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littérature

  • "Les nuits de Paris" de Nicolas Edme Rétif de la Bretonne

     

     

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    « Les Nuits de Paris » : une œuvre de plus de 3000 pages rédigées entre 1786 et 1788 par un auteur-journaliste ("publiciste" on disait au 18è siècle) témoin d’une France urbaine et nocturne à l’aube de la chute de la monarchie ; notes dont les historiens feront des choux gras un siècle et demi plus tard. 

    Contemporain de Sade et Laclos, Nicolas Edme Rétif de la Bretonne est resté méconnu deux siècles durant. Si Sébastien Mercier auteur d’un "Tableau de Paris" de plusieurs milliers de page a devancé Rétif de la Bretonne de quelques années en tant que premier auteur d’un récit urbain à la fois mythologique et pittoresque, Rétif y ajoutera une dimension picaresque et plus important encore : un auteur-conteur, acteur, témoin, spectateur... noctambule de surcroît.

    Trait essentiel de l’originalité de ces « Nuits de Paris »  est le regard que Rétif porte sur ses contemporains. Sade le disait « écrivain poissard » … car il peignait souvent un tableau misérabiliste.

    Conteur-né, ses nuits parisiennes parfois émouvantes collent au vivant et à l’événement…à l’aise dans le quotidien et sa fiction ; et si la nuit renforce l’acuité du regard et le silence l’ouïe, notre hibou-spectateur du ruisseau – tel on le nommait -, se régale, et ses lecteurs aussi.

    Des centaines de récits courts, incisifs, d’une diversité peu commune :  tous les sujets sont traités, tous les métiers, tous les lieux publics et privés, toutes les classes des « filles du commun » aux domestiques à l’artisan, de la noblesse à la bourgeoisie, filles publics (prostituées) voleurs, escrocs, bandits, oisifs, mendiants, débrouillards,  et une Marquise , vraie ou fausse,  réelle ou fictive, (c’est la Schéhérazade des contes des mille et une nuits) ; elle sera sa première auditrice ; Rétif lui contera ses anecdotes nocturnes, fruits de ses promenades, avant de rentrer à l’aube dans son logis de la rue de la Bûcherie. Une Marquise bienfaitrice dont il sollicitera la charité et le salut pour ceux et celles qu’il prendra sous son aile au cours de  ses pérégrinations nocturnes, tel un pasteur…  ouailles  en perdition ou en grand danger de l’être, car, à ses yeux, l’action individuelle étant garante de la bonne conscience.

     

                Alors que la noblesse de province faisait monter leurs filles encore adolescentes à la cour de Versailles pour les marier (les vendre ?) aux plus offrants des vieillards moribonds, la petite bourgeoisie du coeur de Paris courait la nuit, à la lueur des bougies de leurs domestiques, à la recherche de leur fille cadette qu’un séducteur bavard et cynique déflorait à grand renfort de beaux discours et de promesses qui n'engageaient le plus souvent que celles qui les recevaient, sous les portes cochères…

    Rocambole un demi siècle avant son auteur, tantôt à l’affût, tantôt en mouvement mais sans précipitation, excepté lorsqu’il lui faut échapper à des poursuivants aussi malfamés que mal intentionnés, appelant à la garde quand les risques sont trop grands, Rétif nous rapportera un fait peu connu de cette époque : les viols collectifs en public, de jour comme de nuit, par des bandes savamment organisées lors des fêtes de rue  et des feux d’artifice qui mobilisent des foules entières ; toutes les classes s’y retrouvent : on choisit soigneusement une victime, une jeune fille de préférence mais pas toujours, on l’entoure, on l’encercle, on l’isole de ses parents ou de ceux qui l’accompagnent pour lui faire subir dans le tumulte, le bruit et la fureur des festivités de rue – cris, fusées et pétards -, tous les outrages avant de s’éclipser  sans être inquiétés.

    Précisons ici que toute l’œuvre de Rétif ne vit que par les femmes et pour les femmes, tout comme son auteur ; femmes de tous les âges et de toutes les conditions, faibles et crédules ou parfois dans la nécessité d’exercer des activités que la morale réprouve mais auxquelles la société tout entière a recours sans sourciller. Il sera souvent question de jeunes filles, abusées, meurtries ou dont la vertu en danger semble galvaniser chez Rétif un courage physique aussi rare que précieux car dans ce Paris de la fin du XVIIIe siècle, jamais les femmes du peuple et de la petite bourgeoisie auront été autant en danger ; chair à plaisir convoitée par tous les hommes  de tous les âges et là encore, de toutes les conditions : les petits Sade sont légion à cette époque ; le marquis a fait d’innombrables émules qui ne leur demanderont pas leur avis.


                 En rupture avec la tradition romanesque d’un Antoine Prévost,  ces « Nuits de Paris » n’ont pas d’histoire suivie car la diversité des récits y contribue guère ; de plus, les personnages que l’on rencontre  et côtoie avec l’auteur ont pour seule réalité, une réalité collective, quasi sociologique : toute une époque donc !


    Rétif annonce Balzac mais sans le Père Goriot ou Flaubert mais sans Madame Bovary. Pas de figures archétypales sinon des conditions de vie, des comportements et des manières d’être au monde emblématiques d’un ordre social qui appartient à la fois au passé et à l’avenir ; un avenir révolutionnaire : la noblesse déclinera avant de sombrer au profit d’une bourgeoisie qui aura pour unique exigence : que les affaires tournent ! Petites et grandes ; honorables ou affligeantes… pour les siècles des siècles... 

     

                 La rue est le domaine de la marginalité, et la nuit, celui du malheur qui accable des êtres déjà bien fragilisés ; c’est le Paris du peuple dans son entier à une époque où toutes les classes sociales cohabitent encore : la ségrégation est seulement verticale ; elle dépend de l’étage. Un Paris « occupé » par une main d’œuvre chassée des provinces par la disette ; c'est le Paris des cabarets et des coupe-gorge ; cours, jardins, escaliers étroits, Rétif ira jusqu’à pénétrer l’intimité des logements parfois à l’insu des occupants pour écouter, entendre, observer, comprendre ou bien secourir…

    Ce sera quelques dizaines d’années plus tard, le Paris de Balzac, d’Eugène Sue et d’Hugo.

    Et c’est aussi le Paris du piéton et le Paris pré-révolutionnaire même si dans ses récits, aucune révolution semble pointer le bout de son nez - il faudra se reporter à cette autre œuvre nocturne de Rétif qui porte le nom de « Nuits révolutionnaires » ; car si la nuit, tous les chats sont gris, les révolutionnaires eux cuvent leurs idées comme d’autres leur vin, et face au sommeil nous sommes tous égaux.

