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  • Haro sur un Africain, une Arabe musulmane et un Français de souche

     

                       La colère est nécessaire dit Aristote. Quelle victoire obtient-on sans elle, si elle ne remplit notre âme, si elle n'échauffe notre coeur ? Seulement, il faut s'en servir non comme d'un capitaine mais comme d'un soldat : ne pas lui obéir mais lui commander. Car tôt ou tard, à notre heure, le soldat devra obéir au signal de la retraite.

     

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    dieudonné.jpg

     

     

     

    Dieudonné le métis camerounais, clown au nez noir, humoriste satiriste sans rival au service d’un rire qui a pris toute la dimension de l’ampleur de l’arnaque incommensurable d’une représentation du réel qui n’a qu’un seul but : tabasser à coups de représentations toutes plus mensongères les unes que les autres, à coups de pied et de coups de poing, la réalité qui nous est donnée à vivre et dont Guy Debord nous exposera tous les tenants et les aboutissants.

    Dieudonné n’est-il pas alors le plus grand anti-tartuffe depuis Molière, de cette société-là ?


    Farida Belghoul serge uleski.png

     

     

     

    Avec l’abandon en 1983 d'un projet destiné à contrer l'offensive néo-libérale s’ensuit un deuxième abandon : celui des classes populaires livrées au chômage et à la violence d’un libéralisme économique  sans précédent ; arrive alors SOS racisme et le détournement d’un élan qui se voulait fraternel et rassembleur porté par des français issus de l’immigration, appelé « Marche pour l’égalité » ; récupération dans le but de reléguer les classes populaires blanches et européennes maintenant stigmatisées, accusées de tous les maux – racisme, antisémitisme, xénophobie, islamophobie -, et à propos desquelles le PS ne fondait plus aucun espoir électoral, à la désertion des urnes ou au vote FN, vote stérile,  avec l’appui de tous les médias qui tiennent depuis trente ans un rôle stratégique dans la production et la diffusion d’une doxa qui recouvre tout : à la fois la finance, l’économie, le politique et la culture.

    Il reviendra à Farida Belghoul  de dévoiler au grand jour toute la supercherie de ce système de domination par la division et la diversion ; elle refusera la récupération de cet élan par le PS et SOS racisme.

    soral.jpgSavoyard autodidacte, Alain Soral est celui qui, aujourd'hui en France, avec l’aide de Rousseau, de Marx, de György Lukács, de Lucien Golmann, de Philippe Muray, de Michel Clouscard et de Jean-Claude Michéa , développe les analyses les plus courageuses, les plus pertinentes, les plus intelligentes et les plus talentueuses sur la société française (d’aucuns écriront : "... sur ce qui est arrivé à la France...") de la fin de la seconde guerre mondiale à nos jours.

                       Dieudonné, Farida Belghoul et Soral... trois figures bannies des médias et contre lesquelles une guerre dissymétrique sans pitié est menée (une de plus… après le Moyen-Orient, le Maghreb et l'Afrique subsaharienne) et un verdict sans appel quotidiennement rendu de "fasciste, antisémite, raciste et complotiste".

    Il est dit que ni SOS racisme (on ne sourit pas !) ni la Licra (non ! on ne se moque pas !) ni le MRAP (on ne pouffe pas !)  et ni la Ligue des droits de l'homme (on ne s'étouffe pas !) ne voleront à leur secours.

    On notera au passage que ces trois figures, l’Africain, l’Arabe musulman et le Français de souche auraient dû symboliser un modèle  multiculturel dont le PS et les Verts souhaitait assurer la promotion.  Et c’est sans doute là toute l’ironie de la situation : que ce soit précisément cette France Black, Blanc, Beur qui mette à mal une idéologie de domination dont la loi d'airain a pour seul modèle : la connivence, la collusion, la cooptation, le trafic d'influence, la concussion, l'abus de confiance et les bombes.

    Car dans les faits, il n’a jamais été question de rassembler ce pays autour d’une idée forte qui aurait le souci de la justice pour tous mais bien de le diviser, de le dépecer pour mieux le livrer à une oligarchie mondiale seule capable de garantir à une classe politique sans courage et sans projet digne de ce nom, secondée par une classe économique et médiatique vorace, des carrières nationales, européennes et mondiales mirobolantes, sur le dos de la démocratie, du monde du travail et de l’histoire sociale et culturelle de tout un pays, voire d’un continent : la France et l’Europe.

     

    ***

     

                    Dieudonné, Farida Belghoul et Soral...combinaison explosive !

                    Pour leur faire face et pour leur faire la guerre... , cet autre trio : les Médias dominants (qui appartiennent à l’hyper classe économique : banque, armement et industrie du luxe), une classe politique UMP – PS et une bourgeoisie à la tête d’une presse dite « indépendante » et « alternative » : Marianne, le Monde Diplomatique, Médiapart, Charlie Hebdo… ainsi qu’un vieux modèle de presse et d’expression : le Canard enchaîné.

    On n’oubliera pas non plus des universitaires au sujet desquels, encore une fois, Marx avait vu juste lorsqu’il affirmait en 1844 que les fonctionnaires  - ici, on ciblera en priorité les universitaires et autres enseignants des Grandes Ecoles -, sont les gardes chiourmes (sorte de garde prétorienne) d’une domination exercée par l’Etat dans une alliance de gouvernement avec le grand Capital (aujourd’hui… oligarchie mondiale ou mondialiste)  par le biais des multinationales et de la Banque.

    Bien évidemment, on pensera aussi  à La Trahison des clercs de Julien Benda

     

                    Mais... revenons à cette presse dite "indépendante" et à ses supplétifs... une presse qui se croit et se veut « alternative » entre les mains d’une bourgeoisie de la bien-pensance et du politiquement correct, actrice d’une fausse rébellion contre un ordre établi qui les subventionne (aide de l'Etat en dizaines de millions d’euros ; universitaires fonctionnaires à l’abri du besoin) et qu’ils ont  parfaitement adopté.

    Pensez seulement à Médiapart (son patron est le fils d’un Vice-recteur de la Martinique) qui s’est fait une spécialité de s’appuyer sur des poètes et des auteurs issus du colonialisme et de la traite négrière qui n’ont fait finalement que célébrer la langue de leurs maîtres  - Césaire et Senghor : l’un finira maire de Fort-de-France en Martinique, l’autre Président du Sénégal ; et plus près de nous dans le temps, un Edouard Glissant et un Chamoiseau : ce dernier  a fini au café de Flore et à la Closerie des Lilas-, tous inopérants sur un plan politique et sur leur capacité à établir un rapport de face avec qui que ce soit, et par conséquent, inoffensifs.

    Jugez plutôt : à propos de l’élection d’Obama, Glissant et Chamoiseau parleront de « véritable miracle » - de quoi faire hurler de rire ou de rage n’importe quel activiste.

    L’hebdomadaire Marianne (en difficulté faute de lecteurs payants) soutient un Front de gauche sans troupes ni assise populaire, composé en grande partie de fonctionnaires de l’enseignement et de syndicalistes - cherchez l’erreur !

    Le Monde diplomatique, quant à lui… et à l’heure où sur Internet la dissidence fait rage… et gratuitement qui plus est, ce mensuel privé de lecteurs, est à la recherche de mécènes pour assurer les fins de mois, payer les imprimeurs et les salaires (sûrement confortables) de ses permanents.  D’où son repositionnement et son ralliement au lynchage médiatique de notre trio.

    Charlie Hebdo a fait de l’insulte d’une population la plus fragilisée et la plus exploitée de notre société - les Musulmans -,  son fonds de commerce… 

    Et pour finir : le Canard enchaîné dont l’humour passé et repassé, mille fois ressassé, et l’ironie… sentent un peu, il faut bien le dire…l’urine et les couches culottes de l’incontinence à la fois analytique et stylistique.

    Tous ligués donc... contre un métis camerounais, une algérienne musulmane et un français de souche autodidacte ; tous à leur faire la guerre... guerre à trois symboles non pas de la domination de classe mais de l’humiliation : Africain noire, populations arabo-musulmanes et Français de souche déclassés et autodidactes  - y compris ceux des classes populaires auxquelles tous les procès sont faits : inadaptation au monde, xénophobie, homophobie, islamophobie, racisme, antisémitisme... depuis que le PS, comme un fait exprès, a abandonné l’ambition non pas tant de changer le monde que de protéger les plus faibles d’entre nous tout en les élevant à l’infinité de tous les possibles d’êtres humains en devenir, et ce quelle que soit leur condition d’origine ; coïncidence qui vaudra à quiconque se met en tête d’insister sur sa concomitance d’être qualifié de complotiste paranoïaque. 

     

                      Cette bourgeoisie dite progressiste et tolérante - bourgeoisie de « gauche » de la fausse rupture -, se définit évidemment selon le critère de la production d’un discours autour de ce qu’elle croit incarner : un contre modèle aux médias dominants.

    Pour cette bourgeoisie-là, l’obligeance est inconcevable. Offensive d’un côté, forteresse de l’autre, la mentalité de cette classe prône avant tout les liens, pas seulement du sang, mais de la convergence de vue et de comportement. Dans ce qu’elle croit être leur dissidence, tous ont les mêmes réflexes et la même prudence : savoir jusqu’où  ne pas aller trop loin et contre qui ; et plus important encore : ne jamais nommer ni les choses ni les gens, cultiver le flou d’une rhétorique de la bien-pensance et d’un politiquement correct qui épargne bien du souci à ceux qui pourraient en retour, le leur en causer quelques uns.

    De plus, cette bourgeoisie de l’opposition au système, est bien trop sûre de ses catégories de pensée  pour accepter la moindre remise en cause : «Nous remettre en cause ? Mais pourquoi faire ? Nous l’avons déjà fait en proposant une autre information indépendante ! »


    Aussi, ne la mettez jamais face à ses contradictions ! Ne la prenez jamais par surprise !  Ne lui échappez pas ! Ne lui résistez pas ! Car elle doit pouvoir tout anticiper de ceux au nom desquels elle prétend œuvrer.
    Et enfin : ne forcez jamais cette bourgeoisie à se décevoir ! Sa férocité sera à la hauteur de tout ce qu’elle soupçonnait en elle et que des « gueux » viennent  maintenant révéler au grand jour, à son grand embarras et bientôt, à son grand désespoir : « Comment ça ? On ne vaut donc pas mieux que les autres ? »

     Confrontée à sa propre duplicité, c’est alors qu’arrivent la colère et une volte-face pas tant au nom d’intérêts de classe (et/ou d’une solidarité d’appartenance ethnique), que des grands principes avec lesquels elle ne saurait transiger, et alors que ces grands principes ne sont aucunement au cœur de la problématique en question.

     

                     Tel un rituel macabre, véritable jeu de massacre dans une action soutenue que rien ne peut empêcher et qui prend la forme d’une imparable montée du désir de vengeance…  cette folie, non pas à deux, mais à trois (rappelons les protagonistes : les médias dominants, la classe politique et une bourgeoisie à la tête de médias dits « alternatifs »  ou « irrévérencieux ») sous-tend un puissant désir de retour à la normale, à l’harmonie d’un ordre, au statuquo, dans l’univers clos et sécurisant d’une dissidence qui ne se donne les moyens de rien car, cette bourgeoisie-là, pas plus que l’autre, n’est disposée à en payer le prix : il y a les autres ; ils n’existent que pour ça d’ailleurs : payer l’addition à sa place !

    Cette restauration de l’harmonie, de l’équilibre passe toujours par le meurtre du trublion provocateur, incontrôlable, libre comme cette liberté qu’aucun bourgeois quel qu’il soit n’accordera à un métis, à un Arabe, à un Musulman ou un Français de souche déclassé car tous demeurent à jamais la mauvaise conscience d’une bourgeoisie qui appartient à une gauche dite « sociétale » (Clouscard, Michéa, Muray et Soral ont tout dit à son sujet), dont le profond mépris pour celle ou celui qui ne peut rien pour lui-même, engendre une culpabilité qu’un politiquement correct  vient apaiser  mais pour un temps seulement.  

    Car… chassez le naturel… il revient au galop.

    Médias dits « alternatifs » contre « médias dominants », les humoristes à leurs places, là où fleurissent les blagues de potaches sans suite dans les idées ... et la démocratie sera bien gardée !

     

                    Toujours prompte à se montrer compatissante, avec cette bourgeoisie, le moment où tout bascule est le moment où ses intérêts économiques sont menacés : subventions d’Etat, carrières universitaires, manque à gagner dû à la perte de lecteurs.

    Classe insidieuse dans laquelle des psychologies opaques prospèrent comme autant de points aveugles de la psyché humaine, si les coupables peuvent être aussi des victimes, avec cette bourgeoisie-là, aucun risque : elle est seule coupable puisque son pouvoir reposera toujours sur la dépossession de plus grand nombre.

    Chacun de ses sourires adressés aux humbles, aux sans-grades, cache l’auto-satisfaction de ceux qui sont aux commandes et qui contrôlent toutes les situations ; chacune de ses joies est volée à la mélancolie du déclassé ou au désespoir de la bête de somme abruti par un travail dégradant.

    Une bourgeoisie en apparence moderne, esprit libre-penseur et républicain d’une complaisance inouïe avec ses propres contradictions  – c’est la paille dans l’œil du voisin et la poutre dans le sien -, dont l’avantage comparatif et son ascendant rhétorique ont pour sécurité la possibilité d’en jouir pleinement chez les confrères des médias dominants et concurrents, passant de l’un à l’autre en toute fluidité : dominant/alternatif – alternatif/dominant - le Monde diplo/France Inter, France Inter/le Monde diplo ; ou bien encore : Médiapart/France2, France2/Médiapart…

    L’affirmation de cette classe passe toujours par l’exécution des trouble-fête qui outre-passent leur fonction de clowns et de fous du roi ; tout comme  la bourgeoisie d’une droite sans complexe n’existe que parce qu’elle est capable de bannir et de calomnier,  c’est dans l’élimination sociale que cette autre bourgeoisie résout ses propres conflits de conscience : « Chassez loin de moi cette vérité à mon sujet que je ne saurais voir et accepter !»

    Si la conscience de classe est là de part et d’autres, le regard-faisceau d'un métis, d'une Algérienne musulmane et d'un Français en disgrâce,  transperce les certitudes de cette bourgeoisie, blesse mortellement son orgueil et la brûle de l’intérieur car à ses yeux, cette combinaison africaine, maghrébine et française n’a qu’un seul tort : remettre en cause sa prétendue supériorité morale et intellectuelle tout en lui rappelant (preuve à l’appui – celle de son ralliement à la campagne de diabolisation de nos trois comparses) qu’elle est finalement, elle aussi, du côté de la domination.

    Et c’est bien cette brûlure qu’elle ne leur pardonne pas.

    Les paroles disent une chose et les faits… une autre. Or, notre trio infernal du tiers et du quart mondes refuse ce jeu de dupes : « Vous n’êtes pas ce que vous dites ! En revanche, nous…  nous le sommes ! ».

     

                      Chez cette bourgeoisie qui se plaît à se penser rebelle, compassionnelle, généreuse et honnête, on trouvera le désir d’être reconnue en tant que gardienne d’une moralité qui, dans les faits, n’a qu’un seul souci : balayer au plus vite de sa conscience l’absence d’un véritable engagement au prix de tous les risques (physique et matériel) en faveur de la justice et de la liberté, oublieuse du fait suivant  : qui ne risque rien n’a aucune leçon à donner à qui que ce soit !

    Et jamais cette bourgeoisie-là n’acceptera qu’on la mette en danger ;  et un seul danger la guette : qu'on expose au grand jour la duplicité de son existence privée comme publique  … ou pour le dire autrement : son caractère hypocrite, égoïste, lâche face aux puissants et intransigeant face aux dominés, et ce à chaque fois qu’elle est prise en défaut... et en faute.

     

                      Après Renoir et « La règle du jeu » en 1939, c’est Claude Chabrol qui nous le rappellera dans «  La cérémonie » en 1995.

     

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    Pour protéger sa fille, sa moralité et l’unité de la famille Lelièvre - famille recomposée archétypale d’une bourgeoisie entrepreneuriale -, et châtier au passage celle qui osera s’attaquer à sa respectabilité, Lelièvre père à qui on aurait volontiers donné tout de même le bénéfice du doute quant à la perversité des travers propres à la classe auquelle il appartient (1), sera sans pitié face à quiconque menace, non pas le confort matériel maintenant acquis et sécurisé d’une classe qui n’a plus à s’expliquer depuis des générations, mais bien plutôt son confort moral  : « On est des gens bien ! On ne laissera personne nous salir !» ; Lelièvre père sacrifiera « la bonne » en la congédiant ; décision prise en cinq minutes montre en main ; et le destin de cette "femme de maison" analphabète de basculer pour toujours avec ce licenciement sans préavis : « Si vous êtes analphabète ce n’est sans doute pas entièrement de votre faute… mais  il faut que vous soyez disparue dans une semaine. »

     

                Aussi, qu’il soit permis ici de proposer à la réflexion des uns et des autres dans les années à venir, ce qui suit : si cette bourgeoisie des médias dits «alternatifs et indépendants» devra un jour rendre des comptes … cette bourgeoisie de la fausse dissidence qui se précipite dans les abris dès la moindre alerte, ce sera de nous expliquer comment elle a pu , aux côtés d’une hyperclasse et de ses supplétifs, ne pas trouver quoi que ce soit à sauver chez ces trois damnés de la terre : l’Africain, l’Arabe musulman et le Français de souche autodidacte.

     

     

     

    1 - Chabrol choisira délibérément de tout faire pour que l’on trouve cette famille Lelièvre décidément sympathique, généreuse, humaine et compréhensive ; et si cette famille se révèlera bientôt impitoyable, Chabrol ne prend pas grand risque et "se couvre" en lui opposant une «  femme de maison » et une postière à la limite de la psychiatrie... jadis soupçonnées de parricide et d'infanticide… sans doute pour soulager la conscience des critiques de cinéma qui appartiennent eux aussi à la bourgeoisie, celle du commentaire médiatique, du fardeau de devoir condamner sans réserve les Lelièvre, leur propre classe donc. Courageux Chabrol mais pas téméraire ni fou : les affaires sont les affaires !

    Avec cette postière et cette « employée de maison », la critique et le public bourgeois pourront donc à loisir évoquer « deux monstres » (comme ce fut le cas lors de l'émission « Le masque et la plume » à la sortie du film en 1995), s’exonérant ainsi de l’obligation de devoir interroger son propre mode de fonctionnement en tant que classe, et c’est sans doute là que Chabrol rejoint ce milieu bourgeois qu’il n’a jamais quitté et dans lequel son cinéma n’a pas cessé de l’enfermer et une partie de son public non critique avec lui… car avec « La cérémonie », élitiste, il offrira aux esprits avisés seuls la possibilité de situer la monstruosité chez les Lelièvre (et non chez les deux meurtrières) en tant que classe symbole d’une domination qui a pour socle : l’humiliation et la dépossession du plus grand nombre.

    Sans doute Chabrol n’a-t-il fait que se regarder à travers son cinéma, de film en film… un peu lourdingue et complaisant Chabrol ! comportement typique d’un bourgeois sorti du rang : il ne saura jamais vraiment ce que sont la liberté, la dissidence, la rupture, la grossièreté et la vulgarité, et moins encore une aspiration libertaire qui ne prenne pas appui sur un ordre bourgeois : sécurité oblige !

    Et puis, n'est pas Pasolini qui veut !

     

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    Pour prolonger, cliquez : Le phénomène Dieudonné

     

     

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  • « Négritude et Négrologues » de Stanislas Spero Adotevi


             « Aucune race n’a été témoin de l’injure comme la race nègre »

    A. Césaire.


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                  Né en 1969 à Alger à l’occasion du premier festival culturel africain, finalisé en 1972, l’ouvrage de Stanislas Spero Adotevi « Négritude et Négrologues » sera la première tentative sérieuse d’analyse critique de la « négritude », ce concept élaboré dans les années 30, place de la Sorbonne, et c’est à noter, à mille lieux des crimes  de l’administration coloniales d'une Afrique « pouilleuse, ravalée et broyée » par deux forts en thème : Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire.

    Analyse critique car, pour l’auteur, il ne fallait plus penser le monde en général et l'Afrique en particulier en termes de races mais d’individus, de droits et de valeurs ; il est vrai que dans les années 70, la pomme de la discorde était entre les Africains et non plus entre des colons racistes et voleurs et les Noirs, race opprimée.

    A la fois onirique, symbolique et poétique, "la négritude » se voulait un concept capable de transformer une insulte courante (sale nègre !) en titre de gloire et d’orgueil. Né du déracinement (Senghor et Césaire étaient alors étudiants à Paris), élaboré hors-sol pour ainsi dire, en bord de la Seine - qu’il se soit agit de la rive gauche ne change rien à l’affaire -, loin de toute promiscuité avec les causes, ce concept avait comme faiblesse de faire l’impasse sur Hegel, Marx et Lénine : l’Histoire, la lutte des classes et l’action révolutionnaire.

    Si l'auteur qualifie " la négritude" de concept abstrait, il reconnaît et paie néanmoins sa dette lorsqu'il écrit : « La négritude n’en demeure pas moins le temps primitif de la renaissance africaine, une prise de conscience et une nouvelle littérature » avant de puiser à pleines mains dans l’immense bêtisier de Césaire, de Senghor et dans une moindre mesure (il arrivera plus tard) de Frantz Fanon accoucheurs de formules telles que « l’homme total africain » ou bien encore « l’intuition mystique propre à l’homme africain ». Sartre en compagnon de route de cette négritude, ne sera pas en reste... mais c’est moins grave car il s’agit d’un Blanc ; et puis, on ne se refait pas !

     

                  Pour tous ces poètes pris en flagrant délit de fureur narcissique, le Nègre est amour, innocent et heureux. Son royaume est celui de l’enfance. Il n’a donc pas changé depuis la création. Sous leurs plumes à tous, l'auteur réalise très vite que la négritude court le risque de devenir une mascarade, une avalanche de clichés grotesques, quand ils ne sont pas des lieux communs éculés et des théories les plus réactionnaires. Le danger est imminent : avec la négritude, le Nègre - senghorien en particulier - n’aurait donc pas sa place auprès du Blanc sur le terrain de la science et de la raison.


    Et l’auteur de lancer à la cantonade : « La réalité, celle qui appelle la restructuration du monde, est en effet affaire de révolution et non de bouillonnement poético-cosmique. La négritude c’est le dernier-né d’une idéologie de domination (1). C’est l’aboutissement de plusieurs décennies d’ethnologie européenne. »

    Ces poètes normaliens avaient tout simplement oublié que « les colonisateurs n’étaient pas des poètes mais des manieurs de sabres ». Et puis, n'avaient-ils tous fait que célébrer la langue de leurs m(M)aîtres, de la maternelle jusqu'aux palmes académiques ?

     

                Humour grinçant, ironique, une écriture loin de la Sorbonne et de ses incantations les plus fumeuses, l’auteur se moque et dénonce le Noir quand il cesse d’être pour mieux rêver ce qu’il n’est pas et qu’il n’a vraiment pas besoin d’être et de regretter non plus. Et l’auteur de s’exprimer en ces termes : « La négritude retrouvée du salut personnel d’un Césaire ou d’un Senghor, c’est de la névrose. »

    De ce fait, la course pour la reconnaissance de la dignité de l’Homme Noir s’avère sans objet.

    Il se moquera aussi de cette bourgeoisie blanche qui « après avoir bousillé l’homme » sur sa machine, ici en Occident, en appelle à « l’idylle de l’humanité et de la nature », là où, comme par magie...  l’Afrique et le Nègre apparaissent  inévitablement : on pensera aux Duhamel (Georges), aux surréalistes (ce qui n’enlève rien à l’apport colossal de ce mouvement), Picasso, Apollinaire, Sartre encore…

    A propos de l’esclave et du racisme anti-Noir, en relation directe avec "la négritude »  - insulte transformée en titre de gloire -, doit-on néanmoins affirmer avec l’auteur que l’esclavage n’est pas né du racisme mais bien plutôt le racisme de l’esclavage ? Les deux ne se sont-ils pas nourris l’un l’autre ? Après tout, les négriers se faisaient-ils une si haute idée de la personne humaine qui pouvait ou pas, à leurs yeux, habiter le Nègre ? Leur mépris racial ne devait-il pas se porter plutôt bien (tous n’avaient sans doute pas encore rencontré le Persan de Montesquieu) lorsqu’ils chargeaient  sur leurs bateaux des hommes et des femmes à fond de cales pour un voyage dont un sur trois ne connaîtra jamais la destination ?

    Ou bien, s’est-il agit d’un esclavage dans l’esprit d’un : « Rien de personnel là-dedans mec ! C’est juste que j’ai envie de me faire un paquet de blé sur ton dos ! »

    Car dans cette lutte pour la liberté, comme l'auteur nous le fait remarquer, il y avait  - et il y a encore aujourd’hui -, du Blanc dans le Noir et du Noir dans le Blanc ; une lutte pour soi avec l’autre en soi jusqu’à ce constat d’une lucidité qui frôle des sommets : «Va saisir chez le Blanc comment on peut vaincre sans avoir raison ».

     

     

              Avec Senghor, normalien académicien Président du Sénégal  - cet orgueil-là annonce toutes les trahisons -, Adotevi sera cinglant et plus encore, avec l’utilisation politique de cette négritude restée inachevée dans sa théorie, jusqu’à reprocher à ce mal-Président de ne s’être jamais arraché à l’esclavage : « La négritude de Senghor et de ses discours n’étaient rien moins que de la propagande gouvernementale à grand renfort de théories les plus usées sur les traditions africaines et l’âme noire ; propagande qui laisse devant sa faim un peuple expulsé de l’Histoire et qui aboutit  à le faire piétiner quand elle ne le paralyse pas dans sa marche. »

     

    La négritude sous Senghor devient alors une néo-cléricature opium du peuple : « C’est dans l’inadéquation aux problèmes africains que se trouve la clé des difficultés que soulève la négritude » (verdict sans appel), et son « socialisme à la sauce africaine » naîtra le plus sérieusement du monde de « la copulation entre des rythmes primordiaux de l’Afrique et des accords commerciaux fécondants de l’Europe ». Il s’agira d’un socialisme qui en rassurera plus d'un ; un socialisme de cœur et d’esprit mais... pas touche aux intérêts du continent européen !

    Ce qui n’arrange rien, car la négritude revêt alors les habits d’un en soi indépassable.

     

    ***

     

                En 1972, Stanislas Spero Adotevi proposera aux Afrcains le projet suivant : «A nous de régler intelligemment et sans les ethnologues européens dans un développement endogène, la question de la famille  africaine, la question des ethnies, celle des traditions, et enfin le problème des classes sociales, tout en sachant que la structure traditionnelle africaine est condamnée. Et ce dont nous avons besoin aujourd'hui, c’est des tracteurs et pas seulement de métaphores. »

                   Quarante ans plus tard, à l’heure d’une mondialisation vorace et impitoyable, il semblerait que cette problématique ait pris une dimension et une accélération gigantesques.

     


     

    1 - Après tout, peut-on faire remarquer sans provocation excessive qu'en Algérie, Frantz Fanon était médecin psychiatre (médecine de l'homme blanc !) et non Marabout à visiter à dos d’âne les bleds de la région à la recherche d’une âme à soulager !

    Senghor a pris sa retraite de Président du Sénégal sous la pluie, en Normandie : vaches normandes, concours hippiques, climat tempéré… visite des haras avec la Reine Elisabeth venue renouveler les effectifs de ses écuries. 

    Quant à Aimé Césaire, il sera maire de Fort-de-France, et passera le plus clair de son temps à distribuer du RMI à 70% des habitants de sa commune. Il ne partagera pas le destin d’un... disons... Che Guevara, c'est sûr !

     

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    adotevi,senghor,césaire,fanon,négritude,afrique,europe,colonialisme,esclavage,politique,mondialiation,actualitéBéninois, Stanilas Spero Adotevi est né en 1934. Il a enseigné la philosophie et l'anthropologie à Paris avant d'occuper de hautes fonctions à l'UNICEF. Il vit à Ouagadougou.

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