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  • "Les nuits de Paris" de Nicolas Edme Rétif de la Bretonne

     

     

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    « Les Nuits de Paris » : une œuvre de plus de 3000 pages rédigées entre 1786 et 1788 par un auteur-journaliste ("publiciste" on disait au 18è siècle) témoin d’une France urbaine et nocturne à l’aube de la chute de la monarchie ; notes dont les historiens feront des choux gras un siècle et demi plus tard. 

    Contemporain de Sade et Laclos, Nicolas Edme Rétif de la Bretonne est resté méconnu deux siècles durant. Si Sébastien Mercier auteur d’un "Tableau de Paris" de plusieurs milliers de page a devancé Rétif de la Bretonne de quelques années en tant que premier auteur d’un récit urbain à la fois mythologique et pittoresque, Rétif y ajoutera une dimension picaresque et plus important encore : un auteur-conteur, acteur, témoin, spectateur... noctambule de surcroît.

    Trait essentiel de l’originalité de ces « Nuits de Paris »  est le regard que Rétif porte sur ses contemporains. Sade le disait « écrivain poissard » … car il peignait souvent un tableau misérabiliste.

    Conteur-né, ses nuits parisiennes parfois émouvantes collent au vivant et à l’événement…à l’aise dans le quotidien et sa fiction ; et si la nuit renforce l’acuité du regard et le silence l’ouïe, notre hibou-spectateur du ruisseau – tel on le nommait -, se régale, et ses lecteurs aussi.

    Des centaines de récits courts, incisifs, d’une diversité peu commune :  tous les sujets sont traités, tous les métiers, tous les lieux publics et privés, toutes les classes des « filles du commun » aux domestiques à l’artisan, de la noblesse à la bourgeoisie, filles publics (prostituées) voleurs, escrocs, bandits, oisifs, mendiants, débrouillards,  et une Marquise , vraie ou fausse,  réelle ou fictive, (c’est la Schéhérazade des contes des mille et une nuits) ; elle sera sa première auditrice ; Rétif lui contera ses anecdotes nocturnes, fruits de ses promenades, avant de rentrer à l’aube dans son logis de la rue de la Bûcherie. Une Marquise bienfaitrice dont il sollicitera la charité et le salut pour ceux et celles qu’il prendra sous son aile au cours de  ses pérégrinations nocturnes, tel un pasteur…  ouailles  en perdition ou en grand danger de l’être, car, à ses yeux, l’action individuelle étant garante de la bonne conscience.

     

                Alors que la noblesse de province faisait monter leurs filles encore adolescentes à la cour de Versailles pour les marier (les vendre ?) aux plus offrants des vieillards moribonds, la petite bourgeoisie du coeur de Paris courait la nuit, à la lueur des bougies de leurs domestiques, à la recherche de leur fille cadette qu’un séducteur bavard et cynique déflorait à grand renfort de beaux discours et de promesses qui n'engageaient le plus souvent que celles qui les recevaient, sous les portes cochères…

    Rocambole un demi siècle avant son auteur, tantôt à l’affût, tantôt en mouvement mais sans précipitation, excepté lorsqu’il lui faut échapper à des poursuivants aussi malfamés que mal intentionnés, appelant à la garde quand les risques sont trop grands, Rétif nous rapportera un fait peu connu de cette époque : les viols collectifs en public, de jour comme de nuit, par des bandes savamment organisées lors des fêtes de rue  et des feux d’artifice qui mobilisent des foules entières ; toutes les classes s’y retrouvent : on choisit soigneusement une victime, une jeune fille de préférence mais pas toujours, on l’entoure, on l’encercle, on l’isole de ses parents ou de ceux qui l’accompagnent pour lui faire subir dans le tumulte, le bruit et la fureur des festivités de rue – cris, fusées et pétards -, tous les outrages avant de s’éclipser  sans être inquiétés.

    Précisons ici que toute l’œuvre de Rétif ne vit que par les femmes et pour les femmes, tout comme son auteur ; femmes de tous les âges et de toutes les conditions, faibles et crédules ou parfois dans la nécessité d’exercer des activités que la morale réprouve mais auxquelles la société tout entière a recours sans sourciller. Il sera souvent question de jeunes filles, abusées, meurtries ou dont la vertu en danger semble galvaniser chez Rétif un courage physique aussi rare que précieux car dans ce Paris de la fin du XVIIIe siècle, jamais les femmes du peuple et de la petite bourgeoisie auront été autant en danger ; chair à plaisir convoitée par tous les hommes  de tous les âges et là encore, de toutes les conditions : les petits Sade sont légion à cette époque ; le marquis a fait d’innombrables émules qui ne leur demanderont pas leur avis.


                 En rupture avec la tradition romanesque d’un Antoine Prévost,  ces « Nuits de Paris » n’ont pas d’histoire suivie car la diversité des récits y contribue guère ; de plus, les personnages que l’on rencontre  et côtoie avec l’auteur ont pour seule réalité, une réalité collective, quasi sociologique : toute une époque donc !


    Rétif annonce Balzac mais sans le Père Goriot ou Flaubert mais sans Madame Bovary. Pas de figures archétypales sinon des conditions de vie, des comportements et des manières d’être au monde emblématiques d’un ordre social qui appartient à la fois au passé et à l’avenir ; un avenir révolutionnaire : la noblesse déclinera avant de sombrer au profit d’une bourgeoisie qui aura pour unique exigence : que les affaires tournent ! Petites et grandes ; honorables ou affligeantes… pour les siècles des siècles... 

     

                 La rue est le domaine de la marginalité, et la nuit, celui du malheur qui accable des êtres déjà bien fragilisés ; c’est le Paris du peuple dans son entier à une époque où toutes les classes sociales cohabitent encore : la ségrégation est seulement verticale ; elle dépend de l’étage. Un Paris « occupé » par une main d’œuvre chassée des provinces par la disette ; c'est le Paris des cabarets et des coupe-gorge ; cours, jardins, escaliers étroits, Rétif ira jusqu’à pénétrer l’intimité des logements parfois à l’insu des occupants pour écouter, entendre, observer, comprendre ou bien secourir…

    Ce sera quelques dizaines d’années plus tard, le Paris de Balzac, d’Eugène Sue et d’Hugo.

