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  • De l'affaire Weinstein, Polanski, puis Balance-ton-porc... à la défense du harcèlement dit "opportun"

     

                  Polanski, Weinstein (1) et tant d’autres... industrie cinématographique, intimidation, harcèlement, chantage, viols... après MeToo et de longs mois de révélation dans la pression internationale, arrive en France  #balancetonporc, des dizaines de milliers de témoignages  à propos d' agressions sexuelles (1 femme sur 2 selon les dernières études) - transports, rue, entreprises - émanant de femmes anonymes,  femmes du quotidien.

    Mais la riposte ne se fera pas trop attendre : pour contrer ce ras de marée décidément embarrassant, un procès d'intention en délation sous la forme d'une tribune, procès d'intention destiné sans doute à tarir le flot des témoignages et à discréditer la parole de toutes ces femmes anxieuses de pouvoir dénoncer une domination masculine contre laquelle elles semblent impuissantes ... voit alors le jour.

    En effet, le mardi 9 janvier, le journal Le Monde publie  "Nous défendons une liberté d'importuner indispensable à la liberté sexuelle" signé par une centaine de femmes  parmi lesquelles Catherine Deneuve, Brigitte Lahaie, Élisabeth Levy, Catherine Millet, Sophie Menton - dans l'ordre : actrices, journaliste et chef d'entreprise.

    Les signataires de cette tribune s'inquiètent de la "libération de la parole" qui a suivi l'affaire Weinstein.  L'inquiétude de ces femmes concerne "l'indispensable liberté d'offenser" et "d'importuner" que tous ces témoignages semblent vouloir remettre en cause. Elles évoquent un puritanisme rampant, une haine des hommes, une indisposition au sexe ;  tares  que toute femme libérée  se doit de fustiger sans retenue.

    A propos des signataires de cette tribune, on ne peut que difficilement éviter de remarquer ce qui suit : Catherine Millet du magazine Artpress (la passionaria de l’art contemporain – art qui a perdu sa majuscule) , E. Lévy du magazine Causeur proche de l’extrême droite sioniste, islamophobe et anti-réfugiés, Brigitte Lahaie (actrice porno des années 70 et 80), Catherine Deneuve (actrice tout court), Sophie Menton (chef d’entreprise) : toutes ces femmes font et ont fait carrière dans des secteurs sous domination masculine écrasante -il est vrai que l’on ne mord pas la main qui vous a nourri et qui vous nourrit aujourd’hui encore : art contemporain ( pensez un instant aux mécènes) , Médias (pensez aux magnats de la presse) , cinéma X et cinéma grand public ( producteurs, réalisateurs, diffuseurs et agents masculins) et enfin :  l'entreprise avec l'écrasante présence des hommes à la tête des multinationales du CAC40 ainsi qu’au MEDEF.

    Vraiment, il ne manquait plus qu'une femme politique parmi les signataires.

    Même les hommes n'auraient pas osé publier un tel manifeste ! Après le procès en débilité faite aux blondes, procès conduit par des femmes auprès desquelles les hommes ont sous-traité leur mépris avec un succès inattendu – mépris qui ne pouvait plus être explicité publiquement, même pour rire -, ce sont ces mêmes femmes qui reprennent l'argument éculé des hommes à l'endroit de celles qui refusent leurs avances : coincées (puritanisme), mal-baisées, haine des hommes, et autre procès en frigidité.
     

                  Ci-dessous, un florilège des déclarations des signataires qui ont accompagné la médiatisation de cette tribune : 
     

    "On peut jouir lors d'un viol", affirme Brigitte Lahaie en plein débat sur les violences sexuelles sur BFM-TV en compagnie de l’inénarrable Ruth Krief.