    C’est le Paris de l’île de la Cité, de l’hôtel Dieu, le cœur de la Capitale qui comportait alors que six arrondissements… place Maubert, rue de la Bûcherie, le Paris des imprimeurs et des libraires (Rétif était lui-même imprimeur), l’Ecole de médecine et des hurlements de femmes en couches. C’est le Marais… la rue Saintonge… les Halles, sans oublier les faubourgs : Saint-Germain et Saint-Marcel.

     

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    Les ancêtres huguenots de Rétif, sa formation janséniste à Auxerre puis à Bicêtre feront de lui l’ennemi de l’oisiveté : « la religion veut que l’on s’occupe utilement pour soi-même et pour les autres » ; volontiers sermonneur de haut de sa chaire de moraliste réaliste, rigoriste et parfois, franchement austère, sa vie privée n'aura pas été pour autant un modèle de vertu : en effet, on lui connaît une relation incestueuse avec sa fille ainée.

    Sans doute s’agit-il là encore d’une histoire de paille et de poutre et d’un « Faites ce que je dis mais pas ce que je fais ! »… pour ne rien dire d’un « Pour vous la vertu, pour moi la licence ! »

    C’est Molière qui n’a de cesse d’avoir raison.

     

                Confiant dans la science, disciple de Buffon et proche de Rousseau, les "Nuits de Paris" sont souvent éclairées des idées philosophiques et politiques de l'auteur ; chaque récit peut avoir alors pour conclusion nombre de propositions destinées à mettre fin à une carence, à une insuffisance ou à un excès dommageable pour le bien commun car, comme pour tous les honnêtes gens, l’intérêt général était  son souci premier.

    Avec Rousseau, Rétif réaffirme que le peuple est la seule réalité politique. Le Souverain n’est que le « réunisseur du Pouvoir », et le peuple la nation.

    Il craignait néanmoins les fermentations populaires : « Comme mon bras doit toujours obéir à ma tête, toute résistance des membres affaiblit  un corps.» Ni révolutionnaire ni utopiste même s’il imagina pour ses lecteurs "l’An 1888", prudent, il pensait « que l’on ne doit attaquer les préjugés du peuple qu’avec ménagement et lorsqu’ils sont réellement nuisibles ».


    Ennemi du luxe, du superflu, toujours sans le sou et endetté - les visites les plus fréquentes à son domicile étaient celles des hommes de loi, huissiers de préférence -, il pensait que le « riche » est utile aussi longtemps qu’il œuvre en faveur du développement.

    Se rangeant du côté des stoïciens - lucidité et réalisme - contre les Epicuriens – à chaque jour suffit sa peine -, une série de livres sur ce qu’il appelait «  la réformation » verra le jour aux côtés d’autres ouvrages (une quarantaine de titres) rédigés dans le souci d’une recherche d’un mode de gouvernement qui placera le bien public au centre de son action. Il était contre la propriété du sol. Il se méfiait des physiocrates et des économistes (nos libéraux d'aujourd'hui en matière économique) ; il les considérait comme des « systématiques dangereux » ; des idéologues dogmatiques.

    Il nous quittera en 1806 après avoir lancé à la cantonade : « Quand le supplice est trop grand pour le crime (et a fortiori pour un délit), on n’effraie pas (on ne dissuade pas) : on indigne. »

    Et c'est déjà la voix d'un Emile Zola.

     

    ***

     

               Entre rêve et réalité, les Nuits parisiennes de Rétif de la Bretonne - nuits en noir et blanc -, et son clair-obscur, inspireront Baudelaire, Nerval, les grands romans populaires du XIXe siècle, puis Apollinaire, Soupault, Breton, Aragon et Carco : Paris la nuit, encore et toujours…

     

               Car... « Le spectateur nocturne est aussi acteur par l’écriture, il projette son ombre sur la scène, un personnage tout nouveau : il fait alors éclater Paris dans la littérature » - Jean Varbot.

     

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  • Un hiver séculaire

     

     

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                C’est l’hiver. La terre tremble de froid, et sous son étreinte, dans un instant, elle se fendra en deux. Un froid palpable et tangible marche sur le monde : celui des anciens temps, revenu là pour en finir avec l’immense peuple des marais, des joncs et des grands herbages.

    Rien n’est plus troublant, plus inquiétant, plus effrayant que ce silence des marais gelés avec ces brouillards épais qui cachent des corps livides, des bouches muettes de vase ; dernier germe de vie dans une eau piégée sous la glace.

    Une rumeur passe dans les roseaux avant le retour d’un silence profond que le froid impose à quiconque tente d’afficher un semblant de vie. Même les brumes qui traînent sur les troncs d’arbres et qui enveloppent leurs branches les plus basses comme des voiles blancs de reines veuves restent là en suspend, figées.

    Soudain un cri, puis le gémissement bas d’une dernière clameur de vie. En chasse, le froid a frappé une nouvelle fois ; les yeux de sa victime le regardent résignée : un monde inconnaissable qui a eu sa vie propre, ses cris, ses voyages et ses mystères, palpite encore dans sa poitrine. Mais pour combien de temps encore ? Déchirée sa chair avant d’être brûlée par un froid du feu de dieu !

     

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                Au même instant, une chose noire au ventre d’argent tombe comme si l’on avait coupé la corde qui la tenait suspendue, laissant dans sa chute apparaître de longues taches rapides sur le firmament : c'est la mort hivernale qui raidit les joncs, fige le silence et gèle les eaux comme on glace le sang ; c'est le froid qui pénètre l'âme du monde.

    Quelque part au-dessus des marais, maintenant durs comme la pierre, un diamant en forme de cône s’élève lentement. Le cœur en feu, il monte à la rencontre d’un soleil qui n’éclaire plus : il est midi et il fait nuit.

    Une dernière plainte courte, répétée et déchirante après un cri strident... cette âme sans voix que le froid a abattue, a crié là sa dernière espérance de vie et son dernier adieu. 

     

                         Texte inspiré par la lecture de "l’Auberge" et "Amour" : deux contes de Guy Maupassant.

     

     

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    Toutes les photos sont "copyright Serge ULESKI"

     

                   Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI en littérature

     

     

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  • Jeff Koons à Versailles

     

    Quand l'art contemporain se fait le fossoyeur de l'Art Moderne

     

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                 Visite privée de l'exposition sur invitation de Jean-Jacques Aillagon, Président du domaine du Château de Versailles, notre guide pour l'occasion, ce samedi 13 Septembre (2008) à 18h30.

     

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                 Certes, Koons aurait tort de se priver d'être "Jeff Koons" : argent, célébrité, considération...

    En revanche, on pourra difficilement pardonner à nombre de professionnels de l'Art contemporain - directeurs de musée et/ou de centres d'Art (financés et rémunérés par le contribuable), commissaires d'expositions, critiques d'art, les DRAC et les journalistes (1) d'avoir lamentablement échoué dans leur mission.

    A défaut d'être des passeurs de culture, nombreux sont ceux qui se sont contentés d'être les relais serviles d'agences de relations publiques, de créations d'événements, de publicité, de marketing qui sont à la production artistique ce que le film publicitaire, le clip, le design, Disneyland et le parc Astérix sont à l'Art et qui ont pour mission première, sinon unique, de fabriquer, d'entretenir et de promouvoir l'image de camelots, de bonimenteurs, de montreurs de foires, gesticulateurs puérils, immatures, fumistes, anecdotiques, infantiles... abusivement appelés : artistes.

    On pourra aussi et sans risques, les accuser d'être jour après jour, les complices de la dé-culturation et de l'abrutissement des masses laissées sans repères, et auprès desquelles on aura déconsidéré pour longtemps l'Art contemporain (qui vraiment, n'en avait pas besoin !!!), avec des figures telles que Jeff Koons coté à plusieurs millions de dollars et à ce prix, de confondre l'Art avec l'industrie du divertissement... et du luxe, en l'occurrence.

    On parlera de leur culot, depuis plus de quarante ans, quand sans honte et sans rire, ils nous affirment qu'ils ont le devoir de nous faire connaître des productions reflets de notre époque - époque qui sera toujours, tout comme son Art, beaucoup plus que ce que l'on croit avoir compris d'elle, qui n'est, le plus souvent, que ce qu'on souhaite nous donner à comprendre, ou bien, seulement ce que l'on est capable de saisir d'elle...

    Et alors que la production qui nous est proposée ne reflète que l'aspect le moins pertinent parce que... de toutes les époques, ce prosélytisme au service d'un esprit mercantile ; esprit qui finalement, nous distingue si peu de l'animal ; animal qui est, tout le monde en conviendra, bien incapable d'accoucher d'un Léonardo, d'un Boulez, d'un René Char, d'un Zao Woo-ki, d'un Picasso, d'un Giacometti, d'un Ligeti, sa production étant limitée le plus souvent à des déjections fécales, nécessaires certes mais... en aucun cas, ne pouvant trouver leur place dans nos centres d'Art, même et surtout, contemporains.

    Et puis enfin, on ne manquera pas de garder à l'esprit qu'il se pourrait bien qu'ils aient été les saboteurs, les avorteurs de jeunes ambitions intimidées ou bien découragées - sinon dissuadées -, face à l'incurie des codes de la représentation et de la communication dite artistique et contemporaine et de leur maîtrise sans laquelle tout espoir d'être ne serait-ce que diffusé ou exposé, s'évanouit à jamais.

     

                   Alors... pour tout ce gâchis humain et artistique... réclamons une minute de silence... sinon, l'éternité.

     

     

    1 - Ceux de France Culture qui se sont littéralement couchés devant tous ceux qui auront été à l'origine de cette exposition au Château de Versailles, et devant Koons finalement - Koons et ses millions (et sûrement pas devant son art !) -, lors de l'émission du vendredi 12 septembre à 19H15 avec Laurent Goumarre en direct de Beaubourg.

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  • "Ses seins ufologiques. Son pubis ovniaque. Ses yeux Alienés" - un texte d'Andy Vérol

     

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    Par Andy Vérol

     

                 

     

                 " Je voulais faire l'amour avec quelques murs démolis, encore, curer entre les dents les briques, et m'infiltrer. Je voulais m'effacer pour que ça n'empire pas, que cela cesse. J'étais tiraillé entre la sœur soudaine et le daddy répétitif. Qu'avais-je fait pour que ma vie soit une telle impasse puante, un temps stagnan...t dans la serviette mouillée sueur de leur haine réciproque ?


    Dans la boîte aux lettres, ils m'avaient envoyé une lettre pour me dire que j'étais condamné à vivre dans leur congélateur...

    Le docteur ouvrit son bide, en sortit ses boyaux brillants et les balança sur le bureau.

    «Vous voyez ça? Ce sont mes intestins. Et ces intestins, voyez-vous, ils sont perclus de métastases. Alors vous savez quoi? Votre rhume, votre dépression et vos lamentations concernant les coups portés par votre père, vous pouvez vous les foutre au cul !

    Qui aurait accepté de redevenir l'esclave usiné que furent les grands-parents? Qui aurait voulu se présenter chaque matin devant la porte de la fabrique pour gagner sa pitance quotidienne? Daddy n'en voulait pas, trop heureux de palper son RSA, bouffer gras/sucre amerloque, mater son catch, bricoler ses poubelles Mustang 60'/70' et se beurrer la gueule en regardant le grand désert d'en-face. Ça ne l'empêchait pas de réclamer des barrières douanières et « qu'on refoute ces feignasses de français au travail au lieu d'le donner à ces saloperies d'bougnoules »... Le drapeau pendouillait comme une bite molle sur le fronton de notre ghetto de spectres.

    Sa laideur était sa beauté. Sa face taillée au couteau lui donnait un charisme tel que l'on ne pouvait que se laisser envoûter. Dans la symétrie ou dissymétrie d'un visage, on pouvait entendre la musique qui en sortirait.


    Je n'avais pas à essayer d'entrer dans la peau d'un criminel en puissance: il était dans ma propre chair, dans mes cellules, dans mon ADN. Il était logé là, partout, quelque part, nulle part, sorte de muezzin des ténèbres qui lançait chroniquement l'appel à la destruction. Seule l'écriture m'offrait la possibilité d'en faire une richesse, un monde, une guerre menée à la vue de tous.

    Nous étions juste houspillés par la guerre que se livraient l'intérieur et l'extérieur de soi. C'était un luxe ça, surtout quand tu n'avais pas ton bol de bouillie à chercher chaque jour.


    Après s'être regardé un documentaire sur les Aston Martin de James Bond et un autre sur les UFO, je vis Daddy bouffer une boîte de choucroute froide avec les doigts. Ma sœur était enfermée dans la chambre d'amis et faisait des petits bruits d'archéologue de tiroirs...

    Sa pastille Vichy sous la langue, il semblait s'apaiser, laissant son appareil génital et gélifié en paix, regardant avec l’œil trouble des programmes sur la pêche en eau vive. En l'espace de quelques minutes, il en devenait presque rassurant.


    « Moi je sais que Jésus et Mahommet, ces petits bonimenteurs qu'ont fait fortune, c'est rien à côté de moi et ma Nation! Tu vois ma fille, ici, c'est ma Nation et toi t'es une étrangère. Et tu sais c'que je fais à l'étranger moi?! ».

    Il frappait violemment sur la porte au point de la faire trembler. Elle hurlait derrière, l'implorait de la laisser tranquille.


    Strabisme divergent de la perception dans un environnement virtualisé. Strabisme divergent de la perception dans un environnement virtualisé. strabisme divergent de la perception dans un environnement virtualisé. Strabisme divergent de la perception dans un environnement virtualisé. Strabisme divergent de la perception dans un environnement virtualisé. Strabisme divergent de la perception dans un environnement virtualisé. Strabisme divergent de la perception dans un environnement virtualisé.

    Petit pilleur de mes tombes pour se bâtir un trône fabriqué avec la merde de mon cadavre Petit pilleur de mes tombes pour se bâtir un trône fabriqué avec la merde de mon cadavre Petit pilleur de mes tombes pour se bâtir un trône fabriqué avec la merde de mon cadavre Petit pilleur de mes tombes pour se bâtir un trône fabriqué avec la merde de mon cadavre.

    Certains murs, surtout ceux de l'arrière, avaient été rafistolés avec des planches de bois qui laissaient passer l'air, le sable charrié par le Zéphyr. Ça se foutait partout, dans le café au lait et ses croûtons de pain, sur les cendriers, la toile cirée, le tissu usé marron du canapé, les grains de beauté se muant en crabe, les poils des guibolles, les rigoles encombrées de crasse, le carrelage historiquement noir, présentement terre, ... partout. Absolument partout... Je passais ma langue sur la façade de mes dents de devant et des grains de sable minuscules se ruaient contre l'émail de mes molaires encore solides.


    Il n'y a pas de dénouement pour la salive qui forme un lac croupissant sous la langue.


    Ses seins « ufologiques ». Son pubis « ovniaque ». Ses yeux « Alienés ». Sur le matelas taché de pisse, ma sœur allongée sur le dos et maintenue fermement par Daddy le corps sudation le muscle cuivré."

     

                  Bribes-extraits du roman en cours d'écriture "La Diaspora des derniers jours/Un homme clitoridien".

     

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    Les éditeurs d'Andy Vérol sont les suivants :

    L'ivre-Book

     

    Agence éditoriale Bruit Blanc

     

    Editions du Camion Blanc

     

    Editions Scali

     

    Editions de ta Mère

     

    Editions Pylône

     

    Editions Hannibal (Autriche/Allemagne)

     

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                Serge ULESKI à propos d'Andy Vérol : "j'aime l'écriture de cet auteur né avec Internet, comme nous tous ici ! Son écriture et sa mise en scène aussi, sans doute pour la raison suivante : son écriture ne sera jamais la mienne car enfin.... comment réconcilier disons... Pierre Boulez et les Sex Pistols ?"

     

     La suite...ICI  aussi

     

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  • Pièce à conviction : Serge ULESKI en littérature

     

     

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    La vérité, c'est aussi et surtout dans les faits divers que vous la trouverez.

     

               Vous vous demandez dans quel monde vous vivez, dans quel pays, dans quelle ville, dans quel quartier ? Intéressez-vous donc aux faits divers et ne relâchez pas votre attention car tous ces faits divers sont aussi et surtout, des faits emblématiques de notre société qui demeure - quoi qu'on en dise - indomptable malgré tous ses garde-fous.

    Miroir déformant ou pas, le fait divers - pour peu qu'un traitement responsable lui soit réservé - viendra nous rappeler des logiques de comportement que l'on croyait révolues, une géographie urbaine ou rurale insoupçonnable, des conditions de vie scandaleuses mais aussi : mille transgressions, mille intolérances, mille traumatismes, mille injustices...

    Si la rubrique des faits divers est souvent celle des pauvres - rubrique-tombeau que personne n'ira fleurir - elle est aussi celle des fous.

     

    ________________

     

    NB : ce texte n'est pas un polar !

     

                Trois longues années à découvrir les cadavres de dix adolescentes. Trois ans d'enquête à interroger des dizaines de suspects et des centaines de témoins éventuels, jusqu'au jour où l'on découvre dans le baluchon d'un sans-abri mort de froid, huit carnets. Après la lecture de ces carnets, la police ne tardera pas à faire un rapprochement entre ce cadavre et les viols et meurtres des dix adolescentes. Ce sont les analyses scientifiques qui finiront par établir avec certitude la culpabilité de l'auteur de ce "Journal" désormais considéré comme... "Pièce à conviction".

     

    ***

     

    Ce qui ne vous tue pas... fait de vous... un monstre !

     

                   Comment revisiter le monde érotique et cruel du Marquis de Sade et chez Lautréamont, les forces obscures de l'irrationnel et de l'inconscient ?

    Ce récit est une tentative de réponse loin de toute analyse psychologique. D'où la forme adoptée : celle du "Journal intime".

    Parole de tueur donc ! Loin de la parole psychiatrique et, en ce qui concerne la parole du journalisme d'enquête, cette dernière est réduite à sa plus simple expression : celle de l'exposition des faits.

     

    Choix stylistique : celui d'une écriture subliminale censée incarner l'enfermement de notre tueur dans la négation de la réalité et du caractère injustifiable des actes qu'il commet. Des coupures de presse, insérées tout du long, renverront sans ménagement le lecteur à cette réalité décidément... têtue ! Aussi têtue que les faits qui nous sont rapportés dans ce journal.

     

     

    Extrait proposé - cliquez :  Pièce à conviction carnet 6 extrait.pdf

     (Ne pas fermer le PDF après lecture : faites "page précédente")

     

    Extrait audio

     

     

    Entretien avec l'auteur : cliquez Pièce à conviction

     

    L'ouvrage est disponible ICI

     

     

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  • Hadopi face à la "Génération gratuité"

                Que faut-il penser de cette génération qui passe le plus clair de son temps à télécharger des films et des musiques piratés, et à n'écouter que ces musiques et à ne regarder que ces films pour lesquels elle ne donnerait pas un Euro si d‘aventure elle y était contrainte ?

    Pour sûr, cette génération sera vertueuse parce que... écolo : “Comment ça ! Vous vous brossez les dents en laissant couler l’eau ?!! Mais quelle sorte d’homme êtes-vous ? Vous n’avez pas honte ?”

    Ecolo et puis, un rien hygiéniste aussi : “ Qui c’est ce taré incontrôlable qui fout le bordel ?! Débarrassez-nous en au plus vite !”

    Pour le reste, on est libres mais... prévenus : inutile de chercher à éveiller en elle un intérêt quelconque pour ce qui s‘avèrera payant.

     

    ***

     

                La marchandisation de tout ce qui peut a priori faire l’objet d’une transaction commerciale, c’est la société de consommation arrivée au sommet de sa maturité avec pour seule préoccupation la dévalorisation de tout ce qui peut représenter ou prétendre à une valeur autre que marchande ; et son corollaire a pour nom : la gratuité.

    Surtout ne pas y voir là une contradiction ou un paradoxe qui trahiraient un manque de cohérence !

    Si tout ce qui a un prix n’a pas de valeur“, aujourd’hui, tout ce vaut et rien ne vaut la peine de débourser quelque argent pour ce rien qui ne vaut pas plus que ce que peut valoir tout le reste car, on peut difficilement nier la chaîne de causalité suivante : société de consommation = dévalorisation de tout ce qui n’est pas "marchandisable" = tout devient marchandise = tout est interchangeable, fin de la rareté et de l’unicité (caractère unique d’un objet d’une production) = dévalorisation de la marchandise elle-même pour laquelle on n’acceptera plus de payer si on peut l’éviter : vol, piratage,échange...

