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  • Jean-Jacques Rousseau raconté par Henri Guillemin

     

     

              « Le luxe fait vivre 1000 ouvriers dans nos villes mais il en fait mourir cent mille dans nos campagnes. »

              « Il n’y a guère de fortune qui ne repose pas sur le détroussement d’autrui. »

              « Comment admirer une société où le profit est en raison inverse du   travail ? »

              « Tout privilège est à la charge de la Nation qui l’accorde. »

     

                C‘est lui, c’est Jean-Jacques… Jean-Jacques Rousseau !

     

                Julie ou la Nouvelle Héloïse, Émile ou De l'éducation, Du contrat social, cette trilogie sociale complexe - la famille, l’individu et la société -, qui occupe le cœur de l'oeuvre de Rousseau, tentera de concilier l’individu, l’autorité légitime et la liberté.

     

                 Très tôt, Jean-Jacques Rousseau comprendra la nécessité d’agir sur la condition humaine ;  que l’homme ouvre les yeux sur l’iniquité sociale et sa condition d’exploité ; et si aucun homme n’a sur son semblable une autorité naturelle - ni la monarchie ni l’oligarchie - Rousseau posera la question suivante, lourde de conséquences : où trouver et comment fonder la légitimité de quelque autorité que ce soit ?

    Rousseau répondra : « La seule autorité légitime, c’est la volonté générale» et distinguera entre la volonté générale et la volonté de tous : la volonté générale c’est l’accord naturel, instinctif de toutes les volontés vers le bien car Rousseau n’a jamais renoncé à penser qu’au fond de chaque individu il y a une orientation spontanée vers le bien ; en revanche, la volonté de tous, qui n'est que l'accumulation de volontés individuelles divergentes, est contraire à la volonté générale, d’autant plus que si le nombre sanctifie (la majorité), il n’est en aucun cas le garant du bien.

     


    Henri Guillemin, conteur compassionnel , nous raconte Rousseau - Part 1

     

     

              Son ouvrage  « Les origines des inégalités » lui vaudra d’être persona non gratta en France comme dans la république de Genève ; Rousseau se réfugiera alors en terre prussienne : Neuchâtel ; plus tard à Londres à l’invitation de Hume.

    Il sera le philosophe de la persécution et de l’exil comme aucun autre avant lui et après.

    Rousseau "ennemi de la société, populiste, penseur « du bas », de la plèbe" ? Il leur répondra à tous : « Vous ne savez que parler des devoirs des faibles et des droits des forts !»

          

     

    Part 2

     

                     Pensée politique, pensée religieuse… une légende lie Voltaire à Rousseau ; lien antinomique car, son pire ennemi sera Voltaire ; un Voltaire faussaire et menteur, tout sera bon pour isoler Rousseau, le diaboliser et l’abattre.

                 Dans les faits, l'œuvre de Rousseau déclenchera la haine des Encyclopédistes (à l’exception de Diderot qui prendra ses distances avec les agissements de Voltaire à l'encontre de Rousseau) qui lui reprocheront de vouloir réhabiliter l'idée de "Dieu" ainsi que des nantis (souvenons-nous que Voltaire était un "millionnaire"), des Catholiques et des Protestants que Rousseau défie sur leur propre terrain.


    Les Catholiques l’accuseront de remettre en cause l’institution sociale et le bien-fondé de la domination de quelques uns sur la multitude. Les Protestants suisses ne lui pardonneront pas sa charge contre l’argent ; eux qui, banquiers, ont la fâcheuse habitude de dire « Dieu » quand ils pensent « argent ». Leur chef d’accusation sera le suivant : « Atteinte à notre sainte réformation ».

    Car toute l’œuvre de Rousseau est occupée par le religieux, la destination de l’homme : « Reconnaissant dans l’évangile une autorité divine, je crois à ce Jésus revêtu de cette autorité d’une sagesse plus qu’humaine ». Et puis aussi : « On ne peut être heureux qu’à proportion que l’on se rapproche de soi. Notre vrai moi n’est pas tout entier en nous » ; là, Rousseau rejoint Pascal.

    Il se dit chrétien mais sans le péché originel ; Rousseau y oppose la bonté originelle de l’homme : l’homme a été meilleur, il est devenu moins bon.

    Altération du caractère naturel de l’homme ? L’imperfection de l’homme fait que l’amour du bien se trompe d’objet ? On pensera alors un amour enténébré.

     

               Sous la poussée de Diderot et son influence, Rousseau tentera de se tourner vers l'homme primitif, l’homme de la nature non civilisé, le « bon sauvage »... avant de se dédire et de revenir à la nature de l’homme et à la bonté des origines.

     

    ***

     

               Philosophe de l'amour de et pour son prochain, philosophe de la solitude... Jean-Jacques Rousseau aura sans doute été le philosophe le plus insulté et le plus haï de l’histoire de la philosophie. Et jamais la vérité sur Jean-Jacques Rousseau ne sera dite de son vivant ; rares sont ceux qui lui rendront justice. En revanche, tous l’auront un jour trahi, tous l’auront persécuté jusqu’aux confins de la folie.

     

               Et « s’il n’est pas de vertu sans combat », né le 28 juin 1712 à Genève Jean-Jacques Rousseau quittera un monde décidément inhabitable - d’aucuns diront « insortable » -, le 2 juillet 1778 à l'âge de 66 ans, épuisé.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Les conférences de Henri Guillemin

    Lien permanent Catégories : Littérature et essais ad hominem, politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
  • Cahuzac, le voleur de bicyclette

     

     

            "A l'enfant qui demande où vont les morts, à l'amoureuse qui s'inquiète d'une éternité d'amour qu'elle devine corruptible, à celui qu'un mal dépouille de tout, même de son mal, quel texte a jamais répondu ? - C.Bobin


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              Cahuzac à la UNE ! Cahuzac ici, Cahuzac là ! Cahuzac à toutes les UNE ! Cahuzac à la queue leu leu ! Cahuzac en veux-tu-en-voilà !


    En démasquant Cahuzac, quiconque croit s'être sérieusement attaqué à ce qu’il est convenu d’appeler la corruption et la fraude fiscale, ferait bien d’y réfléchir à deux fois.

     

    A l'échelle d'une mondialisation des cartels, des monopoles et des stratégies de domination guerrière dans le cadre d’économies de guerre (1), c'est tout au plus un voleur de bicyclette qui a été contraint de démissionner suite à l’ouverture d’une information et à sa mise en examen quelques jours plus tard, et certainement pas ce champion d'une corruption tentaculaire fruit d'une mondialisation qui est par définition la corruption de tous les modes de gestion de l’espèce humaine en tant que finalité.

     

    La fin, nous sommes au regard d’un marché mondialisé triomphant qui aura bientôt tout emporté : Etats, démocratie, nations, peuples, liberté, indépendance ; des milliards d'êtres humains livrés à la logique d'un monde économique, un monde sans morale et sans esprit autre que mercantile et qui, à terme, n'habiteront plus aucun monde.

     

    Aussi… d'aucuns feraient bien d’avoir le triomphe modeste. 

     

    Des paradis fiscaux à nos portes qui, incitateurs, n'hésitent même plus à démarcher les "fortunes"... pays qui coulent des jours paisibles, véritables receleurs qui prospèrent grâce au vol de la délocalisation, aux détournements, à l'évasion fiscale, au blanchiment de l'argent du crime ...sur le dos des budgets et des comptes sociaux des pays développés et de ceux qui le sont moins, pour ne rien dire de ceux qui ne le sont pas du tout...

     

    "Le pouvoir" et "Les pouvoirs", leurs nouvelles structures et leurs centres de décision - organisation, exécution, relais, recrutement : qui décident quoi, qui dirigent qui  ? Profil, antécédents, formation, biographie -, demeurent intacts, à l'abri du danger, loin de toute menace d’une investigation de la part de ce qu’il est maintenant convenu d’appeler  la " Casta " : classe à la fois médiatique, politique et économique.

     

    Un nouvel ordre mondial qui étend sa toile pays après pays, région après région, et alors que la rage d’un retour maximal sur investissement n’a ni odeur ni couleur de peau ni nationalité.

     

    Un monde contrôlé par les multinationales et la pègre ; dans ce monde-là, les gouvernements de nos Etats sont au pouvoir ce que la liberté est à la contrainte et la torture à la confession. Dans cet univers, nos tueurs en série qui occupent la une de nos journaux adeptes de la diversion, ne sont que de pathétiques gesticulateurs !

     

    Et cette réalité-là semble totalement ignorée sous prétexte qu’elle n'a pas encore creusé au grand jour ses fausses communes, bâti ses camps, et désigné à notre commisération et à notre compassion éternellement et universellement étendues, son Peuple martyr et exemplaire entre tous les autres peuples - désignation qui annulera sans le racheter pour autant, même à crédit, le martyr de tous les autres -,

     

    Comme si seules l'architecture et la technique déterminaient la présence ou l'absence d'une pensée et d'une organisation de l'existence arbitraire, liberticide et criminelle. 

     

    Alors des Cahuzac… vous pensez bien ! Cahuzac, cette jeune pousse à l'échelle d'une corruption amazonienne qui a déjà tout emporté.

     

              Aujourd'hui, qu'est-ce qui nous reste à célébrer ? Sûrement pas la vie ! Tenez ! La mise en examen d’un Cahuzac ! Voilà tout ce qu’il nous reste à célébrer ! Cahuzac, un gestionnaire d’une crise qui n’en est qu’une que pour les victimes. Pour les autres, c’est une opportunité d’enrichissement sans commune mesure avec tout ce qu’ils étaient en droit d’espérer pour eux-mêmes contre nous tous.

     

    Qu’il soit ici rappelé qu’il n’y a pas de présent famélique ; il n’y a que des consciences qui s’en sont retirées après s’en être absentées trop longtemps.

     

              Et pour nous donner des nouvelles de ce monde-là, devinez quoi ? Des médias passifs, des médias-relais, simples pourvoyeurs de sons et d'images qui n'expliquent rien.

    Et les médias de hurler à la victoire parce qu’il a vaincu le mensonge d’un Cahuzac, le voleur de bicyclette du gouvernement Ayrault ! Victoire sans conséquence : pensez donc ! Un remaniement ici, une déclaration de patrimoine d’une poignée de ministres là….

     

    Non, vraiment ! Le journalisme d'investigation mérite mieux qu'un Cahuzac !

     

              Mais alors... que les médias si prompts à clouer au pilori le menu fretin, prennent donc leur courage à deux mains, qu'ils investissent les continents entiers qu’ils ont désertés depuis trente ans, là où il n'y a que des coups à prendre et un immense service à rendre à nos démocraties moribondes jusqu'au vertige d'une réalité quiemportera tout sur son passage...

     

              Jusqu'au chaos qu'est la vérité !

     

              Oui ! Le chaos de la vérité car il est vraiment temps que tout bascule !



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    1 - Se reporter à l'ouvrage : cahuzac,mediapart,corruption,fraude fiscale,politique,justice,ps,hollande,france,suisse,mondialisation

    Pour prolonger.... cliquez http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com/archive/2013/04/07/cynisme-et-demagogie-capitulation-et-soumission-francois-hol.html

     

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