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  • de l'Art, de la littérature et autres considérations : Serge ULESKI en littérature

     

     

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                 Présenté sous la forme d’un Abécédaire, le matériau de cet ouvrage a pour origine le blog de l’auteur ; les articles reproduits ici appartiennent aux deux catégories suivantes : « Littérature, auteurs et écriture » - « Artistes pour, envers et contre tous »

               Angot, Antonioni, Arendt à propos de la crise de culture, Michel Audiard père et fils, Bobin Christian, Céline, Camus et Sartre, Casanova, Césaria Evora, Virginie Despentes, Dieudonné, Marcel Duchamp, Clint Easwood, Finkielkraut, de Funès, Godard, Haenel, Houellebecq, Lanzmann et d’autres encore… comme autant d’entrées et de sorties vers une meilleure, sinon une autre compréhension des auteurs, des artistes et autres, tantôt controversés, tantôt unanimement salués.

     

    Pour prolonger, cliquez : Art et culture et Littérature et écriture

     

     

     

     L'ouvrage est disponible ICI

     

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  • 12 years a slave : le Midnight Express de l’esclavage

     

     

                         « Aucune race n’a été témoin de l’injure comme la race nègre »

     

     

     

     

               "12 years a slave", film de Steve McQueen, est l'adaptation de l'autobiographie Douze ans d'esclavage de Solomon Northup (1853), qui retrace l'histoire véridique d'un homme libre afro-américain enlevé et vendu comme esclave dans une plantation de la Louisiane.

     

    ***

               
                  Pendaisons et séances de coups de fouet à tous les étages et à tous les coins de rue et des marais du Bayou, "12 years a slave", si l'on n'y prête pas garde, pourrait très bien s'apparenter à une sorte d’anthologie - catalogue ou compilation -, de tout ce que l'on peut infliger comme sévices et conditions d’existence à un être humain, homme et femme confondus, sur lequel on exercerait un droit de vie et de mort, à une époque favorable comme aucune autre : nous sommes aux Etats-Unis, à la moitié du XIXe siècle, dans l’Etat de Louisiane, là où tous les coups sont encore permis sur une population d'esclaves d'origine africaine... et ce, bien que nous soyons  à quelques années de l’abolition de l’esclavage ; en effet, il prendra fin 1865 - du moins, dans les textes.

     

    Aussi, il ne faudra pas nous en vouloir si on aura tôt fait de classer "12 years a slave"dans la catégorie des " films gore" avant de se lasser et de quitter son fauteuil après une heure quinze de coups de fouets, de pendaisons, d’engueulades entre époux négriers, maîtres et esclaves… et alors que nous étions pourtant plein de bonne volonté et patients.

     

    Son (un musique omniprésente et vulgaire : cad – sirupeuse), image, dialogues, mise en scène… Steve McQueen semble incapable de nous dire,  à de rares, trop rares exceptions près, quoi que ce soit qui ne nous ait pas déjà été dit au cinéma et ailleurs à propos de cette catastrophe humaine.

    Sans doute le cinéma et la fiction sont-ils bien en peine de rendre compte de l’esclavage comme il est bien incapable de nous parler des génocides juif, rwandais, cambodgien (Rithy Panh ne s’y est pas trompé en choisissant une autre forme d’expression, d’enquête et d’exposition historique), ou celui du Timor-Oriental : le pathétique de toutes ces fictions-réalité sans surprise, multirécidivistes, scènes et dialogues confondus, filmées mille fois donc, étant le lot commun et le pain quotidien de mélodrames mémoriels interchangeables à souhait.

     

                Avec le livre et l’écrit… confessions et témoignages, finalement, seul le documentaire semble approprié pour traiter les catastrophes humaines… un peu à l’image de ce que Lanzmann  a pu faire avec le génocide juif, du moins… en ce qui concerne sa durée (un documentaire de dix heures - 1) car pour le reste, ce documentaire qui ne nous apprend rien – des auteurs l'auront précédés de très loin et nous auront amplement informés - n’est qu’un procès d’intention fait à tout un Peuple, à toute une Nation, à tout un Pays : la Pologne. Pays, Peuple et Nation crucifiés... si jamais il y eut en Europe un seul pays martyr.

     

    A la recherche d'un modèle, on penchera alors plutôt pour le travail d'un Rithy Panh à propos du génocide cambodgien ; travail artistique et métaphysique.

     

    ***

     

                 Force est de conclure que "12 years a slave" aurait très bien pu être tourné par nombre de réalisateurs tâcherons d'Hollywood et c'est là que le bât blesse...