    Et c’est aussi le Paris du piéton et le Paris pré-révolutionnaire même si dans ses récits, aucune révolution semble pointer le bout de son nez - il faudra se reporter à cette autre œuvre nocturne de Rétif qui porte le nom de « Nuits révolutionnaires » ; car si la nuit, tous les chats sont gris, les révolutionnaires eux cuvent leurs idées comme d’autres leur vin, et face au sommeil nous sommes tous égaux.

    C’est le Paris de l’île de la Cité, de l’hôtel Dieu, le cœur de la Capitale qui comportait alors que six arrondissements… place Maubert, rue de la Bûcherie, le Paris des imprimeurs et des libraires (Rétif était lui-même imprimeur), l’Ecole de médecine et des hurlements de femmes en couches. C’est le Marais… la rue Saintonge… les Halles, sans oublier les faubourgs : Saint-Germain et Saint-Marcel.

     

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    Les ancêtres huguenots de Rétif, sa formation janséniste à Auxerre puis à Bicêtre feront de lui l’ennemi de l’oisiveté : « la religion veut que l’on s’occupe utilement pour soi-même et pour les autres » ; volontiers sermonneur de haut de sa chaire de moraliste réaliste, rigoriste et parfois, franchement austère, sa vie privée n'aura pas été pour autant un modèle de vertu : en effet, on lui connaît une relation incestueuse avec sa fille ainée.

    Sans doute s’agit-il là encore d’une histoire de paille et de poutre et d’un « Faites ce que je dis mais pas ce que je fais ! »… pour ne rien dire d’un « Pour vous la vertu, pour moi la licence ! »

    C’est Molière qui n’a de cesse d’avoir raison.

     

                Confiant dans la science, disciple de Buffon et proche de Rousseau, les "Nuits de Paris" sont souvent éclairées des idées philosophiques et politiques de l'auteur ; chaque récit peut avoir alors pour conclusion nombre de propositions destinées à mettre fin à une carence, à une insuffisance ou à un excès dommageable pour le bien commun car, comme pour tous les honnêtes gens, l’intérêt général était  son souci premier.

    Avec Rousseau, Rétif réaffirme que le peuple est la seule réalité politique. Le Souverain n’est que le « réunisseur du Pouvoir », et le peuple la nation.

    Il craignait néanmoins les fermentations populaires : « Comme mon bras doit toujours obéir à ma tête, toute résistance des membres affaiblit  un corps.» Ni révolutionnaire ni utopiste même s’il imagina pour ses lecteurs "l’An 1888", prudent, il pensait « que l’on ne doit attaquer les préjugés du peuple qu’avec ménagement et lorsqu’ils sont réellement nuisibles ».


    Ennemi du luxe, du superflu, toujours sans le sou et endetté - les visites les plus fréquentes à son domicile étaient celles des hommes de loi, huissiers de préférence -, il pensait que le « riche » est utile aussi longtemps qu’il œuvre en faveur du développement.

    Se rangeant du côté des stoïciens - lucidité et réalisme - contre les Epicuriens – à chaque jour suffit sa peine -, une série de livres sur ce qu’il appelait «  la réformation » verra le jour aux côtés d’autres ouvrages (une quarantaine de titres) rédigés dans le souci d’une recherche d’un mode de gouvernement qui placera le bien public au centre de son action. Il était contre la propriété du sol. Il se méfiait des physiocrates et des économistes (nos libéraux d'aujourd'hui en matière économique) ; il les considérait comme des « systématiques dangereux » ; des idéologues dogmatiques.

    Il nous quittera en 1806 après avoir lancé à la cantonade : « Quand le supplice est trop grand pour le crime (et a fortiori pour un délit), on n’effraie pas (on ne dissuade pas) : on indigne. »

    Et c'est déjà la voix d'un Emile Zola.

     

    ***

     

               Entre rêve et réalité, les Nuits parisiennes de Rétif de la Bretonne - nuits en noir et blanc -, et son clair-obscur, inspireront Baudelaire, Nerval, les grands romans populaires du XIXe siècle, puis Apollinaire, Soupault, Breton, Aragon et Carco : Paris la nuit, encore et toujours…

     

               Car... « Le spectateur nocturne est aussi acteur par l’écriture, il projette son ombre sur la scène, un personnage tout nouveau : il fait alors éclater Paris dans la littérature » - Jean Varbot.

     

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  • Alain Badiou revient sur les tueries du 13 novembre…

                        … cette expérience profonde et tellement enrichissante.


                       "Après les flots de verbiages des journalistes et des "fast-thinker" de plateaux TV, vient le temps de certaines paroles posées, et de hauteur de point de vue, dont je vous invite à vous délecter."

     

                    - La vengeance, cette donnée primitive

                    - Obama et la compassion sélective : Irak, Syrie, Libye… l’humanité est-elle en Occident seulement ?

                    - Barbares contre civilisés…une pensée héritée de l’impérialisme occidental

                    - "Le sujet obscur déprimé" ou quand l’affect prend le dessus et que la raison s’égare

                   - Rien qui touche à l’homme n’est inintelligible. Penser le contraire c’est consacrer la défaite de la pensée

                   - Avec l'unicité d'un « Il n'y a pas d’alternative » jamais le capitalisme et l’oligarchie, cette nouvelle aristocratie, n’avaient affiché avec une telle arrogance leur projet, et le « 13 novembre » non plus par ceux qui sont venus les armes à la main : l'absence d’alternative créerait-elle la possibilité du fascisme ?

                  - Destruction des Etats

                  - Zones dans lesquelles tous est permis : banditisme, business et folie religieuse

                  Et puis... le nihilisme de celui dont la vie ne compte pour rien ; la revanche des déçus de l’Occident jusqu’à l’héroïsme criminel sacrificiel : « Viva la muerte ! »

             

                  Délinquance, en rupture, sans solution pour eux-mêmes et la société non plus, c'est alors qu’ils se souviennent qu’ils auraient pu être musulmans - musulmans qu’ils ne seront jamais ! Et c’est dans un premier et dernier « Allahou akbar ! » qu’ils font le grand saut ; eux et de pauvres bougres qui n’avaient rien demandé... n’importe lequel d’entre nous en l’occurrence.