    Et cette gratuité exigée - sinon souhaitée -, sera accordée à quel prix ?

    Au prix de tout ce qu’on lui fera payer en échange de cette gratuité   qui concerne des secteurs d’activités totalement dévalorisés et désincarnés : journaux gratuits pour la liquidation du métier de journaliste, télévision publique sans garantie de financement, musiques, films... tous devenus interchangeables à souhait...

    Nul doute, ceux qui regardent ces films et écoutent ces musiques ne s'y sont pas trompés ; c'est la raison pour laquelle ils ne souhaitent pas les acheter s'ils peuvent l'éviter ; même si l'on pourra tout de même déplorer le fait que seuls ces musiques et ces films semblent retenir leur attention.

    Car, les véritables enjeux sont ailleurs, et pour commencer : dans tout ce qui a été acquis de haute lutte et que le marché a investi au galop, à savoir : ce qui était hier encore accessible à tous et qui aujourd‘hui ne l‘est qu’à la condition d’être capable de payer rubis sur ongle.

     

                Aussi, toute communication autour de la gratuité avec son message subliminal “Mais... payez donc ! puisqu’on vous dit que c’est gratuit !” a de bonnes chances de faire la fortune de quelques uns avant d’en flouer un très grand nombre, à l’heure où tout espoir de ré-investissement dans de nombreux domaines culturels aujourd'hui délaissés ou privés d’exigence et d’excellence, semble à jamais perdu.

     

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  • La consolation : Serge ULESKI en littérature

     

    Soutenir un auteur, c'est le lire et en parler autour de soi

     

     

     

    Merci à celles et ceux qui me soutiennent en commandant mes ouvrages

     

     

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                                     "Comment vivre sans choisir ? Comment vivre sans inconnu devant soi, sans espoir d'inédit, d'inattendu et d'inouï ?"

     

                Ce texte se déploie autour d'une femme divorcée après 25 ans de mariage. Les cinq premières années qui ont suivi son divorce sont des années fastes : elle recouvre, sa liberté. Mais très vite, à cinquante ans passés, c'est l'impasse : celle d'une organisation de l'existence au jour le jour.

     

                                "Depuis son divorce, voilà trois ans, elle a pris la vie, l'a quittée, l'a reprise, faisant l'impasse sur des jours, des semaines entières pendant lesquelles rien ne se passait et puis, hésitante, elle y est revenue à cette vie qui est la sienne aujourd'hui."

     

                La forme de ce roman est discursive. Le narrateur alterne le "elle" (le personnage de la femme), le "nous" (le personnage intégré à la communauté humaine) et le "on" que le lecteur (femme ou homme) aura tout le loisir de s’approprier ; il personnalise pour mieux dépersonnaliser, son personnage s'effaçant au profit d'une réalité plus vaste qu'elle : la condition de toutes celles - et accessoirement, de tous ceux - qui partagent... sa condition.

     

                               "Pourquoi nos vies seraient-elles si différentes puisque nous suivons tous, à quelques exceptions près, le même chemin ? Ne sommes-nous pas tous issus de la même branche, du même arbre, fruit d'une nécessité commune dictée par une loi dont les règles ne nous laissent guère le choix quand il s'agit de quitter les racines qui nous ont vus naître ?"

     

                Ce titre compte onze chapitres ; au neuvième, le lecteur possède tous les tenants et les aboutissants du personnage. Arrivent alors les deux derniers chapitres : le personnage a 55 ans et son destin, produit d’une sélection impitoyable, sera parfaitement accompli.

    Destin non conclusif, toutefois, puisque le lecteur se verra proposer un épilogue à deux voies, l'auteur ayant décidé de ne pas trancher.

     

                  Thèmes abordés : divorce, célibat, la souffrance au travail, la maternité, deuil, pardon et mémoire. 

           

               Extrait proposé : cliquez la consolation extrait.pdf

               (après lecture, ne pas fermer le PDF : faire "page précédente")

     


                                                                        Extrait audio

     


    L'ouvrage est disponible ICI

     

     

     

     

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  • "Ainsi soit-elle" de Benoîte Groult

     

                   De la génération des féministes mariées et mères de famille - avant l’arrivée dans les années 90 de féministes sans enfant, sans mari, sans famille ni foyer -, Benoîte Groult, romancière et essayiste, figure du féminisme français, nous a quittés en juin dernier.

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    De cette auteure, la lecture de « Ainsi soit-elle » publié en 1975 est plus que salutaire car cet ouvrage nous permet de réaliser d’où sont parties les féministes des années 60 et 70 ; d’où… dans le sens : à quelles conditions d’existence la femme qu’elle soit épouse, mère ou bien célibataire sans enfant, issue des classes populaires ou de la bourgeoisie, était rattachée.

    La liste est longue des pourfendeurs de l’émancipation féminine, du XVIIIe au XXe siècles : Rousseau, Baudelaire, Nietzsche, Robespierre, Freud, Coubertin, Byron, Balzac, Charcot, Mirabeau, Talleyrand, Auguste Comte :

     

    « On n’a rien tenté pour les femmes parce que chacune est isolée dans son foyer, isolée dans sa cellule familiale et dans l’amour de ses propres enfants. Et toutes ces solitudes additionnées ne font pas un mouvement homogène, seule force capable d’obtenir justice. De par le monde, si les femmes demeurent aujourd’hui encore la survivance la plus massive de l’asservissement humain, c’est qu’il reste facile d’exploiter chacune d’elles séparément. » 

     

                      « Quand suis-je devenue féministe ? » s’interroge l’auteure au début de l'ouvrage : « Je ne m’en suis même pas aperçue. C’est arrivé beaucoup plus tard et sans doute parce que j’avais eu tant de mal à devenir féminine. Toute cette jeunesse paralysée par le trac de ne pas correspondre à la définition imposée, donc de ne pas trouver preneur, m’est remontée à la gorge quand j’ai vu la jeunesse de mes trois filles, leur liberté. La vie n’est pas devenue facile pour elles, bien sûr… Mais du moins les problèmes qu’elles rencontrent ne sont-ils plus liés à cette désespérante notion de « vraie femme », hors de laquelle il n’était pas de salut et qui exerce encore ses ravages aujourd’hui. »

    Quand Benoîte Groult est-elle donc devenue féministe ? Si l'auteure peine à répondre à cette question, en revanche, au cours de notre lecture, une remarque pourrait bel et bien fournir un début de réponse : le jour où elle s’est aperçue que le destin des femmes contrairement à celui des hommes, était toujours une fatalité biologique ou une vocation, c’est-à-dire quelque chose qu’il était interdit aux femmes de refuser.

     

                   Transmettre la vie ne dispense pas de la vivre ! 

