Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

marxisme

  • Roger Garaudy : réhabilitation et justice

     

     

                 « Toujours à contre-nuit, comme un pont de lumière entre l’Europe et l’Orient»

     

    garaudy,censure,israël,usa,urss,christianisme,marxisme,philosophie,pcf,cgt,politique,justice,bannissement,bernanos,roger garaudy,kravtchenko

     

    Spiritualisme, morale marxiste, marxisme et Chrétiens, Islam…

     

                   Né le 17 juillet 1913 à Marseille, résistant, communiste, enseignant, député, sénateur, écrivain et philosophe, humanisme et marxisme, Bernanos de gauche, membre du parti communiste dès 1933, arrêté en 1940 sous le régime de Vichy, déporté en Algérie... après la libération Roger Garaudy entre au comité central du PCF.

    Très tôt, Roger Garaudy ouvrira un dialogue avec l’autre versant de la réflexion révolutionnaire dans l’ouvrage « L'église, le communisme et les Chrétiens » car pour Roger Garaudy, révolution et transcendance sont indissociables.

    En bon communiste discipliné et aveugle, il sera sans pitié pour Victor Kravtchenko (l'auteur de Chose Freedom, un livre dénonçant le système soviétique, publié à New York en 1946) même si, tel un effet boomerang, bien des années plus tard, à propos d'un de ses ouvrages, il lui faudra, lui aussi, faire face à une vendetta qui n’aura rien à envier à celle que Kravtchenko en 1947devra affronter au moment de son procès en diffamation contre l’accusation d’agent américain lancée par le PCF ; un Kravtchenko seul et abandonné par toute la classe intellectuelle dite de gauche, dite progressiste.

    L'invasion de la Tchécoslovaquie par l’URSS lui inspirera deux ouvrages : "Pour un modèle français du socialisme" et le questionnement suivant : "Peut-on être communisme".

    Au cours des années soixante il s’orientera vers une approche « auto-gestionnaire », voire « libertaire » de l’organisation de l’existence ; il penchera pour l’émancipation de la classe ouvrière des appareils des partis politiques et des syndicats : PCF – CGT en tête.

    En 1970 il est exclu du PCF. Il se tourne alors vers la religion : le Christianisme de son enfance avant de se convertir à l'Islam en 1982 après avoir vu dans le Coran la continuité du message de Christ : Jésus et les Evangiles. Il viendra à l’Islam « l’Evangile d’une main et le Capital de l’autre » précisera-t-il.            

     

    garaudy,censure,israël,usa,urss,christianisme,marxisme,philosophie,pcf,cgt,politique,justice,bannissement,bernanos,roger garaudy,kravtchenko

                (Partout les mêmes images : Gaza, Syrie, Irak, Yémen, Libye, Afghanistan - partout les USA, Israël, l'Arabie Saoudite, le Qatar, les djihadistes coalisés et une Europe supplétive : France et Grande Bretagne en tête)

     

                  Tous les titres des ouvrages de Roger Garaudy (plus de 60) témoignent d’un esprit d’une clairvoyance rare :

    - Les Fossoyeurs – Un nouvel appel aux vivants

    - Avons-nous besoin de Dieu ?

    - Vers une guerre de religion ? Débat du siècle

    - L'Islam et l'intégrisme

    - Les États-Unis avant-garde de la décadence,

    - Le Procès de la liberté

    - Le XXIe siècle – Suicide planétaire ou résurrection

    - Le Terrorisme occidental

     

                       Dans les années 90, il fut un des premiers à dénoncer un nouvel ordre mondial qui n’est que la continuité de l’ancien désordre colonial.

    L'ouvrage "Les mythes fondateurs de la politique israélienne" publié en 1995 fera de lui la victime d’un long acharnement qui n’aura rien à envier aux procès staliniens des années 30 et 40… jusqu’à sa « chute » et son bannissement professionnel et médiatique.

    L’ouvrage en question se compose de trois chapitres principaux : « Les mythes théologiques », « les mythes du XXe siècle » et « l'utilisation politique du mythe ».

