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actualité - Page 4

  • Georges Simenon et les femmes : il était une fois...

                  L'auteur nous a quittés il y a 30 ans aujourd'hui.

     

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                     Si l’être humain est au centre de l’œuvre de Simenon, et si les personnages en sont le  point de départ, les femmes en occupent souvent la première ligne, et à l’arrivée, on les retrouve tout aussi nombreuses.

    Les femmes, Simenon les a toutes rencontrées : la femme adultère, la femme battue, la femme empoisonneuse, la femme le diable au corps qui cache une brisure, une fêlure, une faille, un traumatisme, un manque, un gouffre…

    Fidélité faite femme, trahison... femmes de mareyeurs, femme de mariniers ; énergies que rien ni personne ne saurait épuiser dans l’animalité d’une relation brutale d’une existence dans tous ses états… oisives et bavardes, elles attendent leur mari sur le pas de leur porte ; actives, elles vous serviront un repas sans broncher ou bien vociférant, tablier autour de la taille, torchon d’une main… et tous se briseront contre ce bloc humain qu’elles dressent devant l’intrus.

     

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                  Contradictions, paradoxes, énigmes, Simenon a observé les femmes comme on le ferait d’un phénomène en action : frénétiques, en ébullition, rebelles, femme dépensière, femme qui thésaurise, femme aux mille lettres d’amour, il les a toutes vécues et il a tout compris de leurs faiblesses, de leur cruauté et de leur malheur passé, présent et encore à venir ; lui qui ne se repose jamais !

    Animales, certaines de ces femmes sentent tout : le moindre malaise de l’âme, le plus petit frémissement de la conscience. Très souvent des femmes sans enfant, un peu comme si tout l’amour dont elles sont capables leur avait été enlevé… et puis de mauvaises mères aussi, indignes, castratrices, accapareuses, et d’autres encore, dévouées, sacrificielles jusqu’au crime et qui, privées d’hommes et de mari, ont dû très tôt renoncer à une vie… de femme justement.

    Spontanées, intuitives, sensuelles, instinctives et redoutables, mordantes, des femmes au plus simple de l’écriture, mais géantes, toujours ! Qu’elles servent le bien ou le mal, des instincts les plus dégradants comme des desseins les plus nobles… elles portent avec elles et en elles toute l’Histoire du monde et toutes les histoires d’un Simenon insatiable : des femmes  qui, à trente ans, ont déjà épuisé toute leur force ; d'autres qui se sont laissées vieillir lentement comme un bon vin et qui, la cinquantaine passée, demeurent plus que jamais capables d’en remontrer à la terre entière. Femmes éteintes…  bougies à la flamme soufflée qui fument encore sans éclairer sinon une nuit noire comme le destin qui guette sa proie dans une allée devenue soudain impasse de fin de vie.

    Chahutées, bousculées par des hommes qu’un mal incurable torture…rien n’est gratuit chez elles ; dans chacun de leur acte, même au plus fort d’une cruauté proche de la démence car elles ne s’appartiennent pas toujours, contre toutes les formes de dépréciation de soi dans une organisation de l'existence qui a pour seule mécanique infernale  la soumission au moins-disant émotionnel qui engorge tous nos désirs, il leur arrive de commettre l’irréparable ; et c’est alors que… d’un premier jet, sans plan, elles se laissent agir ; ce n’est que plus tard qu’elles rendront des comptes ou bien qu’elles se tairont mutiques et désespérées du plus loin qu’elles se souviennent.

     

               Comiques, burlesques, perdues pour la raison, en retrait, effacées, écrasées, laissées pour mortes… identités multiples, phénomènes hors norme à l’image de l’auteur, en elles tout est nécessité psychologique et quand elle tombe la robe... panique, effroi, c’est tout un monde qui retient son souffle, celui des hommes qui ne savent pas encore comment ils se feront dévorer, même si parfois ce sont elles aussi qui retiennent le peu de vie qu’il leur reste à battre sur le pavé dans une existence sans but car le fort épargne rarement le faible, même les jours de sortie pour un bal de la misère noire.

    Candides, enfantines, d’un naturel désarmant, ingénues tombées des nues, ingrates, jeunes et déjà gâtées, sans cœur ni esprit, elles ont souvent de qui tenir : leur mère. Femmes du Milieu, femmes de parlementaires ou de ministres, maîtresses, comédiennes, prostituées rangées ou non des voitures, femmes au train de vie dispendieux...

     

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                   Roman après roman, c’est avec elles que Simenon a rendez-vous car… toutes ces femmes sont vraies, bien réelles. Simenon a vécu longtemps avec elles ; il les a toutes comme entraperçues, devinées, dévoilées derrière un comptoir, dans une boutique, au bras de leur mari ou d’un amant. Sans doute a-t-il croisé une fois leur regard, une fraction de seconde pour une éternité contenant déjà toute une vie sur deux cents pages….vie honnête ou bien mensongère, malheur, grandeur et décadence. A leur insu, il a tout compris d’elles, tout prévu, avant même qu’elles ne vivent un destin, le leur, encore à venir car la fiction est redoutable ; celle de Simenon plus encore : elle doit tout à la réalité.

    Mais alors, toutes ces femmes ont-elles soupçonné un instant qu’elles aient pu à ce point stimuler l’imagination d'un Georges Simenon qui affirmait pourtant en manquer cruellement ?

    Au moment précis où l’on croit fixer leur personnalité, elles déroutent, dévient, font volte-face et c’est de dos comme face à un mur qu’il faut maintenant poursuivre plus loin l’investigation de leurs motivations les plus secrètes, moteur de toute l’histoire d’une vie qui a basculé car toutes ces femmes ne se refont pas. Non ! Jamais !

     

                 De tous les milieux, de toutes les professions plus que de toutes les « classes sociales », comme autant de personnages, comme autant d’esquisses d’un monde qui ne leur appartient pas toujours… elles remettront sur le métier, contraintes et forcées, cent fois leur vie et leur existence… car pour toutes ces femmes seul existe ce que l'on fait exister, avec détermination, après un travail acharné, pour ne pas se contenter, négligeant et sans courage, de le rêver jusqu’à l'ébranlement de tous les repères.

    Solitude, humiliation dans une vie conjugale en situation d'échec, une existence qui semble à jamais figée, une vie sans lumière, subversives jusqu’à s'extraire d'un monde interdit d'extase, plébéiennes, femmes de notables, ces femmes... Simenon les a forcées jusqu’aux personnalités et caractères les plus audacieux. Touché par leur détresse sans toutefois reconnaître tous les ponts qu’il a sans doute inconsciemment dressés entre elles et lui, même coupables, Simenon aura toujours plus de sympathie et d'empathie pour elles que pour leurs victimes souvent socialement plus élevées ou plus chanceuses.

    Leur dignité à toutes frappera le lecteur peu soucieux de comprendre que Simenon n’est pas en-dessous ni au-dessus de la vérité de leur condition mais ailleurs, là où tout jugement est suspendu. A toutes il leur épargnera donc les affres d’un jugement lapidaire car Simenon sait que pour juger les autres il faut avoir été au moins une fois accusé.

     

                 Qu'importe le style ! Toutes ces femmes trônent au-dessus de l’écriture qui les a engendrées, et Simenon n’aura de cesse de déchiffrer leur propre énigme quels que soient les actes commis car leur vérité est loin de n’être que romanesque, et pour cette raison, il les excusera toutes.

    Folâtres, amoureuses, excentriques, criminelles, victimes, bourreaux, il les aura toutes côtoyées, puis... proche,  très proche, au plus près de leurs attraits, défauts et qualités… il les aura touchées aussi, chair et sang sous une veine palpitante comme un cœur qui bat trop fort ; il a su nous les rendre plus vivantes encore, là, sous nos yeux, en moins de mots qu’il faut pour le dire et l’écrire d’une écriture qui n’a qu’une seule prétention : nous rappeler d’où l’on vient… même sans y être allés,  avant de nous révéler à nous-mêmes tels que nous ne sommes pas et tels que nous ne serons sans doute jamais, ou bien encore, tels que nous aurions très bien pu être si par malheur, tout ce qui nous conduit à la déchéance en avait décidé ainsi en prenant le dessus sur tout ce qui nous condamne aux yeux d'une société aussi indifférente que cruelle.

     

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    Mentionnons au passage la biographie de Simenon par Pierre Assouline, énorme pavé qui se veut exhaustif mais qui se perd et perd en intensité au fil des pages et de sa lecture ...