    Aussi, on invitera chaleureusement McQueen à retourner au plus vite à un cinéma (c'est son 3e film) pour les “few”, « happy few » qui plus est… cinéma d’art et d’essai, cinéma d’auteur – appelons-le comme vous voulez ! -, car c’est bien de ça dont le cinéma a besoin aujourd’hui : d’exception et d’excellence.

     

    Tout en sachant que ses deux films précédents destinés à un public plus restreint, ont été à la hauteur de cette exigence-là.

     

     

    1 - L'humoriste Dieudonné avait un projet à ce sujet  - projet de documentaire -, mais n'a jamais pu trouver les fonds. Peut--être qu'un jour, quelqu'un quelque part...

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    Pour prolonger, cliquez : Stanislas Spero Adotevi : Césaire, Senghor et l'Afrique

              

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  • Claude Lanzmann, pour le meilleur et pour le pire

                    

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                  Pas facile de se libérer pour re-voir Shoah de Claude Lanzmann. Je profite des vacances pour visualiser ce documentaire d’une durée de neuf heures trente qu'on ne présente plus et que je n'ai pas revu dans son intégralité depuis 15 ans.

    Je m’installe : la projection devra commencer à 9h le matin car je sais - pauses incluses -, que j’y passerai la journée.

     

    ***

     

                 Contrairement à ce qu'écrivait Simone de Beauvoir lors de la sortie de Shoah en 1985, (« Pour la première fois, nous vivons l’affreuse expérience dans notre tête, notre cœur, notre chair, et cette expérience devient la nôtre» - sans doute a-t-elle livré à la postérité ce commentaire à titre de prestation compensatoire : pour avoir été une planquée à Radio-Vichy, pendant l‘occupation. Allez savoir !) l'expérience de ce documentaire ne sera jamais vraiment la nôtre car, la chair indemne, on ne peut que demeurer spectateur.

    Shoah, une commande de l'Etat israélien à Lanzmann,  nous montre des rescapés, des témoins, quelques bourreaux, et avec minutie : transport des déportés, convois, trains, camions, voies ferrées, routes, camps, topographie des lieux, organisation, identification, écoutes des victimes, visages, voix…

    Si ce documentaire est un outil qui nous permet de comprendre comment la déportation d'un grand nombre de Juifs a été perpétré, à défaut d’un "comment cela a-t-il été possible et pourquoi ?" - les réponses à ces questions, c'est chez Arendt et Primo Lévi qu'on ira les chercher -, au fur et à mesure de son déroulement, là, sous mes yeux, un autre malaise me saisit : le réalisateur semble profiter de l’opportunité d'un documentaire pour tenter subrepticement de faire le procès de tout un peuple (1): le peuple polonais (celui du Nazisme n’étant pas nécessaire puisque Nuremberg s’en est déjà chargé).

    Absence de compassion et de solidarité, voire même… réjouissance à l‘idée de voir les Juifs de Pologne disparaître corps et biens ; au fil des minutes et des heures, ce documentaire semble s’orienter vers une tentative de mise en accusation du peuple polonais dans son ensemble : peuple pourtant occupé, vaincu et martyr, tout à la fois.

    En effet, difficile de trouver, dans ce documentaire, un Polonais qui ne soit pas antisémite.

    Plus souvent interpellés et gardés à distance de la caméra et du micro de Lanzmann que réellement interviewés, tout en cherchant à créer un climat propice à toutes les confessions de la part de Polonais très très moyens et vivant en milieu rural, Lanzmann n'a qu’un souci, à la motivation sournoise, subtilement mâtinée de mépris, plus proche du règlement de comptes que de la recherche d‘une quelconque vérité concernant la nature humaine : confier à ces quelques Polonais triés sur le volet, le soin de débiter des préjugés anti-sémites bien établis et ronflants, un rien pantouflards, insistant sans relâche, les relançant, s’acharnant lorsqu‘il n‘obtient pas d‘eux ce qu‘il croit devoir attendre et surtout, entendre...

                   (Pour la traduction de ces séquences, j'ai fait appel à un ami polonais ; en effet, je ne souhaitais pas me contenter de la traduction qui nous est proposée)

    Certes, on m’objectera - ou bien alors on ne m’objectera rien, ce qui est tout à fait possible : Shoah n’est ni un travail de journaliste, ni un travail d’historien, ni d'intellectuel, ni…

    Soit !

     

    1 - Article sur la relation entre Lanzmann et un résistant polonais, Jan Karski qui collabora au documentaire Shoah à propos duquel il déclara en1986 : « Shoah, est une vision biaisée de l'Holocauste ; Lanzmann a fait en sorte que l’on ne puisse jamais voir un Polonais qui ne soit pas antisémite ».

     

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                Quelques années plus tard, avec "Tsahal", documentaire imbécile à la gloire de l‘armée du même nom (quand on sait que c'est l'occupation et la colonisation par l’armée de Tsahal de la Cisjordanie qui condamne le peuple israélien depuis 67 à ne jamais connaître la sécurité ni la paix), notre documentariste consacrera cinq heures à cette armée israélienne - armée culte à défaut de documentaire culte.

    On aura même droit à pas mal d'âneries, du style : "Notre armée est pure (...), elle ne tue pas d’enfants. Nous avons une conscience et des valeurs et, à cause de notre morale, il y a peu de victimes [palestiniennes]"…

    Non contradictoire, véritable outrage à la vérité factuelle, le plus souvent, ce film de propagande est d’un ennui ferme pour quiconque sait voir un tout petit peu plus loin que le bout de son nez… comme - mais ce n’est qu’un exemple -, être capable d'établir des relations de causalités tout en cessant de prendre les effets pour les causes ; et puis aussi, faire preuve de clairvoyance en étant à même, un tant soit peu, de les prévoir… toutes ces causes aux effets dévastateurs - et dans ce domaine, les précédents ne manquent pas : il suffit de se pencher sur l’histoire coloniale européen.

    Intellectuellement faible mais... documentariste habile et déterminé, avec Lanzmann, une vision manichéenne du monde semble dominer, doublée d‘une vision à la fois presbyte et myope.

    Aveugle Lanzmann ?

    Directeur de la revue Les Temps Modernes qui prend aujourd’hui comme un sacré coup de vieux (ou d'ancien), l’engagement anti-colonialiste de Lanzmann (il fera partie des signataires du Manifeste des 121, qui dénonce la répression en Algérie de 1957), et la fréquentation de Sartre et de Simone de Beauvoir ne lui auront donc été d’aucune utilité et d'aucun secours… ou bien alors, cette dernière fréquentation serait-elle responsable de la cécité dont souffrirait Lanzmann ? Et c'est bien possible, après tout : relents de manichéisme stalinien dans la pensée de tout ce beau petit monde ?!

     

    ***

     

            Pourquoi hésiter à le dire ?! N'est pas Hannah Arendt qui veut ! Je pense à son étude sur le totalitarisme et l’aptitude de certains régimes à détruire la volonté des individus, ainsi qu'à son étude sur le mal, ou plutôt, son étude sur les ressorts du mal et de sa banalité dont aucun peuple, aucune culture et aucun Etat ne peut prétendre être à l‘abri, sûr de son bon droit...

    En effet ! Les cours d’assises et les cours internationales regorgent d’individus qui avaient tous de "bonnes raisons" de penser et d'agir comme ils l'ont fait.

    Et là encore : n’est pas Primo Lévi qui veut ! Son ouvrage "Si c'est un homme" explique, à la manière d'un sociologue, la déshumanisation, l’absence de solidarité et de compassion dans les camps, les stratégies et les tactiques machiavéliques - seules conditions pour assurer sa survie -, la culpabilité des survivants…

    Nul doute à ce sujet ! Avec ces auteurs, c’est une nouvelle compréhension de cette nature humaine labyrinthique (et toujours innovante !) qu‘est la nôtre, qui nous est proposée : nature en trompe l'oeil, dissimulatrice, accapareuse et rétentrice, cruelle au besoin et toujours prompte à l’oubli.

     

    ***

     

              Lanzmann aura été confronté à trois peuples martyrs. Les voici, dans l'ordre chronologique (liste non exhaustive, bien évidemment et puis… vous pensez bien !)

    - Le Peuple juif dont il fait partie.

    - La Pologne - cette Palestine européenne ! -, et les Polonais (2) : rappelons que résidait en Pologne la plus importante communauté juive d’Europe ; il aura donc bien fallu que la Pologne les ait accueillis à un moment ou à un autre tous ces juifs (au 15è siècle, ce fut fait), et que d'autres pays d‘Europe ne se soient pas trop pressés d‘en faire autant - quand ils ne les auraient pas tout simplement priés d’aller voir ailleurs si cela se faisait que d’être juif ; sans oublier les nombreux enfants des familles menacées d'extermination qui auront été confiés à des familles polonaises catholiques ; lesquelles se seront acquittées de leur responsabilité avec honneur.