                      Roger Garaudy explique le pourquoi de cet ouvrage :

     
    " ... les intégrismes, générateurs de violences et de guerres, sont une maladie mortelle de notre temps. Ce livre fait partie d'une trilogie que j'ai consacrée à les combattre : Grandeur et décadence de l'Islam , dans lequel je dénonce l'épicentre de l'intégrisme musulman : l'Arabie Saoudite. Deux ouvrages consacrés à l'intégrisme catholique romain qui, tout en prétendant "défendre la vie", disserte sur l'embryon, mais se tait lorsque 13 millions et demi d'enfants meurent chaque année de malnutrition et de faim. Ces ouvrages s’intitulent : Avons-nous besoin de Dieu ? et Vers une guerre de religion ? 

    Le troisième volet du triptyque, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, dénonce l'hérésie du sionisme politique qui consiste à substituer au Dieu d'Israël l'Etat d'Israël, porte-avions nucléaire et insubmersible des Etats-Unis qui entendent s'approprier les pétroles du Moyen-Orient.

    Une politique aussi inavouable en son fond exige le camouflage que mon livre a pour objet de dévoiler. D'abord, une prétendue justification "théologique" des agressions par une lecture intégriste des textes révélés, transformant le mythe en histoire : la terre conquise devenant "terre promise". Il en est de même pour l'Exode, cet éternel symbole de la libération des peuples contre l'oppression et la tyrannie, invoqué aussi bien par le Coran (XLIV, 31-32) que par les actuels "Théologiens de la libération".

    Et puis une mythologie plus moderne : celle de l'Etat d'Israël qui serait "la réponse de Dieu à l'Holocauste", comme si Israël était le seul refuge des victimes de la barbarie de Hitler, alors qu'Itzhak Shamir lui-même écrit: "Contrairement à l'opinion commune, la plupart des immigrants israéliens n'étaient pas les survivants de l'Holocauste, mais des Juifs de pays arabes, indigènes à la région."

     

                      Si à aucun moment Roger Garaudy ne niera le génocide juif, Roger Garaudy n'aura eu qu'un seul tort : dénoncer l'exploitation de ce génocide à des fins de domination et de spoliation ; ce qu'on nommera plus tard... la shoah-business, sujet de controverse lancé par le politologue et historien américain Norman G. Finkelstein dans un livre publié en 2000, sous le titre : L’Industrie de l’Holocauste : réflexions sur l’exploitation de la souffrance des Juifs.

     

    garaudy,censure,israël,usa,urss,christianisme,marxisme,philosophie,pcf,cgt,politique,justice,bannissement,bernanos,roger garaudy,kravtchenko

    (Se soumettre ou périr)

     

                       Agrégé de philosophie à 23 ans, d’une intelligence foudroyante d’une limpidité redoutable (pensée limpide dans la noirceur du siècle), suite à la publication de cet ouvrage sur l’Etat d’Israël et sa condamnation par les tribunaux à la demande des associations juives, le bannissement de Roger Garaudy de la vie intellectuelle française, peine de mort civile, annoncera la fin des débats politiques, intellectuels et spirituels en France au profit d’un « il n’y a pas d’alternative » dévastateur, qui scellera une défaite sans précédent de la pensée, comme autant de réactions en chaîne d’une décadence intellectuelle et d’une rupture de la transmission d'une tradition philosophique humaniste ; décadence qui propulsera au devant de la scène, après une chute vertigineuse de tous les niveaux de la réflexion intellectuelle et historique, un contingent arrogant, bruyant, d’une intolérance inouïe - obscurantisme, terreur et mensonges : trou noir cauchemardesque de la pensée -, relayé par des médias aux ordres qui, d'une pierre deux coups, enterreront sans sourciller, six pieds sous terre, leur métier de journaliste : Bernard-Henri Lévy, Bernard Tapie, Jack Lang, Bernard Kouchner, Alain Finkielkraut, Eric Zemmour, La Licra, le CRIF, Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, Manuel Valls, François Hollande…

