissage solitaires et têtus... au profit d’un Art de force, de témérité et de victoire qui s’appuie sur une ascèse indéfectible.

                     Si Duchamp a mené une réflexion sur la notion d’Art et sur l’esthétique, comme on l'a longtemps prétendu, et aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui s’y sont engouffrés… à moindre frais, d'une paresse et d'une complaisance inouïes, en suiveurs adeptes du "moindre" jusqu'au "moins que rien" dans un tout qui n'en serait pas davantage, sinon moins encore. Il est vrai que certains d'entre eux furent très vite trop heureux de servir une finalité à l’image du projet de société développé après la Seconde guerre mondiale - le tout marchant, le tout marchandise, jusqu'à l'humain plus récemment -, culminant dans les années 60 avec une société consommatrice de tout et d’un Pop-art - art opportuniste qui, tout comme la musique pop, trouve sa raison d’être produit et diffusé, dans le business que l’on peut y faire et seulement dans cette perspective ! -, dont les "critiques" n’ont jamais pu se départir  pour notre malheur à tous, puisque cet art-pop filiale de ce non-art qu'est l'art contemporain - abrégé AC comme art conceptuel pratiqué par des philosphes-artistes qui n'ont jamais étudié cette discipline qu'est la philosophie ; discipline qui demande, il est vrai, il faut le rappeler, près d'une bonne dizaine d'années d'études -, occupe aujourd’hui 80% de la couverture médiatique artistique.

    C'est sûr, le pop art doit tout à Duchamp, et les fortunes faites lui sont plus que redevables du fait que, par voie de conséquence, Duchamp triomphant, tous les jugements ne seront pas seulement suspendus mais tout simplement congédiés : tout le monde aura droit à sa minute non pas de silence mais de tintamarre de reconnaissance, de célébrité et de gloire ! Le mouvement fluxus ne sera pas en reste, sans proposition mais actif, bien décidé à perpétrer l’œuvre sans œuvre du Maître.  

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                                 La Mariée mise à nu par ses célibataires, même (Le grand Verre) - 1915-1923 - 277,5 cm × 175,9 cm

         
                   Tour à tour cubiste, futuriste, dada, surréaliste, Art, anti-Art, an-art... faites votre choix !

                   Bénéficiant d’un désert artistique dans un pays neuf et sans art (art autre que premier ou primitif des autochtones amérindiens ; si tant est que cet art ait été valorisé à cette époque car on peut toujours après coup, adorer ceux que l'on a massacrés !), privés d’histoire de l’Art, seuls les Etats-Unis pouvaient très tôt, bien avant les années 20, fêter Duchamp.

    Mais alors, malgré les apparences aussi trompeuses qu’elles puissent être quand elles nous dissimulent l’essentiel d’une démarche à la racine de laquelle on trouvera très certainement un désabusement et une mélancolie chronique, qui nous parlera du spleen de Duchamp, de cette grande dépression de l'homme qui a refusé la consolation de l’Art ? Dépressif dans un monde pressenti déprimant avant l’heure, comment Duchamp a-t-il pu survivre à un tel refus - refus de l'Art, refus de l'oeuvre, refus des valeurs -, même ludique et distancié au possible ?

    Est-ce la célébrité qui a porté Duchamp, une reconnaissance mondiale qui lui a permis d’acheminer son existence, année après année… pour mieux survivre psychiquement (alors que d’autres sombreront très vite dans le non-être à coups d’overdoses) à un tel renoncement très tôt dans son existence - « Tout est art ! » Le renoncement de tous les renoncements pour un artiste : le non choix puisque tout se vaut ?

    Dépression, tristesse assumée comme un moindre mal… on le serait à moins, c’est sûr ! Aussi soyons compatissants... si l'Art est un mirage comme le pensait Duchamp, alors il doit très certainement s'agir d'un mirage dans un désert. Mais alors, que penser d’une société prête à accepter une telle proposition, une société disposée à se tirer une balle dans le pied (4), du gros calibre en l’occurrence, et dont la détonation n’a pas fini de se faire entendre, même si aujourd’hui, essoufflée, cette société a cessé semble-t-il d’en rire ou d’en ricaner préférant tenir des discours très sérieux et posés autour de cet Art qui, après réflexion, n’aurait jamais quitté Duchamp, qui ne s’en serait jamais absenté, même un instant,  jusqu’à le célébrer car, finalement, oeuvre il y a, et Art aussi, et pire ou mieux encore : Duchamp est bel et bien et à jamais, entré dans l'histoire de l'Art - d’autant plus qu’il n’est plus là pour s’élever contre toutes ces louanges et tous ces discours...

    Cette société-là est sans aucun doute sur une pente savonneuse…

     

                    Dada triste  - "Il n'y a pas de solution car il n'y a pas de problème" disait Duchamp - ce qui signifie aussi que tout fait problème -, surréaliste sans joie  (5), Jeanne Raynal (artiste américaine à ses heures) a dit de lui "qu'il s'est laissé mourir toute sa vie". Individualiste forcené sur le mode "Chacun pour soi comme dans un naufrage", Duchamp tirera sa révérence sans bruit à l’âge de 81 ans, jeune et beau. Mais alors, est-ce que le non-art conserve les non-artistes bien mieux que tous les autres qui revendiquent la poursuite d'une oeuvre ?

    A la décharge de Duchamp, on notera encore une fois l’absence de cynisme et la présence d’une remise en cause radicale proche d’un désespoir aussi profond qu’indéfinissable, sans doute insondable (6), désespoir que l’ART seul peut dépasser même dans la négation ; et c’est là le paradoxe et le questionnement qui naît de la confrontation avec la démarche de Duchamp : comment transcender le désespoir sans l'aide non seulement de Dieu mais de l'Art (autant dire.... une ambition et une tâche titanesques)  ? Lui, Duchamp, pour qui l’on devait tous faire le deuil de cet Art qui devait mourir parce que Marcel Duchamp en avait décidé ainsi à l’entrée de l’âge adulte qui n’est pourtant que l’enfance de l’Art pour tout artiste qui mettra toute une vie à en venir à bout… souvent en vain, loin de toute reconnaissance et sans postérité aussi.

                                             

    ***

              Marcel Duchamp nous a donné à comprendre que « Le ready made ne fait rien, il attend la mort, les questions d'art ne l'intéressent plus » Et aujourd’hui, qu’est-ce qui intéresse nos sociétés ? Quels projets ?

    Allons donc voir du côté de tous les renoncements dont elles sont capables, et ce au plus haut niveau de décision de toutes les décisions qui concernent ses millions de membres.

    Prophète malgré lui mais indifférent, n'en tirant aucune gloire, avec Duchamp, ce non-artiste nécessaire d’une non-œuvre riche en enseignements qui célèbre le non-art ou bien plutôt sa mort… toujours prochaine, c'est l'humain qui tire sa révérence et qui attend, lui aussi la fin - Oh non ! pas la fin du monde ! -, mais sa fin à lui, sans projet, à bout de force, résigné, tel un bouchon sur l’eau, sans plus de volonté ; sa petite fin à la fois unique et commune à tous, la mort, sa mort... immense car il n'en aura pas d'autre.

                   Duchamp a allumé la mèche en 1913, depuis, l’étincelle continue son petit bonhomme de chemin… elle se rapproche du baril  ; certains pensent qu’il est vide, d’autres plein d’une substance inoffensive même sous le feu et sa chaleur ; d’autres encore redoutent le pire…

    Pschitt ou boum ? Pile ou face ?

              Et même si un coup de dés jamais n'abolira le hasard, en attendant, qu’est-ce que l’homme est joueur quand même !

     

     

    1 - Déjà Jules Lévy assisté d'Alphonse Allais dans les années 1880 savait sans vergogne moquer l'Art qui s'écrit avec une majuscule ; le mouvement qu'il a fondé "Les arts incohérents" affichait un anti-Art sans retenue ; même Dada ne fera pas pire ( ou mieux, c'est selon).

     

    2 - Alias inspiré par les comic strips - sorte de bande dessinée humoristique bon marché vendue  alors à des millions d’exemplaires aux USA… ce qui tombe plutôt à pic puisque l'urinoir (entre autres objets) est bien à l'Art ce que le comic-strip est à la littérature mondiale. Quitte à choisir, on se permettra toutefois de préférer Kafka.

    3 -  Tout en oubliant d'ajouter... de l'artiste et celui des collectionneurs-investisseurs, spéculateurs, critiques d'art, commissaires et autres agents de la scène artistique.

    4- Ou qu'un Duchamp lui pisse dessus avec cette fontaine urinoir.

    5- Faut dire qu'à la longue, ça doit bien user son homme ! Même s'il faut bien que jeunesse se passe ; et à ce sujet, on pourra aussi s'interroger sur le fait que celle de Duchamp n'est jamais passée ; Picabia, un temps Dada, après avoir fait l'idiot, a repris ses pinceaux et la peinture ; on épargnera à Duchamp l'exemple de Dali.

    6- Sûrement, il doit bien en être question... ce n'est pas possible autrement... une telle constance, une telle obstination, un tel acharnement dans le renoncement.

     

     

                        "Beyond Repetition: Marcel Duchamp's Readymades" – conférence de David Joselit qui s’attachera au « comment » à défaut du « pourquoi ».

     

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    En septembre 2014, le Centre Pompidou a consacré une exposition à la peinture de Duchamp : « Duchamp, la peinture même ».

    A propos de l'exposition Beaubourg : une critique ICI

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  • Roger Garaudy : réhabilitation et justice

     

     

                 « Toujours à contre-nuit, comme un pont de lumière entre l’Europe et l’Orient»

     

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    Spiritualisme, morale marxiste, marxisme et Chrétiens, Islam…

     

                   Né le 17 juillet 1913 à Marseille, résistant, communiste, enseignant, député, sénateur, écrivain et philosophe, humanisme et marxisme, Bernanos de gauche, membre du parti communiste dès 1933, arrêté en 1940 sous le régime de Vichy, déporté en Algérie... après la libération Roger Garaudy entre au comité central du PCF.

    Très tôt, Roger Garaudy ouvrira un dialogue avec l’autre versant de la réflexion révolutionnaire dans l’ouvrage « L'église, le communisme et les Chrétiens » car pour Roger Garaudy, révolution et transcendance sont indissociables.

    En bon communiste discipliné et aveugle, il sera sans pitié pour Victor Kravtchenko (l'auteur de Chose Freedom, un livre dénonçant le système soviétique, publié à New York en 1946) même si, tel un effet boomerang, bien des années plus tard, à propos d'un de ses ouvrages, il lui faudra, lui aussi, faire face à une vendetta qui n’aura rien à envier à celle que Kravtchenko en 1947devra affronter au moment de son procès en diffamation contre l’accusation d’agent américain lancée par le PCF ; un Kravtchenko seul et abandonné par toute la classe intellectuelle dite de gauche, dite progressiste.

    L'invasion de la Tchécoslovaquie par l’URSS lui inspirera deux ouvrages : "Pour un modèle français du socialisme" et le questionnement suivant : "Peut-on être communisme".

    Au cours des années soixante il s’orientera vers une approche « auto-gestionnaire », voire « libertaire » de l’organisation de l’existence ; il penchera pour l’émancipation de la classe ouvrière des appareils des partis politiques et des syndicats : PCF – CGT en tête.

    En 1970 il est exclu du PCF. Il se tourne alors vers la religion : le Christianisme de son enfance avant de se convertir à l'Islam en 1982 après avoir vu dans le Coran la continuité du message de Christ : Jésus et les Evangiles. Il viendra à l’Islam « l’Evangile d’une main et le Capital de l’autre » précisera-t-il.            

     

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                (Partout les mêmes images : Gaza, Syrie, Irak, Yémen, Libye, Afghanistan - partout les USA, Israël, l'Arabie Saoudite, le Qatar, les djihadistes coalisés et une Europe supplétive : France et Grande Bretagne en tête)

     

                  Tous les titres des ouvrages de Roger Garaudy (plus de 60) témoignent d’un esprit d’une clairvoyance rare :

    - Les Fossoyeurs – Un nouvel appel aux vivants

    - Avons-nous besoin de Dieu ?

    - Vers une guerre de religion ? Débat du siècle

    - L'Islam et l'intégrisme

    - Les États-Unis avant-garde de la décadence,

    - Le Procès de la liberté

    - Le XXIe siècle – Suicide planétaire ou résurrection

    - Le Terrorisme occidental

     

                       Dans les années 90, il fut un des premiers à dénoncer un nouvel ordre mondial qui n’est que la continuité de l’ancien désordre colonial.

    L'ouvrage "Les mythes fondateurs de la politique israélienne" publié en 1995 fera de lui la victime d’un long acharnement qui n’aura rien à envier aux procès staliniens des années 30 et 40… jusqu’à sa « chute » et son bannissement professionnel et médiatique.

    L’ouvrage en question se compose de trois chapitres principaux : « Les mythes théologiques », « les mythes du XXe siècle » et « l'utilisation politique du mythe ».

                      Roger Garaudy explique le pourquoi de cet ouvrage :

     
    " ... les intégrismes, générateurs de violences et de guerres, sont une maladie mortelle de notre temps. Ce livre fait partie d'une trilogie que j'ai consacrée à les combattre : Grandeur et décadence de l'Islam , dans lequel je dénonce l'épicentre de l'intégrisme musulman : l'Arabie Saoudite. Deux ouvrages consacrés à l'intégrisme catholique romain qui, tout en prétendant "défendre la vie", disserte sur l'embryon, mais se tait lorsque 13 millions et demi d'enfants meurent chaque année de malnutrition et de faim. Ces ouvrages s’intitulent : Avons-nous besoin de Dieu ? et Vers une guerre de religion ? 

    Le troisième volet du triptyque, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, dénonce l'hérésie du sionisme politique qui consiste à substituer au Dieu d'Israël l'Etat d'Israël, porte-avions nucléaire et insubmersible des Etats-Unis qui entendent s'approprier les pétroles du Moyen-Orient.

    Une politique aussi inavouable en son fond exige le camouflage que mon livre a pour objet de dévoiler. D'abord, une prétendue justification "théologique" des agressions par une lecture intégriste des textes révélés, transformant le mythe en histoire : la terre conquise devenant "terre promise". Il en est de même pour l'Exode, cet éternel symbole de la libération des peuples contre l'oppression et la tyrannie, invoqué aussi bien par le Coran (XLIV, 31-32) que par les actuels "Théologiens de la libération".

    Et puis une mythologie plus moderne : celle de l'Etat d'Israël qui serait "la réponse de Dieu à l'Holocauste", comme si Israël était le seul refuge des victimes de la barbarie de Hitler, alors qu'Itzhak Shamir lui-même écrit: "Contrairement à l'opinion commune, la plupart des immigrants israéliens n'étaient pas les survivants de l'Holocauste, mais des Juifs de pays arabes, indigènes à la région."

     

                      Si à aucun moment Roger Garaudy ne niera le génocide juif, Roger Garaudy n'aura eu qu'un seul tort : dénoncer l'exploitation de ce génocide à des fins de domination et de spoliation ; ce qu'on nommera plus tard... la shoah-business, sujet de controverse lancé par le politologue et historien américain Norman G. Finkelstein dans un livre publié en 2000, sous le titre : L’Industrie de l’Holocauste : réflexions sur l’exploitation de la souffrance des Juifs.

     

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    (Se soumettre ou périr)

     

                       Agrégé de philosophie à 23 ans, d’une intelligence foudroyante d’une limpidité redoutable (pensée limpide dans la noirceur du siècle), suite à la publication de cet ouvrage sur l’Etat d’Israël et sa condamnation par les tribunaux à la demande des associations juives, le bannissement de Roger Garaudy de la vie intellectuelle française, peine de mort civile, annoncera la fin des débats politiques, intellectuels et spirituels en France au profit d’un « il n’y a pas d’alternative » dévastateur, qui scellera une défaite sans précédent de la pensée, comme autant de réactions en chaîne d’une décadence intellectuelle et d’une rupture de la transmission d'une tradition philosophique humaniste ; décadence qui propulsera au devant de la scène, après une chute vertigineuse de tous les niveaux de la réflexion intellectuelle et historique, un contingent arrogant, bruyant, d’une intolérance inouïe - obscurantisme, terreur et mensonges : trou noir cauchemardesque de la pensée -, relayé par des médias aux ordres qui, d'une pierre deux coups, enterreront sans sourciller, six pieds sous terre, leur métier de journaliste : Bernard-Henri Lévy, Bernard Tapie, Jack Lang, Bernard Kouchner, Alain Finkielkraut, Eric Zemmour, La Licra, le CRIF, Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, Manuel Valls, François Hollande…

     

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    (Autre confirmation de la fin de tous les débats - Gaza 2008)

     

                 Infortuné, Roger Garaudy décédera le 13 juin 2012 dans le silence assourdissant d'une caste médiatique et intellectuelle terrifiée à l'idée de lui rendre justice : en effet, le premier qui s'y risquerait... sauterait.

    Qu'à cela ne tienne : Roger Garaudy aura été sans aucun doute un homme du futur… «… l'homme qui a brisé les frontières idéologiques artificielles du XX° siècle » : religion et marxisme. 

     

                        Mais alors, qui donc aujourd’hui osera témoigner en sa faveur sans craindre la relégation ?

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  • Attentats parisiens : « Pourquoi je meurs ? »

                      Billet de blog rédigé en novembre 2015

     

     

     

                   "La réponse aux assassins doit être plus de fraternité, plus de démocratie, plus d'amour mais pas moins de débat."

         Jean-Luc Mélenchon, dimanche 15 novembre 2015 au sortir de l'Elysée.

      

     

     

                    Toutes ces voix brisées, sanglots dans la voix, tous ces visages, jeunes le plus souvent, les yeux rougis d’avoir trop pleuré... tous ces témoignages (1) diffusés tout au long de la soirée de Vendredi 13 novembre 2015, semblent ne poser qu’une question : « Pourquoi je meurs ? » car, tous sont morts ce soir-là, autant ceux qui n’en sont pas revenus que ceux qui en ont « réchappé » car on ne réchappe de rien, du moins jamais vraiment, quand il s’est trouvé qu’ils étaient trop nombreux autour de vous à ne pas avoir eu cette ultime chance.

