Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par litterature"WebAnalytics"

Avertir le modérateur

traite négrière

  • La traite négrière : selon que vous soyez puissant ou misérable…

                                             Le 10 mai la France commémore l’abolition de l’esclavage

     

    ___________________

     

                  Selon vous soyez puissant ou misérable... blanc ou noir, "civilisé" ou pas…

     

     Cliquez :  La traite négrière : 315 années, 20.528 voyages et des millions de vies

     

     

    ***

     

    "Si ce sont les victimes qui jugent leurs bourreaux, il n’y a plus de justice. On règle des comptes. Mais alors, qui nous rendra justice ? La justice d’un raisonnement juste dans la justesse d’un affranchissement courageux et altruiste ?

    - Comment ça Matthieu ?

    - Quand on juge un crime, c’est la victime que l'on juge en premier. Alors, dites-moi quel regard vont porter sur cette victime ceux qui sont chargés de lui rendre justice et je vous dirai quelle sera la peine prononcée. Oui ! C’est bien la victime qu’on juge en premier. Toujours ! Et plus la victime nous est culturellement étrangère et géographiquement éloignée, plus magnanimes nous sommes quand il s’agit de punir et d’entretenir dans la mémoire collective toute l’horreur du crime. En d’autres termes : dites-moi, pauvres victimes que vous êtes, où et comment vous viviez avant qu’on ne vous asservisse, qu’on ne vous déporte et qu’on ne vous massacre... dites-moi aussi qui sont vos bourreaux et les juges de ces mêmes bourreaux - sans parler de leurs avocats -, et je vous dirai quelle sera la sentence prononcée et quelle place le crime perpétré occupera dans l'Histoire. Prenez la traite négrière...

    - La quoi ?

    La traite négrière Luc. Si cette Traite a dû faire des pieds et des mains pour se faire entendre et reconnaître, c’est bien pour la raison suivante : dans l’imaginaire d‘un monde civilisé et arrogant, les victimes ont quitté une condition jugée peu enviable pour une condition jugée guère plus avilissante. On leur a fait quitter une existence jugée primitive et précaire, aux mœurs d‘un goût douteux et leur déportation puis leur exploitation les ont plongés dans une condition jugée ni pire ni meilleure. On peut légitimement affirmer que le crime n’a pas remis fondamentalement en question leur condition de vie.

    - Oui Matthieu. Vu comme ça.

    - Comprenez bien une chose : ce qui était en cause, ce n’est pas la couleur de leur peau. Leur seul tort à eux tous, c’était d’être sans défense et éloignés culturellement et géographiquement de leurs bourreaux, dans un premier temps et puis, des juges et des historiens, dans un deuxième temps car, plus les bourreaux nous sont proches et plus leurs victimes nous sont culturellement éloignées, plus il nous est difficile de compatir et moins on compatit, plus légère est la peine et plus courte est la mémoire. Si on ne prête qu’aux riches, sachez qu’on ne prête qu’aux victimes civilisées toute l’attention que mérite le crime commis contre elles. Faites d’un peuple civilisé, un peuple d’esclaves et plus grand sera votre crime. Réservez le même sort à un peuple jugé primitif et votre crime sera vite oublié ou bien, minimisé.

    - T'as fini ? Bien Matthieu. Je peux peut-être y aller maintenant.

    - Y aller ? Mais où donc ?

    - Loin des victimes, des bourreaux et des juges ; que je n'aie plus à t'entendre.

    - Je reviendrai. Et vous m'entendrez à nouveau !"

     

     

                Extrait du titre : « Des apôtres, des anges et des démons »

     

     

     

    Pour prolonger... cliquez Des apôtres...

     

    Lien permanent Catégories : Histoire et révisionnisme, Medias, désinformation et ré-information, politique, quinquennat Hollande et PS 0 commentaire
  • Django au pays de « Candie land »* : une sucrerie cinématographique amère

     

     

                 Dés-enchaîné dès les premières minutes du film, puis rapidement déchaîné un colt dans chaque main, c’est Django de Quentin Tarantino, le justicier aux bras armés d’une justice vengeresse encore inégalée dans sa représentation … car jamais le châtiment aura été aussi savoureux à partager et la libération aussi belle à contempler !

    Ironie, humour macabre et noir, pastiche, parodie de western, dérision, bande musicale aux voix profondes d'authenticité, dialogues qui claquent comme un fouet, une claque en plein visage aussi, certes Tarantino s’amuse encore, mais quand il rit, sans doute pour ne pas désespérer totalement, c’est d’un rire jaune… un rire inédit chez Tarantino ; il faudra se reporter à « Jackie Brown », réalisé en 1997, pour trouver un tel élan compassionnel pour son personnage principal, l' objet de toute son attention.

     

                   « Pendant des siècles, ils ont été les barbiers de mes ancêtres, le rasoir en main, sous leur menton, sous leur gorge, trois fois par semaine… mais alors, pourquoi ne les ont-ils pas tués ? » questionne Calvin Candie le maître des lieux : Candie land…

    La réponse ne se fera pas attendre. Soudain, on ne joue plus. Le rideau tombe ; ailleurs, il se lève, et tout s’éclaire. Trêve de mascarade ! Bas les masques ! Les armes à feu ont remplacé le rasoir (soyons modernes que diable !) ; la passivité, une servitude résignée trop souvent prisonnière d'un processus de chosification mortifère, s'est muée en courage féroce…

    C’est le théâtre du Grand Guignol à Candie land ! Les balles pleuvent par dizaines, par centaines, par milliers, ça ricoche et ça siffle comme des missiles avant impact, des lambeaux de chair ensanglantée virevoltent, les corps sont criblés et couverts de sang, à flots ce sang, le sang de plusieurs siècles de générations de négriers et de leurs larbins sadiques, l’ancien testament d’une main, fouet de l’autre, pour un protestantisme fanatique qui nous rappelle étrangement ceux qui, la Torah d’une main, le flingue de l’autre, tiennent en respect le Palestinien qui rêve de liberté tout en continuant de lui voler sa terre et sa vie, et d’autres encore, Coran et décapitation, comme autant d’échantillons d’une humanité de cloportes.

    Le sang gicle au passage sur la fleur de coton immaculé d'une plantation au labeur esclavagiste, pétales de sueur, de larmes et de sang… mais aussi... nectar et miel d’une justice expéditive…il faut alors faire vite et frapper fort… car, si la vengeance est impatiente, la liberté l’est tout autant.

                   Un chant choral se fait entendre maintenant car partout ça crie, ça hurle, ça souffre, ça meurt, une fois, dix fois, cent fois, mille fois…

    Mais alors combien de fois faudra-t-il les tuer tous pour qu’ils meurent ?!

    « Candie land », cette terre infâme, est maintenant jonchée de cadavres ! Bientôt, une bâtisse blanche, de la couleur de son commerce - le coton -, contre celui de sa main d’oeuvre, volera en éclats… il n’en restera rien ; en cendres… cendres fumantes.

     

                      Django c'est Zorro chevauchant vers la femme qu'il aime, pour la délivrer ; un Zorro noir qui partage la condition de ceux dont il vole au secours ;  c’est  le retour de d’Artagnan, du nom ironique de l’esclave que son propriétaire donne à dévorer vivant aux chiens ; le d’Artagnan d’un Alexandre Dumas d’outre-atlantique qui rentre à la maison pour régler quelques comptes ; et c'est aussi le Christ, un Christ noir : "Voici leur sang versé, celui de ma liberté ! Voici leurs corps déchiquetés, le juste prix de mon émancipation !"

     

                 La traite, le colonialisme, un monde de gagnants abjectes : tout se tient donc. Surprenant qu’il y ait encore des trous du cul ou des salauds pour s’étonner que de temps à autre, le perdant lève la tête et le bras puis la main pour frapper.

    Si chez Tarantino c'est souvent le Blanc qui sauve le Noir ( voir Jackie Brown), ce que Spike Lee ne supporte pas, il n'en reste pas moins que la représentation du Noir et du Blanc, telle qu'elle nous est le plus souvent donnée par Hollywood - un Noir larmoyant, soumis, résigné, impuissant -, est inversée chez le réalisateur de Django : le Noir est futé, rusé même ; le Blanc est bête et méchant, méchant parce que bête, aussi bête qu’une bête, plus bête encore puisque sadique et cruel… même si c’est elle, cette bête, qui tient le fouet et la laisse.

    Tarantino met un point d’honneur à nous restituer la force et la dignité de l'esclave. En cela, Django c’est l’anti 12 years a slave du réalisateur britannique passé outre-atlantique, Steve Mcqueen, le Josh Randall de la traite négrière, réalisateur noir au producteur blanc ; 12 years a slave remportera l'Oscar du meilleur film : normal, le Blanc sort intact de "12 years a slave". En revanche, chez Tarantino, le Blanc sort laminé, rincé, essoré et couvert d'opprobre : il n'y a rien à sauver.

    Et puis, manifestement, Hollywood ne lui a pas pardonné ce jugement sans appel : « Que voulez-vous, Monsieur Calvin Candie, docteur Schultz est Allemand ; il n’a pas encore l’habitude des Américains et de leurs moeurs ; il ne connaît pas le spectacle d’un être humain que l’on donne à dévorer vivant aux chiens ».

    On pense alors au chaos du Moyen-Orient aux millions de morts (1) ; bilan d'une fausse guerre dite "contre le terrorisme"  lancée par les USA depuis 1990. Toute une région et sa population livrées vivantes aux chiens de la géopolitique.

     

    cinéma,quentin tarantino,django,esclavage,traite négrière,politique,société,actualité,7e art

                   Dans ce monde de la traite, de l’esclavage et des plantations, "le nègre domestique", nègre de l'intérieur (incarné par Samuel Lee Jackson - sans doute le rôle de sa carrière), sait que la force est du côté des Blancs esclavagistes et négriers ;  sa sécurité et prospérité aussi quand il est promu au rang de Major d’homme et qu’il règne alors sur toute une colonie de "nègres des champs". Dans ces conditions, mieux vaut, à ses yeux, être le domestique du Blanc en 1858 que son salarié "libre" cent ans plus tard, à trois dollars de l’heure.

    C'est sûr ! Ce nègre-là avait du flair d’autant plus qu’à son époque, il n’y avait qu’un trou dans la roulette, tout comme aujourd’hui soit dit en passant… car jamais il n’y en aura pour tout le monde aussi longtemps que les bénéfices de la trahison de l’un reposeront sur l’exploitation de tous les autres.

                     

     

                     Django, ce film déterminé, sincère, qui se veut tout sauf malin, est d’une violence d’une beauté rare et renversante car portée par la dénonciation d’un crime d’Etat, le premier d’entre eux, les USA, et dont on peut encore tracer l’argent de ses bénéfices chez ses milliardaires d’aujourd’hui (JP Morgan…)

     

                    « Django, tu ne pourras jamais détruire Candie Land », hurle le nègre domestique avant d'aller rejoindre, des mains de Django, le monde des morts, celui des Blancs auquel il appartient ; pourtant, Tarantino l’a fait le temps d’un film, même si aujourd’hui tout est à refaire.

     

     

    * Du nom du propriétaire esclavagiste de la plantation de Calvin Candie ; rôle tenu par DiCaprio ; Candy - homonyme -, signifie en Français : sucrerie, bonbons, confiserie...

     

    Lien permanent Catégories : Art et culture 0 commentaire
  • Casey : un rap France-Antilles au féminin-masculin

     

     

    Imaginaire colonial décomplexé qui délie les langues

     

     

               Sachez-le : Casey s'accorde au féminin

                Midinette Casey ? Entretien dans "Studio M" sur France Ô 

     

              "La crise de l'industrie du disque et du rap ? Ceux qui aiment ce qu'ils font n'ont aucun souci à se faire ; il y aura toujours un bout de trottoir pour eux "

     

                  Vaudou et exorcisme : " La nature a fauté, s'est plantée en beauté ; toi ton identité c'est d'être la créature ratée."

     

                       

    Autobiographie : une et multiple...

     

     Casey en entretien sur Radio Campus Grenoble

     

     

                                    Pour prolonger, cliquez : Rap et rappeurs

     

    Lien permanent Catégories : Art et culture, Quartiers populaires : Saïd Bouamama et d'autres 0 commentaire
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu