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  • Pourquoi Michel Foucault est-il partout ?

     

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                        En 2013, la revue littéraire en ligne du Nouvelobs « Bibliobs » posait la question suivante : « Pourquoi Michel Foucault est-il partout ? »

    Et une réponse ne tarda pas à pointer le bout de son nez ; ma réponse, en l'occurrence :

                       Eh bien, Michel Foucault est partout car Michel Foucault ne dérange personne ; la production philosophico-sociologico-historique de cet intellectuel affable mais un peu austère, ne perturbe ni ne met en danger aucun système car, avec Michel Foucault, tout le monde peut y trouver son compte : les pauvres, les riches, les homos, les hétéros, les jeunes, les vieux, les cons et les autres ; même les matons et les taulards, c'est vous dire ! Et puis, avec Michel Foucault, ce qui est commode c'est qu'on peut être de gauche, rouler en grosse berline allemande et passer ses vacances au Maroc pour y chercher et y trouver de la chair fraîche à bon marché, mineure dans le meilleur des cas. Faut dire que là-bas, ça ne compte pas. D'ailleurs, rien ne compte ou si peu dans ces régions-là : nos intellos et ministres le savent trop bien.

     

                      Pourquoi Michel Foucault est-il partout demandez-vous ?

                      Bien loin de faire l'unanimité chez les historiens - ce que les médias se gardent bien de préciser à son sujet -, Michel Foucault est un « penseur » de la marginalité : délinquance, homosexualité et folie - ou si l'on préfère : prison, backroom gay et asile psychiatrique -, car Michel Foucault était surtout concerné par Foucault.

    Un penseur en marge Foucault et à la marge de tout ce qui nous permet de trouver des réponses au questionnement suivant : qui fait quoi, à qui, où, comment, pour(-)quoi et pour le compte de qui. De plus, chez Foucault, on ne nomme personne ; ce qui arrange bien des gens et le système en particulier. C’est la raison pour laquelle tous ceux qui aspirent à une longue et riche carrière lui sont reconnaissants de laisser ses lecteurs dans cette ignorance-là (qui fait quoi, à qui, où, comment, pour(-)quoi et pour le compte de qui).

    Reconnaissants, on le serait à moins quand on connaît ce qui est aujourd’hui en jeu dans ce questionnement aux multiples entrées et sorties !

    Tenez ! L’Amérique elle non plus, ne s’y est pas trompée comme avec Deleuze et d’autres encore ; dans la subversion des mœurs et de toutes les conventions du quotidien, après l’échec cuisant de mai 68 chez les ouvriers - pas de révolution politique à l’horizon mais libération sexuelle il y aura ! On jouira sans entrave -, Foucault deviendra très vite et très tôt une « pop star des campus universitaires ».

    Bourgeois mondain d'une gauche abstraite, fantasque et bavarde…fossoyeur avec d'autres du rationalisme progressiste, l’Amérique est venu chercher chez Foucault  devinez quoi ?  Cette Amérique qui recycle tout et tout le monde est venue chercher la déconstruction  de l’histoire, de la pensée, de la culture et de l’art européens ; ce qui servait admirablement  les préoccupations  des Etats-Unis des années 70 et 80 : trouver une issue à ce complexe à la fois morale et intellectuelle d’infériorité face à l’Europe, ce berceau multimillénaire de la civilisation occidentale à l’excellence arrogante et plus que dérangeante : Athènes, Rome, Christianisme, Renaissance, les Lumières… deux mille ans de philosophie, d’art et d’histoire…

    Alors, c’est sûr… vous pensez bien ! un poids, un handicap énormes que cet héritage pour tous ceux qui souhaitent se positionner sur une ligne de départ et franchir en tête une ligne d’arrivée et ainsi imposer le triomphe du mercantilisme et l’apothéose du « tout marchandise », une fois l’Europe à poil et  sans chair ; une Europe squelettique.

                    Notons au passage ceci : si Deleuze, Foucault, Derrida furent appelés par les USA et accueillis à bras ouverts, en revanche, le penseur Michel Clouscard qui est à l’origine du concept de «libéral-libertaire » ne fera jamais recette ; il sera superbement ignoré car, avec ce penseur-là, c'est l'ouvrier qui sera appelé à jouir sans entrave, de ses droits principalement, et non les fils de ceux qui l'emploient, à savoir : les patrons et les cadres.

    Et ça, l'Amérique, elle n'aime pas... mais pas du tout !

     

                    On n’en aura donc pas fini avec Foucault ou bien plutôt avec ceux qui n’ont de cesse de confondre progrès et innovation, art et animation culturelle, le prix de la baguette de pain et celui d’une barrette de shit vendue à la sauvette ou bien sous licence d’Etat une fois légalisées les effluves de cette herbe folle ; la prostituée libérée et son client et la traite des êtres humains ; l’homosexualité qui confirme la règle et l’hystérie immature gay qui frappent des individus désoeuvrés ; et puis enfin, une fois la boucle bouclée et parce qu’il faut occuper ses soirées dans des vernissages sans queue ni tête : l’art moderne avec l’art contemporain ; et ce même art contemporain sans culture ni toit avec La révolution.


    D'où l'abus que les médias font de Michel Foucault car on abuse de Foucault comme on abuse de l'alcool ; un abus de consommation et de citations sans risque puisque sans danger pour quiconque souhaite voir sa carrière principalement médiatique et/ou universitaire ainsi que sa tranquillité physique et tranquillité d’esprit prospérer, une fois repu de consensus et de soumission.

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  • Désir de misère... misère du désir



    Alain Soral sur la "libération" sexuelle... par ERTV

     

     

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            "Mon plaisir est mon droit ! "

       misère du désir, alain soralet "Mon corps m'appartient !"

     

    De la "libération" à la névrose , de l'émancipation à la libération de l'inceste, de la liberté à la solitude, pornographie et violence... quand "tout est autorisé mais que rien n'est possible"...


    Une promenade dans l'univers du désir et de l'échec... avec Alain Soral, après Michel Clouscard.

    clouscard, alain soral, libéral libertaire,capitalisme,

     

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  • Alain Soral : conseils de lecture chez Kontrekulture


    Alain Soral / vidéo du mois : conseils de... par kontrekulture

     

     

    Marion Sigaut

    Promesse des Lumières, libéralisme économique, Voltaire et la populace illettrée, libéralisme économique… la révolution  bourgeoise triomphe : les mouroirs industriels tels que décrits par  Zola, Hugo et Dickens affichent complet : femmes, hommes et enfants.

     

    Michel Clouscard

    Penseur marxiste des années 70, Glouscard a théorisé le « libéralisme libertaire » : mariage pour tous, marché et marchandise ; il n’y a pas de citoyen, il n’y a pas de société, il n’y a que des consommateurs – malheur à celui qui ne peut pas consommer ! -,  jusqu’au triomphe d’un mondialisme qui n’est dans les faits qu’une guerre contre les salaires, les droits sociaux et la démocratie : qui décide quoi, où, comment et pour le compte de qui.

     

    Lucie Choffey

    Féminisme, dictature et piège à con ! Où finit l’émancipation, où commence l’aliénation ? L’idéologie dominante ridiculise le maternage au nom d’un féminisme de femme sans mari ni enfant ni foyer… au profit d’une valorisation d’une main d’œuvre de petits soldats du capital… de la caissière de supermarché à l’ingénieur(e).

     

    Jacob Cohen 

    Après le communautarisme féministe, gay, arrive le communautarisme juif (dans les faits... sioniste) encouragé par des associations parties en guerre contre le Juif assimilé et non-sioniste. L'auteur rejoint là Yakov Rabkin 

     

    Gaston Wiet

    Orientaliste, la réédition de son ouvrage « Grandeur de l’Islam »  permettra de contrer toutes les mensonges, de palier les ignorances et les campagnes de désinformation à propos d’une religion qui est aussi une civilisation complexe, composite et plurielle : « l’Islam, ensemble de peuples différents priant tous en direction de La Mecque, c’est aussi une volonté d’unir le religieux et le politique tout en maintenant le dogme à l’abri des représentations philosophiques. De cette volonté naîtra ce qui fait peut-être l’apogée de sa grandeur : une tentative pour harmoniser, tout au long des siècles, la Foi, l’amour de Dieu et la Raison. »

     

    Dieudonné

    Justice d’exception et diabolisation d’un métis, justice d’exception, mensonges et déshonneur. Les avocats de l’humoriste active témoignent.