     

                   Difficile néanmoins d’accepter qu’aucune réponse ne soit apportée à cette question lancinante « Pour(-)quoi je meurs ? ». Question qui n’est pas près de cesser de hanter tous ceux qu’elle a déjà commencé de vampiriser.

    Et c’est alors que l’on prend son courage à deux mains pour tenter d’expliquer deux ou trois choses :

                   Pourquoi je meurs ? demandez-vous...  eh bien, permettez-moi de vous dire que le jour où vous vous déciderez à ne plus accepter de vivre dans l’ignorance, alors, ce jour-là, vous aurez non seulement la réponse à votre question mais... d'une pierre deux coups, à votre douleur et à votre peur, vous substituerez une colère bienfaitrice car salvatrice. Mais attention ! Pas n’importe quelle colère ! Pas la colère dont l’Etat fait des choux gras ; la colère dont l’Etat se nourrit jusqu’à en devenir obèse, car cette colère-là renforce son pouvoir ; alors non ! pas cette colère, cette fameuse colère, celle qui nous est le plus souvent donnée à voir et entendre les jours des grandes catastrophes, la colère de l’ignorance bien évidemment ! Celle qui prend les effets pour les causes et ce faisant, se trompe de cible.

    Et pour ce qui est des tueries de ce vendredi 13 censé être la « Journée de la gentillesse » - eh oui ! le plus sérieusement du monde ! -, il est bien évidemment question de cette colère qui oubliera dans les jours à venir, soyons-en certains, de se tourner vers le palais de l’Elysée, l’hôtel Matignon et les façades du ministère des affaires étrangères, quai d’Orsay, ainsi que vers les ambassades des Etats-Unis et d’Israël ; deux Etats qui ont pris le contrôle de notre politique étrangère avec nos "dirigeants" - Hollande, Valls et Fabius - qui vouent "un amour éternel" à ces deux Etats (2) qui représentent un véritable danger pour la paix dans le monde depuis une bonne vingtaine d'années.

     

                   « Vous ne vous occupez pas de politique, monsieur ; je vous plains, car un jour la politique s'occupera de vous. »

                   Royer-Collard (à Sainte Beuve)

     

                   Alors oui ! Il est bel et bien question de substituer à cette colère de l'ignorance entretenue par l'Etat et ses relais médiatiques, la colère de ceux qui savent ! Aussi, travaillons tous ensemble à faire en sorte que ce soit la colère de ceux qui n’ont plus peur car, demain, ils sauront pour(-)quoi ils sont en danger de mort… que ce soit cette colère-là qui triomphe car, à l'avenir, seule cette colère nous protégera : elle fera en sorte que les événements de ce 13 novembre 2015 aient une probabilité de récurrence bien plus faible, voire nulle, car nous tous alors, exigerons de l'Etat qu'il cesse de nous mettre en danger pour son seul profit dans la gestion de carrières politiques mirobolantes auprès d'une oligarchie mondiale sans foi ni loi.

    Car enfin… doit-on une fois encore rappeler ceci ?

    La seule colère que l’Etat accepte, c’est la colère de l'ignorance qui le rend plus fort et fait de vous un être plus dépendant encore ; un citoyen désarmé réclamant à cor et à cri "protection et considération" sans soupçonner toutefois qu'il ne saurait en être question étant donné les choix qui sont faits par cet Etat qui a failli. De cette colère-là, l’Etat s’en repaît ; rien de surprenant à cela, puisque c’est ce même Etat qui en est à l’origine ; cette colère-là, l’Etat et ses relais médiatiques ont tout mis en œuvre pour qu’elle soit votre seul recours les jours de catastrophes, les jours où dans votre chair, vous êtes atteint… dans votre chair et dans votre psychisme ; et tous les psys de la terre n’y changeront rien ; et toutes les cellules de soutien psycho-machin, cellules post-traumatiques non plus !

    Cette colère, colère de l’ignorance qui se trompera fatalement d’objet, l’Etat (et les médias) l’entretient - il vous la garde au chaud pour ainsi dire ! - tout au long de l’année en vous gardant dans l’ignorance car il sait  que cette colère quasi « stratégique », vous la lui rendrez au centuple lorsque vous lui remettrez les « pleins pouvoirs » au cri de « Protégez-nous ! » ; une injonction crédule et suicidaire car, l’Etat ne protège que l’Etat. De plus, jamais un acte terroriste n’a mis en danger l’Etat ; l’Etat sort toujours plus fort d’une campagne d’attentats, et les victimes et leur famille plus faibles et plus dépendants encore.

     


                     Valls jure de "détruire" Daech ; un Valls grenouille de la politique qui n'a de cesse de chercher à se faire aussi grosse que le boeuf.

     

                    Aussi, attendons-nous dans les mois à venir à un Etat-providence croupion, Etat certes fauché mais anticipons dès maintenant un Etat mastodonte dans ses fonctions régaliennes - surveiller et punir -, tout en gardant à l'esprit qu'il n'est pas sûr, mais pas sûr du tout, que cette surveillance et ce goût pour le châtiment nous mettent à l'abri du pire.

     

    ***

     

                 Nous avons incriminé l'Etat, reste alors ses relais ; le premier de ses relais : les médias et le mensonge par omission.

                 Face à ces témoignages qui nous sont proposés depuis deux jours comme autant d’aveux d’ignorance, il nous faudra encore une fois mettre en cause tous ces journalistes payés pour ne jamais expliquer pour(-)quoi 129 personnes sont mortes et 300 sont blessées ; bilan encore provisoire. Des petites mains du journaliste à 1800 euros par mois, costume bon marché, micro d’une main, parapluie de l’autre, les jours de pluie, des journaux de 20H, pour mieux nous expliquer qu’ils ne savent rien - car ce qu’ils savent, ils font bien de le garder pour eux s’ils souhaitent garder ce qui n'est plus qu'un « job » -, aux journalistes-vedettes et stars à raison de dizaines de milliers d’euros par mois… tous contribuent, jour après jour, à entretenir cette colère à venir, cette colère de l’ignorance qui protègera l’Etat et ses politiques de toute remise en cause les jours de grandes catastrophes : jours de colère justement ! Ce qui nous promet dans les années à venir des milliers de vies détruites, sidérées qui ne trouveront aucune raison de recommencer à espérer car leur colère à tous, celle entretenue par l’Etat et les médias, ne les sauvera pas.

     

     

     

     

    1 - A propos de tous ces micros-trottoirs, ceux du lendemain Samedi 14 novembre en particulier, déjà plus sereins, on notera le fait que les interviewés semblent avoir un mal fou à parler de ce qu'ils ressentent et de ce qu'ils croient avoir compris avec leurs propres mots  ; en effet, on ne peut pas ne pas remarquer l'usage d'expressions et de formules toutes faites venues tout droit des journalistes des médias dominants ainsi que de la classe politique : "Avec ces attentats, Daech tente de provoquer une guerre civile en France" ; ou bien encore : "C'est à notre mode de vie, à notre civilisation auxquels Daech s'attaque !" etc...

    A ce sujet, notons que, comme un fait exprès, dans les médias et dans la classe politique, seuls ceux qui valident la politique de l'Etat PS souscrivent à cette interprétation des attentats.

    Alors que l'on pourrait tout aussi bien dire que les attentats de Daech n'ont qu'un but : faire plier l'Etat PS à propos de sa politique étrangère : que l'Etat PS  renonce à s'aligner sur l'Otan et les USA (Arabie Saoudite et Israël accessoirement)  ; en effet, cela n'aura échappé à personne le fait que jamais l'Etat français n'a été aussi proche de l'Otan, des USA, d'Israël et de l'Arabie Saoudite, cette alliée de revers contre l'Irak, l'Iran et la Syrie.

     

    2 - Car enfin, depuis quand est-ce dans l'intérêt de la France de jouer Israël contre les Palestiniens, l'Ukraine contre la Russie, les USA contre Poutine, l'Arabie Saoudite contre l'Iran, Boko Haram contre Khadafi, Daech né de la destruction de l'Irak, financé par l'Arabie Saoudite contre Bachar al-Assad...

    Il y a bien quelque chose de  pourri au royaume de la diplomatie française ! Nul doute !

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  • Hillary Clinton : toujours plus de chaos à venir !

     

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                    Un Donald Trump outrancier offert à la communauté internationale, sorte d'écran de fumée pour occuper les médias et nous faire oublier l'héritière de la principale puissance responsable de l'insécurité et du chaos dans le monde depuis 20 ans...

    Guerre sécuritaire chez les Républicains, guerre humanitaire aux millions de morts chez les Démocrates, Donald Trump,  Hillary Clinton... les USA ne veulent pas partager le monde ; toute relation gagnant-gagnant leur est étrangère car tous doivent se soumettre ou périr... c'est la politique de domination par le chantage au chaos menée par Washington depuis 20 ans. Et c'est la journaliste et écrivain américaine Diana Johnstone qui nous le rappelle.

     

     

              À l’occasion de la sortie de son livre "Hillary Clinton : La Reine du chaos", Diana Johnstone souhaite mettre l'Europe devant ses responsabilités car sans son soutien et sans sa soumission aux diktats étasuniens, cette politique du pire qui est celle des USA n'aurait jamais pu voir le jour ni se maintenir à un tel niveau de destruction ; une politique qui ne connaît plus aucune retenue depuis la chute du mur de Berlin et la désintégration de l'URSS.

    Rappelons que sans le soutien de Tony Blair, et alors que la France de Chirac et de Villepin s'y était opposée, jamais les USA n'aurait détruit l'Irak en 2003.

     

             Diana Johnstone place la France au centre de la responsabilité européenne car cette Américaine n'attend plus rien de son pays ; à ses yeux, aucun changement de politique internationale ne viendra de Washington et certainement pas avec Hillary Clinton à la Maison Blanche.

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                 Diana Johnstone sera-t-elle entendue ? On peut en douter. L'Europe est gouvernée par des hommes et des femmes formés aux USA ; quant à ceux qui ont séché les cours, on ne pourra que déplorer le fait qu'ils n'ont ni le caractère ni la lucidité ni le courage propres à une lecture panoramique du monde qui balaie de son intelligence préventive tous les horizons dans la nécessité de prévenir les tensions et de préserver les équilibres qui seuls garantissent un monde sécurisé et apaisé dans la pluralité des cultures et des sociétés.

     

     

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  • George Carlin : l'oncle d'Amérique de Dieudonné

                       Election américaine oblige !

     

     

                Décédé en 2008, à l'âge de 71 ans, George Carlin aura fait rire et penser, 50 années durant, des millions d'Américains et d'anglophones.

     

     

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    "Ca s'appelle "le rêve américain" car, pour y croire, il faut être endormi".

     

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                        Dans un monde où la bêtise et le mensonge sont rois, rien n'est plus drôle et plus terrifiante que la vérité.

     

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                     Satiriste et polémiste d'origine irlandaise, George Carlin n'épargnera personne : Présidents, gouvernements et leur politique, la société moderne américaine, les religions, les communautés, les lobbies... il ne connaîtra aucun tabou, il s'autorisera tout ; il abordera tous les sujets sans retenue ni auto-censure.

     

     

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  • L'ère du bonheur avec Raoul Vaneigem

     

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                      "... dans le royaume  de la consommation, le citoyen est roi ; une royauté démocratique : égalité devant la consommation, fraternité dans la consommation, liberté selon la consommation. La dictature du consommable a contribué à l’effacement des barrières de sang, de lignage ou de race ; il conviendrait de s’en réjouir sans réserve si elle n’avait interdit par la logique des choses toute différenciation qualitative, pour ne plus tolérer entre les valeurs et les hommes que des différences de quantité.

     

    Entre ceux qui possèdent beaucoup et ceux qui possèdent peu, mais toujours davantage, la distance n’a pas changé, mais les degrés intermédiaires se sont multipliés, rapprochant en quelque sorte les extrêmes, dirigeants et dirigés, d’un même centre de médiocrité : être riche se réduit aujourd’hui à posséder un grand nombre d’objets pauvres.

     

    Les biens de consommation tendent à n’avoir plus de valeur d’usage. Leur nature est d’être consommable à tout prix. Et comme l’expliquait très sincèrement le général Dwight Eisenhower, l’économie actuelle ne peut se sauver qu’en transformant l’homme en consommateur, en l’identifiant  à la plus grande quantité possible de valeurs consommables, c’est-à-dire de non-valeurs ou de valeurs vides, fictives et abstraites. Après avoir été le « capital le plus précieux », selon l’heureuse expression de Staline, l’homme doit devenir le bien de consommation le plus apprécié. L’image, le stéréotype de la star, du pauvre, du meurtrier par amour, de l’honnête citoyen, du révolté, du bourgeois, va substituer à l’homme un système de catégories mécanographiquement rangées selon la logique irréfutable de la robotisation.

     

    Déjà la notion de teen-ager (l’ados) tend à conformer l’acheteur au produit acheté, à réduire sa variété à une gamme variée mais limitée d’objets à vendre : on n’a plus l’âge du cœur ou de la peau, mais l’âge de ce que l’on achète. Le temps de production qui était, disait-on , de l’argent, va devenir en se mesurant au rythme de succession des produits achetés, usés, jetés, un temps de consommation et de consomption, un temps de vieillissement précoce.

     

    Le concept de paupérisation trouve aujourd’hui son éclatante démonstration non, comme le pensait Marx, dans le cadre des biens nécessaires à la survie, puisque ceux-ci, loin de se raréfier, n’ont cessé d’augmenter, mais bien dans la survie elle-même, toujours antagosniste à la vraie vie. Le confort, dont on espérait  un enrichissement  de la vie déjà vécue richement par l’aristocratie féodale, n’aura été  que l’enfant de la productivité capitaliste, un enfant prématurément destiné à vieillir sitôt que le circuit de la distribution l’aura métamorphosé en simple objet de consommation passive. Travailler pour survivre, survivre en consommant et pour consommer, le cycle infernal est bouclé. Survivre est, sous le règne de l’économie, à la fois nécessaire et suffisant. C’est la vérité première qui fonde l’ère bourgeoise. Et il est vrai qu’une étape historique fondée sur une vérité aussi antihumaine ne peut constituer qu’une étape de transition, un passage entre la vie obscurément vécue des maîtres féodaux et la vie rationnellement et passionnellement construite des maîtres sans esclaves. Il reste une trentaine d’années pour empêcher que l’ère transitoire des esclaves sans maître ne dure deux siècles."

     

                    L'ère du bonheur - 1967  Raoul Vaneigem, l’un des leaders, avec Guy Debord, du mouvement situationniste des années soixante.

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  • Faits divers et effarement

     

                                    A 77 ans, elle s'immole par le feu.

     

                   Une femme de 77 ans s'est immolée par le feu ce matin à Talence, dans la banlieue de Bordeaux. La septuagénaire, qui vivait seule avec son fils handicapé dans un appartement, s'est aspergée d'essence dans un bosquet en fin de matinée, non loin de son immeuble, avant de s'enflammer. Ce sont des voisins qui ont donné l'alerte après avoir fait la macabre découverte. Quand les secours sont arrivés sur place, il était déjà trop tard. Une bouteille et des allumettes ont été retrouvées par les policiers. Au moment du drame, son fils était dans l'appartement. Elle aurait mis fin à ses jours par " fatigue morale " et " lassitude de la vie ".

     

             Bordeaux : un lycéen de 18 ans s'immole par le feu...

    .

                     Béziers : décès du professeure de mathématiques qui s'était immolée...

     

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                   Ce poison qu’est la solitude de l’être livré à lui-même, sans recours, nous ramène à l’aube de l’humanité et nous rappelle que tout le chemin parcouru ne nous dispensera jamais de reculer, au plus fort d’une crise, jusqu’à la case départ d’une évolution qui se poursuit désormais sans nous.

           Face à cette solitude, impuissant et vaincu, n'est-ce pas la civilisation qui se retire en nous sur la pointe des pieds ?

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                 La vérité, c'est aussi et surtout dans les faits divers que vous la trouverez.

     

                 Vous vous demandez dans quel monde vous vivez, dans quel pays, dans quelle ville, dans quel quartier ? Intéressez-vous donc aux faits divers et ne relâchez pas votre attention ! Car tous ces faits divers sont aussi et surtout, des faits emblématiques de notre société qui demeure - quoi qu'on en dise - indomptable malgré tous ses garde-fous.

    Miroir déformant ou pas, le fait divers - pour peu qu'un traitement responsable lui soit réservé - viendra nous rappeler des logiques de comportement que l'on croyait révolues, une géographie urbaine ou rurale insoupçonnable, des conditions de vie scandaleuses mais aussi : mille transgressions, mille intolérances, mille traumatismes, mille injustices...

     

                   Si la rubrique des faits divers est souvent celle des pauvres et des fous, rubrique-tombeau que personne n'ira fleurir, elle est aussi celle de toutes les solitudes et de tous les isolements, abandon après abandon... indicible, incommunicable, et c'est la gorge nouée et le coeur à genoux que l'on referme cette rubrique de l'effarement.

     

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  • Corrida : la vache et le prisonnier

     

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               Espagne : un jeune torero trouve la mort dans l’arène

    Le jeune torero espagnol Victor Barrio, 29 ans, est mort, samedi 9 juillet 2016, lors de la feria de Teruel devant des milliers de spectateurs. Selon les médias espagnols, il s’agit de la première mort d’un torero depuis 1985.

     

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                     Qu'en est-il du courage et de la Corrida ? Corrida au cours de laquelle des milliers d'être humains très certainement lâches et veules au quotidien, s'offrent, toutes classes confondues (1), trente minutes de courage sur le dos d’un taureau expiateur de leur lâcheté à eux tous, et d’un torero bravache, tendu comme un arc, arc-bouté à un orgueil aussi ridicule et désuet que rigide comme la féodalité...

    Torero-serf (2) qui aura pris tous les risques qu'il soit possible de calculer au plus près des probabilités d’une mort aussi symbolique que chimérique en ce qui le concerne puisque cela n’aura échappé à personne : c’est bien toujours le même qui cède et succombe (3), un genou à terre puis deux.

                    Torero dupe néanmoins, dans son habit de lumière car, bougie, il se croit flamme alors qu'il n'en est que la cire, et pas davantage la mèche non plus.

