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  • Alain Soral, une vie, une oeuvre : son parcours

          
                                   

     

                    Comment Alain Soral est-il devenu tour à tour écrivain, journaliste, scénariste ? Quels sont les événements qui l’ont poussé vers le PC puis le FN ? Sa sœur Agnès a-t-elle contribué à sa popularité ? Pourquoi a-t-il fait une quenelle devant le mémorial de la Shoah ? Est-il antisémite ? Etc.

    Autant de questions, 18 pour être précis, qui remettent en question la biographie Wikipédia de ce personnage avec NIPNIC : ni pute ni chômeur

     

    ***

     

                  Procès après procès, condamnation après condamnation, banni des médias, difficile néanmoins de se passer du courage, de l'intelligence et du talent d'Alain Soral ! Il est celui qui, aujourd'hui en France, avec l’aide de Rousseau, de Marx, de György Lukács, de Lucien Golmann, de Philippe Muray, de Michel Glouscard et de Jean-Claude Michéa , développe les analyses les plus courageuses, les plus pertinentes et les plus talentueuses sur la société française (d’aucuns écriront : "... sur ce qui est arrivé à la France...") de la fin de la Seconde guerre mondiale à nos jours ; et ce dans de nombreux domaines : l'économie, la politique, le social et le culturel.

    En cela, il demeure indispensable et quasiment irremplaçable ; Internet aussi.

     

                    A propos de la persécution dont Alain Soral fait l'objet ( avec Dieudonné)  depuis une bonne quinzaines d'années - ses "poursuivants" principaux car récurrents, se nomment le CRIF,  l'UEJF et la LICRA -, nombreux sont ceux qui ne sont pas dupes. Aussi, disons les choses : le seul reproche qui est fait à cet essayiste qui ne s'en laisse pas compter, bien que l'on puisse reconnaître de sa part quelques maladresses dans la manière d'aborder certaines périodes de notre histoire de France, ce que les "officines israéliennes" pré-citées ne pardonnent pas à  Alain Soral, c'est son soutien à la cause palestinienne, sa critique du Judaïsme et de son bras armé qu'est le sionisme, ainsi que le fait suivant : l'essayiste a toujours refusé de placer au centre de ses analyses et de ses récriminations, l'Arabe en général et le Musulman en particulier, contrairement à Zemmour, Charlie Hebdo, Finkielkraut et tant d'autres (voir le magazine Causeur à ce sujet), tous adeptes des thèses racistes et complotistes, notamment à propos de la théorie du "Grand remplacement" développée par Renaud Camus -, qui jouissent d’une impunité quasi-totale lorsqu'il est question de réserver à la communauté musulmane, communauté sans moyen, sans accès aux médias et de tout temps méprisée et discriminée, un sort injuste et cruel : celui du bouc-émissaire haïssable. 

    Refus qui est tout à l'honneur de cet essayiste pugnace, autodidacte dont le travail et la pertinence de ses analyses ont bel et bien rencontré son époque.

                  Quant à l'antisémitisme de l'essayiste, si l'on devait juger la qualité de ses analyses à l'aune de cet antisémitisme, doit-on alors disqualifier, interdire la vente, la lecture et brûler tous les ouvrages de nos auteurs français, des Lumières à nos jours, de Voltaire à Bernanos ( soit... du 18è siècle à la fin des années 1930), qui ont tous tenu des propos que l'on pourrait sans difficulté qualifier d'antisémites (1)?

    Faut-il aussi rajouter à cette liste, Schopenhauer et plus encore, Heidegger qui a formé tous nos philosophes des années 30  à nos jours, carte du parti nazi en poche et puis le protestantisme luthérien ?

    Doit-on ne pas lire Céline ? Ne pas écouter Wagner ? Deux personnalités au rayonnement mondial, figures incontournables de l'histoire de la littérature et de la musique ? 

                      Bien évidemment non car un seul critère doit guider nos choix  : la pertinence, la cohérence de toute manifestation d'intelligence, de courage et de talent d'où qu'elle vienne car l'homme n'est rien, l'oeuvre est tout quand elle ne peut pas ne pas avoir été et qu'elle demeure, qu'elle persiste, et qu'elle persévère, irréductible. 

     

     

    1 - Se reporter à Michel Onfray, qui s'improvise depuis quelques années "chasseurs d'auteurs français antisémites" ; sorte de Serge Klarsfeld littéraire ; cet Onfray qui semble alors s'évertuer à nous rappeler ou bien à nous faire savoir, d'une manière subliminale, sans doute aussi à son insu (ou pas ?), que...  finalement, l'on peut être un homme brillant et décent tout en étant antisémite : le dernier en date, le philosophe Alain. 

    Comme quoi...

    Partir à la chasse, c’est une chose ; se tromper de gibier, c’en est une autre ; mais ne pas tenir compte des dates d’ouverture et de fermeture… c’est vraiment jouer avec le feu de la poudre de ses cartouches et de celles du garde-champêtre ; et le bâton pour se faire battre. 

     

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  • Cyborgs et capitalisme vert... de gris ?

    Michel Onfray sur Greta Thunberg : ICI

                "La jeune fille qui ne sourit jamais, comme Buster Keaton à qui elle ressemble tant ; cette jeune fille arbore un visage de cyborg qui ignore l’émotion – ni sourire ni rire, ni étonnement ni stupéfaction, ni peine ni joie” ; elle fait songer à ces poupées en silicone qui annoncent la fin de l’humain et l’avènement du posthumain...”

     

    greta Thunberg onfray serge Uleski

     

    “Elle a le visage, l’âge, le sexe et le corps d’un cyborg du troisième millénaire : son enveloppe est neutre. Elle est hélas ce vers quoi l’Homme va”.

     

    Et que dire à propos du physique du patron de Facebook ? 

     

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                      Sinon, sur le fond, Onfray poursuit : "... une pensée siliconée... une heuristique de la peur... discours d’adultes - du moins, de certains adultes, ceux de l’avant-garde éclairée  de la métamorphose la plus récente du capitalisme: l’écologisme. Ce cyborg parle en faveur d’une révolution initiée par le capitalisme vert. Certes, comme toujours, les véritables motifs - d’incommensurables profits…- ne sauraient être avoués tels quels. Il faut un excipient moral à cette révolution permettant d’entretenir le culte du Veau d’Or. Et quoi de mieux que le projet de sauver une planète en danger de mort !"

     

    ***

     

                      Très juste l'analyse de Onfray : "Greta Thunberg, porte-parole du capitalisme vert" !

     

    Les médias s'enthousiasment... grosse audience garantie ! La presse people s'extase… leur imprimerie marchera à plein régime... et les places seront chères pour quiconque souhaitera concurrencer en notoriété, voire en célébrité, la petite Greta... c'est sûr !

    Mais alors, qu'il soit permis de questionner un ou deux points à propos de cet engouement quasi-planétaire… comme par exemple ceci : qui gèrera dans cinq ans une Greta en rechute, à nouveau dépressive ( car c'est là aussi l'histoire de ses années pré-ado - info ici) une fois son aura épuisée et son image désintégrée dans une représentation d'elle-même saturée ? Où seront alors les médias ? Car, figure totémique jetable, d'elle, ils se débarrasseront à la moindre alerte, une fois le citron écolo-médiatique pressé ! Instrumentalisée à souhait, gardons à l'esprit que ceux qui sont derrière ce plan-média d'un cynisme infâme sont sans scrupules, assurément !

    Et puis aussi, plus près d'elle, dans son cercle familial ; car enfin... fille d'un acteur et d'une chanteuse lyrique au succès confidentiel, après les parents "pousseurs" de Miss Lorraine ou de championne en patinage artistique - du moins l'espèrent-ils -, désireux de vivre par procuration un succès qui leur aura été inaccessible, voici les parents pousseurs d'ados sermonneurs planétaires - réchauffement climatique, politique et médiatique oblige ! - entre deux avions, avion après avion, à raison de trois par semaine ! Comme quoi, personne n'est à l'abri des contradictions, pas même le monde des ados poussés par des adultes aux motivations pas toujours respectables ni saines. Désintéressés aussi ces adultes ?.......

    Etant donné les moyens déployés pour faire entendre la voix de cette jeune fille, il y a fort à parier que des acteurs économiques plus que majeurs sont impliqués ; acteurs économiques responsables du massacre écologique de la planète depuis des lustres. Qu'est-ce à dire ? Sont-ils tous sur le point d'effacer leur casier de délinquants et de criminels environnementaux, s'achetant à bon compte une virginité à l'image d'une Greta Thunberg immaculée… d'une conception pas encore totalement appréhendée ?

    A suivre...

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  • Les clandestins de la DGSE à la sauce Eric Rochant

      

    Les clandestins de la DGSE à la sauce Eric Rochant

     

     « Le bureau des Légendes » (LBDL) avant d'être une série télévisée française créée en 2015 par Eric Rochant, est un département de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE): « Au sein de cette Direction, un département appelé le Bureau des légendes forme et dirige à distance des clandestins opérant dans l'ombre, « sous légende » car leur identité a été fabriquée et va être accréditée non seulement par de faux papiers mais par une légende : une fausse biographie. Ils vivent de longues années dans une dissimulation permanente. Le clandestin est un agent qui va s’immerger dans le milieu ; il va vivre comme s’il était un expatrié. Il a pour mission de repérer les personnes susceptibles d'être recrutées comme sources de renseignements (personnes disposés à trahir leur pays puisque ces clandestins sévissent à l'étranger).»

                                          Bruno Fuligni, auteur

     

                  La série éponyme se proposera de mettre en scène ces clandestins durant cinq saisons, soit un total de 50 épisodes, de 2015 à 2019.

     

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    Les clandestins de la DGSE à la sauce Eric Rochant

    Elevée sans père, sauf durant une partie de son enfance - elle a 6 ans lorsqu’il décède -, sous la tutelle émotionnelle d'une mère qui exige que sa fille l’appelle tous les jours -, Marina Loiseau (rôle tenu par Sara Giraudeau), dite « Phénomène » puis « Rocambole », sismologue de formation, est le prochain clandestin du Bureau des Légendes ; elle aura pour mission d'infiltrer le milieu du nucléaire iranien puis plus tard, la Russie, dans un centre de recherche en intelligence artificielle (IA).

    Personnalité neutre, falote (un peu gourde ?) sans aspérités ( aucun centre d’intérêt déclaré, aucune passion, pas d’amis), individu perdu dans une existence qui n’a qu’un souhait  "ne rien décider, ne rien assumer"… Marina Loiseau (seule femme clandestine de la série) incarne un personnage totalement dédiée à son rôle au sein du Bureau des Légendes : "Dites-moi ce que je dois faire de ma vie, ce que je dois penser, qui je dois tromper !"

    Manipulée par la DGSE et le Mossad, malmenée - interrogatoires musclés, prison -, cible de deux tentatives d’assassinat, aux ordres, soumise jusqu’à l’aveuglement, masochiste, cette clandestine n’aura de cesse d’en redemander, selon le principe suivant : « Plus ça fait mal, plus c’est bon ! ».

    Pour cette raison, ce personnage donnera une bien piètre image du clandestin à la sauce Rochant et DGSE tout au long de cette série finalement poussive. D’où l’interrogation qui suit à propos du profil psychologique de ces hommes et femmes qui acceptent de mettre leur existence et leur vie entre les mains de la DGSE  et d’une raison d’Etat  qui n’a de raison que l’ensemble des intérêts de ceux qui le dirigent ; lesquels intérêts, inutile de le préciser, ont la fâcheuse habitude de considérer l’intérêt général – le nôtre à tous - comme une donnée superfétatoire… et plus encore aujourd’hui, à l’heure où ce sont les multinationales qui, d’une manière ou d’une autre,  financent les candidatures de tout le personnel politique ; n’en déplaise à la Commission nationale des comptes de campagnes ainsi qu'à une constitution placée sous la vigilance d’un Conseil constitutionnel par trop pusillanime ; on épargnera le Conseil d’Etat de tout commentaire, d’autant plus que les commentaires formulés précédemment lui conviennent tout à fait.

    Une DGSE qui, soit dit en passant, n’a de cesse de sur-jouer son importance, son influence et son pouvoir ;  DGSE qui a pour agenda deux préoccupations indissociables dans les faits : l'une relève de la géopolitique, l’autre… de l’économie ;  préoccupation géo-politico-pantoufle doit-on ajouter quand on sait ce qu'il reste de l'influence et du respect de la France de ces trente dernières années sur la scène internationale et de son indépendance vis à vis, par exemple, des USA et d'Israël !  Quant au volet économique… entendez celui qui concerne les intérêts des multinationales (françaises ou pas), la Françafrique - l’infantilisation et l’exploitation éhontée de l’Afrique et des Africains -, pourra amplement nous renseigner à ce sujet.

     

    ***

     

                             Le renseignement est un service hiérarchisé et cloisonné : un bon clandestin est donc quelqu’un de discipliné. 

     

                     "Les clandestins" donc vu par Eric Rochant dans une série à rallonge ; des clandestins dépourvus de personnalité, transparents ; des clandestins dévoués qui toutefois peinent à exister loin de leur légende (fausse identité) car seule cette dernière semble capable de leur donner en tant qu’individu, une profondeur et une épaisseur aussi relatives soient-elles.  

    A chaque fin de mission un seul désir se manifeste, une seule priorité : endosser une autre légende. Loyaux jusqu’à l’auto-effacement et la caricature, ils vont et viennent de fausse identité en fausse identité.

    Ne nous y trompons pas : leur véritable et seule patrie à eux tous c’est leur employeur ; à charge pour cet employeur, la DGSE, de défendre cette autre patrie qu’est la France ; ce dont aucun de ces individus ne saurait douter.

    Intérêts de la France ? Intérêts de la sécurité de la France ou bien encore, intérêts de la sécurité de nous tous ? Assurément intérêts de l’Etat français et de nos multinationales... mais ça, nous l’avons déjà traité !

    Culte de l’obéissance (ce que la DGSE nomme « la loyauté »), culte de la raison d’Etat qui ne saurait en aucun cas être questionner faute de culture et d'esprit critique des recrues, tous n'ont qu'une proposition, qu'un produit à vendre : la trahison puisqu'à partir de l'étranger, ils ont pour mission de repérer les personnes susceptibles d'accepter de travailler pour un service de renseignement étranger contre les intérêts de leur propre pays.

    Ce n’est certes pas simplement de la banalité du mal dont nous sommes les témoins tout au long des agissements de ces clandestins décidément très actifs, toujours en mouvement, mais bien plutôt, de la banalité du mal pour un bien ; toujours le mal mais toujours pour le bien, et plus ça fait mal plus c’est bien ; une nécessité douteuse puisqu’elle exclut totalement la conscience.

    Dans ce contexte, l’être humain, on l’aura compris, n’est pas une fin en soi mais un instrument dans le cadre de rapports non-humains instrumentalisés à outrance.

    Et c'est alors que l'on découvre  l'inanité et la vacuité de ce statut de clandestin - marionnette ridicule -, sorte de coolie  au service de son sahib, car le jour où quiconque décide d'embrasser ce rôle, c'est bien sa liberté propre que ce quidam  détruit dans ce long et patient effort pour remplir sa mission et ne jamais décevoir son employeur.

    Un militaire a un grade, un uniforme et une arme ; une véritable et unique identité aux yeux de tous ; il est tantôt méprisé, tantôt célébré ; en revanche, le clandestin n'a que sa fausse identité et la trahison à offrir au monde ; sa seule promesse ; en cela, il s'avilit en avalisant tous ceux qu'il côtoie,

    Ni militaire ni citoyen donc... ou bien alors, sous-militaire et sous-citoyen, nul doute : les clandestins sont de l’étoffe de ceux qui enverront sans sourciller, hommes, femmes et enfants à la trappe au nom de cette loyauté qui, dans les faits, les terrorise ; et c’est alors que la morale, est, elle aussi, instrumentalisée puis totalement bafouée, voire discréditée.

                  Mais… « Tel est pris qui croyait prendre » car, ironie suprême… plus ignorant, plus absent de lui-même, plus manipulé qu’un clandestin de la DGSE, vous ne trouverez pas ! Et tous se croient « flamme » alors qu’ils ne sont ni mèche ni bougie. Car, clandestins face à eux-mêmes ils sont, et c'est sans doute mieux ainsi ; dans le cas contraire, ils ne tarderaient pas à réaliser qu'ils n'ont pas de destin comme la majorité de l'humanité, qu'ils n'ont qu'une vie comme nous tous et qu'ils ne doivent avoir qu'une seule crainte : passer à côté de la leur et de celle des autres, déshumanisés subrepticement au fil des ans ; ce qui leur arrivera.

                 Dans les faits, il semblerait que la DGSE, du moins celle que Rochant nous  présente, ne soit qu’une une lessiveuse ; elle nettoie tout sur son passage : les lieux, les corps et les esprits ; ceux de son personnel en premier, du plus petit maillon jusqu’au sommet de sa hiérarchie.  Et devinez quoi ? La DGSE a accompagné Eric Rochant tout du long de la réalisation de sa série ! Pour mieux s’en féliciter et sans doute aussi la contrôler ?

                Mais alors, agents à leur insu Rochant et son producteur ?

                Eh oui ! La DGSE c'est plus fort que tout, plus fort que les esprits faibles en particulier ; esprits aux abois, en quête d'une raison d'obéir à cet impératif catégorique : se mettre en marche à n'importe quel prix pour remplir le vide dont chaque existence humaine a en horreur car ce vide, c'est comme un trou béant vertigineux. 

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  • A propos de la sortie en 1949 de l’ouvrage de George Orwell : 1984

     

    1984 de george orwell sorti en 1949 biographie de bernard Crick

     

     

     

     

     

     

     

    1984 fut chaleureusement accueilli à sa sortie et alors qu’il ne restait à l’auteur que quelques mois à vivre, tuberculeux chronique qu’il était, maintenant épuisé par des années de conduite à risque et de précarité.

    1984 se vendra dès la première année à près de 400 000 exemplaires ( Europe et USA) faisant d’Orwell un homme riche ; en fin de vie, il ne profitera donc jamais de cette fortune.

    Tout comme « La ferme des animaux », 1984 ne cessera de se vendre.

                  La plupart des critiques accueillirent favorablement le propos de l’ouvrage ; ils comprirent que l’auteur n’avait pas écrit un ouvrage à la Huxley ou Wells (utopie et anti-utopie), ni un conte dans la tradition d’un Swift (l’auteur qui a le plus influencé Orwell) ; il était évident qu’Orwell  avait « simplement étendu certaines tendances à l’œuvre en 1948 à l’année 1984 » - un ouvrage qui s’adresse à un futur proche donc - en décrivant de quelle façon l’ensemble des sinistres inventions  des développements de la guerre « ordinaire » opposaient tour à tour les régimes nazi, communiste, fasciste et capitaliste.

    D’autres évoqueront un roman puissant, passionnant et le plus précieux qu'Orwell ait jamais écrit. D’autres encore verront une mise en garde  tout en déplorant la tentation de l’instrumentalisation de l’ouvrage en machine à propagande anticommuniste oublieux sans doute du diagnostic sans appel rendu par Jean Jaurès à propos du capitalisme à l’aube de la Première guerre mondiale : "Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage", ainsi que des premiers romans d’Orwell - Keep the Aspidistra flying et Coming up for air (1)– qui, dès les années 30, dénonçaient déjà, le fascisme latent d’une société dédiée uniquement au culte de la marchandise, bien des années avant Guy Debord et son ouvrage « La société du spectacle » (comprenez : le spectacle du «  tout marchand » où, par conséquent, tout est à vendre et à falsifier : hommes, femmes, enfants, institutions politiques, médias, relations humaines, la représentation de la réalité des conditions d'existence et d'exploitation) ainsi que les analyses de Jean Baudrillard sur la société de consommation et la quasi-disparition du réel tel que les médias de masse s’évertuent à nous le dé-représenter. 

    Pamphlet satirique, violente satire sur la « corruption morale du pouvoir absolu », tous évoqueront la démarche « d’un écrivain  qui se confronte aux problèmes du monde plutôt qu’aux souffrances intérieures des individus et qui est capable de parler avec sérieux et originalité  de la nature de la réalité et des terreurs du pouvoir ».

    Salué comme un roman à thèse de tout premier plan, thèse hautement politique qui plus est, impressionnés par les vérités qui y sont énoncées – vérités plus contemporaines encore au fil des décennies -, et par sa prescience, tous , à quelques exceptions près, virent 1984 comme un traité sur le totalitarisme qui s’appuie sur des tendances aussi présentes que menaçantes, propres au monde moderne.

    Certes, les communistes européens n’y virent qu’une simple propagande de Guerre froide ; ils affirmèrent que « l’objectif du livre était de nuire à l’Union soviétique et d’attiser la haine à son encontre » ; en revanche, d’autres, se sentant sans doute moins visés, comprirent que le livre était une attaque dirigée  contre l’ensemble des facteurs  d'une modernité  qui pourrait conduire à une vie d’abêtissement habitée par une peur et une terreur de l'autorité sans soulagement ni issue possibles excepté dans la résignation.»

    Aux USA, en particulier,  de nombreux journaux présentèrent l’ouvrage comme une attaque d’envergure pas simplement anticommuniste mais anti-socialiste, lancée par un homme de gauche revenu de ses convictions. Orwell s’en défendra comme suit : « Le danger réside spécifiquement dans la structure qui est imposée aux communautés socialistes et capitalistes libérales par la nécessité de se préparer à une guerre totale avec l’URSS et par les nouveaux armements parmi lesquels la bombe atomique est naturellement le plus puissant et le plus connu. Mais le danger réside également dans l ‘acceptation de la perspective totalitaire par des intellectuels de toutes obédiences : les graines  de cette tentation totalitaire sont  déjà très largement répandues (2).»

    Le meilleur antidote à la maladie totalitaire que ce 1984 ?

    Son éditeur Warburg (depuis « La ferme des animaux »),  fit l’analyse suivante, lors de sa première lecture du manuscrit  : « Orwell regarde la vie et trouve qu’elle devient de plus en plus  intolérable ; il n’entretient aucun espoir. Je considère cet ouvrage comme un rupture  définitive entre Orwell et le socialisme  du marxisme et de la révolution managérial. Il rapportera un bon million de voix au Parti conservateur ; Churchill dont le héros de 1984 tient son prénom - Winston -, pourrait le préfacer sans sourciller. »

    Warburg se gardera bien de rendre public son analyse de l’ouvrage sachant  que 1984 se vendrait comme des petits pains ; après avoir accepté de publier « La ferme des animaux » quelques années auparavant - ouvrage refusé par tous - on peut dire qu'il avait du flair cet éditeur !

    A sa sortie, il convient de préciser que les ambiguïtés de la satire orwellienne ont été largement soulignées même si nombreux sont ceux qui se sont trompés sur le positionnement idéologique du livre car Orwell avait compris avant tout le monde, ou presque, qu’un pouvoir absolu de droite comme de gauche est pareillement pernicieux. Aussi, cette satire qu’est 1984 est tout aussi applicable aux Soviétiques des années 40 qu’au mode de vie occidental diffusé par les médias de masse vent debout contre l'éventualité d’une société communiste ou socialiste.

    Bernard Crick, socialiste, biographe britannique de référence de George Orwell, écrivait ceci en 1980 (date de la sortie de sa biographie d’Orwell - aujourd'hui disponible chez Flammarion) : « Chef-d’œuvre de spéculation politique, 1984 est au 20è siècle ce que le Léviathan de Hobbes fut au 17è. L’ouvrage est une mise en garde préméditée et rationnelle contre les tendances totalitaires à l’œuvre dans des sociétés comme la nôtre, plutôt  qu’une prophétie maladive soudainement surgie pour contrecarrer une prise de pouvoir soviétique ou néo-nazie, et encore moins un hurlement de désespoir et un reniement de son Socialisme démocratique. Son style âpre contribue à créer un tableau authentique  d’un Etat rendu infernal par les hommes eux-mêmes. Pour ces raisons, 1984  témoigne d’une imagination plus sociologique que psychologique. »

    Avant de réviser en partie son jugement en 1992 : " La comparaison directe avec Hobbes était passablement exagérée. Je relus 1984  et en conclus qu'il s'agissait d'une satire à la façon du Gulliver de Swift dont la cible plus générale  est la soif de pouvoir, mais qui inclut cinq ou six autres cibles telles que la dégradation de la littérature et de la culture. C'est un livre si complexe dans les cibles qu'il se propose d'atteindre..."

    Crick poursuit : « Certes, l’ouvrage encourage  ses lecteurs à entendre que toutes les interprétations se valent et qu’il n’existe aucune limite  à l’éventail  d’interprétations possibles d’un texte  complexe.  Que son propre éditeur  ait pu se méprendre à ce point à la première lecture  de l'ouvrage – pour rappel : l’éditeur voyait en 1984 un pamphlet anti-communiste et anti-socialiste, un reniement d’Orwell -,  témoigne du fait que Orwell  était au mieux imprudent, au pire inconséquent. Après l’expérience  qu’il avait faite de la réception aux USA de « La ferme des animaux » - critiques du même ordre que celles formulées contre 1984 : "ouvrage anti-socialo-communiste" -,  il aurait dû se protéger contre de telles interprétations fallacieuses  en pratiquant ce qu’il avait toujours si bien prôné : une clarté sans équivoque quant à la signification de 1984. Ce qui lui aurait évité de devoir rédiger après coup un mémoire à destination de la presse américaine et des agences de presse.»

    Ambivalence et ambiguïtés... à ce sujet, il est bon de rappeler que l'individualisme forcené d'Orwell qui était resté proche des mouvements anarchistes, pouvait parfois tempérer son socialisme. 

    Orwell apporta les éclaircissements suivants à la demande d’un haut responsable du syndicat des United Automobile Workers : « Je n’attaque pas le socialisme. Je dénonce les risques que comporte une économie centralisée ; je crois que quelque chose de semblable aux régimes communiste et fasciste pourrait arriver chez nous car les peuples anglophones ne sont pas par nature meilleurs que les autres ; le totalitarisme, s’il n’est pas combattu, peut triompher n’importe où.»

    A propos d’Orwell le fait suivant demeure incontestable : Orwell a défendu la primauté du politique  pour protéger des valeurs tout aussi politiques (contrairement à ce que Bernard Crick croit devoir affirmer : Crick parle à tort de valeurs non politiques) : la justice, la liberté, la fraternité, l’amour, la vérité et autres valeurs humaines qu’une action d’ordre politique concertée et déterminée peut très vite laminer et détruire : 1984 en sera la preuve irréfutable. Orwell était donc bel et bien un animal politique de premier ordre, doté d’un esprit de synthèse de premier plan, et ce … bien qu’il ait quitté très tôt l’institution scolaire puisqu’il ne fera jamais d’études supérieures ; il sera un parfait « cancre » à Eton, l’équivalent de la prépa qu’est le lycée Henri IV.  

     

    ***

     

                   Sans doute le plus grand mérite d’Orwell aura été d’avoir compris contre les communistes et les anti-communistes – la droite et la gauche d’alors disons (3)-,  que nos sociétés libérales, dites démocratiques, n’étaient pas à l’abri d’un totalitarisme rampant. Ils n’étaient pas si nombreux à cette époque  à pouvoir nous alerter à ce sujet ; il faudra attendre les années 70 pour que les plus avisés sachent faire la critique de nos démocraties libérales et consuméristes de plus en plus intrusives et liberticides ; cette thèse d’Orwell n’a jamais été autant d’actualité qu’aujourd’hui : le caractère fasciste de l’économisme et du mondialisme selon le dogme « Il n’y a pas d’alternative à cette guerre de tous contre tous !» est là pour nous le rappeler quotidiennement, en Europe, précisément là où les libertés et les protections étaient les plus étendues au monde, et par voie de conséquence, là où elles sont les plus menacées.

                  Comme quoi, on gagne toujours à demeurer « libre » dans sa manière de penser  ; seul positionnement qui garantisse une postérité gratifiante. Orwell aura donc eu raison d'eux tous, courage aidant.

     

     

     

    1 - Si 1984 a été amplement assimilé - Novlangue et Big Brother -, on oublie que ce roman est aussi l’exposition d’une autre thèse : l’amour, le véritable amour est impossible à envisager et à vivre, sous un régime totalitaire car, tôt ou tard, il faudra trahir l’autre, mentir à son sujet aussi, pour éviter la prison, la torture et la mort.

    Avec Keep the aspidistra flying, Orwell présente cette thèse 15 ans plus, mais dans un tout autre contexte : celui de la pauvreté. 

     

     

     2 - Plus on lit cette biographie d'Orwell, plus des intellectuels comme J.P Sartre fait triste figure. Un Sartre adepte d'un "on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs" tout en prenant soin de se tenir loin, très loin, des cuisines et de ceux qui tiennent le fouet à battre les blancs et les jaunes. Dans les faits, c'est toute l'intelligentsia française (et continentale) des années 30 et 40 qui font pâles figures en comparaison. Même un Camus ne parviendra pas à se hisser à la hauteur d'un Orwell ; l'anti-communiste clairvoyant de Camus contre la complaisance d'un Sartre, n'y suffisant manifestement pas comme Orwell le comprendra très tôt pour sa part. 

     

    3 - Contrairement à un Raymond Aron et  à un J.F Revel qui ont fait leur beurre sur un anti-communisme à la fois presbyte, myope et exclusif, bien incapables qu'ils ont été de penser le danger totalitaire d’un monde post-guerre-froide (post-communiste), sur nos sociétés dites "démocratiques" d'un capitalisme sans plus de retenu qui renouera avec ses moeurs humainement dévastatrices du 19è siècle.

     

     

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  • Qui est Fariba Adelkhah, la chercheuse franco-iranienne arrêtée et détenue en Iran?

    Qui est Fariba Adelkhah, la chercheuse franco-iranienne arrêtée et détenue en Iran?

    Qui est Fariba Adelkhah, la chercheuse franco-iranienne arrêtée et détenue en Iran?

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                        Retenue en Iran depuis juin 2019 ( et non juillet, estime-t-on) dans le plus grand silence de l'Etat français qui attendra le 16 juillet - date à laquelle l'Iran a rendu public son arrestation -, pour apporter quelques "commentaires" au sujet de cette détention...

    A la question "Pourquoi Fariba Adelkhah, chercheuse franco-iranienne, a-t-elle été arrêtée", faudra-il s'adresser à la DGSE (ou à la CIA, voire le Mossad ?) pour obtenir une réponse ? Une DGSE qui aurait alors manipulé cette femme pour servir l'agenda géo-politico-pantoufle de l'Etat français (oui ! pantoufle ! Quand on sait ce qu'il reste de l'influence et du respect de la France de ces trente dernières années sur la scène internationale et de son indépendance vis à vis des USA et d'Israël !) mais plus sûrement, celui des multinationales (françaises ou pas) au détriment, bien évidemment, de la sécurité et du bien-être de cette chercheuse, comme tant d'autres avant et après elle ?

    La question est posée car elle se pose toujours dans ces circonstances.

    S'il existe encore un ou deux journalistes soucieux de journalisme pour enquêter, qu'ils n'hésitent surtout pas !

                          En attendant, gardons à l'esprit ce qui suit : sur ce coup-là, il ne faudra pas compter sur Médiapart qui, pour mener ses investigations, a pour sources et compagnons la DGSE aussi et plus généralement, les services de "police" (y compris "municipale" parce que...  tout est bon à prendre, même les amendes pour mauvais stationnement !), selon le principe suivant : on ne mord pas la main qui vous nourrit.  D'autant plus que... comme nous l'avons tous compris...  Mediapart a pour seule finalité... Médiapart, le journal qui a pour slogan "J'informe quand je veux et si je veux !"

                    Sinon...  à ce propos : "Monsieur Plenel, quel autre petit poisson comptez-vous nous servir après ce François de Rugy ?"... car, force est de constater que Médiapart pratique et cultive, année après année, un journalisme décidément très frugal - un "journalisme peau de chagrin" ? 

                   Faut bien dire qu'on ne compte plus les abonnés de ce pure-player petit joueur, qui restent sur leur faim. 

     

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    Pour prolonger, cliquez : Le bureau des Légendes, ou quand la DGSE fait son cinéma

     

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  • "Le vrai débat" : un ouvrage Gilets Jaunes avec Priscillia Ludosky

     

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    Entretien avec Priscillia Ludosky : ICI

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                                                              Commandez l'ouvrage ICI

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  • Penser la littérature aujourd'hui avec Louis-Ferdinand Céline

     
                  La réédition des écrits antisémites de l'auteur de Voyage au bout de la nuit est annoncée par Gallimard. Le premier ministre de Macron soutient cette initiative : "On ne peut ignorer la place centrale de Céline dans la littérature française (il aurait pu rajouter .... " dans la littérature mondiale") ; l'avocat Serge Klarsfeld (chasseur infatigable de nazis aujourd'hui le plus souvent centenaires), s'indigne.
     
                  Pour et contre cette ré-édition... un homme a tranché, un homme et une voix,  il y a longtemps déjà : "La haine chez Céline est le ressort de l'imagination, du déchaînement d'éloquence. D'ordinaire la haine a le souffle court mais chez une poignée de maîtres une misanthropie enragée, une nausée à la face du monde engendrent de grands desseins. Le monotone de l'abomination devient symphonique. Mettez "l'homme" là où une formule insensée indique "le y...pin", et vous aurez chez Céline des passages d'une grandeur biblique..." - Georges Steiner                                                                                                                                                                                                                                 

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                      France Culture, en rediffusion, rend compte de Louis-Ferdinand Céline du 15 au 19 juillet : ICI

     

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                     Louis Ferdinand Céline ou la littérature de l'échec et du trauma

     

                 Si derrière un auteur et son œuvre, on trouvera toujours une blessure, quelles interprétations donner à la haine célinienne, et pas seulement dans les pamphlets (1) ?

    D’aucuns s’interrogent sans fin, les raisons à la fois inavouables et inconscientes de cette haine semblant échapper à l’auteur lui-même qui, sur le fond, ne s’en excusera jamais : « J’ai eu le tort de l’ouvrir ; j’aurais mieux fait de rester à ma place. Mais aujourd’hui encore, je défis qui que ce soit de m’apporter la contradiction sur ce que j’ai pu écrire à cette époque ».

                Qu'à cela ne tienne ! Rien ne remplace une biographie ! Celle de l’enfance ; sans oublier, en ce qui concerne notre auteur, la généalogie de la famille Destouches.                                                       

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                 Fils de Fernand Destouches issu d'une famille de petits commerçants et d'enseignants, et de Marguerite Guillou, famille bretonne venue s'installer en région parisienne pour travailler comme artisan…

    Le Père de Céline, homme lettré mais incapable d'épargner à sa famille la hantise du prochain terme à payer (hantise qui sera très longtemps aussi celle de Céline) était opposé aux études, gardant à l'esprit sa propre expérience : "Les études, c’est la misère assurée » disait-il à son fils".

    Une mère dentellière, travailleuse indépendante qui vivra péniblement de son métier et de sa boutique…

    Lourd de sens, Céline ajoutera : « On a toujours été travailleurs dans ma famille : travailleurs et bien cons ! » (c'est là le fils d'une mère artisan et d'un père déclassé qui s'exprime, et non un fils d'ouvrier ; distinction importante).

    Certificat d’études en poche, un rien désœuvré, Céline s'engage dans l’armée très tôt, même si, en 1919, il reprend le chemin de l’école, passe son Bac - il a alors 26 ans -, avant d’embrasser la médecine, sa véritable vocation dès l’enfance ; il se dit « guérisseur dans l’âme ». Il étudiera la médecine dans les livres, seul, le soir, tout en travaillant le jour, même si jamais cette médecine ne lui permettra de joindre les deux bouts (… de payer son terme) ; il fermera son cabinet de Courbevoie très vite après son ouverture – fait lourd de conséquences.

    Céline conjurera ce qui n’est pour l’heure qu’une déconvenue, en se lançant dans l’écriture, et entreprendra un long, un très long Voyage (2)

    Il poursuivra sa vocation de médecin auprès des pauvres – dans les dispensaires -, non pas par charité mais, de par son appartenance sociale et après l’échec de son installation à Courbevoie, Cécile ne pouvait en aucun cas prétendre à une meilleure situation et à une autre clientèle.

                                                                                     

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                 Sur un plan générationnel, Céline demeure un pur produit de la France de l’après boucherie de 14-18, avec le traumatisme de la trahison de l’espoir et les humiliés de Bernanos ; génération sacrifiée dont nul n’attendait le meilleur ; l’époque l’interdisait : elle n’en avait plus besoin (à ce sujet, difficile de ne pas penser au père de Céline). Aussi, ce meilleur dont l’époque ne savait que faire, cette génération l’a accumulé jusqu’à devenir une force. Et quand cette force s’est libérée, de quoi a-t-elle accouché ? De quelles actions vertueuses ? Ou bien, de quels desseins monstrueux pour avoir trop longtemps macéré dans la frustration, le ressentiment, l’impuissance, la retenue et le dépit ?

    Cette force a alors donné naissance au pire qui est souvent, en littérature, le meilleur.

               Céline se dit athée et mystique ; craignant sans doute tout autant l’étiquette d’humaniste que celle d’anti-humaniste, il revendique le fait de ne pas s’intéresser aux hommes mais aux choses. Ecrivain et chroniqueur, pour Céline, écrire c’est mettre sa peau sur la table : la grande inspiratrice, c’est la mort ; à la fois risque et certitude que cette mort.

    Craintif, très certainement dépourvu de courage physique (3), homme sans joie, chez Céline, le vulgaire, c’est l’homme qui fait la fête ; l’homme qui souffre est seul digne de considération ; et pour cette raison, rien n’est plus beau qu’une prison, puisque les hommes y souffrent comme nulle part ailleurs. Et son Voyage s'en fera largement l'écho... jusqu'au bout de la nuit...

                 Nuit noire... pour une littérature de l'échec et du trauma : échec en tant que médecin (sa seule véritable vocation : on ne le rappellera jamais assez !) ; échec de la mère de l'auteur qui mourra épuisée et aveugle à l’ombre du ressentiment d’un mari déclassé ; trauma de la première guerre mondiale.

                 Avant de mettre le feu à la littérature,  l’exercice de cette médecine qui ne le mettait nullement à l’abri du besoin a sans doute pu contribuer à son dégoût plus social qu’humain (Céline n'a pas toujours su faire un tel discernement) pour cette organisation de l'existence dans laquelle on ne fait décidément que l’expérience de l’échec car, dans les années trente, nonobstant le succès littéraire de son Voyage (à la fois succès commercial et succès d’estime), Céline devra faire face à un nouvel échec : celui de son intégration sociale malgré sa tentative désespérée de rallier à lui les classes dominantes - ou pour faire court : toutes les forces qui combattront le Front Populaire -, à coups de pamphlets antisémites et plus encore, pendant l’occupation, en commettant l’erreur (4) de soutenir un régime et une idéologie par avance condamnés à l’échec.

    Encore l'échec !

                                                                                              

    ***

     

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                         Céline n’a jamais vraiment quitté son milieu familiale ni sa classe : il n'a jamais cessé de "penser" comme elle ; il n’a jamais su s’en affranchir. L’aurait-il fait… nombreux sont ceux qui affirment qu’il nous aurait privés d’une œuvre incomparable. Certes ! Mais... échec après échec, ne sommes-nous pas aussi tout ce que nos prédécesseurs et nos contemporains ont tenté d'accomplir ? Pays, Etats, régimes, nations, continents, cultures, individus, seuls ou bien en grappes indissociables, nous tous, n'héritons-nous pas de leurs échecs comme de leurs réussites ?

    Si, pour citer notre auteur, l'amour, c'est l'infini mis à la portée des caniches, Céline n’a jamais cessé d’être ce caniche et tous ses personnages avec lui ; personnages pour lesquels le calice de la réussite est passé loin, très loin d'eux ; calice qu’il ne leur a jamais été permis d'entrevoir, encore moins de saisir, eux tous pourtant à la tâche, jour après jour, indéfectibles, comme d’autres... au temple, zélés et fervents...

    Choisissant alors de retourner toute la violence de son échec et celle d'un déterminisme social dont les parents de l'auteur furent les victimes muettes et résignées, non pas contre lui-même - ce qui nous aurait privés de son œuvre -, mais contre ses contemporains ; et les "heureux élus" auront pour noms : les plus faibles pour commencer - les pauvres qu’il a soignés sans profit ; puis la communauté juive – communauté incarnant la réussite sociale ; et en médecine, cette communauté n’était pas la dernière à s’imposer non plus…

    Violence donc… bientôt étendue à toute la société ; et pour finir : à tout le genre humain.

                                                                                    

    ***

     

                 N’en déplaise à Nietzsche :  et si le ressentiment à son paroxysme qu'est la haine était le sel de la terre, un moteur créatif sans rival et qui ne cessera jamais de nous surprendre ? Après Matthieu, Céline accouchant d’un évangile d’un nouvel ordre : un évangile vengeur... même privé d’une revanche digne de ce nom.

    Mais alors, Céline aura-t-il été de ceux qui, à leur insu semble-t-il, auront longtemps poursuivi en vain une quête qui cachait un besoin insatiable d'absolu à la racine duquel on trouvera très certainement une recherche effrénée de leur propre salut ?


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    1- On ne le précisera jamais assez : la haine célinienne est déjà bien présente dans "Voyage au bout de la nuit".

    2 - Il se vantera d’avoir écrit son "Voyage au bout de la nuit"… avec pour seul souci : être à l’abri du besoin, assuré qu’il était du succès de son récit : « cet ouvrage, c’est du pain pour un siècle de littérature, le prix Goncourt assuré pour l’éditeur qui s’engagera ».

    Céline avait vu juste : ce sera le succès, mais le prix Renaudot pour consolation.

    3 - Sa courte expérience de la guerre 14-18 aurait-elle révélé chez Céline des manquements - tel que le courage ou la solidarité ?! - face à ses non-compagnons d'armes, zélés jusqu'à la bêtise d'un patriotisme et d'une mort sans profit pour eux ; manquements qui ont très bien pu ternir l'image qu'il avait de lui-même et du genre humain et qu'il ne se serait jamais pardonné ; d'où un sentiment de culpabilité dont il lui a fallu, pour survivre... se libérer en imputant ces manquements à tout le genre humain : lâcheté, naïveté, fanatisme et bêtise incommensurable chez les plus humbles et les plus modestes ?

    Il semblerait que son compte-rendu de son emprisonnement au Danemark confirme chez Céline ce manque de courage à la fois "intellectuel" et physique plus particulièrement quand il est question d'assumer les conséquences de ses actes : écriture et parti-pris ; d'autant plus que ses plaintes quant à ses conditions d'incarcération étaient d'une mauvaise foi avérée : Céline était très doué pour le mensonge et la fable.  

    4 - A la décharge de l'auteur... on précisera : erreur due à l’absence de culture politique et historique au sein d’une classe dépourvue des outils conceptuels propres à la compréhension de l’organisation d'une société.

    On pensera aussi au suicide social d'un Céline pour qui le peuple n'est qu'une masse sans forme et sans distinction "... dont le sadisme unanime procède avant tout d'un désir de néant profondément installé dans l'Homme... une sorte d'impatience amoureuse, à peu près irrésistible, unanime, pour la mort" et à ce sujet, il semble que Céline ait partagé ce désir et cette impatience.

                 Pour ce qui est de l'idée de décadence qu'il partageait avec Drieu la Rochelle, entre autres, ne l'a-t-il pas épousée comme personne cette décadence en soutenant un régime décadent par excellence : celui des Nazis ?!

    Quant à ce monde dans lequel il n'y aurait rien à sauver, Zola dont Céline aurait très bien pu être le fils naturel - il en avait toutes les dispositions -, n'a-t-il pas su, dans le ruisseau de la condition humaine y chercher et y trouver de l'espoir et parfois même, du sublime ?

    Céline choisira « l’Assommoir » comme référence - titre qui convenait tout à fait à l’idée qu’il se faisait des pauvres en général, et des ouvriers en particulier -, omettant sans doute volontairement « Germinal » ; lui pour qui rien ne devait germer, jamais, de l’espèce humaine mais bien plutôt, pourrir.

               Au sujet de Zola, se reporter au texte de Céline : Hommage à Zola - Médan octobre 1933

     

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    Pour prolonger, cliquez : Marc-Edouard Nabe sur Céline

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  • Pour vos vacances, une idée à un prix imbattable !

     

     

    N'attendez plus !

    RESTEZ CHEZ VOUS !

     

            On nous invite à changer d'air, de pays ; on nous parle d'évasion. Sommes-nous des forçats pour chercher à fuir ?

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            Dans les premières années qui ont suivi son divorce, une boulimie de voyages s'est emparée d'elle ; voyages en couple ou bien, avec les copines, en célibataires enjouées et hilares ; destinations bon marché pour une semaine, voire deux, à l'hôtel... parfois le Club quand ses moyens le lui permettaient, mais toujours dans des lieux sans risques, des lieux privés de rencontres et d'enseignements inattendus.

    Touriste à bagage unique et léger donc, aux allers-retours multiples ! Jusqu'au jour où une lassitude énorme est venue mettre fin à ses envies de voyage : elle ne supportait plus les aéroports, les retards, l'attente dans les salles de transit, les sourires imbéciles à la réception des hôtels, les taxis et les chameliers racketteurs : harassement de la mendicité sous le couvert d'un commerce hasardeux et si peu convaincant dans sa pratique.

     

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              Le soleil et l'argent, encore le soleil et toujours l'argent ! Pas d'argent pas de sourire, et pour un peu, pas de soleil. Dans les rues, on ne voit rien - comprenez : on ne peut rien évaluer -, puisque rien ne nous est expliqué ; et si d'aventure des autochtones lettrés et avisés devaient proposer leur service... nul doute ! le mensonge serait au rendez-vous : ils nous diraient ce qu'ils pensent devoir nous faire entendre, qui n'est, dans leur esprit, que ce que l'on souhaite s'entendre dire.

    Et l'eau que l'on peut tantôt boire, tantôt ne pas boire, et sous aucun prétexte ; de même pour la nourriture !

    Et encore le soleil et la chaleur qui n'en finissent pas de vous aveugler, de vous ramollir physiquement et mentalement ; une fatigue épouvantable en fin de journée quand on regagne son hôtel non loin d'un bidonville qu'on tentera de nous cacher, jusqu'au jour où l'on trouvera bien des volontaires zélés pour y parcourir, entre deux monticules de détritus, les sentiers nauséeux et purulents d'une misère ensoleillée : la curiosité n'a pas de prix puisqu'elle passe après l'ignorance de ceux qui ne soupçonnent pas un instant qu'ils puissent l'être, ignorants et obscènes.

     

              Si on renonce à tout, et pour occuper nos journées, on disposera d'une piscine et d'un transat, ou bien un hamac, derrière une clôture, du matin au soir, avec le petit personnel, prisonnier tout comme nous et dont l'occupation principale consistera à changer nos draps, à vider nos poubelles, à lustrer nos lavabos, baignoires et toilettes, et ce pour notre plus grand confort et notre plus grand bonheur, jusqu'au moment où l'on ne supporte plus leur présence, témoignage embarrassant d'une relation impossible de nous à eux sinon dans le mensonge, l'assujettissement, et encore le mensonge de tous ces visages qui mentent, même réjouis, même hilares ou bien, indifférents.

    Quant au nôtre de visage face aux leurs, c'est déjà un départ dans quelques jours, et c'est aussi un rien qu'on aura laissé derrière nous et qu'on aura pris d'eux, sans oublier l’inévitable sentiment d'être allés jouer les riches chez les pauvres.

    Un tel déséquilibre rend tout rapport impossible en l’état ; même la sincérité, la bonté vraies nous sont tout aussi insupportables car, quoiqu'il arrive, on ne sera jamais à la hauteur : on ne pourra jamais rendre la pareille. Et tous les parfums, les senteurs et les couleurs n'y changeront rien : quelque chose a été saisi et ce saisissement nous empêche d'en saisir davantage.

    Culpabilité accablante : on s’est fourvoyés dans un lieu qui n‘en est pas un.

     

    ***

     

           Au retour, le sentiment de n'avoir rencontré personne sinon des êtres interchangeables à souhait, tels des voisins de palier, des collègues de bureau : là d'où l'on vient.

    Être parti si loin pour retrouver les mêmes, bavards et suffisants ! Décidément, on mérite beaucoup mieux et ce mieux indisponible, on ira le chercher chez soi, là où l'on nous épargnera le pire : la bêtise et la honte.

    C'est déjà pas si mal.

     

     

    Extrait du titre : "La consolation" - chapitre 5 - copyright Serge ULESKI

     

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    Les vacances de Monsieur Hulot - Jacques Tati

    Un contre modèle ?

     


    Pour prolonger, cliquez : Serge ULESKI en littérature

     

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  • Quand Léo Ferré est sans égal ni rival...

         

                 Léo Ferré qui nous a quittés un 14 juillet. C'était en  1993.

                          (d'aucuns prétendent qu'il a tiré sa révérence juste avant la retransmission télévisée du traditionnel défilé militaire des Champs-Elysées).

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                      Il n'écrivait et ne parlait qu'une seule langue, le Français... mais il parlait tous les langages et écrivait dans toutes les musiques ; il est à lui seul près d'un siècle et demi de poésie et de littérature.

    De Baudelaire à René Char en passant par Hugo, Bruant, Carco, Queneau, Léo Ferré a traversé toutes les Ecoles d'écriture - même automatique ; du langage insaisissable de la rue aux modes langagières éphémères, du Franglais à l'Argot, à la fois virtuose et vertigineux, surdoué, il pouvait dans un même texte, dans un même vers, dans une même phrase aux néologismes sans nombre,  les réconcilier tous.

                    Auteur, compositeur, orchestrateur et chef d'orchestre, artiste en cru, explosant toutes les formes musicales du genre, loin des esclaves de la rime et du quatrain, il était son meilleur interprète. Ironique, moqueur, cruel et tendre, toujours en colère, il aura été le premier slameur et sans doute aussi, le premier rappeur. 

    Des millions d'hommes et de femmes ont découvert nos poètes du 19e et 20e siècles ainsi que la musique symphonique au contact de son oeuvre, de Beethoven à Berlioz, du carton perforé de l'orgue de barbarie au piano à bretelles et au rock psychédélique du groupe ZOO.

                   Si chez Ferré on ne compte plus les chansons qui ont pour sujet La Femme et les femmes ("ces oiseaux du malheur"), on a évoqué un Ferré anti-féministe, voire misogyne … or, la misogynie de Ferré était celle de tous les hommes de sa génération face aux femmes cultivées et indépendantes d'esprit. Ces femmes, tous les hommes de la génération de Ferré les craignaient... (même Sartre avait du mal avec le féminisme d'une Simone de Beauvoir). Car, pour Ferré, il ne peut y avoir de Femme que celle qui accompagne l'homme, le soutien, le couve ; c'est la femme qui veut et fait des enfants et qui les élève ; et c'est aussi l'autre Femme, fatale de surcroît, pour laquelle on se damne après avoir vendu son âme sous la contrainte d'une nécessité qui nous échappe et qui nous condamne au malheur.

                    Quant à savoir si Ferré était un bourgeois comme semble l'indiquer sa belle-fille, Annie Butor, dans un ouvrage "Comment voulez-vous que j’oublie" paru chez Éditions Phébus), encore faut-il s'entendre sur le terme "bourgeois" : sûrement Ferré a-t-il accueilli le succès, l'argent et son confort de vie qu'il apporte avec soulagement après 20 ans de galère, 20 ans de vache enragée... 20 ans de "vie d'artiste"... mais on peut sincèrement douter qu’il ait pu être un bourgeois dans sa manière de concevoir l'organisation de la société : qui fait quoi, où, comment, à quel prix et sur le dos de qui.

     

                  Contemporain d’un siècle aux trois-quarts éventé, contradictoire et ambivalent, Léo Ferré a sans doute fait l’amère expérience d’une humanité qui, si elle méritait un meilleur sort, ne pouvait néanmoins s’empêcher de mendier sa dignité auprès de salauds qui se feraient un plaisir de la lui accorder mais à condition qu’elle se baisse plus bas encore, sur les genoux car, comme tous les grands misanthropes, Ferré avait un amour débordant de compassion pour les petites gens ; dans ses textes et ses chansons, il leur disait "tu" : "... pour l'enfant que tu portes au fond de l'autobus"(extrait du titre "Requiem").

    Et si la musique l’a saoulé de mots, les mots l’ont aussi saoulé de musique : en effet, personne mieux que Ferré n'a usé et abusé de tous ces mots, jusqu'à en inventer d'autres... tellement il pouvait les trouver très en deçà de ce qu'il attendait d'eux ; des mots d'une violence inouïe, parfois jusqu'à la terreur.

                Qu'il soit permis ici de prédire qu'après Léo Ferré... ce sera (mais... n'est-ce pas déjà le cas ?) la débâcle d'une langue qui s'est effondrée sous le poids d'une transmission en crise, à l'origine de laquelle on trouvera la recherche effrénée d'une rentabilité commerciale et d'une réussite à courte vue ; une réussite imbécile et sans profit pour notre humanité et son patrimoine.

     

     

    *** 

                 Léo Ferré aura été le seul poète, authentiquement poète, sans rival excepté chez les plus grands (Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire, Aragon, Césaire, Char), que la chanson, le music-hall, la scène et une production discographique d'une richesse sans égale, aient  jamais porté jusqu'à tous les sommets.

     

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    "La mémoire et la mer"

    Léo Ferré - Paroles et musique

     

     

    "Ces mains ruminantes qui meuglent
    Cette rumeur me suit longtemps
    Comme un mendiant sous l'anathème
    Aimé Césaire ?!

    "Dieux de granits, ayez pitié
    De leur vocation de parure
    Quand le couteau vient s'immiscer
    Dans leur castagnette figure"
    René Char ?!

    "Quand j'allais, géométrisant,
    Mon âme au creux de ta blessure
    Dans le désordre de ton cul
    Poissé dans des draps d'aube fine
    Je voyais un vitrail de plus,
    Et toi fille verte, mon spleen"
    Baudelaire ?!

    "Je me souviens des soirs là-bas
    Et des sprints gagnés sur l'écume
    Cette bave des chevaux ras
    Au raz des rocs qui se consument"
    Rimbaud ?!

     

    La marée, je l'ai dans le coeur
    Qui me remonte comme un signe
    Je meurs de ma petite sœur, de mon enfance et de mon cygne
    Un bateau, ça dépend comment
    On l'arrime au port de justesse
    Il pleure de mon firmament
    Des années lumières et j'en laisse
    Je suis le fantôme jersey
    Celui qui vient les soirs de frime
    Te lancer la brume en baiser
    Et te ramasser dans ses rimes
    Comme le trémail de juillet
    Où luisait le loup solitaire
    Celui que je voyais briller
    Aux doigts du sable de la terre.
     
    Rappelle-toi ce chien de mer
    Que nous libérions sur parole
    Et qui gueule dans le désert
    Des goémons de nécropole
    Je suis sûr que la vie est là
    Avec ses poumons de flanelle
    Quand il pleure de ces temps là
    Le froid tout gris qui nous appelle
    Je me souviens des soirs là-bas
    Et des sprints gagnés sur l'écume
    Cette bave des chevaux ras
    Au raz des rocs qui se consument
    O l'ange des plaisirs perdus
    O rumeurs d'une autre habitude
    Mes désirs dès lors ne sont plus
    Qu'un chagrin de ma solitude.
     
     

    Et le diable des soirs conquis
    Avec ses pâleurs de rescousse
    Et le squale des paradis
    Dans le milieu mouillé de mousse
    Reviens fille verte des fjords
    Reviens violon des violonades
    Dans le port fanfarent les cors
    Pour le retour des camarades 
    Ô parfum rare des salants
    Dans le poivre feu des gerçures
    Quand j'allais, géométrisant,
    Mon âme au creux de ta blessure
    Dans le désordre de ton cul
    Poissé dans des draps d'aube fine
    Je voyais un vitrail de plus,
    Et toi fille verte, mon spleen


    Les coquillages figurant
    Sous les sunlights cassés liquides
    Jouent de la castagnettes tant
    Qu'on dirait l'Espagne livide
    Dieux des granits, ayez pitié
    De leur vocation de parure
    Quand le couteau vient s'immiscer
    Dans leur castagnettes figure
    Et je voyais ce qu'on pressent
    Quand on pressent l'entrevoyure
    Entre les persiennes du sang
    Et que les globules figurent
    Une mathématique bleue,
    Sur cette mer jamais étale
    D'où me remonte peu à peu
    Cette mémoire des étoiles

    Cette rumeur qui vient de là
    Sous l'arc copain où je m'aveugle
    Ces mains qui me font du fla-fla
    Ces mains ruminantes qui meuglent
    Cette rumeur me suit longtemps
    Comme un mendiant sous l'anathème
    Comme l'ombre qui perd son temps
    À dessiner mon théorème
    Et sous mon maquillage roux
    S'en vient battre comme une porte
    Cette rumeur qui va debout
    Dans la rue, aux musiques mortes
    C'est fini, la mer, c'est fini
    Sur la plage, le sable bêle
    Comme des moutons d'infini...
    Quand la mer bergère m'appelle
     
    ______________
     
     
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  • François de Rugy : l'écologie en politique

                      

    françois de rugy dispendieux            

                       Homme sans qualité, sans charisme et sans physique, opportuniste à souhait, un seul remède pour François de Rugy : faire marcher à plein régime la carte bleue des contribuables pour exister un peu. Car, manifestement, de Rugy prend la France pour une escort-girl...
     
    Faut dire que... un temps membre du parti écologiste EELV ( non, on ne ricane pas !), de Rugy n'a jamais été homme à se déplacer à vélo ni à tenter de sauver la planète. Il a mieux à faire, tout ministre de la transition écolo qu'il est.
     
     
    ***
     
                   Repas dispendieux, attribution d'un logement à caractère social , avis de non-imposition sur les revenus de 2014 (alors qu'il est député et co-président du groupe écologiste à l'Assemblée), spécialiste des chemins de fer, François de Rugy et son épouse, mènent grand train sur fonds publics...
     
    A Matignon et à l'Assemblée, une enquête est ouverte... 
    Lien permanent Catégories : Médiapart, Medias, désinformation et ré-information, Politique et actualité 0 commentaire
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