    Génie impalpable, génie de Simenon, génie insaisissable, génie de l’artisan et de son labeur dans le silence de la tâche à accomplir, Balzac du 20e siècle et Maupassant des années cinquante… Simenon ne sera jamais au-dessus de ses personnages ; aussi, c'est bien dans ses personnages qu'il faut aller le chercher. D’où l’inutilité d’une biographie, et plus encore, d’une bio de 750 pages.

    Pour célébrer Simenon, on pensera plutôt à une épître, d’un seul jet, dans un seul souffle, tous ses personnages d’un seul trait, toute une vie, mille vies, de la comédie au drame, de la farce à la tragédie selon un ordre secret car cosmique - ordre supérieur à notre entendement jusqu’au moment où l’ordre est donné -, et qui fait que chez Simenon tout un chacun peut encore espérer recevoir ce qui lui est dû : la bascule de la guillotine, le cachot d’une prison sans rémission, la chambre d’un hôpital  psychiatrique… ou bien une justice qui viendra réparer tout le tort causé même si la consolation est brève car rien ne s’oublie jamais vraiment !

    Il faut relire Simenon, une grande leçon de modestie, un auteur si proche de ses lecteurs. Un des plus grands humanistes du XXe siècle.

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  • Robespierre raconté par Henri Guillemin

     

     

                  Dans la France de 1789, banques et industries prospèrent mais le pouvoir reste entre les mains de l’Aristocratie : c’est alors qu’une nouvelle répartition de la richesse appellera une nouvelle répartition des pouvoirs.


    1789, ce sont les émeutes de la faim dans une France avec des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres : le travailleur des champs et des villes gagne 20 sous par jour ; pour se nourrir, il lui faut en dépenser 14 : le prix d’une miche de pain.

                  Rappelons que dans les deux premières années, la Révolution Française ce n'est pas seulement l'abolition des anciens privilèges  (dans l'attente des nouveaux ?)... mais c’est aussi le suffrage censitaire et la loi Le Chapelier qui proscrit les organisations ouvrières car la Constituante de juillet 1791 aura pour morale, une morale voltairienne : « Un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le plus grand nombre qui le nourrit ».

    Rappelons aussi que la Constituante maintiendra l’esclavage ; Robespierre dénoncera alors l’hypocrisie de l’égalité et de la liberté.

    Et puis, très vite, la Révolution avorte ; elle n’est plus qu’une bataille entre nantis sur le dos des travailleurs. La bourgeoisie est prête à tout pour s’enrichir : on la soupçonne même de faire la guerre à l’Autriche dans le seul but de recueillir des fonds pour s'emparer des biens du Clergé.

    Robespierre protestera à la tribune des Jacobins en janvier 1792 : « Si vous voulez faire cette guerre d’agression, vous vous reniez ! La Constituante a voté à mai 1790 à l’unanimité que la Nation française déclare solennellement qu’elle ne fera plus jamais de guerre d’agression ».

    Une disette organisée par des spéculateurs provoquera une demande d’intervention de l’Etat pour fixer le prix de vente du pain ; les Girondins s’y opposeront ; ils rappelleront que « l’Assemblée s’est engagée à ne jamais intervenir dans le domaine économique ». Ce qui confirme une Révolution entre les mains des nouveaux riches, banquiers et industriels.

     


    Henri Guillemin, conteur enthousiaste, nous raconte Robespierre

     

                Le 10 août 1792, c’est la chute définitive de Louis XVI et de la monarchie constitutionnelle. La Convention remplace l’Assemblée. Cette journée voit la relance de la dynamique révolutionnaire cette fois-ci par Danton et ses amis et alliés : Maximilien de Robespierre, Camille Desmoulins, Fabre d'Églantine, Jean-Paul Marat.

    Robespierre fait voter le suffrage universel. Mais dans une France où 85% des Français ne savent ni lire ni écrire, sur 6 millions d’électeurs, seuls 15% d'entre eux voteront : c’est la bourgeoisie marchande qui raflera tous les sièges.

    Rousseauiste, Robespierre propose de limiter le droit de propriété ; il s’attirera les foudres de cette Bourgeoisie ; des Girondins réclameront la peine de mort contre quiconque propose de remettre en cause ce droit : «  Liberté, égalité et fraternité » deviendra « Liberté, égalité et propriété ».

    Robespierre demandera l’abolition des droits féodaux car la nuit du 4 Août 1789 qui avait vu l’abolition d’un certain nombre de privilèges, ne les avait pas abolis, tout en exigeant la peine de mort pour ceux qui spéculent sur les produits de premières nécessités : le pain et le blé et l’agiotage des assignats.

    Danton, à la tête du tribunal révolutionnaire qu’il a créé manifestement aux seuls fins de servir ses intérêts de classe, celle des nantis, évoquera une 3è Révolution : « Il faut mettre la terreur à l’ordre du jour à raison d'une tête par jour !» avant de faire volte face : il demandera que l’on fasse l’économie du sang très certainement dans l’espoir qu'on épargne le sien.

    Le tribunal révolutionnaire avait fait tomber 1200 têtes en six mois ; en 40 jours, il en fera tomber 1876. Lamartine écrira : « ils couvrirent Robespierre du sang qu’ils versaient pour le perdre ».

    Robespierre demandera la tête de Danton qu’il obtiendra pour « activités anti-révolutionnaires et anti-gouvernementales ».

     

               Avec sa guerre contre l’athéisme, un athéisme que Robespierre juge responsable del ’affairisme d’une classe qui sape la Révolution et vole le Peuple, une guerre incarnée par l’Etre suprême censé consolider l’idée de justice et de fraternité, Dieu et la religion devenant alors non plus l’opium d’un peuple asservi et abruti de fatigue mais d’une République solidaire et fraternelle, Robespierre se met en danger irréversiblement.

    Le 26 juillet à la Convention, il déclare : « Mes mains sont liés mais je n’ai pas encore un bâillon sur la bouche. Quand la République tombe entre certaines mains… que voulez-vous que nous fassions quand le responsable des finances fomente l’agiotage, favorise le riche, désespère le pauvre ? J’en ai assez de ce monde dans lequel l’honnêteté est toujours victime de l’intrigue et la justice un mensonge ! » (1)

    Robespierre est arrêté. 106 exécutions seront votées. Robespierre sera le dernier à monter sur l’échafaud.

     

                  La Révolution est morte. On rétablit le « cens » selon le principe qui veut qu’une République gouvernée par les propriétaires est dans l’ordre social. Madame de Staël rouvre son salon. Benjamin Constant rentre de Suisse les poches chargées d'or.

     

    ***

     

                 Aujourd’hui encore, l’image d’un Robespierre « petit homme malingre à la santé fragile, incorruptible, fanatique, guillotineur glacé, les mains sanglantes », colle à la peau de ce personnage.

    Issu d’un milieu modeste, Robespierre fera des études d’avocat grâce à une bourse du Clergé. Très tôt, il a pour maître : Jean-Jacques Rousseau et son « Contrat social ».

    On oppose souvent Robespierre à Danton, "l’homme du 10 Août", chaleureux et audacieux ; dans les faits, un affairiste et un spéculateur opportuniste et arriviste sans principe, ni doctrine ni vision car, de Danton, impossible de cerner la moindre idée politique ; la Révolution semble pour lui l’occasion d’un enrichissement inespéré.

    Alors que Robespierre est un franc-maçon avec une doctrine sociale, Danton, ami des plus riches - on dit de lui qu’il a été, très tôt, acheté par la Banque, l’Industrie et la Monarchie avant la chute définitive de Louis XVI - n’a jamais caché son aversion pour « la démocratie et leur République de Wisigoths » ; celle que Robespierre tente de bâtir.

     

            …  « Nous voulons une demeure pour les hommes où toutes les âmes s’accompliront» avait souhaité Robespierre.

     

    Orgueilleux et désintéressé, on a dit Robespierre violent ; mais... la violence peut-elle être une forme de l’amour ? Un visage indigné de l’amour ? Et l’indifférence la perfection de l’égoïsme ? Après tout, ne peut-on pas préférer le sang à l’eau avec laquelle Ponce Pilate s’en est lavé les mains ?

    Robespierre était de ceux-là : une âme perdue pour la raison du plus riche et du plus cynique ; et si on pouvait lui reprocher son isolement et son absence de contact avec le Peuple, lui qui l'a plus souvent rêvé que rencontré, Robespierre aura toujours placé les intérêts des petites gens au centre de ses préoccupations et de sa Révolution.