                  Finiront-ils tous par nous faire regretter les activistes d’Action directe des années 70 ! Car, cela avait quand même une tout autre allure ! Etait-ce parce qu’ils avaient lu Marx, Hegel, Lénine et Althusser ?


    On ne devrait jamais quitter la lecture.

     

     

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    Pour prolonger, cliquez : Attentats parisiens, Nabe nous revient

     

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  • Eric Chevillard sur Modiano avec ou sans prix Nobel

     

               Modiano et son petit train-train touristique parisien :

    Sommeil et ronflement.

     

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              Je cherchais un commentaire désobligeant sur Modiano pour contrer les louanges automatiques de rédacteurs appelés "critiques" le plus souvent aux ordres de leur rédaction, de Gallimard, de leurs lecteurs et de tout le reste.

    Je l'ai trouvé grâce à Eric Chevillard. Qu'il en soit donc éternellement remercié !

     

               Si vous connaissez une critique plus vache encore sur l'oeuvre de Modiano et l'un de ses textes en particulier, faites-le-moi savoir en laissant un commentaire.

     

     

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    Patrick Modiano, créateur d’ambiance

     

     

    LE MONDE DES LIVRES |

    02.10.2014 à 14h59

    Par Eric Chevillard à propos du dernier "roman" de Patrick Modiano... Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier... quelques jours avant l'annonce de son Prix Nobel de... quoi déjà ?

    Ah oui !

                       de L(l)ittérature.

     

                       " Pour certains écrivains, l’unité de mesure est la phrase. Chacune doit produire son effet, que celui-ci soit poétique, humoristique, dramatique ou euphonique. Si elle s’articule évidemment aux autres, elle vaut pour elle-même, on peut l’isoler, on pourrait la citer. Pas ou peu de phrases prétextes pour ces écrivains, de phrases ouvrières destinées seulement à faire progresser l’intrigue. Leur art est aussi impérieux que celui du ferronnier. Secrètement, ils voudraient retordre ainsi à leur convenance chaque mot, chaque syllabe, chaque lettre peut-être.

    Mais d’autres auteurs, à l’inverse, ­tiennent la phrase pour la pièce neutre d’un puzzle. Sa découpe particulière est anodine, elle n’existe que pour faire corps avec les autres et créer ce que nous appellerons une atmosphère. Prenons l’œuvre de Patrick Modiano. Ses romans ne sont pas des livres mais des aérosols : ambiance Modiano. Celle-ci se diffuse doucement dans notre petit salon de lecture et souvent en effet elle ravit notre âme : De si braves garçons ou Un pedigree (Gallimard, 1982 et 2005).

    Patrick Modiano est depuis quarante-cinq ans une belle figure de notre littérature, un écrivain qui vit son succès avec une élégante modestie et poursuit incontestablement une quête personnelle dans les brumes du passé. Il forme avec J. M. G. Le Clézio une sorte de couple dont l’antagonisme littéraire ordonne une symétrie aussi parfaite que celle des deux hémisphères. D’ailleurs, ils se partagent le monde. Au premier, la mer, le soleil, l’azur ; au second, le crépuscule, le brouillard, les matins blêmes, ou encore cette « tristesse qui s’accordait bien à la terrasse déserte où l’éclairage laissait des zones de pénombre ».

    J’extrais cette phrase du nouveau roman de Modiano, Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier. On connaît la dilection de celui-ci pour la géographie et la toponymie parisiennes. Elle se vérifie ici encore et le lecteur a parfois l’impression de suivre un itinéraire scrupuleusement détaillé plutôt que de lire un roman. A recommander aux touristes en visite dans la capitale. Sans compter qu’un livre dans le vent d’automne se ­replie beaucoup plus facilement qu’un plan. On me pardonnera ces innocentes moqueries. Je me les permets car, cette fois, le charme opère surtout en référence à une œuvre dont ce roman n’est que l’évocation fluette. Lui-même se ­dérobe à toute appréhension. Les inconditionnels vanteront encore la fameuse « petite musique », mais n’est-ce pas la définition même de la rengaine ? Comme le roman est mince (150 pages), on parlera d’une épure. Certes, mais la littérature selon Modiano est déjà tout en ellipses et, s’il persiste à l’amaigrir encore, les mots eux-mêmes y seront bientôt implicites. Et que restera-t-il alors ?

    « Presque rien. » Ainsi commence le roman et l’on pourrait sans doute y lire le credo de cette esthétique littéraire du moindre, du ténu, du flou, de l’évanescent. C’est pourtant l’histoire d’une tentative d’élucidation. Le passé se rappelle soudainement au souvenir de l’écrivain Jean Daragane lorsqu’il reçoit l’appel téléphonique d’un homme qui a retrouvé son carnet d’adresses et qui enquête comme par hasard sur l’un des noms qui s’y trouvent inscrits, Guy Torstel. Ce dernier n’évoque à Daragane que de très vagues et confus souvenirs qu’il s’efforce alors de préciser. Cette remémoration, qui le ramène à son enfance, est elle-même trouée d’autres flash-back, si bien que, à défaut de se perdre dans le quartier, le lecteur ne sait bientôt plus quelle heure il est ni en quel temps il se trouve. Le mystère se rapporte-t-il aux secrets honteux d’anciens collabos ? Tout cela ne serait-il qu’une hallucination de la mémoire ? Rien n’est sûr. Plusieurs époques se superposent, Paris se cache dans sa banlieue, Daragane lui-même semble très désemparé : « Cette période de sa vie avait fini par lui apparaître à travers une vitre dépolie. (…) on ne distinguait pas les visages ni même les silhouettes. »

    C’est un peu le problème, en effet. L’homme qui a retrouvé le carnet se révèle à son tour n’être « qu’un employé fantôme d’une agence imaginaire ». Il est flanqué d’une jeune femme, Chantal, qui inévitablement rappelle à Daragane une autre Chantal qu’il a connue jadis (ou était-ce naguère ?). Selon Modiano, la vérité des êtres et de leur histoire n’existe que dans le passé, un passé qui se dérobe encore lorsqu’ils font l’effort de s’y ­transporter. Nous sommes en deçà de la nostalgie ; le temps fuit par le fond comme la fumée d’un pot d’échappement. Du coup, nous progressons à re­culons dans ce jeu de piste émaillé aussi de références secrètes, une réplique cachée du Pickpocket de Robert Bresson, ou les noms du philosophe Maurice Caveing et de Minou Drouet.

    « Tout ce passé était devenu si trans­lucide avec le temps… une buée qui se dissipait sous le soleil. » Hélas, c’est bien l’effet que nous fait ce roman. Il s’évapore à mesure que nous le lisons. Et nous pouvons nous demander si Patrick Modiano, las à la fin des brumes cotonneuses, des boutiques obscures et du café amer de la jeunesse perdue, ne fait pas sien ce regret joliment exprimé par son personnage de n’avoir pas été plutôt « un Buffon des ­arbres et des fleurs ».

     

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  • Tel-Aviv sur Seine : ça c'est Paris !

     

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                 Longtemps nous nous sommes demandé quel sens pouvait bien avoir l'élection d’une ancienne secrétaire nationale du PS à la tête de la Capitale de toutes les capitales : Paris.

    Longtemps nous nous sommes demandé ce que cette élection allait bien pouvoir apporter à cette ville-symbole de toutes nos luttes passées, sous l’Ancien régime comme sous la Révolution jusqu’ à aujourd’hui, et qui n’est pas simplement la ville de ses habitants et des salariés qui s’y rendent chaque jour, mais celle de centaines de millions d’êtres humains venus de tous les Continents et qui y ont tous un jour rêvé un rêve qui leur était propre, si personnel - touristes et immigrés confondus - dans un imaginaire à la fois unique et universel.

    Longtemps nous nous sommes demandé quelle pouvait être la nécessité de l’élection de cette ancienne adjointe chargée de l’urbanisme et de l’architecture…

               Car enfin…

               Personnalité sans aspérité, sans relief, lisse, qui affiche un sourire sans équivoque, sans ambivalence, droit et enjoué,le sourire de celle qui jamais ne prend, jamais n’arrache, et auquelle on donne bien volontiers et sans compter, exauçant ses vœux avant même qu’elle ne vous demande quoi que ce soit, tellement le soupçon d ingratitude à l’endroit du donneur peut être écarté sans risque, comme à coup sûr.

    N’ayons aucun doute : ce sourire-là, c’est le sourire de l’élue qui n’en revient pas, qui n’en est jamais revenue, et qui connaît sa chance ; un sourire qui affiche et laisser espérer une gratitude sans bornes pour un système électoral qui privilégie depuis près de 20 ans, des individus falots, des individus gestionnaires de commandes, des chargés de clientèles électorales et d’affaires, selon le principe qui veut que ce soit celui qui paie et qui distribue les récompenses qui décide.

     

                Oui ! Longtemps nous nous sommes demandé ce à quoi cette ancienne adjointe chargée de la culture et des animations de rue - carnavals et délinquances -, et dont la voix serait bien en peine de se faire entendre si demain l’Histoire, à nouveau en marche au pas de l’oie, nécessitait le recours à quelques décibels supplémentaires, à quoi donc elle pouvait bien prétendre vis-à-vis de cette ville-monument… mais  dans laquelle, aujourd’hui, les plus pauvres, et les pauvres un peu moins pauvres n’ont jamais aussi mal vécu, et les riches, plus riches encore... jamais aussi bien, après 15 ans d’administration PS dans la continuité d’un mandat RPR puis UMP.

    Comme un fait exprès, pas un mot plus haut que l’autre, jamais ! Ce dont on ne saurait la blâmer car cette discrétion qui est la sienne nous permet de faire l’économie de dénoncer ce qui inévitablement aura les allures d’une indignation de tartuffe dans la plus pure tradition d’un PS qui est sans rival sur la scène du théâtre de Molière.

    Pour cette raison… longtemps nous nous sommes demandé ce que cette élection à l'hôtel de ville allait encore coûter en désillusions, à tous ceux qui, à gauche, forgeaient quelque espoir de reprise en main de cette Capitale qui est aussi un lieu de vie mais dans lequel il n’est définitivement plus possible de fonder une famille digne de ce nom dans des conditions de logement tout aussi dignes, à moins de 100 000 euros de revenus annuels ; ville-paradis des couples sans enfant, voies cyclables en veux-tu en voilà, le 4x4 dans un box, en attendant de gagner Deauville ou Saint-Tropez.

    Au passé politique sans histoire, marqué par aucun acte de courage,  un passé sans rupture donc... dans un présent où l’on marche droit, où le « non » n’occupe aucune place sinon au sein d’un politiquement correct d’une lâcheté sans nom, une biographie nous présente cette élue comme la spécialiste des droits des femmes ; comprenez : droit des femmes non pas à pouvoir se loger décemment et à occuper des emplois qui leur permettent de sortir du piège de la pauvreté, pour elles et leurs enfants, mais bien plutôt le droit des femmes à se déplacer en grosse berline avec chauffeur, tous frais payés par la République ou par une Multinationale vorace et sans scrupules (excusez ces pléonasmes !).