     

    Azim

    L’escargot qui en savait trop : « Je m'appelle Slurp. Je suis un escargot qui en a sous la coquille. En tant que gastéropode, je n'ai pas la possibilité de courir après le temps... J'ai donc décidé de le prendre... pour vous ! » 

    Strips (mini bandes-dessinées) et dessins à propos d’un escargot indolent mais insolent.

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    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI : essais et littérature

     

     

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  • Haro sur un Africain, une Arabe musulmane et un Français de souche

     

                       La colère est nécessaire dit Aristote. Quelle victoire obtient-on sans elle, si elle ne remplit notre âme, si elle n'échauffe notre coeur ? Seulement, il faut s'en servir non comme d'un capitaine mais comme d'un soldat : ne pas lui obéir mais lui commander. Car tôt ou tard, à notre heure, le soldat devra obéir au signal de la retraite.

     

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    Dieudonné le métis camerounais, clown au nez noir, humoriste satiriste sans rival au service d’un rire qui a pris toute la dimension de l’ampleur de l’arnaque incommensurable d’une représentation du réel qui n’a qu’un seul but : tabasser à coups de représentations toutes plus mensongères les unes que les autres, à coups de pied et de coups de poing, la réalité qui nous est donnée à vivre et dont Guy Debord nous exposera tous les tenants et les aboutissants.

    Dieudonné n’est-il pas alors le plus grand anti-tartuffe depuis Molière, de cette société-là ?


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    Avec l’abandon en 1983 d'un projet destiné à contrer l'offensive néo-libérale s’ensuit un deuxième abandon : celui des classes populaires livrées au chômage et à la violence d’un libéralisme économique  sans précédent ; arrive alors SOS racisme et le détournement d’un élan qui se voulait fraternel et rassembleur porté par des français issus de l’immigration, appelé « Marche pour l’égalité » ; récupération dans le but de reléguer les classes populaires blanches et européennes maintenant stigmatisées, accusées de tous les maux – racisme, antisémitisme, xénophobie, islamophobie -, et à propos desquelles le PS ne fondait plus aucun espoir électoral, à la désertion des urnes ou au vote FN, vote stérile,  avec l’appui de tous les médias qui tiennent depuis trente ans un rôle stratégique dans la production et la diffusion d’une doxa qui recouvre tout : à la fois la finance, l’économie, le politique et la culture.

    Il reviendra à Farida Belghoul  de dévoiler au grand jour toute la supercherie de ce système de domination par la division et la diversion ; elle refusera la récupération de cet élan par le PS et SOS racisme.

    soral.jpgSavoyard autodidacte, Alain Soral est celui qui, aujourd'hui en France, avec l’aide de Rousseau, de Marx, de György Lukács, de Lucien Golmann, de Philippe Muray, de Michel Clouscard et de Jean-Claude Michéa , développe les analyses les plus courageuses, les plus pertinentes, les plus intelligentes et les plus talentueuses sur la société française (d’aucuns écriront : "... sur ce qui est arrivé à la France...") de la fin de la seconde guerre mondiale à nos jours.

                       Dieudonné, Farida Belghoul et Soral... trois figures bannies des médias et contre lesquelles une guerre dissymétrique sans pitié est menée (une de plus… après le Moyen-Orient, le Maghreb et l'Afrique subsaharienne) et un verdict sans appel quotidiennement rendu de "fasciste, antisémite, raciste et complotiste".

    Il est dit que ni SOS racisme (on ne sourit pas !) ni la Licra (non ! on ne se moque pas !) ni le MRAP (on ne pouffe pas !)  et ni la Ligue des droits de l'homme (on ne s'étouffe pas !) ne voleront à leur secours.