    Et pour finir…

    - Le Peuple palestinien, un Peuple humilié, sans considération et sans droit qui perd toutes ses batailles  mais qui reste en vie et qui dure et ne cesse de durer, vaincu par un Etat colonisateur sans scrupules qu‘est Israël ; et l‘engagement si peu légitime et honorable  mais compréhensible de Lanzmann au côté de la politique de cet Etat.

                Or, de ces trois peuples martyrs, Claude Lanzmann n'en aura reconnu qu'un seul : son peuple ! Les Polonais et les Palestiniens n'étant à ses yeux que les bourreaux du peuple juif.

    Arroseur arrosé, l’accusation portée contre les peuples polonais et palestinien pouvant lui être très facilement retournée, la Shoah aura fait de Claude Lanzmann un tartuffe de l’élévation de la conscience humaine, lui-même s’étant trouvé tout juste dans la moyenne (sinon, en dessous) quand il s‘est agi d’être capable de faire preuve de compassion, de solidarité et de compréhension envers les peuples polonais et palestinien.

    Si l’expérience d’un Primo Lévi et de quelques autres aura permis à ces auteurs de se hisser jusqu'à l'Universel, éclairant telle un phare notre conscience, réveillant telle une semonce cette même conscience propre aux humains - ce dont l’Humanité a tellement besoin ; elle qui ne cesse d’osciller entre sainteté et démons pour finalement trouver un équilibre dans un entre-deux toujours précaire, en revanche, Lanzmann n'aura pas échappé à cette règle, décidément récurrente, qui fait de l'être humain un être à la compassion intermittente et sélective...

    Car, confrontés au travail de ce documentariste, ce dont il nous est demandé d’être les témoins c'est de la chape de plomb d’une conscience humaine universaliste absente et du triomphe de l'égoïsme et d'une haine à peine contenue, dans une vision communautariste à la raison débilitante...

    Contre le poids plume d'une humanité capable de réconciliation et d’accalmie dans une élévation qui laisse loin derrière elle une bêtise revancharde, fruit d'un ressentiment stérile, castrateur de toute pensée et de son développement, la privant de maturation et de justesse.

                 Souvent présenté en France comme un intellectuel jouissant d'une autorité qui se voudrait morale, comment ne pas voir en Claude Lanzmann un documentariste partial, vindicatif, manichéen et partisan du plus petit commun dénominateur qui soit : celui de "La communauté" (3) comme seul espace digne de considération : unique espace d'épanouissement, de développement - et de jouissance, au sens lacanien.

     

    2 - Se reporter à l'ouvrage de l'historien Timothy Snyder :  Terres de sang ainsi qu'aux événements de l'Insurrection de Varsovie et au film "Kanal"de Wajda en 1957 : des Polonais de tous âges entassés dans des caves brûlés vifs au lance-flammes ou bien gazés dans les égouts de Varsovie.

    3 - A ce sujet, difficile de ne pas penser aux alliances consanguines ; et dans le cas qui nous occupe, on parlera d’endogamie avec pour conséquences, des risques accrus de dégénérescence… intellectuelle : augmentation des risques d’infertilité et de cécité pouvant conduire une communauté au déclin (le XXIè siècle sera-t-il le siècle de ce déclin ?) ; on aura à l'esprit des domaines d’exceptions tels que les sciences, la philosophie, les arts..., domaines réservés le plus souvent à des individus intellectuellement et culturellement assimilés (Le génie d'Einstein est inconcevable sans le travail scientifique de ses prédécesseurs, non juifs, et l'assimilation de leurs contributions par ce même Einstein) ; tout en gardant à l'esprit que le risque de dégénérescence est plus grand encore après  le génocide des nazis et la création de l’état d’Israël qui ont eu pour effet d’augmenter le niveau de conscience d’être juif au présent.

     

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    Au sujet de la relation Lanzmann - Simone de Beauvoir...

    Tragique ironie !

    L’acharnement aveugle d’un Lanzmann dont la démarche - comme nous avons pu le voir -, semble le plus souvent plus proche du règlement de comptes que de la recherche d‘une quelconque vérité concernant la nature humaine, cacherait-il une culpabilité inconsciente eu égard à son attachement à une Simone de Beauvoir (sans oublier Sartre) qui, pendant l’Occupation, et alors qu'elle est employée à Radio Vichy, incarnera à la perfection cette classe privilégiée et éduquée restée supérieurement indifférente aux lois anti-juives et à une rafle du Vel d’Hiv qui enverra à la déportation et à la mort : 13 152 juifs ?

     

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