                 Oui ! Longtemps, longtemps… et même si nous avions quelques idées à propos de cette lancinante question ; quelques idées comme autant de soupçons : « maire écran », comme les sociétés du même nom, condamnée non pas à tenir la tête mais la queue de Paris, un Paris encore libre de gigoter et de frétiller sous l’impulsion de ses propriétaires fonciers et autres maîtres des lieux…

    Longtemps nous avons été nombreux à penser que, de cette « maire de paille » comme les gérants du même nom, tous les lobbies communautaires, politiques et économiques – les plus forts en gueule mais trop rarement en droit et en morale -, n’en feront qu’une bouchée, pour leur petit déjeuner ; moins encore… à 14h au cours d’un brunch… non, bien moins encore : un en-cas… en cas de besoin ! dans la continuité d’un Bertrand Delanoë tout aussi falot, auto-centré, nombril électoral et buste médiatique ; paire de fesses à défaut d’une paire de couil*** parce qu’il en faut pour contrecarrer les ambitions de lobbies qui ont dans leurs agissements tous les attributs de truands et autres canaille et racaille !

    Alors oui ! Mille fois oui ! Longtemps, longtemps, longtemps donc nous nous sommes interrogé… et  nous avons attendu, attendu… et puis c’est arrivé.

     

                 Maintenant on sait :

     

                           

                       Désignée « personnalité de l'année » par l'édition espagnole du magazine Vanity Fair en 2014 (Non ! On ne ricane pas !), l'élection à la tête de Paris de cette Mistinguett de la politique, ça sert à ça :

     « Tel-Aviv sur Seine »

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                Le 13 Août, Paris mettra la ville israélienne à l'honneur dans le cadre de l'opération Paris Plages : au programme, foodtrucks, DJ set, animations ludiques et gratuites", décrit le site internet de l'animation.

                 La conseillère de Paris Danielle Simonnet demande samedi au maire de Paris de revoir la programmation : « Le cynisme de l'organisation d'une telle journée dans le cadre de Paris Plages atteint les sommets de l'indécence, tout juste une année après les massacres sur la bande de Gaza par l'État et l'armée israélienne et alors que le gouvernement israélien intensifie sa politique de colonisation. »

     

                A propos de Tel-Aviv, cliquez  ICI pour infos

     

    ***

     

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                 Comment ce "maire de Paris" s'est mise dans une telle situation ? Quelle en a bien pu être la nécessité, voire l'obligation ? Comment s'est-elle retrouvée à devoir et tendre la main et serrer cette main, sans gant qui plus est ?    

    Notez au passage le dos courbé, vouté presque, la tête légèrement penché sur le côté, une mine déférente, soumission affichée...  

    Rien à ajouter. Tout est dit. Même si...                            

     

               Certes ! On savait le PS totalement contrôlé par une idéologie - le sionisme (Hollande, Valls et Fabius) - dont on se doit de rappeler la politique à l’égard du Peuple palestinien : assassinats, meurtres, bombardements civils, colonisation, occupation et humiliation.

    Aujourd'hui, ce parti ne s'en cache même plus.  La manifestation "Tel-Aviv sur Seine", est-elle une nouvelle provocation destinée à piéger la gauche de la gauche ?

                Ici, chantage à l’antisémitisme et bannissement contre quiconque critique publiquement la politique d’Israël, un Etat qui n'a aujourd'hui plus rien à envier à l'Afrique du Sud du temps de l'Apartheid et dont la politique jouit  du soutien et de la complicité de l’Etat français au plus haut niveau - une alliance qui nous salit davantage chaque jour -, ainsi que de la totalité de la classe politique et médiatique dans le scandale d'une soumission totale et sans précédent en violation de notre tradition humaniste et diplomatique d'indépendance et d'équilibre qui nous a longtemps permis de gagner le respect de nombre de nations parmi les plus exposées aux diktats de l’alliance américano-sioniste.

    Une idéologie qui a bien failli avoir « la peau » de notre humoriste le plus talentueux - humoriste tellement plus français que la plupart de ses détracteurs -, Molière rabelaisien et voltairien... dans la lignée d'Alfred Jarry, dada, surréaliste et situationniste :  Dieudonné... ou quand le succès et l'argent (l'indépendance financière) ne servent pas à acheter une Ferrari mais à dire la vérité.

               Aussi, ne cessons jamais de le rappeler : la politique de l'Etat israélien est un danger pour l'Europe en général et la France en particulier car le sionisme, encadré par une folie religieuse (le Judaïsme, véritable pathologie qui hisse une religion au-dessus des lois internationales et des droits les plus élémentaires et fondamentaux de la personne humaine) et un cynisme politique de la pire espèce, représente une menace majeure pour notre culture humaniste européenne fruit des héritages grec, latin, chrétien et celui des Lumières : raison, compassion, pardon et justice.

     

     

    P.S :  A la suite de ce commentaire posté sur Agoravox : "... l’indignation sélective qui n’ont jamais pris la peine de dénoncer les crimes contre l’humanité du régime d’Assad ou les violations massives des droits de l’homme en Iran, refusent toute mention d’Israël dans l’espace public."

    ... la réponse suivante ne se fera pas attendre :

                                  ici en France...

    - Ces régimes (Iran, Irak) n’ont jamais bénéficié du soutien de la quasi totalité de la classe politique et des médias français...

    - Ces régimes n’ont jamais coûté la carrière d’aucun humoriste, d’aucun journaliste, auteurs, acteurs et artistes...

    - Jamais la censure n’a frappé des blogueurs qui dénonçaient les agissements de ces mêmes régimes...

    - Les dirigeants de ces régimes et leurs lobbies n’ont jamais eu leurs entrées à l’Elysée ni à Matignon... 

     - Aucun chantage moral ou politique, ni aucune intimidation physique n’ont été exercés par ces régimes sur aucun citoyen français sur notre sol. 

    - Jamais ces régimes ne sont parvenus à dicter à la France sa politique étrangère.

     

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    ainsi que : Sionisme, vous avez dit sionisme ?

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  • S'habituer à la menace terroriste ?



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  • S'habituer à la menace terroriste ?

     

                   Après les attaques de Copenhague (Danemark) commises par un jeune Danois de 20 ans d'origine palestinienne, Manuel Valls, premier ministre, a rappelé qu'il fallait apprendre "à vivre avec"...

    Devinez quoi ?

    Le terrorisme.

     

                  Désormais, il nous est demandé de prendre en compte le fait que la menace terroriste doit faire partie de notre quotidien : "Il faut dire la vérité aux Français. (...) Il faut s'habituer à vivre avec".

