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société

  • Humour, rire et justice

     

     

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              Sortie par effraction de toutes les impasses, hors de l’espace et hors du temps, dans une autre dimension, les mécanismes du rire sont complexes ; ils se dérobent à l’analyse exhaustive car avec le rire, le talent et le génie, il reste toujours une part d’inconnu.

    Le rire est magique d’une magie blanche et noire ; quand il est gris, le rire est retournement et détournement de l’insupportable même s’il en garde la trace et la marque car il n’oblitère rien, ne répare rien mais il permet de souffler un peu, consolateur, avant de côtoyer à nouveau des oppresseurs têtus et insatiables.

    Le rire est libération quand il met en scène un dépeçage des conventions, des hypocrisies et des machinations ; il libère l'esclave ; il permet de sortir de l’enfermement.

               Bergson disait : « Le rire n’a pas plus grand ennemi que l’émotion. Le comique s’adresse à l’intelligence pure ». Coeur de pierre donc, mais source d’énergie radicale, il est une ouverture sans précédent vers l’inouï, l’inédit et la liberté.

              Rire, humour… humour et rire, il arrive aussi que le rire rende justice à ceux qui en sont privés. Belle revanche des déshérités alors !

     

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                      Dieudonné, parce que... le plus talentueux et le plus courageux, sinon le seul.

    Un Dieudonné Spartacus du rire, là où l'humoriste, ainsi nommé, cesse d'être un esclave et ce faisant, libère tous les autres humoristes de la malédiction d'un humour tiroir-caisse, un humour de flagorneur, et pour voie de conséquence, un humour affligeant  comme tout ce qui rabaisse l'homme à ce qu'il croit savoir de lui-même, qui n'est le plus souvent que ce qu'on a daigné lui enseigner ou bien ce qu'on a souhaité lui faire espérer de lui-même et des autres.

     

    Pour prolonger, cliquez : Dieudonné, le Spartacus du rire

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  • L'égalité à la française : un sésame qui ouvre les portes d'un régime de privilèges et d'immunités

     

     

                 La vérité est un mille-feuilles, et rares sont ceux qui demandent du rab car, avec elle, on est très vite rassasiés.

     

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               Si le citoyen français est très attaché à l’égalité, ne cherchez pas, c’est dans l’espoir que cette égalité lui ouvrira des portes qu’il s'empressera de refermer derrière lui, avant de les verrouiller toutes, à double tour.

    Car, pour ce citoyen aux origines souvent modestes (mais pas toujours), l’égalité est le seul moyen d’accéder à un statut privilégié dans le secteur privé comme dans le secteur public, et ce faisant, son seul espoir d'intégrer une classe du même nom, à savoir : la classe des privilégiés.

    Deux siècles de ce régime d'exceptions et d'immunités pour les plus privilégiés parmi les privilégiés, ont fait qu’aujourd’hui, on peut affirmer sans se tromper : il ne reste plus une seule porte ouverte pour quiconque, toutes origines sociales, culturelles et ethniques confondues.

     

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                 Sans vouloir être désobligeant à son égard, et au risque de paraître franchement grossier, toutes choses étant égales par ailleurs - même si on sera bien en peine de savoir quoi et où -, dernièrement j'ai pensé à une chose : et si ce citoyen épris d'égalité était un petit enfoiré (1) ? Un enfoiré souvent sympathique, certes, mais... un enfoiré quand même ! Et qui plus est, un enfoiré de la pire espèce : de l'espèce qui niera tout en bloc, même sous la torture.

    Dur à cuir et pervers, ce "rebelle" tartuffe d'une mauvaise foi à fleur de peau,  n'a qu'une seule et unique cause : une place au soleil pour lui seul.

    Alors... diable ! Comment ne pas arriver à la conclusion suivante : il y a bien quelque chose de profondément... pourri... au royaume de France. Ce qui expliquerait en grande partie l’absence de solutions à la fois collectives et individuelles ; car, franchement, aujourd'hui, dans ce pays, on aide qui, à mettre (ou à remettre) un pied à l’étrier.

    Vous en doutez encore ?

    Ecoutez donc un chômeur vous parler de son dernier entretien avec un conseiller de Pôle emploi ; voyez cet employé face à un employeur dont le seul mérite est de créer des emplois de 25H par semaine, payés au minimum horaire ; testez la qualité de l'accueil d'un bénéficiaire du RSA, d'une fille-mère face à une assistante sociale ou bien, d'un titulaire d'une carte CMU dans un centre médical ; voyez ces milliers d'ados et de pré-adultes qui quittent tous les ans (280 000 chaque année), une institution qui, en 10 ans et plus, leur aura tout juste permis de maîtriser l'écrit et la lecture...

    Et puis, rajoutez-y une couleur de peau et un nom venus d'ailleurs...

     

     

    1 - Enfoiré : individu pas foncièrement méchant ni mauvais mais... faut pas lui tourner le dos ; et mieux vaut ne jamais avoir besoin de compter sur lui ; même si l'on ne doit pas oublier la profonde solitude et la fragilité de l'homme moderne, à la fois individualiste forcené (satisfaction de ses besoins) et grégaire (recherche de sécurité dans un groupe) au sein d'une réalité qui a pour fond social : la peur, la précarité et l'instabilité.

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  • Joseph Beuys par Michel Giroud

     

    Sortir de l'Art quand l'Art ne peut plus faire face

     

      

    Joseph Beuys (1921-1986) : mouvement Fluxus, art en action, écologie radicale…

     

         -      Le totem américain c'est le coyote

    -      Il n'y a pas d'Occident, il n'y a que des gens conscients et puis les autres

    -      New-York : terre amérindienne de la criminalité néo-nazi blanche américaine

    -      Sculpture sociale : faire de chaque geste un acte artistique

         -      Sortir du territoire du crime et de l'inconscience qu'est l'Art pratiqué par des totos qui n’ont pas idée.

     

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    Action performance : "I like America and America likes Me"

    de Joseph Beuys 

    beuys_coyote_21.jpg

                "Joseph Beuys débute cette action alors qu’une exposition est annoncée à New York, en mai 1974, dans la galerie René Block. Une ambulance se présente au domicile de l’artiste à Düsseldorf, en Allemagne. Il est alors pris en charge sur une civière, emmitouflé dans une couverture de feutre. Il va alors accomplir un voyage en avion à destination des États-Unis, toujours isolé dans son étoffe. À son arrivée à l’aéroport Kennedy de New York, une autre ambulance l’attend. Surmontée d’un gyrophare et escortée par les autorités américaines, elle le transporte jusqu’au lieu d’exposition. De cette façon, Beuys ne foulera jamais le sol américain à part celui de la galerie : il avait en effet refusé de poser le pied aux Etats-Unis tant que durerait la guerre du Viet-Nam. Il coexiste ensuite pendant trois jours avec un coyote sauvage, récemment capturé dans le désert du Texas, qui attend derrière un grillage. Avec lui, Beuys joue de sa canne, de son triangle et de sa lampe torche. Il porte son habituel chapeau de feutre et se recouvre d’étoffes, elles aussi en feutre, que le coyote s’amuse à déchirer. Chaque jour, des exemplaires du Wall Street Journal, sur lesquels le coyote urine, sont livrés dans la cage. Filmés et observés par les visiteurs derrière un grillage, l’homme et l’animal partageront ensemble le feutre, la paille et le territoire de la galerie avant que l’artiste ne reparte comme il était venu.

    Pour certains, Beuys, à travers cette action, souligne le fossé existant entre la nature et les villes modernes ; par le biais de l’animal, il évoque aussi les Amérindiens décimés dont il commémore le massacre lors de la conquête du pays. Le coyote cristallise ainsi les haines, et est considéré comme un messager. Pour d’autres, Beuys engage ici une action chamanique. Il représente l’esprit de l’homme blanc et le coyote celui de l’Indien. Le coyote est un animal intelligent, vénéré jadis par les Indiens d’Amérique et qui fut persécuté, exterminé par les Blancs. Ainsi, Beuys essaie de réconcilier l’esprit des Blancs et l’esprit des Indiens d’Amérique. Il parle même de réconciliation karmique du continent nord-américain."

     

    ...par Infernolaredaction

     

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    Pour prolonger, cliquezMichel Giroud

     

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  • L'état de la France : réalité et vérité toutes nues !

     

     

     


                       La colère des mères de familles originaires du Maghreb qui réclament la fin de la ségrégation, la fin des ghettos (savamment planifiés) qui condamnent à terme leurs enfants à l'échec scolaire et citoyen au sens le plus large - instruction, emploi, logement et sociabilité -, s'exprime là sans ambiguïté ; un cri de désespoir qui ne sera pas entendu ; indifférence qui condamne une nouvelle génération, une de plus, au rejet avec toutes les conséquences que l'on sait.

                       Dans le contexte d'une telle ségrégation, jamais une telle réalité de terrain, aussi concrète parce que factuelle n'a autant servi une vérité criante :

                      - Oui ! les populations dites " issues de l'immigration" veulent rejoindre la communauté nationale !

                      - Non ! les politiques d'intégration des populations d'Afrique noire et du Maghreb par le biais d'une planification d'une mixité culturelle et sociale n'intéressent personne ; ces politiques sont le cadet des soucis des élus, plus particulièrement locaux et de leur électorat dans une grande majorité... de celle qui vous permet d'être ré-élu, par exemple. 

                       Toute autre considération n'est qu'un procès d'intention aux relents xénophobes et racistes, adressé à des populations dont on se refuse, a priori, à reconnaître le droit à la pleine jouissance des conditions requises au développement de tout son potentiel en tant qu'êtres humains membres d'une communauté indivisible et universelle qui ne doit souffrir aucune discrimination.

     

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                     Une conclusion s'impose : l'Etat français et les médias n'ont que faire d'un Musulman (au centre de l'attention politique et médiatique depuis des années) citoyen, lettré, éduqué, entreprenant et sans complexe car il ne fait pas recette médiatiquement et électoralement ; de plus, ce Musulman-là est difficilement manipulable et ne permet pas l'instrumentalisation de sa religion et des religions ainsi que des extrêmes à des fins politiciennes : diviser la communauté nationale autour de l'épouvantail omniprésent qu'est le RN, repoussoir politique idéal, et ainsi obtenir l'assurance d'être réélu au deuxième tour d'une élection quelle qu'elle soit, locale ou nationale, avec le soutien d'une majorité de l'électorat même si le taux d'abstention ne cesse de croître. 

     

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  • Georges Simenon et les femmes : il était une fois...

                  L'auteur nous a quittés il y a 30 ans aujourd'hui.

     

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                     Si l’être humain est au centre de l’œuvre de Simenon, et si les personnages en sont le  point de départ, les femmes en occupent souvent la première ligne, et à l’arrivée, on les retrouve tout aussi nombreuses.

    Les femmes, Simenon les a toutes rencontrées : la femme adultère, la femme battue, la femme empoisonneuse, la femme le diable au corps qui cache une brisure, une fêlure, une faille, un traumatisme, un manque, un gouffre…

    Fidélité faite femme, trahison... femmes de mareyeurs, femme de mariniers ; énergies que rien ni personne ne saurait épuiser dans l’animalité d’une relation brutale d’une existence dans tous ses états… oisives et bavardes, elles attendent leur mari sur le pas de leur porte ; actives, elles vous serviront un repas sans broncher ou bien vociférant, tablier autour de la taille, torchon d’une main… et tous se briseront contre ce bloc humain qu’elles dressent devant l’intrus.

     

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                  Contradictions, paradoxes, énigmes, Simenon a observé les femmes comme on le ferait d’un phénomène en action : frénétiques, en ébullition, rebelles, femme dépensière, femme qui thésaurise, femme aux mille lettres d’amour, il les a toutes vécues et il a tout compris de leurs faiblesses, de leur cruauté et de leur malheur passé, présent et encore à venir ; lui qui ne se repose jamais !

    Animales, certaines de ces femmes sentent tout : le moindre malaise de l’âme, le plus petit frémissement de la conscience. Très souvent des femmes sans enfant, un peu comme si tout l’amour dont elles sont capables leur avait été enlevé… et puis de mauvaises mères aussi, indignes, castratrices, accapareuses, et d’autres encore, dévouées, sacrificielles jusqu’au crime et qui, privées d’hommes et de mari, ont dû très tôt renoncer à une vie… de femme justement.

    Spontanées, intuitives, sensuelles, instinctives et redoutables, mordantes, des femmes au plus simple de l’écriture, mais géantes, toujours ! Qu’elles servent le bien ou le mal, des instincts les plus dégradants comme des desseins les plus nobles… elles portent avec elles et en elles toute l’Histoire du monde et toutes les histoires d’un Simenon insatiable : des femmes  qui, à trente ans, ont déjà épuisé toute leur force ; d'autres qui se sont laissées vieillir lentement comme un bon vin et qui, la cinquantaine passée, demeurent plus que jamais capables d’en remontrer à la terre entière. Femmes éteintes…  bougies à la flamme soufflée qui fument encore sans éclairer sinon une nuit noire comme le destin qui guette sa proie dans une allée devenue soudain impasse de fin de vie.

    Chahutées, bousculées par des hommes qu’un mal incurable torture…rien n’est gratuit chez elles ; dans chacun de leur acte, même au plus fort d’une cruauté proche de la démence car elles ne s’appartiennent pas toujours, contre toutes les formes de dépréciation de soi dans une organisation de l'existence qui a pour seule mécanique infernale  la soumission au moins-disant émotionnel qui engorge tous nos désirs, il leur arrive de commettre l’irréparable ; et c’est alors que… d’un premier jet, sans plan, elles se laissent agir ; ce n’est que plus tard qu’elles rendront des comptes ou bien qu’elles se tairont mutiques et désespérées du plus loin qu’elles se souviennent.

     

               Comiques, burlesques, perdues pour la raison, en retrait, effacées, écrasées, laissées pour mortes… identités multiples, phénomènes hors norme à l’image de l’auteur, en elles tout est nécessité psychologique et quand elle tombe la robe... panique, effroi, c’est tout un monde qui retient son souffle, celui des hommes qui ne savent pas encore comment ils se feront dévorer, même si parfois ce sont elles aussi qui retiennent le peu de vie qu’il leur reste à battre sur le pavé dans une existence sans but car le fort épargne rarement le faible, même les jours de sortie pour un bal de la misère noire.

    Candides, enfantines, d’un naturel désarmant, ingénues tombées des nues, ingrates, jeunes et déjà gâtées, sans cœur ni esprit, elles ont souvent de qui tenir : leur mère. Femmes du Milieu, femmes de parlementaires ou de ministres, maîtresses, comédiennes, prostituées rangées ou non des voitures, femmes au train de vie dispendieux...

     

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                   Roman après roman, c’est avec elles que Simenon a rendez-vous car… toutes ces femmes sont vraies, bien réelles. Simenon a vécu longtemps avec elles ; il les a toutes comme entraperçues, devinées, dévoilées derrière un comptoir, dans une boutique, au bras de leur mari ou d’un amant. Sans doute a-t-il croisé une fois leur regard, une fraction de seconde pour une éternité contenant déjà toute une vie sur deux cents pages….vie honnête ou bien mensongère, malheur, grandeur et décadence. A leur insu, il a tout compris d’elles, tout prévu, avant même qu’elles ne vivent un destin, le leur, encore à venir car la fiction est redoutable ; celle de Simenon plus encore : elle doit tout à la réalité.

    Mais alors, toutes ces femmes ont-elles soupçonné un instant qu’elles aient pu à ce point stimuler l’imagination d'un Georges Simenon qui affirmait pourtant en manquer cruellement ?

    Au moment précis où l’on croit fixer leur personnalité, elles déroutent, dévient, font volte-face et c’est de dos comme face à un mur qu’il faut maintenant poursuivre plus loin l’investigation de leurs motivations les plus secrètes, moteur de toute l’histoire d’une vie qui a basculé car toutes ces femmes ne se refont pas. Non ! Jamais !

     

                 De tous les milieux, de toutes les professions plus que de toutes les « classes sociales », comme autant de personnages, comme autant d’esquisses d’un monde qui ne leur appartient pas toujours… elles remettront sur le métier, contraintes et forcées, cent fois leur vie et leur existence… car pour toutes ces femmes seul existe ce que l'on fait exister, avec détermination, après un travail acharné, pour ne pas se contenter, négligeant et sans courage, de le rêver jusqu’à l'ébranlement de tous les repères.

    Solitude, humiliation dans une vie conjugale en situation d'échec, une existence qui semble à jamais figée, une vie sans lumière, subversives jusqu’à s'extraire d'un monde interdit d'extase, plébéiennes, femmes de notables, ces femmes... Simenon les a forcées jusqu’aux personnalités et caractères les plus audacieux. Touché par leur détresse sans toutefois reconnaître tous les ponts qu’il a sans doute inconsciemment dressés entre elles et lui, même coupables, Simenon aura toujours plus de sympathie et d'empathie pour elles que pour leurs victimes souvent socialement plus élevées ou plus chanceuses.

    Leur dignité à toutes frappera le lecteur peu soucieux de comprendre que Simenon n’est pas en-dessous ni au-dessus de la vérité de leur condition mais ailleurs, là où tout jugement est suspendu. A toutes il leur épargnera donc les affres d’un jugement lapidaire car Simenon sait que pour juger les autres il faut avoir été au moins une fois accusé.

     

                 Qu'importe le style ! Toutes ces femmes trônent au-dessus de l’écriture qui les a engendrées, et Simenon n’aura de cesse de déchiffrer leur propre énigme quels que soient les actes commis car leur vérité est loin de n’être que romanesque, et pour cette raison, il les excusera toutes.

    Folâtres, amoureuses, excentriques, criminelles, victimes, bourreaux, il les aura toutes côtoyées, puis... proche,  très proche, au plus près de leurs attraits, défauts et qualités… il les aura touchées aussi, chair et sang sous une veine palpitante comme un cœur qui bat trop fort ; il a su nous les rendre plus vivantes encore, là, sous nos yeux, en moins de mots qu’il faut pour le dire et l’écrire d’une écriture qui n’a qu’une seule prétention : nous rappeler d’où l’on vient… même sans y être allés,  avant de nous révéler à nous-mêmes tels que nous ne sommes pas et tels que nous ne serons sans doute jamais, ou bien encore, tels que nous aurions très bien pu être si par malheur, tout ce qui nous conduit à la déchéance en avait décidé ainsi en prenant le dessus sur tout ce qui nous condamne aux yeux d'une société aussi indifférente que cruelle.

     

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    Mentionnons au passage la biographie de Simenon par Pierre Assouline, énorme pavé qui se veut exhaustif mais qui se perd et perd en intensité au fil des pages et de sa lecture ...

    Génie impalpable, génie de Simenon, génie insaisissable, génie de l’artisan et de son labeur dans le silence de la tâche à accomplir, Balzac du 20e siècle et Maupassant des années cinquante… Simenon ne sera jamais au-dessus de ses personnages ; aussi, c'est bien dans ses personnages qu'il faut aller le chercher. D’où l’inutilité d’une biographie, et plus encore, d’une bio de 750 pages.

    Pour célébrer Simenon, on pensera plutôt à une épître, d’un seul jet, dans un seul souffle, tous ses personnages d’un seul trait, toute une vie, mille vies, de la comédie au drame, de la farce à la tragédie selon un ordre secret car cosmique - ordre supérieur à notre entendement jusqu’au moment où l’ordre est donné -, et qui fait que chez Simenon tout un chacun peut encore espérer recevoir ce qui lui est dû : la bascule de la guillotine, le cachot d’une prison sans rémission, la chambre d’un hôpital  psychiatrique… ou bien une justice qui viendra réparer tout le tort causé même si la consolation est brève car rien ne s’oublie jamais vraiment !

    Il faut relire Simenon, une grande leçon de modestie, un auteur si proche de ses lecteurs. Un des plus grands humanistes du XXe siècle.

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  • Sonate d'automne en hiver

                            

     

               Car le ver était dans le fruit, le venin dans la veine et le poison dans le sang...

     

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    Introduction et exposition

     

                   Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, et plus particulièrement depuis le début des années 70, les Etats et leurs dirigeants dits modernes sont placés dans un système sans responsabilités. Dans ce système, la Banque - entre autres agents -, peut agir sur le monde sans avoir à penser aux conséquences, encouragée par le fait que personne ne lui demandera des comptes ; et la débâcle financière du mois d’octobre 2008 ne fait que confirmer ce phénomène propre à l'ère moderne ; débâcle qui, pour sûr, plongera des millions d'individus dans la précarité, le chômage et la pauvreté.

    Qu'à cela ne tienne : aucune responsabilité ne sera établie et aucune culpabilité non plus
    Un pas de plus vers un "Ni responsable ni coupable" généralisé, cette impunité qui, nul doute, en affligera plus d’un, et qui n'est que la suite toute logique d'un "responsable mais non coupable" déjà trop familier à nos oreilles depuis une bonne vingtaine d‘années.

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    Développement

     

    Les mots se sont tus mais les bombes sont tombées ce matin.

    Le facteur est donc bien passé : pas de courrier mais des bombes ; des bombes jusqu'à ne plus savoir où donner de la tête, quand il nous en reste encore une... de tête pour chercher un abri, et des jambes pour courir se mettre au vert, en attendant des jours plus sereins.

    Les bombes ! Enfin les bombes ! Place au spectacle ! Spectacle hallucinant ! Pour un peu, on en viendrait presque à regretter que personne n’ait pensé à les faire tomber plus tôt, toutes ces bombes. Vraiment : quel manque de jugeote et d’à-propos !

    Pensez donc ! Toutes ces bombes, c’est pas rien ! Et puis, c'est quelque chose ! C’est un monde, tout un monde, cette technologie de pointe et de haut vol ! Pensez à tous ces fragments de vie maintenant... sans vie ; corps fragmentés de mort qui ne demandaient que ça : qu’on s’occupe d’eux et qu’on les bichonne.

    Désormais, on ne se contentera plus des faits divers : il nous faudra des bombes... et ce sera parti ! Plus rien ni personne ne pourra les arrêter toutes ces bombes quand elles tomberont.

    A compter d’aujourd’hui, une journée sans bombes sera une journée pour rien, une journée gâchée, une journée perdue pour tout le monde.

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    Récapitulation et conclusion

     

    "Ecoutez-moi Monsieur !

    - Mais... je vous écoute ! Je fais que ça !

    - Aujourd'hui, il n’est plus question de rentabilité... car le besoin légitime d’un retour sur investissement finit là où commence la recherche effrénée du profit maximal ; et cette recherche-là, c’est la recherche du seuil de rupture des modes de production et de fonctionnement musculaires et psychiques de l’espèce humaine salariée. Le fameux point-mort, c’est bien ça ! Et seuls les donneurs d'ordres sont aux commandes : plus intolérants, plus misanthropes qu‘eux, vous ne trouverez pas. Monsieur, saviez-vous que le commerce, c'est la haine ?

    - Non Monsieur mais... maintenant que vous m'en parlez, je vous crois.

    - On fait des affaires le couteau entre les dents car, le moteur de cette production-là, c’est bien le meurtre. Ils sont prêts à tout pour survivre, bien que ce système les condamne tous à se sacrifier quand le moment sera venu pour eux de se retirer parce qu'un plus performant qu'eux les aura balayés. Leurs successeurs pourront toujours se réjouir, et ceux à qui ils distribuent des miettes, avec eux, insoucieux qu'ils sont, les pauvres bougres, du sort qui les attend. Bientôt, il n'aura plus de nom ce système. On ne sait déjà plus comment le nommer. Il n'a déjà plus de visage ! Lorsque le sacrifice de tous contre tous sera partagé par tous, en kamikazes d'une défaite universelle, ce système sera sans morale et sans honneur, car sous le couvert de l'anonymat, tout lui sera permis : absolument tout ! Nul doute à son sujet : le moteur de ce système, c'est bien le meurtre ; le meurtre du meurtrier et de ses victimes et puis encore... le meurtre de ce même assassin qui se donne la mort en tuant. Alors, aujourd'hui, qu'est-ce qui nous reste à célébrer ? Je vous le demande ! Sûrement pas la vie ! La fin, nous sommes ! La fin et les moyens... et rien d'autre. Plus rien devant nous, plus rien derrière. Plus rien ne nous précède. Plus rien ne nous dépasse ! Aussi, il ne nous reste plus qu'à nous consommer avant de nous dévorer, jour après jour, anthropophages et cannibales de nous-mêmes car, quelque part au fond de nous-mêmes, nous savons tous que nous sommes tous... déjà morts."

     

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    Extrait du titre : "Confessions d'un ventriloque" - chapitre 4 -copyright Serge ULESKI

     

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  • Ecouter Régis Debray... encore et toujours...

     

     

                               "Ce qui m'angoisse le plus, c'est la mort du politique" - Régis Debray

     

     

                La supériorité de Régis Debray face à n'importe quel interlocuteur est manifeste. Toujours !

                Les raisons ?

                Régis Debray est sans obsession, sans arrière-pensée, sans idéologie et sans pathologie contrairement à ceux qui pensent avec quelques unes de leurs lectures et puis aussi, et puis surtout, avec leur nombril : nombril communautaire ou de classe. Ceux-là sont condamnés à "penser à côté" du sujet qu'ils croient être capables de traiter, avant même d'avoir commencé à s'exprimer.

    Quant aux imbéciles, ces esclaves de l'actualité qui ne raisonnent jamais au-delà de l'actualité qui vient et qui n'est le plus souvent qu'un symptôme, face à eux donc, ne cessons jamais de raisonner bien avant, tout en continuant de raisonner longtemps, longtemps après afin de n'être jamais en rupture...

               En rupture de compréhension.

     

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                L'Europe "gamberge" depuis 2500 ans. Nombreux sont ceux qui l'ont oublié.

                Gamberger ? Oui, gamberger à propos de la recherche insatiable des causes derrière les effets, et puis, les causes des causes... sans fin. Et personne ne forcera notre Europe à penser avec son nombril entre deux déjections anales d'individus qui n'ont, tout simplement, pas idée. 

     

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    Pour prolonger, cliquez : Régis Debray

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  • Mourir pour Charlie Hebdo

     

                     Charlie Hebdo : 4 ans déjà !

     

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    Billet de blog publié en Janvier 2016

     

                       Le 5 Janvier 2016, un hommage a été rendu aux victimes de la rédaction de Charlie Hebdo ; victimes de ce qui peut être considéré comme un assassinat politique. Une plaque commémorative a ainsi été inaugurée à Paris sur les lieux de l'attentat.

     

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                    Philippe Val, patron de Charlie Hebdo avant sa nomination à France Inter sous Sarkozy en 2009.

     

     

    Attentat dans les locaux du journal Charlie Hebdo

     

    Wolinski et Cabu, deux membres historiques de ce journal sont décédés.

     

                  Longtemps on pourra se demander ce que ces deux caricaturistes, figures majeures de la presse satirique, faisaient encore à Charlie Hebdo qui, depuis dix ans, a fait de l'insulte, de l'humiliation de l'Islam et de son prophète à coups de pleines pages plus dégradantes les unes que les autres, son fonds de commerce au nom d'une liberté d'expression sans but ni raison, sans queue ni tête, une liberté à fonds perdus qui n’explique rien et n’entrevoie rien ; une liberté sans conscience ni intelligence : pas d’analyse ni de mise en perspective ; une liberté d’enfants terribles qui, tragiquement, ont oublié les enjeux politiques et géo-stratégiques derrière l'instrumentalisation d'un Islamisme aveugle et cruel, à l’heure de la volte face diplomatique de la France menée par le trio Hollande-Valls-Fabius en violation de notre tradition ; une France qui se tient désormais aux côtés de l’Empire (Atlantisme, sionisme et monarchies pétrolières) sans nuances et sans complexe.

    Aussi, on peut être légitimement autorisés à se demander ce qui faisait courir Charlie Hebdo : la liberté d’expression ?

     

              Tous ceux qui pensent pouvoir tenir le monde en respect un crayon à la main à coups de caricatures souvent talentueuses devront au plus vite réaliser que le refus de prendre en compte le monde qui est le nôtre aujourd’hui, dans toute sa complexité et plus important encore, dans toute sa perversité, ce refus-là devra manifestement se payer très cher au moment où « l’humanité est sur le point de connaître en quelques décennies, le plus important changement global de toute son histoire, le choix de la stratégie du chaos étant ouvertement assumé par les puissances de l’argent. »

    Cette politique du chaos ciblera une terre en particulier, celle de l'Islam : Moyen-Orient, Proche-Orient et une partie du grand Maghreb.

    Il semblerait que Wolinski et Cabu, septuagénaires, aient décroché de cette réalité-là depuis une bonne vingtaine d’années et qu’ils en aient payé le prix le plus élevé : la mort. Philippe Val, un temps leur patron, qui a conduit le virage idéologique de Charlie Hebdo avant d'être nommé à la tête de France Inter en 2009 sous la présidence de Sarkozy (1) - virage qui rapprochera l'hebdomadaire d'une idéologie mondialiste, atlantiste et sioniste -, portera une lourde responsabilité dans l'acharnement vécu comme anti-musulman d'une rédaction contre une religion en particulier.

    Le dessinateur Siné, licencié par Val, aura été le premier à vivre avec violence cette volte-face éditoriale qui ne pouvait que conduire l'hebdomadaire et ses salariés droit dans le mur. 

     

                 Mais alors, fallait-il, et faut-il mourir pour Charlie Hebdo ?

    Bêtes et méchants - tels  ils se revendiquaient -, il semblerait que Wolinski et Cabu aient fini par trouver plus méchants qu'eux, et sans doute aussi, plus bêtes. Et la question suivante s'impose : pourquoi ces deux-là sont-ils restés si longtemps, non pas "méchants" mais "bêtes" ?

    Intégrisme religieux contre intégrisme anti-religieux (2), la liberté de représenter le prophète de la deuxième religion de France, Mahomet nu couché sur le ventre les fesses à l’air, tout en accompagnant cette représentation du commentaire  suivant : « Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? »… fallait-il mourir pour cette liberté-là ?

    Il est vraiment temps que l’on nous remémore dans quelles circonstances le combat pour la liberté d’expression a gagné ses titres et ses lettres de noblesse qui sont les siens aujourd’hui.

     

               Rappelons que la critique de la religion, le Catholicisme en particulier, ici en France, a toujours reposé sur la dénonciation d’une chape de plomb sur les consciences et la lutte contre une organisation de l’existence liberticide et intransigeante, parfois cruelle, tentaculaire, de l’Ancien régime à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, et bien après encore… jusque dans le dernier village français, jusqu’à la dernière chasuble et soutane et le dernier viol d’une conscience qui aspire à une liberté seule capable de hisser l’être humain au sommet de tous les possibles.

    Tout au long de cette lutte, les représailles de l'institution religieuse n'épargneront personne.

    La critique du sionisme, bras armé du Judaïsme, trouve elle sa justification dans le fait que cette idéologie a pris en otage les Juifs de France (3), les médias et occupe tous les lieux de pouvoir et de la représentation politique jusqu’au plus haut niveau de l’Etat français ; cette critique sans complaisance, critique jusqu’à la dernière kippa, trouve sa légitimité dans la lutte contre une idéologie qui divise notre pays, ternit son image sur la scène mondiale et paralyse son pouvoir d’initiative au service de l’instauration d’un autre rapport au monde entre les Etats, les Continents, les Nations, les Cultures et les Civilisations.

    Là encore, dans cette lutte contre cette idéologie d'une intolérance inouïe - soumettez-vous ou disparaissez ! -, les représailles n'épargnent personne. Dieudonné, entre autres, en paiera le prix fort : le bannissement ; car c'est en 2003 qu'un pays s'est laissé dicter que la liberté d'expression s'arrêtait à Dieudonné. Depuis, l'étau ne s'est pas desserré.

     

                 En revanche, s’en prendre à l’Islam, semaine après semaine, une religion, la religion la plus pauvre de France, une religion sans pouvoir, sans moyens, sans représentation autre que dégradante à dessein - notez que les plus lettrés, articulés et avisés de cette communauté sont le plus souvent ignorés ou exclus par les médias dominants -, dont les fidèles ont pour lieux de prière des locaux sordides et dont une grande partie partage une condition sociale déterminée par l’occupation d’emplois ingrats et pénibles… tout ça avait-il vraiment quelque chose d’héroïque ?

    Quant aux groupes qui, de par le monde, commettent des actes inqualifiables au nom d’une certaine conception de l’Islam, s’en repaître à longueur de colonnes, des mois durant, et là encore, sans travail d’information digne de ce nom, - qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Qui les finance ? Quels intérêts servent-ils ? -, relevait d’une conception quelque peu immature et irresponsable de ce que sont la presse, l’information, le lecteur et ce à quoi Charlie Hebdo pouvait bien penser contribuer : à une meilleure compréhension de tous les mécanismes de désinformation et de manipulation destinés à nous renvoyer l’image d’un monde décidément illisible et ainsi nous inciter à nous en désengager ?

    De ça, on peut en douter.

     

    ***

     

               "Ne vous arrêtez jamais à la mort car elle n'éclaire à la fois rien et tout !"

     

                Cet attentat très ciblé - véritable assassinat politique - arrive au pire moment pour la communauté musulmane prise en tenaille, d'aucuns diront "pris en otage", entre les livres de Zemmour et de Houellebecq, les interventions d'un Finkielkraut ou d'une Elisabeth Lévy,  et des médias impliqués dans une course à l’audience qui les condamne inévitablement à commettre les pires outrages contre l’intelligence et la justice dans la stigmatisation d'une communauté et d'une géographie (les quartiers, les banlieues...) qui n’avaient vraiment pas besoin d’une telle attention.

     

                De plus, avec un Président au fond du trou, un Crif toujours sur le pied de guerre, une presse subventionnée courageuse mais pas téméraire, souvent de parti pris, et des médias de masse qui feront, nul doute, entre deux pauses publicitaires, des choux gras de cette tragédie… le moment est vraiment venu de se taire et de les observer tous autant qu’ils sont : ils nous en apprendront tellement sur eux-mêmes et sur le monde qu’ils nous préparent pour demain. Il sera toujours temps alors de revenir et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

    On pense déjà au pire.

     

     

                Charlie Hebdo par Denis Robert

     

     

    1 - Qui, dans les années 70 et 80 aurait pu prédire que le rédacteur en chef de Charlie Hebdo serait nommé par la droite, et qui plus est, par un Sarkozy... à la direction de France Inter ? Avec Val, Charlie Hebdo a tranquillement descendu la même pente que le PS. Profits records... distribution de dividendes de plusieurs centaines de milliers d'Euros pour Val et Cabu, les deux principaux actionnaires.

     

    2 - On peut douter qu’il y ait jamais eu ce qu’on peut appeler « une pensée » chez un Wolinski ou chez un Cabu ; moins encore chez un Choron professeur auto-proclamé...

    Et l'on se souviendra que cette "petite bande de joyeux lurons" avait quand même beaucoup de mal avec ceux qui ne pensaient pas comme eux. On les disait plutôt sectaires... pour ne rien dire de leur caricature récurrente du Français moyen - et toute la classe ouvrière avec lui -, systématiquement assimilé à un beauf raciste, alcoolique, et antisémite, accompagnée d'une représentation le plus souvent machiste et dégradante des femmes.

     

    3 - Le questionnement à propos du danger que représente l'élite juive sioniste pour le Juif du quotidien (en France ou en Israël) n'est pas nouveau. Le dernier questionnement concerne le génocide nazi. Une étude qui répond au titre de "Quels juifs furent exterminés ?" est disponible ICI ; une étude qui interroge l'histoire du génocide des Juifs à travers le prisme de "la lutte des classes" au sein de cette communauté : à partir de 1933, qui a décidé, au sein de la communauté juive, de "qui pourra quitter l'Europe - pour la Grande Bretagne, la Palestine ou les USA -, et qui ne le pourra pas" ; "Qui vivra et qui mourra".

     

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  • Une question de taille : Olivier Rey après Léopold Kohr et Yvan Illich

     

     

     

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                « Pourquoi les araignées géantes des films d’horreur ou les Lilliputiens que découvre Gulliver au cours de ses voyages ne se rencontrent jamais en vrai ? Parce que dans la réalité, la taille n’est pas un paramètre que l’on pourrait fixer à volonté : chaque être vivant n’est viable qu’à l’échelle qui est la sienne. En deçà ou au-delà, il meurt, à moins qu’il ne parvienne à se métamorphoser. Il en va de même pour les sociétés et les cultures. La plupart des crises contemporaines (politiques, économiques, écologiques, culturelles) tiennent au dédain affiché par la modernité pour les questions de taille. »


    « Une question de taille » d’Olivier Rey décrit  par  quelles voies nous avons perdu le sens de « la mesure » ainsi que ce sur quoi nous pourrions nous fonder pour la retrouver, afin de mener une vie authentiquement humaine : « La plupart des organismes, une fois une certaine taille atteinte, cessent de grandir, ce qui en fait de mauvais exemples pour justifier une croissance infinie. Servir la vie, pour les êtres humains, ce n’est pas croître aveuglément, dans quelque direction que ce soit, c’est réfléchir à ce qu’il convient de faire croître, comprendre que passé un certain seuil le « développement » tel qu’on l’entend depuis deux siècles, rabougrit la vie humaine quand il n’en vient pas à détruire ce qui lui permet de simplement être. »

     

                 Olivier Rey a reçu le Prix Bristol des Lumières dont le jury est présidé par Jacques Attali ; ouvrage qui, soit dit en passant, ridiculise toute idée de gouvernement mondial ; Attali n’est donc pas à une contradiction près ; il est vrai que l’important  c’est de rester sous les feux de la rampe, sous les projecteurs des médias, en pleine lumière, sous tous les sujets, en toutes circonstances... pour ne pas mourir, du moins, tout à fait, comme dans une recherche d’éternité.

     

                     L’Ouvrage d’Olivier Rey fait la part belle à un penseur majeur Yvan Illich, aujourd’hui oublié et négligé par voie de conséquence ; un penseur pour lequel…  «Ce qui importe n’est pas le petit, mais le proportionné ; proportionné à double titre : en tant qu’harmonie des éléments les uns par rapport aux autres (la symétrie au sens grec du terme) et par rapport à l’être humain »

     

    Autour d’Yvan Illich… l'auteur fait graviter...

    Christopher Lasch,

    Claude Levy-Strauss,

    Pasolini,

    George Orwell,

    Marcel Gauchet,

    Jacques Ellul,

    Günther Anders et d’autres encore…


                   Au centre de la thèse d’Olivier Rey, on trouve Léopold Kohr, un Autrichien né en 1909, auteur de l’ouvrage « The breakdown of nations » publié en 1957 : « Partout où quelque chose ne va pas, quelque chose est trop gros. Les problèmes sociaux ont la tendance malheureuse à croître exponentiellement avec la taille de l’organisme qui les porte tandis que la capacité des hommes à y faire face croît linéairement. »

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  • Cérémonies du 11 novembre, avez-vous dit ?

    Première publication en novembre 2014

     

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                Doit-on rappeler que l’armistice signé le 11novembre1918 à 11h11marque la fin des combats de la Première Guerre mondiale qui a fait plus de 18 millions de morts (1,7 million pour la France) dont la moitié de civils ainsi que 21 millions d'invalides (4,2 millions pour la France) et de mutilés toutes nationalités confondues ?

                 Même date mais autre année : faut-il aussi rappeler que le 11 novembre 1920, une tombe du Soldat inconnu sera installée sous l'arc de Triomphe de la place de l'Étoile à Paris, et en 1923, une flamme éternelle ?

    Il s'agit d'un soldat non identifié (reconnu français), censé représenter tous les soldats tués au cours de cette guerre. 

    Précision importante : la tombe est faite en granite de Vire, commune du Calvados (14),  là où l’on produit la célèbre andouille.

     

    ***

     

               Première Guerre mondiale...

               Huit millions et demi de Français seront appelés ; un sur cinq y laissera sa vie, sa pauvre et maigre vie, à raison de 900 par jour, et autant de mutilés - un bras, une jambe, des yeux, la vue… -, en Flandres, en Artois, dans la Somme, en Île-de-France, au Chemin des Dames, en Champagne, à Verdun et en Lorraine

    Tenez ! 27000 morts en une seule journée le 22 août 1914 «à coups de crosse, à coups de poignards, à coups de bombes et de mitraille». 

    Pour une guerre joyeuse dans ses premières semaines… on peut dire qu’en 4 ans, le spectacle tournera au cauchemar puis à la tragédie car cette boucherie et ce scandale qu’est cette guerre dont on cherche encore aujourd’hui la grandeur, feront des Français un indécrottable Peuple pacifiste au cri de « plus jamais ça ! » et des Allemands humiliés par un traité de Versailles piloté par un Clemenceau intraitable et imprévoyant, d’impatients revanchards trépignant jusqu’à l’arrivée du Guide suprême  - le Führer -, pour porter cette rage-là, cette fureur justement ! à son paroxysme à la hauteur de 60 millions de morts, dont 40 millions de civils.

             Tiens, au fait ! 18 millions de morts pour la première, 60 pour la seconde… combien pour la prochaine ?

     

               Jean Renoir dans « La grande illusion » nous "vendra" un conflit de 14-18 mené dans un esprit chevaleresque et aristocratique, alors qu’il s’est le plus souvent agi de bouchers gantés, le petit doigt sur la couture du pantalon civil et militaire, impeccables certes !  Habiles dans le maniement de leur lorgnon, c’est vrai ! mais bouchers quand même ! Et leurs épouses, marraines de guerre, n’y changeront rien ; colis sous le bras, chacune viendra ajouter une touche obscène à ce sacrifice sans scrupule et sans objet qu’est cette première guerre mondiale.

    S’il faut parfois savoir se taire avant de parler, décidément, il y a des réalisateurs qui feraient bien de retenir un « Moteur ! » avant de donner le signal de faire tourner la caméra d'un projet cinématographique qui soumettra à notre perspicacité des questions qui n’en sont pas et des réponses… pas davantage. En effet, les de Boëldieu et les von Rauffenstein, héros d’un film fâcheux d'un fils dont le père était quand même mieux inspiré, pinceau d’une main, palette de l’autre, n’étaient au mieux qu’une exception qui confirme la règle, au pire une fiction d’une naïveté insultante pour les millions de pauvres bougres qui y laissèrent leur vie. Car, dans les faits, les Rauffenstein et les de Boëldieu de ces années-là avaient la rancune sournoise ; n'en doutons pas un seul instant, ils étaient bien trop contents de précipiter sous la mitraille des gueux souvent grévistes et revêches, sans doute pour leur apprendre à obéir une fois pour toutes les fois, la dernière, où ils auront été tentés de n’en faire qu’à leur tête d’ouvriers et d’artisans décidément indomptables.

    Quelques jours avant sa mort et le début d'un grand chambardement, Jaurès ne s'est-il pas adressé à eux en ces termes :

                  « Quoi qu’il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n’y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et, de sauvagerie, qu’une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandions à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l’horrible cauchemar ». Discours de jean Jaurès – le dernier -, contre la menace de la guerre totale cinq jours avant son assassinat - prononcé à Lyon-Vaise le 25 Juillet 1914.

     

              Mille assauts mortels pour rien, pour une médaille, l’avancement d’un officier, et à l’arrière, une société civile qui demande de l’action, du sang et des obus, de la chair qui virevolte. Des millions d’êtres humains dont on a disposé sans retenue, sans compter, en toute impunité ; du « prolétaire », de la « populace » que l’on prenait soin de soûler avant la charge hors des tranchées  - de la vinasse d’êtres humain -,  sans jamais devoir rendre des comptes sur la mort d’un seul d’entre eux.

    En revanche, gare à ceux qui refusaient d’y aller…  de monter à l’ennemi, de jaillir hors du parapet pour s’en prendre une, une première pour quelques uns, mais surtout : une dernière pour un grand nombre d’entre eux !

    Le « on » de «dont on a disposé sans retenue », c'est celui d'une Révolution industrielle qui accouchera d’une bourgeoisie marchande et affairiste qui a fait fortune à la tête des mouroirs industriels du XIX siècle et dont le porte-monnaie débordait de la sueur, du sang et des larmes des personnages des romans de Dickens, de Hugo, de Zola et bien plus tard d’Orwell.

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    Que tous retrouvent leur visage !

     

     

                  " Le ravin et les talus qui s’étendent sur plusieurs kilomètres ne sont plus qu’une vaste nécropole. Partout, des cadavres momifiés, squelettiques, réduits à l’état de petits tas mêlés de boue rougeâtre... parfois un pied ou bien un morceau d’étoffe émergent çà et là et indiquent un cadavre. Il y en a des quantités formidables... On voit une face à la Ramsès qui émerge d’un sac haché, recroquevillé dessous, des tibias, des fémurs, des os des mains ou des pieds serrés comme des osselets... Ce ne sont plus des cadavres mais des amas d’ordures desséchés... affreusement mutilés, la figure gonflée, noire comme une tête de nègre, la chair tuméfiée pleine d’insectes et de vers ramassés en tas..." - Henri Barbusse, le 15 octobre 1915.

     

               Oui ! Derrière le bleuet de la couleur de l’uniforme que portaient les nouveaux appelés – d’un bleu horizon -. se cachait la fleur de Lys et les bilans des entreprises esclavagistes et prospères du Comité des forges  (aujourd’hui Medef) sur le dos d'une condition ouvrière dont les accès de révolte et de colère étaient régulièrement réprimés dans le sang du sabre, de la baïonnette et de la mitraille.

    Alors, vraiment ! Octobre 1917 en mémoire, il est regrettable que cette guerre n’ait pas mené, ici en France, à une seconde Révolution française avec force guillotine et autres pelotons d’exécution ! Regrettable encore que toutes ces gueules cassées, reflet que leur tendait le miroir d’un mental traumatique, n’aient pas pu casser la gueule à d’autres visages, rasés de près ceux-là, intacts, le nez fier et arrogant, sûr de son droit, la mâchoire puissante, prête à broyer d’un coup d’un seul n’importe quelle insoumission comme on casse du prolo emmerdeur et syndiqué à la CGT qui avait alors tout juste 20 ans.

     

                Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l’orage" (Jean Jaurès)

     

                Certes, pendant et après cette guerre menée aux frais des travailleurs de tous les pays, la chirurgie en général et la chirurgie faciale en particulier auront fait un grand bon en avant,  même si en 1870, et bien avant encore, avec l’Empereur  - ce Corse qui ne tenait pas en place -, porteur de guerres incessantes, cette chirurgie-là avait déjà été abondamment sollicitée !

    Notons au passage que toutes ces guerres dévastatrices du XIXe siècle trouveront leur apogée dans la première guerre mondiale, la dernière boucherie militaire qui mettra à contribution le soldat et son barda de plusieurs kilos en attendant  les grandes boucheries des bombardements massifs de civils de la seconde guerre mondiale - 75000 morts en quelques secondes à Hiroshima et à Nagasaki ! Sans doute le plus grand crime raciste de l’histoire soit dit en passant -, et des guerres suivantes : Indochine, Algérie, Vietnam, Cambodge, Timor Oriental, Bangladesh, Irak, Gaza …  

     

    ***

                           


                                                         La marseillaise - Léo Ferré

     

     

                Cérémonies du 11 novembre, avez-vous dit ?

                 Président de la République (passé et présent), Président du Sénat, Président de l’assemblée nationale, Premier ministre, un gouvernement au complet, le maire de Paris, des képis en veux-tu en voilà, des poitrines bardées de médailles - espérons qu’elles n’auront pas été volées sur la vie de pauvres bougres qui auront eu tout juste le temps de voir, le temps d'une image-éclair, et pour la dernière fois, le visage d’un être aimé -, il ne manquait personne à l'arc de Triomphe, excepté le MEDEF, porte parole du CAC 40.

                Tous réunis donc... portrait d'hommes et de femmes qui ne feraient pas le poids, même tous ensemble, devant n’importe quel conseil d’administration d’une de nos trans-nationales ! Alors sous la mitraille, vous pensez bien ! 

    Quant à contrevenir aux ordres que leur sont donnés…

    Seules les familles endeuillées des soldats récemment tombés au champ du déshonneur de la Françafrique et quelques médaillés octogénaires forceront le respect ; on aurait aimé les serrer dans nos bras… pour sûr, ils méritaient le déplacement, à défaut… un regard par la fenêtre ouverte du petit écran. Car la guerre de 14-18 dans le bruit et la fureur de l’acier et des agonisants qui hurlent, ce sont des luttes économiques qui opposent les grandes puissances du moment : Allemagne, France, Angleterre ; expansion impérialiste, conquête coloniale, conquête des marchés, les Balkans, le Moyen Orient et les premières gouttes de pétrole…

    Fiez-vous à l’odeur du sang si vous voulez trouver de l’or ! C’est imparable !

     

                   Ernst Hasse, président de la Ligue pangermaniste en 1905 : "L’égoisme sain de la race nous commande de planter nos poteaux frontières dans le territoire étranger, comme nous l’avons fait à Metz, plutôt... Ces terres coloniales de l’avenir se composent ... des vastes territoires occupés par les Polonais, les Tchèques, les Magyars, les Slovaques, les Slovènes, les Ladins, les Rhétiens, les Wallons, les Lituaniens, les Estoniens et les Finlandais. Tant que les territoires de ces petits peuples, mal faits pour créer des Etats nationaux, n’auront pas été répartis entre les grands Etats de l’Europe centrale, l’Europe ne pourra jamais avoir, n’aura jamais la paix. Cette répartition coûtera naturellement de dures guerres" (1).

     

               Et devenez quoi ! Dans le contexte qui est le nôtre aujourd’hui, à l’heure de toutes les destructions de ces vingt dernières années au Moyen-Orient et en Afrique-noire avec pour seule motivation le contrôle des ressources énergétiques car, qui contrôle ces ressources contrôle le développement des concurrents et leur place dans le concert des Nations ainsi que leur influence, la France y jouant un rôle de supplétif avec la destruction de la Libye qui aura pour conséquence la déstabilisation du Mali et une autre intervention française qui n’a pas, il est vrai, que des inconvénients non plus - elle met l'aviation française à une heure de toutes les capitales de l’Afrique francophone subsaharienne -,

    Pas étonnant donc que notre classe, ou caste, politique et médiatique soit si à l’aise avec toutes ces commémorations et qu’elle se fasse l’écho de ce sacrifice-là, celui de 14-18, avec autant de pompe en porte-parole d’une parole de l’arrière, celle des planqués et des larbins consciencieux contre la promesse de carrières mirobolantes ; et même s’ils ne tirent plus les ficelles, n’empêche que leur assurance vie à tous est tout aussi à l’épreuve des balles que celle de leurs prédécesseurs ! Bien à l’abri qu’ils sont de cette autre guerre mondiale qu’est le mondialisme et dans laquelle les injonctions « Engagez-vous ! » et « Mobilisation générale !» ont été remplacées par « Soumettez-vous ! » ; comprenez : accepter de renoncer à vos droits, à vos salaires, à l’espoir d’une démocratie toujours en mouvement et florissante sous la protection d’un Etat-arbitre prévoyant et innovant.

               A la Marseillaise et à cet élan patriotique d’un 11 novembre 2014, à ce centenaire de la boucherie, à cette marseillaise-là, refuge en dernier ressort des crapules d’un patriotisme dont seuls les sans-grade paient chèrement le prix, on opposera le chant des partisans et un maquis : celui de la dissidence car, face au mondialisme, à cette classe politique-là et à cette caste médiatique jean-foutre d’une complaisance inouïe face à ses devoirs, qu’il soit permis ici d’affirmer en toute lucidité, que nous… héros du quotidien, sommes tous, à terme, des poilus en sursis aux gueules cassées.

     

     

     

    1 - Cela ne nous rappelle donc rien ? L’expansionnisme de l’Empire : cette alliance USA- Europe-Israël-Qatar-Arabie-saoudite

    Hasse (phonétiquement « trou du cul » en anglais) sera le défenseur d'un nationalisme völkisch, consistant notamment dans l'acquisition et le développement d'un Empire colonial allemand, dans l'expansion territoriale de la puissance allemande en Europe, et dans l'accroissement de sa puissance navale et militaire.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Les-enfants-humiliés-de-Georges-Bernanos

    ainsi que Verdun, le centenaire

     

     

     

                 "Les croix de bois"film réalisé par Raymond Bernard (réalisateur "Les Misérables" avec Harry Baur 1934) , sorti en 1932, adapté du roman Les Croix de bois de Roland Dorgelès.

     

     

     

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