     

     


    1 - Le dernier discours de Robespierre devant la Convention le 8 Thermidor an II : ICI

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    Pour prolonger, cliquez : Les conférences de Henri Guillemin

     

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  • Penser l'Empire aujourd'hui avec Alain Soral

     
                             

     


    Comprendre l'Empire  aux Editions Blanche

    (Vidéo 2011)

     

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    Comprendre_l_empire.jpg


                    Détricoter le roman national, à la mémoire hémiplégique, et plus largement, le roman occidental tout aussi lacunaire et fictionnel… du christianisme aux Lumières, de la Révolution française jusqu’au terminus bancaire, convoquant à la barre Marx , Engels, Michéa, Orwell, Sorel, Proudhon, Weber, les Pères de l’Eglise, Wall Street, la City et la FED, violences et mépris social… telle est la vision du monde qu'Alain Soral nomme Empire.

    C'est une exposition au déroulement implacable qui nous est proposé avec "Comprendre l'Empire" ; exposition d’une histoire qui nous est commune à tous, où que nous nous situions… acteurs, ou bien spectateurs, ou bien encore victimes abasourdis… histoire de ceux qui nous ont précédés, histoire d’aujourd’hui, et pour ce qui est de demain... histoire destinée à ceux qui possèdent une excellente mémoire de l’avenir : les esprits clairvoyants.

    De la Famille au clan à la tribu pour culminer avec la Nation et le contrat social jusqu’aux nouveaux réseaux au service des lobbies marchands et ethno-confessionnels, sans oublier les mafias policées ou pas (drogue et prostitution contre le complexe militaro-industriel et les cols blancs de la finance ; mafia calabraise contre Loge P2), comme autant de mensonges d’une République dite démocratique, structure combattante de l’Empire - en effet, 1% est le taux incompressible de la population qui a toujours commandé à la masse -, ... nul doute, le prolétariat du XIXe siècle et sa misère sont bien l’incarnation de la trahison de la bourgeoisie.
     
                   Peuple qui assume le principe de réalité - salaires "plancher" : exploitation et servitude ! Peuple  parmi lequel on comptera des penseurs autodidactes opposés au ralliement au libéralisme mondialisé avec son Capital coupé de toute attache géographique et morale de soi-disant "libertaires révolutionnaires" né en 1968  ; un Capital maintenant nomade : finies les cultures enracinées et les perspectives historiques ! L’hyperclasse et ses VIP condamnent les salariés à la précarité...

    Arrivent alors Canal+, les bobos et la gaudriole branchée, cache-misère d’une humanité souffrante et vaincue ; le RMI puis le RSA pour toute consolation. Puis la liquidation de la classe moyenne non salariée (artisans, commerçants, petits patrons, travailleurs indépendants), et du métier de journaliste par la même occasion ; métier perverti, avili par une démocratie d’Argent et de Marché ; les derniers journaux indépendants de qualité seront liquidés et remplacés par le divertissement et des pseudos-intellectuels-animateurs au service d’une propagande de masse, une fois la trahison des clercs consommée et digérée, la chasse tirée… avec la domination par la séduction : une seule liberté est accordée et encouragée : consommer. Et dans un tel environnement, les idiots utiles sont légion : prostitution morale et intellectuelle, en veux-tu en voilà ! Argent, honneurs, sexe…


    Car... seuls restent en place les kapos, les collabos, les soumis et les imbéciles d'un réseau culturo-mondain comme horizon indépassable de notre temps qui annonce le règne de l’empathie affective - émotion et désir au fin de détruire chez l’individu toute capacité analytique et critique -, et signe la mort du logos : plus de chaîne causale ; destruction du sens.

    Pour les insoumis, pour ceux qui souhaiteront tenir tête, en revanche, ce sera... chantages au fascisme, au racisme, à l’antisémitisme… la fin justifiant les moyens ; sentences équivalentes à une mort professionnelle et sociale certaines de réfractaires ruinés et jetés à la rue par des procès sans nombre.
     
                                                                                   ***

     


                                         


     
                  Solitude-dépression-consommation à l’Ouest ; chaos, guerres et misère au Sud ; fatalement la question suivante surgit : d’un de Gaulle patriote et cultivé à un Sarkozy sans morale, sans frontières et inculte, que nous est-il donc arrivé ?
    Liquidation de l’héritage du CNR (Conseil National de la Résistance) : jamais plus la classe politique ne s’occupera d’économie !


    La Banque au pouvoir avec Pompidou et Giscard !


    Immigration-isme… stratégie de dumping social de la droite patronale, chantage à l’extrême-droite sur quiconque remet en cause cette stratégie.


    Mai 81 et l’expulsion de la classe ouvrière. Liquidation du PCF.


    Collaboration et colonialisme… culpabilisation à outrance : la haine du peuple est consommée ; un peuple, celui de la France, dont on exige qu'il baisse la tête ; mais aussi,  un Peuple qui n’en pense pas moins.
     
                                                                                 ***
     
                   Voici maintenant le traité de Maastricht pour une destruction méthodique des 3 piliers que sont l’économie, la morale et le social.


    Identité nationale niée mais... « danger de l’Islam » et des banlieues, un ministre de l’intérieur en soutien, bientôt Président, pour faire monter la mayonnaise, le tout relayé par un dispositif fait d’argent, de médias et de réseaux. Une élection sera gagnée sur une campagne parodiant celle du FN jusqu’à la venue d’une Carla Bruni courtisane bobo. Mariage idéal : vulgarité et inculture précéderont l’instauration d’un libéralisme sécuritaire, servile envers les puissants prédateurs financiers et impitoyable envers le monde du travail.

    Et la Banque ! Encore la Banque ! Et quand ça tourne mal et qu'il lui faut faire la manche… eh bien, les Etats et toute la classe politique avec eux, comme un seul homme, comme une seule force … enfin retrouvée, n’hésitent pas : on lui remplit les poches, même trouées.
     
                  Mondialisation contre mondialisme : échanges équilibrés et contrôlés contre la guerre économique planétaire et permanente de tous contre tous, quiconque refuse de se soumettre à l’idéologie finalement totalitaire et belliqueuse de la mise sous tutelle de l’humanité entière est expulsé du champ social, politique et médiatique.
     
                  Et Alain Soral de conclure "....Aujourd’hui, ce Nouvel Ordre Mondial exige de la gauche comme de la droite qui lui soient remis les pleins pouvoirs… " Gauche et droite qui ne se feront pas prier (Strauss-Khan, Sarkozy)... avant d'ajouter : "... le monde occidental est face à un choix : la soumission totale ou la révolte."
     
                L'année 2012 installera-t-elle la dictature de l’Empire ou bien, marquera-t-elle le début de son démantèlement ?
     
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     - Que ce soit le silence médiatique qui accueille ce nouvel opus d’Alain Soral "Comprendre l'Empire" ne surprendra sans doute personne car, qui aujourd’hui dans les médias, pourra en toute conscience saluer le travail effectué par cet auteur : celui d'une synthèse qui attendra longtemps encore sa réfutation ?

    - Rectificatif concernant l'affaire Dreyfus et le compte-rendu qu'Alain Soral souhaite nous faire dans son ouvrage : l’arrêt de 1906 de la Cour de cassation qui innocente et réhabilite définitivement Dreyfus ne marque pas "la victoire de l’argent sur la noblesse et l’esprit aristocratique" mais bien plutôt la victoire de la vérité sur le mensonge et la corruption d'une élite atteinte d'une dégénérescence morale et civique  ainsi que la victoire contre l’antisémitisme car Dreyfus n'aurait jamais été inquiété s'il n'avait pas été juif.

     

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  • Journalisme : mort et résurrection

     

    Billet de blog publié en février 2016

     

                   Soixante-sept journalistes ont trouvé la mort en 2015 en "exerçant" leur profession, selon le bilan annuel de Reporters sans frontières (RSF). La France est le 3e pays le plus touché en raison de l'attentat contre le journal Charlie Hebdo en janvier.

    27 «journalistes-citoyens» (blogueurs) et 7 collaborateurs de médias ont également été assassinés, d'après l'ONG qui réclame la nomination «sans tarder d'un représentant spécial pour la protection des journalistes auprès du secrétaire général des Nations Unies».

    En tête des pays les plus meurtriers pour les journalistes cette année, figurent l'Irak et la Syrie, suivis de la France, du Yémen, du Soudan du Sud, de l'Inde, du Mexique et des Philippines.

     

                  BAROMÈTRE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE - Journalistes tués en 2015

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                      Ce billet - sa conclusion en particulier -, me vaudra d'être exclu de la plateforme des blogs du Nouvelobs après huit années de publication.

                     Comme quoi, tout arrive à qui sait attendre.

     

    ***

     

                  Journalistes ? Vous avez dit journalistes ?

                   Est-ce le fait d’être titulaire d’une carte de presse qui fait de ces hommes et de ces femmes des journalistes ? Est-on bien sûrs qu'il s'agisse de "journalistes" et pas simplement de rapporteurs d'images et de commentaires déjà rédigés avant même d'être partis ?

    Comme un fait exprès, et comme on vient de le voir, l'Irak et la Syrie sont les deux pays les plus meurtriers pour les journalistes, alors que… à de très rares exceptions près... nous n'avons pas vu dans la presse de langue française un véritable travail de journaliste à propos de ces deux pays mais bien plutôt des ventriloques d'une stratégie échafaudée par une alliance américano-israélo-sunnite destructrice : Liban, Palestine, Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Yemen...

    Aussi, en ce qui concerne la Syrie et son fiasco journalistique après celui de l’Irak, il semble bien que le piège se soit refermé sur une profession dont les membres n'ont plus aujourd'hui qu'un seul souci : préserver leur emploi et faire bouillir la marmite.

    Pendant ce temps-là, les rédactions envoient leur personnel au casse pipe aux quatre coins du monde. Et à ce sujet, on aura noté l'augmentation des décès de "journalistes" dans le cadre du non-exercice de leur profession ; augmentation directement proportionnelle au mensonge par omission et par ignorance dans le meilleur des cas - mensonge dénoncé à juste titre par tous les médias alternatifs depuis trente ans -, et dans le pire : désinformation et manipulations délibérées dans tous les médias dominants (1)

                    Connivences, consensus et conformisme… il est vrai que la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers à la tête desquels on trouvera de véritables épurateurs et pourfendeurs impitoyables depuis plus de 40 ans de toute pensée économique et politique alternative d’où qu’elle vienne.

                     Mais alors... est-ce à dire que... quand on est journaliste... moins on informe, plus on meurt ?

    C'est à croire !

    Dans tous les cas, on n'admettra que c'est vraiment cher payé quand on connaît la qualité de l'information qui nous est communiquée, son indépendance et sa profondeur de pénétration du réel : ce qui nous est montré autant que ce qui nous est caché.

                     En effet, parmi tous ces morts, où est aujourd'hui le journaliste exécuté pour avoir dit la vérité ?

     

     

    1 - Doit-on exonérer tous les journalistes, les absoudre, au sein d'une organisation de l'information qui serait sans lien de causalité, sans chaîne de responsabilités, sans hiérarchie, dans une dilution entière de l'action journalistique, dans un flou sinon artistique, du moins, décisionnel complet sur le mode d'un "ni coupable ni responsable" ou bien alors..  pour seul responsable, l'actionnaire qui a décidément bon dos ?

    Nombreux sont ceux qui critiquent les médias dominants ; et ces mêmes médias ne se font pas de cadeau entre eux, face à la concurrence féroce sur le marché de la "non-information" pour la captation-répartition de la manne publicitaire sans laquelle ils ne peuvent compter survivre. Mais rares sont ceux qui sont disposés à demander à l'individu "journaliste" de faire face à sa responsabilité personnelle dans son travail de sape d'une information honnête, intelligente et audacieuse.

    Et tous les titres sont concernés, de Médiapart à Marianne en passant par Libé car, tous se serrent les coudes.

    Mais alors.. qui continuera de contaminer l'autre ?

     

    ***

     

                   En France, la question de la liberté et de la responsabilité individuelle de chaque journalisme vis à vis de son métier et de son information est posée depuis longtemps déjà et la proposition suivante face à l'augmentation significative des décès de journalistes dans le cadre de leur profession aussi : plus l'information se porte mal... moins les journalistes nous informent et plus il en meurt !

    La presse a atteint un tel niveau de prévisibilité que, bientôt, on n'aura même plus besoin de la lire. On l'aura tous déjà lu avant même de l’avoir fait.

                   Un vrai tour de force !

                   Mais alors, licenciez donc toutes vos rédactions, et vous ferez de belles économies ! Vos articles, nous lecteurs, on les écrira pour vous ! Gratos ! Sérieux !

     

                 Quant à cette profession de journaliste qui se plaint d’être mal rémunérée, mais... qui donc aurait l’idée de verser un salaire, un vrai, à tous ces porte-voix d’une information qui est le plus souvent une véritable insulte faite au réel : qui fait quoi, à qui, pour-quoi, comment, où et pour le compte de qui !

    Le jour où ces journalistes évalueront leur propre travail pour ce qu'il est, pour ne rien dire du mépris dans lequel leurs patrons à tous les tiennent,  soyez-en sûrs : il ne leur viendra même plus à l'idée soit d'exercer ce métier soit de revendiquer quoi que ce soit à son sujet. Car enfin... a-t-on déjà vu des domestiques demander une augmentation ? Celle-ci est généralement laissée à l'entière discrétion du Maître car il est bon que des domestiques qui sont assez "domestiques" pour occuper un tel emploi n'aient droit à rien.

                     Flics, journalistes, matons, enseignants... tous méprisés (voyez leur niveau de formation et leur salaire !) car pour le système... ces métiers ne produisent rien sinon la nécessité encore et encore d'un contrôle et d'une prise en charge de centaines de millions d'individus qu'il faut sans cesse rappeler à l'ordre d'un ordre moral et social aux ordres et qui très tôt a déjà choisi et nommé ses chefs (quasiment dès la naissance - sélection par l'argent et la naissance).

    Le patron ne plaindra toujours de ses employés, le bourgeois de son domestique, et l'esclavagiste de son esclave car dans les faits ils aimeraient tous pouvoir se passer d'eux. La fin dernière de l'exploitation et du contrôle c'est bien qu'il n'y ait plus personne à exploiter et à contrôler.

     

    ***

     

                  Aussi, aujourd'hui, force est de constater que la mort du journalisme trouve sa résurrection dans ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler : la ré-information qu’Internet a seul rendu possible.

                  A ce sujet, la question suivante s'impose : où finit la ré-information, où commence le conspirationnisme...

     
                  Ne nous y trompons pas : ce sont précisément ceux que cette ré-information met en danger, à savoir les médias dominants soutenus par la classe politique et les grandes entreprises, qui, arbitrairement, en décident même si le conspirationniste, c'est un peu comme pour le "populiste"... c'est l'autre, toujours ! L'adversaire en l’occurrence. Sa dénonciation n'explique rien mais explique tout : un parti pris de classe, tendance bourgeois de centre-ville, pétés de tunes et morts de trouille à l'idée que leur état de servitude ne soit révélé au grand jour ; sont concernés : la classe politique et médiatique ainsi que les universitaires carriéristes.

                   Même à sciences Po, tous savent que ce vocable de "complotiste" n'a qu'une fonction : discréditer un adversaire libre et capable de dire tout haut ce que des "journalistes salariés" ne peuvent pas ou plus écrire ; des journalistes donc et autres analystes, experts, chroniqueurs et animateurs aux médias subventionnés à raison de plusieurs millions d'euros par an d'argent public et dont les patrons sont aux ordres d'actionnaires à la tête de multinationales de la finance, de l'armement, de l'agro-alimentaire et du luxe ; en cela, le "conspirationniste" est la mauvaise conscience de tous ceux qui ont choisi un jour de placer leur avenir professionnel et leur confort personnel au-dessus de la vérité par le truchement, dans le meilleur des cas, du mensonge par omission, ou bien dans le pire, par la falsification des faits.

                    Après tout, qui a dit qu'un bon journaliste est un journaliste au chômage ou bien, un journaliste à la tête de son propre journal ou webzine, indépendant de surcroît et dans la mesure du possible ?

     

                     

    Henri Maler d'ACRIMED : observatoire critique des médias

     

    Pour prolonger : Acrimed, un peu mais pas trop

     

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    Pour prolonger, cliquez  : Pour un journalisme de toutes les intelligences

     

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  • Zemmour et Pétain : la question de la collaboration

     

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     Pétain et Laval... la France dans de beaux draps !
     
     

                Dans un chapitre de son dernier livre “Le Suicide français”, Eric Zemmour relativise le rôle du gouvernement de Vichy dans la déportation des Juifs français. L’historien Serge Berstein le contredit : “Zemmour se trompe lorsqu’il dit que Pétain a sauvé des Juifs” : c’est ICI

     

    ***

     

            Il ne faudra pas que les partis pris de Zemmour responsables de ses approximations historiques dénoncées par l'historien Serge Berstein dont la bonne foi, l'honnêteté et un engagement à la cause de la France - ce concept unique et indivisible ! -, et de "sa vérité" dans les pires moments de son histoire, ceux d'une défaite sans gloire ni honneur, semblent ne pas devoir faire l'objet d'un soupçon quel qu'il soit, contrairement à d'autres historiens ou non qui n'ont qu'un objectif : traîner ce pays qui est le nôtre dans la boue de l'antisémitisme en général et du fasciste  - voire du nazisme - en particulier, et ce afin d’obtenir d’elle une soumission totale à un projet peu recommandable qui a déjà fait ailleurs la preuve de son incompétence et de son rejet quant à la conduite d’un idéal de justice et de fraternité jusqu’à son montrer son vrai visage : celui d’une société d’apartheid…

    Que cette polémique autour des propos de Zemmour au sujet du régime de Vichy, entre deux eaux minérales, gazeuses ou pas, ne nous empêche surtout pas de rappeler ceci :

              Alors que 75 % des juifs vivant en France ont échappé à la déportation, nous Français, n’avons pas à rougir de ce que la France, collectivement, à pu afficher comme visage, et ce pour les raisons suivantes :

               - La France fut occupée dans le cadre non pas d’une opération menée par une Allemagne indisposée par un Empereur décidément ingérable, dans la mémoire des événements de 1815…  - cocktail et champagne, négociations franco-anglo-prussienne -, mais bien plutôt dans le contexte historique d’un cataclysme d'une guerre mondiale la plus meurtrière de l'histoire, au cours de laquelle 45 millions de civils y laissèrent leur vie ; en effet, pour la première fois dans un conflit, le nombre de victimes civiles sera supérieur à celui des victimes militaires. En cela, cette Seconde guerre mondiale annoncera les grandes boucheries des bombardements civiles du Vietnam, du Cambodge, du Bangladesh, du Timor oriental... et plus près de nous dans le temps : de l'Irak.

    - Les forces d'occupation étaient guidées par une idéologie – le nazisme - qui avait placé au cœur de son dispositif de domination, de répression et d'asservissement, entre autres minorités, et/ou Peuples constitués,  les Slaves et les Juifs

    - Les pleins pouvoirs constituants votés à Pétain offrira à ce dernier l’opportunité de mettre en oeuvre un programme qui a placé, lui aussi, au coeur de son dispositif répressif, les Juifs, les Communistes, les Francs-maçons, les Gaullistes et les étrangers apatrides : exclusion de l’enseignement, des médias, des administrations, des industries culturelles et autres. En effet, cette idéologie se proposait de ramener la « condition juive » en France à ce qu’elle était sous l’ancien régime contre une Révolution Française qui apporta aux Juifs le droit d'accéder à  la Citoyenneté pleine et entière ainsi que contre le décret Crémieux de 1870 qui accorda d’office la citoyenneté française aux 35 000 Juifs d'Algérie ; décret abrogé par ce même régime en Octobre 1940.

                Pour ces trois faits aussi historiques que concomitants, c’est tête haute et droit dans les yeux que l’on doit pouvoir à la fois répondre à Zemmour et à ceux qui seraient tentés de nous accablés de tous les maux, nous tous collectivement, à propos de cette période de notre histoire car, aucun pays qui a eu le malheur de réunir ces trois conditions propices à tous les catastrophes humaines dans une simultanéité aussi ravageuse que mortelle, n’a pu ou su épargner, comme nous l’avons fait, les populations les plus menacées.

    Doit-on alors parler de « miracle », d’intervention divine ? Certes non ! Quand ça pleure, quand ca saigne, quand ça hurle, quand ça meurt, Dieu est absent. Toujours !

    On parlera simplement de prise de conscience, de sens des responsabilités, de compassion, d’interventions aussi anonymes que multiples et composites, aussi spontanées que savamment organisées, aussi héroïques que discrètes, de tous les acteurs de la société, de tous ses corps constitués, laïcs ou religieux, des intéressés eux-mêmes… enfin bref : de la Nation française tout entière.

                 Jean Moulin n’est certainement pas mort sous la torture et sans avoir parlé au nom d’un patriotisme au service d’une Nation sans honneur. Et ceux qui criaient « Vive la liberté !» et/ou « Vive la France ! » avant de tomber sous les balles d’un peloton d’exécution allemand ou d’une milice au service de Vichy… pour un pays qui n’aurait eu qu’une histoire déshonorante à faire valoir : les Peuples restent ce qu’ils sont en toutes circonstances : dans le faste des fêtes qui célèbrent la prospérité et la concorde comme dans le désastre des catastrophes humaines qui voient ses valeurs laminées par le rouleau compresseur de la haine et de la folie meurtrière.

    C’est là son âme.

     

    ***

     

                Et puis… tenez : rien qu’en traînant les pieds, c’est fou ce qu’on peut gagner comme temps et épargner comme vies !

     

     

     

    1 - C'est de Gaulle qui condamne Pétain à endosser le mauvais rôle de la défaite ainsi qu'à un jugement négatif et sans équivoque de l'histoire quant à son action à la tête d'un gouvernement collaborationniste. Sans de Gaulle, sans son appel du 18 juin 40, sans Jean Moulin et la Résistance, on ne compterait plus aujourd'hui les historiens disposés à nous expliquer à quel point Pétain, en négociant la défaite avec l'occupant, a sauvé la France d'une destruction certaine sans profit pour  personne sinon pour les Allemands. De Gaulle est sans aucun doute la mauvaise conscience du pétainisme et de cette histoire-là qui ne nous sera jamais contée car de Gaulle l'interdit. N'ayons néanmoins aucune illusion : sans la Résistance, des historiens prêts à nous conter l'histoire d'un Pétain-sauveur-de-la-France  auraient été légion car il n'y a pas plus lâche qu'un historien, plus obtus, plus intéressé, plus vil qu'un historien, tous experts du mensonge par omission d'où qu'ils viennent.

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  • Sonate d'automne en hiver

                            

     

               Car le ver était dans le fruit, le venin dans la veine et le poison dans le sang...

     

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    Introduction et exposition

     

                   Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, et plus particulièrement depuis le début des années 70, les Etats et leurs dirigeants dits modernes sont placés dans un système sans responsabilités. Dans ce système, la Banque - entre autres agents -, peut agir sur le monde sans avoir à penser aux conséquences, encouragée par le fait que personne ne lui demandera des comptes ; et la débâcle financière du mois d’octobre 2008 ne fait que confirmer ce phénomène propre à l'ère moderne ; débâcle qui, pour sûr, plongera des millions d'individus dans la précarité, le chômage et la pauvreté.

    Qu'à cela ne tienne : aucune responsabilité ne sera établie et aucune culpabilité non plus
    Un pas de plus vers un "Ni responsable ni coupable" généralisé, cette impunité qui, nul doute, en affligera plus d’un, et qui n'est que la suite toute logique d'un "responsable mais non coupable" déjà trop familier à nos oreilles depuis une bonne vingtaine d‘années.

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    Développement

     

    Les mots se sont tus mais les bombes sont tombées ce matin.

    Le facteur est donc bien passé : pas de courrier mais des bombes ; des bombes jusqu'à ne plus savoir où donner de la tête, quand il nous en reste encore une... de tête pour chercher un abri, et des jambes pour courir se mettre au vert, en attendant des jours plus sereins.

    Les bombes ! Enfin les bombes ! Place au spectacle ! Spectacle hallucinant ! Pour un peu, on en viendrait presque à regretter que personne n’ait pensé à les faire tomber plus tôt, toutes ces bombes. Vraiment : quel manque de jugeote et d’à-propos !

    Pensez donc ! Toutes ces bombes, c’est pas rien ! Et puis, c'est quelque chose ! C’est un monde, tout un monde, cette technologie de pointe et de haut vol ! Pensez à tous ces fragments de vie maintenant... sans vie ; corps fragmentés de mort qui ne demandaient que ça : qu’on s’occupe d’eux et qu’on les bichonne.

    Désormais, on ne se contentera plus des faits divers : il nous faudra des bombes... et ce sera parti ! Plus rien ni personne ne pourra les arrêter toutes ces bombes quand elles tomberont.

    A compter d’aujourd’hui, une journée sans bombes sera une journée pour rien, une journée gâchée, une journée perdue pour tout le monde.

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    Récapitulation et conclusion

     

    "Ecoutez-moi Monsieur !

    - Mais... je vous écoute ! Je fais que ça !

    - Aujourd'hui, il n’est plus question de rentabilité... car le besoin légitime d’un retour sur investissement finit là où commence la recherche effrénée du profit maximal ; et cette recherche-là, c’est la recherche du seuil de rupture des modes de production et de fonctionnement musculaires et psychiques de l’espèce humaine salariée. Le fameux point-mort, c’est bien ça ! Et seuls les donneurs d'ordres sont aux commandes : plus intolérants, plus misanthropes qu‘eux, vous ne trouverez pas. Monsieur, saviez-vous que le commerce, c'est la haine ?

    - Non Monsieur mais... maintenant que vous m'en parlez, je vous crois.

    - On fait des affaires le couteau entre les dents car, le moteur de cette production-là, c’est bien le meurtre. Ils sont prêts à tout pour survivre, bien que ce système les condamne tous à se sacrifier quand le moment sera venu pour eux de se retirer parce qu'un plus performant qu'eux les aura balayés. Leurs successeurs pourront toujours se réjouir, et ceux à qui ils distribuent des miettes, avec eux, insoucieux qu'ils sont, les pauvres bougres, du sort qui les attend. Bientôt, il n'aura plus de nom ce système. On ne sait déjà plus comment le nommer. Il n'a déjà plus de visage ! Lorsque le sacrifice de tous contre tous sera partagé par tous, en kamikazes d'une défaite universelle, ce système sera sans morale et sans honneur, car sous le couvert de l'anonymat, tout lui sera permis : absolument tout ! Nul doute à son sujet : le moteur de ce système, c'est bien le meurtre ; le meurtre du meurtrier et de ses victimes et puis encore... le meurtre de ce même assassin qui se donne la mort en tuant. Alors, aujourd'hui, qu'est-ce qui nous reste à célébrer ? Je vous le demande ! Sûrement pas la vie ! La fin, nous sommes ! La fin et les moyens... et rien d'autre. Plus rien devant nous, plus rien derrière. Plus rien ne nous précède. Plus rien ne nous dépasse ! Aussi, il ne nous reste plus qu'à nous consommer avant de nous dévorer, jour après jour, anthropophages et cannibales de nous-mêmes car, quelque part au fond de nous-mêmes, nous savons tous que nous sommes tous... déjà morts."

     

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    Extrait du titre : "Confessions d'un ventriloque" - chapitre 4 -copyright Serge ULESKI

     

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  • Semprun sans nous


    Un entretien avec Jorge Semprun par Mediapart

     

                        Semprun écrivain et scénariste qui nous a quittés en 2011 (un Semprun que l'on avait, quant à nous, déjà oublié depuis longtemps), souhaitait que les générations nées après 45 s'approprient les camps, la déportation, l'horreur du nazisme, le mensonge du Stalinisme...

    On lui répondra : "Pour ça, il y a Arendt... et c'était dans les années 50 et 60".

    Et puis ceci aussi : "Mais... qui, en revanche, nous aidera à penser le nouvel enfer qui nous attend d'ici 2050 ; un marché mondialisé triomphant qui aura tout emporté : Etats, démocratie, nations, peuples, liberté, indépendance."

    Car le vrai danger c'est bien la libéralisation des marchés financiers, l'hyper-mobilité des capitaux et la désintégration des processus de production ; des milliards d'êtres humains livrés à la logique d'un monde économique, un monde sans morale et sans esprit autre que mercantile et qui, à terme, n'habiteront plus aucun monde.

    Et ce totalitarisme-là, sous notre nez, dans notre vie, chaque jour, sur tous les continents, Semprun et les autres semblent totalement l'ignorer sous prétexte que cette menace n'a pas encore creusé au grand jour ses fausses communes, bâti ses camps... comme si seules l'architecture et la technique déterminaient la présence ou l'absence d'une pensée, d'une organisation de l'existence totalitairement arbitraire, liberticide et criminelle...

    Qu'ils aillent donc faire un tour dans nos banlieues, nos écoles, dans nos hôpitaux psychiatriques, dans les tribunaux, les prisons, les entreprises...

    Qu'ils recueillent donc les paroles des médecins du travail, des juges de la mafia économique et financière, des bénévoles d'associations luttant contre la pauvreté et l'exclusion...

    Qu'ils questionnent donc les artistes, les auteurs et les activistes censurés, muselés, interdits de production et de distribution, médias aux portes fermés...

    Confronté à cette nouvelle donne (qui trouve et prend racines à la fin des années 70, quand même !), Semprun est en panne ; et toute sa génération, avec lui, à l'exception de quelques uns...

    Aussi…

    Rien d’étonnant que seuls ceux qui n'ont de cesse de discourir sans fin autour du fascisme, du nazisme et du stalinisme soient ceux qui ne tarissent pas d'éloges à l'endroit de Semprun.

    Et si ceux qui ignorent l’Histoire sont condamnés à la revivre – même si cette dernière a bien plus d’un tour dans son sac -, de même sommes-nous autorisés à affirmer que ceux qui ne réfléchissent qu’au passé courent le risque de passer à côté du présent ; présent qui pourtant porte en germe le futur ; notre futur à tous : ses catastrophes et ses démons.

    Et aujourd’hui bien plus qu'hier, depuis que les Maîtres du monde ont la prétention de nous concocter un monde qui, chaque jour, avance et invente, comme il va, de nouvelles raisons d’espérer, ou bien d’autres raisons de s’inquiéter ; un monde tel une horloge que l’on remonte à chaque minute et à chaque heure et sans laquelle, aucune heure, ni bonne ni mauvaise, n’est envisageable - ou bien la même heure pour tous ; et là, gare aux retardataires ! ; un monde donc… au passé dépassé par des événements toujours imprévisibles ; passé stérile et caduc, assurément.

    On n’a jamais autant trucidé d’êtres humains depuis que l’Histoire occupe les salles de conférences, les amphis, les bibliothèques, les médias et nos consciences maintenant saturées d’un passé qui a pour seul enseignement : son propre passé, laissant le présent et l’avenir sur le bas-côté.

    Là encore, rien d’étonnant à cela : les entreprises de destruction massive ne se décident pas en Sorbonne ni à la Mutualité.

    Sans oublier le fait que les protagonistes concernés par ces récits d’une Histoire qui n’a rendez-vous qu’avec sa propre histoire sont tous nés dans les années 20 et 30 ; et ce n’est certainement pas leur faire injure que d’en déduire qu’il se pourrait bien qu’ils aient eu tous, et très tôt, leur avenir derrière eux. Ceci expliquant sans doute cela.

    Et quand d’aventure, ces mêmes hommes daignent se pencher sur nous, pauvres contemporains sans passé utile et sans avenir probant, c’est pour mieux affirmer, tel Semprun, et à titre d’exemple, que la classe ouvrière a bel et bien disparu... et que la Marxisme, la lutte des classes... tout ça

    Quel aveu pour cet homme de gauche !

    C'est dire ! C'est... tout dire ! (Semprun s'était très certainement alors rapproché du PS ; meilleure façon de ne plus rien penser sur rien. La contagion... la contagion...)

     

    ***

    .La postérité ?

    A la vue de Semprun, on peut craindre et d’autres souhaiter qu'elle détourne son visage pour mieux s'empresser de regarder ailleurs, plus loin aussi, et plus haut... finalement.

    Qui la blâmera ?!

    Car, il est grand temps de préférer le devin-prophète à l'historien-littérateur ; une lecture du présent dans lequel on pourra y lire tous les dangers de l'avenir aux commentateurs-témoins-ressasseur d'un passé miroir de sa propre image, impasse et cul-de-sac, tout à la fois.

     

     

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  • Ecouter Régis Debray... encore et toujours...

     

     

                               "Ce qui m'angoisse le plus, c'est la mort du politique" - Régis Debray

     

     

                La supériorité de Régis Debray face à n'importe quel interlocuteur est manifeste. Toujours !

                Les raisons ?

                Régis Debray est sans obsession, sans arrière-pensée, sans idéologie et sans pathologie contrairement à ceux qui pensent avec quelques unes de leurs lectures et puis aussi, et puis surtout, avec leur nombril : nombril communautaire ou de classe. Ceux-là sont condamnés à "penser à côté" du sujet qu'ils croient être capables de traiter, avant même d'avoir commencé à s'exprimer.

    Quant aux imbéciles, ces esclaves de l'actualité qui ne raisonnent jamais au-delà de l'actualité qui vient et qui n'est le plus souvent qu'un symptôme, face à eux donc, ne cessons jamais de raisonner bien avant, tout en continuant de raisonner longtemps, longtemps après afin de n'être jamais en rupture...

               En rupture de compréhension.

     

    ***

     

                L'Europe "gamberge" depuis 2500 ans. Nombreux sont ceux qui l'ont oublié.

                Gamberger ? Oui, gamberger à propos de la recherche insatiable des causes derrière les effets, et puis, les causes des causes... sans fin. Et personne ne forcera notre Europe à penser avec son nombril entre deux déjections anales d'individus qui n'ont, tout simplement, pas idée. 

     

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    Pour prolonger, cliquez : Régis Debray

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  • Antonio Gramsci et le sens commun

     Publié en 2016

     

     

                     La percée électorale des mouvements de gauche radicale en Grèce et en Espagne signe le retour d'un penseur majeur de la gauche italienne du début du XXe siècle, Antonio Gramsci, et de l'idée de partir de l'expérience concrète des gens pour élaborer une vision du monde à laquelle ils adhèrent.

                    Pablo Iglesias a 36 ans, figure montante de la politique espagnole, avec son parti Podemos ("Nous pouvons !", en français), il devance le parti socialiste dans les sondages. Podemos s'inscrit dans la continuation du mouvement des Indignés qui avait secoué l'Espagne voilà 3 ans.

    Parmi les militants, les sympathisants et les électeurs de Podemos, on trouve des chômeurs, des ouvriers et des étudiants. La démocratie participative est l'un des arguments forts de Podemos.
     

     


               Dans cette intervention, Iglesias parle à plusieurs reprises du sens commun, qui, dans l’œuvre d’Antonio Gramsci, relève de ce qui va de soi, de la «forme publique et manifeste» de la pensée commune d’une société donnée. Il s’agit de donner à l’expérience concrète et quotidienne des gens une explication qui lui fasse écho car "l'échec des travailleurs à faire la révolution socialiste était dû à l'emprise de la culture hégémonique bourgeoise sur l'idéologie et les organisations des travailleurs" (Gramsci)

     

                  "Ce sont toujours les petites choses de la vie qui font bouger la société dans un sens ou dans un autre. Ces petites choses de la vie, essentielles à chacun, déterminent aussi le devenir de notre société. Les connecter à une autre vision du monde est l’essentiel du travail politique, qui a tout à voir avec la question du rapport de forces."(Gramsci)

     

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    Pour prolonger, cliquez : Gramsci dans le texte

     

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  • Etudes sur le genre : en être ou ne pas en être... qui et quoi... et comment ?

                       S’il existe un champ de recherches nommé "études sur le genre" (gender studies), travaillant notamment sur la construction sociale des stéréotypes associés au genre, ces études doivent sans doute quelque chose à Simone de Beauvoir et à son "On ne naît pas femme, on le devient" ; affirmation péremptoire, insolente et dogmatique qui cachait à l’époque certainement un sentiment de culpabilité très fort car, se tenir en marge, se savoir à la marge, incapable de complaire aux exigences de son temps, de sa classe et de sa famille et fratrie, n'est pas une mince affaire même si l'oeuvre de Proust, bien antérieure, ne parle que de ce qui va suivre : issue d’un milieu aristocratique et bourgeois (elle est née Simone-Lucie-Ernestine-Marie Bertrand de Beauvoir), elle-même bourgeoise - comme quoi, et pour le coup … on naît bourgeoise et on le demeure ! -, Simone est lesbienne ; nous sommes en 1949 ; de plus, on lui connaît un penchant certain pour les jeunes filles bien plus jeunes ou bien moins âgées qu’elle ; un peu comme son compagnon de fortune… Jean-Paul Sartre qui, s’il était hétéro, avait la réputation d’être un « queutard » d’étudiantes qui buvaient, bouche bée, entre autres breuvages, ses paroles considérées quasi bibliques à cette époque qui fut la sienne et la leur à toutes et à tous.

    Avec Simone de Beauvoir, il sera aussi question d’un deuxième sexe ; le sien en l’occurrence même si… bien des années plus tard, des copines et des lectrices de Simone affirmeront que l’on n’est finalement sûrs de rien en la matière : un sexe, deux, trois, voire quatre, peut-être cinq...

    On y reviendra plus tard.

    Pour l’heure… en voiture Simone !

                     "On ne naît pas femme, on le devient" : affirmation provocatrice en diable pour l’époque qui ne comptait pas que des saints dans les rangs de l’existentialisme sartrien décrété pourtant "humaniste"… entre deux procès de Moscou et le lynchage d’un Kravtchenko

                    "On ne naît pas femme, on le devient" : on s'en doutera... la vérité se situe dans l'entre deux d'un "oui" et d'un "non", en son centre, en plein milieu... à 12h plus précisément, au moment où le soleil est à son Zénith - on y voit alors plus clair.

    Certes ! On naît femme : ça, c’est un constat, une vérité de la nature, de la biologie et de l'anatomie, mais pas seulement : c'est aussi une vérité qui a pour référent… l’expérience au quotidien (comportement, penchants… et sans que l’on nous y invite ou nous y force ; regardez : j’ai moi-même aimé très tôt faire la guerre aux Indiens… ma sœur… non). Même si on ne le devient pas puisque, comme on vient de le voir, on l’est déjà « femme »… disons que… la prise en charge de cette donnée de la nature et d’une grande partie du vécu au quotidien, de son cheminement, développement et variations, dès le plus jeune âge, s’effectuera, d’un être à un autre, bien évidemment selon la personnalité, le caractère, les aptitudes, les préférences (on préfèrera jouer au foot avec les garçons plutôt que de jouer à la marelle) de l’intéressée ; mais aussi… le pays, l’époque, la classe sociale et le milieu familial auront une influence colossale : la mère que l’on a eue, et le père… (vaste programme à lui tout seul que « ce père »… dans le cas qui nous occupe !).

    Toutes sont des femmes donc mais pas de la même manière ni de la même façon.

                   « On ne naît pas femme, on le devient" : tel un lapsus, ce cri du cœur plus que de la raison, ce cri venu du bas ventre aussi… a surtout semblé nous crier : « On peut être une femme et préférer la compagnie rapprochée, très rapprochée même, jusque dans l’intimité, non pas des hommes mais de ses semblables - femmes en l'occurrence ! ».

    En 1949, Simone de Beauvoir a cherché sans aucun doute à faire savoir à tout le genre humain, et pas seulement au café de Flore, qu’elle était lesbienne ; c'était là son « coming out ». Le premier de l’histoire ?

    Virginia Woolf sera plus discrète, il est vrai : mais bon : c’est pas la même « école » non plus, ni le même pays et pas tout à fait la même époque… (Ah ! Contexte ! Contexte ! Quand tu nous tiens…) ; Simone a commencé au moment où Virginia a terminé,  la mort en ayant décidé ainsi, son suicide en particulier en 1941. Ce qui relativise quand même un peu la portée de son « on ne naît pas femme, on le devient » c'est bien le fait que ses intentions ne sont pas... comment dire ?.... pures... car, à y regarder d'un peu plus près, Simone est bel et bien la première intéressée dans cette histoire. De plus, il ne s’agit pas vraiment d'une question d'ordre ontologique mais plus simplement d’une question de préférence « sexuelle » : après tout, dans l’absolu, avec qui on fait l’amour n’est pas constitutif de la totalité de l’être en soi et moins encore, de l’être en les autres – si on fait un moment l’impasse sur leurs préjugés… fluctuants au demeurant.

    En revanche, celui ou celle avec laquelle ou lequel on fonde une famille… oui.

    Or, Simone n’en fondera pas.

    Mais… on y reviendra plus tard.

                   Qu’il soit ici permis de dire que si Simone n’avait pas été lesbienne, ce slogan à multiples tiroirs et cachettes n’aurait sans doute jamais vu le jour.

                  "On ne naît pas femme, on le devient" aura toutefois le mérite d’alerter une société sur le fait que l’on puisse en tant que « petite pisseuse de bac à sable » préférer la castagne avec les garçons à la poupée, au saut à la corde, la marelle ou la dinette.

    A bon entendeur...

     

    ***

     

                   Bien des années plus tard, en 1990, arrive un ouvrage «Trouble dans le genre» de l' auteur Judith Butler : elle a quarante ans ; même si l’auteur s’en défend ICI… cet ouvrage nous conduira tout droit à la «Théorie du genre» dans le cadre des études de genre car jamais rien ne se perd. Il est vrai qu’en tant qu’auteur, on ne saurait être tenu responsable de ce que vos lecteurs font comme choux gras ou maigres de ce que vous publiez car, il est bon de rappeler, qu’un ouvrage échappe à son auteur dès sa parution.

    Dans cet ouvrage, Butler mentionnera Lévi Strauss, l’anthropologie américaine et le structuralisme français comme antécédents ; cet ouvrage (on a oublié depuis Simone de Beauvoir dont tout le monde a digéré et intériorisé une partie de son histoire de femme qui n’en serait pas une a priori, à moins qu'elle le décide) suscitera un véritable débat public et médiatique.

    Notons que Judith Butler, tout comme Simone, est lesbienne mais... en revanche...  pas bourgeoise pour un sou  (comme quoi on progresse, mine de rien !) ; de plus, elle possède une solide formation philosophique.

    Précisons aussi que très tôt, Judith sera en rupture avec son milieu familial qui lui donne une éducation religieuse (le Judaïsme) et un idéal dont elle n'a que faire : le sionisme ; elle fuira très très jeune, en claquant la porte. Aujourd’hui, elle est athée et anti-sioniste même si d'aucuns ne lui en demandaient sûrement pas tant. Qu’à cela ne tienne : un rebelle est toujours plus intéressant qu’un mouton : il vit plus plus dignement, et parfois plus longtemps aussi. Reconnaissons-lui ce courage : celui de s'être reconstruite ;  ce qui est tout à son honneur. Et bien des années plus tard, on constatera avec satisfaction qu'elle ne s’est toujours pas embourgeoisée (quand on vous dit que l'on progresse...).

    Sa fuite du cocon familial lui fera très certainement échapper à la psychanalyse et à la psychiatrie en tant que patiente ; vampire et sangsue auxquels sa famille n’aurait sans doute pas hésité à recourir en désespoir de cause. Tout comme la fuite face à un danger mortel, sa sortie fracassante et précoce l’aura donc « sauvée ».

    Elle avait de l’instinct Judith ! C’est sûr !

    Est-ce exagéré d’écrire que Judith Butler intellectualisera et conceptualisera son malaise existentiel et sociétal (cet impératif catégorique de rupture avec sa famille, sa culture, son histoire et la société qui, très tôt, l’a exclue et comme expulsée, la condamnant à la marginalité)… avec l’écriture et la publication de « Trouble dans le genre » qui outre ses vertus thérapeutiques pour son auteur… remettra en cause toutes les présuppositions du féminisme occidental : c’est Simone et ses suivantes, lesbiennes ou non, que Judith culbute par-dessus leur balcon, ainsi que la notion de « genre » inscrite dans le marbre d’une société qui en ignore une autre : celle pour laquelle le genre féminin ou masculin n’est en aucun cas une réponse à leur questionnement.

    Arrivent alors le temps de la vulgarisation et de la diffusion dans les médias de masse des Gender Studies - études de genre qui conduira tout ce beau petit monde à la dissociation de l’identité sexuelle et de l’identité de genre, à savoir :

    - L’identité sexuelle : je suis biologiquement, anatomiquement une femme ou un homme (vagin pour l’une ; queue pour l’autre).

    - L’identité de genre : je me sens homme, je me sens femme… ou bien encore… ailleurs (Queer) indépendamment de mon identité sexuelle (de mon vagin ou de ma queue) : transsexuels, bisexuels, travestis et transgenres : des hommes et des femmes sortis d’un cadre hétérosexuel et homosexuel trop étroit pour eux.

    On remarquera que cette dissociation va bien au-delà de l’opposition traditionnelle : hétéro/homo.

     

            Judith Butler prend la parole, vingt ans après les faits ; elle a près de soixante ans :

                   « Les études de genre décrivent les normes hétérosexuelles qui pèsent sur nous. Nous les avons reçues par les médias, par les films ou par nos parents, nous les perpétuons à travers nos fantasmes et nos choix de vie. Elles nous disent ce qu'il faut faire pour être un homme ou une femme. Nous devons sans cesse négocier avec elles. Certains d'entre nous les adorent et les incarnent avec passion. D'autres les rejettent. Certains les détestent mais s'y conforment. D'autres jouent de l'ambivalence... Je m'intéresse à l'écart entre ces normes et les différentes façons d'y répondre. »

    Le marketing et la publicité, très bons baromètres sociaux aux enjeux financiers considérables - commerce oblige ! -, ont largement intégré tous les bouleversements dans les « attributs homme/femme » : rôle, pouvoir, tenue vestimentaire…

                  « Il se peut qu'existe une nature féminine, mais comment le savoir ? Et comment la définir? Certes, je peux parler en tant que femme. Suis-je tout entière contenue dans ce mot «femme»? Et est-ce que toutes les femmes sont représentées par ce terme lorsque je l'utilise pour moi? »

    Là, Judith, tu enfonces des portes ouvertes à la réflexion de nos sociétés à ciel ouvert depuis un bon nombre d’années maintenant.

                     « Je pense aux personnes dont le genre ou la sexualité a été rejetée et je voudrais aider à l'avènement d'un monde où elles puissent respirer plus facilement. » A l’heure du mariage gay adopté dans toutes les sociétés occidentales… quant aux autres… transsexuels, bisexuels, BDSM, fétichistes, travestis et transgenres… »

    En ce qui concerne la bisexualité, allez demander à une famille (une mère épouse et ses enfants) de gérer la bisexualité d’un père descendu dans le parking de son immeuble retrouver un amant ou un prostitué mâle avant de remonter partager le repas du soir avec toute sa belle petite famille ; ou bien encore, une épouse et mère descendue dans ce même parking pour se faire godemicher par une copine avant de… (vous connaissez la suite)…

    Certes, cette bi-sexualité doit sans doute être une réalité potentielle, mais... dans un contexte familial (couple avec enfants), doit-on pour autant y succomber ? Au nom de quoi ? Sous prétexte d'avoir des envies de meurtres, doit-on pour autant passer à l'acte ? Que l'on convoite la femme de son voisin, doit-on pour autant tous nous taper les femmes des autres qui se taperont la nôtre aussi ? Quel projet de vie, quel dessein servirait une telle indulgence envers soi-même, un tel laisser-aller ? La jouissance sans entraves ? Avec quelles conséquences ? Et pour qui ?

    Pas évident du tout ma petite Judith de gérer ça en famille ! Alors, tu penses bien… la trans-sexualité… travestis, transgenres … là, tu vas tout faire sauter et je ne suis pas sûr que l’on puisse reconstruire quoi que ce soit.

                    « De même, à propos du genre, nous ne pouvons pas ignorer la sédimentation des normes sexuelles. Nous avons besoin de normes pour que le monde fonctionne, mais nous pouvons chercher des normes qui nous conviennent mieux. »

    C’est bien ce que je disais : il faut des normes ! Mais… attention Judith ! Là, tu vas passer pour une réac !

                    Et cette petite digression, courte au demeurant mais salutaire : « Enlever le voile, pour une musulmane, ce doit être un choix, comme le mariage pour un couple gay: personne ne vous oblige à vous marier, mais on vous en donne la possibilité. C'est une norme, mais ce n'est pas obligatoire. »

    Belle démonstration de tolérance de Judith Butler qui, ici, en France, pourrait encore en remontrer à toute une bande d’activistes intolérante et dogmatique, fruit d’une idéologie qui, dans les faits, ne vous laissera pas un mètre cube d’air pour respirer si d’aventure vous souhaitez vous en écarter : les injonctions toute républicaine dans sa brutalité, celle des baïonnettes, d’un Vincent Peillon ministre de l’éducation à l’endroit de familles inquiètes quant à la nature du programme pilote « ABCD égalité » nous le prouvent une fois encore… brutalité d’un ministre qui doit très certainement cacher, ailleurs, un laxisme inavouable et une vie du type « double standard » car, comme chacun sait, les tartuffes sont légion en politique ; et plus ils hurlent fort, plus ils tentent de couvrir une réalité dérangeante au possible.

    Mais, on y reviendra plus tard, ailleurs.

    On notera qu’aujourd’hui Judith Butler ne conteste plus la réalité des genres masculin et féminin et leurs présupposés à la fois biologiques et psychologiques ou psychiques ; le culturel n’occupant plus qu’une place secondaire.

    Ah sagesse quand tu triomphes... c'est tout le bon sens qui triomphe avec toi !

     

    Judith Butler, philosophe en tout genre (52') from Les Ateliers du Réel on Vimeo.

     

    Pour prolonger, cliquez : Etudes sur le genre - 2

     

    Lien permanent Catégories : Medias, désinformation et ré-information, Politique et actualité 0 commentaire
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