     

    _____________________

     

     

                   Qu’il soit permis à ceux qui n’ont aucune intention de «s’habituer à vivre avec la menace terroriste » de préciser ce qui suit :

    Avec cette énonciation de ce qu’un premier ministre voit comme une fatalité c’est toute une classe politico-médiatique qui semble vouloir rejeter "la politique", pour mieux se situer comme "en-dehors" sinon au-delà, comme si dans les événements de Paris, Vincennes et Copenhague, et ceux de Toulouse en 2012, il nous était demandé de voir non pas la manifestation d’un effet mais bien plutôt celle d’une cause qui n’appellerait, par conséquent, aucune suite puisque tous ces événements seraient une fin en soi.

    Or, les tueries des dernières semaines devraient au contraire provoquer le réveil d'une prise de conscience des causes qui nous y ont menés et par voie de conséquence, à une prise de conscience politique. Aussi, ce qui semble être le rejet de cette conscience-là par toute une classe avec le relais des médias et  de quelques intellectuels indigents ou carrément de parti pris, annonce, qu'on le veuille ou non, des déceptions sans nombre dans les mois et les années à venir car personne, aucune société, ne peut échapper à la politique ou s'en extraire même si cela peut arranger les affaires d’un Premier ministre et d’un Président qui, déjà, pense à sa ré-élection.

    Car enfin…

     

    - Doit-on accepter que la classe politique se laisse tenter par le maintien d'une pression sécuritaire jusqu'à la prochaine élection présidentielle à des fins électoralistes et dans l'espoir d'une prise de contrôle accrue sur notre liberté d'expression et de mouvement jusqu'au coeur dans notre intimité à grand renfort de nouvelles lois liberticides ?

    - Quelles conclusions tirer de notre ralliement à une politique étrangère atlantiste - pro-américaine et israélienne - en violation de notre tradition diplomatique qui a fait notre rayonnement et notre force ; une tradition qui avait pour objectif la recherche d'un équilibre face à des pays et des cultures hégémoniques à la soif de domination ?

    Hégémonie d’une alliance américano-israélo-saoudienne (La Grande Bretagne et la France comme supplétifs) qui a pour seul programme : la dévastation des nations, des cultures, la captation et le pillage des ressources naturelles ainsi que le vol de la terre ?

     

     

                        

     

    - Doit-on continuer d’accepter la mise à mort subreptice, ici en Europe, de la liberté d’expression ainsi que la diabolisation de tout individu qui refuse d'adhérer à l’univers conceptuel de cette hégémonie américano-israélo-saoudienne criminelle ?

    - Peut-on encore  demeurer complice de la tentative de marginalisation de la Russie ? Politique qui consiste à faire le choix de soutenir le dissident milliardaire Khodorkovski aujourd'hui résident en Suisse contre le lanceur d'alerte Edward Snowden résident provisoirement sur le sol russe, aujourd'hui "apatride" et sans un sou, auquel toute l'Europe a refusé l'asile.

     


     

    - Doit-on accepter la mise à mort subreptice, ici en Europe, de la démocratie, à grand renfort d’instances tutélaires sans légitimité démocratique (fonds, banques, commissions, organisations) ainsi que de technologies de la surveillance et du contrôle de millions de citoyens, dans une passivité de tous les médias dominants ?

     

    - Peut-on faire l’économie de nous interroger sur l'instrumentalisation de la culture arabo-musulmane - foulard et pratiques religieuses -, et sur une représentation de l’Islam qui humilie ses croyants tout en les marginalisant semaine après semaine, au nom d'une liberté d'expression sans but ni raison, sans queue ni tête, une liberté sans conscience ni intelligence?



    - La communauté juive de France peut-elle continuer de confier sa représentation à des associations qui, sous peine d'être qualifiés de "mauvais Juifs", somment les Juifs de France de soutenir un Etat qui a fait la preuve de son incapacité à bâtir un état moderne, responsable, respectueux des lois internationales et dont la classe politique et les premiers ministres successifs sont devenus les véritables ennemis de cette communauté, ici, sur le sol de notre République ?


    Car, s’il semble tout aussi  difficile, voire impossible, de se « désolidariser » d’Israël pour un Juif français ou un Français juif ou bien encore un Français sioniste que pour un Croyant d’accepter le droit au blasphème, dans un face à face qui relève plus de la médecine de l'âme que de toute autre science ou discipline intellectuelle, il est certainement grand temps que la communauté juive de France et d'Europe, sorte de sa réserve et de son mutisme et qu’elle reprenne son destin en mains en se soulevant contre des associations qui servent un projet étranger à la France et à ses intérêts, et dont les instigateurs et autres protagonistes n'ont aucune considération pour leur propre communauté, jusqu'à ne plus pouvoir ni vouloir distinguer, et c'est là le but recherché, un attentat anti-israélien d'un attentat antisémite.

    Aussi, il est urgent que cette communauté refuse d'être plus longtemps les dindons d'une farce tragique et meurtrière, et finalement les otages et les victimes d'une politique dans laquelle il n'y a rien à sauver car, cela n'a que trop duré pour eux comme pour nous tous !

     

                      

     

    - Doit-on refuser de mettre un terme au dénigrement systématique de la France et de son passé qui désarme des millions de français issus de l’immigration ou de la colonisation et les laisse sans identité enviable autre que celle de la religion ?


    - Peut-on continuer avec la promotion d'un économisme pour lequel il n'y a de vérités qu'économiques... ratios et calculs  face à des
    êtres humains qui ne seraient que des bras, des ventres et du temps de cerveau disponible à distraire jusqu'à l'abrutissement ?

    - Peut-on nier plus longtemps encore le racisme institutionnel qui a tout recouvert : logement, travail, études, considération citoyenne contre les Français issus d’Afrique noire ou du Maghreb ?


               Là, c'est la politique qui hurle et frappe à la porte de la France et de l'Europe, assourdissante !

    ***



                   Face aux victimes collatérales françaises et d'autres nationalités qu'aucun discours ni deuil national ne pourront racheter, qu'aucune politique dont il n'y a rien à sauver depuis l'Afghanistan ne pourra nous demander d'accepter sans montrer du doigt l'Elysée et L'Otan, sur quel recours les familles endeuillées peuvent-elles bien compter ?

    Pourront-elles porter plainte toutes ces familles ? Contre qui ? Contre l'Etat français ? Auprès de quelle juridiction ? Le TPI ?

    Quels chefs d'inculpation pourront-elles faire valoir ? Mise en danger de la vie d'autrui ? Association de malfaiteurs ? Non assistance à personne en danger ? Complicité de meurtre ? Homicide involontaire ?

     

                     Il se pourrait bien dans les années à venir que nous nous trouvions tous dans l’obligation de demander des comptes à un Etat français sans boussole et sans direction, sinon une seule : celle que des puissances étrangères voudront bien lui indiquer tout en continuant de la compromettre avec des logiques de chaos et de mort au nom d’intérêts aussi clairs chez nous qu'inavouables chez eux !

                Alors non ! Nous n'accepterons pas de mourir ni pour l'Otan, ni pour les USA, ni pour l’Ukraine ni pour Israël ni pour une oligarchie mondialiste sans foi ni loi aux entreprises criminelles !

    ________________

     

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  • Parc zoologique de Paris : tout ce que vous ne verrez pas

     

     

                Le Parc zoologique de Paris  - anciennement "Zoo de Vincennes" -, a ré-ouvert ses portes après six années de travaux : restauration, réhabilitation et transformation.

    Suivez le guide.

    ____________

     

             On nous avait prévenus : «Ce ne sont pas les animaux qui sont montrés aux hommes mais les hommes qui sont invités à venir découvrir les animaux», explique Sophie Ferreira Le Morvan, la directrice du parc.

    On aura reçu et compris le message. Avis aux visiteurs : le millier d'animaux (?) présents n'est donc pas là pour être dérangé... à tel point que lorsque ces animaux n'ont aucun envie de se laisser voir et de s’exhiber, ce qui est bien compréhensible quand on sait qu’ils n'ont rien demandé à personne... on ne les voit ni ne les entrevoit tout simplement pas. Et l'on repart déçus car bredouilles... bredouilles pour l'oeil.

     

               On s’empresse de nous préciser, sans doute à titre de consolation, que « les animaux évoluent dans une réplique superbe de leur milieu naturel, jouissant de nettement plus d'espace et de confort ».

    Certes ! Personne ne viendra critiquer la volonté de faire vivre les animaux dans les meilleures conditions possibles mais alors, dans ce cas, on se demande bien pourquoi diable l’on n’a pas décidé tout simplement de leur ficher la paix à tous en leur accordant  de continuer de vivre là où ils sont nés (ou bien, là où ils auraient vu le jour à l'état sauvage), eux et leurs descendants… les uns en Afrique et sa plaine du Sahel, désert et savane, d’autres en Patagonie, Madagascar aussi, la Guyane puis l’Europe… les cinq vastes zones qui divisent le parc.

     

    serge uleski,parc zoologique de paris, béton armé

    (du béton oui ! des animaux non !)

     

     

                   Aussi, pour cette raison, vous ne verrez pas le loup de Sibérie ou d'ailleurs, ni le Jaguar, ni le rhinocéros, ni le puma, les Caïmans pas davantage, le lynx, les lions une autre fois sans doute... car tous avaient manifestement mieux à faire, ailleurs… tous occupés à faire la sieste, quelque part… on ne sait où…

    Sont-ils là ? Oui ? Non ? Brillent-ils tous par leur absence ?

    Mais alors, ce parc zoologique serait-il le fruit d’une nouvelle réflexion accoucheuse d’un nouveau concept … surréaliste de surcroît : ce qui est à voir n’est pas là, mais ailleurs, dans notre imagination, et dans notre frustration ? Un peu à la Magritte finalement : « Ceci n’est pas un Puma mais l’enclos d’un Puma » jusqu’à sa logique ultime et son dernier retranchement : « Ceci n’est pas un Zoo mais la tentative d’un Zoo ».

    Et pour peu que ce soit les leurs : seuls leurs excréments et autres déjections, attesteront de leur présence passée - et à re-venir ? Du moins, c'est à espérer.

    Les lionnes au loin, étendues, immobiles, nous tourneront le dos pour mieux nous présenter leur derrière, c’est vous dire !

    Vous ne verrez pas grand-chose non plus dans la volière ni dans le vivarium…  si vous êtes chanceux... peut-être une vipère minuscule lovée et indifférence ; elle aussi, endormie.

     

    parc zoologique de paris, béton, serge uleski

    (encore du béton)

     

    Têtards, salamandres… introuvables, même à la loupe dans un aquarium impénétrable ; si tant est, toutefois, que nous soyons venus pour eux…

     

    DSC01612.JPG

    (Les égarées du bec, à la recherche d'une pitance incertaine)

     

    Pour la même raison, on cherchera en vain les tapirs ; on nous laisse entendre qu’ils se sont cachés, eux aussi endormis, loin des regards et des visiteurs qui en seront pour leur argent (22 euros - 80 euros pour une famille de deux enfants), leur temps de visite (deux heures à chercher, à scruter dans l'espoir de...) et la déception de ceux qui, adultes et enfants réunis, se lasseront vite d’un effort qui consiste à tenter d’apercevoir une tête, une queue, une carapace, une oreille, une plume, un mouvement, un geste, un regard, que sais-je encore…

    Avant de renoncer totalement et de gagner au plus vite la sortie.

    girafe,parc zoologique de paris, serge uleski

    Certes, il est vrai que les girafes se laisseront voir mais… reconnaissons qu’il leur est difficile de faire autrement.

     

               « Nous voulons aussi apprendre aux visiteurs à entraîner leur regard, à faire l'effort de patienter en silence jusqu'à ce qu'un animal finisse sa sieste», poursuit Sophie Ferreira Le Morvan.

    Aussi, prévoyez la journée de 10h à 18h ; tout en sachant que bon nombre d’animaux ont la fâcheuse habitude de mettre fin à leur sieste le soir au coucher du soleil à la tombée de la nuit. Une solution donc : se laisser enfermer car les loutres, elles, ne sortent que lorsqu'il fait nuit noire. Prévoir non seulement la journée mais la nuit alors : torche, thermo de café, casse croute et sac de couchage.

     

    ***

     

    parc zoologique de paris, serge uleski

                       (Immobile des heures durant ; ou quand l'ennui vous fige et vous tue aussi sûrement que la balle du fusil d'un braconnier sous d'autres tropiques)

     

                Après une visite bien décevante de 14h45 à 17h30, difficile de ne pas conclure comme suit : ce parc zoologique nous apporte une nouvelle fois la preuve, si c’était encore nécessaire, de l’inutilité des lieux de captivité ouvert au public (1) qu’aucun de ses occupants absents-présents n’aura choisi d'habiter, et moins encore d'y mourir d’ennui après des années de négation de leur animalité : car enfin, le destin d’une girafe n’est-il pas de mourir dans la gueule de lions en meute, après une course qui aura eu raison de ses forces, et certainement pas de vieillesse sous les regards inquisiteurs qui en demanderont toujours plus, d’un public venu tuer un Samedi ou un Dimanche en famille ?

    D'autant plus qu'il s'agit de lieux "hyper-marchandisés" qui ne tiennent aucune de leurs promesses "marketing".

     

                La question est posée. Reste à y répondre.

     

     


    1 - Hors protection des espèces et de leur reproduction qui n’ont pas besoin, soit dit en passant, du regard du public, en attendant leur retour dans leurs milieux naturels – on pensera à l’oryx algazelle ; espèce en voie d’extinction ; il est sans doute de bon ton de le déplorer, aussi, déplorons-le.

     

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  • FEMEN : intolérance, ignorance et dictature

     

     

     

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    "4 mois de prison ferme pour les Femen française Joséphine, Marguerite et  Pauline."


     

    Mais qu'est-ce que ces Femen françaises sont allées faire en Tunisie ?

     

               Il n'y a pas de mots pour qualifier leur action aussi méprisante que dérisoire qu'insultante à l’égard de l’altérité culturelle tunisienne  - véritable viol des consciences -, à l’origine de laquelle on trouvera une arrogance égocentrique et immature mêlée d'une bien-pensance qui n'est que le signe d'une ignorance crasse et sans excuse.

     

    Que l'Etat français condamne avec la plus grande fermeté leur action et qu'elles soient jugées en conséquence ! Car l'intolérance d'une bien-pensance comparable à une armée de bandits à la tripe sensible et au cœur dur comme la pierre qui n'est que du néo-colonialisme culturel qui s'ignore ( encore et toujours l'ignorance)… ne passera pas !


    Halte là !

     

    ***

     

                 Ici à Paris, les gros sabots de la baston "fa-antifas" dans un tintamarre médiatique de récupération politicienne, là-bas à Tunis...  les gros sabots de la bêtise aveugle de minettes nourries au biberon d'un féminisme parisien de pacotille inculte et privé de tout discernement...

     

    Diversion après diversion, c’est bien là toute la société du spectacle, boussole affolée qui a perdu le Nord,  qui se regarde sans doute une dernière dans la glace avant de pourrir sur pied.

     

                  Mais alors, que d’énergie perdue, pour rien, pour si peu en comparaison de ce qu’il nous faudrait tous être capables de réunir comme force pour freiner des quatre fers un projet politique qui, jour après jour, n’a de cesse de laminer nos droits et nos libertés car il y a urgence : l'étau se resserre sur l'Europe et sur nous tous... sans distinction... et en ce qui concerne les femmes... qu'elles soient voilées ou non, topless ou pas l'été sur les plages, et ce...  pour le temps qu'il nous sera encore donné de pouvoir nous y prélasser.

     

    __________________


     

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    Le cas FEMEN

     

                 Dans le contexte de la société française en particulier... l'action de ces FEMEN n'a aucun sens.  De plus, ces jeunes femmes caricaturent et ridiculisent le mouvement féministe de ces 40 dernières années. Quant à leur slogan...  "Sortez ce pape de votre vagin !" à l'heure où dans les boutiques... on vend des strings à des gamines-enfant de 12 ans (sinon moins), leur mère à leur côté les accompagnant, pour faire copine/copine avec elles, franchement, est-ce qu'on peut faire plus dans le domaine de la libération de tout ce qui ressemble de près ou de loin, et déjà, à une marchandise sexuelle ?..............................................................

     

    Les mettre sur le trottoir dès l'âge de 10 ans ?

     

            C'est le droit le plus absolu de tout individu de confier au chef d'une église, le Pape pour ne pas le nommer, le soin de lui dicter sa condition en matière de moeurs sexuels ou non si tel est son choix. S’agissant de la religion catholique, on peut être rassurés : on lui a tellement tapé dessus (et à juste titre) que l'on peut être à peu près certain qu'il s'agit bien là d'une adhésion volontaire, mature et réfléchie d'un adulte qui l’est tout autant

     

    Qu'il soit permis ici de rappeler que la démocratie c'est aussi la protection de toutes les minorités. Aussi, on ne laissera pas des individus qui pensent avec leur cul comme d'autres avec leur bite menacer l'une d'entre elles...


    En attendant de retrouver dans une vingtaine d'années toutes ces post-FEMEN à la tête des DRH des entreprises (emplois occupés massivement par des femmes) dans lesquelles le salarié (homme, femme, homo, cathos, trans, queer...) n'aura qu'un droit : se faire licencier. Pour ne rien dire de celles qui finiront flics dans des séries télévisées indigentes pour quinquagénaires téléspectateurs-chômeurs à la casse., ou bien encore animatrices putassières aux seins lourds et accueillants...


    Car c'est bien là toute l'histoire des People dits "de gauche" qui, dans les faits, se limite à un PS aussi discrédité que moralement moribond.


                      Une question demeure néanmoins : qui recrute et finance ces FEMEN ?


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