    Si la bêtise, le manque de jugement et de discernement, l'absence de retenue et de décence sont sans vergogne opposés à toute démarche éprise de justice et d'humanité dans des médias esclaves de l'audimat au nom d'une soi-disant nécessité à débattre de tout avec tout le monde, c'est avec l'horreur de notre monde dans toute son horreur que l'on nous demandera de dialoguer ; nul doute, nombreux sont ceux qui finiront laminés face à cette horreur : les propos de Lahaie, une des signataires de la tribune anti-« balance-ton-porc », dans le contexte de cette actualité en particulier, c'est aussi toute l'horreur du monde dans toute son horreur.

    Catherine Millet reine du sado-masochisme déclarait il n’y a pas si longtemps encore : «  Je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée parce que je pourrais témoigner que du viol on s'en sort !»

     

    Sophie de Menthon à propos du danger d'un "puritanisme rampant " : "Si mon mari ne m'avait pas harcelée, peut être que je ne l'aurais pas épousé."

    Sans doute cette chef d'entreprise voulait dire : "Si mon mari n'avait pas cherché à me séduire...."

    Pauvre langue française ! Pauvre Madame Menthon.
     

    La présence de Catherine Deneuve  dans cette tribune laisserait  manifestement entendre qu'elle n'a jamais eu d'ennuis en 50 ans de carrière ; un vrai tour de force ! Même si cela n'étonnera personne... car c'est sûr, pour une femme, les ennuis commencent seulement quand elle dit "non".... et des problèmes de conscience dans le cadre d'une estime de soi quelque peu malmenée quand elle a dit "oui" dans la honte et la soumission. Manifestement, Deneuve n'est pas concernée par ces deux cas de figure. Mais alors, qu'est-ce à dire ?

    Parce qu'au cours de sa longue carrière cinématographique Deneuve a tenu le bras à des hommes qui n'étaient, il faut le dire, pas trop bêtes sans pour autant être des génies, sans doute a-t-elle fini par penser, qu'elle aussi avait très une tête pas trop mal faite - discernement, analyse et synthèse - et pourquoi pas : une tête bien pleine aussi.

    Cela posé, on peut s’interroger à propos de ceci : combien de fois a-t-on trouvé cette actrice aux côtés des femmes ? En revanche, on l'a souvent trouvée auprès des hommes de sa profession, très proche, toujours : réalisateurs et acteurs.

                  Last but not least…. E. Lévy qui assume, persiste et signe. A elle seule, cette journaliste qui ne s'entoure que rarement de femmes, symbolise ce que tous les hommes savent (votre serviteur y compris) : il n'y a pas mieux qu'une femme pour cracher au visage d'une autre femme surtout bafouée et humiliée ;  tous les hommes le savent. On appelle ça : « rivalité féminine » ; bel euphémisme. Parmi les hommes, d'aucuns cyniques et salauds en profitent, d'autres ne peuvent que s'en désoler.
     

                     Même Macron n'a pas souhaité être en reste ; il a tenu à se faire entendre  dans un "oui mais" et un "en même temps" caractéristiques d'un perpétuel candidat à sa propre ré-élection qui ratisse large, très large. Au cours de son intervention télévisée,  l’ utilisation par Macron du terme "délation" là où il est question de dénoncer des comportements inacceptables, nous en dit long sur les réelles motivations de ce président ; culpabilisation et intimidation sournoises qui ont pour cibles celles qui s'évertueraient à ne pas se taire, sans doute Macron a-t-il eu une pensée, à toutes fins utiles et préventives, pour les moeurs de cette caste qui lui a permis d'être candidat puis élu. Le harcèlement, l’agression sexuelle sont toujours du côté du pouvoir, avec ou sans majuscule, puisque l’impunité commande, le plus souvent, les comportements en ce qui concerne ces délits.
     