                              

                  Aux hommes qui s’interrogeaient dans les années 70 à propos du mouvement féministe, en ces termes « Mais qu’est-ce qui leur prend, soudain, aux femmes ? » Benoîte Groult n'avait qu'une réplique à leur adresser : « Il nous prend sans doute que nous en avons assez d’être des harkis et d’oublier notre vérité et nos intérêts pour servir celle et ceux des autres. Nous avons un immense retard à combler et un immense amour à partager non plus seulement avec les hommes mais avec toutes ces femmes refermées sur un secret qui n’a jamais intéressé personne et qu’elles sont en train de mettre au monde aujourd’hui très lentement dans la douleur, l’émerveillement et l’amitié. »

     

                   "Aimer un être, c‘est tout simplement reconnaître qu’il existe autant que vous" de la philosophe Simone Weil, décédée en 1943.

               

                   Combien sommes-nous à savoir que la Révolution française n’a pas amélioré la condition féminine (1) ?  Assurément, elle n’a pas fait de la femme une citoyenne à part entière. Un décret du 24 mai 1795 le confirme : « Toutes les femmes se retireront jusqu’à ce qu’autrement soit ordonné en leurs domiciles respectifs. Toutes celles qui seront trouvées attroupées dans les rues au-dessus du nombre de cinq seront dispersées par la force armée et mises en état d’arrestation. »

     

                    Benoîte Groult a quelques mots à nous dire sur la galanterie française qu’elle qualifie d’attrape nigaud(e)s car enfin, avez-vous déjà vu un homme prendre la valise d’une femme moche ?

                     "Que l’on nous fasse grâce de la galanterie !" exhorte Benoîte Groult  "d’autant plus qu’il ne s’agit que d’une manifestation de l’instinct sexuel !"

     

                      L’Antiquité - Egypte, Grèce et Rome -, aura finalement mieux traité la femme que la relève chrétienne avec l’Eglise comme dépositaire, notamment en ce qui concerne la maternité et les conditions de l’accouchement : la vie de la mère sera préservée sous l’antiquité, sacrifiée sous l’ère chrétienne – cette « flaque sombre » qu’est la femme -, après des heures de charcutage comme autant de supplices sanglants à coups de crochet de rétameur. Il leur fallut attendre mille ans pour être délivrées de ce joug, à partir du XVIe siècle, tout en n’étant pas au bout de leur peine pour autant.

                   Respect mystificateur ou injure, passant sans transition de la mère à la putain, au cours de ces derniers siècles, difficile de ne pas être d'accord avec l'auteure lorsqu'elle affirme que l’homme au masculin n’a jamais été autant insulté que la femme, excepté peut-être l’homme noir.

    Aussi, contrebalançant les droits que les femmes venaient d’acquérir par l’avilissement, la souillure et la torture  - la cruauté, comble de l’amour, censée répondre  à la nature profonde de la femme et de l’homme : masochisme de l’une et agressivité naturelle de l’autre -, c’est alors qu’arriva le culte de Sade et le snobisme de ce culte (comme si Freud n’avait pas suffi !) avec des auteurs cravatés, à la fois proxénètes et clients tels que Henry Miller, Norman Mailer,  Georges Bataille, Michel Leiris, Barthes et Sollers si justement qualifiés par Benoîte Groult de « pseudo-révolutionnaires » et de « pseudo-modernes » : en effet, leurs contributions s’articulèrent autour de la plus classique des régressions sadico-anales. Quant à la Révolution que ces mœurs étaient censés faire advenir, on sait aujourd’hui ce qu’il faut en penser : une fois que la sirène de l’usine a retenti à 17H, c’est le proxénétisme qui prend le relais d’une lutte des classes partie se reposer : il est vrai…  à chaque jour suffit sa peine.

     

                  Dans cet ouvrage, Benoîte Groult nous rappelle que l’oppression féminine s’est toujours fondée sur des mensonges ; elle n’hésitera pas non plus à préciser que la démolition de la sexualité chez la femme a été souvent confondue avec la vertu. Aussi, on n’oubliera pas de sitôt, pour l’avoir lue et relue à plusieurs reprises, cette citation de l’ethnologue Germaine Tillon : « Il n’existe nulle part un malheur étanche uniquement féminin ni un avilissement qui blesse les filles sans éclabousser les pères, ou les mères sans atteindre les fils. » Et puis celle-ci aussi, complémentaire, de Dominique Fernandez : « Les femmes écrasées fabriquent des sous-hommes vaniteux et irresponsables et ensemble ils constituent les supports d’une société dont les unités augmentent en nombre et diminuent en qualité. »

                  Si l’on admet avec Germaine Greer que la violence masculine est le facteur fondamental de la dégradation des rapports humains… Benoîte Groult précise que « L’histoire nous prouve qu’on n’extirpera pas plus le sexisme que le racisme. Dans les ex-colonies d’Afrique, les Noirs n’ont pas réussi à rendre les Blancs moins racistes, ils se sont tout simplement soustraits (en partie, en toute petite partie seulement ! Hélas !… ndlr) à leur pouvoir. De la même façon, il faut que les femmes enlèvent aux hommes le pouvoir de leur nuire. »

    Le verdict est donc sans appel : celles qui s’imaginent encore pouvoir manœuvrer le monde et y faire leur chemin par la séduction (et la putasserie), sont des imbéciles aux tactiques d’esclave. Il est vrai que « la solidarité est une notion neuve pour les femmes si longtemps sorties de la maison d’un père pour entrer dans celle d’un mari. » précise une Benoîte Groult lucide.

    Quarante ans après la parution de "Ainsi soit-elle", chez les Verts, l'affaire Maupin, cet iceberg dont on aperçoit à peine la partie émergée, nous le rappelle cruellement.

                  Au cours des 200 pages qui compte cet ouvrage, Benoite Groult n'aura de cesse de démontrer, page après page, avec minutie,  à quel point « le langage nous contraint à mal penser » tout en reconnaissant dès 1975 que le salut des femmes ne viendra que d’elles-mêmes après une prise de conscience de la nécessité d’une lutte spécifique :

                   « Il nous faut cesser d’avoir peur du mot féministe auquel on a habilement réussi à donner une nuance si péjorative que personne n’ose plus se poser en défenseur des femmes sous peine de mériter cette étiquette. Insérer le malaise et les craintes des femmes dans un sentiment commun de leur oppression dans la société, c’est précisément  ce qui constitue l’indispensable prise de conscience. »

     

     

    1On aura une pensée pour Olympe de Gouges guillotinée à Paris le 3 novembre 1793, femme de lettres française, devenue femme politique. Elle est considérée comme une des pionnières du féminisme français. Auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle a laissé de nombreux écrits en faveur des droits civils et politiques des femmes et de l’abolition de l’esclavage des Noirs.

