Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

populisme

  • Eloge du populisme

     

                 Le populiste, c'est l'autre, toujours ! L'adversaire en l’occurrence. Sa dénonciation n'explique rien mais révèle tout : un parti pris de classe dans le style : "Si c'était différent, ce serait pire encore ! "... tendance bourgeois des centre-villes, pétés de tunes et morts de trouille – classe politique, universitaires et journalistes-chroniqueurs des grands médias.

    Même à sciences-Po, on sait que ce vocable n'a qu'une fonction : discréditer auprès d'un électorat bien ordonné et propre sur lui, un adversaire politique ; un véritable attrape nigauds cette dénonciation pour des gogos de l'anti-populisme, petites classes moyennes qui se retrouvent tous immanquablement à se tirer une balle dans le pied en votant pour une politique de la soumission du plus fort sur le dos des plus faibles.

     

    Un débat autour, sur et à propos du Populisme


                  "Le Peuple est une réalité vivante dont l'être-ensemble est politique. Cet être-ensemble populiste est un être qui réagit à la place vide de la direction politique ; il correspond à un moment de la vie des démocraties où le Peuple se met à contre coeur à faire de la politique car il désespère de l'attitude des gouvernants qui n'en font plus. Le populisme est l'aspiration non encore réalisée de ce désir de politique."

     

                                         Vincent Coussedière

    ________________

     

     

                   A la mémoire des Peuples délaissés, ignorés et oubliés

     

    ***

     

                  Si le populisme prend ses racines dans la défense des vertus civiques, en revanche, le mondialisme et plus généralement le libéralisme économique mondialisé qui nous y a menés - un libéralisme des années 70 conduit par le trio infernal « Friedman, Thatcher et Reagan » -, a sans l’ombre d’un doute affaibli les fondements moraux et économiques de l’Etat, et par voie de conséquence, de tout ou partie d’une classe politique qui n’a pas su et voulu servir de contrepoids à la domination d’un marché qui a tout emporté et tout miné… voire tout décapé : famille, quartier, école, entreprises.


    Car, cet Etat défaillant a bien pour origine une classe politique qui a sciemment organisé son impuissance à coups de traités européens et de réformes en échange de la promesse de carrières politiques nationales, européennes et mondiales mirobolantes. En effet, nul n’ignore qu’aucun homme politique ne peut survivre s’il s’oppose à cette guerre contre les salaires, l'Etat providence et la démocratie qu'est le mondialisme, et même dans les marges ; il suffit d’observer la carrière de ceux qui s'y sont risqués : des miettes de perspectives… en comparaison de ceux qui ont soutenu et accompagné, tout en se laissant guider, un libéralisme économique accoucheur d’un mondialisme  pour lequel les êtres humains ne sont que des moyens entièrement voués à maximiser les profits.

                    Le populisme n’est pas conservateur ; il est circonspect… circonspection fortement teintée de ce qu’on ne sait plus nommer, à savoir : le sens commun ou le bon sens ; car, le populisme a du flair : il renifle les arnaques à des kilomètres à la ronde et celle, entre autres, de l’hymne dominant aux réformes sociétales qui cachent mal une tentative de liquidation de nos acquis sociaux - diversion oblige ! -, comme autant de masques portés par une domination sans scrupules : division dans un premier temps ; liquidation dans un second temps d’un modèle qui repose sur la sécurité, la stabilité et un certain souci de justice sociale. 

    Et c’est sans doute pour cette raison que vous ne trouverez personne parmi ceux qui assument ce qu’on appelle « le principe de réalité » (ces millions de salariés dans les RER, les bus, les Tramways, les trains et les bouchons dès 5 heures le matin) pour dénoncer ce populisme ; seuls les médias dominants et la classe politique aux affaires  - ou appelée à y revenir ou bien à y entrer -, et quelques universitaires, ont recours à sa dénonciation aux seules fins de disqualifier et de stigmatiser ceux qui seraient susceptibles d'exiger que l'on nous rende des comptes, à nous les gueux ; marqués du stigmate du populisme, ceux-là n’ont alors plus qu’une option : faire leurs valises et disparaître : « Circulez ! Y a rien à voir ! ».