    ***

     

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                  A la lumière des récits qui sont rendus public par toutes ces femmes harcelées, en particulier dans le milieu des médias et de la politique, on découvre sans surprise, là encore, ceci : celles qui ont dit manifestement "oui" et qui ont ainsi échappé aux affres du harcèlement , sont celles qui, après avoir été sans aucun doute récompensées, n'ont pas eu assez de mots culpabilisants pour décourager leurs congénères qui s'évertuent à dire "non" et à rendre public des comportements du sexe opposé inacceptables ; en effet, les dernières révélations de toutes ces femmes qui s'étaient confiées ont révélé ceci : ces femmes n'ont pu que déplorer le fait que leurs congénères, occupant le plus souvent des postes à responsabilité, les encourageaient à se taire ; et quand on sait que... plus il y aura de femmes ambitieuses et carriéristes, plus le harcèlement sera un recours pour ceux qui souhaitent profiter de leur position pour obtenir des faveurs d'ordre sexuel... celles qui disent « non » ont donc du souci à se faire car elles ne pourront manifestement pas compter sur la solidarité de celles qui ont dit "oui".

     

                   Selon que vous serez connu et admiré ou anonyme et détestable etc... etc... etc..

    N'empêche... une seule conclusion s’impose : ne pas céder, ne pas se laisser intimider, continuer de dénoncer sans relâche des agissements inacceptables et des silences complices puis forcer une prise de conscience exigente et déterminée. 

     

     

     

    1  - Weinstein : ça sert aussi à ça la notoriété, la célébrité, l'argent et le pouvoir : acteurs, artistes, chanteurs, animateurs de télé, producteurs, élus politiques... se servir, s'en mettre plein la braguette : Strauss-Kahn en était l'archétype.

    Comme ils n’en ont jamais assez, incapables de se contenter de celles qui disent « oui », il leur faut aussi celles qui disent « non ! » et qui s’obstinent car tous ...se paient sur « la bête » et en particulier pour ce qui est de l'industrie cinématographique : sur l’actrice prête à tout pour tourner dans le film qui lancera sa carrière ; pour cette raison, toutes sont vulnérables et les hommes le savent. Mais qu’elles comprennent ceci : à chaque fois qu'une d'entre elles cède, elle prépare toutes les autres à subir le même sort. Car enfin : "Qui sont-elles toutes les autres pour dire "non ?" s'interroge alors le harceleur.
     

        - Polanski (et Woody Allen !) bénéficiera d'une complaisance inouïe ici en France de la part des hommes comme des femmes alors que les témoignages pour viols se succédaient. Rares sont ceux qui auront trouvé le courage de condamner ses mœurs. Aucune actrice française ne s'y est collée.

    Dans la vie, et pour tout le monde, il y a un avant et un après, tôt ou tard ; ce qui n'est pas acceptable c'est qu'un Polanski  puisse penser, et les médias avec lui, qu'en ce qui le concerne, il ne saurait y avoir un après qui fasse que plus rien ne sera comme avant. Il est vrai qu'un  pervers sexuel et violeur multirécidiviste d’adolescentes et de femmes très jeunes oeuvrant dans l'industrie du cinéma c'est quand même plus classe ?, plus glamour ?, plus digne ? qu'un pervers à l'existence aussi précaire que sordide oeuvrant dans des parkings souterrains de nos centres-villes et de nos banlieues.

    Témoignage après témoignage, il semblerait bien que l’on s'oriente définitivement vers cette évidence : il est manifestement question d'un pervers sexuel et violeur d’adolescentes et de femmes très jeunes multi-récidiviste.

    Tous les films de Polanski, les meilleurs de ses films, ne parlent que de ça : trouble de la personnalité, maladie mentale, ligne rouge franchie sous l’emprise de pulsions irrépressibles ; pensez à Chinatown et la confession du personnage joué par « John Huston » qui, soit dit en passant, vole la vedette à tous les acteurs masculins de la distribution. Confession comme suit : « Peu d’hommes savent qu’au cours d’une vie, dans certaines circonstances, n’importe qui peut commettre le pire » - référence à l’inceste et au viol en ce qui concerne Chinatown. Voyez "Le locataire", "Répulsion", "Tess" (encore le viol), la Jeune Fille et la Mort - confession du violeur : « J’ai aimé le faire avec ces femmes terrorisées »......

    Comme quoi, quand on ne veut pas voir... ni établir un lien entre l'œuvre et le comportement tel qu'il nous est révélé, de l'artiste....  

     

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