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Art et culture

  • Quand Léo Ferré est sans égal ni rival...

         

                 Léo Ferré qui nous a quittés un 14 juillet. C'était en  1993.

                          (d'aucuns prétendent qu'il a tiré sa révérence juste avant la retransmission télévisée du traditionnel défilé militaire des Champs-Elysées).

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                      Il n'écrivait et ne parlait qu'une seule langue, le Français... mais il parlait tous les langages et écrivait dans toutes les musiques ; il est à lui seul près d'un siècle et demi de poésie et de littérature.

    De Baudelaire à René Char en passant par Hugo, Bruant, Carco, Queneau, Léo Ferré a traversé toutes les Ecoles d'écriture - même automatique ; du langage insaisissable de la rue aux modes langagières éphémères, du Franglais à l'Argot, à la fois virtuose et vertigineux, surdoué, il pouvait dans un même texte, dans un même vers, dans une même phrase aux néologismes sans nombre,  les réconcilier tous.

                    Auteur, compositeur, orchestrateur et chef d'orchestre, artiste en cru, explosant toutes les formes musicales du genre, loin des esclaves de la rime et du quatrain, il était son meilleur interprète. Ironique, moqueur, cruel et tendre, toujours en colère, il aura été le premier slameur et sans doute aussi, le premier rappeur. 

    Des millions d'hommes et de femmes ont découvert nos poètes du 19e et 20e siècles ainsi que la musique symphonique au contact de son oeuvre, de Beethoven à Berlioz, du carton perforé de l'orgue de barbarie au piano à bretelles et au rock psychédélique du groupe ZOO.

                   Si chez Ferré on ne compte plus les chansons qui ont pour sujet La Femme et les femmes ("ces oiseaux du malheur"), on a évoqué un Ferré anti-féministe, voire misogyne … or, la misogynie de Ferré était celle de tous les hommes de sa génération face aux femmes cultivées et indépendantes d'esprit. Ces femmes, tous les hommes de la génération de Ferré les craignaient... (même Sartre avait du mal avec le féminisme d'une Simone de Beauvoir). Car, pour Ferré, il ne peut y avoir de Femme que celle qui accompagne l'homme, le soutien, le couve ; c'est la femme qui veut et fait des enfants et qui les élève ; et c'est aussi l'autre Femme, fatale de surcroît, pour laquelle on se damne après avoir vendu son âme sous la contrainte d'une nécessité qui nous échappe et qui nous condamne au malheur.

                    Quant à savoir si Ferré était un bourgeois comme semble l'indiquer sa belle-fille, Annie Butor, dans un ouvrage "Comment voulez-vous que j’oublie" paru chez Éditions Phébus), encore faut-il s'entendre sur le terme "bourgeois" : sûrement Ferré a-t-il accueilli le succès, l'argent et son confort de vie qu'il apporte avec soulagement après 20 ans de galère, 20 ans de vache enragée... 20 ans de "vie d'artiste"... mais on peut sincèrement douter qu’il ait pu être un bourgeois dans sa manière de concevoir l'organisation de la société : qui fait quoi, où, comment, à quel prix et sur le dos de qui.

     

                  Contemporain d’un siècle aux trois-quarts éventé, contradictoire et ambivalent, Léo Ferré a sans doute fait l’amère expérience d’une humanité qui, si elle méritait un meilleur sort, ne pouvait néanmoins s’empêcher de mendier sa dignité auprès de salauds qui se feraient un plaisir de la lui accorder mais à condition qu’elle se baisse plus bas encore, sur les genoux car, comme tous les grands misanthropes, Ferré avait un amour débordant de compassion pour les petites gens ; dans ses textes et ses chansons, il leur disait "tu" : "... pour l'enfant que tu portes au fond de l'autobus"(extrait du titre "Requiem").

    Et si la musique l’a saoulé de mots, les mots l’ont aussi saoulé de musique : en effet, personne mieux que Ferré n'a usé et abusé de tous ces mots, jusqu'à en inventer d'autres... tellement il pouvait les trouver très en deçà de ce qu'il attendait d'eux ; des mots d'une violence inouïe, parfois jusqu'à la terreur.

                Qu'il soit permis ici de prédire qu'après Léo Ferré... ce sera (mais... n'est-ce pas déjà le cas ?) la débâcle d'une langue qui s'est effondrée sous le poids d'une transmission en crise, à l'origine de laquelle on trouvera la recherche effrénée d'une rentabilité commerciale et d'une réussite à courte vue ; une réussite imbécile et sans profit pour notre humanité et son patrimoine.

