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ségrégation

  • Said Bouamama à propos de "l'offre Soral"

     

                 La "Réconciliation nationale" proposée par Alain Soral : un discours d’intégration et de domination envers les classes populaires ?

    La question est posée dans le cadre de la journée "Reprenons l'initiative dans les quartiers" : combattre le racisme et les idées d'extrême droite.

     


                    Une réponse d'E&R (association d'Alain Soral)

     

     

     

    Said Bouamama : sociologue, auteur notamment de nombreux ouvrages dont "Figures de la libération africaine. De Kenyatta à Sankara", 2014 ; Femmes des quartiers populaires, en résistance contre les discriminations, des femmes de Blanc-Mesnil, Le Temps des Cerises, 2013 ; Dictionnaire des dominations de sexe, de race, de classe, Édition Syllepse, 2012.

     

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  • "Petits blancs" - "Racaille": Différentes approches, même combat.

     

                    Le Club de la presse du Nord Pas de Calais a consacré "Les mardis de l'info" du mois de mai 2014 à un débat sur les petits blancs avec deux auteurs, Aymeric Patricot professeur en ZEP en région parisienne et Said Bouamama, sociologue.

     


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                    Saïd Bouamama à propos d'un système qui génère guerre et racisme avec Que faire la revue militante du NPA - c'était en 2010 :

     

    Que Faire : Peux-tu rapidement retracer ton parcours militant ?

     

    Saïd Bouamama : On peut le dater dès mes 14 ans, dans un quartier populaire de Roubaix. La crise n’est pas encore forte donc ça reste une ville ouvrière avec beaucoup de liens sociaux, avec une dynamique évidente. On est dans l’après 68 et les maoïstes arrivent donc dans les quartiers populaires de manière très offensive. Ils apportent quelque chose de particulier qui est d’autoriser à la révolte : une des premières phrases que je me rappelle c’est « on a raison de se révolter », ce qui correspondait exactement à ce qu’on se disait. Sur Roubaix cent jeunes issus de l’immigration avaient fini par adhérer soit à une structure proche des maoïstes, soit directement chez les maoïstes – le PC-MLF à l’époque, puis le PC-RML. En réalité ce qui nous intéressait le plus ce n’était pas le maoïsme, mais leur discours sur les milieux populaires : « arrêtez de nous considérer comme ne valant rien ». Il y avait une dimension de valorisation extrêmement forte qui nous a beaucoup plu. Deuxièmement, il y avait la question palestinienne qui a été très vite une question centrale pour nous. Et troisièmement ils nous incitaient à lire, et plusieurs trajectoires en ont été transformées : j’aurais été en échec scolaire comme la plupart de mes camarades si je n’avais pas croisé le chemin des maoïstes.

    Et puis très vite ça a clashé sur une question de classe : nous n’avions pas leurs réflexes culturels, leurs goûts etc., Voilà le point de rupture avec les maoïstes : la rupture est née de ce décalage entre ce qu’on vivait, nous enfants d’ouvriers immigrés, et ceux qui prétendaient changer la société. Cela va rester pour moi un des points de vigilance permanents et donc d’engueulade y compris avec des camarades proches : dans le nord je travaille beaucoup avec des gens sortis du PC qui essaient de reconstruire quelque chose, mais en même temps je suis infernal avec eux sur cette question de base sociale : « qui va changer la société ? ».

    Par la suite je m’investis dans la Marche pour l’égalité que je coordonne pour la région du nord, et très vite je suis confronté à l’état de la classe politique de gauche et d’extrême gauche telle qu’elle était à l’époque. Au sein de la même marche, il y avait deux marches : la marche des gens comme nous, de quartiers populaires, voulant dire basta aux crimes racistes, et la seconde marche, celle de tous les soutiens. C’est-à-dire qu’en gros il y avait d’un côté les Arabes et de l’autre, il y avait les blancs, de l’extrême gauche au PS, qui soutenaient l’idée que les jeunes issus de l’immigration que nous faisions uniquement une marche anti-FN. Ca a été la seconde leçon politique sur la trajectoire de mon parcours militant : la prise de conscience qu’il y a une distance d’analyse entre l’essentiel de la classe politique blanche et les autres autour de cette idée de nous mettre comme paravent au FN. Ca va déboucher sur le consensus autour de SOS racisme, de la LCR au PS en passant par le PC, par tout le monde. Entre temps, tout ça m’a donné envie de faire des études. Au fur et à mesure que j’avance dans mes études, je commence à m’intéresser à d’autres questions sociales et à ceux qui prétendent changer la société et je deviens marxiste, mais sans jamais pouvoir me retrouver dans les organisations existantes. J’avais cette espèce de schizophrénie entre d’une part le fait que j’étais persuadé que c’était le système capitaliste qui produisait l’ensemble des dégâts sociaux, et d’autre part le fait que ceux qui se revendiquaient du marxisme étaient incapables de prendre en compte la question des quartiers populaires, de l’immigration, et plus tard de l’islam.

     

                     La suite ICI

     

     

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  • L'état de la France : réalité et vérité toutes nues !

     

     

     


                       La colère des mères de familles originaires du Maghreb qui réclament la fin de la ségrégation, la fin des ghettos (savamment planifiés) qui condamnent à terme leurs enfants à l'échec scolaire et citoyen au sens le plus large - instruction, emploi, logement et sociabilité -, s'exprime là sans ambiguïté ; un cri de désespoir qui ne sera pas entendu ; indifférence qui condamne une nouvelle génération, une de plus, au rejet avec toutes les conséquences que l'on sait.

                       Dans le contexte d'une telle ségrégation, jamais une telle réalité de terrain, aussi concrète parce que factuelle n'a autant servi une vérité criante :

                      - Oui ! les populations dites " issues de l'immigration" veulent rejoindre la communauté nationale !

                      - Non ! les politiques d'intégration des populations d'Afrique noire et du Maghreb par le biais d'une planification d'une mixité culturelle et sociale n'intéressent personne ; ces politiques sont le cadet des soucis des élus, plus particulièrement locaux et de leur électorat dans une grande majorité... de celle qui vous permet d'être ré-élu, par exemple. 

                       Toute autre considération n'est qu'un procès d'intention aux relents xénophobes et racistes, adressé à des populations dont on se refuse, a priori, à reconnaître le droit à la pleine jouissance des conditions requises au développement de tout son potentiel en tant qu'êtres humains membres d'une communauté indivisible et universelle qui ne doit souffrir aucune discrimination.

     

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                     Une conclusion s'impose : l'Etat français et les médias n'ont que faire d'un Musulman (au centre de l'attention politique et médiatique depuis des années) citoyen, lettré, éduqué, entreprenant et sans complexe car il ne fait pas recette médiatiquement et électoralement ; de plus, ce Musulman-là est difficilement manipulable et ne permet pas l'instrumentalisation de sa religion et des religions ainsi que des extrêmes à des fins politiciennes : diviser la communauté nationale autour de l'épouvantail omniprésent qu'est le FN, repoussoir politique idéal, et ainsi obtenir l'assurance d'être réélu au deuxième tour d'une élection quelle qu'elle soit, locale ou nationale, avec le soutien d'une majorité de l'électorat PS et de la droite dite républicaine.

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  • "I have a dream" : il y a 50 ans Martin Luther King prononçait ces mots

    Martin Luther King.jpg

    "I have a dream" fête ses 50 ans


    Des dizaines de milliers de personnes sont venues commémorer le discours de Martin Luther King sur les droits civiques et rappeler que le combat continue.


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    Le "I have a dream" de MLK, cet hymne à l'amour universel, fut traduit pour les Blancs - Kennedy en tête -, par " Rêve toujours, tu nous intéresses !" (1) car, eneffet, contrairement à ce qui est affirmé ici et là, un an plus tard, en 1964, la ségrégation ne fut pas abolie sinon dans la marge ; elle demeurera intacte pour des millions de Noirs au quotidien une bonne dizaine d’années durant, et pas seulement dans le Sud des Etats-Unis.

    A la même époque, un autre leader noir, Malcolm X, lui, en revanche, souhaitait se donner les moyens d'un projet politique qui n'attendait rien de personne et en dernier lieu, de l'amour des Blancs... une citoyenneté entière arrachée à un système par essence raciste et discriminatoire.

    D'où cet attachement des classes moyenne et supérieure blanches bon chic bon genre (ICI) pour un MLK prêcheur dans le désert, inoffensif donc (2) et dont le discours aujourd'hui encore fait ricaner plus d'un sous le manteau, contre un Malcolm X… superbement ignoré… tout comme ici en France l'ostracisme dont est victime un Kémi Seba, et ce pour les mêmes raisons.

    Le Noir de l'Oncle Tom, esclave patient et tolérant, aura toujours les faveurs de ceux qui se penchent de temps à autre sur sa condition, d'autant plus facilement et généreusement... que, socialement, ils le dominent haut la main, toujours et encore, et qu'ici en France, jamais on ne les trouve aux côtés des minorités à soutenir publiquement leurs revendications !

    Manifestement, l'Amérique lointaine et ses sommités, aujourd'hui cadavres illustres, en rassurent plus d'une et plus d'un.


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    1- A ce sujet, se reporter à l’ouvrage « Une histoire populaire des Etats-Unis » de Howard Zinn : le Civil Rights Act du 2 juillet 1964 signé par le Président Lyndon Baines Johnson était déjà prêt bien avant le discours de MLK.


    2 - Même engouement de ces classes pour un Obama et un Nelson Mandela fort de ses 27 années de prison comme autant d'années durant lesquelles nombreux sont ceux qui ont pu dormir tranquilles.

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