     

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    1 - Qu'importe le niveau d'instruction de ceux qui fréquentent les arènes... on ne compte plus les discours aux justifications aussi fantasques que dévoyées autour de cet engouement pour la vache et son prisonnier, car nul n'ignore ceci : le barbare hautement civilisé a des arguments à nous revendre à chaque fois qu'il s’agit d’expliquer la tauromachie, la civilisation ayant fait de lui un bavard talentueux mais inconséquent. En revanche, regardez donc les grands primitifs : toute leur force et tout leur pouvoir ne sont-ils pas comme ramassés tout entier dans leur silence et parfois même, dans leur immobilité ?

    2 - Rien de surprenant à cela : nombre d'entre eux sont issus de milieux populaires ; d'autres encore... d'une adolescence délinquante ; forçats et gladiateurs tout à la fois.

    – La corrida serait sans aucun doute un métier, un spectacle et un engouement respectables si le Torero mourait plus souvent - disons… une fois sur trois - et le taureau « porté » en triomphe d’autant.

     

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  • Liberté, liberté chérie !

    Sur toute chair accordée
    Sur le front de mes amis
    Sur chaque main qui se tend
    J’écris ton nom

     

    ***

     

                     « Mais par delà toutes ces catastrophes, on apercevait déjà, comme par anticipation, la fin du monde, telle que prédite » - Apocalypse de saint Jean.

     

                   La démocratie ce n'est pas un débat à la télé ou à la radio, pas une presse entre les mains de la banque et du lobby militaro-industriel, et sûrement pas les élections non plus depuis qu'il n'y a plus d'offre politique, les gouvernements étant prisonniers d'un carcan politique, économique et financier qui ne permet plus aucune rupture ni bifurcation. Il n'est donc plus question de faire des "choix de société" mais bien plutôt de se protéger de cette dictature qui, dans les faits, est une véritable muselière puisque ce carcan ne recueille aucunement le soutien d'une majorité d'Européens (entre autres populations).

    Pour cette raison, plus que jamais, la démocratie doit être la libre circulation des idées - dissidentes et/ou minoritaires de surcroît -, ainsi que le droit à l'opinion, à la critique et à une information honnête et indépendante pour le plus grand nombre ; et la défense de ce droit.

    Soutenir la liberté d'expression est un véritable engagement et un sacrifice (accepter ce qu'on n'aurait jamais osé ou bien désiré lire et entendre), car... il n'y a pas de liberté, il n'y a que des preuves de tolérance, et la liberté de parole de l'un est la garantie de la liberté de parole de tous.

     Aussi, qu'on ait donc la présence d'esprit de se poser la question suivante :

      

                    Qui aujourd'hui fait vivre cette démocratie et la liberté d'expression ? 

     Ceux-ci ?

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                  Pour certains d'entre eux, véritables épurateurs médiatiques et pourfendeurs impitoyables depuis 40 ans de toute pensée alternative d’où qu’elle vienne...

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    Sans oublier des pitres "humoristes" aux 4 minutes d’impertinence souvent sans lendemain - une diversion pour le sordide ordinaire de la ménagère de plus de 40 ans et autres adultes infantilisés et ados attardé(e)s ; la trivialité, la grossièreté, voire la vulgarité, prenant le plus souvent le pas sur une critique essentielle et frontale : qui fait quoi, où, comment, à qui et pour-quoi et pour le compte de qui ; un rire qui aurait de la suite dans les idées autre que le tiroir-caisse.

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                       Ou bien ceux-là ?

     

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                  Si écrire, c'est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis l'ouvrir (C. Bobin), l'humour doit aussi poser la question de l'action car le rire reste un mode de résistance d’une efficacité redoutable contre notre impuissance face à la tyrannie exercée contre le droit à une critique sans concession des mécanismes de domination et la diffusion d’une telle critique. 

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    Quant à la transgression ! Un plaisir décuplé cette transgression piment d’une vie sociale qui crève lentement sous la chape de plomb d’un politiquement correct qui cache mal une débauche et une orgie de prise de pouvoir et d’intérêts sans nombre et sans précédents ! Et nous ne sommes qu’au tout début de ce disfonctionnement citoyen et démocratique. 

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                    Qu'il soit ici permis de rappeler que la société, ce n'est pas simplement l'économie et la répartition de richesses. Loin s'en faut. Ce qui fait le lien, ce qui fait société relève aussi de notre capacité à tous de dire et d'entendre la vérité ; ce qui implique aussi et surtout la dénonciation des mensonges et des manipulations (Coluche, Desproges, Dieudonné).

    Nul doute... le véritable enjeu aujourd’hui, en France, c’est la défense de la liberté d’expression ou bien plutôt, sa reconquête, et le soutien qu'il faut apporter à tous ceux qui font vivre cette liberté en lui assignant chaque jour de nouveaux défis, en repoussant toujours plus loin ses limites jusqu'au trouble, jusqu'au malaise, pour mieux ouvrir en deux, tel un éclair (Faurisson, Meyssan, jadis Marc-Edouard Nabe), le ciel d'une pensée qui ne s'autorise plus rien, terrée et morte de trouille.

     Or, une liberté d’expression qui privilégie une expression qui est celle de tout le monde sur le fond comme sur la forme (colères qui ne sont le plus souvent que des sautes d’humeurs, indignations aussi partagées qu’intermittentes) n’est pas une liberté mais une dictature molle qui porte le nom de consensus jusqu'au jour où cette dictature qui n'ose pas dire son nom lève le masque : racket et procès en dommages-intérêts, calomnie, bannissement médiatique et intimidation physique.

     

    Etienne Chouard à propos d'une démocratie introuvable 

     

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    Au sujet des Etats-Unis, si on doit, en tant qu’Européens, avoir de sérieuses réserves quant au mode d'organisation de son existence, force est de constater toutefois que seul le Peuple américain parmi les Peuples d’Occident a réellement compris où sont les véritables enjeux pour l’individu et pour la société.

    Farouchement attachés au Premier Amendement de leur Constitution, âprement, ce Peuple a compris longtemps avant tout le monde, dès 1791, que la liberté d’expression est une et indivisible et qu'elle est bel et bien la première des libertés, et parfois aussi, la dernière : celle des déshérités. Alors qu'en France, il semblerait bien qu'on ne sache faire qu'une chose (1) : rejeter, bâillonner, censurer, stigmatiser, traduire devant les tribunaux la moindre tentative d'exercice de liberté d'expression politique et artistique (rappeurs, auteurs, essayistes, pamphlétaires, artistes de scène, syndicalistes, activistes)...

    Tous les médias, leurs producteurs et leurs animateurs, chroniqueurs et journalistes y contribuent, chaque jour, chaque semaine... radios, télévisions, journaux ; médias qui ignorent sciemment d'innombrables réalités et expressions culturelles, politiques et sociales.

     

     

                     

     

    Henri Maler d'ACRIMED : observatoire critique des médias 

     

     

    1 - Seuls les imbéciles et les tartuffes ignoreront qu'aujourd'hui, tout comme Dieudonné et tant d'autres, Coluche et Desproges feraient l'objet d'une censure impitoyable.

     

    Ceux que l'on présente encore :

     

    - Etienne Chouard

    - Jean Bricmont

    - Jacques Sapir

    - Frédéric Lordon

    - Michel colon

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  • Résistance en Indochine : entre mémoire et oubli

    Hardouin Ombres indochinoises.JPG 

     

                   Le 8 avril 1941 le Sergent Hardouin du 13ème RTS d’Alger, engagé volontaire dans l’armée coloniale en 1938, répondant au matricule 2779, embarque sur le « Compiègne » en direction de l’Indochine : destination Tourane et Hué - province d’Annam, aujourd’hui Viet Nam.

    Tours d’hélice par les « 40èmes Rugissants » - le canal de Suez étant fermé -, puis Sumatra, après cent jours de mer et d’escales, le 26 juin 1941 le « Compiègne » remonte la rivière de Saïgon.

    Raul Hardouin avait quitté une France et une Afrique occupées par les Allemands et les Italiens, il trouvera une Indochine sous le joug d’un Japon qui, à cette époque (1941 et 1942) progressait victorieusement sur tous les fronts du Sud-Ouest asiatique mettant les armées anglaises et américaines en déroute ; or, une grande partie de leur ravitaillement en hommes et matériels passait par l’Indochine française.

    Le Sergent Hardouin se présentera à l’Etat Major (E.M.) de la Brigade Annam Laos (B.A.L.) situé à Hué ; âgé de 21 ans, il sera affecté au Bureau des Statistiques Militaires (B.S.M.) en tant qu’agent de service de renseignements et membre du Service Action : regrouper toutes les informations possibles sur les unités japonaises, leurs mouvements par voies routière, ferroviaire, aérienne, et maritimes, renseigner les forces alliées à leur sujet, telle est la mission du Sergent Hardouin et de ses hommes parmi lesquels ont comptera de nombreux civiles français et autochtones - des hommes qui s’inscriront en bonne place au martyrologue de la France.

    Car la Résistance qui s’organise en France devra exister ici aussi ; et tout doit être fait pour tenter sauver l’Indochine de la main mise japonaise et de sa Kempé Taï, l’équivalent de la Gestapo, qui avait tout pouvoir et en usa dans des conditions atroces ; on ne compte plus les personnes qui sont décédées après avoir subi les pires tortures pendant de longues journées d’interrogatoire.

     

    ***

     

                   Le 9 mars 1945 « … date fatidique pour l’Indochine française, début de son destin tragique qui se terminera dans la cuvette de Dien Bien Phu », c’est l’ultime attaque du Japon qui s’empare de la totalité de l’Indochine ; le Haut Commandement et le Gouvernement Général seront mis hors de combat en quelques heures.

    Le Sergent Hardouin et des éléments des réseaux de Résistance et du S.A. de l’Annam et du Laos prendront alors la brousse puis la jungle dans la région montagneuse de l’Ataouat (entre 1500 et 2500 mètres d’altitude).

    Six mois d’un périple sous une pluie diluvienne ; trois mille kilomètres sous un soleil brûlant le long de la chaîne Annamitique, parfois sans médicament et sans nourriture : attaques japonaises incessantes, sangsues, fourmis, gale purulente, pieds en sang, à dos d’éléphants, en pirogues, radeaux... tout en poursuivant la mission de renseignement...

    Arrive le 15 août, date de la demande d’armistice du Japon ; puis la capitulation…

    De l’Empereur Bao Daï à Hô-Chi-Minh, de trahisons en opportunisme jusqu'à l’implantation d'un Viet Minh soutenu et financé par la Chine et les Etats-Unis – Roosevelt et Truman ne voulaient pas revoir la France en Indochine après la capitulation japonaise et en accord avec les Russes -, la politique retrouve tous ses droits - politique qui n’est que la continuation de la guerre par d’autres moyens.

    Raoul Hardouin, maintenant sous-lieutenant, sera rapatrié vers la métropole le 6 février 1946 à bord du paquebot « Pasteur », cette fois-ci par le canal de Suez. Débarquement à Toulon le 28 février, là où les pensées de l'auteur iront « … vers tous les camarades qui dorment leur dernier sommeil en cette terre d’Indochine, sans une tombe et sans une croix...»...

    Dépité, le sous-lieutenant Hardouin quittera l'Armée pour ne plus y revenir.

     

     

    ***

     

                   Sans concession ni complaisance, d’une lucidité aussi rare qu’utile, ce récit dédié à la mémoire du Commandant de Goer de Herve à la tête de perce-murailles qui risquaient chaque jour leur vie pour arracher des renseignements précieux - tous ces agents de renseignement résistants furent vite oubliés au moment de l’arrivée en Indochine de nouveaux chefs nommés par de Gaulle -, ...

    Ecrit quarante ans après les faits, peu de temps avant le décès de l’auteur, ces Ombres Indochinoises* testamentaires fourniront sans aucun doute un nouvel éclairage sur cette activité de résistance qui participa à la victoire des Alliés dans le Sud-Est asiatique ; activité et région rarement mises à l’honneur par les historiens de la Résistance.

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    * Si vous avez des difficultés pour vous procurer cet ouvrage, n'hésitez pas à me contacter par mail.

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