     

    garaudy,censure,israël,usa,urss,christianisme,marxisme,philosophie,pcf,cgt,politique,justice,bannissement,bernanos,roger garaudy,kravtchenko

    (Autre confirmation de la fin de tous les débats - Gaza 2008)

     

                 Infortuné, Roger Garaudy décédera le 13 juin 2012 dans le silence assourdissant d'une caste médiatique et intellectuelle terrifiée à l'idée de lui rendre justice : en effet, le premier qui s'y risquerait... sauterait.

    Qu'à cela ne tienne : Roger Garaudy aura été sans aucun doute un homme du futur… «… l'homme qui a brisé les frontières idéologiques artificielles du XX° siècle » : religion et marxisme. 

     

                        Mais alors, qui donc aujourd’hui osera témoigner en sa faveur sans craindre la relégation ?

    Lien permanent Catégories : Histoire et révisionnisme, Israël : judaïsme, sionisme et colonisation, Littérature et essais ad hominem 1 commentaire
  • Francis Cousin à propos du Capital : crise, guerre et reconstruction

     

                            Le rôle des USA ; l'impossibilité d'une 3e guerre mondiale de type frontale ; crise monétaire et manipulation terroriste - Vidéo à 10.00, courtesy of agenceinfolibre

     

                            Conférence de presse du directeur du renseignement americain

     

                    Quelques mises au point : quand ce directeur du renseignement parle de "démocratie" il faut bien évidemment comprendre : soumission à l'Empire américain.

    A propos de la Russie : contrairement à ce qui est affirmé, la Russie n'est pas passée à l'offensive, elle est sur la défensive. La question de savoir " jusqu'où la Russie souhaite avancer" cache une autre question, la vraie question  pour les USA et ce directeur du renseignement : jusqu'à quel point la Russie est encore capable de défendre ses intérêts vitaux que nous, les USA, souhaitons menacer afin de l'affaiblir et de continuer de diviser et de contrôler les Européens.

     

                             Pour prolonger, cliquez : Daesh and Co... la guerre du pétrole

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
  • Une sociologie du roman avec Lucien Goldmann

     

                   Pourquoi une sociologie du Roman ? La question est posée. La réponse de Lucien Goldmann est la suivante : « … parce qu’aujourd’hui, les véritables sujets de la création culturelle sont les groupes sociaux et non pas les individus isolés alors que c’est une expérience immédiate et en apparence incontestable que toute œuvre culturelle – littéraire, artistique ou philosophie – a un individu pour auteur. »

    Et puis aussi :  « S’il est évident que le monde absurde de Kafka, de l’Etranger de Camus ou le monde composé d’objets relativement autonomes de Robbe-Grillet, correspondent  à l’analyse de la réification telle qu’elle a été développée par Marx, le problème se pose de savoir pourquoi ce phénomène de réification qui date du XIXè siècle s’est-il manifesté dans le roman qu’à partir de la fin de la Première Guerre mondiale ? »

    Lucien Goldmann poursuit : « La forme romanesque est la transposition de la vie quotidienne dans la société individualiste née de la production pour le marché. Il existe une homologie rigoureuse entre la forme littéraire du roman et la relation quotidienne des hommes avec les biens en général, et par extension, des hommes avec les autres hommes. Or, ce qui caractérise  la production pour le marché, c’est l’élimination de cette relation de la conscience des hommes, sa réduction à l’implicite grâce à la médiation de la nouvelle réalité économique créée par cette forme de production : la valeur d’échange (seul ce qui peut être vendu est à valoriser). »

    Cette élimination signe-t-elle l’arrêt de mort à terme du roman. En effet… «  l’histoire et la psychologie du personnage deviennent de plus en plus difficile à décrire sans tomber dans l’anecdote et le fait divers, ce n’est pas seulement parce que Balzac, Stendhal ou Flaubert l’ont déjà décrite, mais parce que nous vivons dans une société différente de celle dans laquelle ils vivaient, une société dans laquelle l’individu comme tel et, implicitement, sa biographie et sa psychologie ont perdu toute importance vraiment primordiale. »

    L’histoire de cet individu est celle de tout le monde.

                    A titre d’exemple, prenons un roman de Robbe-Grillet, « La jalousie » : si l’auteur y décrit de manière différente les relations d’un jaloux avec sa femme, et l’amant de celle-ci, c’est bien parce que la femme, l’amant et le mari jaloux sont devenus objets : « Dans la société contemporaine les sentiments humains expriment maintenant des relations dans lesquelles les objets ont une permanence et une autonomie que perdent progressivement les personnages. »

    A la suite de quoi, Lucien Goldmann nous rappelle que « La forme romanesque est, parmi toutes les formes littéraires, la plus immédiatement et la plus directement liée aux structures économiques, aux structures de l’échange et de la production pour le marché. Pour cette raison, les véritables sujets de la création culturelle sont les groupes sociaux et non pas les individus isolés car le créateur fait souvent partie du groupe par sa naissance ou son statut social.»

    ___________________

     

                      Marx a très tôt étudié les principales transformations  entraînées dans la structure de la vie sociale par l’apparition et le développement de l’économie avec pour conséquence le couple  individu-objet inerte.  

     

    "La réification" par Lucien Goldmann :

     

                      "Qu’entendons-nous par ce mot ?

                       Tel que le décrit Marx sous le terme de « fétichisme de la marchandise », le phénomène est extrêmement simple et facile à comprendre.

    La société capitaliste, dans laquelle tous les biens sont produits pour le marché, diffère de manière essentielle de toutes les autres formes antérieures d’organisation sociale de la production.

    Une première différence fondamentale : l’absence dans la société capitaliste libérale, de tout organisme capable de régler de manière consciente  à la fois la production et la distribution à l’intérieur d’une unité sociale quelconque.  De tels organismes existaient dans toutes les formes de société pré-capitalistes. Cette régulation de la production pouvait être traditionnelle, religieuse, oppressive, elle avait néanmoins un caractère consciente.

    Or, dans la société libérale classique, il n’existe précisément à aucun niveau une régulation consciente de la production et de la consommation même si cette production tient compte de la demande payante (solvable).

    Sur le plan immédiat des consciences individuelles, la vie économique prend alors l’aspect de l’égoïsme rationnel de l’homo economicus, de la recherche exclusive du profit maximum sans aucun souci des problèmes de la relation humaine avec autrui et surtout sans aucune considération pour l’ensemble. Dans cette perspective, les autres hommes deviennent des objets semblables aux autres objets dont la seule qualité humaine importante sera leur capacité à conclure des contrats et engendrer des obligations contraignantes.

    Ainsi, tout un ensemble d’éléments fondamentaux de la vie psychique, tout ce qui dans les formes sociales pré-capitalistes était constitué par les sentiments transindividuels, les relations avec des valeurs qui dépassent l’individu - la morale, l’esthétique, la charité et la foi -, disparaît des consciences individuelles dans le secteur économique dont le poids et l’importance croissent chaque jour dans la vie sociale, pour déléguer ses fonctions à une propriété nouvelle des objets inertes : à leur prix.

    Les conséquences de ce changement sont considérables. Elles comportent d’ailleurs aussi des aspects positifs et ont permis le développement d’un certain nombre d’idées fondamentales de la culture européenne occidentale (les idées d’égalité, de tolérance et de liberté individuelles entre autres). Mais elles ont augmenté progressivement  le développement  de la passivité des consciences individuelles et l’élimination de l’élément qualitatif dans les relations entre les hommes, d’une part, et entre les hommes et la nature, d’autre part.