     

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  • Prince Mychkine : le prophète de l'apocalypse de la condition humaine

     

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                          Dans les yeux des êtres dont il sonde l’existence au premier regard, il y verra un profond désespoir ; dans leurs éclats de rires extravagants, une souffrance infinie. Par lui, la honte vous monte aux joues ; la honte rouge du malheur qui hante chacune des vies qu’il rencontre.

    C’est lui, c'est Mychkine, personnage du roman "L'Idiot" de Fiodor Dostoïevski publié en 1868 ; Mychkine, prince de son état, enfant pour les uns ; «bêlement de mouton malade » pour les autres.

    Mychkine, c’est ce Prince qui se croyait sans héritage, dont on disait la famille ruinée, qui hérite de deux millions de roubles et qui fond en larmes.

    Intransigeant avec ceux qui mêlent Dieu à leurs calculs et qui ne respectent ni la misère ni la douleur des plus faibles et qui n’épargnent ni l’innocence ni la naïveté, Mychkine s’est mis en route avec toute la volonté du monde ; il est venu pointer de l’index la catastrophe qui les attend tous, sans rémission cette fois-ci car personne ne souhaitera racheter leurs péchés sinon par et dans le sang. Il est vrai qu'un octobre rouge, rouge sang, guette au loin et attend son heure.

     

                    « Pardonnez à ceux qui vous ont fait souffrir et vous serez délivrés du mal qu’ils vous ont fait » annonce-t-il.

    C’est la haine du pardon et de l’amour qu’il est venu combattre.

    Non coupables aux yeux de ce nouveau Christ épileptique (comme son auteur) d’un Dostoïevski en quête d’une raison de ne pas désespérer des temps présent et à venir, de lui, tous mériteront un mot de pitié même si… croyant un instant leur rendre la paix, il précipitera leur déchéance.

    Qui a dit que l’enfer était pavé de bonnes intentions ?

    Pour cette raison, nombreux sont ceux qui auraient préféré ne jamais le rencontrer. Mais lui n’a pas cédé. Il s’est obstiné, il s’est incrusté, et tous sont morts de ne pas pouvoir se délivrer d’eux-mêmes car, Mychkine, tout comme Dieu, c’est tout l’amour dont nous sommes incapables les uns envers les autres.

    En les sauvant, il les rendra malades d’un trop plein de lucidité ; et tous devront « faire » leur maladie jusqu’au bout, ne serait-ce que pour connaître leurs chances de guérison. Trop tard hélas ! En les révélant à eux-mêmes, il les condamnera à un désespoir sans limites car, bien qu’habité d’une ambition immense, fruit d'un orgueil démesuré, Mychkine est sans solution ; faut dire que ce prophète sans disciple les aura tous placés entre le meilleur et le pire,  les guidant vers une impasse, un cul de sac, ignorant qu’ils ne pourraient jamais choisir car l’être humain doit apprendre à vivre avec ce meilleur et  avec ce pire, incurable qu’il est.

    Dostoïevski ne le savait pas encore comme nous le savons aujourd’hui.

     

                   Qu’est-ce qu’aimer ? Qu’est-ce que donner ? L’amour vient-il en aimant ? Et puis : comment aimer l’autre si nous ne cédons sur rien ?

    Questionnement contemporain à l’heure où hommes et femmes se regardent en chiens de faïence et dorment en chiens de fusil.

                   Chercher un souffle, les uns dans la vie, les autres dans la mort ! Ce prince Mychkine qui ne faisait pas grand cas de son titre, était leur frère, il était le fils de leurs pères et de leurs mères à toutes et à tous.

    Chez Dostoïevski, l’idiot c’est l’adulte-enfant qui raisonne mal mais qui sent juste ; c’est aussi le seul être au monde qui ne sache pas mentir.

    Un couteau dissimulé dans une bible qui a pour propriétaire le dernier des hommes ; bible qu’il vendra pour boire, boire encore et encore, ayant déjà tout vendu, tout perdu et tout bu - l’acheteur lui en donnera 100 roubles ; une fortune pour ce soiffard ! -, chez Dostoïevski, l’idiot c’est celui qui ne sait pas et ne peut pas tricher ; c’est aussi celui qui vit plus malheureux du malheur des autres que les autres de leur propre malheur ; plus malheureux donc que le plus malheureux des êtres humains alors que cet être ne lui avait rien demandé, et que dans son malheur, il pouvait y trouver son salut.

    Parce que… chacun de ses éclats de rire termine sa course en larmes dans une grimace hideuse, sans doute le Prince Mychkine, ce Tirésias perdu dans un siècle trop petit pour lui face à des êtres au ras de l'existence qui n'aura rencontré ni son Oedipe ni son Créon,  sans doute Mychkine a-t-il vu dans le malheur de ses contemporains son propre malheur ? Celui de son inadaptation au monde ; un monde sans âge d’or passé, présent et à venir ; un monde sans espoir pour quiconque se trouve dans l’impossibilité de vivre sans une de ses lueurs ; celle d’un Dieu maître des étoiles… filantes pour l’occasion car, si Dostoïevski était bien un homme de son temps, s'il savait que Dieu est mort tout en reconnaissant la menace que cette disparition fait peser sur notre humanité, néanmoins, il n'avait toujours pas compris que l'on n'avait jamais pu compter sur lui non plus. Tous l'auront noté : plus ça barde, plus ce Dieu introuvable regarde ailleurs.

     

                     Nastassia sera son unique tentation ; une Marie Madeleine russe auprès d’un Christ orthodoxe : « Je lui donnerai ma vie pour lui rendre la paix de l’âme » confessera-t-il.

    « Sauvez-moi ! Je veux être sauvée ! Epousez-moi ! Je veux un mariage en blanc ! » suppliera-t-elle à genoux.

    Et sous le soleil de Satan, c’est ce même couteau cachée dans cette bible d’ivrogne, bible que plus personne ne lit et alors que l'auteur semble le regretter, c'est ce couteau qui scellera plus tard le destin de cette Nastassia ; celle d’une vie très tôt abusée, gâchée et irrécouvrable.

    Nastassia puis Aglaé… Aglaé et Nastassia… en les épousant, c’est toutes les femmes qu’il épouse ; la femme humiliée au sortir de l'adolescence et la femme adulte mais contrainte ; en mari éternel, il les épousera toutes fraternellement sans en épouser aucune faute de pouvoir choisir car, choisir c’est exclure, exclure c’est trahir…et tout chez cet être l’interdit. L’amour marital aurait pourtant fait de lui un homme entier, une fois descendu de sa croix, refusant alors une charge aussi inhumaine qu'irraisonnée - on retrouve là l'enfant : sauver l’humanité qui ne sait pas qu’il est impératif qu’elle le soit, tout en ignorant qu’il est encore possible pour elle de sortir du néant.

     

                     L'idiot, Prince Michkine, Dostoïevski... littérature et cri d'alarme, mais alors, pourquoi aime-t-on croire autant aux histoires invraisemblables ? Mais parce que ces histoires et les personnages qui les hantent, nous apportent l’illusion qu’un autre monde est possible ; par conséquent, qu'une autre vie aussi pour chacun d’entre nous ! Et c’est alors que la magie opère :  l’espoir renaît le temps qu’il nous est donné de les entendre ou de les lire toutes ces histoires invraisemblables et si nécessaires !

    Insatiables, nous sommes !

    Tenez, la politique, le temps d’une élection, relève de ces histoires-là un peu aussi, tout comme la révolution bolchévique à venir, après la nôtre de 89, dans le contexte d'un roman écrit un demi-siècle avant la grande illusion des possédés d'octobre 17.

    Là encore, on a fini par apprendre que ce n'est pas comme ça qu'il faut s'y prendre ; mais... comment alors ?

                  Une dernière prière de Dostoïevski sur l’autel de la condition humaine, face aux icônes d’une religion déjà impuissante, avec un « pourquoi » qui a pour écho un  « Mon Dieu, faites que… » :

                  « Pourquoi les êtres sont si pauvres ? Pourquoi ne chantent-ils pas de joie ? Pourquoi ne s’embrassent-ils pas ? Pourquoi leurs visages à tous sont si sombres ? »...

    Et c’est le Christ de Dostoïevski, un Christ d'une humanité sans Dieu, qui retourne à son désespoir, péché d'orgueil - encore l'orgueil ! -, péché pourtant mortel ; un désespoir, le sien propre, à la fois immense et minuscule face au monde, avec lequel il lui faudra continuer de désespérer et de vivre tel un fantôme maintenant silencieux, sans bruit de chaînes, un fantôme le plus seul au monde car, la boucle bouclée, pour le prince Mychkine, ce sera l’éternel retour du même avec le même, comme une maladie chronique que seule la mort est capable de guérir.

                    Le malheur de ce prince, c'est de n'avoir pas été plus capable de se sauver que de sauver les autres tout en n'ayant pas compris ce que, vingt ans plus tôt, Bartleby a hurlé à la face du monde, tout en se taisant : "Plus on parle, plus on ment, plus on se salit et les autres avec nous !"

                   Herman Melville avait quelques longueurs d'avance sur Dostoïevski. Faut croire.

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  • Pour vos vacances, une idée à un prix imbattable !

     

     

    N'attendez plus !

    RESTEZ CHEZ VOUS !

     

     

            On nous invite à changer d'air, de pays ; on nous parle d'évasion. Sommes-nous des forçats pour chercher à fuir ?

      

            Dans les premières années qui ont suivi son divorce, une boulimie de voyages s'est emparée d'elle ; voyages en couple ou bien, avec les copines, en célibataires enjouées et hilares ; destinations bon marché pour une semaine, voire deux, à l'hôtel... parfois le Club quand ses moyens le lui permettaient, mais toujours dans des lieux sans risques, des lieux privés de rencontres et d'enseignements inattendus.

    Touriste à bagage unique et léger donc, aux allers-retours multiples ! Jusqu'au jour où une lassitude énorme est venue mettre fin à ses envies de voyage : elle ne supportait plus les aéroports, les retards, l'attente dans les salles de transit, les sourires imbéciles à la réception des hôtels, les taxis et les chameliers racketteurs : harassement de la mendicité sous le couvert d'un commerce hasardeux et si peu convaincant dans sa pratique.

     

    ***

     

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              Le soleil et l'argent, encore le soleil et toujours l'argent ! Pas d'argent pas de sourire, et pour un peu, pas de soleil. Dans les rues, on ne voit rien - comprenez : on ne peut rien évaluer -, puisque rien ne nous est expliqué ; et si d'aventure des autochtones lettrés et avisés devaient proposer leur service... nul doute ! le mensonge serait au rendez-vous : ils nous diraient ce qu'ils pensent devoir nous faire entendre, qui n'est, dans leur esprit, que ce que l'on souhaite s'entendre dire.

    Et l'eau que l'on peut tantôt boire, tantôt ne pas boire, et sous aucun prétexte ; de même pour la nourriture !

    Et encore le soleil et la chaleur qui n'en finissent pas de vous aveugler, de vous ramollir physiquement et mentalement ; une fatigue épouvantable en fin de journée quand on regagne son hôtel non loin d'un bidonville qu'on tentera de nous cacher, jusqu'au jour où l'on trouvera bien des volontaires zélés pour y parcourir, entre deux monticules de détritus, les sentiers nauséeux et purulents d'une misère ensoleillée : la curiosité n'a pas de prix puisqu'elle passe après l'ignorance de ceux qui ne soupçonnent pas un instant qu'ils puissent l'être, ignorants et obscènes.

     

              Si on renonce à tout, et pour occuper nos journées, on disposera d'une piscine et d'un transat, ou bien un hamac, derrière une clôture, du matin au soir, avec le petit personnel, prisonnier tout comme nous et dont l'occupation principale consistera à changer nos draps, à vider nos poubelles, à lustrer nos lavabos, baignoires et toilettes, et ce pour notre plus grand confort et notre plus grand bonheur, jusqu'au moment où l'on ne supporte plus leur présence, témoignage embarrassant d'une relation impossible de nous à eux sinon dans le mensonge, l'assujettissement, et encore le mensonge de tous ces visages qui mentent, même réjouis, même hilares ou bien, indifférents.

    Quant au nôtre de visage face aux leurs, c'est déjà un départ dans quelques jours, et c'est aussi un rien qu'on aura laissé derrière nous et qu'on aura pris d'eux, sans oublier l’inévitable sentiment d'être allés jouer les riches chez les pauvres.

    Un tel déséquilibre rend tout rapport impossible en l’état ; même la sincérité, la bonté vraies nous sont tout aussi insupportables car, quoiqu'il arrive, on ne sera jamais à la hauteur : on ne pourra jamais rendre la pareille. Et tous les parfums, les senteurs et les couleurs n'y changeront rien : quelque chose a été saisi et ce saisissement nous empêche d'en saisir davantage.

    Culpabilité accablante : on s’est fourvoyés dans un lieu qui n‘en est pas un.

     

    ***

     

           Au retour, le sentiment de n'avoir rencontré personne sinon des êtres interchangeables à souhait, tels des voisins de palier, des collègues de bureau : là d'où l'on vient.

    Être parti si loin pour retrouver les mêmes, bavards et suffisants ! Décidément, on mérite beaucoup mieux et ce mieux indisponible, on ira le chercher chez soi, là où l'on nous épargnera le pire : la bêtise et la honte.

    C'est déjà pas si mal.

     

     

    Extrait du titre : "La consolation" - chapitre 5 - copyright Serge ULESKI

     

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    Les vacances de Monsieur Hulot - Jacques Tati

    Un contre modèle ?

     


    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI en littérature

     

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