               Une fois laminés les espoirs d’un système capables de dépasser, comme pour mieux les réconcilier, tous les particularismes, qu’ils soient de classe, de nationalité, de religion et/ou d’ethnie, à l’heure où moins de 10 % de la population détient 83 % du patrimoine mondial, alors que 3 % vont à 70 % des habitants dans le cadre d'une dérive techno-totalitaire au service d’un marché universel paranoïaque et schizophrène et comme souris de laboratoire, un citoyen cobaye qui n’est dans les faits qu’un travailleur corvéable à merci en compétition avec tous les autres, du Nord au Sud, d’Est en Ouest - salaire moyen net à 1500 euros contre salaire moyen net à 250 euros -, dans ces conditions, il est évident qu'aucune prise en compte de l’intérêt commun n’est à attendre : le progrès est bel et bien mort ; "progrès" dans le sens d'une recherche d'une plus grande justice... sociale, notamment !

    Certes, on ira plus vite mais on reculera, on régressera comme jamais auparavant ! Moins de sécurité, plus de fragmentation ; obsolescence systématique et fulgurance de la production d'un profit optimal en opposition frontale avec l'aspiration pour un monde régi par la raison du plus vertueux ; raison civique s'entend : responsabilité et solidarité au service d’une société qui subordonne l’intérêt privé au bien public ; car le populisme déplore le déclin des institutions civiques que des centres commerciaux tape-à-l’œil ne remplaceront jamais : en effet, la marchandisation à marche forcée de la vie sociale isole et crée des frustrations sans nombre.

    De plus, le populisme sait, pressent, devine que faute de normes communes, la tolérance a tôt fait de basculer dans l’indifférence, le dédain, le mépris et le repli sur soi dans un entre-soi aussi excommunicateur qu’exclusif dont les humbles et les sans-grades seront les victimes expiatoires car, suspendre son jugement sur des questions qui touchent au vivre-ensemble, au comment et au pour quoi, c’est faire le choix de l’abandon d’une société de la responsabilité et de la solidarité collective, un des creusets de la culture civique.

    Basé sur le droit, ce qui présuppose que des individus respectant le droit d’autrui attendent en retour qu’autrui en fasse de même, quand l’Etat abandonne la société et se détourne du citoyen, ce dernier a tôt fait de le renier, vengeur… car,  si un mal peut être un bien, le vice n’a jamais servi la vertu publique qui reste le seul fondement des démocraties ; or, un Etat défaillant soutenu par toute une caste pour laquelle la politique c’est les affaires et les affaires c’est de la politique… détruit la démocratie aussi sûrement qu’il la salit ; une démocratie en danger quand l’indifférence et la complaisance règnent aux côtés d’un relativisme moral et culturel qui n’est le plus souvent qu’un renoncement et une propension à l’apathie : plus d’espace protégé ; toute convention passant à la trappe, c’est alors que le cynisme et le crime paient comme jamais auparavant… et tous les conflits sont réglés – comprenez : envenimés et exacerbés -  par la violence seule.

     

               Parlement belge en 2014 : intervention du député Laurent Louis ; ce trublion indépendant présente les grandes lignes de son programme pour la prochaine législature s'il est réélu.

     

     

                  Souvenons-nous : les individus pouvaient, hier encore, espérer être un jour les meilleurs juges de leurs propres intérêts ; aujourd’hui, impossible pour eux d’y parvenir dans un monde où seul le marché mondialisé a voix au chapitre. Cycle ruineux qui enchaîne endettement et surproduction, quand le retour sur investissement devient la seule mesure universelle de valeur, c’est le public qui couche avec le privé, l’Etat avec le marché, faute de rechercher une autre voie : le sens et le bien communs. 

    Revigorer la société civile, sociabilité informelle du café, de la rue et de tout autre lieu intermédiaire ; restaurer une vie civique et la confiance sociale - confiance publique de tous les jours ; établir un lien au-delà d’un voisinage accidentel, imposé et subi, tout en gardant à l’esprit ce qui suit : appartenir, c’est développer un surcroît de conscience ; en revanche, être de nulle part, c’est se condamner à errer comme une âme en peine sans responsabilité et sans devoir. 

                Si la compassion est une chose et le respect une autre, peut-on reprocher au populisme de penser, intuitivement, qu’en dernier ressort, le respect élève et la pitié rabaisse ? Le droit responsabilise et l’aumône humilie car le populisme n’a pas renoncé à exiger des uns et des autres : estime de soi, autonomie, initiative, responsabilité.

    Haï d’une caste économico-politico-médiatique qui n’est décidément pas disposée à répondre de son mépris et de ses choix comme d’autres de leurs actes et de leurs crimes, le populisme souhaite réconcilier la politique, l’Etat et la morale loin d’un faux dilemme : libéralisme économique et moral contre autoritarisme.

    Adepte du gouvernement direct du peuple par lui-même, seulement possible à un niveau local, le populisme nous rappelle que ce ne doit pas être l’individu isolé qui constitue l’unité de base de la démocratie mais la nation : cette communauté de destin solidaire. Et si les conflits sont encouragés car le consensus ne fait jamais recette, le populisme porte en lui la certitude que seul ce qui est proche nous sauve, et que seule une réduction du champ du marché et la limitation du pouvoir des multinationales et des oligarchies viendront à bout d’injustices criantes qui sont, à terme, mortelles pour la démocratie et incompatibles avec toute forme de société.

                Ambivalent mais jamais incohérent, le populisme soupçonne le processus politique d’être dominé par une élite vorace, grassement rémunérée et manipulatrice : fausse polarisation…  féminisme contre la famille, libéralisme contre protectionnisme, liberté contre justice, le local contre l’international -, alors que la société a autant besoin du féminisme que de la famille, de libéralisme et de protectionnisme, autant de liberté que de justice, de local et d’international !

     

    ***

     

                  On l'aura compris : le populisme a pour fondements  le respect et la responsabilité (de quoi inquiéter plus d’un et plus d’une, c'est sûr !) ; sa préoccupation première est le bien commun contre l’individualisme égoïste et le cynisme (là, franchement, ça se gâte !).

                 Il est donc grand temps de réhabiliter la pratique du populisme en lui donnant enfin ses premières lettres de noblesse.

     

     

     

                   Laurent Louis au parlement belge en 2013 : dans le cadre d'une demande de sa levée d'immunité parlementaire, le député prend la parole. Ayant eu entre les mains le dossier Dutroux (il n'aura pas été le seul à recevoir d'une main anonyme une version CDRom du dossier), il a eu l'imprudence ou le courage, c'est selon, de révéler des informations restées cachées au public et aux parents des victimes, bien des années après le procès Dutroux (1996).  La justice souhaite le poursuivre. 

     

     

    ***

     

    Laurent Louis bénéficiera d'un non-lieu à propos de l'accusation de "recel" du dossier Dutroux.

    Privé de moyens et de parti, il ne sera pas réélu député en 2014.

    _______________

     

    Pour prolonger, cliquez : Penser le populisme et radicaliser la démocratie

     

     

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
  • "Louise Michel society", Fassin et Boltanski pour une sociologie d’eunuques

    Intervenants : Charles Michaloux, Eric Fassin & Luc Boltanski.


     

              Jeudi 26 juin dernier, à l’initiative de « La société Louise Michel » une centaine de personnes se sont réunies pour écouter Luc Boltanski et Éric Fassin parler des deux petits livres qu'ils viennent de publier : « Vers l'extrême. Extensions des domaines de la droite », de Luc Boltanski et Arnaud Esquerre ; « Gauche : l'avenir d'une désillusion » de René Fassin.
    Le sujet de cette réunion est le suivant : « Situation politique, comment reprendre la main (à gauche, s'entend) ? »


    ***


              On ne s’attardera pas sur le premier intervenant, Michaloux, qui n'aura de cesse d'associer le PS à la Gauche (alors que ce n’est plus le cas depuis quarante ans) ; ce qui augure mal de la suite…

    Comme un fait exprès, Boltanski bottera très vite en touche en choisissant de parler non pas d’une Gauche absente et introuvable mais du FN - qu'il a la prétention de comprendre -, tout en finissant son intervention avec des bobos tout aussi introuvables à ses yeux : et puis… « les bobos c’est un terme d’extrême droite » précisera-t-il (ce serait-il alors senti visé ? Vieux bobo Boltanski ?). Il en profitera pour classer Jean Claude Michéa aussi à l'extrême droite ; et là, force est de comprendre que c'est Boltanski, le Pape de la sociologie, qui se venge du fait que Michéa, le sociologue prof de lycée, n'ait pas voulu prêter allégeance (règlements de comptes... tout n'est que règlements de comptes dans ces cercles qui suintent la vanité, l'orgueil et l'arrivisme social des palmes académiques). Il est vrai que lorsqu'on n'a plus rien à dire à propos de « la gauche", le FN est tout choisi car on peut alors, et sans risque, discourir sans fin sur un parti qui a recueilli aux dernières élections 10% des voix de ceux qui sont allés voter.

    Au sujet du FN, on n'hésitera pas à corriger Boltanski qui a tout du faux-cul lorsqu'il prétend (mais pas seulement) que ce parti surfe sur un mouvement qui le dépasserait. Non, le FN surfe non pas sur de l’indicible mais sur l'abstention des classes populaires et de l'électorat issu du programme commun des années 70 (« Arrange-toi avec ça Boltanski ! Et bosse un peu pour changer ! »)


              Fassin, lui, petit blanc bec à la chemise mal repassée, tentera d'articuler une réflexion autour de la question du jour : la reprise en main de l’initiative politique à gauche. Au moins, Fassin aura-t-il tenté de se confronter à cette question. Mais pauvrement équipé, et parlant sous l'emprise de son gourou Boltanski, sous son contrôle... pour ainsi dire, sa tentative d’appréhender une réalité complexe échouera très vite et partira en fumée.

    A propos du "populisme" Fassin bottera lui aussi en touche car, comme chacun sait, même les universitaires ne savent décidément pas quoi faire de ce "populisme"... qui les effraie tant.


                 Avec ce débat organisé par la société Louise Michel, on a là un bel exemple de sociologie d'Etat, sociologie fonctionnarisée et puis aussi : sociologie de bourgeois de centre ville. Et dans l'art d'enc.....ler les mouches, cette sociologie-là est vraiment passée maîtresse car deux attributs la caractérisent : elle n'intéresse que les sociologues fonctionnarisés et ne dérange  personne, et sûrement pas "le système" ; pire encore : elle n'apporte aucune eau au moulin de ce qu'on pourrait appeler "la dissidence". Une sociologie qui ne dialogue qu'avec elle-même, ses semblables ; et puis, pas de débat contradictoire, jamais !

    Cette sociologie-là, sociologie de petits bras et de pisse petits, est à la démocratie ce que la censure est à la liberté d'expression ou bien, l'interdiction d'une manifestation pour prévenir le danger de "trouble à l'ordre public" au droit de manifester : du flan, encore du flan, toujours du flan : une sociologie de pâtissier donc.

    On notera au passage, l'absence chez les deux intervenants d'une mise en perspective à la fois européenne et mondiale  - ou bien plutôt "mondialiste". Nos deux compères cultiveront alors une sociologie non pas de comptoir mais de quartier : le quartier "France" ou bien plutôt le quartier UMPSFN, soit 60% d'abstention. C'est alors - enfants femmes hommes compris -, 40 millions de citoyens que l'on passe à la trappe.


    Force est maintenant de parler de sociologie-génocidaire.

     

    ***

              Qu'à cela ne tienne : quand le peuple éteint son téléviseur et évite comme la peste les réunions de la société Louise Michel, ça donne ça :


    Et là, on est sur le cul.


               En effet : en moins de 45mns (vidéo de 2.30 à 44.25) Alain Soral dresse  le portrait d'un monde cadenassé où religion, économie et géopolitique s’entremêlent pour le pire : la prédation, la spoliation et la domination sur le mode suivant : il n'y a pas d'alternative. On pourra toutefois faire l'économie d'une prédiction à propos d'une 3e guerre mondiale qui opposerait la Russie aux Etats-unis pour la simple raison que cette guerre mondiale est déjà là, avec nous, à travers d’innombrables théâtres de guerres locales et extra-locales qui, toutes concordent, convergent, formant, toutes rassemblées, bel et bien un « tout mondial » d’une violence guerrière qui n’a rien à envier aux deux guerres précédentes ; guerres, ratonnades, maintien de l'ordre, chaos et barbarie orchestrés et pilotés le plus souvent par les Etats-Unis, ses alliés et complices... car un fauve n'est jamais aussi dangereux que quand il se sent en danger : pour les USA, la menace d'un déclin irréversible ; ou plus précisément, le risque de devoir "partager le monde" avec la Russie, la Chine, l'Inde, l'Afrique et l'Amérique latine, l'Europe ayant déjà été absorbée et mise au pas par les USA : il est vrai que nos "élites" politiques y travaillent chaque jour.


    ___________________


    Pour prolonger, cliquez : Sociologie, vous avez dit sociologie ?


     

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu