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  • Saïd Bouamama : une heureuse découverte

     

     

                 Absent des médias - lui aussi... un de plus ! -, Saïd Bouamama est sociologue et militant associatif. Engagé professionnellement et personnellement dans les luttes d'émancipation dans toutes leurs dimensions, il est notamment l'auteur de "Les Discriminations racistes : une arme de division massive" chez L'Harmattan en 2010 ;  "La France. Autopsie d'un mythe national" chez Larousse en 2008.

    Avec le Collectif Manouchian dont il est un des animateurs, il a établi un "Dictionnaire des dominations de sexe, de race et de classe" aux éditions Syllepse.

     

     

                  Saïd Bouamama , présente son nouveau livre « Figures de la révolution africaine » : Jomo Kenyatta, Aimé Césaire, Ruben Um Nyobè, Frantz Fanon, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Malcolm X, Mehdi Ben Barka, Amílcar Cabral, Thomas Sankara... autour de l’apport théorique de ceux qui ont inspiré et dirigé les luttes d'émancipation et d'indépendance...  sur le Continent africain.

     

                   "... Durant la Traite et la colonisation, les résistances des peuples autochtones ou déportés n’ont jamais cessé ; des dizaines de formes de résistance en fonction du rapport de force ont vu le jour : avortement pour ne pas laisser d’enfants-esclaves au maître, se laisser mourir de faim, révolte dans les plantations, empoisonnement du bétail du maître...

    La résistance des Marrons construisaient dans leurs refuges au sein de communautés d’esclaves fugitifs des manières de vivre qui renouaient avec la tradition...

                  « Le grand facteur d’optimisme,  c’est que quand on est tout au fond du gouffre, au moment de la Traite, la culture a été le lieu dans lequel la dignité a été préservée ; se replier y compris sur des traditions qui peuvent nous apparaître comme réactionnaires était la manière de résister et de maintenir une dignité car quand je suis nié, je réinvestis totalement ce qui me semble être mon passé avant l’arrivée de l’agresseur." -  Amílcar Lopes Cabralhomme politique fondateur du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert."

                 Saïd Bouamama nous rappelle qu'il n’y  a pas de domination sans violence, il n’y a pas de domination douce ; et c’est le dominant qui contraint le dominé à la lutte armée : les peuples se transforment dans l’action. Le droit n’est que l’expression d’un rapport de force.

     

     

     

                  Ne pas rater la lecture : La tradition colonialiste  des socialistes : de la SFIO au PS par Saïd Bouamama

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    Pour prolonger, cliquez : Penser le néo-colonialisme avec la Françafrique

     

     

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  • Du chantage à la concurrence victimaire...



                    La France est passée en cinq ans, dans le classement de Reporters sans frontières, du 11e rang au 37e rang de la liberté d'informer. Finira-t-on alors derrière la Chine ? 25 condamnations pour violation de la liberté d'expression... la France au 3e rang des condamnations loin devant la Russie à la Cour Européenne des droits de l'homme.


                    Qu'à cela ne tienne : dénoncez ! Dénoncez ! Il en restera toujours quelque chose !


    ______________________



                   A l'heure où sur le service public, et sur LCP seul, Rokhaya DIALLO avait obtenu, quand elle y travaillait encore, 26 minutes par mois pour nous parler des minorités visibles - discrimination, racisme et histoire coloniale -, (en comparaison : sur France Culture, le génocide juif - plus connu sous le nom de Shoah dans sa version commerciale et politique -, c'est... toutes les deux heures, tous les jours, 365 jours par an, même de nuit à l'occasion des redifs) ... et alors que la demande d’une juste répartition des commémorations et de la transmission de la mémoire, à propos de la colonisation et de ses crimes ainsi que de la traite négrière par un individu ou un groupe d'individus quels qu'ils soient, est qualifiée de "concurrence victimaire", voire... purement et simplement de revendication à caractère antisémite... un chef de service s'entretient avec un de ses employés...


    Où est le rapport ?... d'aucuns ne manqueront pas de se le demander ; quant aux autres...


    ***

     

    "Asseyez-vous donc.


    - Merci.


    -Dites-moi, j'ai entendu dire que vous vouliez une augmentation ?

     

    - Oui, je... enfin… mon salaire, c'est un peu juste quand même.

     

    - Un peu quoi ?

     

    - Juste... un peu court... si vous préférez.

     

    - Comment ça ?

     

    - Je gagne à peine 1600 euros net, et je me suis laissé dire que...

     

    - "Laissé dire" quoi ?

     

    - Ben, que le vôtre de salaire c'était plutôt dans les 6000.

     

    - Et alors ?

     

    - Ben, j'ai pensé que vous pourriez peut-être appuyer ma demande...

     

    - Appuyer votre demande ?

     

    - Oui. J’ai demandé  50 euros.

     

    - 50 euros ?

     

    - Parce que les fins de mois sont difficiles, vous savez.

     

    - Je vais vous dire : tout comme il y a 24 heures dans une journée pour tout le monde, pareillement, il y a dans un mois le même nombre de jours … et ce pour tout le monde aussi. Vous comprenez ?

     

    -......................................

     

    - Oui ?


    - .....................


    - Non ?

     

    - Oui chef, mais...

     

    - Allez, n'insistez pas. Vous ne voulez pas non plus que l'on vous soupçonne de...

     

    - Ah non chef ! Ah non, sûrement pas !

     

    - Parce que... être soupçonné, c’est pas rien non plus…

     

    - Ah non pas ça ! Tout... mais pas ça ! 

     

    - C’est pas rien et puis, c’est quelque chose d’être soupçonné de…

     

    - Oubliez tout. J’ai rien dit chef.

     

    - C'est mieux.

     

    - Jamais je ne…

     

    - C'est bien.

     

    - Loin de moi l'idée...


    - C'est parfait.


    - Loin de moi l'idée de mettre en concurrence votre salaire et le mien…

     

    - Et de convoiter mon poste, peut-être aussi, n’est-ce pas ?

     

    - Votre poste ? Comment pourrais-je… Ah, non jamais ! Je le jure sur tout ce que j’ai de plus cher... cher et sacré ! Ca non chef ! Je vous jure ! Jamais… Jamais, je n'oserais... enfin... vous imaginez bien. Tenez … ces 50 euros, je vous en fais cadeau.

     

    - Cadeau ?

     

    - Oui, oui ! C’est tout pour vous. 

     

    - Sur votre salaire ?

     

    - Oui, oui !

     

    - Chaque mois ?

     

    - Oui bien sûr ! Après tout,  50 euros de plus ou de moins.

     

    - Et vos fins de mois difficiles dont vous me parliez tout à l’heure ?

     

    - Je m’arrangerai chef.

     

    - Je vois que l’on s’est compris.

     

    - Oui chef.

     

    - Allez, retournez à votre travail maintenant.


    - Merci chef.


    - Y a pas de quoi."


    _________________





          

           Un rappel salutaire : état des lieux de la production audiovisuelle - films et documentaires -, autour de la traite négrière, de l'esclavage et de la colonisation.


    Pour prolonger, cliquez : Le phénomène Dieudonné

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  • 12 years a slave : le Midnight Express de l’esclavage

     

     

                         « Aucune race n’a été témoin de l’injure comme la race nègre »

     

     

     

     

               "12 years a slave", film de Steve McQueen, est l'adaptation de l'autobiographie Douze ans d'esclavage de Solomon Northup (1853), qui retrace l'histoire véridique d'un homme libre afro-américain enlevé et vendu comme esclave dans une plantation de la Louisiane.

     

    ***

               
                  Pendaisons et séances de coups de fouet à tous les étages et à tous les coins de rue et des marais du Bayou, "12 years a slave", si l'on n'y prête pas garde, pourrait très bien s'apparenter à une sorte d’anthologie - catalogue ou compilation -, de tout ce que l'on peut infliger comme sévices et conditions d’existence à un être humain, homme et femme confondus, sur lequel on exercerait un droit de vie et de mort, à une époque favorable comme aucune autre : nous sommes aux Etats-Unis, à la moitié du XIXe siècle, dans l’Etat de Louisiane, là où tous les coups sont encore permis sur une population d'esclaves d'origine africaine... et ce, bien que nous soyons  à quelques années de l’abolition de l’esclavage ; en effet, il prendra fin 1865 - du moins, dans les textes.

     

    Aussi, il ne faudra pas nous en vouloir si on aura tôt fait de classer "12 years a slave"dans la catégorie des " films gore" avant de se lasser et de quitter son fauteuil après une heure quinze de coups de fouets, de pendaisons, d’engueulades entre époux négriers, maîtres et esclaves… et alors que nous étions pourtant plein de bonne volonté et patients.

     

    Son (un musique omniprésente et vulgaire : cad – sirupeuse), image, dialogues, mise en scène… Steve McQueen semble incapable de nous dire,  à de rares, trop rares exceptions près, quoi que ce soit qui ne nous ait pas déjà été dit au cinéma et ailleurs à propos de cette catastrophe humaine.

    Sans doute le cinéma et la fiction sont-ils bien en peine de rendre compte de l’esclavage comme il est bien incapable de nous parler des génocides juif, rwandais, cambodgien (Rithy Panh ne s’y est pas trompé en choisissant une autre forme d’expression, d’enquête et d’exposition historique), ou celui du Timor-Oriental : le pathétique de toutes ces fictions-réalité sans surprise, multirécidivistes, scènes et dialogues confondus, filmées mille fois donc, étant le lot commun et le pain quotidien de mélodrames mémoriels interchangeables à souhait.

     

                Avec le livre et l’écrit… confessions et témoignages, finalement, seul le documentaire semble approprié pour traiter les catastrophes humaines… un peu à l’image de ce que Lanzmann  a pu faire avec le génocide juif, du moins… en ce qui concerne sa durée (un documentaire de dix heures - 1) car pour le reste, ce documentaire qui ne nous apprend rien – des auteurs l'auront précédés de très loin et nous auront amplement informés - n’est qu’un procès d’intention fait à tout un Peuple, à toute une Nation, à tout un Pays : la Pologne. Pays, Peuple et Nation crucifiés... si jamais il y eut en Europe un seul pays martyr.

     

    A la recherche d'un modèle, on penchera alors plutôt pour le travail d'un Rithy Panh à propos du génocide cambodgien ; travail artistique et métaphysique.

     

    ***

     

                 Force est de conclure que "12 years a slave" aurait très bien pu être tourné par nombre de réalisateurs tâcherons d'Hollywood et c'est là que le bât blesse...

    Aussi, on invitera chaleureusement McQueen à retourner au plus vite à un cinéma (c'est son 3e film) pour les “few”, « happy few » qui plus est… cinéma d’art et d’essai, cinéma d’auteur – appelons-le comme vous voulez ! -, car c’est bien de ça dont le cinéma a besoin aujourd’hui : d’exception et d’excellence.

     

    Tout en sachant que ses deux films précédents destinés à un public plus restreint, ont été à la hauteur de cette exigence-là.

     

     

    1 - L'humoriste Dieudonné avait un projet à ce sujet  - projet de documentaire -, mais n'a jamais pu trouver les fonds. Peut--être qu'un jour, quelqu'un quelque part...

    __________________

     

    Pour prolonger, cliquez : Stanislas Spero Adotevi : Césaire, Senghor et l'Afrique

              

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