    C’est ce phénomène d’abolition, de réduction à l’implicite d’un secteur extrêmement important des consciences individuelles auquel se substitue une propriété nouvelle, d’origine purement sociale, des objets inertes, dans la mesure où ils pénètrent sur le marché pour y être échangés et, à partir de là, le transfert des fonctions actives des hommes aux objets, c’est cette illusion, fantasmagorique qu’on a désignée par le terme extrêmement suggestif de « fétichisme de la marchandise », et, par la suite, de réification.

    Dans la structure de la société libérale qu’analysait Marx, la réification réduisait ainsi à l’implicite toutes les valeurs transindividuelles, les transformant  en propriétés des choses, et ne laissait comme réalité humaine essentielle et manifeste qu’un individu privé de toute liaison immédiate, concrète et consciente avec l’ensemble.

    Toutefois, l’homme ne saurait à la fois rester humain et accepter l’absence de contacts concrets et univoques avec les autres hommes, de sorte que la création humaniste qui correspondait réellement à la structure réificationnelle de la société libérale était l’histoire de l’individu problématique telle qu’elle s’est exprimé dans la littérature occidentale depuis don Quichotte jusqu’à Stendhal et Flaubert, en passant par Goethe, Proust et Dostoïevsky.

    La grande transformation sociale humaine est née de l’apparition de deux phénomènes nouveaux et d’une importance capitale, d’une part, les auto-régulations de la société et, d’autre part, la passivité croissante, le caractère de « voyeurs » que prennent progressivement dans la société moderne les individus, l’absence de participation active à la vie sociale, ce que, dans sa manifestation la plus visible, les sociologues modernes appellent la dépolitisation mais qui est au fond un phénomène beaucoup plus fondamental qu’on pourrait désigner, dans une gradation progressive, par des termes comme : dépolitisation, désacralisation, déshumanisation, réification.'

     

                        Extrait de "Pour une sociologie du roman" - idées NRF - 1964-1965

     

     

    Lien permanent Catégories : Littérature et essais ad hominem 0 commentaire
  • Jean Jaurès en libre service

     

                Issu de la bourgeoisie, agrégé de philosophie, député socialiste pacifiste, dreyfusard, marxiste révolutionnaire et républicain, fondateur du quotidien l'Humanité, présent et actif à la création de la SFIO, Jean Jaurès sera assassiné à Paris le 31 juillet 1914.

    Récupéré par la "fausse gauche" contre le Parti communiste dès les années 20 car, en politique, il n'est jamais trop tôt pour trahir, Trotski dira de lui : "Jaurès tomba sur l'arène en combattant le plus terrible fléau de l'humanité et du genre humain : la guerre."

     

    ***

     

                Aujourd'hui, nombreux sont les politiques français qui invoquent Jean Jaurès, et plus encore à l'occasion du centième anniversaire de l’assassinat de cette figure du socialisme français.

    - Déjà Sarkozy s'est senti "l'héritier" de Jaurès, un soir à Toulouse ; c'était à l'occasion d'un meeting de campagne présidentielle en 2007 ; Sarkozy affichait ce soir-là l'ambition de "remettre au coeur de la vie politique française" les "valeurs que la gauche a trahies".

    Faut dire que... même l'électorat de gauche a le vide en horreur ; les conseillers de Sarkozy le savaient.

    - Comme plus rien ne peut nous surprendre, Jean Jaurès est régulièrement cité par le FN : «À celui qui n'a plus rien, la patrie est son seul bien». Cette phrase, citée entre guillemets, sera placée en haut d'une affiche au teint rosé. En fond s'affiche la tête de Jaurès. En bas le slogan: «Jaurès aurait voté Front national». L'affiche sera utilisée pendant la campagne européenne de 2009, puis réutilisée par Marine Le Pen en 2011, au congrès de Tours, lors de son discours d'investiture de présidente

     -  Et comme un malheur n'arrive jamais seul, en avril dernier, Hollande s’en est réclamé au moment précis où son virage social-libéral en épingle a envoyé toute la gauche dans les décors. 

    Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, millionnaire qui ne craint rien ni personne, et surtout pas le ridicule - rien de surprenant, l'argent vous rend insubmersible -, ira  jusqu'à affirmer qu'il y a du "Jaurès" chez Hollande.

    Au moins, sait-on aujourd'hui qu'il n'y a vraiment plus rien ni personne à sauver rue de Solférino.

                  Un Jean Jaurès en libre service : chacun se sert, chacun pèse le pour et le contre avant de l'emballer...et la rumeur dit que l'on peut même sortir sans payer, sans passer à caisse donc car, nombreux sont ceux qui pensent pouvoir contourner les détecteurs de mensonges, et autres tests de sincérité ; et quand on sait qu'il n'y a de fidélité que dans les actes...

                  On l'aura compris : moins on est de gauche, plus on évoque Jean Jaurès. De là à penser que Jaurès était de droite...                      

     
     
                  Mort, bien mort et enterré, bien enterré, profond dans l'inconscient collectif de toutes les boucheries guerrières, coloniales et sociales  - rapport au monde du travail, monde de la production et de la marchandise, ici et sous d'autres tropiques -, Jaurès c'est Dieu. Et tous tentent d'approcher son cadavre, le temps d'une prêche avant de retourner à leurs occupations; il est vrai que la politique n'attend personne ; de plus, les places sont chères car âprement convoitées.

    Relique des temps passés qui ne sont plus à venir, figure christique pour un peu, entre deux contradictions et trahisons dont la classe politique a le secret, certes, si c'est un «saint-Suaire » qui recouvre le visage de Jean Jaurès, il s'agira alors du visage d'un socialisme  aujourd'hui introuvable , et si c'est un linceul qui enveloppe son corps, il sera question bien plutôt du cadavre de notre République vendu au moins offrant d'une Europe et d'une mondialisation qui ont la prétention de ne rien devoir à qui que ce soit... cadavre putrescent déposé au fond d'un trou...appelé tombeau au Panthéon d'une Nation ingrate qui n'a de cesse de s'empresser d'enterrer ceux qui lui ont pourtant donné sa majuscule : "Cachez ce grand homme qui nous fout la honte... et que nous ne saurions voir, jamais plus !"

    Effusion de l'Esprit sain, et puis, publicité oblige...

    Tous s'en réclament ! sans doute dans l'espoir d'en sortir, les uns un peu plus propres, les autres un peu moins sales, d'autres encore un peu moins cons, d'autres de se sentir un peu plus à gauche et d'autres à droite... d'aucuns y vont à tâtons, d'autres à reculons, s'y risquant du bout des doigts, d'autres lui rentrent carrément dedans, d'autres l'étreignent dignement, d'autres l'ont embrassé mille fois du baiser de la mort...

    Mais tous ne jurent plus que par lui, par intermittence, un jour avec, un jour sans, un jour oui un jour non... ils y pensent et puis oublient, surtout pendant les campagnes électorales, et une fois la campagne passée, vainqueurs ou pas... une fois "dans la place", il sera alors surtout question de s'essuyer les fesses avec Jean Jaurès, et plus précisément de se torcher le cul avec  ses œuvres complètes - discours et articles de presse -,  dans une volte face éhontée, en moins de temps qu'il faut pour le dire et le déplorer, entre deux diarrhées dégoulinantes de realpolitik qui n'est dans les faits qu'une dette qu'il faut acquitter ; dette contractée auprès d'une oligarchie qui fait et défait les candidats à la fonction suprême.

                  Si on ne peut plus les sanctionner, eux tous, interchangeables à souhait qu'ils sont, au moins peut-on et doit-on leur dire à tous que l'on n'est pas dupes car on ne s'est pas laissé dépouiller de tout ; on n'a pas tout abandonné ni tout perdu : il nous reste encore un peu de dignité, merde alors !

     

     

    1 - L'Humanité y laissera son humanité dans un soutien indéfectible au goulag soviétique. La SFIO sans doute pour ne pas être en reste, perdra son âme dans la guerre d'Algérie. Les fils finissent toujours par trahir leur père avant de le tuer.

     

    _______________

     

    Pour prolonger, cliquez : Porter la crise au cœur du PS

     

    Lien permanent Catégories : politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
  • Accélération - une critique sociale du temps

     

    9782707177094.JPG

     

                     Par la succession des vagues d'accélération - révolution des transports, des transmissions et, maintenant, par la fusion organique de l'organisme et de la machine, manipulations génétiques -, assisterait-on à la victoire du temps sur l'espace ?

    Contribuer à une compréhension adéquate des évolutions sociales contemporaines et des problématiques relatives au processus de modernisation ainsi qu'aux débats sur l'existence ou non d'une rupture dans ce processus, entre une modernité classique et une modernité tardive autrement nommée "postmodernité" ou "seconde modernité" ; dégager systématiquement les conséquences politiques et éthiques de cette rupture...

    Tel est le but de l'ouvrage Accélération traduit de l'allemand.

     

     

    ***

     

                L'auteur affirme que l'on peut postuler sans risque que la date de la naissance de la modernité fut celle où se produisit l'émancipation du temps vis-à-vis de  l'espace ; émancipation qui est à l'origine de l'accélération.

     
    L'hypothèse de départ du livre de Hartmund Rosa est la suivante : "...l'expérience de la modernisation est une expérience de l'accélération qui est la caractéristique centrale de la transformation des structures temporelles ; une force majeure de la culture de la modernité."
     
     
    Ainsi que...
     
     
                "... l'accélération sociale de la modernité est devenue un processus autoalimenté qui place les trois registres de l'accélération dans la spirale d'une relation synergique : accélération technique ------> accélération du changement social -------> accélération du rythme de vie ------> re-accélération technique (pour faire face à l'accélération du rythme de vie) etc...
     
               ... la conscience et les règles de l'interdépendance sociale s'érodent en raison du rythme élevé des transformations, avant même que puissent émerger de nouvelles formes d'intégration sociale : ce ne sont donc pas les transformations sociales qui posent problème mais leur rythme. "
     

     

    ***

     

     

                 Les phénomènes d'accélération et de désynchronisation sont au coeur de presque toutes les définitions des "temps nouveaux".

    A titre d'exemple... ce qui est réellement nouveau dans la mondialisation actuelle, ce ne sont pas les processus eux-mêmes, mais la vitesse à laquelle ils se produisent : et cette vitesse est bien trop élevée pour permettre une gestion politique des changements sociaux.

     

                "... les apologistes de la "postmodernité" et leurs adversaires partagent le même point de départ : le processus de désynchronisation. Le renoncement à une maîtrise politique des évolutions économiques, techniques ou sociales ( la fin de la politique), le renoncement à toute ambition d'une intégration narrative pourvue de sens entre passé, présent et futur individuels et collectifs et, par conséquent, d'une intégration du temps de la vie quotidienne dans un projet d'identité personnelle, l'acceptation d'un fonctionnement désintégré de sous-systèmes sociaux distincts (la fin de la société), constituent le coeur de l'idéologie postmoderne dans la philosophie aussi bien que dans la sociologie. Il en résulte une transformation qualitative fondamentale des formes de gestion de la société et des rapports de l'individu avec lui-même : renoncement à l'autonomie individuelle et collective et, par conséquent, au projet normatif de la modernité."

     

                Et c'est alors que l'on en vient à se demander si tout projet de vie est encore adapté à l'époque, voire si cela fait encore sens de concevoir des projets de vie à long terme.

    Et l'auteur de conclure : "... le diagnostic de la postmodernité est le suivant : la linéarité et l'ordre séquentiel de la perception étant rompus, un état social a renoncé à toute ambition d'intégration. Seule une intervention politique est en mesure d'empêcher que des processus sociaux ne soient soumis à l'accélération jusqu'aux limites de ce qui est techniquement possible. La création de nouvelles oasis de décélération et la protection de celles qui existent déjà, sont donc des exigences..."

    Lien permanent Catégories : politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu