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  • Mourir pour Charlie Hebdo

     

                     Le 5 Janvier 2016, un hommage a été rendu aux victimes de la rédaction de Charlie Hebdo ; victimes de ce qui peut être considéré comme un assassinat politique. Une plaque commémorative a ainsi été inaugurée à Paris sur les lieux de l'attentat.

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    Billet de blog publié en Janvier 2016

     

     

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                    Philippe Val, patron de Charlie Hebdo avant sa nomination à France Inter sous Sarkozy en 2009.

     

     

    Attentat dans les locaux du journal Charlie Hebdo

     

    Wolinski et Cabu, deux membres historiques de ce journal sont décédés.

     

                  Longtemps on pourra se demander ce que ces deux caricaturistes, figures majeures de la presse satirique, faisaient encore à Charlie Hebdo qui, depuis dix ans, a fait de l'insulte, de l'humiliation de l'Islam et de son prophète à coups de pleines pages plus dégradantes les unes que les autres, son fonds de commerce au nom d'une liberté d'expression sans but ni raison, sans queue ni tête, une liberté à fonds perdus qui n’explique rien et n’entrevoie rien ; une liberté sans conscience ni intelligence : pas d’analyse ni de mise en perspective ; une liberté d’enfants terribles qui, tragiquement, ont oublié les enjeux politiques et géo-stratégiques derrière l'instrumentalisation d'un Islamisme aveugle et cruel, à l’heure de la volte face diplomatique de la France menée par le trio Hollande-Valls-Fabius en violation de notre tradition ; une France qui se tient désormais aux côtés de l’Empire (Atlantisme, sionisme et monarchies pétrolières) sans nuances et sans complexe.

    Aussi, on peut être légitimement autorisés à se demander ce qui faisait courir Charlie Hebdo : la liberté d’expression ?

     

              Tous ceux qui pensent pouvoir tenir le monde en respect un crayon à la main à coups de caricatures souvent talentueuses devront au plus vite réaliser que le refus de prendre en compte le monde qui est le nôtre aujourd’hui, dans toute sa complexité et plus important encore, dans toute sa perversité, ce refus-là devra manifestement se payer très cher au moment où « l’humanité est sur le point de connaître en quelques décennies, le plus important changement global de toute son histoire, le choix de la stratégie du chaos étant ouvertement assumé par les puissances de l’argent. »

    Cette politique du chaos ciblera une terre en particulier, celle de l'Islam : Moyen-Orient, Proche-Orient et une partie du grand Maghreb.

    Il semblerait que Wolinski et Cabu, septuagénaires, aient décroché de cette réalité-là depuis une bonne vingtaine d’années et qu’ils en aient payé le prix le plus élevé : la mort. Philippe Val, un temps leur patron, qui a conduit le virage idéologique de Charlie Hebdo avant d'être nommé à la tête de France Inter en 2009 sous la présidence de Sarkozy (1) - virage qui rapprochera l'hebdomadaire d'une idéologie mondialiste, atlantiste et sioniste -, portera une lourde responsabilité dans l'acharnement vécu comme anti-musulman d'une rédaction contre une religion en particulier.

    Le dessinateur Siné, licencié par Val, aura été le premier à vivre avec violence cette volte-face éditoriale qui ne pouvait que conduire l'hebdomadaire et ses salariés droit dans le mur. 

     

                 Mais alors, fallait-il, et faut-il mourir pour Charlie Hebdo ?

    Bêtes et méchants - tels  ils se revendiquaient -, il semblerait que Wolinski et Cabu aient fini par trouver plus méchants qu'eux, et sans doute aussi, plus bêtes. Et la question suivante s'impose : pourquoi ces deux-là sont-ils restés si longtemps, non pas "méchants" mais "bêtes" ?

    Intégrisme religieux contre intégrisme anti-religieux (2), la liberté de représenter le prophète de la deuxième religion de France, Mahomet nu couché sur le ventre les fesses à l’air, tout en accompagnant cette représentation du commentaire  suivant : « Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? »… fallait-il mourir pour cette liberté-là ?

    Il est vraiment temps que l’on nous remémore dans quelles circonstances le combat pour la liberté d’expression a gagné ses titres et ses lettres de noblesse qui sont les siens aujourd’hui.

     

               Rappelons que la critique de la religion, le Catholicisme en particulier, ici en France, a toujours reposé sur la dénonciation d’une chape de plomb sur les consciences et la lutte contre une organisation de l’existence liberticide et intransigeante, parfois cruelle, tentaculaire, de l’Ancien régime à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, et bien après encore… jusque dans le dernier village français, jusqu’à la dernière chasuble et soutane et le dernier viol d’une conscience qui aspire à une liberté seule capable de hisser l’être humain au sommet de tous les possibles.

    Tout au long de cette lutte, les représailles de l'institution religieuse n'épargneront personne.

    La critique du sionisme, bras armé du Judaïsme, trouve elle sa justification dans le fait que cette idéologie a pris en otage les Juifs de France (3), les médias et occupe tous les lieux de pouvoir et de la représentation politique jusqu’au plus haut niveau de l’Etat français ; cette critique sans complaisance, critique jusqu’à la dernière kippa, trouve sa légitimité dans la lutte contre une idéologie qui divise notre pays, ternit son image sur la scène mondiale et paralyse son pouvoir d’initiative au service de l’instauration d’un autre rapport au monde entre les Etats, les Continents, les Nations, les Cultures et les Civilisations.

    Là encore, dans cette lutte contre cette idéologie d'une intolérance inouïe - soumettez-vous ou disparaissez ! -, les représailles n'épargnent personne. Dieudonné, entre autres, en paiera le prix fort : le bannissement ; car c'est en 2003 qu'un pays s'est laissé dicter que la liberté d'expression s'arrêtait à Dieudonné. Depuis, l'étau ne s'est pas desserré.

     

                 En revanche, s’en prendre à l’Islam, semaine après semaine, une religion, la religion la plus pauvre de France, une religion sans pouvoir, sans moyens, sans représentation autre que dégradante à dessein - notez que les plus lettrés, articulés et avisés de cette communauté sont le plus souvent ignorés ou exclus par les médias dominants -, dont les fidèles ont pour lieux de prière des locaux sordides et dont une grande partie partage une condition sociale déterminée par l’occupation d’emplois ingrats et pénibles… tout ça avait-il vraiment quelque chose d’héroïque ?

    Quant aux groupes qui, de par le monde, commettent des actes inqualifiables au nom d’une certaine conception de l’Islam, s’en repaître à longueur de colonnes, des mois durant, et là encore, sans travail d’information digne de ce nom, - qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Qui les finance ? Quels intérêts servent-ils ? -, relevait d’une conception quelque peu immature et irresponsable de ce que sont la presse, l’information, le lecteur et ce à quoi Charlie Hebdo pouvait bien penser contribuer : à une meilleure compréhension de tous les mécanismes de désinformation et de manipulation destinés à nous renvoyer l’image d’un monde décidément illisible et ainsi nous inciter à nous en désengager ?

    De ça, on peut en douter.

     

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               "Ne vous arrêtez jamais à la mort car elle n'éclaire à la fois rien et tout !"

     

                Cet attentat très ciblé - véritable assassinat politique - arrive au pire moment pour la communauté musulmane prise en tenaille, d'aucuns diront "pris en otage", entre les livres de Zemmour et de Houellebecq, les interventions d'un Finkielkraut ou d'une Elisabeth Lévy,  et des médias impliqués dans une course à l’audience qui les condamne inévitablement à commettre les pires outrages contre l’intelligence et la justice dans la stigmatisation d'une communauté et d'une géographie (les quartiers, les banlieues...) qui n’avaient vraiment pas besoin d’une telle attention.

     

                De plus, avec un Président au fond du trou, un Crif toujours sur le pied de guerre, une presse subventionnée courageuse mais pas téméraire, souvent de parti pris, et des médias de masse qui feront, nul doute, entre deux pauses publicitaires, des choux gras de cette tragédie… le moment est vraiment venu de se taire et de les observer tous autant qu’ils sont : ils nous en apprendront tellement sur eux-mêmes et sur le monde qu’ils nous préparent pour demain. Il sera toujours temps alors de revenir et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

    On pense déjà au pire.

     

     

                Charlie Hebdo par Denis Robert

     

     

    1 - Qui, dans les années 70 et 80 aurait pu prédire que le rédacteur en chef de Charlie Hebdo serait nommé par la droite, et qui plus est, par un Sarkozy... à la direction de France Inter ? Avec Val, Charlie Hebdo a tranquillement descendu la même pente que le PS. Profits records... distribution de dividendes de plusieurs centaines de milliers d'Euros pour Val et Cabu, les deux principaux actionnaires.

     

    2 - On peut douter qu’il y ait jamais eu ce qu’on peut appeler « une pensée » chez un Wolinski ou chez un Cabu ; moins encore chez un Choron professeur auto-proclamé...

    Et l'on se souviendra que cette "petite bande de joyeux lurons" avait quand même beaucoup de mal avec ceux qui ne pensaient pas comme eux. On les disait plutôt sectaires... pour ne rien dire de leur caricature récurrente du Français moyen - et toute la classe ouvrière avec lui -, systématiquement assimilé à un beauf raciste, alcoolique, et antisémite, accompagnée d'une représentation le plus souvent machiste et dégradante des femmes.

     

    3 - Le questionnement à propos du danger que représente l'élite juive sioniste pour le Juif du quotidien (en France ou en Israël) n'est pas nouveau. Le dernier questionnement concerne le génocide nazi. Une étude qui répond au titre de "Quels juifs furent exterminés ?" est disponible ICI ; une étude qui interroge l'histoire du génocide des Juifs à travers le prisme de "la lutte des classes" au sein de cette communauté : à partir de 1933, qui a décidé, au sein de la communauté juive, de "qui pourra quitter l'Europe - pour la Grande Bretagne, la Palestine ou les USA -, et qui ne le pourra pas" ; "Qui vivra et qui mourra".

     

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  • Quand Charlie Hebdo persiste et signe : c'était en 2016

     

     Billet publié en Janvier 2016

     

     

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                                       Dessin de Riss, salarié de Charlie Hebdo, qui essentialise l'Arabe et/ou le Musulman, voué dès sa naissance au viol et au meurtre.

                      Le journal d'extrême droite "Minute", en particulier celui des années 70, n'aurait pas fait pire.

    Il y a bien quelque chose de pourri chez Charlie.

     

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    Riss ou le courage des lâches

     

                    A propos de Aylan, âgé de 5 ans, cet enfant de réfugiés syriens rejeté par la mer, échoué sur une plage de Bodrum, en Turquie, le 2 septembre 2015, après un naufrage et une noyade, Charlie Hebdo, ce nid de vipères islamophobes irresponsables et racistes, en a remis une couche suite aux agressions sexuelles "en bande organisée" à Cologne le soir du Nouvel an ; agressions attribuées à des migrants et des réfugiés accueillis récemment par l'Allemagne.

     

                   Aussi, qu'il soit permis de rappeler ceci à propos du dessin de Riss :

     

                  Jamais Charlie Hebdo ne se serait permis un tel propos, si cet enfant de 5 ans n'avait pas été arabe et musulman car, à ce sujet, tout est permis : dénigrements, instrumentalisation, diffamation, insultes et mépris.

                     D'où la nécessité de dénoncer sans relâche une complaisance inouïe à l'endroit de cet hebdo.

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    Riss ou la bêtise dans le mépris

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  • Cérémonies du 11 novembre, avez-vous dit ?

    Première publication en novembre 2014

     

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                Doit-on rappeler que l’armistice signé le 11novembre1918 à 11h11marque la fin des combats de la Première Guerre mondiale qui a fait plus de 18 millions de morts (1,7 million pour la France) dont la moitié de civils ainsi que 21 millions d'invalides (4,2 millions pour la France) et de mutilés toutes nationalités confondues ?

                 Même date mais autre année : faut-il aussi rappeler que le 11 novembre 1920, une tombe du Soldat inconnu sera installée sous l'arc de Triomphe de la place de l'Étoile à Paris, et en 1923, une flamme éternelle ?

    Il s'agit d'un soldat non identifié (reconnu français), censé représenter tous les soldats tués au cours de cette guerre. 

    Précision importante : la tombe est faite en granite de Vire, commune du Calvados (14),  là où l’on produit la célèbre andouille.

     

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               Première Guerre mondiale...

               Huit millions et demi de Français seront appelés ; un sur cinq y laissera sa vie, sa pauvre et maigre vie, à raison de 900 par jour, et autant de mutilés - un bras, une jambe, des yeux, la vue… -, en Flandres, en Artois, dans la Somme, en Île-de-France, au Chemin des Dames, en Champagne, à Verdun et en Lorraine

    Tenez ! 27000 morts en une seule journée le 22 août 1914 «à coups de crosse, à coups de poignards, à coups de bombes et de mitraille». 

    Pour une guerre joyeuse dans ses premières semaines… on peut dire qu’en 4 ans, le spectacle tournera au cauchemar puis à la tragédie car cette boucherie et ce scandale qu’est cette guerre dont on cherche encore aujourd’hui la grandeur, feront des Français un indécrottable Peuple pacifiste au cri de « plus jamais ça ! » et des Allemands humiliés par un traité de Versailles piloté par un Clemenceau intraitable et imprévoyant, d’impatients revanchards trépignant jusqu’à l’arrivée du Guide suprême  - le Führer -, pour porter cette rage-là, cette fureur justement ! à son paroxysme à la hauteur de 60 millions de morts, dont 40 millions de civils.

             Tiens, au fait ! 18 millions de morts pour la première, 60 pour la seconde… combien pour la prochaine ?

     

               Jean Renoir dans « La grande illusion » nous "vendra" un conflit de 14-18 mené dans un esprit chevaleresque et aristocratique, alors qu’il s’est le plus souvent agi de bouchers gantés, le petit doigt sur la couture du pantalon civil et militaire, impeccables certes !  Habiles dans le maniement de leur lorgnon, c’est vrai ! mais bouchers quand même ! Et leurs épouses, marraines de guerre, n’y changeront rien ; colis sous le bras, chacune viendra ajouter une touche obscène à ce sacrifice sans scrupule et sans objet qu’est cette première guerre mondiale.

    S’il faut parfois savoir se taire avant de parler, décidément, il y a des réalisateurs qui feraient bien de retenir un « Moteur ! » avant de donner le signal de faire tourner la caméra d'un projet cinématographique qui soumettra à notre perspicacité des questions qui n’en sont pas et des réponses… pas davantage. En effet, les de Boëldieu et les von Rauffenstein, héros d’un film fâcheux d'un fils dont le père était quand même mieux inspiré, pinceau d’une main, palette de l’autre, n’étaient au mieux qu’une exception qui confirme la règle, au pire une fiction d’une naïveté insultante pour les millions de pauvres bougres qui y laissèrent leur vie. Car, dans les faits, les Rauffenstein et les de Boëldieu de ces années-là avaient la rancune sournoise ; n'en doutons pas un seul instant, ils étaient bien trop contents de précipiter sous la mitraille des gueux souvent grévistes et revêches, sans doute pour leur apprendre à obéir une fois pour toutes les fois, la dernière, où ils auront été tentés de n’en faire qu’à leur tête d’ouvriers et d’artisans décidément indomptables.

    Quelques jours avant sa mort et le début d'un grand chambardement, Jaurès ne s'est-il pas adressé à eux en ces termes :

                  « Quoi qu’il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n’y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et, de sauvagerie, qu’une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandions à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l’horrible cauchemar ». Discours de jean Jaurès – le dernier -, contre la menace de la guerre totale cinq jours avant son assassinat - prononcé à Lyon-Vaise le 25 Juillet 1914.

     

              Mille assauts mortels pour rien, pour une médaille, l’avancement d’un officier, et à l’arrière, une société civile qui demande de l’action, du sang et des obus, de la chair qui virevolte. Des millions d’êtres humains dont on a disposé sans retenue, sans compter, en toute impunité ; du « prolétaire », de la « populace » que l’on prenait soin de soûler avant la charge hors des tranchées  - de la vinasse d’êtres humain -,  sans jamais devoir rendre des comptes sur la mort d’un seul d’entre eux.

    En revanche, gare à ceux qui refusaient d’y aller…  de monter à l’ennemi, de jaillir hors du parapet pour s’en prendre une, une première pour quelques uns, mais surtout : une dernière pour un grand nombre d’entre eux !

    Le « on » de «dont on a disposé sans retenue », c'est celui d'une Révolution industrielle qui accouchera d’une bourgeoisie marchande et affairiste qui a fait fortune à la tête des mouroirs industriels du XIX siècle et dont le porte-monnaie débordait de la sueur, du sang et des larmes des personnages des romans de Dickens, de Hugo, de Zola et bien plus tard d’Orwell.

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    Que tous retrouvent leur visage !

     

     

                  " Le ravin et les talus qui s’étendent sur plusieurs kilomètres ne sont plus qu’une vaste nécropole. Partout, des cadavres momifiés, squelettiques, réduits à l’état de petits tas mêlés de boue rougeâtre... parfois un pied ou bien un morceau d’étoffe émergent çà et là et indiquent un cadavre. Il y en a des quantités formidables... On voit une face à la Ramsès qui émerge d’un sac haché, recroquevillé dessous, des tibias, des fémurs, des os des mains ou des pieds serrés comme des osselets... Ce ne sont plus des cadavres mais des amas d’ordures desséchés... affreusement mutilés, la figure gonflée, noire comme une tête de nègre, la chair tuméfiée pleine d’insectes et de vers ramassés en tas..." - Henri Barbusse, le 15 octobre 1915.

     

               Oui ! Derrière le bleuet de la couleur de l’uniforme que portaient les nouveaux appelés – d’un bleu horizon -. se cachait la fleur de Lys et les bilans des entreprises esclavagistes et prospères du Comité des forges  (aujourd’hui Medef) sur le dos d'une condition ouvrière dont les accès de révolte et de colère étaient régulièrement réprimés dans le sang du sabre, de la baïonnette et de la mitraille.

    Alors, vraiment ! Octobre 1917 en mémoire, il est regrettable que cette guerre n’ait pas mené, ici en France, à une seconde Révolution française avec force guillotine et autres pelotons d’exécution ! Regrettable encore que toutes ces gueules cassées, reflet que leur tendait le miroir d’un mental traumatique, n’aient pas pu casser la gueule à d’autres visages, rasés de près ceux-là, intacts, le nez fier et arrogant, sûr de son droit, la mâchoire puissante, prête à broyer d’un coup d’un seul n’importe quelle insoumission comme on casse du prolo emmerdeur et syndiqué à la CGT qui avait alors tout juste 20 ans.

     

     

                Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l’orage" (Jean Jaurès)

     

                Certes, pendant et après cette guerre menée aux frais des travailleurs de tous les pays, la chirurgie en général et la chirurgie faciale en particulier auront fait un grand bon en avant,  même si en 1870, et bien avant encore, avec l’Empereur  - ce Corse qui ne tenait pas en place -, porteur de guerres incessantes, cette chirurgie-là avait déjà été abondamment sollicitée !

    Notons au passage que toutes ces guerres dévastatrices du XIXe siècle trouveront leur apogée dans la première guerre mondiale, la dernière boucherie militaire qui mettra à contribution le soldat et son barda de plusieurs kilos en attendant  les grandes boucheries des bombardements massifs de civils de la seconde guerre mondiale - 75000 morts en quelques secondes à Hiroshima et à Nagasaki ! Sans doute le plus grand crime raciste de l’histoire soit dit en passant -, et des guerres suivantes : Indochine, Algérie, Vietnam, Cambodge, Timor Oriental, Bangladesh, Irak, Gaza …  

     

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                                                         La marseillaise - Léo Ferré

     

     

                Cérémonies du 11 novembre, avez-vous dit ?

                 Président de la République (passé et présent), Président du Sénat, Président de l’assemblée nationale, Premier ministre, un gouvernement au complet, le maire de Paris, des képis en veux-tu en voilà, des poitrines bardées de médailles - espérons qu’elles n’auront pas été volées sur la vie de pauvres bougres qui auront eu tout juste le temps de voir, le temps d'une image-éclair, et pour la dernière fois, le visage d’un être aimé -, il ne manquait personne à l'arc de Triomphe, excepté le MEDEF, porte parole du CAC 40.

                Tous réunis donc... portrait d'hommes et de femmes qui ne feraient pas le poids, même tous ensemble, devant n’importe quel conseil d’administration d’une de nos trans-nationales ! Alors sous la mitraille, vous pensez bien ! 

    Quant à contrevenir aux ordres que leur sont donnés…

    Seules les familles endeuillées des soldats récemment tombés au champ du déshonneur de la Françafrique et quelques médaillés octogénaires forceront le respect ; on aurait aimé les serrer dans nos bras… pour sûr, ils méritaient le déplacement, à défaut… un regard par la fenêtre ouverte du petit écran. Car la guerre de 14-18 dans le bruit et la fureur de l’acier et des agonisants qui hurlent, ce sont des luttes économiques qui opposent les grandes puissances du moment : Allemagne, France, Angleterre ; expansion impérialiste, conquête coloniale, conquête des marchés, les Balkans, le Moyen Orient et les premières gouttes de pétrole…

    Fiez-vous à l’odeur du sang si vous voulez trouver de l’or ! C’est imparable !

     

                   Ernst Hasse, président de la Ligue pangermaniste en 1905 : "L’égoisme sain de la race nous commande de planter nos poteaux frontières dans le territoire étranger, comme nous l’avons fait à Metz, plutôt... Ces terres coloniales de l’avenir se composent ... des vastes territoires occupés par les Polonais, les Tchèques, les Magyars, les Slovaques, les Slovènes, les Ladins, les Rhétiens, les Wallons, les Lituaniens, les Estoniens et les Finlandais. Tant que les territoires de ces petits peuples, mal faits pour créer des Etats nationaux, n’auront pas été répartis entre les grands Etats de l’Europe centrale, l’Europe ne pourra jamais avoir, n’aura jamais la paix. Cette répartition coûtera naturellement de dures guerres" (1).

     

               Et devenez quoi ! Dans le contexte qui est le nôtre aujourd’hui, à l’heure de toutes les destructions de ces vingt dernières années au Moyen-Orient et en Afrique-noire avec pour seule motivation le contrôle des ressources énergétiques car, qui contrôle ces ressources contrôle le développement des concurrents et leur place dans le concert des Nations ainsi que leur influence, la France y jouant un rôle de supplétif avec la destruction de la Libye qui aura pour conséquence la déstabilisation du Mali et une autre intervention française qui n’a pas, il est vrai, que des inconvénients non plus - elle met l'aviation française à une heure de toutes les capitales de l’Afrique francophone subsaharienne -,

    Pas étonnant donc que notre classe, ou caste, politique et médiatique soit si à l’aise avec toutes ces commémorations et qu’elle se fasse l’écho de ce sacrifice-là, celui de 14-18, avec autant de pompe en porte-parole d’une parole de l’arrière, celle des planqués et des larbins consciencieux contre la promesse de carrières mirobolantes ; et même s’ils ne tirent plus les ficelles, n’empêche que leur assurance vie à tous est tout aussi à l’épreuve des balles que celle de leurs prédécesseurs ! Bien à l’abri qu’ils sont de cette autre guerre mondiale qu’est le mondialisme et dans laquelle les injonctions « Engagez-vous ! » et « Mobilisation générale !» ont été remplacées par « Soumettez-vous ! » ; comprenez : accepter de renoncer à vos droits, à vos salaires, à l’espoir d’une démocratie toujours en mouvement et florissante sous la protection d’un Etat-arbitre prévoyant et innovant.

               A la Marseillaise et à cet élan patriotique d’un 11 novembre 2014, à ce centenaire de la boucherie, à cette marseillaise-là, refuge en dernier ressort des crapules d’un patriotisme dont seuls les sans-grade paient chèrement le prix, on opposera le chant des partisans et un maquis : celui de la dissidence car, face au mondialisme, à cette classe politique-là et à cette caste médiatique jean-foutre d’une complaisance inouïe face à ses devoirs, qu’il soit permis ici d’affirmer en toute lucidité, que nous… héros du quotidien, sommes tous, à terme, des poilus en sursis aux gueules cassées.

     

     

     

    1 - Cela ne nous rappelle donc rien ? L’expansionnisme de l’Empire : cette alliance USA- Europe-Israël-Qatar-Arabie-saoudite

    Hasse (phonétiquement « trou du cul » en anglais) sera le défenseur d'un nationalisme völkisch, consistant notamment dans l'acquisition et le développement d'un Empire colonial allemand, dans l'expansion territoriale de la puissance allemande en Europe, et dans l'accroissement de sa puissance navale et militaire.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Les-enfants-humiliés-de-Georges-Bernanos

    ainsi que Verdun, le centenaire

     

     

     

                 "Les croix de bois"film réalisé par Raymond Bernard (réalisateur "Les Misérables" avec Harry Baur 1934) , sorti en 1932, adapté du roman Les Croix de bois de Roland Dorgelès.

     

     

     

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  • 14-18 : du chemin des Dames à Verdun

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                               Première grande boucherie du 20ème siècle après celle des guerres napoléoniennes du 19e.

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               Première Guerre mondiale...

               Huit millions et demi de Français seront appelés ; un sur cinq y laissera sa vie, sa pauvre et maigre vie, à raison de 900 par jour, et autant de mutilés - un bras, une jambe, des yeux, la vue… -, en Flandres, en Artois, dans la Somme, en Île-de-France, au Chemin des Dames, en Champagne, à Verdun et en Lorraine

    Tenez ! 27000 morts en une seule journée le 22 août 1914 «à coups de crosse, à coups de poignards, à coups de bombes et de mitraille». 

    Pour une guerre joyeuse dans ses premières semaines… on peut dire qu’en 4 ans, le spectacle tournera au cauchemar puis à la tragédie car cette boucherie et ce scandale qu’est cette guerre dont on cherche encore aujourd’hui la grandeur, feront des Français un indécrottable Peuple pacifiste au cri de « plus jamais ça ! » et des Allemands humiliés par un traité de Versailles et un Clemenceau intraitables et imprévoyants, d’impatients revanchards trépignant jusqu’à l’arrivée du Guide suprême  - le Führer -, pour porter cette rage-là, cette fureur justement ! à son paroxysme à la hauteur de 60 millions de morts, dont 40 millions de civils.

                 Tiens, au fait ! 18 millions de morts pour la première, 60 pour la seconde… combien pour la prochaine ?

     

               Jean Renoir dans « La grande illusion » nous présentera un conflit mené dans un esprit chevaleresque et aristocratique, alors qu’il s’est le plus souvent agi de bouchers gantés, le petit doigt sur la couture du pantalon civil et militaire, impeccables certes !  Habiles dans le maniement de leur lorgnon, c’est vrai ! mais bouchers quand même ! Et leurs épouses, marraines de guerre, n’y changeront rien ; chacun de leurs colis viendra ajouter une touche obscène à ce sacrifice sans scrupule et sans objet qu’est cette première guerre mondiale.

    S’il faut parfois savoir se taire avant de parler, décidément, il y a des réalisateurs qui feraient bien de retenir un « Moteur ! » avant de donner le signal de faire tourner la caméra d'un projet cinématographique qui soumettra à notre perspicacité des questions qui n’en sont pas et des réponses… pas davantage. En effet, les de Boëldieu et les von Rauffenstein, héros d’un film fâcheux d'un fils dont le père était quand même mieux inspiré, pinceau d’une main, palette de l’autre, n’étaient au mieux qu’une exception qui confirme la règle, au pire une fiction d’une naïveté insultante pour les millions de pauvres bougres qui y laissèrent leur vie. Dans les faits, les Rauffenstein et de Boëldieu de ces années-là avaient la rancune sournoise ; n'en doutons pas un seul instant, ils étaient bien trop contents de précipiter sous la mitraille des gueux souvent grévistes et revêches, sans doute pour leur apprendre à obéir une fois pour toutes les fois, la dernière, où ils auront été tentés de n’en faire qu’à leur tête d’ouvriers et d’artisans décidément indomptables.

    Quelques jours avant sa mort et le début d'un grand chambardement, Jaurès ne s'est-il pas adressé à eux en ces termes :

                  « Quoi qu’il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n’y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et, de sauvagerie, qu’une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandions à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l’horrible cauchemar ». Discours de jean Jaurès – le dernier -, contre la menace de la guerre totale cinq jours avant son assassinat - prononcé à Lyon-Vaise le 25 Juillet 1914.

     

                      Mille assauts mortels pour rien, pour une médaille, l’avancement d’un officier, et à l’arrière, une société civile qui demande de l’action, du sang et des obus, de la chair qui virevolte. Des millions d’êtres humains dont on a disposé sans retenue, sans compter, en toute impunité ; du « prolétaire », de la « populace » que l’on prenait soin de soûler avant la charge hors des tranchées  - de la vinasse d’êtres humain -,  sans jamais devoir rendre des comptes sur la mort d’un seul d’entre eux.

    En revanche, gare à ceux qui refusaient d’y aller…  de monter à l’ennemi, de jaillir hors du parapet pour s’en prendre une, une première pour quelques uns, mais surtout : une dernière pour un grand nombre d’entre eux !

    Le « on » de «dont on a disposé sans retenue », ce sont les castes nobles, castes féodales et bourgeoises,  Ancien Régime  - faut croire  que la Révolution française n’avait pas pu finir son travail -,  et Révolution industrielle qui accouchera d’une bourgeoisie marchande et affairiste qui a fait fortune à la tête des mouroirs industriels du XIX siècle ; des noms à rallonge donc, des noms à particule, et puis, les autres… privés d’ancêtres illustres mais dont le porte-monnaie débordait de la sueur, du sang et des larmes des personnages des romans de Dickens, de Hugo, de Zola et bien plus tard d’Orwell.

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    Que tous retrouvent leur visage !

     

     

                  " Le ravin et les talus qui s’étendent sur plusieurs kilomètres ne sont plus qu’une vaste nécropole. Partout, des cadavres momifiés, squelettiques, réduits à l’état de petits tas mêlés de boue rougeâtre... parfois un pied ou bien un morceau d’étoffe émergent çà et là et indiquent un cadavre. Il y en a des quantités formidables... On voit une face à la Ramsès qui émerge d’un sac haché, recroquevillé dessous, des tibias, des fémurs, des os des mains ou des pieds serrés comme des osselets... Ce ne sont plus des cadavres mais des amas d’ordures desséchés... affreusement mutilés, la figure gonflée, noire comme une tête de nègre, la chair tuméfiée pleine d’insectes et de vers ramassés en tas..." - Henri Barbusse, le 15 octobre 1915.

               Oui ! Derrière le bleuet de la couleur de l’uniforme que portaient les nouveaux appelés – d’un bleu horizon -. se cachait la fleur de Lys et les bilans des entreprises esclavagistes et prospères du Comité des forges  (aujourd’hui Medef) sur le dos d'une condition ouvrière dont les accès de révolte et de colère étaient régulièrement réprimés dans le sang du sabre, de la baïonnette et de la mitraille. Eh oui ! Déjà !

    Alors, vraiment ! Octobre 1917 en mémoire, il est regrettable que cette guerre n’ait pas mené, ici en France, à une seconde Révolution française avec force guillotine et autres pelotons d’exécution ! Regrettable encore que toutes ces gueules cassées, reflet que leur tendait le miroir d’un mental traumatique, n’aient pas pu casser la gueule à d’autres visages, rasés de près ceux-là, intacts, le nez fier et arrogant, sûr de son droit, la mâchoire puissante, prête à broyer d’un coup d’un seul n’importe quelle insoumission comme on casse du prolo emmerdeur et syndiqué à la CGT qui avait alors tout juste 20 ans.

     

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                Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l’orage" (Jean Jaurès)

     

                Certes, pendant et après cette guerre menée aux frais des travailleurs de tous les pays, la chirurgie en général et la chirurgie faciale en particulier, auront fait un grand bon en avant,  même si en 1870, et bien avant encore, avec l’Empereur  - ce Corse qui ne tenait pas en place -, porteur de guerres incessantes, cette chirurgie-là avait déjà été abondamment sollicitée !

    Notons au passage que toutes ces guerres dévastatrices trouveront leur apogée dans la première guerre mondiale, la dernière boucherie militaire qui mettra à contribution le soldat et son barda de plusieurs kilos en attendant  les grandes boucheries des bombardements massifs de civils de la seconde guerre mondiale - 75000 morts en quelques secondes à Hiroshima et à Nagasaki, le plus grand crime raciste de l’histoire -, et des guerres suivantes : Indochine, Algérie, Vietnam, Cambodge, Timor Oriental, Bangladesh, Irak, Gaza …  

     

    ***



     

                 Centenaire de la bataille de Verdun...

    Un Président, une Chancelière, des képis en veux-tu en voilà, des poitrines bardées de médailles - espérons qu’elles n’auront pas été volées sur la vie de pauvres bougres qui auront eu tout juste le temps de voir, le temps d'une image- éclair, et pour la dernière fois, le visage d’un être aimé -, il ne manquait plus que le Medef, porte parole du CAC 40.

                Tous réunis donc... soit dit en passant... belle brochette qui ne ferait pas le poids, même tous ensemble, devant n’importe quel conseil d’administration d’une de nos trans-nationales ! Alors sous la mitraille, vous pensez bien ! Quant à contrevenir aux ordres que leur auraient été donnés…

    Seules les familles endeuillées des soldats récemment tombés au champ du déshonneur de la Françafrique et quelques médaillés octogénaires forceront le respect ; on aurait aimé les serrer dans nos bras… pour sûr, ils méritaient le déplacement, à défaut… un regard par la fenêtre ouverte du petit écran.

    Car la guerre de 14-18 dans le bruit et la fureur de l’acier et des agonisants qui hurlent, ce sont des luttes économiques qui opposent les grandes puissances du moment : Allemagne, France, Angleterre ; expansion impérialiste, conquête coloniale, conquête des marchés, les Balkans, le Moyen Orient et les premières gouttes de pétrole…

    Fiez-vous à l’odeur du sang si vous voulez trouver de l’or ! C’est imparable !

     

                   Ernst Hasse, président de la Ligue pangermaniste en 1905 : "L’égoisme sain de la race nous commande de planter nos poteaux frontières dans le territoire étranger, comme nous l’avons fait à Metz, plutôt... Ces terres coloniales de l’avenir se composent ... des vastes territoires occupés par les Polonais, les Tchèques, les Magyars, les Slovaques, les Slovènes, les Ladins, les Rhétiens, les Wallons, les Lituaniens, les Estoniens et les Finlandais. Tant que les territoires de ces petits peuples, mal faits pour créer des Etats nationaux, n’auront pas été répartis entre les grands Etats de l’Europe centrale, l’Europe ne pourra jamais avoir, n’aura jamais la paix. Cette répartition coûtera naturellement de dures guerres" (1).

     

               Et devenez quoi ! Dans le contexte qui est le nôtre aujourd’hui, à l’heure de toutes les destructions de ces vingt dernières années au Moyen-Orient et en Afrique-noire avec pour seule motivation le contrôle des ressources énergétiques car, qui contrôle ces ressources contrôle le développement des concurrents et leur place dans le concert des Nations ainsi que leur influence, la France y jouant un rôle de supplétif avec la destruction de la Libye qui aura pour conséquence la déstabilisation du Mali et une autre intervention française qui n’a pas, il est vrai, que des inconvénients non plus - elle met l'aviation française à une heure de toutes les capitales de l’Afrique francophone subsaharienne -,

    Pas étonnant donc que notre classe, ou caste, politique et médiatique soit si à l’aise avec toutes ces commémorations et qu’elle se fasse l’écho de ce sacrifice-là, celui de 14-18, avec autant de pompe en porte-parole d’une parole de l’arrière, celle des planqués et des larbins consciencieux contre la promesse de carrières mirobolantes ; et même s’ils ne tirent plus les ficelles, n’empêche que leur assurance vie à tous est tout aussi à l’épreuve des balles que celle de leurs prédécesseurs ! Bien à l’abri qu’ils sont de cette autre guerre mondiale qu’est le mondialisme et dans laquelle les injonctions « Engagez-vous ! » et « Mobilisation générale !» ont été remplacées par « Soumettez-vous ! » ; comprenez : accepter de renoncer à vos droits, à vos salaires, à l’espoir d’une démocratie toujours en mouvement et florissante et à la protection d’un Etat-arbitre prévoyant et innovant.

               A ce centenaire de la boucherie de Verdun, à cette marseillaise-là, refuge en dernier ressort des crapules d’un patriotisme dont seuls les sans-grade paient chèrement le prix, on opposera le Chant des partisans et un maquis : celui de la dissidence car, face au mondialisme, à cette classe politique-là et à cette caste médiatique jean-foutre d’une complaisance inouïe face à ses devoirs, qu’il soit permis ici d’affirmer en toute lucidité, que nous… héros du quotidien, sommes tous, à terme, des poilus en sursis aux gueules cassées.

     

     

    1 - Cela ne nous rappelle donc pas l’expansionnisme de l’Empire étasunien ?

    Hasse (phonétiquement « trou du cul » en anglais) sera le défenseur d'un nationalisme völkisch, consistant notamment dans l'acquisition et le développement d'un Empire colonial allemand, dans l'expansion territoriale de la puissance allemande en Europe, et dans l'accroissement de sa puissance navale et militaire.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Les-enfants-humiliés-de-Georges-Bernanos

     

     

     

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  • "La lettre au père" de Franz Kafka : la menace de l'ennemi de l'intérieur

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                                    Une des rares photographies d'un Franz Kafka souriant

     

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                   Cette lettre écrite en 1919 (cinq ans avant la mort de l'auteur âgé alors de 37 ans) et destinée au père de Franz Kafka (1) est sans aucun doute à la fois un témoignage et un véritable réquisitoire contre un homme, un seul qui demeurera au centre de l’œuvre de l’auteur. Réquisitoire qui ne sera jamais remis à son destinataire. Dans le cas contraire, quelle aurait été la réaction de ce dernier ? On ne le saura jamais.

    C’est maintenant établi, enfant, Franz Kafka n'a pas seulement vécu dans l’ombre de son père mais sous sa terreur ainsi que ses soeurs ; une fois adulte, c’est ce même père qui n’aura de cesse de se tenir dans l’ombre de son fils, penché sur son épaule, à l’affut, telle une terreur certes contenue au fil des ans mais pas moins indéfectible pour autant.

    Le procès de ce père restera à jamais en suspens même si l’œuvre à venir de Kafka mettra en scène un véritable système de répression arbitraire dans lequel tout le monde est en faute et là où nul ne doit se sentir en sécurité : niveau de confiance, capacité à garder une estime de soi, contribution à la création de valeurs, construction identitaire… système au sein duquel toute sécurité ontologique est donc inenvisageable avec pour conséquence : défiance de soi-même, peur perpétuelle des autres, perte de confiance dans ses propres actes.

    Telle fut l’identité ontologique de Franz Kafka selon l’aveu de l’auteur lui-même.

    Qui suis-je ? Que puis-je espérer devenir ? Qui décidera de quoi ? Kafka n’aura pas toujours les moyens de répondre à ces trois questions, et pour cause :

     

                 «  Quand j’entreprenais quelque chose qui te déplaisait et que tu me menaçais d’un échec, mon respect de ton opinion était si grand que l’échec était inéluctable. »

    C'est Kafka qui s'adresse à son père.

     

                     L'auteur perdra très tôt le sens de la famille, prenant ses distances, dans le but illusoire de s'en détacher ; son activité littéraire devait faire partie de cette tentative de détachement, de fuite et d'indépendance : cette entreprise restera inachevée car on n’échappe pas aux conséquences d’une enfance à ce point brutalisée : une dépendance émotionnelle de chien battu sera toujours tentée de revenir alors vers son maître… comme aspirée pour une force qui n’admet aucun jugement ni abandon.

    Un Franz Kafka écrasé donc, jusqu’à se trouver lamentable, par la simple existence physique du père qui restera insensible à la souffrance de ses trois enfants dont un garçon en particulier : l'auteur.

    Avec un fils qui, par sa personnalité et son caractère, blessait le sentiment de la propre valeur du père comme une remise en cause de cette dernière à chacune de ses respirations, naîtra de cette expérience limite, un sentiment d’illégitimité d’être au monde qui culminera dans trois œuvres : « La métamorphose » dans laquelle Franz se fait tout petit, insignifiant, insecte ; « Le procès » (2), œuvre onirique dans laquelle la vie devient un véritable cauchemar en rêve ; délire paranoïde aux mille persécutions ; et puis enfin : la disparition administrative et physique du sujet dans « Le château ».

                 Devant ce père qui s’autorisait tout ce qu’il interdisait et pour lequel seules ses opinions étaient justes et celles des autres extravagantes même quand il n’en avait pas sur un sujet en particulier, il ne restait plus rien en dehors de lui, et même pas son fils Franz.

    Adepte de l’éducation par l’humiliation, incapable de s’empêcher, de se vaincre, en revanche, le père vaincra tous ceux qui se trouvent à sa portée soufflant le chaud et le froid ; c'était selon... selon son humeur.

    Pervers narcissique, le père de Franz Kafka ? Sadique ?

    Corps gigantesque comparé à « une petite carcasse chétive », voix de stentor, auprès d’une telle figure paternelle, Franz Kafka devra chercher son chemin tout seul, à tâtons, dans l’obscurité d’une enfance ruinée, tout en sachant qu’une bonne partie du tracé de ce chemin avait été décidé très tôt par un père tyrannique avec sa famille mais aimable en dehors, et plus particulièrement à l'endroit des notables de la ville  et des clients de sa « maison de commerce » très prospère au demeurant.

    Un vrai commerçant ce père, pour sûr !

    Au cours de sa lettre, Kafka n’oublie pas d’évoquer ces enfants qui, dans un tel contexte familial, optent pour un dérivatif qui permet de se décharger sur un plus faible que soi : la tentation du bouc-émissaire, véritable souffre-douleur pour toutes les humiliations endurées au quotidien et à propos desquelles aucun compte ne sera rendu. Les sociopathes viennent aussi de là : de ce dérivatif qui, à l’âge de raison, n’a plus rien envisagé d’autre.

    Pour son salut, on pourra toujours se réjouir du fait que Kafka n’ait eu aucune inclinaison pour une telle substitution dérivative. C’est l’hypocondrie qui trouvera néanmoins dans cette souffrance de chaque jour, un champ libre pour se déployer.

    S’ensuit alors la honte et le procès permanent que l’existence semble lui intenter à chacune de ses paroles, de ses pensées, de ses gestes, de sa manière d’être au monde, jusqu’à en perdre l’usage de la parole.

     

                   « Les injures pleuvaient si fort sur les autres que, petit garçon, je ne voyais pas pourquoi elles ne m’auraient pas été destinées, les gens que tu injuriais ne te donnant sûrement pas plus de mécontentement que moi. »

     

                     Plus tard, Franz cherchera dans le Judaïsme le moyen de se libérer de l’emprise de son père, dans un premier temps, et dans un second, une possibilité de dialogue avec ce dernier ; là encore, ce fut un échec ; le père de Kafka n’était pas pratiquant ; il fréquentait la synagogue quatre fois l’an.

    Torah ? Vous avez dit Torah ? « Du charabia, ta Torah Franz ! » lui répliquera Hermann Kafka, son père.

    Mais alors, les évangiles peut-être ? Oui ? Non ? Bon, bon, j’insiste pas herr Kafka Hermann !

     

                   Reprenons.

                  Au cours de la rédaction de sa lettre, Franz Kafka n’oublie pas sa mère ; une mère infiniment bonne qui aimait son mari et ses enfants, dévouée mais incapable de représenter une « puissance spirituelle indépendante » dans le combat que menait l’auteur même si elle a su préserver son indépendance sans toutefois être assez forte pour refuser la manière qu’avait le père de juger et de condamner ses enfants.

    Angoisse, faiblesse, mépris de soi, à propos du mariage, Kafka assistera impuissant à l’échec de deux tentatives et alors que pour l’auteur se marier, fonder une famille était l’extrême degré de ce qu’un homme peut atteindre : « Toutes les forces négatives que j’ai décrites comme le résultat de ton éducation, c'est-à-dire la faiblesse, le manque de confiance en soi, le sentiment de culpabilité, s’y sont rassemblées avec furies et ont établi un véritable cordon de troupes entre le mariage et moi. »

    Kafka ne fondera donc jamais une famille ; il se pensait incapable d'être un bon mari et un bon père parce qu'il s'en jugeait indigne. A-t-il aussi souhaité conjurer le risque de reproduire ce qu’il a vécu et subi ? Il ne s’engagera jamais, jamais vraiment, auprès d’une femme.

     

                   Et pour finir… cela ne surprendra pas le lecteur : le père avait une profonde aversion pour l’activité littéraire de son fils dont il ignorait pourtant tout de l’œuvre ; il ne la lisait pas. En revanche, assez surprenant est le fait que ce père n’interviendra pas dans le choix des études et plus tard, dans le choix de la profession de son fils ; est-ce parce qu’il le jugeait incapable de prendre sa suite : celle de sa maison de commerce ? Et puis parce que... hors du commerce, point de salut ?! Aussi, à quoi bon interférer !

    Aucun succès n’était un réconfort pour l’auteur ; du moins, pas longtemps puisque son appréciation de lui-même était en grande partie dépendante de son père.
    Avant sa mort, Kafka chargera par écrit son exécuteur testamentaire Max Brod de détruire tous les manuscrits non publiés jusqu’à sa correspondance : « S'il y a des lettres qu'on ne veuille pas te rendre, il faudra qu'on s'engage du moins à les brûler. » Franz Kafka lui-même détruira ou fera brûler par son amie Dora Diamant divers manuscrits.
                    Le père a donc eu raison du fils : il triomphe au plus près de l’activité littéraire de Franz Kafka et de l'importance qu'il accordait à sa propre oeuvre : manifestement, elle aussi devait disparaître avec lui qui se jugeait à travers le jugement de son père, apathique, sec et dégénéré. Rien moins.

     

    ***

     

                    "La lettre au père"... un opuscule de 90 pages ! Or, en dix pages, tout pouvait être dit car très vite on comprend à quelle personnalité nous lecteurs sommes confrontés avec la figure de ce père en tyran pervers dont on pourra toutefois se demander à quel prix la cruauté de celui-ci a été forgée, de quelles humiliations s'est formé peu à peu ce dédain pour ses propres enfants ; un père qui n’aura rien souhaité savoir, rien souhaité comprendre d'eux tout en pesant de tout son poids sur leur quotidien et sur leur destiné ; un père dont le mépris le dispensait, du moins le croyait-il, de regarder en face la souffrance qu’il infligeait à sa famille.

                    Disons les choses : ce texte de Kafka condamne au chômage tous les psys quels qu’ils soient, ces curés des temps modernes d’une religion assommante. Ces derniers devront assurément quitter leur cabinet douillet et se priver de revenus confortables – une bonne partie net d’impôts soit dit en passant ! -, pour aller bosser comme tout un chacun.

    Désolé Mesdames, Messieurs sangsues et parasites des temps modernes ! Franz nous a éclairés ; nous disposons maintenant d’une grille d’analyse… d’auto-analyse qui plus est, à toute épreuve et en particulier à l’épreuve de vos consultations tarifées au-delà du service rendu !

    Mais c’est là le propre des escrocs, c’est sûr !

     

                  « Qu’il crève donc ce chien malade ! » disait le père de Kafka à propos d’un de ses employés tuberculeux ; maladie dont son propre fils, après en avoir perdu deux en bas âge, succombera à l’âge de 41 ans.

                     Aujourd'hui ce père est oublié ; certes, les salauds partent en dernier puisque le père de l'auteur décèdera 7 ans après son fils mais la postérité, elle, est sans pitié pour eux ; seul a survécu Franz Kafka pour l'éternité ; ce qui n'est que justice.

                    Si l’œuvre de Kafka est censé refléter un monde déshumanisé, si tant est qu’il ait été un jour humain - nous sommes avec cette lettre dans la deuxième décennie du XXè siècle, la boucherie de 14-18, c'était hier -, et si d’aucuns ont vu dans l’œuvre de cet auteur la prémonition de tous les totalitarismes à venir - Etats policiers où règnent l’arbitraire : assassinats politiques, séquestration ; Etats concentrationnaires aussi -, et puis d’autres encore, qui y ont vu, en creux, la grande « purge » des Juifs d’Europe des années 40, ironie suprême, à la lecture de ce réquisitoire qu’est « La lettre au père » qui n’appelle aucune clémence, force est de conclure que le père de l’auteur - un père narcissique, sadique, pervers, impitoyable avec les êtres sans défense -, était sans aucun doute un des tout premiers Nazis d'une histoire qui n’était pas encore en train de s'écrire faute d'avoir été vécue.

                   La menace venait donc de l'intérieur, tout entière de l'intérieur : Nazi le père de Franz Kafka ! Le Nazi juif d’une fratrie juive.

    Encore une fois, l’ironie fera que Kafka n’a eu qu’un seul ennemi durant sa courte vie : son père et une santé précaire d'une origine très certainement psychosomatique, et non la menace de l'antisémitisme propre aux interprétations de l'œuvre de l'auteur et de l'histoire des sociétés à travers le prisme d’une vision communautariste et ethnocentrique exacerbée ; prisme qui signe l'arrêt de mort et de la vérité et de toute prospective réaliste car avisée.

     

                   (On retrouvera ce danger de l'intérieur, cette menace sur la communauté juive avec la recommandation de leurs leaders de se conformer à l'obligation du port de l'étoile jaune à la demande du régime de Vichy. Et bien des années plus tard, on retrouve ces leaders médiatiques juifs, tous unis derrière Israël, qui n'ont de cesse de qualifier de "mauvais Juif" tous ceux qui, dans cette communauté, auraient le malheur d'exprimer quelques réserves quant à la politique de cet Etat étranger (se reporter au traitement réservé à Rony Brauman par le CRIF) qui n'a rien à offrir au monde et dont il n'y a plus rien à sauver depuis 1967 ;  cette pression exercée sans vergogne ni respect pour la liberté de conscience sur les Français juifs par des offices israéliennes implantées sur notre sol (CRIF, LICRA et UEJF), leur fait courir un véritable danger... danger de mort, qui plus est, étant donné la nature de l'Etat et du régime israéliens (à ce sujet,  une étude est disponible ICI): un Etat qui semble n'être capable d'organiser que le malheur pour lui-même et ses voisins.

     

    ***

     

                    Etant donné le destin de Kafka, doit-on pour autant regretter de ne pas avoir eu un père tyrannique aussi prometteur ? Prometteur d’un fils au talent littéraire qui rayonne aujourd’hui encore dans toute l’Europe et au-delà, alors que nombre de pères ont longtemps eu pour seule ambition que leur fils devienne le cadre moyen ou supérieur gestionnaire d’une économie de services superfétatoires dont tout un chacun pourrait justement faire l’économie si seulement ils savaient renoncer à tous ceux qui savent si bien monnayer tout le bien qu’ils nous veulent.                             

                   A titre de conclusion, qu’il soit permis ici d’affirmer ceci : l’échec d’une résilience aujourd'hui tant prisée dont on nous rebat les oreilles et autour de laquelle des « carrières médiatiques » très lucratives prospèrent, après l’expression idiote de « faire son deuil » du verbe « faire » comme on « fait la cuisine », cet échec programmé car personne ne peut surmonter une épreuve aussi traumatisante, celle d'une enfance ruinée - n’en déplaise aux bonimenteurs -, cet échec… c’est bien là toute l’œuvre de Kafka qui, dans la souffrance d’un combat quotidien contre une fatalité paralysante, celle d'un déterminisme ontologique qui ne pouvait qu'être désastreux, a su nous atteindre, nous et une universalité exemplaire dont nombre d’auteurs feraient bien aujourd’hui de retenir la leçon.

     

     

    1 - Franz Kafka est né à Prague en 1883, alors capitale de la Bohême, partie de l'empire austro-hongrois. Il est le fils de Hermann Kafka (1852-1931) et de Julie Kafka, née Löwy (1856-1934). Sa langue maternelle est l'allemand. Il décède le 3 juin 1924 des suites d’une pneumonie.

    2 - A ce propos, on pourra sans hésitation se reporter à l’adaptation cinématographique époustouflante de cette oeuvre par Orson Welles et l’interprétation tout aussi exceptionnelle de l’acteur Anthony Perkins né Kafka.

     

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  • La France et le fascisme : autant de questions sans réponses

     

                 A l'heure où  "Ni droite ni gauche. L’idéologie fasciste en France",  paru en 1983, est repris en collection de poche avec une nouvelle préface de l’auteur sur près de 150 pages, non contente d'être la fille aînée de l'Eglise, à en croire l'historien Sternhell, la France serait aussi " la fille aînée du fascisme". Rien moins.

     

                                         Trente ans plus tard, qu'en est-il de cette France ?       

     

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    L'opuscule "La France et le fascisme" d'une quarantaine de pages se propose de répondre à cette question et d'en proposer d'autres à la réflexion du lecteur car, ce qui doit nous intéresser n’est pas tant de savoir si la France est la « fille aînée du fascisme » mais bien plutôt ce questionnement-ci : pourquoi certains historiens et politologues ont manifestement besoin de le penser à l’heure où aucune définition du fascisme ne semble possible, tout en tenant compte du fait que jamais en France il n’a existé un Etat fasciste, et qui plus est… librement consenti.

             Il semblerait que d’aucuns désignent encore le danger fasciste à l’extrême droite tout en apportant une définition totalement obsolète de ce fascisme – pour rappel : un marxisme dévoyé et une conception ethnoculturelle de la nation  - comme pour mieux faire diversion et nous cacher un autre fascisme,  taillé sur mesure pour demain celui-là,  et dans le marbre, jour après jour,  nation après nation,  culture après culture, être humain les uns après les autres... le fascisme d’une mondialisation contrôlée par les multinationales et la pègre ; un fascisme loi d’airain du fric et du pilonnage permanent des humbles et des relégués au nom d’une justice sociale emballée dans les cartons d’une science économique sans visage, sans morale et sans honneur ; loi qui ordonne la fin des toutes les controverses et de tous les débats.

     

     

    Pour prolonger, cliquez : France et fascisme - thèse, anti-thèse

     

     

    L'ouvrage est disponible ICI

     

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  • Eloge du risque... quand tout est risque

     

                        La philosophe, psychanalyste, éditrice et écrivaine Anne Dufourmantelle est décédée accidentellement le 21 juillet à l'âge de 53 ans ; courant tous les risques, elle s'est noyée en secourant deux enfants.

     

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                     Billet publié en 2011 

     

     

    Dans cet ouvrage, Anne Dufourmantelle, philosophe et psychanalyste (personne n'est parfait !) interroge "...le risque dans ce qui ne permet ni son évaluation ni son élimination ; le risque, cet engagement du côté de l’inconnu, du non-savoir ; un pari face à ce qui ne peut se trancher ; le risque qui ouvre la possibilité de l’inespéré. »

     

               Dans une société où l’assurance s’impose dans tous les domaines, la promotion du risque zéro et sa défense sont devenues inutiles : puisque ce risque zéro va de soi. Dans cette perspective, si on accepte plus facilement des délinquants riches et puissants à la tête des Etats et des multinationales - des délinquants éloignés de nous ; en revanche, les voleurs de scooters et de voitures, eux plus proches, n’auront qu’à bien se tenir ! -, malheur à celui qui fera courir un risque à qui que ce soit !

    Et l’auteure de s’interroger : « Que devient une culture  qui ne peut plus penser le risque sans en faire un acte héroïque, une pure folie, une conduite déviante ? »

    On proposera la réponse suivante : le goût du risque suppose une manière d’être au monde. Aussi, si le risque, même calculé, fait la part belle au hasard… la recherche du risque zéro annonce sûrement la mort de la relation, de toute relation à l'autre, la coupure de tous les liens : c'est la machine qui ne se trompe jamais dans ses calculs.

    Et là, on peut accorder quelque crédit à l'auteure même si...

              Suspendu, le funambule risque la chute. Prendre le risque d’être en suspens comme on suspend son jugement, une décision, être en réserve alors que tout vous incite à agir, à trancher… c’est prendre le risque de l’indécision, du doute ; et celui qui doute encore est tout sauf fou, ce qui, aujourd’hui, est un bien des plus précieux

    Pour cette raison : vive le refus du risque !

    Prendre le risque de la passion qui n’est recommandée par personne car on la dit destructive, c'est accepter de tout perdre, son identité, ses repères, c’est aussi se préparer à subir encore et encore ; et si ce risque-là nous détruit, du moins nous fait-il courir la chance d’une élévation incomparable.

    Prendre le risque de l’immanence n'est-ce pas prendre tout simplement le risque de vivre sans le secours d’une religion complaisante, démagogique et castratrice ?

    Qui nous en blâmera donc ?

    Prendre le risque de la tristesse dans l’espoir qu’elle nous guidera jusqu’à une pensée vraie, profonde, après une séance de larmes, juste avant l’apaisement…

    N'est-ce pas faire preuve d'un optimisme qui cache mal une tendance masochiste ?

    Et puis,  qu'en est-il du risque suivant : le risque de l'oubli ? A une époque qui révère la mémoire comme jamais auparavant, même et surtout sélective, une mémoire instrument de domination… l’auteure oubliant de mentionner ce risque d'oubli, ce droit à l'oubli mais... appliqué à la psychanalyse cette fois-ci, la discipline de notre auteure ; la psychanalyse donc, cette sangsue pour laquelle rien ne s’oublie car rien ne se perd jamais vraiment.

    Quant au risque de la liberté, aller au devant de soi, là où nous ne sommes pas encore pour n’avoir jamais osé s’y rendre, de peur d’échouer et d’en revenir défait ; prendre le risque d'agir... par les temps qui courent et qui ne pardonnent rien ni ne vous laissent que rarement une seconde chance... qui portera un jugement défavorable sur cet autre refus ?

                En revanche, l’angoisse aussi est un risque que l’on aimerait ne pas avoir à courir alors qu’elle est le propre de l’homme ; celui qui n’a pas connu l’angoisse, celui qui la refuse lorsqu’elle arrive préférant le secours de la pharmacopée, n’est-il pas tout simplement sur le point de refuser la vie en lui, son humanité indépassable ?

    Quid de l’enfance et du refus de la quitter, elle et ses contes magiques ?

    Prendre le risque de se défaire de l'enfance n'est-ce pas, là encore, courir au devant de toutes les déceptions puisque c'est accepter que le réel soit la base à partir de laquelle tout peut être remis en cause car il n’est de réel que ce qui peut être déconstruit ?

    Risquer l’inconnu, risquer l’amour, et la dépendance, risquer le refus de l’autre, risquer la beauté, ne vivre que pour elle, le difficile, le rare...

    Prendre le risque de désobéir après avoir longtemps obéi, risquer le scandale, la rupture, risquer la parole, celle qui provoquera une catastrophe ou bien le merveilleux...

    Qu'en est-il du risque de la mort… à l’heure où l’humanité des pays hyper-développés n’est pas loin d’exiger l’immortalité comme un droit inviolable, sans doute en compensation de l’escroquerie d’une organisation de l’existence avec sa promesse jamais tenue d’un progrès émancipateur et infini : elle refusera de partir cette humanité, elle s’accrochera le plus longtemps possible jusqu’à ce qu’elle ait obtenu réparation avant de lâcher prise enfin disposée à risquer sa vie propre avant de l’exposer au monde et à sa sanction ; imprudence fatale, ou bien acte délibéré de malveillance... on aura alors pris le risque de faire perdre celui qui ne veut à aucun prix que quiconque lui fasse courir un tel risque car, quand il n’y a pas de place pour deux, il n’y a de place que pour celui qui sait faire prendre à l’autre tous les risques, et plus particulièrement celui qui lui sera fatal

     

     

    ***

     

                 Une belle écriture que celle d'Anne Dufourmantelle, une écriture propre sur elle (une douche matin, midi et soir, sans doute après chaque éruption de l’âme) ! Quelques trouvailles stylistiques plaisantes qui n'évitent pas... préciosités (1) et maniérismes (on devine l’auteure bien née) accompagnées de quelques vérités bien senties sur nos désordres les plus intimes, à la fois littéraire et poétique, ce qui ne gâche rien par les temps qui courent à toute allure vers la non-écriture, on pourra néanmoins déplorer un recours excessif à des poncifs tels que… «  On n’en reviendra jamais d’être né d’une autre et d’être pourtant seul, d’avoir à mourir seul » ; véritable fonds de commerce de la psychanalyse qui nous renseigne davantage sur ce qui fait un psy, ses motivations, le pourquoi et le comment, plutôt que son patient, car on ne meurt jamais seul ; tous ceux qui sont aimés et qui ont été aimés le savent : on meurt entourés de ceux que l’on quitte et de ceux qui nous ont "quittés" et qui n’ont jamais cessé d’être présents à et en nous-mêmes.

                Dans cette énumération enthousiaste, d’un optimisme béat de tous les risques à notre portée, difficile de ne pas se figurer une Anne Dufourmantelle occupée à passer le plus clair de son temps assise dans un fauteuil à écouter ceux qui ont pris tous les risques, et le premier d’entre eux : le risque de vivre ; aussi, avec cette énumération quasi exhaustive de tous les risques à prendre ou à éviter - c'est au choix ! -, grande est la tentation du lecteur de suggérer à l’auteure de prendre le risque suivant : quitter son fauteuil de psychanalyste et sortir là où la vie et la philosophie trouvent leurs interrogations les plus pertinentes et les plus fécondes : dans l’expérience de la rue, les trottoirs, et pourquoi pas : le caniveau, les fosses septiques, les égouts... jusqu’aux stations d’épuration et leur traitement des eaux usées car, il y a des expériences qui en valent bien d’autres : sales et nauséabondes.

                 Pour sûr, il manque à cette énumération de tous les risques disponibles ceux que l’on ne choisit pas de courir ; ces risques que l’on vous fait prendre, ici et ailleurs, que l’on impose à des milliards d’individus dans le monde ; risques qui touchent à leur condition de vie à tous, condition d’être au monde, ou bien plutôt, condition de n’être au monde qu’un moyen, qu'un instrument au service d'une optimisation de l'exploitation de la "ressource humaine" - hommes femmes et enfants confondus -, sans fin, jour après jour ; ce qui, certes, n’enlève rien à Anne Dufourmantelle, pas plus qu’à ses séances de psychanalyse que l’on peut facilement imaginer tarifées à 200 euros la demi-heure (net d'impôts) à en juger par sa clientèle et les nombreux comptes rendus qu’elle nous en fait : une séance par risque donc ! C’est là sans doute le prix d’une écoute dite flottante...

    Après tout, tant que le navire ne coule pas et que personne ne se noie autrement que financièrement…

     

    ***

     

               Il y a une qualité qui ne se mérite pas et qu’on n’achètera pas non plus, car elle ne se vend pas ; cette qualité, elle se donne gracieusement à quiconque souhaite l’acquérir : c’est la juste évaluation des risques que l’on court... et plus encore, lorsque l'on court le danger de les courir tous ; évaluation à des fins d’anticipation qui nous permet d’entrevoir ce que l’on s’évertuera à nous cacher aussi longtemps que notre engagement servira, non pas notre intérêt - celui de notre propre existence sur toute une vie - mais ceux des autres, pour le temps qu’il leur sera donné de nous les confier pour les faire fructifier. Car, personne ne nous préservera, aujourd’hui moins qu’hier, depuis qu’on nous sommes tous sommés de nous exposer et que, pour cette raison, tout est risque dans une société qui ne pardonne rien à personne, la haine de l'échec au ventre.

     

     


    1 - On ne devrait jamais se regarder écrire, comme d’autres s’écoutent parler ; le meilleur auteur est sourd et aveugle ; il ne doit faire confiance qu’au génie de son intuition et de son instinct ; animal,  brutal et barbare. Alcoolo-tabagique, un auteur doit pouvoir puer de la gueule (des pieds aussi, et de la queue... accessoirement !) ; seul Proust fait exception, c’est vrai ! Et c’est sans doute la raison pour laquelle personne ne le lit excepté ceux qui en parlent parce qu’ils sont payés pour ça.

     

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     Anne Dufourmantelle à l'occasion de la sortie de "Eloge du risque".

     

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  • Marc-Edouard Nabe : un regard sur ses années 2000

     


    Tout Nabe sur la mort de Ben Laden 1/2 par HamilcarGuimir

     


    Tout Nabe sur la mort de Ben Laden 2/2 par HamilcarGuimir

     

     

                     L'intégrale des interventions de Marc-Édouard Nabe, le 2 mai 2011 à l'émission spéciale de "Ce Soir ou Jamais" consacrée à la mort de Ben Laden.

     

     

     

                    Nabe revient sur les années 2000 et parle de son soutien aux Musulmans.

    Sujets évoqués :


    - Parcours d’un écrivain pro-arabe.
    - Carlos.
    - Négligence des Musulmans.
    - Attaquer les Juifs.
    - Défendre les Arabes.
    - Soutien des femmes.
    - Siné et Vergès face à l’ingratitude des Arabes.
    - Georges Ibrahim Abdallah.
    - Ben Laden.
    - La solidarité.
    - La Révolution.
    - L’Algérie, les Pieds-Noirs et le FLN.
    - Dieudonné.
    - Est-il plus méritoire pour un Musulman de sortir de sa banlieue pour rencontrer Marc-Edouard Nabe que pour Marc-Edouard Nabe de se déplacer à Bagdad sous les bombes ?

     

    ***

     

                Nabe s’est mal remis de l’échec de sa tentative en 2001 de rallier à lui tous ceux qui, en France, s’étaient réjouis des événements du 11 Septembre - il souhaitait cibler en priorité… les Français de culture arabo-musulmane -, avec la publication de l'ouvrage "Une lueur d'espoir" – comprenez : espoir pour les Nations arabes suite à ces événements (vidéo ICI ) -, qui fait l’éloge de Ben Laden, ange exterminateur et vengeur d’une Amérique dont il n’y a plus rien à sauver.

                 Nabe commettra une erreur  :  il refusera de questionner la version des événements de ce mois de Septembre 2001. Comment le pouvait-il quand on connaît ses motivations réelles ? A ses yeux, ces événements devaient être l’œuvre de Ben-Laden seul. Or, les « Arabes de France » ont voulu le beurre et l’argent du beurre : un « Ben Laden tout puissant » et la dénonciation des opérations sous fausses bannières, ou faux drapeaux, de l’Etat profond américain (CIA et NSA) ; Thierry Meyssan, lui, l’a fait ; il parlera d'imposture à propos de la version US des événements du 11 Septembre (vidéo ICI), et c’est lui qui « raflera la mise » ; Soral et Dieudonné aussi après Houellebecq en ce qui concerne la reconnaissance littéraire et toutes les facéties des médias qui vont avec.

    Dépité, Nabe tentera de se faire oublier ; et il aura au moins réussi ça ! Après un ouvrage sur DSK jugé "ingérable" par les médias... très vite, Nabe est allé cuver son échec comme on cuve un mauvais vin ; il est retourné à la peinture…  ou bien plutôt… au dessin en coloriste talentueux.

     

    ***

     

                   Que Nabe se console avec ceci : s'il n'est pas sûr que Houellebecq survive à la postérité car son "oeuvre" sans ambivalence peut se résumer en deux ou trois phrases ; en revanche, l'oeuvre de Nabe ne cessera jamais d'être re-visitée, sortant de l'oubli, y retournant, chacun allant y chercher une lecture "plurielle" et la promesse d'une transgression qui seule nous rapproche de la vérité ; ce type de travail littéraire sera d'autant plus recherché qu'il symbolisera l'exception qui confirmera une règle : celle un monde dans lequel Star Wars, Call of duty, leurs enfants et petits enfants auront tout balayé avant de tout occuper.

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    Pour prolonger, cliquez : Attentats parisiens : Marc-Edouard Nabe nous revient

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  • Travail et entreprise : neuf études

     

     

    neuf études sur le travail et l'entreprise, serge uleski, littérature

                      Si vous interrogez les travailleurs sociaux, les syndicalistes et les patrons, ils vous diront tous que le travail est essentiel à l'équilibre individuel, car le travail permet d'envisager une autre réalité que soi-même.

                  Car, travailler c'est sortir  prendre l'air, c'est faire un tour, et ce faisant, c'est rencontrer l'autre : son patron dans les couloirs, ou bien les collègues à la machine à café pendant les pauses si généreusement accordées par la direction des ressources humaines.

                  Et si d'aventure vous en doutez, votre entourage professionnel n'hésitera pas à vous rappeler qu'il existe bien une autre réalité que soi-même, un autre vécu, tout un monde de contraintes salutaires qui vous laisseront espérer des jours meilleurs, bien meilleurs même !    

     

                                     Cliquez Travail et entreprise - 9 études.pdf

     

                                                   Pour revenir au blog, cliquez sur "page précédente" dans votre navigateur

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    Inculture(s) 9 - Le Management - Une conférence... par non-merci

     

    Exploiter mieux pour gagner plus...

    Une autre histoire du management

       Conférence gesticulée par Annaïg MESNIL

    et Alexia MORVAN de la Scop Le Pavé

     

    Conférence gesticulée - version intégrale ICI

     

     

    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI en littérature

     

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  • Crise de la transmission et deuil de l'oubli - 3

     

     

                   Ce que vous n'avez pas connu ne peut en aucun cas vous manquer !

           En sommes-nous si sûrs aujourd'hui ?

     

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    Le dernier des hommes de Friedrich Wilhelm Murnau - 1924

    ou l'homme au rebut.

     

     

                            Ordet (La Parole), de Carl Dreyer - 1955 ; d'après la pièce de théâtre du Danois Kaj Munk

                     Comment embrasser la totalité de l'univers, alors que le matérialisme et le scepticisme n'en voient qu'une partie dont ils ont la folie de croire qu'elle est le tout ?

     

     

    Le sacrifice d'Andrei Tarkovski - 1986

    Comment combler l'absence d'un espace réservé à la vie spirituelle ? Et la menace que cette absence fait peser sur chacun d'entre nous.

     

    ***

     

                Le dernier des hommes, Ordet, Le sacrifice... Murnau, Dreyer, Tarkovski... et d'autres...

    Qui les protègera de l'oubli, de cette perte de mémoire, de cette amnésie savamment organisée et entretenue par des marchands de succédanés et une économie de l'ersatz qui a tout emporté sur son passage ?

    Au sujet de cet oubli, le véritable deuil, finalement, n’a pas pour objet la perte - à l'heure du numérique, plus rien ne se perd, et pour peu qu’il s’agisse d’une œuvre, celle-ci est indestructible : désormais, ce qui a été le sera à jamais !

    Non ! Aujourd'hui, le deuil a bien plutôt pour objet l’absence de transmission et l’ignorance certaine de ceux à qui aucune chance ne sera donnée de découvrir et de connaître tout ce dont il nous a été donné d'être les témoins...

    Car si Internet c'est toute la mémoire du monde, avec le concours de millions d'acteurs du web déterminés à transmettre le passé, même récent, encore faut-il soupçonner l'existence de tout ce qu'une génération a pu faire advenir intellectuellement et artistiquement.

     

                  Le deuil, c’est donc le deuil de la non-transmission avec lequel il nous faut vivre ; le deuil de notre incapacité à pouvoir transmettre et « raconter l’autre » qui n’est plus ; le raconter auprès d’un public absent, indisponible ; des millions d'êtres humains privés de leurs capacités à faire un pas en arrière car, aujourd’hui,  il n’est donné à personne de se retourner : "Pas le temps ! Et puis j'étais pas né !"

    Et ce deuil-là est sans recours ni consolation.

     

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