    On notera au passage que ces trois figures, l’Africain, l’Arabe musulman et le Français de souche auraient dû symboliser un modèle  multiculturel dont le PS et les Verts souhaitait assurer la promotion.  Et c’est sans doute là toute l’ironie de la situation : que ce soit précisément cette France Black, Blanc, Beur qui mette à mal une idéologie de domination dont la loi d'airain a pour seul modèle : la connivence, la collusion, la cooptation, le trafic d'influence, la concussion, l'abus de confiance et les bombes.

    Car dans les faits, il n’a jamais été question de rassembler ce pays autour d’une idée forte qui aurait le souci de la justice pour tous mais bien de le diviser, de le dépecer pour mieux le livrer à une oligarchie mondiale seule capable de garantir à une classe politique sans courage et sans projet digne de ce nom, secondée par une classe économique et médiatique vorace, des carrières nationales, européennes et mondiales mirobolantes, sur le dos de la démocratie, du monde du travail et de l’histoire sociale et culturelle de tout un pays, voire d’un continent : la France et l’Europe.

     

    ***

     

                    Dieudonné, Farida Belghoul et Soral...combinaison explosive !

                    Pour leur faire face et pour leur faire la guerre... , cet autre trio : les Médias dominants (qui appartiennent à l’hyper classe économique : banque, armement et industrie du luxe), une classe politique UMP – PS et une bourgeoisie à la tête d’une presse dite « indépendante » et « alternative » : Marianne, le Monde Diplomatique, Médiapart, Charlie Hebdo… ainsi qu’un vieux modèle de presse et d’expression : le Canard enchaîné.

    On n’oubliera pas non plus des universitaires au sujet desquels, encore une fois, Marx avait vu juste lorsqu’il affirmait en 1844 que les fonctionnaires  - ici, on ciblera en priorité les universitaires et autres enseignants des Grandes Ecoles -, sont les gardes chiourmes (sorte de garde prétorienne) d’une domination exercée par l’Etat dans une alliance de gouvernement avec le grand Capital (aujourd’hui… oligarchie mondiale ou mondialiste)  par le biais des multinationales et de la Banque.

    Bien évidemment, on pensera aussi  à La Trahison des clercs de Julien Benda

     

                    Mais... revenons à cette presse dite "indépendante" et à ses supplétifs... une presse qui se croit et se veut « alternative » entre les mains d’une bourgeoisie de la bien-pensance et du politiquement correct, actrice d’une fausse rébellion contre un ordre établi qui les subventionne (aide de l'Etat en dizaines de millions d’euros ; universitaires fonctionnaires à l’abri du besoin) et qu’ils ont  parfaitement adopté.

    Pensez seulement à Médiapart (son patron est le fils d’un Vice-recteur de la Martinique) qui s’est fait une spécialité de s’appuyer sur des poètes et des auteurs issus du colonialisme et de la traite négrière qui n’ont fait finalement que célébrer la langue de leurs maîtres  - Césaire et Senghor : l’un finira maire de Fort-de-France en Martinique, l’autre Président du Sénégal ; et plus près de nous dans le temps, un Edouard Glissant et un Chamoiseau : ce dernier  a fini au café de Flore et à la Closerie des Lilas-, tous inopérants sur un plan politique et sur leur capacité à établir un rapport de face avec qui que ce soit, et par conséquent, inoffensifs.

    Jugez plutôt : à propos de l’élection d’Obama, Glissant et Chamoiseau parleront de « véritable miracle » - de quoi faire hurler de rire ou de rage n’importe quel activiste.

    L’hebdomadaire Marianne (en difficulté faute de lecteurs payants) soutient un Front de gauche sans troupes ni assise populaire, composé en grande partie de fonctionnaires de l’enseignement et de syndicalistes - cherchez l’erreur !

    Le Monde diplomatique, quant à lui… et à l’heure où sur Internet la dissidence fait rage… et gratuitement qui plus est, ce mensuel privé de lecteurs, est à la recherche de mécènes pour assurer les fins de mois, payer les imprimeurs et les salaires (sûrement confortables) de ses permanents.  D’où son repositionnement et son ralliement au lynchage médiatique de notre trio.

    Charlie Hebdo a fait de l’insulte d’une population la plus fragilisée et la plus exploitée de notre société - les Musulmans -,  son fonds de commerce… 

    Et pour finir : le Canard enchaîné dont l’humour passé et repassé, mille fois ressassé, et l’ironie… sentent un peu, il faut bien le dire…l’urine et les couches culottes de l’incontinence à la fois analytique et stylistique.

    Tous ligués donc... contre un métis camerounais, une algérienne musulmane et un français de souche autodidacte ; tous à leur faire la guerre... guerre à trois symboles non pas de la domination de classe mais de l’humiliation : Africain noire, populations arabo-musulmanes et Français de souche déclassés et autodidactes  - y compris ceux des classes populaires auxquelles tous les procès sont faits : inadaptation au monde, xénophobie, homophobie, islamophobie, racisme, antisémitisme... depuis que le PS, comme un fait exprès, a abandonné l’ambition non pas tant de changer le monde que de protéger les plus faibles d’entre nous tout en les élevant à l’infinité de tous les possibles d’êtres humains en devenir, et ce quelle que soit leur condition d’origine ; coïncidence qui vaudra à quiconque se met en tête d’insister sur sa concomitance d’être qualifié de complotiste paranoïaque. 

     

                      Cette bourgeoisie dite progressiste et tolérante - bourgeoisie de « gauche » de la fausse rupture -, se définit évidemment selon le critère de la production d’un discours autour de ce qu’elle croit incarner : un contre modèle aux médias dominants.

    Pour cette bourgeoisie-là, l’obligeance est inconcevable. Offensive d’un côté, forteresse de l’autre, la mentalité de cette classe prône avant tout les liens, pas seulement du sang, mais de la convergence de vue et de comportement. Dans ce qu’elle croit être leur dissidence, tous ont les mêmes réflexes et la même prudence : savoir jusqu’où  ne pas aller trop loin et contre qui ; et plus important encore : ne jamais nommer ni les choses ni les gens, cultiver le flou d’une rhétorique de la bien-pensance et d’un politiquement correct qui épargne bien du souci à ceux qui pourraient en retour, le leur en causer quelques uns.

    De plus, cette bourgeoisie de l’opposition au système, est bien trop sûre de ses catégories de pensée  pour accepter la moindre remise en cause : «Nous remettre en cause ? Mais pourquoi faire ? Nous l’avons déjà fait en proposant une autre information indépendante ! »


    Aussi, ne la mettez jamais face à ses contradictions ! Ne la prenez jamais par surprise !  Ne lui échappez pas ! Ne lui résistez pas ! Car elle doit pouvoir tout anticiper de ceux au nom desquels elle prétend œuvrer.
    Et enfin : ne forcez jamais cette bourgeoisie à se décevoir ! Sa férocité sera à la hauteur de tout ce qu’elle soupçonnait en elle et que des « gueux » viennent  maintenant révéler au grand jour, à son grand embarras et bientôt, à son grand désespoir : « Comment ça ? On ne vaut donc pas mieux que les autres ? »

     Confrontée à sa propre duplicité, c’est alors qu’arrivent la colère et une volte-face pas tant au nom d’intérêts de classe (et/ou d’une solidarité d’appartenance ethnique), que des grands principes avec lesquels elle ne saurait transiger, et alors que ces grands principes ne sont aucunement au cœur de la problématique en question.

     

                     Tel un rituel macabre, véritable jeu de massacre dans une action soutenue que rien ne peut empêcher et qui prend la forme d’une imparable montée du désir de vengeance…  cette folie, non pas à deux, mais à trois (rappelons les protagonistes : les médias dominants, la classe politique et une bourgeoisie à la tête de médias dits « alternatifs »  ou « irrévérencieux ») sous-tend un puissant désir de retour à la normale, à l’harmonie d’un ordre, au statuquo, dans l’univers clos et sécurisant d’une dissidence qui ne se donne les moyens de rien car, cette bourgeoisie-là, pas plus que l’autre, n’est disposée à en payer le prix : il y a les autres ; ils n’existent que pour ça d’ailleurs : payer l’addition à sa place !

    Cette restauration de l’harmonie, de l’équilibre passe toujours par le meurtre du trublion provocateur, incontrôlable, libre comme cette liberté qu’aucun bourgeois quel qu’il soit n’accordera à un métis, à un Arabe, à un Musulman ou un Français de souche déclassé car tous demeurent à jamais la mauvaise conscience d’une bourgeoisie qui appartient à une gauche dite « sociétale » (Clouscard, Michéa, Muray et Soral ont tout dit à son sujet), dont le profond mépris pour celle ou celui qui ne peut rien pour lui-même, engendre une culpabilité qu’un politiquement correct  vient apaiser  mais pour un temps seulement.  

    Car… chassez le naturel… il revient au galop.

    Médias dits « alternatifs » contre « médias dominants », les humoristes à leurs places, là où fleurissent les blagues de potaches sans suite dans les idées ... et la démocratie sera bien gardée !

     

                    Toujours prompte à se montrer compatissante, avec cette bourgeoisie, le moment où tout bascule est le moment où ses intérêts économiques sont menacés : subventions d’Etat, carrières universitaires, manque à gagner dû à la perte de lecteurs.

    Classe insidieuse dans laquelle des psychologies opaques prospèrent comme autant de points aveugles de la psyché humaine, si les coupables peuvent être aussi des victimes, avec cette bourgeoisie-là, aucun risque : elle est seule coupable puisque son pouvoir reposera toujours sur la dépossession de plus grand nombre.

    Chacun de ses sourires adressés aux humbles, aux sans-grades, cache l’auto-satisfaction de ceux qui sont aux commandes et qui contrôlent toutes les situations ; chacune de ses joies est volée à la mélancolie du déclassé ou au désespoir de la bête de somme abruti par un travail dégradant.

    Une bourgeoisie en apparence moderne, esprit libre-penseur et républicain d’une complaisance inouïe avec ses propres contradictions  – c’est la paille dans l’œil du voisin et la poutre dans le sien -, dont l’avantage comparatif et son ascendant rhétorique ont pour sécurité la possibilité d’en jouir pleinement chez les confrères des médias dominants et concurrents, passant de l’un à l’autre en toute fluidité : dominant/alternatif – alternatif/dominant - le Monde diplo/France Inter, France Inter/le Monde diplo ; ou bien encore : Médiapart/France2, France2/Médiapart…

    L’affirmation de cette classe passe toujours par l’exécution des trouble-fête qui outre-passent leur fonction de clowns et de fous du roi ; tout comme  la bourgeoisie d’une droite sans complexe n’existe que parce qu’elle est capable de bannir et de calomnier,  c’est dans l’élimination sociale que cette autre bourgeoisie résout ses propres conflits de conscience : « Chassez loin de moi cette vérité à mon sujet que je ne saurais voir et accepter !»

    Si la conscience de classe est là de part et d’autres, le regard-faisceau d'un métis, d'une Algérienne musulmane et d'un Français en disgrâce,  transperce les certitudes de cette bourgeoisie, blesse mortellement son orgueil et la brûle de l’intérieur car à ses yeux, cette combinaison africaine, maghrébine et française n’a qu’un seul tort : remettre en cause sa prétendue supériorité morale et intellectuelle tout en lui rappelant (preuve à l’appui – celle de son ralliement à la campagne de diabolisation de nos trois comparses) qu’elle est finalement, elle aussi, du côté de la domination.

    Et c’est bien cette brûlure qu’elle ne leur pardonne pas.

    Les paroles disent une chose et les faits… une autre. Or, notre trio infernal du tiers et du quart mondes refuse ce jeu de dupes : « Vous n’êtes pas ce que vous dites ! En revanche, nous…  nous le sommes ! ».

     

                      Chez cette bourgeoisie qui se plaît à se penser rebelle, compassionnelle, généreuse et honnête, on trouvera le désir d’être reconnue en tant que gardienne d’une moralité qui, dans les faits, n’a qu’un seul souci : balayer au plus vite de sa conscience l’absence d’un véritable engagement au prix de tous les risques (physique et matériel) en faveur de la justice et de la liberté, oublieuse du fait suivant  : qui ne risque rien n’a aucune leçon à donner à qui que ce soit !

    Et jamais cette bourgeoisie-là n’acceptera qu’on la mette en danger ;  et un seul danger la guette : qu'on expose au grand jour la duplicité de son existence privée comme publique  … ou pour le dire autrement : son caractère hypocrite, égoïste, lâche face aux puissants et intransigeant face aux dominés, et ce à chaque fois qu’elle est prise en défaut... et en faute.

     

                      Après Renoir et « La règle du jeu » en 1939, c’est Claude Chabrol qui nous le rappellera dans «  La cérémonie » en 1995.

     

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    Pour protéger sa fille, sa moralité et l’unité de la famille Lelièvre - famille recomposée archétypale d’une bourgeoisie entrepreneuriale -, et châtier au passage celle qui osera s’attaquer à sa respectabilité, Lelièvre père à qui on aurait volontiers donné tout de même le bénéfice du doute quant à la perversité des travers propres à la classe auquelle il appartient (1), sera sans pitié face à quiconque menace, non pas le confort matériel maintenant acquis et sécurisé d’une classe qui n’a plus à s’expliquer depuis des générations, mais bien plutôt son confort moral  : « On est des gens bien ! On ne laissera personne nous salir !» ; Lelièvre père sacrifiera « la bonne » en la congédiant ; décision prise en cinq minutes montre en main ; et le destin de cette "femme de maison" analphabète de basculer pour toujours avec ce licenciement sans préavis : « Si vous êtes analphabète ce n’est sans doute pas entièrement de votre faute… mais  il faut que vous soyez disparue dans une semaine. »

     

                Aussi, qu’il soit permis ici de proposer à la réflexion des uns et des autres dans les années à venir, ce qui suit : si cette bourgeoisie des médias dits «alternatifs et indépendants» devra un jour rendre des comptes … cette bourgeoisie de la fausse dissidence qui se précipite dans les abris dès la moindre alerte, ce sera de nous expliquer comment elle a pu , aux côtés d’une hyperclasse et de ses supplétifs, ne pas trouver quoi que ce soit à sauver chez ces trois damnés de la terre : l’Africain, l’Arabe musulman et le Français de souche autodidacte.

     

     

     

    1 - Chabrol choisira délibérément de tout faire pour que l’on trouve cette famille Lelièvre décidément sympathique, généreuse, humaine et compréhensive ; et si cette famille se révèlera bientôt impitoyable, Chabrol ne prend pas grand risque et "se couvre" en lui opposant une «  femme de maison » et une postière à la limite de la psychiatrie... jadis soupçonnées de parricide et d'infanticide… sans doute pour soulager la conscience des critiques de cinéma qui appartiennent eux aussi à la bourgeoisie, celle du commentaire médiatique, du fardeau de devoir condamner sans réserve les Lelièvre, leur propre classe donc. Courageux Chabrol mais pas téméraire ni fou : les affaires sont les affaires !

    Avec cette postière et cette « employée de maison », la critique et le public bourgeois pourront donc à loisir évoquer « deux monstres » (comme ce fut le cas lors de l'émission « Le masque et la plume » à la sortie du film en 1995), s’exonérant ainsi de l’obligation de devoir interroger son propre mode de fonctionnement en tant que classe, et c’est sans doute là que Chabrol rejoint ce milieu bourgeois qu’il n’a jamais quitté et dans lequel son cinéma n’a pas cessé de l’enfermer et une partie de son public non critique avec lui… car avec « La cérémonie », élitiste, il offrira aux esprits avisés seuls la possibilité de situer la monstruosité chez les Lelièvre (et non chez les deux meurtrières) en tant que classe symbole d’une domination qui a pour socle : l’humiliation et la dépossession du plus grand nombre.

    Sans doute Chabrol n’a-t-il fait que se regarder à travers son cinéma, de film en film… un peu lourdingue et complaisant Chabrol ! comportement typique d’un bourgeois sorti du rang : il ne saura jamais vraiment ce que sont la liberté, la dissidence, la rupture, la grossièreté et la vulgarité, et moins encore une aspiration libertaire qui ne prenne pas appui sur un ordre bourgeois : sécurité oblige !

    Et puis, n'est pas Pasolini qui veut !

     

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