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rap game

  • Rap et conscience : l'impossibilité du dépassement

     

    Kery James - Lettre à la République - 2012

     

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                          "... cet instinct de rechercher dans l’histoire les diverses expériences de dépassement possible, les moments où les masses en révolte prennent leur destinée en main." - Raoul Vaneigem

     

                          Quand viendra le "dépassement" dans le Rap dit de "conscience" ? Car, sans ce dépassement, c'est-à-dire sans la révolution de la vie quotidienne - sa propre révolution qui plus est -, on ne peut que ressasser encore et encore ; on ne convainc alors qu'un public déjà convaincu, et ce jusqu'à épuisement ; car toutes les énergies s'épuisent un jour ; plus de perspectives alors ! Excepté l’éternel et tragique retour d’un quotidien dépouillé, affaissé au pied d’un mur contre lequel notre colonne vertébrale s’est brisée faute de n’avoir pas su le contourner à temps car, de toutes les saisons, c’est bien l’automne qui annonce le crépuscule de toutes les révoltes, l’une après l’autre ; elles n’existent déjà plus. Elles n’intéressent déjà plus personne, toutes ces révoltes ! Voyez comme on les piétine allégrement, sans sourciller !

                     Comment, dans ces conditions, s’exorciser d’une fatalité qui n’a de fatalité que le refus d’y voir l'épuisement d'un ressassement jauni et rance ?

    De tout temps imperturbable, cette fatalité sûre de son Grand Oeuvre : la sape d’une existence soutenable dans l'auto-effacement seul. Et c'est alors qu'on se retire ; on disparaît ; on n'a plus qu'un souhait : se faire oublier.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Rap et rappeurs

     

     

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  • Quand Akhe­na­ton rappe pour les multinationales

     

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                Coca-Cola-France engage le rappeur Akhenaton pour sa nouvelle campagne publicitaire sur le thème de la quête du bonheur

     

    (Non ! on ne ricane pas, svp !)

     

                 Dans un clip d’une minute, le rappeur interprétera un morceau inédit, écrit par lui, intitulé Vivre maintenant.

     

     

    Il est dit que le cachet du rappeur pour cette colla­bo­ra­tion avec Coca-Cola sera inté­gra­le­ment reversé à 4 associations caritatives.

    Une belle idée, qui ne peut qu’être saluée ?

    Mais alors, pourquoi ce membre emblématique d’un groupe qui l’est tout autant, à savoir IAM (groupe originaire de Marseille créé en 1989), ne finance-t-il pas ces associations avec ses propres revenus, en tant que rappeur, plutôt qu'avec l'argent d’une multinationale tentaculaire et manipulatrice à souhait dans l’art de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ; et cette campagne sur «la quête du bonheur » illustre pleinement le cynisme de cette marque qui n’est qu’une boisson qui favorise l’obésité sur tous les continents, du nord au sud ?

     

                            Un article du Monde à ce sujet est disponible ICI

     

     

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                Agé de 46 ans, rappeur chez le label Def Jam, une multinationale de rap et de jeux vidéo créé en 1984 par Russell Simmons et Rick Rubin, label de rap-game (rap à fric !) avec Columbia comme distributeur...

     

     Un résumé de l'histoire de ce label est disponible ICI

     

    Depuis quelques années, force est de constater qu'il s'est trouvé des « salauds » assez cruels et cyniques pour donner à penser à ce rappeur qu'il était « intelligent », du moins... un peu plus que la moyenne (1) : Jack Lang, qui n'est jamais très loin du rap et de son instrumentalisation ; l'Institut du monde arabe privé de visiteurs et qui proposera à notre rappeur une expo sur l’histoire du hip-hop ; les médias dominants qui lui tendent un micro à chaque fois qu’il est question de faire diversion et de s’acheter une bonne conscience auprès des quartiers dits « défavorisés » ; en bref : tous ceux qui n'ont pas leurs pareils quand il s'agit de manipuler un pauvre bougre et de le persuader qu'il est aussi intelligent que ceux qui le sont tellement plus que lui ; Lilian Thuram fera l'objet de la même attention perverse ; Jamel Debouzze aussi ; en ce qui concerne ce dernier, il n’a pas fallu le pousser bien fort ! 2bouzze (3, pour les intimes) n’est-il pas toujours disponible quand il s’agit de servir d’alibi « au système » ?

     

                  Médias hilares ?

                  Vaste dîner de cons orchestré par une caste politico-médiatique et affairiste que toutes ces sollicitations aux arrières pensées à peine avouables à l'endroit de ces nouveaux ploucs d'une conscience politique et sociétale : sport et showbizz !

    Aussi, à quand un Akhenaton en commentateur de l'actualité - chroniqueur sur une radio nationale ? -  pour mieux nous donner à comprendre qu'il n'a rien compris hormis ce que tous les médias dominants s’évertuent à nous faire comprendre depuis des lustres... le tout entre deux pubs et un clip de rap d'animateur pour centre de loisirs, un rap œcuménique et moralisateur, dans le genre : "C'est pas bien de ne pas aimer son prochain" ; ou bien encore :"Aide-toi et le ciel t'aidera. En attendant, arrête de te plaindre et ferme ta gueule !"

    Et puis aussi, à quand un Akhenaton au Resto du cœur derrière un stand et chez les chanteurs des Enfoirés pour sermonner les jeunes et réfuter leurs récriminations : chômage record, salaires de la honte, impossibilité de se loger…

    Oui ? Non ?

     

    Quand le Figaro aime Akhenaton

     

                Mais alors... qu’en est-il du rap, cette grande gifle des années 90, avec un Joey Starr qui enchaîne film sur film – films médiocres et convenus -, et un Akhenaton nouvelle égérie de Coca Cola en pharaon d'un rap qui accouche d'un talus là où une pyramide était attendue ? Qu’est-ce à dire ? Que le rap a trouvé sa place entre une industrie d'un cinéma sans ambition, une industrie de l'abêtissement général, et la multinationale d’une boisson que l’on consomme comme on prend un café au comptoir ?

     

                  Certes ! On nous répliquera : "Rien ne devrait nous surprendre car le ver était dans le fruit : après tout, Akhenaton ne rime-t-il pas avec…

                                                     devinez !

     

     

    1 - En effet, n'y a-t-il rien de plus cruel que d'exposer cyniquement un "imbécile" à plus bêtes que lui, dans le seul but de flatter et de tromper une audience que l'on méprise foncièrement ?

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    Pour prolonger, cliquez : Mathias Cardet : une contre-histoire du rap

     

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