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thomas sankara

  • La vérité sur Bernard Lugan : une recension de Michel Drac


                                   

     

                   "Le corrompu", chef d’Etat ou non, n’est que l’effet d’une cause qui a pour nom « le corrupteur » ; à ne jamais s’en prendre aux corrupteurs, à ne mettre l’accent sur les corrompus seulement, c’est encore et c’est toujours le refus d’identifier les causes, le refus d’établir des responsabilités, le refus d’un jugement avisé et honnête ; un jugement factuel d’une dimension historique car fondé sur des faits et l’histoire.

    A ce sujet, force est de constater que Bernard Lugan, historien "africaniste", ne semble toujours pas être rentré dans cette histoire africaine dont il se réclame tant ; pour un historien, tous s’accorderont à dire que c’est plutôt navrant même si cet universitaire comme privé de recul historique, a la fâcheuse habitude de nous conter l’histoire  des vainqueurs du côté desquels il n’a de cesse de se ranger : les pays les plus développés, anciennes puissances coloniales.

    Pour cette raison qui en vaut bien d’autres, on peut dire que Bernard Lugan n’est pas un homme de recherche mais bien plutôt un homme d’opinions. Or, il se trouve que les opinions de ce Monsieur sont rarement les siennes mais bien plutôt celles de ceux qui l’ont précédé ; comme sur l’Apartheid qui nous vient du 17è siècle. Les opinions de Lugan sont aussi celles de sa famille politique : l’Action française - une idéologie du début du XXè siècle -, et puis…. de sa famille tout court : Bernard Lugan est le Fils d’un officier de marine installé au Maroc qu’il quittera en 1959 (1).

     

    Aussi, se reposer sur Lugan pour comprendre aujourd’hui l’Afrique et l’Africain, les Afrique et les Africains, c’est un peu comme demander à un Golden-boy de la City de nous parler des bienfaits du communiste ; une gageure.

                      Il n’en demeure pas moins que les opinions de Lugan ont tout à fait le droit d’être exprimées et d’être relayées à condition qu’elles le soient « contradictoirement » car, Lugan est à l’Afrique ce que Eric Zemmour est à la question (du moins pour ceux pour lesquelles c’en est une !) des Français issus de la colonisation et de l’immigration économique :  le récipiendaire d'un gigantesque coup de pied au cul reçu de ce Continent (le Maroc pour l’un, l’Algérie pour l’autre) ; coup de pied au cul qui les a propulsés aux antipodes d’une raison honnête ; une raison qui se méfierait comme de la peste de sa propre raison de penser ce qu'ils ne peuvent pas ne pas penser.

    Certes, tout ce petit monde pourra toujours trouver quelque consolation en nous rabâchant jusqu’à satiété que si la saloperie (coloniale celle-là !) n’avait rien à envier à celle qui, aujourd’hui, submerge et recouvre l'Afrique, on ne pourra pas longtemps leur contester à tous ces fils et filles de colons bavards et revanchards, le fait suivant : « … cette saloperie était tout de même plus compétente, efficace et efficiente sous l'ancien régime... (colonial s'entend) ; de plus, la corruption  n’était que d’ordre moral  (corruption des esprits dans le genre : « On est la race des Seigneurs et vous n’êtes que des nigauds ! ») et non matériel et financier !».............. là, c’est déjà moins sûr car il semblerait que cette efficacité économique toute blanche, ait été toute relative ; la France continentale en était le plus souvent de sa poche ; une France vache-à-lait d’une économie au service d’un Empire aux calculs de ses prix de revient (et à la facturation) plus que fantaisistes. 


                                 

     

                     Disons les choses : si la recherche de la vérité doit être le réel souci de ceux qui se penchent sur le berceau ou le cercueil (c’est au choix) de ce Continent qu’est l’Afrique - un continent traumatisé : traite négrière, colonialisme, apartheid, génocides, climats hostiles, archaïsmes ethniques, corruption des élites par les Multinationales, pillage de ses ressources -,  seule l’étude de l’action de ceux qui, Africains d’Afrique, ont tenté au péril de leur vie, de sortir leur pays d’une dépendance mortifère tant sur un plan humain que moral, tout en échouant, permettra de comprendre en toute lucidité, honnêteté et exhaustivité les véritables freins à une telle indépendance qui, soit dit en passant, n’est dans l’intérêt d’aucune de nos Multinationales : Jomo Kenyatta,  Ruben Um Nyobè,  Patrice Lumumba, Nasser, Mobutu, Kwame Nkrumah, Mehdi Ben Barka, Ben Bella, Amílcar Cabral, Nyerere, Thomas Sankara, Kadhafi ; et du côté des institutions :  OUA.

    Pour cette raison, prenant en compte les agissements et autres crimes de ces Multinationales qui sévissent sur un continent gorgé de pétrole et de diamants (corruption, trafic d’armes, assassinats, coups d’Etat) on préférera toujours l’expérience de ceux qui y  ont  laissé  leur vie dans ce combat en faveur d'un destin africain  dans la dignité et le respect, d’autant plus que… « Comprendre l’Afrique, les Africains et  les Afrique »  ne peut être que le fruit d’un travail pluridisciplinaire : sociologie, démographie, ethnologie, histoire des religions, histoire inter-continentale, économie, climatologie, psychologie, psychanalyse, médiologie…

    Un travail collectif  sans conflit d'intérêt et de revanche. 

                     Or, Bernard Lugan est prisonnier des défaites de sa famille politique et de son histoire familiale. Ce dialogue sur l’Afrique, c’est avec lui-même qu’il le conduit sous la forme d’un cours magistral devant une audience absente, amphithéâtre vide…

    Dans la recension de Michel Drac, nulle mention du « génie africain » ; aucune énumération des qualités propres à l’Afrique ; qualités sur lesquelles pourrait s’appuyer ce Continent maintenant globalisé sous la plume de Bernard Lugan : l’Africain serait donc un homme sans qualité et le Continent la station-service du moteur industriel  et technologique de l’Occident ?

    Quand on pense au salaire d’un pompiste…

    Rien sur le pillage des ressources non plus. Lugan semble développer une expertise centrée sur elle-même ; celle d’un occidental blanc, fils de colon faisant la leçon à l’Afrique du haut de sa condescendance ( et les chiffres et statistiques de l’ONU) et du bas de son impuissance à chasser de nos esprits le soupçon d’une démarche consistant à « inférioriser » l’Africain – « cet éternel grand enfant ! » - selon le principe suivant : « L’Afrique est bien trop importante pour le développement et le maintien de la prospérité de nos Multinationales pour être laissée aux Africains seuls».

    Lugan appelle de ses vœux un mode de développement spécifique à l’Afrique tout en oubliant de mentionner comment il compte contrer des Multinationales qui n’y ont aucun intérêt. Dans les faits, c’est l’Apartheid à une échelle continentale que Lugan cherche à nous vendre, encore et toujours : l’exception africaine sous la forme d’une marginalisation et d’une séparation propices à tous les abus et tous les vols et exploitations de toutes les ressources y compris humaines.

    Les Multinationales peuvent donc dormir tranquilles ; elles n’ont pas fini de se ruer sur une Afrique infantilisée dans son exception ; une Afrique sans défense ni conscience politique digne de ce nom ; une conscience libératrice d’énergie.

                      Pour résumer : suggérer "un modèle différent de développement pour l’Afrique ( CONTINENT AUX RESSOURCES NATURELLES INÉGALABLES) c’est vraiment se moquer du monde : ce continent fait l’objet de convoitises sans scrupules, d’une cruauté sans retenue de la part des Multinationales. L’Afrique doit trouver des solutions de le cadre de cette guerre qu’est la mondialisation. Elle n’a pas d'autre choix : combattre les Multinationales et des ONG qui n'ont de "non-gouvernementales" que le nom. 

     

                     Aussi, il est temps, vraiment temps, que Bernard Lugan suive des cours de géo-politique et d’économie moderne s’il souhaite être pris au sérieux un jour car cet historien ne sait pas, ne veut pas manifestement savoir dans quel monde interdépendant nous vivons tous ; et s’il lui arrive de savoir quelque chose, manifestement, il lui reste à comprendre enfin ce savoir qui peut être le sien, d'autant plus qu'avec cet ouvrage, il semblerait que la vérité soit tombée non pas sur l'Afrique mais bien plutôt sur son auteur. 

     

     

    1 - Si nous ne pensons tous la même chose c’est aussi et surtout parce que nous n’avons pas tous la même histoire. Il est donc important de savoir et de comprendre « d’où un tel ou une telle pense ».... cad : à partir de quelle histoire personnelle. A ce sujet on pourra se reporter au lien suivant : Affects-passions-politique-et-philosophie

     

    Pour prolonger, cliquezUne certaine idée de la Françafrique 

     

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  • Lampedusa : île témoin de milliers de noyés sans nom

                   

     

                   Des années 90 à aujourd'hui, l'île de Lampedusa (île située au Sud Ouest de la Sicile,  à mi-chemin entre la côte Est tunisienne et l'île de Malte, d’à peine 20km2) aura été le théâtre de nombreux naufrages de bateaux d'immigrants : 20.000 personnes auraient péri avant même de toucher les côtes européennes.

    Depuis le naufrage d'un bateau de migrants en octobre 2013, qui a coûté la vie à plus de 360 personnes, et le dernier en date, celui de cette semaine, qui a causé la mort de centaines de passagers, les réfugiés n'y sont plus accueillis : ils arrivent désormais en Sicile. Le nombre d’arrivées s'est élevé à 130.000 en 2014, contre 40 .000 en moyenne, chaque année, depuis l’an 2000.

                                             
    Pendant leur périple, les passeurs forcent les candidats à l'exil à changer au moins trois fois d'embarcation - femmes, enfant, bébés... -, d’où les risques de naufrage car les bateaux sont surchargés.
    La marine italienne patrouille en permanence. La Sicile arrive à saturation.

    Ces opérations de sauvetage coûtent neuf millions d’euros par mois à l'Italie. Combien de temps tiendra-t-elle encore ?

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                           Le centre d'accueil pour migrants de Mineo, en Sicile © RF-Sébastien Baer

     

                "... à une heure de route de Catane (Sicile ionienne) se trouve le centre d’accueil pour migrants de Mineo. Avec ses 4.000 réfugiés qui vivent dans des maisons aux murs rose, ocre et orange, c’est l’un des plus grands d’Europe. De l’extérieur, c’est très coquet. S’il n’y avait pas les grillages, les barbelés et les militaires qui montent la garde, on dirait presque un village de vacances. La plupart des migrants sont là depuis plusieurs mois et attendent que leur demande d’asile soit examinée."

    France INFO

     

     

    *** 

    lampadusa,sicile,italie,tunisie,boo people  

                  Des voyages toujours très périlleux pour les candidats à l'exil et leur famille ; boat-people... voyages aux naufrages meurtriers : en 2014, 3.000 migrants ont perdu la vie entre les côtes libyennes et la Sicile.

    Sur l'île de Lampedusa, un musée leur est consacré : "musée des invisibles", "musée du silence"... des milliers de corps sans vie, sans nom repêchés et recueillis... car, s'il leur fallait une sépulture, ne fallait-il pas aussi qu'il en reste "quelque chose" de tous ces corps ?!  

                 lampedusa,photos,musée des invisibles,

                   Bagages, photos, objet usuels, objet du quotidien, vêtements de rechange, jouets de bébés et d'enfants, un biberon, un Coran, une image de la Vierge, des chaussures d’enfants, quelques pièces de monnaie retrouvées au fond d'une poche, un peigne, quelques apprêts féminins, ustensiles, petits outils... ce sont des centaines d’objets retrouvés sur les corps, d'autres rejetés par la mer sur le rivage; des centaines de fragments de vie que lampedusa,sicile,italie,boat peopleGiacomo Sferlazzo et les membres de l’association Askavusa ont collectés et conservés car, si tous ces objets ont quitté leurs propriétaires, avec cette collecte, dans ce musée, c'est par eux et avec eux que tous ces corps sans vie retrouvent une raison d'avoir appartenu, un jour, au monde des vivants.

                   Alors, oui ! Ils ont bien existé ! Oui, ils ont un jour croisé notre route et leur destin funeste  aussi. 


    ***

     

                  Mais alors, ne soyons pas dupes pour autant ! Avec cet exode, avec ces morts et ces réfugiés sans avenir, c’est toute l’Afrique qui vient nous rappeler des politiques économiques iniques qui affament celui qui cultive la terre, assoiffent celui qui apporte l'eau et réduisent à la misère celui qui voit passer entre ses mains des matières non seulement premières mais précieuses ; des politiques criminelles telles que la destruction de la Libye dont  90% des candidats à l'exil traversent ce qui n'est plus qu'un territoire sans Etat, sans police ni armée ; des politiques d’instrumentalisation des antagonismes qui plongent des régions entières dans le chaos ; vente d’armes, corruption passive et active pour le plus grand profit des multinationales et des Etats à leur merci : destruction des marchés locaux pour mieux les contrôler ; dépendance de millions d’êtres humains vis à vis d'importations alimentaires subventionnées comme "c'est pas permis" par les économies occidentales ;  aides destinées à asservir et à s’assurer de l'acheminement en bon ordre des ressources et autres richesses dont le sol africain regorge.

     

            Vous voulez savoir où en est l'Afrique et les politiques de domination, de vol et de spoliation des multinationales à son endroit ? Allez donc à Lampedusa et en Sicile, à Mineo, faire un stage en géopolitique et en économie dite mondialisée et interdépendante !

     

                En tout état de cause, le pire serait que nous acceptions  l'indifférence des institutions de notre pays et de celles de l'Europe, de tous ses lieux de décisions, face aux centaines de noyés venus d'Afrique car, n'ayons aucune illusion : notre indifférence face à l'indigence des mesures qui seront prises  par l'Europe pour sauver nos frères et soeurs en humanité pourrait bel et bien à terme encourager ces mêmes institutions à faire preuve de la même indifférence à l'endroit de nous tous, et en premier, les humbles, les sans-grades et les plus fragiles, face aux prochaines catastrophes sociales et environnementales qui ne manqueront pas de nous frapper dans les décennies à venir : l'histoire nous apprend à ne jamais encourager un Etat à ne pas agir face à une catastrophe humaine même si celle-ci semble nous concerner qu'indirectement et de loin.

    Ce qui en jeu aujourd'hui, c'est notre capacité à ne pas se satisfaire du cynisme des Etats et des Institutions internationales car, moins on humanise les problèmes, plus on court le risque d'une gestion inhumaine des catastrophes, jusqu'à une déshumanisation générale.

     

     

                                    

    Vivre libre ou mourir : salut à toi !

     

                __________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Une analyse de la situation en méditerranée par Amnestie internationale

                         Pour contrer les arguments et autres commentaires de blogueurs et d'une presse aussi ignorants que jean-foutre.

     

     

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  • Saïd Bouamama : une heureuse découverte

     

     

                 Absent des médias - lui aussi... un de plus ! -, Saïd Bouamama est sociologue et militant associatif. Engagé professionnellement et personnellement dans les luttes d'émancipation dans toutes leurs dimensions, il est notamment l'auteur de "Les Discriminations racistes : une arme de division massive" chez L'Harmattan en 2010 ;  "La France. Autopsie d'un mythe national" chez Larousse en 2008.

    Avec le Collectif Manouchian dont il est un des animateurs, il a établi un "Dictionnaire des dominations de sexe, de race et de classe" aux éditions Syllepse.

     

     

                  Saïd Bouamama , présente son nouveau livre « Figures de la révolution africaine » : Jomo Kenyatta, Aimé Césaire, Ruben Um Nyobè, Frantz Fanon, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Malcolm X, Mehdi Ben Barka, Amílcar Cabral, Thomas Sankara... autour de l’apport théorique de ceux qui ont inspiré et dirigé les luttes d'émancipation et d'indépendance...  sur le Continent africain.

     

                   "... Durant la Traite et la colonisation, les résistances des peuples autochtones ou déportés n’ont jamais cessé ; des dizaines de formes de résistance en fonction du rapport de force ont vu le jour : avortement pour ne pas laisser d’enfants-esclaves au maître, se laisser mourir de faim, révolte dans les plantations, empoisonnement du bétail du maître...

    La résistance des Marrons construisaient dans leurs refuges au sein de communautés d’esclaves fugitifs des manières de vivre qui renouaient avec la tradition...

                  « Le grand facteur d’optimisme,  c’est que quand on est tout au fond du gouffre, au moment de la Traite, la culture a été le lieu dans lequel la dignité a été préservée ; se replier y compris sur des traditions qui peuvent nous apparaître comme réactionnaires était la manière de résister et de maintenir une dignité car quand je suis nié, je réinvestis totalement ce qui me semble être mon passé avant l’arrivée de l’agresseur." -  Amílcar Lopes Cabralhomme politique fondateur du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert."

                 Saïd Bouamama nous rappelle qu'il n’y  a pas de domination sans violence, il n’y a pas de domination douce ; et c’est le dominant qui contraint le dominé à la lutte armée : les peuples se transforment dans l’action. Le droit n’est que l’expression d’un rapport de force.

     

     

     

                  Ne pas rater la lecture : La tradition colonialiste  des socialistes : de la SFIO au PS par Saïd Bouamama

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    Pour prolonger, cliquez : Penser le néo-colonialisme avec la Françafrique

     

     

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  • Compaoré exfiltré : la françafrique dans toutes ses oeuvres

     

               François Hollande le répète : quand il a fallu évacuer l’ex-dirigeant du Burkina Faso, la France a aussi joué un rôle : « Cette évacuation, nous ne l’avons pas faite nous-mêmes, précise François Hollande, mais nous avons fait en sorte qu’elle puisse se faire sans drame ».


     

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             "François Hollande a déclaré que le gouvernement français a aidé Compaoré à partir sans drame.... Décidément, la France aime aider les présidents africains à partir... certains au cimetière (tués par eux quand ils résistent comme Sankara), pendant que d'autres coulent des jours heureux sous l'impérialiste bannière.... Ce scénario est une réalité de l'oligarchie française aujourd'hui comme hier... Il serait temps que nous comprenions à quel point certaines ingérences sont des déclarations de guerre..." - Kemi Seba


    Le portrait de Thomas Sankara a été brandi durant le soulèvement populaire qui a conduit au départ de Blaise Compaoré, le 30 octobre dernier. La mémoire de Thomas Sankara, l'ex-président charismatique assassiné par des éléments de l'armée, il y a 27 ans, lors du coup d'État qui a porté au pouvoir son frère d'armes, ce même Blaise Compaoré, a refait surface à la faveur des évènements au Burkina Faso.

    La veuve de Thomas Sankara demande que justice soit enfin faite.

     

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    Françafrique : la famille recomposée


               Organisée par Survie Savoie, la conférence de Thomas Noirot a été l'occasion de dresser un panorama de la politique française en Afrique, et de rendre compte de la chute de Blaise Compaoré et des derniers événements survenus au Burkina Faso

     

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    Pour prolonger, cliquez : Penser le colonialisme aujourd'hui avec la Françafrique et les ONG

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  • Lampedusa : île témoin de milliers de noyés sans nom

                   

     

                 Des années 90 à aujourd'hui, l'île de Lampedusa (île située au Sud Ouest de la Sicile,  à mi-chemin entre la côte Est tunisienne et l'île de Malte, d’à peine 20km2) est le théâtre de nombreux naufrages de bateaux d'immigrants. 20.000 personnes auraient péri avant même de toucher les côtes européennes.

    Depuis le naufrage d'un bateau de migrants il y a un an jour pour jour, qui a coûté la vie à plus de 360 personnes, les réfugiés n'y sont plus accueillis : ils arrivent désormais en Sicile. Le nombre d’arrivées s'élève à 130.000 depuis le début de l’année, contre 40 .000 en moyenne, chaque année, depuis l’an 2000.


    Pendant leur périple, les passeurs forcent les candidats à l'exil à changer au moins trois fois d'embarcation : femmes, enfant, bébés... d’où les risques de naufrage car les bateaux sont surchargés.


    La marine italienne patrouille en permanence. Mais la Sicile arrive à saturation. L’Italie pourrait abandonner, le mois prochain son opération de sauvetage, trop coûteuse : neuf millions d’euros par mois.


     

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                           Le centre d'accueil pour migrants de Mineo, en Sicile © RF-Sébastien Baer

     

     

                "... à une heure de route de Catane (Sicile ionienne) se trouve le centre d’accueil pour migrants de Mineo. Avec ses 4.000 réfugiés qui vivent dans des maisons aux murs rose, ocre et orange, c’est l’un des plus grands d’Europe. De l’extérieur, c’est très coquet. S’il n’y avait pas les grillages, les barbelés et les militaires qui montent la garde, on dirait presque un village de vacances.

    La plupart des migrants sont là depuis plusieurs mois et attendent que leur demande d’asile soit examinée."

    France INFO

     

     

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    lampadusa,sicile,italie,tunisie,boo people  

                 Des voyages toujours très périlleux pour les candidats à l'exil et leur famille ; boat-people... voyages aux naufrages meurtriers : cette année, 3.000 migrants ont perdu la vie entre les côtes libyennes et la Sicile.

    Sur l'île de Lampedusa, un musée leur est consacré : "musée des invisibles", "musée du silence"... des milliers de corps sans vie, sans nom ni nationalité repêchés, recueillis... car, s'il leur fallait une sépulture après une cérémonie funèbre, il fallait aussi qu'il puisse en rester "quelque chose" de tous ces corps !

    lampedusa,photos,musée des invisibles,

     

                Bagages, photos, objet usuels, objet du quotidien, vêtements de rechange, jouets de bébés et d'enfants, un biberon, un Coran, une image de la Vierge, des chaussures d’enfants, quelques pièces de monnaie retrouvées au fond d'une poche, un peigne, quelques apprêts féminins, ustensiles, petits outils... des centaines de d’objets retrouvés sur les corps, d'autres rejetés sur le rivage par la mer, des centaines de fragments de vie quelampedusa,sicile,italie,boat peopleGiacomo Sferlazzo et les membres de l’association Askavusa ont collectés et conservés car, si tous ces objets ont quitté leurs propriétaires, avec cette collecte, dans ce musée, c'est par eux, en eux et avec eux que tous ces corps sans vie retrouvent une raison d'avoir été au monde.

    Alors, oui ! Ils ont bien existé ! Oui, ils ont un jour croisé notre route et leur destin funeste aussi.

     

                  Ne soyons pas dupes : avec cet exode c’est toute l’Afrique qui nous rappelle des politiques économiques iniques qui affament celui qui cultive la terre, assoiffent celui qui apporte l'eau et réduit à la misère celui qui voit passer entre ses mains les matières non seulement premières mais précieuses ; des politiques désastreuses aussi d’instrumentalisation des antagonismes ethniques ou plus simplement "de pouvoir " qui plongent des régions entières dans le chaos, corruption passive et active pour le plus grand profit des multinationales et des Etats à leur botte : vendre des armes, détruire des marchés pour mieux les contrôler, réduire des millions d’être humains dépendants d'importations alimentaires subventionnées comme c'est pas permis, venir en aide pour mieux asservir, s’assurer de l'acheminement en bon ordre des matières premières et autres richesses... 

     

            Vous voulez savoir où ils en sont tous et où nous en sommes : allez donc à Lampedusa et en Sicile, à Mineo, faire un stage en géopolitique et en économie dite mondialisée !

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  • Penser l'Afrique aujourd'hui avec Thomas Sankara


     

    Thomas Sankara... le Che africain.

     

     

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                Thomas Isidore Noël Sankara est né le 21 décembre 1949 à Yako en Haute Volta (Burkina Faso) , Après le bac, il suit une formation d’officier à l’Académie militaire d’Antsirabé, à Madagascar. Rentré au pays, il organise la nouvelle génération des jeunes officiers  qui étouffent dans une armée dirigés par les anciens officiers de l’armée coloniale.

    En septembre 1981, il devient secrétaire d’État à l’information dans le gouvernement du colonel Saye Zerbo. Mais il démissionne le 21 avril 1982, déclarant en direct à la télévision : « Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple ! ».

    Le 4 août 1983 Thomas Sankara devient président de la Haute Volta qui sera rebaptisée l’année suivante le Burkina Faso : "le pays des hommes intègres". Dès la prise du pouvoir il appelle la population à se constituer en comité de défense de la révolution.

    Il sera assassiné quatre ans plus tard.

     

                      Pour une synthèse de ce qu’a représenté cette révolution, on se reportera à l’article « Thomas Sankara leader d’un authentique processus révolutionnaire ».

     

    ***

     

    Un documentaire sur Thomas Sankara ICI (diffusion ARTE)

     
                   "Rarement président africain aura autant incarné la dignité et la volonté d'exister d'un continent meurtri. Assassiné le 15 octobre 1987, le président du Burkina Faso, Thomas Sankara, est devenu un symbole et une référence politique majeure pour toute l'Afrique. Les points cardinaux de son action, durant ses quatre ans au pouvoir, étaient : lutte contre la corruption, développement autocentré, condamnation du néocolonialisme, éducation et santé pour tous, émancipation des femmes. Dans tous ces domaines, il a adopté des mesures concrètes comme la réduction du train de vie de l'Etat (à commencer par le sien propre), interdiction de certaines importations de produits alimentaires et réforme agraire, campagnes de scolarisation et de vaccinations (pour lesquelles il a reçu les félicitations de l'Organisation mondiale de la santé), dénonciation des ingérences françaises, interdiction de la polygamie et lutte contre l'excision, etc."
     
     

                    "Je n’ai pas ici la prétention d’énoncer des dogmes. Je ne suis ni un messie ni un prophète. Je ne détiens aucune vérité. Ma seule ambition est une double aspiration : premièrement, pouvoir, en langage simple, celui de l’évidence et de la clarté, parler au nom de mon peuple, le peuple du Burkina Faso ; deuxièmement, parvenir à exprimer aussi, à ma manière, la parole du "Grand peuple des déshérités", ceux qui appartiennent à ce monde qu’on a malicieusement baptisé Tiers Monde. Et dire, même si je n’arrive pas à les faire comprendre, les raisons que nous avons de nous révolter. Tout cela dénote de l’intérêt que nous portons à l’ONU, les exigences de nos droits y prenant une vigueur et la rigueur de la claire conscience de nos devoirs.
     
    Nul ne s’étonnera de nous voir associer l’ex Haute-Volta, aujourd’hui le Burkina Faso, à ce fourre-tout méprisé, le Tiers Monde, que les autres mondes ont inventé au moment des indépendances formelles pour mieux assurer notre aliénation culturelle, économique et politique. Nous voulons nous y insérer sans pour autant justifier cette gigantesque escroquerie de l’Histoire. Encore moins pour accepter d’être "l’arrière monde d’un Occident repu". Mais pour affirmer la conscience d’appartenir à un ensemble tricontinental et admettre, en tant que non-alignés, et avec la densité de nos convictions, qu’une solidarité spéciale unit ces trois continents d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique dans un même combat contre les mêmes trafiquants politiques, les mêmes exploiteurs économiques. "
     
                      Extrait du Discours de Thomas Sankara devant l'assemblée générale des Nations-Unies (4 octobre 1984).
     
     
    Anthologies des discours de Thomas Sankara et vidéos ICI
     
     
                           
                                 
                                           Thomas Sankara à propos de la dette
     
     
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                                     Le Nouvel Ordre Colonial de l'Occident - Tariq Ramadan et Michel Collon en 2014

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