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uleski

  • Ce qui est... n'est pas !

     

    « Je veux rentrer chez moi. Ca va mal finir, je vous dis.

     

    - Ils sont comme des chiens ? Ils ont la rage au ventre ? C'est ça ? Je vous avais prévenu. Faut continuer. Faut extirper d'eux la bête immonde, sordide et immonde ! Extirpez, nom de Dieu ! Extirpez ! Il en restera toujours quelque chose. Je veux du sordide hideux et sordide, du flagrant délit, au délit flagrant et irréfutable ; et c'est maintenant ou jamais ! Alors, traquez-les nom de Dieu ! Et puis, frappez là où ça fait mal ! Faut leur secouer la couenne à tous ces porcs ! Sur le grill, tous ! Sur le grill, je vous dis ! Faites-les flamber ! Et s'ils ne veulent pas avouer, qu'ils se taisent à jamais. Parce qu'on les fera taire. Pour sûr ! On leur fermera le caquet à tous ces dégénérés, à tous ces barbares ! On en a les moyens, vous savez ! Et tous les moyens sont bons quand on a volonté de faire taire tous ceux qui nous menacent.

     
    - Je veux rentrer chez moi.


    - Taisez-vous ! Je vous dis qu'ils sont coupables ! Même innocents, ils sont coupables. C'est à vous de leur faire avouer tous les actes immondes qu'ils ne manqueront pas de commettre d'ici peu. Et puis, qu'est-ce qu'un innocent sinon un coupable qui s'ignore ! Être innocent ! La belle affaire ! Face aux nouvelles analyses scientifiques qui viennent alimenter quotidiennement le vivier de nos connaissances sur la nature humaine, tout ça ne veut plus rien dire. Innocent, vous dites ? De qui ? De quoi ? Innocent ? Sachez le : il faut se débarrasser de cette épithète sans queue ni tête car, pour ma part, je ne connais que des gens innocents mais... faute d'avoir été reconnus coupables. Oui, Monsieur ! La reconnaissance de cette culpabilité latente et universelle progressera lentement, pas à pas, mais elle se fera ! Vous pouvez compter sur nous. Naturellement, si vous leur dites qu'ils sont innocents, eh bien, ils vous croiront mais... c'est pas un service à leur rendre car, tôt ou tard, il nous faudra les juger tous coupables. Tous ! Alors, sachez-le ! Être capable, c'est déjà être... coupable. Et ceux-là, ils sont capables de tout. Ce sont des monstres je vous dis ! Des monstres et des terroristes ! Tous autant qu'ils sont ! Oui, Monsieur ! Des terroristes ! Parfaitement Monsieur ! Des monstres et des terroristes ! Alors, c'est du sérieux maintenant. On tape dans le dur. On est dans le Viagra !


    - Dans le quoi ?

     
    - Dans le Viagra ! On bande, quoi ! Merde ! Je vous le dis : qu'ils avouent ! Même innocents, qu'ils avouent ! Plus ils se disent innocents et plus ils sont coupables. Si demain vous rencontrez un innocent, ne le lâchez pas ! C'est fatalement un terroriste et un monstre. Y'a pas à se tromper ! Vous pouvez, les yeux fermés, foncer droit sur lui ! Je vous le redis : ils sont tous coupables ! Coupables de n'être que ce qu'ils sont, dans leur refus ou bien, dans leur incapacité à servir notre Projet : le nôtre ! Le seul qui vaille ! Alors... au boulot et... vite ! La tâche est immense ! Immense, cette tâche ! Immense comme un mensonge qui se voulait vérité ; vérité de mensonge qui maintenant nous éclate à la gueule, éblouis, ébahis et abrutis, sur le cul, infirmes à vie et pour la mort, sidérés et tout illuminés d'horreur pour la nuit des temps ; et même quand il fera jour, ce sera encore la nuit. Ils auront beau faire, rien ne pourra effacer cette vérité criante de mensonge ! Plus rien ne pourra la retenir, cette vérité sidérante ! On les tient ! On les a démasqués, ces salauds ! Alors... faut faire vite, avant qu'à leur tour, ils ne nous démasquent, car l'heure approche. Mais qu'ils avouent, nom de Dieu ! Et vous découvrirez qu'ils étaient tous coupables... bien avant... bien, bien avant d'avoir accompli le pire. Coupables, ils sont ! Même sans bouger un pouce et sans lever le petit doigt. Et davantage encore, si jamais ils le lèvent, ce petit doigt ! Alors, vous avez compris ?

     

    - Je veux rentrer chez moi ! Vos histoires, ça me gave !


    - Pensez aux grands vices et à leur développement potentiel ; développement qui nous menace chaque jour. La sodomie par exemple. Oui, la sodomie ! Un vrai fléau, la sodomie ! Et puis, pensez à toutes ces subversions et à toutes les tentatives de contestation de nos valeurs ! Pensez à leurs revendications démesurées ! Et merde ! Et puis, quoi encore ? Pourquoi pas "Liberté, Egalité et fraternité" aussi pendant qu'on y est ! Je vous dis que chez eux, tous ces vices font l'objet d'une activité débridée et menaçante. Aussi, vous devez dès maintenant être capable d'identifier le premier venu pour, très vite et dans la foulée, le déclarer coupable non pas a posteriori mais a priori. L'heure est aux frappes préventives. Vous comprenez ?


    - Je veux rentrer chez moi !


    - La vérité, c'est que vous manquez d'audace. Il faut mettre toute cette population au trou. C'est clair, oui ou non ? Ensuite, il sera toujours temps de savoir s'ils sont coupables ou innocents. Passez-moi tous les hameaux de la vallée au crible. Sillonnez tous ces villages et allumez tous les feux : ceux de la culpabilité puis de la repentance et de la soumission totale car, bientôt leur vie à tous n'aura plus qu'un sens : le nôtre de sens ! Et on leur demandera pas leur avis. Je vais vous dire, jeune homme : la terreur ! Oui, la terreur et le chaos, à petites doses, disséminée avec parcimonie, avec des pincettes, en col blanc et... high-tech, y'a pas mieux. Pour sûr ! Ils plieront ou bien alors... ils iront traîner leurs savates et leurs guêtres sous des tonnes de bombes !


    - On pourrait peut-être leur parler, avant ?


    - Leur parler ? Pourquoi faire ? On n'a pas le temps. On travaille en temps réel et le traitement doit être administré avec précision : état d'abdication perpétuelle et éternelle. Je vous le dis : ils sont tous coupables ! Coupables de n'être que ce qu'ils sont. Mais... on les sauvera malgré eux... eux tous, quittes à les crever tous autant qu'ils sont. On les sauvera, nom de Dieu ! Pour sûr ! Mais ce qu'il faut avant tout c'est que tous ces gens avouent et qu'ils s'amendent : aveux, pénitence et amendement. On ne s'amende jamais assez parce qu'on n'adhère jamais assez et totalement, en toute abnégation. Nous n'avons peut-être pas encore atteint le point de non-retour mais il y a urgence. Alors, qu'ils avouent et vous pourrez rentrer chez vous. Qu'ils avouent et si nous sommes de bonne humeur, il se peut qu'on leur pardonne... une fois qu'ils seront morts et pardonnés... bien pardonnés, enfin cadenassés et réduits en cendres et au silence. Je vous l'ai déjà expliqué : il faut les salir... il faut tout salir... tout et tout le monde. Comprenez bien une chose : s'ils avouent, alors, nous sommes sauvés car vous trouverez toujours des imbéciles pour penser qu'ils étaient coupables. Et puis franchement, si seuls les innocents sont autorisés à juger, qui donc jugera qui, et qui exécutera la sentence de qui ? Alors, c'est au plus rapide, au plus puissant et nous allons recourir à des mouvements massifs pour créer un effet de terreur de masse ! Nom de Dieu ! Tenez ! L'assaut est donné ! Feu à volonté ! Car, ce qui importe c'est que nous soyons les premiers à dénoncer la puanteur et le pire... et la saleté et la puanteur du pire ; les premiers... oui, les premiers pour nous assurer une place aux côtés de ceux qui seront prochainement les seuls autorisés à prononcer toutes les sentences de mort ; sentences qui nous mettront à l'abri de toutes les poursuites : plus personne pour nous courir après, plus personne pour nous mettre le grappin dessus, même par en dessous car, nous sommes partis avant eux et courons plus vite qu'eux... beaucoup plus vite jusqu'à nous retrouver derrière eux, cette fois-ci ; eux qui tentaient très certainement de nous poursuivre pour mieux nous confondre. Alors, maintenant c'est à notre tour de les rattraper. La course ! Nom de Dieu ! C'est la course contre la montre ! C'est au plus rapide, au plus vif, au plus... plus... plus... Mais comment vous dire, vous qui ne savez rien sur rien ? Comment vous dire ce vers quoi nous tendons... nous tous arc-boutés et... nous tous tendus et dressés, du haut de nos tours géantes et menaçantes pour une civilisation bétonnée et verrouillée à double tour ! Une civilisation charpentée pour les siècles des siècles...

    - Amen.

    - Ne vous moquez pas ! Sachez une chose, Monsieur le reporter et... sachez-la, cette chose, une bonne fois pour toutes : ce qui est... n'est pas ! Non Monsieur ! Ce qui est, n'est pas car il s'agit toujours d'autre chose. Autre chose et autre part et puis, ailleurs aussi. Le but affiché n'est pas le but qu'on se propose d'atteindre puisqu'il n'est pas le but qui a été secrètement fixé. Aussi, ne vous étonnez surtout pas si l'itinéraire conseillé n'est jamais le chemin qu'il faut emprunter car, quand vous y serez arrivé tout en pensant y être allé avec les autres, eh bien, vous y serez arrivé mais... seul. Oui, Monsieur : seul ! Car dans les faits, personne, n'aura souhaité vous y accompagner ou vous y retrouver puisque ce n'est pas là qu'il fallait être. Alors, on peut dire sans risquer de se tromper qu'ici, tout... absolument tout est diversion et boniment. Oui, Monsieur ! Tout est leurre, diversion et boniment. Et ceux qui prétendent à la cohérence et à la vérité sont à l'intelligence ce que les feux d'artifices sont aux miracles : le secret de polichinelle d'un esprit infantile. »

     

     

    Extrait du titre : "Paroles d'hommes", chapitre 7 - copyright Serge ULESKI

     


    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI en littérature

     


           La célèbre lanceuse d’alerte Sibel Edmonds répond aux questions de la chaine RT à l’occasion de la publication intégrale de ses mémoires "Classified Woman" interdits par le FBI et les autorités américaines ; elle y accuse directement le gouvernement US de haute-trahison et le FBI de dissimulation. Elle a créé le groupe des "lanceurs d’alerte pour la sécurité nationale".

     

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  • Le nouveau Plouc de la conscience humaine et politique

       

                 Le nouveau Plouc est une sorte de concept "organique" ; concept appelé à se développer et à se métamorphoser donc.

    Attention à ne pas confondre le nouveau Plouc, tel que nous nous apprêtons à le définir, avec le Bobo qui, contrairement au Plouc, possède une sérieuse éducation supérieure, de l'argent et le pouvoir (trois attributs indissociables en ce qui le concerne) car dans les faits, ce nouveau Plouc n'appartient pas à la bourgeoisie, et par voie de conséquence, il ne peut pas être considéré comme un authentique Bobo.

    Les vrais Bobos sont finalement bien moins nombreux que les faux que sont les Ploucs qui fourmillent parmi les adhérents et les sympathisants de ce qu'était le PS des années 80 et 90, avant sa chute, ainsi que chez une partie des Verts  ; ce que l’on nomme depuis une bonne vingtaine d’années maintenant : la fausse gauche.

     

              Faut-il rappeler que dans « Bobo » il y a « bourgeois » ? Or, un bourgeois occupe une place bien spécifique dans la société et en particulier, dans la chaîne de production des biens et des services ; production intellectuelle aussi (les universitaires), sans oublier le rentier-héritier ; et ce qui fait de ce bourgeois un Bobo (un bourgeois bohème), c'est sa façon de dépenser son argent : où, comment et avec qui. Pour sûr, ce Bobo-là qui a longtemps voté PS et/ou EELV (aujourd'hui Macron) est du côté de la domination ! car, en ce qui concerne la recherche, la production et le commandement (management), cet individu est très proche de l’élaboration des process ainsi que de la redistribution de leurs gains soit comme concepteur, soit comme maître d’oeuvre ou bien encore en tant qu’intermédiaire-parasitaire ou actionnaire.

    Quant au faux-Bobo qui oublie que pour être un vrai Bobo il faut d’abord être un bourgeois, et que pour être un bourgeois il faut occuper une place spécifique dans la chaîne de production… ce faux-Bobo-là, souvent larbins aux ordres et simples exécutants… même bien payés, n'est, en définitive, qu'une sorte de grenouille qui souhaite se faire aussi grosse que le bœuf bobo... même et surtout sous un régime bio.

    Et pour conclure, on se rassurera avec ceci : contrairement à un homme de droite, on n’a jamais vu un authentique homme de gauche peiner à définir ce qu’est un Bobo : l’ennemi mortel de la gauche, une enculade assurée ;  et le nouveau  Plouc : l’idiot utile, sorte d'armée de réserve, des Bobos.

                   Mais trêve de commentaire : place au nouveau Plouc donc !

     

    ***

     

           Bigot qui se dit et se croit "de gauche", urbanisé et connecté, dont les indignations sont celles de tout le monde - indignations suscitées le plus souvent par des médias racoleurs -, sans imagination, d'une bêtise dévastatrice mais de bonne foi (1) - du moins pour la majorité d'entre eux -, courageux mais pas téméraire, la tripe sensible mais le coeur dur comme la pierre, très politisé mais moyennement informé tout en l’ignorant puisqu'il se croit au courant de tout, le nouveau plouc a longtemps voté PS, EELV et dernièrement : Macron ; il peut être chômeur (optimiste) ou cadre moyen, déclassé ou bien CSP+, universitaire (médiocre) ou retraité, homme ou femme, quoi qu'il en soit... le moment venu, face à ses propres contradictions, finalement bête et méchant, le nouveau Plouc, et c’est à cela qu’on le reconnaît, penchera toujours du côté de la censure et de la répression au nom même de la liberté et de la démocratie qu'il croit soutenir à bon compte et sans frais ; en effet, le nouveau Plouc ignore que soutenir la liberté d'expression est un véritable engagement et un sacrifice : c'est accepter ce qu'on n'aurait jamais osé ou bien désiré lire et entendre ; car... il n'y a pas de liberté, il n'y a que des preuves de tolérance ; et le nouveau plouc en est incapable.

            Certes ! Difficile d’ignorer le fait que c’est avec de tels Ploucs que sur Internet, aujourd'hui -  et demain plus encore -, un  journal au contenu payant peut espérer prospérer (Nouvelobs, Libération et une grande partie des abonnés de Médiapart) car, il faut le savoir : en France, il n'y a guère plus de 50 000 personnes déterminées à mourir debout tout en faisant face à ceux qui les exécuteront - aujourd'hui, des Gilets Jaunes héroïques -... et qui les exécutent chaque jour, en silence, jour après jour, dans une vie de chien ou le martyre, dans l'héroïsme et le sacrifice, dès 5h30 le matin, rentré à 20h le soir, cinq jours par semaine, ou dans le retraité à 600 Euros par mois.

    Quel rapport demanderez-vous... ?

    Seul un Plouc osera poser une telle question !

     

    ***

     

                  Mais alors… qu’est-ce que pense un Plouc aujourd'hui ? La réponse, vous la trouverez dans l’énumération suivante (liste non-exhaustive établie en 2012, révisée en 2019 ; réactualisée aujourd'hui ; vous pouvez suggérer d'autres entrées qu'on ne manquera pas d'ajouter)...

     

                           C'est parti !

     

    Le nouveau Plouc pense qu'en dehors de l'Euro, point de salut...

    Le nouveau Plouc pense que sous la direction de Philippe Val, Charlie Hebdo défendait la liberté d’expression…

    Le nouveau Plouc pense que rire ça fait du bien mais que tous ceux qui vont aux spectacles de Dieudonné sont antisémites et fascistes…

    Le nouveau Plouc pense que Hollande était à gauche, Sarkozy à droite et Bayrou au centre…

    Le nouveau Plouc pense que le FN est un danger pour la République,  oublieux qu'il est du chômage, de la corruption, de la pauvreté et des discriminations et d'une construction européenne qui n'est que l'instrument d'un mondialisme sans honneur ni justice …

    Le nouveau Plouc pense toujours, aujourd'hui encore, que si tout n’a pas été dit au sujet du 11 Septembre, néanmoins ce qui nous a été caché ne saurait en aucun cas remettre en cause la version officielle...

    Le nouveau Plouc pense que tous ceux qui pensent le contraire sont des conspirationnistes paranoïaques…

    Le nouveau Plouc pense que... "l'avenir ne dépend que de nous"...

    Le nouveau Plouc pense que Bernard-Henri Lévy est un philosophe...

    Le nouveau Plouc pense que l'Islam c'est bien mais que Tariq Ramadan c'est mal...

    Le nouveau Plouc pense que l’Irak d’aujourd’hui c'est quand même mieux que l’Irak d’hier tout en omettant de nous dire pour qui...

    Le nouveau Plouc pense que Daniel Cohn-Bendit est un écolo de gauche...

    Le nouveau Plouc pense que l'élection d'Harlem Désir à la tête du PS en 2012  a fait avancer la cause des Français issus de l'immigration, de la traite et de la colonisation...

    Le nouveau Plouc pense que le Nouvelobs et Libération sont à gauche...

    Le nouveau Plouc pense que l’Iran souhaite détruire Israël avec La bombe… tout en épargnant les palestiniens et le Hezbollah (une sorte de bombe atomique aux retombées aussi chirurgicales que sélectives) car le Plouc ignore que La bombe représente la seule chance pour l’Iran de ne pas finir comme l’Irak, la Syrie, l'Afghanistan, la Libye ou le Yemen...

    Le nouveau Plouc pense que la France est la patrie des Droits de l'homme, ignorant l'Histoire de l'Angleterre et des Etats-Unis...

    Le nouveau Plouc pense que Chavez était un affreux dictateur, bien qu’élu démocratiquement car il soutenait l’Iran…

    Le nouveau Plouc pense que les Gilets Jaunes c'est bien mais que... en même temps, ça suffit comme ça...

    Le nouveau Plouc pense que Macron est un intellectuel doublé d'un philosophe parce qu'on dit qu'il a serré une fois les paluches de Paul Ricoeur...

    Le nouveau Plouc pense, là aussi, que Michel Onfray est un philosophe... qui plus est dissident...

    Le nouveau Plouc, surtout chômeur, pense que le mondialisme est inévitable et le protectionnisme un fléau ; même si toutes les économies "performantes" l'ont pratiqué et le pratiquent encore aujourd'hui...

    Le nouveau Plouc pense que la Libye d'aujourd'hui c'est mieux que la Libye d'hier, et là aussi, sans toutefois préciser pour qui...

    Le nouveau Plouc pense que l'Afrique a souffert et souffre encore, mais  que Kémi Seba est raciste... 

    Le nouveau Plouc ne sait pas qu’il pense que tous ceux qui ne pensent pas comme lui doivent être censurés, bannis et interdits de communication et de diffusion... jusqu'au jour où...

    Le nouveau Plouc pense la LICRA c'est la ligue internationale contre le racisme... et le CRIF, le représentant des institutions juives de France...

    Le nouveau Plouc pense que Marianne est un journal de gauche... 

    Le nouveau Plouc pense que l'Europe née de Maastricht et du traité de Lisbonne est la meilleure Europe possible...

    Le nouveau Plouc pense que si c'était différent ce serait pire encore...

    Le nouveau Plouc pense que Bernard-Henri Lévy (eh oui ! encore lui ! car le nouveau Plouc est un multi-récidiviste impénitent) est de gauche...

    Le nouveau Plouc pense qu’en Syrie il s’agit bel et bien d’un soulèvement populaire contre une dictature sanglante et certainement pas de provoquer la chute d'un régime, voire... du Pays tout entier, qui n’a plus sa place dans le nouvel ordre mondial dominé dans cette région par les USA, Israël et l’Arabie Saoudite...

    Le nouveau Plouc pense que le "pouvoir" est à l'Elysée et que... lorsqu'on s'y rend... on a de grandes chances d'y trouver un Président de la République...

    Le nouveau Plouc pense que Arte fait de la télé et du journalisme "autrement"...

    Le nouveau Plouc pense que sans le Hamas, Israël aurait consenti à la création d'un Etat palestinien, le favorisant même, depuis longtemps déjà...

    Le nouveau Plouc pense que les Russes c'est bien mais que Poutine c'est mal... car il a oublié que Poutine l'est aussi... russe...

    Le nouveau Plouc pense que tous ceux qui, à gauche, ne pensent pas comme lui, sont dans les faits... des militants d'extrême droite infiltrés...

    Le nouveau Plouc pense qu'Obama c’était beaucoup mieux pour les pauvres en général - les Noirs en particulier -, et les Palestiniens... oublieux de son bilan social et de la destruction de la Syrie et de la Libye.

    Le nouveau Plouc pense que si la corruption c'est mal, elle ne concerne qu'une petite partie de la société en général et de la classe politique en particulier...

    Le nouveau Plouc pense que David Pujadas est un journaliste et que son 20H sur France 2 avait quelque chose à voir avec ce métier...

    Le nouveau Plouc pense qu'il est de gauche et il est bien le seul...

    Le nouveau Plouc pense qu'il pense, et là aussi, on ne trouvera personne pour soutenir cette assertion...

    Le nouveau Plouc pense qu'on ne fait pas de la bonne littérature avec Sade, Céline et Drieu la Rochelle qu'il juge infréquentables car le  nouveau Plouc mélange tout...

    Le nouveau Plouc pense que le Pop-art a quelque chose à voir avec l'Art...

    Le nouveau Plouc pense qu'on peut faire de la bonne littérature avec Christine Angot...

    Le nouveau Plouc pense que tous ceux qui ne soutiennent pas Macron c'est d'extrême droite et d'extrême gauche...

                     Et puis... en guise de conclusion toute provisoire... on l'aura maintenant compris :

     

              Ce nouveau Plouc n'a rien de commun avec l'ancien maintenant à nos yeux plutôt sympathique et loin d'être aussi crédule et ignorant ;  aujourd'hui, cet ancien Plouc force le respect ; le nouveau, au mieux... le mépris, au pire... la colère.

     

    _____________________

     

     1 - Distinction majeure car cette bonne foi protège le nouveau Plouc de cet autre concept : le nouveau Salaud (ou le "faux plouc") de mauvaise foi et cynique, généralement proche de ce qu'on appelle l'Empire : une coalition Wall-Street, la City, Commission européenne-USA-Israël-Arabie Saoudite : racket, chaos, bombardement, intimidation et domination.

     


    Michel Fugain - Les gentils & les méchants

     

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  • Antonin Artaud par Colette Magny : confessions

    .

    .                  Mort au monde... Antonin Artaud nous revient plus vivant que jamais avec ce texte lu par Colette Magny *

     

    Artaud, la voix de l'anti-psychiatrie ?

     

                  "... Je dis ce que j'ai vu et ce que je crois ; et qui dira que je n'ai pas vu ce que j'ai vu, je lui déchire maintenant la tête. Car je suis une irrémissible Brute, et il en sera ainsi jusqu'à ce que le Temps ne soit plus le Temps.

    Ni le Ciel ni l'Enfer, s'ils existent, ne peuvent rien contre cette brutalité qu'ils m'ont imposée, peut-être pour que je les serve… Qui sait ? En tout cas, pour m'en déchirer.

    Ce qui est, je le vois avec certitude. Ce qui n'est pas, je le ferai, si je le dois. Voilà longtemps que j'ai senti le Vide, mais que j'ai refusé de me jeter dans le Vide. J'ai été lâche comme tout ce que je vois. Quand j'ai cru que je refusais ce monde, je sais maintenant que je refusais le Vide. Car je sais que ce monde n'est pas et je sais comment il n'est pas. Ce dont j'ai souffert jusqu'ici, c'est d'avoir refusé le Vide. Le Vide qui était déjà en moi.

    Je sais qu'on a voulu m'éclairer par le Vide et que j'ai refusé de me laisser éclairer. Si l'on a fait de moi un bûcher, c'était pour me guérir d'être au monde. Et le monde m'a tout enlevé. J'ai lutté pour essayer d'exister, pour essayer de consentir aux formes (à toutes les formes) dont la délirante illusion d'être au monde a revêtu la réalité.

    Je ne veux plus être un Illusionné. Mort au monde ; à ce qui fait pour tous les autres le monde, tombé enfin, tombé, monté dans ce vide que je refusais, j'ai un corps qui subit le monde, et dégorge la réalité. J'ai assez de ce mouvement de lune qui me fait appeler ce que je refuse et refuser ce que j'ai appelé.

    Il faut finir. Il faut enfin trancher avec ce monde qu'un Être en moi, cet Être que je ne peux plus appeler, puisque s'il vient je tombe dans le Vide, cet Être a toujours refusé. C'est fait. Je suis vraiment tombé dans le Vide depuis que tout, - de ce qui fait ce monde, - vient d'achever de me désespérer. Car on ne sait que l'on n'est plus au monde que quand on voit qu'il vous a bien quitté.

    Morts, les autres ne sont pas séparés : ils tournent encore autour de leurs cadavres, et je sais comment les morts tournent autour de leurs cadavres depuis exactement trente-trois Siècles que mon Double n'a cessé de tourner.

    Or, n'étant plus je vois ce qui est. Je me suis vraiment identifié avec cet Être, cet Être qui a cessé d'exister. Et cet Être m'a tout révélé. Je le savais, mais je ne pouvais pas le dire, et si je peux commencer à le dire, c'est que j'ai quitté la réalité..."            

      

           Une pensée pour tous ceux qui se savent séparés d'eux-mêmes dans leur relation avec le monde ; monde que l'on ne peut décidément pas refuser d'habiter, volontairement ou bien comme contraint par un envoûtement aujourd'hui encore mystérieux (et la schizophrénie est un tel envoûtement, une telle maladie)... qu'au prix d'un énorme préjudice à soi-même.

             A leur famille aussi.

     

     


    * Une Collette Magny qui a pu, à un moment de sa vie, se sentir, elle aussi, comme... séparée.

     

     

    Spleen - Charles Baudelaire (1821 - 1867)


                          A Pierre.

     

     

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  • L'euthanasie, d'accord mais... pour les milliardaires seulement !

    Dialogue entre la proie et l'ombre



    " Une chose que j'aimerais vous demander...

    - Faites ! Je vous en prie.

    - Ne trouvez-vous pas qu'on enterre un peu trop vite les morts ?

    - Comment ça ?

    - Le plus souvent, ce ne sont pas les morts qu'on enterre, mais... c'est de la mort dont on cherche à se débarrasser ; la mort et son cadavre. Et moi je suis pour qu'on prenne son temps avec la mort, qu'on s'occupe un peu d'elle même s'il n'est pas question de la banaliser, car il y aura toujours un salaud qui en profitera pour vous faire mourir plus tôt que prévu. Et je ne pense pas qu'aux crapules ! Pensez à l'euthanasie ! A son sujet, moi je dis : l'euthanasie, d'accord mais... pour les milliardaires seulement ! Parce que... avec les milliardaires, on est sûrs au moins qu'ils avaient les moyens de se soigner ; et par conséquent, les moyens de rester en vie. Quant aux autres... les démunis, les sans-famille et les vieux : niet ! Interdits d'euthanasie ! Car, en ce qui concerne les disgraciés, ce sont eux qui passeront à la casserole les premiers puisque ce sont eux les premiers qui, confrontés à une fin de vie exécrable, souhaiteront y mettre fin.

    - Vous voulez dire que... tous ces gens pourraient demander qu'on mette fin à leur vie ?

    - Oui. Les démunis, les disgraciés, les vieux, tous ces gens-là, ça pèse lourd sur les finances de notre système de santé, et plus lourd encore quand ils sont insolvables et abandonnés. Et pour eux, il n'y aura pas d'acharnement thérapeutique. En d'autres termes : on ne les retiendra pas. Ou bien alors, l'État devra une bonne fois pour toutes se décider : soit il se donner les moyens de faire en sorte que nous ayons tous une fin de vie décente, soit il décide de se débarrasser des plus fragiles d'entre nous : fragiles et insolvables !"

    - Vous pensez vraiment que...

    - Si vous croyez que l'Etat va se gêner !

    - Et les médecins  ?

    - Les médecins ?! Demandez donc aux hémophiles ! Enfin, ceux qui sont encore là pour témoigner après l'affaire du sang contaminé."

     

     

    Extrait du titre : "Des apôtres, des anges et des démons"

     

    _______________________

      

                        Quelles conditions de fin de vie pour chacun d'entre nous ?

    Tout aussi importante que tous les cas extrêmes qui nous sont présentés par les médias, est cette question qui est rarement prise en compte par ceux qui souhaitent une loi qui autoriserait l’euthanasie : notre système de santé, son financement, une politique de gestion de pénurie, le vieillissement de la population, l'augmentation de l'espérance de vie et celle des coûts de l'innovation...

    Car, là sont les vrais enjeux !

    Tout en sachant que la collectivité aura besoin de dépenser toujours plus dans le domaine de la santé, il se pourrait bien qu'un jour, des gouvernements s'y refusent appuyés par un électorat égoïste ou mal informé.

    Quel système de santé souhaitons-nous nous offrir, entretenir et développer pour quelle qualité de vie et pour quelle de « fin de vie » ?

    Question bien plus importante que le droit de disposer de son corps car, faut-il rappeler que notre corps nous appartient dans la mesure où toute décision prise à son sujet ne remet pas en cause cette part de responsabilité qui incombe à tout un chacun (1) ; responsabilité qui fait que notre société s'interdit - par exemple -, d'encourager le suicide ou l’auto-mutilation...

    A l'aune de restriction budgétaire drastique, autoriser l'euthanasie, c'est prendre le risque de voir une société se débarrasser de milliers, voire de millions d'individus incapables économiquement de "s'offrir" une fin de vie de qualité car, cette société-là aurait majoritairement fait le choix de ne pas financer un système susceptible de garantir une telle fin de vie aux plus démunis en particulier (2).

     

     

    1- Nous ne nous appartenons pas (entièrement) à nous-mêmes car, ce n'est pas (seulement) nous qui nous sommes faits.

    2- Les professionnels de santé vous le confirmeront : des personnes meurent à l'hôpital faute de moyens pour dispenser les soins nécessaires et faute de temps passé auprès de chaque patient ; et puis aussi  le fait qu'il existe bien  un lien entre l'augmentation des "cas" de demandes d'euthanasie et la déshumanisation de la société ; déshumanisation qui touche en priori les plus faibles : les personnes âgées isolées, aux revenus très faibles.

     

     

    ***

     

                     Face à une situation de précarité extrême, voire de dénuement totale, en désespoir de cause, combien de suicides, combien d’interruptions de traitement sous le couvert de l'euthanasie peut-on raisonnablement craindre, sans oublier les choix draconiens d’une médecine hospitalière qui serait privée de moyens ?

    Au sujet de notre santé et de notre qualité de vie à tous, on ne doit avoir qu'un seul souci : le financement, l'aide aux familles et le soutien au personnel soignant afin de réunir toutes les conditions nécessaires à l’exercice de cette "qualité de vie" que l’on soit ou non sur le point de la quitter.

    Et on ne manquera pas de noter qu’il est bien question de "vie" et de "qualité" et non d'un "comment mourir au plus   vite ?" défaitiste.

     

     
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  • Bukowski, Gazzara, Ferreri and co

     

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    Style is the answer to everything.
    Fresh way to approach a dull or dangerous day.
    To do a dull thing with style is preferable to doing a dangerous thing without style.
    To do a dangerous thing with style, is what I call art.
    Bullfighting can be an art.
    Boxing can be an art.
    Loving can be an art.
    Opening a can of sardines can be an art.
    Not many have style.
    Not many can keep style.
    I have seen dogs with more style than men.
    Although not many dogs have style.
    Cats have it with abundance.

    When Hemingway put his brains to the wall with a shotgun, that was style.
    For sometimes people give you style.
    Joan of Arc had style.
    John the Baptist.
    Jesus.
    Socrates.
    Caesar.
    García Lorca.
    I have met men in jail with style.
    I have met more men in jail with style than men out of jail.
    Style is a difference, a way of doing, a way of being done.
    Six herons standing quietly in a pool of water, or you, walking
    naked out of the bathroom without seeing me.

     

    ***
         

     

     

    Extrait de Tales of Ordinary Madness de Marco Ferreri d'après le roman de Charles Bukowski (1920–1994).

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    And the sun wields mercy but like a jet torch carried to high.

    And the jets whip across its sight
    and rockets leap like toads…

     

    Peace is no longer, for some reason, precious
    Madness drifts like lily pads
    on a pond circling senselessly…

     

    The painters paint

    Dipping their reds and greens and yellows
    poets rhyme their loneliness
    musicians starve as always

    and novelists miss the mark…


    But not the pelican , the gull
    Pelicans dip and dive, rise
    shaking shocked half-dead
    radioactive fish in their beaks…

     

    The sky breaks red and orange

    Flowers open as they always have opened

    but covered with thin dust of rocket fuel

    and mushrooms, poison mushrooms…

     

    And in a million rooms, lovers lie entwined and lost and sick as peace…
    Can’t we awaken?

    Must we forever, dear friends, die in our sleep?

     

     

    ____________________________

     

    Extrait du poème And the sun wields mercy de Charles Bukowski

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  • Jarnac, cinq minutes d'arrêt !

     

     

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                         Avec ce face-à-face Macron-MLP aux dernières Elections européennes - face-à-face que LREM ne manquera pas d'exploiter jusqu'à en abuser pour les 3 années à venir -, le locataire actuel de l'Elysée est assuré de remporter la prochaine élection présidentielle car, tout comme ses prédécesseurs, ce dernier est assuré d'un duel qu'il ne peut pas ne pas gagner.

                         A ce sujet, on ne cessera jamais d'aller cracher sur la tombe d'un François Mitterrand, ce fantôme qui ne cesse de hanter toutes les Elections présidentielles de ces 20 dernières années, fantôme et vampire...

    Un Mitterrand qui a offert une tribune à un parti, le FN, aujourd'hui RN, tout en réunissant toutes les conditions sociales et culturelles à son développement, tuant ainsi l'élection présidentielle ; son 2è tour en particulier.

    Et c'est là son seul legs.

     

    Mais... qu'à cela ne tienne. Un train nous attend.

    _______________________

             

                Paris, gare Montparnasse : nous sommes jeudi, il est 7h. Départ TGV en direction d’Angoulême avant un changement et un TER vétuste et bruyant. Et puis... quatre heures plus tard...

     

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    Bienvenue à Jarnac ! 

    Ville d'origine contrôlée, côtés Cognac et Pineau, 5000 âmes à peine, et une Histoire comme toutes les autres communes de la région, et de beaucoup d'autres régions encore, de la pré-histoire à aujourd'hui.

    Un petit couac néanmoins : Jarnac rime avec arnaque ; quant à la truffe des Charentes… la truffe...

    Des truffes ?..................

     

    ***

     

     

                    Laissant la gare derrière moi, j'ai remonté à pied l'avenue Carnot par un temps froid et humide, puis tout droit après le pont de la Charente, fleuve calme et docile qui prend sa source là où on lui dit et, comme tout bon fleuve qui se respecte, termine sa course dans la mer : l’Atlantique pour ne pas la nommer. 

    J'ai réservé une chambre à l’hôtel Ligaro ; un hôtel situé dans une vieille maison charentaise à deux pas de la mairie. Je suis descendu seul, aussi je ne me refuse rien : pension complète à 300 euros-jour ; les repas seront servis au Restaurant du château, non loin de là, à 200m.

    Un détail néanmoins. Oh ! Trois fois rien ! De ce côté-ci de la ville, à mon arrivée, les rues étaient désertes : pas une âme qui vive.

    Avant d’aller là où je comptais me rendre comme tant d’autres avant moi, et comme tant d'autres après moi, plus nombreux encore, j’avais prévu un petit détour par le quai de l’Orangerie, au numéro 10 plus précisément. Un musée consacré à qui vous savez faisant face à la Charente m’y attendait. En revanche, personne n’était là pour m’accueillir à l'entrée et tout semblait abandonné : porte éventrée, volets fermés, pas d’électricité, pas de lumière mais une odeur. Oui ! Une odeur...

     

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    A peine entré, j'en suis très vite ressorti intrigué et déçu.

     

                D’un pas décidé, j’ai emprunté la rue du Chail, avant de me retrouver face à la maison natale de celui que l’on ne peut plus nommer sans éprouver une colère à peine maîtrisable, pour ne rien dire de la rage qui peut nous emporter tous autant que nous sommes, et ce à tout moment. Levant la tête, je me suis rendu compte que le toit de la maison avait été soufflé, les volets arrachés, les vitres brisées... et cette odeur, la même odeur, une odeur… mais comment dire ?

    Inquiet maintenant, faisant demi-tour avant d'emprunter la 2e rue à droite en direction du cimetière des Grands-Maisons situé dans le quartier du même nom, là où se trouve la sépulture de celui qui s’est fait un jour élire Président de la République française, c'était en Mai 1981, qu’elle n’a pas été ma surprise : une longue file d’attente obstruait les trottoirs et la rue qui mène au cimetière, ainsi que son entrée.

    Des centaines ils étaient ! Sortant de ma poche une fausse carte de presse, accompagné de la gardienne des lieux, j’ai pu me frayer un passage jusqu’à la sépulture tant convoitée ; et toujours cette odeur, la même, maintenant insupportable. Et devinez quoi ?

     

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    Dans un défilé ininterrompu, jeunes, vieux, hommes, femmes, blancs, noirs, bruns, jaunes (rouges et verts !), chacun y allait de son crachat ! Oui ! Au passage, devant l’entrée du caveau, tous crachaient d’un crachat épais et lourd, du fond de la gorge, bien profond, après un raclement rhino-pharyngé de tous les diables. Et tous attendaient leur tour dans le froid et l'humidité, patiemment, anonymes, silencieux, mais déterminés.

    Des milliers de crachats depuis le début de la matinée m’a fait remarquer la gardienne ! « Sans doute, des millions de crachats en cumul depuis son décès », ai-je ajouté. Coloré, aqueux, gluant et muqueux, nez, gorge… tous mettaient un point d’honneur à le faire descendre ce crachat comme pour mieux le faire remonter . Poumons, bronches, de leurs crachats à tous, translucides ou opaques, seuls importaient le poids, la cible, la puissance d’expulsion et la force de projection : « Le glaire… contre le glaive de la finance, du profit sans retenue et de l’humiliation » m’a susurré à l’oreille un homme bien mis qui attendait calmement son tour.

    La gardienne du cimetière censée pourtant surveiller les lieux et veiller au respect du règlement me l'a confirmé : les crachats n'ont jamais cessé, et ce dès les premiers jours ; les médias en ont parlé un moment, puis plus rien afin d'éviter une trop grande publicité, sur instruction de l'Etat et d'un commun accord et puis... connivence oblige ! La SNCF, elle, a refusé de fournir les trains supplémentaires qui étaient demandés (une fois n'est pas coutume ! En 40, la SNCF se faisait moins prier !) ; la police quant à elle, a très vite renoncé à intervenir.

    C’est donc dans l’indifférence la plus totale que des centaines de milliers, d’hommes et de femmes - voire des millions -, faisaient ce voyage à Jarnac depuis des années ; voyage en train, en voiture, en autocar, à pied, en auto-stop, à moto, à vélo, à dos d'âne et charrette à bras ! Ils venaient de toute la France, seuls ou accompagnés, en famille parfois... le dimanche ; d'autres d'Afrique noire, d'autres encore, du Maghreb, et tous sans exception y crachaient tout leur saoul avant de quitter le cimetière et la commune discrètement sans demander leur reste car, si tous avaient soutenu l’entartage des années 80 et 90 destiné aux facétieux et aux tartufes de la conscience humaine, tous étaient maintenant partisans d'une approche plus radicale.

     

                  « Un crachat sur la tombe de celui qui a démissionné devant les puissances de l’argent et de la guerre, et ce faisant… a abandonné l’idée que l’on se faisait de la Gauche ? » me suis-je aventuré à suggérer à l’un d’entre eux…

    D'un simple regard, un jeune homme acquiesça.

     

                   « Cent crachats sur 60 ans d'une vie politique au cours de laquelle on s'épuisera à chercher ne serait-ce qu'un seul acte courageux ? »

    Et puis encore...

                     "Mille crachats sur la sépulture de celui  qui a fait d’une gauche dite de gouvernement  un beau tas de lâchetés munichoises ? Vraiment, on ne peut pas cacher d'où l'on vient : après la Francisque !...» 

                      "... et mille autres crachats pour avoir instrumentalisé un parti, le FN, aujourd'hui RN, mettant ainsi fin à tout espoir d'alternative politique digne de ce nom ?" ai-je surenchéri…

     

    On me fit "Oui" de la tête ; une jeune femme, jeune et bien mise ; très femme au demeurant.

     

                     « Des millions de crachats pour nous avoir tous livrés en pâture, traité après traité, à une Europe et à une Allemagne qui n'ont jamais fait qu'un seul choix depuis Maastricht : celui d'un moins-disant social, culturel, intellectuel et moral ? »

    Pareillement, cette suggestion recueillit la même approbation mais d’un vieillard cette fois-ci ; un vieillard encore vigoureux de cœur et d’esprit.

     

                 Pour mon information, dans un souci d’exhaustivité qui l’honore, la gardienne a tenu à mentionner la présence d’un crachat dit « rectal » : assurément, la nuit, on fait le mur ; et au petit matin, on trouve les lieux souillés ; l'urine aussi semble y avoir trouvé toute sa place auprès de ce caveau. Inutile de préciser que la coupe était vraiment pleine pour cette gardienne de cimetière reconvertie malgré elle en Madame-pipi. « Ce n'est plus une sépulture mais une porcherie ! Et quelle porcherie ! Même les chiens viennent y faire leurs besoins ! Y'en a trop ! Ca va trop vite aussi ! Aussitôt nettoyé, aussitôt souillé ! Ils sont trop nombreux ! Et ça n'en finit pas ! Et cette odeur ! Ah ! Cette odeur, mon Dieu ! »

    Urine, excréments…cette odeur qui n'avait pas cessé de m'indisposer tout en me guidant, m'ouvrant pour ainsi dire la voie, c'était bien évidemment l'odeur du fumier ; ce qui explique un centre ville désert : les habitants de Jarnac se terrent chez yeux tout en se bouchant le nez depuis des mois sans doute.

    On ne le dira jamais assez : si d'aucuns meurent d'une mort qui les illuminent (Jeanne d'Arc, Hugo, Jaurès, Jean Moulin...), d'autres crèvent d'une mort qui n’a rien à envier à celle des rats quand ils descendent le fil de l'eau, le ventre à l'air, accompagnés d'une nuage de mouches et d’une odeur qui ne trompe maintenant plus personne. Terrassés d’effroi, un seul recours alors pour les croyants : se signer au plus vite. Pour les autres...

     

    *** 

     

                  En quittant les lieux, sur le chemin du retour, crachant tout du long (ne voulant pas être en reste, et puis... juste pour être sûr !), comme je rentrais à l'hôtel, une certitude est venue et ne m’a plus quitté : après Saint-Jacques-de-Compostelle, Lourdes - d'autres mentionneront la Mecque -, ce sont bien avec le pèlerinage de Jarnac ainsi qu'avec tous ces crachats-là qu’il faudra désormais compter ! Oui ! Chers frères et chères soeurs ! Notre salut à tous viendra de lui, et de lui seul ! De ce crachat car c’est toute notre dignité d'hommes et de femmes que l’on retrouvera alors à Jarnac, pour y être allés, et plus important encore, pour y avoir craché tout notre mépris et notre colère, et puis aussi... la gorge en feu, la gorge desséchée, pour en être revenus assoiffés de justice, le coude bien haut ! 

               Alors oui, Jarnac ! Cinq minutes d'arrêt.

    ________________

     

     

                     S'occuper de la matinée qui se lève, chaque matin, ou bien, rêver de changer le monde ?

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  • Andy Vérol : littérature et mise en scène

             

    Les écrits d'une (grande) petite frappe de la littérature 

     

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               " Vérol, c'est moi, mais c'est aussi un concept, un personnage, un vecteur, une ligne et de la création littéraire, artistique et parfois politique..."

     

    Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter !

     

    ____________________

     

      

             Ignoré des plus petits (les "déjà has been" de l'édition et des médias - et qui ne le soupçonnent pas encore), adulé par les plus grands du Net (dont votre serviteur), une fois, dix fois, vingt fois viré d'Internet - comptes bloqués, sites et blogs fermés par les flics de la blogosphère (faut dire qu'il lui arrive aussi d'être son pire ennemi)...

    Aussi loin que je me souvienne, Andy Vérol a toujours été là, présent sur la toile, dès le début, infatigable, fou furieux, diffamant, éructant, d'une invention folle, d'une énergie inépuisable ! Tendu, toujours sur la brèche, j'ai souvent craint le pire pour lui... craint de ne plus pouvoir le lire le jour d'après...

    "Petite frappe de la littérature" (c'est de lui)... à l'origine d'un collectif nommé HIRSUTE  - Plateforme pseudo-collective pour petits bourgeois et inflexibles tocards -, Andy Vérol, artiste et oeuvre d'Art tout à la fois, est né avec le Net, se nourrissant du Net et le Net de lui... car seul Internet qu'il a longtemps fait tourner en bourrique, a pu faciliter l'émergence d'un tel artiste de la mise en scène de l'écriture : il a été un des premiers.

             Capable de tout, n'ayez aucun doute à son sujet : Métal lourd, Techno-trash jusque dans l'écriture, Andy Vérol est bel et bien un auteur, un vrai ! Et vous verrez : il finira poète car aujourd'hui, il n'y a que la poésie qui soit capable de trouer le cul de la langue française.


             Aussi...

             Salut à toi l'Artiste !
     

                                                          ***

     

                                     Andy Vérol dans toutes ses oeuvres !

     

    Le coccyx pété du baiseur repu

     

    En éjaculant, j’eus l’image sublime d’une montagne blanchie par un nuage de cendres. Jouir me donnait soif, une soif cérébrale pure, comme si mes synapses jouasses avaient besoin d’être lubrifiées à l’huile de coude, un vrombissement taré d... ans les canaux cérébraux, tiens, viens, je le vomissais ce vieux truc. A genoux sur le tapis bleu, j’avais la lumière verdâtre de l’écran qui m’enveloppait. Tiens, viens. En me relevant, mes jambes-coton trimbalèrent ma carcasse soulagée dans la cuisine, in le frigo, les doigts dans un bocal de compote, la bouche tartinée de beurre et de mousse bièreuse, et la langue tachée de piments incendiaires. Tricot de mains mélangées dans le coccyx pété du baiseur repu. Je sifflai une boutanche de vinasse, un Nuit Saint-Georges abandonné entre les produits de nettoyage sous l’évier. Ma viande revivait, je me sentais de nouveau invincible, de nouveau excité. Quelques coups de tête dans le vide réajustèrent mes cervicales, un morceau de cake chocolaté acheva de tuer mon appétit. J’étais prêt pour la suite…

     

              Extrait de "Poétique de l'assassin", second volet de ma trilogie en cours d'écriture. (1ère partie, "Seconde Chance", nouvelle à paraître d'ici début 2013)

     

    "Poétique de l'assassin", 2ème partie de la trilogie "Avant Extinction

     

    Miel mou, je me trahissais dans le sommeil. Tiens, viens. J’avais, pour la première fois de ma vie, un espace à moi où personne ne pouvait interférer et mettre en danger ma quiétude, ma solitude, mes instants intimes. Les brouhahas incessants des fous dehors étaient stoppés par les murs protecteurs. En regardant la chambre, son confort, son éclairage aux spots tamisés, je fus transporté dans leurs vies. L’un à côté de l’autre, ils ne se parlaient pas. Lui pétait bruyamment, elle lui disait qu’il n’était qu’un porc. Elle tentait d’avancer dans son Marc Levi, du bon, de la brute de littérature qu’elle avançait page par page, soir après soir. Elle s’endormait généralement après dix minutes de lecture. Lui avait cette pile de journaux près du lit : L’Equipe et le journal Aujourd’hui pour l’essentiel, qu’il feuilletait sans fin, se replongeant dans les matchs glorieux de la Ligue 1. Pour ça, il méritait que je descende à la cave et que je lui enquille deux trois coups de pelle dans la gueule. Mais je m’endormis, happé par le coton qui remplace les muscles quand l’esprit se meurt. On a souvent une image préconçue de types comme moi. A force de séries policières à la télé, et même si l’on est ouvert d’esprit, quelques traces de clichés s’accrochent tout de même à l’âme. Y compris pour moi. Mais là, moi, j’étais celui-là qui avait attaché Monsieur un niveau en dessous, dans une pièce encombrée de vieilleries poussiéreuses. Mon rêve récurrent, ça n’était pas ce truc obsessionnel malsain.

     

    Je me suis "diarrhée" la cervelle dans les réseaux sociaux

    Il y avait un dernier oiseau qui quitta les lieux, une volière déchiquetée par des vents violents… Comme une ville et ses vieux… Je reviens lentement à Liam… Le rouquin, son passé. « T’as voulu jouer, tu t’es fait embarquer ».

    Nous attrapions des cancers avec l’amiante, le tabac, l’essence… Nous ne parlions plus que de ça… Ou les enfants violés/tués, ou les accidents de bagnoles, ou les cancers, ou les dégâts liés à l’environnement, ou les cancers, ou les avions écrasés, ou les séismes... « Qu’ils l’ont dit dans la Bible HEIN ? »… « Regarder la télé, c’est comme ce touriste débile qui regarde la mer se retirer, puis qui la voit débouler à la vitesse d’une Formule 1, vingt-cinq mètres d’altitude au-dessus de son niveau initial… Et qui reste là, figé d’admiration, comme pris d’un orgasme à la vue de sa propre mort ». Nous mourrions tous les jours de quelque chose dans les écrans… On crevait, je croupissais loin de l’Usine, préférant une vie terne et déprimante avec espérance de vie rallongée à une chute courte et trépidante… Cette maison n’existe plus, son duvet non plus. Tes ombres posées dans les plâtras, la ferraille, les lambeaux d’escaliers au carrelage explosé… Cette maison n’est plus, n’est plus qu’une série de photos, de déchets, de souvenirs… des milliers de textos strangulés dans les tuyaux virtuels. « J’ai eu des fuites de cerveaux durant des années. Je me suis diarrhée la cervelle dans les réseaux sociaux, j’ai baisé virtuel, j’ai regardé les photos, les films, les mots des autres… J’étais tellement con qu’il suffisait que je mette la couv’ d’un livre sur la toile, avec un commentaire de dindon, pour passer pour une chose cultivée ». Qui parle ? Je mélange, je m’arrange pour remettre le récit à l’endroit. J’ai envie d’une bolée de sky, une écuelle de poppers, une flasque de shoot…

    Avant le petit matin, il fallut m’assurer de la disparition du corps. En ai-je déjà parlé ? Dehors les détritus, les montagnes de merdes venues d’Europe continuaient à arriver, flot imperturbable, inexorable zone d’évacuation… Astérion était le rectum de l’Europe, la bonne vieille, le bateau coulé par ses propres impérialismes. Je me grattai partout. Une éruption de psoriasis tringlait régulièrement mon torse, mes cuisses, mes fesses, et surtout ma nuque et mon cou. Expectoration des angoisses par les pores du derme.

    Extrait de « Mon Usine, la suite… ». Roman en cours d’écriture.

      
    Son site Andy Vérol 
     de l'auteur  : Le sacerdoce d'ANDY VEROL
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  • Philippe Muray ou la réhabilitation de l’intolérance

     

                        Quatre ans après sa mort, l'écrivain et polémiste, dont on publie les «Essais», n'en finit pas de conquérir des adeptes.

     

    ____________________

     

                    Après plus de 2000 pages de lecture de cet auteur... lecture de ce qui, pour faire court, s'avère être une critique apocalyptique de tout ce qui n'est pas Philippe Muray...

    Ou comment cultiver l'art de jeter le bébé avec l'eau du bain et la baignoire avant de dynamiter la salle de bains et la demeure qui l'abrite, dans un... « Après-moi le désert ! » non-assumé faute de pouvoir être consciemment revendiqué comme tel...

    Loin de toute tentative d'analyse d'aucune cause...

    Misanthrope sympathique dans le meilleur des cas, ou bien aversion profonde pour le genre humain, dans le pire, et plus encore quand ce dernier n'a pas pour maître à penser un certain Philippe Muray (il faut toujours accueillir avec prudence les auteurs qui citent Céline à profusion, non pas pour son style mais bien pour ce qu'ils croient être sa "pensée)...

    Ce qui fait de Philippe Muray ce qu’il est, ce ne sont pas tant ses choix "politiques" que le refus (ou bien l'incapacité) de comprendre la nécessité historique de ce monde dit "moderne" : tout ce qui nous y a conduits et continuera de nous y conduire ; même si l'on peut avoir de bonnes raisons de refuser, en totalité ou en partie, d'adhérer à cette "modernité"…

    Mais… vous remarquerez que l'on peut toujours en concevoir une autre !

    Un Muray incapable donc de proposer un avenir quel qu’il soit. En panne Muray ! De là sa frustration, son acharnement sur le présent et la violence de ses positions.

    Et ceux qui, aujourd’hui, se réclament de cet auteur sont très certainement tout aussi en panne d’avenir que lui ; individus dont le tempérament – et ça existe : la preuve ! -, leur a fait très tôt prendre conscience qu’ils étaient nés tout simplement trop tard dans un monde décidément beaucoup trop jeune pour eux : d'où leur prédilection pour la thématique "Fin de l'Histoire"...

    Et sans doute était-il là... question, tel un effet boomerang imprévu et insoupçonnable en eux, de leur propre fin à tous.

    Quant au "dernier homme" (der letzte Mensch) de Muray, homme post-historique venu tout droit de chez Nietzsche et de son Zarazaza (autre dada de Muray), vraiment, si l'Histoire nous est d'un enseignement quelconque (même très quelconque), ce n'est sûrement pas demain la veille que notre espèce cessera de déjouer les prophéties les plus talentueuses.

    Non ! Ce qui fait de Muray ce qu’il est en tant qu’auteur (et non en tant qu'intellectuel car, il n'y a pas de « pensée Muray » mais bien plutôt des idées, des opinions « à la Muray »), c'est le caractère exclusivement a-politique ou anti-politique de ses choix, et ce à chaque fois qu’il est question de l’organisation de notre existence en société (pour ce qui est de la politique, se reporter à la définition d'Arendt); caractère qui nous renvoie à l'Ancien Régime, sinon au moyen-âge (oui ! sans rire) ; ou bien, plus proche de nous, à la "Révolution Nationale" d'un certain Pétain (à chacun ses casseroles !).

     

    ***

     

                    La plus grosse erreur (1) de Muray aura été de s’être laissé abuser et vampiriser tel Frankenstein, par sa propre création… Homos Festivus, jusqu’à penser qu’il s’agissait là d’un vrai projet de société et qu’il y avait, par conséquent, péril en la demeure ; projet durable qui recueillerait l’assentiment et le soutien sinon de la quasi-totalité, du moins, d’une importante majorité des électeurs (électeurs ou pas)...

    Notre auteur, et parce que cela l’arrangeait, feignant d’ignorer que l’Homme sera toujours plus que ce qu’il croit savoir sur lui-même qui n’est - le plus souvent -, que ce que l’on a daigné lui enseigner ou bien, ce qu’on lui a laissé espérer... pour lui-même.

    Quant à Delanoë, Maire de Paris, sa cour, son électorat bobos et leur influence supposée, fallait-il vraiment y consacrer autant d’années et autant de pages quand on sait que tout ce beau petit monde représente tout au plus que quelques centaines de milliers d’individus confinés, parqués dans une capitale qui ne nous appartient plus depuis longtemps déjà – Chirac n’ayant eu besoin de personne pour inaugurer cette dépossession.

     

    1 - Erreur qui trahit une méconnaissance profonde des conditions de vie des classes populaires et des petites-classes moyennes de la banlieue parisienne et de la province rurale et urbaine. Muray aurait-il été, à son insu, plus parisien dans ses analyses que tous les parisianismes réunis - et notamment celui de ses adversaires idéologiques ?

     

    ***

     

                    Qui peut aujourd’hui douter du fait que si Muray avait été « au pouvoir », ses ennemis idéologiques n'auraient jamais pu bénéficier de la liberté d'expression et de publication qui fut la sienne ?! 

    Homme d’obsessions – la principale étant la sexualité, et plus particulièrement celle des autres… à la sexualité tout autre), on notera chez Muray l’absente de compréhension et de compassion à l’endroit de quiconque ne partage pas ses choix d’existence…

    Car, le principal moteur de cet esprit hautement critique (critique plus que nécessaire, on en conviendra car, quiconque aujourd’hui n’est pas en colère est soit un salaud, soit un imbécile soit un escroc) aura été son intolérance congénitale jusqu’à l’aveuglement, telle une infirmité...

    Intolérance qui a très tôt, et très certainement, décidé de tout. Et seule la mort a été capable de l’en délivrer (2).

    Aussi…

    Si l'on doit comprendre pourquoi Muray a fait cette oeuvre-là et pas une autre, reste à étudier, l’origine de cette intolérance (haine ?!) auquelle il a consacré toute son énergie créatrice, tout son talent et toute son intelligence aussi incontestables que rares.

    Intolérance jamais assouvie de son vivant parce que… jamais rassasiée.

    .

    2 -Vraiment, on est en droit de s’interroger sur le fait de savoir si des gens comme Muray ont eu vingt ans, ne serait-ce qu’une fois… et ce qu’ils en ont fait !

    Absence de don pour la vie ? Muray se vante d’avoir lu très tôt Céline ; cette inclinaison aurait dû alerter notre auteur et ses proches car, avec Proust, Céline est certainement un auteur que l’on ne devrait jamais lire avant 50 ans, sinon bien plus tard encore, lorsque, par exemple, le moment est venu d’aller chercher chez ces auteurs (et chez d'autres) sa propre terminaison dans une lecture-tombeau, dernière sépulture de vie pour des lecteurs convalescents et agonisants de l’existence.

     

     

    ***

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                   Ironie suprême... bien que relative... car les exemples ne manquent pas : cet auteur s'est voulu l'avocat de l'altérité et de la différence contre l'uniformité du monde alors que tout dans son œuvre laisse à penser que Muray avait beaucoup, mais vraiment beaucoup de mal avec tout ce qui n'était pas lui-même... Philippe Muray.

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  • Penser le monde aujourd'hui avec le Web Internet

              

    le web a trente ans , serge uleski sur internet

     

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                     "Internet, c'est toute la mémoire du monde" (- Serge ULESKI) 

     

                   Prolongement du réel, avec Internet, on n'oublie rien et l’on se souvient de tout, surtout de ce dont on a bien failli ne pas se souvenir, tête en l’air que nous sommes tous ! Avec Internet on ne quitte rien, bien au contraire, loin de toute idée de virtuel… on demeure plus que jamais présent au monde, et dans le monde, un monde sous influence, celle de l’éternelle tentation de manipuler ou d’assujettir des sociétés, des nations, des Peuples et des populations…

    Grâce à Internet, on renoue avec une critique sans concession des mécanismes de domination et la diffusion d’une telle critique  loin du confort des médias dominants qui nous font l’aumône de quatre minutes d’impertinence souvent sans lendemain et qui n’a pour seule conséquence : provoquer la mauvaise humeur de petits chefs capricieux et autres hommes de mains d’un pouvoir liberticide, la grossièreté, voire la vulgarité, prenant le plus souvent le pas sur une critique essentielle et frontale : qui fait quoi, à qui, où, comment, pour(-)quoi et pour le compte de qui.

     

                       Le scandale éclabousse les tenants du mensonge, dérange toutes les catégories car le scandale c’est l’inédit et l’inouï. Le scandale fait tache d’huile, et tôt ou tard, il provoque une crise : toute tentative de l’étouffer le renforce car le scandale c’est aussi tout ce qu’on tente de taire. Alors oui ! Internet c’est aussi le scandale pas simplement de la transgression mais de la subversion  ! La subversion non pas comme fin en soi mais comme moyen : dénoncer un mensonge qui dit toujours la vérité sur le fumier d'une bonne conscience d'un mépris sans limite pour le faible, le désarmé, l'inarticulé, le vaincu qui " ne vivra point ce qui ne lui sera pas accordé et donné de vivre, et qu'il ne prendra pas non plus" car il ne mérite rien

    Un plaisir décuplé que cette subversion, piment d’une vie sociale qui crève lentement sous la chape de plomb d’un politiquement correct - d'une bien-pensance -, qui cache mal une débauche et une orgie de prise de pouvoir et d’intérêts sans nombre et sans précédent – et nous ne sommes qu’au tout début de ce disfonctionnement citoyen et démocratique tant Internet recueille à la fois l’adhésion des uns, le rejet des autres et des indécis… lesquels indécis s’en remettront inévitablement à la propagande la plus performante, celle qui contrôle tous les réseaux de diffusion qui font l’opinion au sein d'une dissymétrie de moyens d’action entre les Internautes et ces médias de masse, que l’on retrouve dans le cadre d’une mondialisation sans retenue aux comportements prédateurs sans foi ni loi, dans les domaines militaire, culturelle et économique comme jamais auparavant. Et cela ne surprendra personne le fait que les forces rassemblées contre la liberté d’Internet participent de près ou de loin, indirectement ou non à ce nouvel ordre mondial : celui du dumping moral(e) et celui du chantage des bombes.

     

                   A l’état de veille et d’alerte constant, oeuvre salubre, Internet devrait être reconnu d'utilité publique car, depuis la déchéance de l’homme politique nous n’avons jamais eu autant besoin  de cet espace de liberté à risques, abrupt, dangereux, imprévisible car Internet oblige à choisir son camp comme la politique à identifier l’adversaire, ou bien à décider de s’en détourner et de regarder ailleurs.

    D’un côté Bartleby «  J’aimerais mieux pas… »,  de l’autre Internet « Il faut ! ». Internet a fait de la conscience une exigence plus haute que celle de la plupart des médias car Internet est l’exact opposé de tout ce qui est voué à l’amenuisement. En effet, comme on est sur le point de le quitter, on se sent moins bête (… de somme) ;  on reprend la main et le dessus sur l’abrutissement et le faible ressac de la désobéissance et de la dénonciation parcimonieuse et timorée des médias dominants aux ordres du moins-disant et du moins-pensant ; médias de masse du secteur public et para-public (réduits à la marge) ne remplissent plus leur mission. Quant au secteur privé qui contrôle 80% des programmes (temps de cerveau disponible), il n'a aucune obligation morale ou contractuelle d'ouvrir qui que ce soit à quoi que ce soit ni d'élever la conscience de quiconque.

    La société, ce n'est pas que de l'économie et de la répartition de richesses. Loin s'en faut. Ce qui fait le lien, ce qui fait société relève aussi de notre capacité à tous de (se dire) dire et d'entendre (de s'entendre dire) la vérité, ce qui implique aussi et surtout la dénonciation des mensonges et des manipulations. Et quand on sait comment  les stratèges pervers peuvent provoquer de la violence chez l’autre pour faire écho à la leur si bien calculée, et ainsi, forcer à la faute leur victime qui, ce faisant, dédouane bien involontairement de tout reproche les responsables de ces stratagèmes…

                   A ce sujet, Internet, la censure à son encontre, et les actions illégales menées contre lui dans l'indifférence la plus totale est en tout point exemplaire ; il annonce déjà un monde cadenassé pour le pire.

     

                   "Qu'il soit sans cesse rappelé que le meilleur des médias dominants n'arrive pas à la plante des pieds du meilleur d'Internet" (- Serge ULESKI)

     

                 Aussi, le constat suivant s'impose, un rien terrifié : ne nous faisons aucune illusion car en l'absence du web Internet, il n'y aurait aujourd'hui plus aucun moyen de diffusion d'une liberté de penser qui ne doive rien à des médias dominants qui, pour leur déshonneur, ont réduit cette liberté à une peau de chagrin mortifère . Car Internet, aujourd'hui, c'est bien toute la mémoire du monde ! Et moins on oublie, plus on se souvient... et plus on se souvient, plus difficile est le mensonge.

     

       La suite... cliquez  Internet et le WEB - penser le monde aujourd'hui - suite.pdf

     

     

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  • Penser l'Empire aujourd'hui avec Alain Soral

     
                             

     


    Comprendre l'Empire  aux Editions Blanche

    (Vidéo 2011)

     

     ***

     

    Comprendre_l_empire.jpg


                    Détricoter le roman national, à la mémoire hémiplégique, et plus largement, le roman occidental tout aussi lacunaire et fictionnel… du christianisme aux Lumières, de la Révolution française jusqu’au terminus bancaire, convoquant à la barre Marx , Engels, Michéa, Orwell, Sorel, Proudhon, Weber, les Pères de l’Eglise, Wall Street, la City et la FED, violences et mépris social… telle est la vision du monde qu'Alain Soral nomme Empire.

    C'est une exposition au déroulement implacable qui nous est proposé avec "Comprendre l'Empire" ; exposition d’une histoire qui nous est commune à tous, où que nous nous situions… acteurs, ou bien spectateurs, ou bien encore victimes abasourdis… histoire de ceux qui nous ont précédés, histoire d’aujourd’hui, et pour ce qui est de demain... histoire destinée à ceux qui possèdent une excellente mémoire de l’avenir : les esprits clairvoyants.

    De la Famille au clan à la tribu pour culminer avec la Nation et le contrat social jusqu’aux nouveaux réseaux au service des lobbies marchands et ethno-confessionnels, sans oublier les mafias policées ou pas (drogue et prostitution contre le complexe militaro-industriel et les cols blancs de la finance ; mafia calabraise contre Loge P2), comme autant de mensonges d’une République dite démocratique, structure combattante de l’Empire - en effet, 1% est le taux incompressible de la population qui a toujours commandé à la masse -, ... nul doute, le prolétariat du XIXe siècle et sa misère sont bien l’incarnation de la trahison de la bourgeoisie.
     
                   Peuple qui assume le principe de réalité - salaires "plancher" : exploitation et servitude ! Peuple  parmi lequel on comptera des penseurs autodidactes opposés au ralliement au libéralisme mondialisé avec son Capital coupé de toute attache géographique et morale de soi-disant "libertaires révolutionnaires" né en 1968  ; un Capital maintenant nomade : finies les cultures enracinées et les perspectives historiques ! L’hyperclasse et ses VIP condamnent les salariés à la précarité...

    Arrivent alors Canal+, les bobos et la gaudriole branchée, cache-misère d’une humanité souffrante et vaincue ; le RMI puis le RSA pour toute consolation. Puis la liquidation de la classe moyenne non salariée (artisans, commerçants, petits patrons, travailleurs indépendants), et du métier de journaliste par la même occasion ; métier perverti, avili par une démocratie d’Argent et de Marché ; les derniers journaux indépendants de qualité seront liquidés et remplacés par le divertissement et des pseudos-intellectuels-animateurs au service d’une propagande de masse, une fois la trahison des clercs consommée et digérée, la chasse tirée… avec la domination par la séduction : une seule liberté est accordée et encouragée : consommer. Et dans un tel environnement, les idiots utiles sont légion : prostitution morale et intellectuelle, en veux-tu en voilà ! Argent, honneurs, sexe…


    Car... seuls restent en place les kapos, les collabos, les soumis et les imbéciles d'un réseau culturo-mondain comme horizon indépassable de notre temps qui annonce le règne de l’empathie affective - émotion et désir au fin de détruire chez l’individu toute capacité analytique et critique -, et signe la mort du logos : plus de chaîne causale ; destruction du sens.

    Pour les insoumis, pour ceux qui souhaiteront tenir tête, en revanche, ce sera... chantages au fascisme, au racisme, à l’antisémitisme… la fin justifiant les moyens ; sentences équivalentes à une mort professionnelle et sociale certaines de réfractaires ruinés et jetés à la rue par des procès sans nombre.
     
                                                                                   ***

     


                                         


     
                  Solitude-dépression-consommation à l’Ouest ; chaos, guerres et misère au Sud ; fatalement la question suivante surgit : d’un de Gaulle patriote et cultivé à un Sarkozy sans morale, sans frontières et inculte, que nous est-il donc arrivé ?
    Liquidation de l’héritage du CNR (Conseil National de la Résistance) : jamais plus la classe politique ne s’occupera d’économie !


    La Banque au pouvoir avec Pompidou et Giscard !


    Immigration-isme… stratégie de dumping social de la droite patronale, chantage à l’extrême-droite sur quiconque remet en cause cette stratégie.


    Mai 81 et l’expulsion de la classe ouvrière. Liquidation du PCF.


    Collaboration et colonialisme… culpabilisation à outrance : la haine du peuple est consommée ; un peuple, celui de la France, dont on exige qu'il baisse la tête ; mais aussi,  un Peuple qui n’en pense pas moins.
     
                                                                                 ***
     
                   Voici maintenant le traité de Maastricht pour une destruction méthodique des 3 piliers que sont l’économie, la morale et le social.


    Identité nationale niée mais... « danger de l’Islam » et des banlieues, un ministre de l’intérieur en soutien, bientôt Président, pour faire monter la mayonnaise, le tout relayé par un dispositif fait d’argent, de médias et de réseaux. Une élection sera gagnée sur une campagne parodiant celle du FN jusqu’à la venue d’une Carla Bruni courtisane bobo. Mariage idéal : vulgarité et inculture précéderont l’instauration d’un libéralisme sécuritaire, servile envers les puissants prédateurs financiers et impitoyable envers le monde du travail.

    Et la Banque ! Encore la Banque ! Et quand ça tourne mal et qu'il lui faut faire la manche… eh bien, les Etats et toute la classe politique avec eux, comme un seul homme, comme une seule force … enfin retrouvée, n’hésitent pas : on lui remplit les poches, même trouées.
     
                  Mondialisation contre mondialisme : échanges équilibrés et contrôlés contre la guerre économique planétaire et permanente de tous contre tous, quiconque refuse de se soumettre à l’idéologie finalement totalitaire et belliqueuse de la mise sous tutelle de l’humanité entière est expulsé du champ social, politique et médiatique.
     
                  Et Alain Soral de conclure "....Aujourd’hui, ce Nouvel Ordre Mondial exige de la gauche comme de la droite qui lui soient remis les pleins pouvoirs… " Gauche et droite qui ne se feront pas prier (Strauss-Khan, Sarkozy)... avant d'ajouter : "... le monde occidental est face à un choix : la soumission totale ou la révolte."
     
                L'année 2012 installera-t-elle la dictature de l’Empire ou bien, marquera-t-elle le début de son démantèlement ?
     
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     - Que ce soit le silence médiatique qui accueille ce nouvel opus d’Alain Soral "Comprendre l'Empire" ne surprendra sans doute personne car, qui aujourd’hui dans les médias, pourra en toute conscience saluer le travail effectué par cet auteur : celui d'une synthèse qui attendra longtemps encore sa réfutation ?

    - Rectificatif concernant l'affaire Dreyfus et le compte-rendu qu'Alain Soral souhaite nous faire dans son ouvrage : l’arrêt de 1906 de la Cour de cassation qui innocente et réhabilite définitivement Dreyfus ne marque pas "la victoire de l’argent sur la noblesse et l’esprit aristocratique" mais bien plutôt la victoire de la vérité sur le mensonge et la corruption d'une élite atteinte d'une dégénérescence morale et civique  ainsi que la victoire contre l’antisémitisme car Dreyfus n'aurait jamais été inquiété s'il n'avait pas été juif.

     

    Pour prolonger et rebondir cliquez Alain Soral

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