     

     

    *** 

                 Léo Ferré aura été le seul poète, authentiquement poète, sans rival excepté chez les plus grands (Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire, Aragon, Césaire, Char), que la chanson, le music-hall, la scène et une production discographique d'une richesse sans égale, aient  jamais porté jusqu'à tous les sommets.

     

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    "La mémoire et la mer"

    Léo Ferré - Paroles et musique

     

     

    "Ces mains ruminantes qui meuglent
    Cette rumeur me suit longtemps
    Comme un mendiant sous l'anathème
    Aimé Césaire ?!

    "Dieux de granits, ayez pitié
    De leur vocation de parure
    Quand le couteau vient s'immiscer
    Dans leur castagnette figure"
    René Char ?!

    "Quand j'allais, géométrisant,
    Mon âme au creux de ta blessure
    Dans le désordre de ton cul
    Poissé dans des draps d'aube fine
    Je voyais un vitrail de plus,
    Et toi fille verte, mon spleen"
    Baudelaire ?!

    "Je me souviens des soirs là-bas
    Et des sprints gagnés sur l'écume
    Cette bave des chevaux ras
    Au raz des rocs qui se consument"
    Rimbaud ?!

     

    La marée, je l'ai dans le coeur
    Qui me remonte comme un signe
    Je meurs de ma petite sœur, de mon enfance et de mon cygne
    Un bateau, ça dépend comment
    On l'arrime au port de justesse
    Il pleure de mon firmament
    Des années lumières et j'en laisse
    Je suis le fantôme jersey
    Celui qui vient les soirs de frime
    Te lancer la brume en baiser
    Et te ramasser dans ses rimes
    Comme le trémail de juillet
    Où luisait le loup solitaire
    Celui que je voyais briller
    Aux doigts du sable de la terre.
     
    Rappelle-toi ce chien de mer
    Que nous libérions sur parole
    Et qui gueule dans le désert
    Des goémons de nécropole
    Je suis sûr que la vie est là
    Avec ses poumons de flanelle
    Quand il pleure de ces temps là
    Le froid tout gris qui nous appelle
    Je me souviens des soirs là-bas
    Et des sprints gagnés sur l'écume
    Cette bave des chevaux ras
    Au raz des rocs qui se consument
    O l'ange des plaisirs perdus
    O rumeurs d'une autre habitude
    Mes désirs dès lors ne sont plus
    Qu'un chagrin de ma solitude.
     
     

    Et le diable des soirs conquis
    Avec ses pâleurs de rescousse
    Et le squale des paradis
    Dans le milieu mouillé de mousse
    Reviens fille verte des fjords
    Reviens violon des violonades
    Dans le port fanfarent les cors
    Pour le retour des camarades 
    Ô parfum rare des salants
    Dans le poivre feu des gerçures
    Quand j'allais, géométrisant,
    Mon âme au creux de ta blessure
    Dans le désordre de ton cul
    Poissé dans des draps d'aube fine
    Je voyais un vitrail de plus,
    Et toi fille verte, mon spleen


    Les coquillages figurant
    Sous les sunlights cassés liquides
    Jouent de la castagnettes tant
    Qu'on dirait l'Espagne livide
    Dieux des granits, ayez pitié
    De leur vocation de parure
    Quand le couteau vient s'immiscer
    Dans leur castagnettes figure
    Et je voyais ce qu'on pressent
    Quand on pressent l'entrevoyure
    Entre les persiennes du sang
    Et que les globules figurent
    Une mathématique bleue,
    Sur cette mer jamais étale
    D'où me remonte peu à peu
    Cette mémoire des étoiles

    Cette rumeur qui vient de là
    Sous l'arc copain où je m'aveugle
    Ces mains qui me font du fla-fla
    Ces mains ruminantes qui meuglent
    Cette rumeur me suit longtemps
    Comme un mendiant sous l'anathème
    Comme l'ombre qui perd son temps
    À dessiner mon théorème
    Et sous mon maquillage roux
    S'en vient battre comme une porte
    Cette rumeur qui va debout
    Dans la rue, aux musiques mortes
    C'est fini, la mer, c'est fini
    Sur la plage, le sable bêle
    Comme des moutons d'infini...
    Quand la mer bergère m'appelle
     
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  • Le phénomène Dieudonné

     

              

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                  Mille commentaires, mille chroniques assassines à propos de ce « phénomène » ; et parmi tout ce qui peut nous être donné à penser d'un Dieudonné dont il n'y aurait rien à sauver... on commencera par une tentative d'explication qui répond au nom de « populisme ».

    A la définition suivante « Le populisme désigne un type de discours et de courants politiques, prenant pour cible « les élites » et prônant le recours au « peuple » s’incarnant dans une figure charismatique »  on opposera celle-ci : « Le populisme, c'est  l’autre, toujours ! L'adversaire ! Celui par qui le scandale et le danger arrivent ! Sa dénonciation n'explique rien mais révèle tout : un parti pris… de classe le plus souvent dans le style "Si c'était différent, ce serait pire encore ! "... tendance « grands bourgeois lettrés ou non mais pétés de tunes et morts de trouille - classe politique, journalistes-chroniqueurs des médias dominants inclus -, à l’idée de devoir répondre à la question suivante : qu’avez-vous fait de notre souveraineté et de la liberté et de la justice pour tous ? »

    Ce qui recadre sensiblement le propos de ceux qui n’ont qu’un objectif : discréditer Dieudonné et son public : « Dieudonné est un populiste dangereux et son public des moutons égarés », ce qui pourrait, si l’on n’y prend pas garde,  justifier toutes les mesures répressives et liberticides à l’endroit du coupable d’un tel méfait.

    Et comme un fait exprès, ces mesures ont déjà été prises contre l’intéressé et par ricochet… contre son public privé de spectacle.

    Ce qui n’est pas sans rappeler ce qui suit : le fascisme langagier  - intimidation et dissuasion -, consiste à exposer un individu à un vocabulaire qui n'admet aucune ambivalence ni aucun "oui mais". Le fascisme langagier et sa dictature, c’est donc le choix d’un vocabulaire contre lequel personne n’osera énoncer de contradictions sans courir le risque d'un verdict-anathème qui équivaut à une mort sociale, médiatique et professionnelle.

    Aussi, tout individu qui refuse d'adhérer à l’univers conceptuel de ce vocabulaire et de le valider pour mieux l’intérioriser peut se voir qualifié ou bien plutôt disqualifié en tant que…

             Fasciste, raciste, antisémite, complotiste paranoïaque, nationaliste, populiste, homophobe, islamophobe, démagogue, anti-européen, anti-américain...

     

              Une dernière précision à propos de ce soi-disant penchant "populiste" chez Dieudonné : à notre connaissance, il est le seul humoriste qui, sur scène, peut se permettre de se faire "siffler" par son propre public.

     

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                 Toujours à propos du « phénomène Dieudonné » d’autres, plus téméraires mais guère courageux, évoquent « la crise », privilégiant, faute d’imagination, son aspect exclusivement social : chômage, précarité et pauvreté.

    Soit.

    Si on évoque « la crise », encore faut-il, là aussi, définir cette crise : qui (et quoi) est en crise et pourquoi ? Sans oublier cette autre question : qui sont les responsables ?

    Car si crise il y a, c’est bien d’une crise démocratique, une crise de la représentation dont il est question - et pas seulement au Sénat et à l’Assemblée, loin s’en faut ! Représentation dans le sens de : qui est autorisé à représenter qui, quoi, et comment ? Qui a la légitimité et l’autorité morale et intellectuelle pour le faire ? Et plus important encore : qui est autorisé à parler, de quoi, de qui, comment, à qui, avec qui et où ?

    Dans les médias dominants ou bien dans un cagibi et autre placard à balais (1)?

    Des médias qui ont tué les vertus de la délibération, cet idéal pacificateur, apaisant les tensions. La société, ce n'est pas que de l'économie et de la répartition de richesses. Loin s'en faut. Ce qui fait le lien, ce qui fait société relève aussi de notre capacité à tous de (se dire) dire et d'entendre (de s'entendre dire) la vérité ainsi que la désacralisation libertaire... de l'Etat, du pouvoir, des groupes de pression, des croyances...  ce qui implique aussi et surtout la dénonciation des mensonges et des manipulations : à ce sujet, le cas Dieudonné, la censure à son encontre, et les actions menées contre lui sont exemplaires : ils annoncent déjà un monde cadenassé pour le pire.

    Des médias aux ordres ont sciemment coupé les ponts, voilà trente ans déjà, avec des pans entiers de la population ; stratégie concomitante avec la désertion des urnes des classes populaires qu’une classe politique du renoncement et du laisser-faire a précipitées dans les abîmes d’une condition ouvrière en rupture de contrat social.

    Or, à ce sujet, il semble que la réponse suivante s’impose : on ne peut guère parler... pas plus que l’on ne peut guère décider de quoi que ce soit pour nous-mêmes qui n’ait pas été au préalable validé par ceux qui, autre coïncidence, prennent des décisions ou bien valident celles des autres, sans consulter les peuples, tout en sachant que dans le cas contraire, si d’aventure leur vote à tous ne leur convient pas... ils passent outre.

     

                 Ceux qui ont pu se réjouir de l’annulation d’un spectacle de Dieudonné à Nantes suite à l'arrêt d'un juge du Conseil d'Etat, juge et partie... Bernard Stirn (2), n'ont sans doute pas réalisé que cette attaque frontale contre la liberté d’expression n'était finalement qu’une attaque de plus contre tous ceux qui, bon an mal an, seraient susceptibles de remettre en cause un nouvel ordre qui plonge toutes les sociétés occidentales dans une remise en cause intraitable des protections, et autres acquis sociaux, et des chances de progrès pour le plus grand nombre.

    Concomitance historique troublante cette remise en cause, le verrouillage des médias et cette menace sur la liberté d’expression !

                 Que personne n'oublie que la liberté de parole d’un Dieudonné nous protège tous de la censure qui pourrait alors nous frapper dans notre dénonciation de ce nouvel ordre sans honneur ni justice.

     

    1 - Sur LCP, Rokhaya DIALLO a obtenu 26 minutes par mois pour nous parler des minorités visibles !
    La demande d’une juste répartition des commémorations et de la transmission de la mémoire, à propos de la colonisation et de tous ses crimes ainsi que de la traite négrière... est qualifiée de "concurrence victimaire" contre le génocide juif. Et aucun budget n'y est consacré : documentaires, fictions, livres, programmes radio et télé, colloques...

     

    2 - Arrêt rendu en 1H30 et qui remet en cause, une fois de plus, la loi sur la liberté de réunion et plus grave encore : menace "le droit à l'humour" avec la mention d'une "atteinte à la dignité humaine" qui ouvre en grand la porte à toutes les stratégies liberticides, et tout aussi préoccupant...  à des demandes d'interdiction qui émaneraient d'associations de défense de minorités ethniques, sociales et pourquoi... minorités physiques : les gros, les petits, les handicapés...

    En revanche, les Femen peuvent uriner dans les églises (on appelle ça du vandalisme) et Mahomet être outrageusement caricaturé...

    A ce propos, se reporter à l'article de Thierry Lévy, avocat, dans le Monde.fr

     

     

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             Passons au public de Dieudonné maintenant : on évoque une quête identitaire à son sujet.

    Soit.

    Encore faut-il prendre son courage à deux mains et dire les choses : dans les faits, il n’y a pas de crise d’identité mais un refus : celui de voir une identité qui est bien plus qu’une identité mais un véritable projet porté par nos élites au sortir de la seconde guerre mondiale regroupées autour du Conseil national de la Résistance… le refus donc de voir ce projet qui était destiné à rayonner bien au-delà de nos frontières, littéralement saboté par des hommes qui n’en ont aucune idée faute de pouvoir l’assumer car, là encore, leur carrière dépend de leurs seules capacités à passer outre.  

    Paradoxalement, ce sont les pays étrangers qui nous le rappellent à chaque fois que nous renonçons à notre indépendante en matière, par exemple, de politique étrangère. Certes, ce ne sont pas les Allemands, ni les Britanniques ni les Etats-Unis qui nous rafraichissent la mémoire ! mais… des dizaines de pays de par le monde… des pays dominés aux populations opprimées et qui ne reconnaissent plus cette France de Jeanne d’Arc, de Victor Hugo, de Jaurès, de Bernanos et de de Gaulle ; celle des Cathédrales et des Misérables - notre bible républicaine ; une France avec tout son passé, telle une force qui chemine sans entraves et sûre de sa destination, accompagnée de tous ceux qui devraient pouvoir trouver auprès d’elle une main et un bras fermes.

     

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             Crise d’identité, crise économique… crises , crises… en veux-tu en-voilà ! Quid du délitement ?

    Le mot est lâché.

    Mais quel délitement ? Qui en est responsable ? Et délitement de qui, de quoi ?

     

                 Certes, le délitement est là: à la fois dans l’ignorance et dans toutes les stratégies  de sabotage d’un héritage et d’une ambition ; sabotage au profit d’individus pour lesquels le monde n’est qu’un Hôtel… taudis pour les uns, Palace pour les autres, de Paris à New York, en passant par Tel Aviv, Casablanca et Hong- Kong.

    Car, dans les faits, si extrême droite il y a, elle est bien là cette extrême droite ! Dans une mondialisation qui n’a que l’alternative suivante à nous proposer : se soumettre ou bien périr !

    Aucune sphère ne sera épargnée : vie publique, vie privée, de l’entreprise à la chambre à coucher  - celle du couple comme celles des enfants -, de la cellule familiale au quartier, la ville, le canton, le département, la région...

    Finalement, rien n’est plus régressif que cette mondialisation-là ; régression archaïque caractéristique d’une Oligarchie pourrie, gâté, mentalement pré-pubère et onaniste dans la pratique qui s’en met ras la gueule depuis trente ans, et qui n’en a jamais assez ! Une mondialisation que l’on pourrait facilement se représenter, à peine caricaturale, dans la position du foetus, à sucer son pouce et le sang de ses victimes… tellement les pulsions qui la dominent sont primitives et de l’ordre des instincts pré-civilisationnelle : une mondialisation de Neandertal pour une psychologie non pas de comptoir mais de cavernes.  

    Et cette mondialisation-là relève sans aucun doute de l’étude psychanalytique.

     

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               Taquins, d’autres encore prétendent que Dieudonné et son public seraient porteurs de revendications qui ont du mal à être conceptualisées feignant d’ignorer sans doute que cette conceptualisation a déjà eu lieu, de l’instauration d’un Etat dit « de droit » de Montesquieu à la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 : droits qui se voulaient inaliénables et qui, pourtant, n’ont pas cessé de faire l’objet d’attaques brutales depuis trente ans, véritable harcèlement, jour après jour, majorité après majorité, élection présidentielle après l’autre.

    Et c'est bien sûr, et c'est alors... qu'une fois les médias verrouillés, une fois acquis le soutien de la quasi-totalité de la classe politique, et le monde des affaires conforté… c’est alors qu’arrive le grand mensonge et chantage à l’anti-sémitisme contre la critique d’un univers unidimensionnel et liberticide d’une intolérance inouïe.

     

                 La critique d’une politique d’un Etat qui n’a plus rien à envier à l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid ? Antisémite. La critique des médias et de ceux qui y cumulent salaires et fonctions ? Antisémite. La critique d’un sionisme (judaïsme politique) corrupteur de nos élites au plus haut niveau de l’Etat ? Antisémite. La critique du bourrage de crâne avec le génocide juif ? Antisémite. La dénonciation de l’’instrumentalisation de ce génocide ? Antisémite. La demande d’une juste répartition des commémorations et de la transmission de la mémoire, à propos de tous les crimes coloniaux et de la traite négrière ? Antisémite. Une blague à propos d’un tueur toulousain ? Antisémite. La critique d’un CRIF entre les mains d’une extrême droite venue d’une région du monde qui ne trouve son salut que dans le meurtre, les assassinats, l’occupation et les bombes ? Antisémitisme. La critique de la banque ? Antisémite. La quenelle anti-système ? Antisémite. La lutte contre la mondialisation ? Antisémite. La remise en cause d’une Europe qui est une véritable guerre contre les salaires et les droits sociaux ? Antisémite. La remise en cause de la version officielle du 11 Septembre ? Antisémite et Négationniste. Jean-Marie Bigard, Mathieu Kassovitz, Besancenot, Taddéi, Edgar Morin, Raymond Barre, Michel Onfray, Mélenchon, Godard, Robert Ménard,  la sénatrice UDI Sylvie Goy-Chavent... tous antisémites !

     

    Mais alors… si tout est anti-sémitisme et négationnisme… c’est que tout est juif ?

    Oui ? Non ?

    Ou bien, alors… si tout est anti-sémitisme et négationnisme, c’est que plus rien ne l’est.

    Oui ? Non ?

    - …………………………….

    Allô ? Vous êtes là ?

     

                Il semblerait que le piège se soit refermé sur ses instigateurs car « la ruse la mieux ourdie peut nuire à son inventeur  et souvent la perfidie retourne sur son auteur »  - Jean de La Fontaine : la grenouille et le rat.

     

    ***

     

                Pour finir… ajoutons ceci : rien n’est plus politique que Dieudonné le métis qui porte en lui l’assurance du maître et la révolte de l’opprimé - un métissage qui est une force ! Dieudonné, son public, ses détracteurs et tout ce qu’un gouvernement est capable de mettre en oeuvre pour tenter de le faire taire ; à défaut, de le discréditer. Même le silence de ceux qui ne pipent mot, terrés et terrorisés, hurle politique, hurle à la politique.

    Pour sûr, tout est éminemment politique sur l’affaire, le phénomène Dieudonné. Et c’est là que toutes les forces coalisées se rejoignent et œuvrent et tirent dans le même sens, tous tenus d’obtempérer jusqu'au ridicule et la honte, l'épuisement pour d'autres : nous tromper en affirmant haut et fort que Dieudonné n’est pas politique mais antisémite, dans l’espoir de le disqualifier et que l’on se détourne de lui.

     

                 Alors oui ! Dieudonné est leur psyché à tous... tous détracteurs : cet ensemble de phénomènes psychiques qui constitue non pas leur individualité à tous indépendamment de tous les autres, mais bien plutôt tout ce à quoi ils sont soumis, tout ce à quoi il leur est demandé de souscrire. Aussi, chacune des paroles de notre humoriste, chacun de ses sketchs, chaque spectacle leur apporte non pas tant la contradiction qu'une honte ingérable ; d'où la gêne des uns, la colère des autres, et la haine pour les plus affectés d'entre eux par cette entreprise de désindividuation dans laquelle tous se sont laissé entraîner comme on vend son âme au diable, un diable au sourire angélique, car c'est là le prix à payer pour quiconque souhaite prospérer au mieux de ses intérêts - donneurs d'ordres, exécutants, supplétifs et larbins confondus... tous au service d'un impératif qui frôle à terme l'anéantissement psychique  -, au profit d'une solidarité ethnique, professionnelle ou de classe (c'est au choix ! et tous les choix sont possibles à la fois) aux intérêts bien compris et jalousement préservés.

    Poison qui condamne notre société à d'incessants conflits tantôt larvés, tantôt ouverts que cette démission de l'être... étant !

    Ressentiment et guerre d'usure, pourrissement et instrumentalisation politique... dans ces conditions, rien de surprenant que tous - classe politique, monde du spectacle et médias -, souhaitent se débarrasser de Dieudonné contre lequel une guerre sans pitié et dissymétrique est menée... (c'est à noter une fois encore... une guerre dissymétrique de plus après celle qui ont été, et sont menées, ailleurs dans le monde contre des pays tout juste capables de se défendre).

     

               Le rire reste un mode de résistance d’une efficacité redoutable contre notre impuissance face à la tyrannie. Avec l’humour, et le rire qui l’accompagne, on reprend la main et le pouvoir. Il arrive aussi que le rire rende justice à ceux qui en sont privés. Belle revanche des déshérités alors !

    Le public de Dieudonné, cette France Black-Blanc-Beur qui a trouvé refuge dans les salles de ses spectacles, cette France Black-Blanc-Beur dont personne n'accepte en l’état, cette France-là, Black-Blanc-Beur, n’a qu’un ennemi : le mépris, l’arrogance et la voracité d’un système pour lequel les êtres humains ne sont que des ventres à remplir ou bien, à affamer si ces ventres refusent de marché droit (des ventres ici, et des Peuples ailleurs aussi… c’est selon... leur niveau de soumission ou de résistance !), et du temps de cerveau disponible à distraire jusqu'à l'abrutissement et à manipuler jusqu’à renoncer à une quelconque résistance.

    En attendant, Dieudonné a certainement besoin de se protéger de quelques dirigeants d'associations communautaires et de leurs supplétifs qui depuis dix ans cherchent à abattre celui qu'il faut bien se résoudre à considérer comme notre plus talentueux humoriste satirique de langue française depuis Molière, fils de Voltaire, sans aucun doute le plus grand anti-tartuffe de la société du spectacle médiatique et politique. 

     

    ***

     

                  Que l’on nous montre un honnête homme, un seul, ou qu’il se fasse connaître dans les meilleurs délais, qui ne soit ni un politique aux arrières pensées inavouables ni juge et partie, ni un pleutre, ni un imbécile ou bien une gourde, un honnête homme donc qui soit d’avis qu’il n’y a rien à sauver chez Dieudonné… car on l’attend encore !

                   Et c'est bien là que tout soutien à Dieudonné trouve son sens.

     

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    Pour prolonger, cliquez : Le phénomène Dieudonné

     

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  • Le Tour de France et son petit peuple

     

                    Exutoire sans foi ni loi, opium d'un public abstentionniste, mentalement désoeuvré, le plus souvent sans conscience politique et sociale, année après année, force est de constater qu'il n'y a plus rien à sauver dans le football - ni les joueurs, ni les supporters, ni l'arbitre - même pas le ballon ! et ce depuis des lustres d'autant plus que personne ne sort grandi d'un match de football, excepté le pire : racisme, insultes, beuverie, casse, triche et disgrâce...

                   Un seul antidote à cette calamité : le tour de France et son petit peuple enjoué, paisible et fraternel, toutes nationalités confondues.

     

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                  Ouvert à cent quatre-vingts pays répartis sur deux continents, avec en prime, un ou deux Australiens venus tenter leur chance...

    Né du sol, de la terre et de l’histoire d’un pays, la France... le Tour c’est une boucle, la Grande Boucle qui ne finit jamais là où elle a commencé : mer, montagne, plaine, vallées, cols, montées, descentes... des Pyrénéens aux Alpes, de Lille à Montpellier.

    En grappe indissociable, ou bien solitaire après une échappée, loin d’un peloton décidément trop attentiste, les petites jambes, comme ailleurs les petites mains, celles d'une ruche travailleuse aux couleurs des maillots des sponsors - et pas toujours pour un salaire en or -, veillent au grain, protègent et couvent leurs leaders pour lesquels tous pédalent. Et cinq heures de selle plus tard, les jambes aussi lourdes qu’une responsabilité quand elle est collective, le visage tuméfié, écarlate, c’est le témoignage d’un Tour de France véritable tour de force qui nous est rapporté là, dans des interviews données à bout de souffle, grimaces et douleurs, car le Tour n’épargne personne, même les plus talentueux.

     

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                 Entre deux crises et scandales autour du dopage, le Tour demeure infatigable ; depuis sa première épreuve en 1903, ce sont 2000 étapes et prologues qui ont été courus, 350 000 km, soit approximativement la distance terre-lune.

    Le Tour c’est aussi le carnaval avec sa Caravane aux milles gadgets et autres produits dérivés de sponsors qui n'oublient jamais le prix de l'investissement consenti ; une caravane privée de chameaux et de dromadaires avec pour seul désert le sable d’un bord de mer, le long d’un littoral hilare à cor et à cri, dans le bruit et la fureur de vivre le passage toujours trop court (et trop rapide en plaine) de 180 cyclistes casqués, 180 "forçats de la route" partis à l’assaut du granite, du marbre, du goudron, sous la pluie, le soleil, le vent.

    Une seconde d’inattention, une mauvaise trajectoire, et c’est la chute !

    Coppi, Bobet, Anquetil, Eddy Merckx, Poulidor, Indurain... pédalez, pédalez, il en restera toujours quelque chose !

    Trois semaines plus tard : les Champs Elysées et une légende.

     

    ***

     

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                 Parole donnée, contrat qu'il faudra respecter à la lettre pendant trois semaines pour quelques euros en fin de parcours pour le plus grand nombre, le Tour c'est aussi  un engagement qui ne souffrira aucune volte-face, aucun dédit : solidarité et esprit d'équipe devront tout emporter et tout remporter car le cyclisme est bien le sport le plus collectif parmi les sports individuels : seul, rien n'est possible.

                Bien que mondial, avec le Tour, le local reprend tous ses droits : du continent au village, du champion australien à l’enfant du pays, de la région, du département, du canton, de la ville d'un des coureurs que le Tour traversera au pas de charge et de course… mieux encore… une étape peut-être !

    Fabrique médiatique par excellence - 200 journalistes, hélicoptères, motos et caméras, retransmis dans plus de 180 pays (la communauté onusienne)…

    Le Tour de France c’est 100 millions d’Euros de chiffre d’affaires, une centaine de télévisions, quatre mille hommes et femmes travaillant d'arrache-pied pendant trois semaines. Commercial - mais pas plus que les autres épreuves sportives -, on oublie trop souvent que cette entreprise privée qu'est le Tour est sans doute la plus nationale qui soit. Troisième manifestation sportive la plus regardée au monde, c'est dans les années 60 que la Télévision viendra prêter main forte au Tour pour une mise en image de tout un territoire et de tout un public alors encore invisible : tables, chaises, tentes, camping-car, sous un parasol ou sous un parapluie, c’est tout un Peuple que la Télévision nous proposera comme spectacle ; celui d'un enthousiasme frénétique. 

                  Mythologie romantique, Albert Londres, Henri Decoin, Antoine Blondin et d'autres encore, célèbreront le lyrisme de cette frénésie.

    Paysages à vous couper le souffle, territoires oubliés, perdus puis retrouvés, de découverte en découverte, le Tour est sans aucun doute la meilleure des vitrines et la plus exhaustive brochure touristique jamais conçue ! Et si sept à quinze millions mobilisés autour de cet événement ne font pas une nation, pour un peu, on en viendrait presque à penser que c'est tout un Peuple qui s’est réuni là, toutes nationalités confondues, au bord des routes ou devant son écran de télévision ; tout un Peuple aux côtés d’un Tour de France réconciliateur et consolateur.


    Courir aux côtés des cyclistes, faire un bout de route avec eux, les encourager, hurler qu’ils ne doivent pas relâcher leur effort ; effort quasi sur-humain, le partager, le célébrer... témoigner, avoir été là, tout près, le jour de la victoire du grand champion... irremplaçables ils sont tous ! Car... qui peut nier le fait que sans eux, sans ce petit Peuple du Tour de France, le Tour ne serait plus vraiment Le Tour…

    Personne !

     

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                 Pacifique cet adulte qui court et hurle un « Allez ! Allez ! » altruiste et compassionnel aux côtés d’un cycliste qui rêve d’une victoire et sans doute aussi de repos ! Rien de surprenant à cela : a-t-on déjà vu des armées battre le fer, vaincre, envahir, occuper et dominer des populations entières à bicyclette ?

    Là où le football casse, insulte et agresse, le vélo - et sa plus grande fête et son plus grand hommage qu’est le Tour de France -, adoucit les mœurs et les tempéraments, et place un large sourire sur le visage d’un public qui nous réconcilie avec tous les publics et tous les enthousiasmes et tous les sports ; sourire et joie pour une célébration du courage, de l'effort et de l'intelligence tactique.

     

                Pour cette raison, aucune autre manifestation sportive de masse ne peut rivaliser avec le Tour de France.

     

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  • Simone Weil : pesanteur et grâce

     

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     » Que savez-vous de votre douleur en moi ? »

    (Bartleby – Hermann Melville)

     

             Agrégée de philosophie en 1931 à l'âge de 22 ans, Simone Weil aura tout sacrifié (santé, confort matériel, palmes et carrière académiques) à la vérité de l'existence et à son destin auquel elle n'aura pas cherché à échapper, s'y livrant tout entière.

    Elève d’Alain, admiratrice de Platon, de conviction révolutionnaire, très vite elle milita dans les rangs de l’extrême gauche. Elle aura couru la révolution aussi longtemps que ses forces physiques le lui permettaient… en Espagne et en URSS. Anti-stalinienne, elle disait : « Il faut accueillir  toutes les opinions et les loger verticalement à des niveaux convenables. »

                 Cette petite femme décédée à l'âge de 34 ans de tuberculose, chétive, de santé précaire, aura partagé le sort des ouvriers agricoles et celui des ouvriers de l'industrie automobile, chez Renault, comme fraiseuse, car à ses yeux : « Contempler le social, constitue une purification aussi efficace que se retirer du monde ».

     

                 

     

                Rétablir l’équilibre en se portant du côté des opprimés, helléniste, elle ne faisait qu’une avec ses idées et ses expériences. Issue d'un milieu cultivé, elle haïssait l’argent ; elle y voyait le Mal absolu, corrupteur de toutes les cultures et de tous les Peuples. Elle condamnait une culture ignorante de l'univers et du sacré sources de toute morale universelle. Très tôt, elle a considéré le "déracinement" des Peuples comme une calamité, la plus grave maladie morale d’un siècle de l’argent et de la marchandise, car ce déracinement abolit les devoirs de l’homme envers l’homme, encourageant une liberté sans spiritualité, une liberté vide et abstraite.

               Agnostique, elle éprouvera ce qu’il est convenu d’appeler « la présence du Christ », à la fin des années 30. Les évangiles deviendront alors son livre de chevet. Profondeur rare d’une vie spirituelle intense, Pascal, Saint Jean de la Croix, sainte Thérèse de Lisieux succéderont à Platon.

    En 1941, elle écrivait : « Dieu a créé un monde qui est, non le meilleur possible mais comporte tous les degrés de bien et de mal. Or, aujourd’hui, nous sommes au point où il est le plus mauvais possible ».

     

                    « … Lumière pour l’esprit et nourriture pour l’âme, l‘œuvre de Simone Weil n’a pas à être « actualisé » parce qu’elle émane de ce sommet de l’être qui surplombe tous les temps et tous les lieux (…) car la vraie lumière ne se décolore pas et les vraies sources n’ont jamais  besoin d’être rafraîchies. Et qui dit temporel dit aussi universel. Le fait que j’ai eu le privilège immérité de présenter au public le premier livre de Simone Weil m’a valu d’innombrables témoignages issus des quatre coins de l’univers. Et ce qui m’a le plus frappé dans ces témoignages, c’est qu’ils venaient des êtres les plus divers par leur origine, leur rang social, leur milieu culturel, etc… et que tous avaient été également marqués jusqu’au fond de l’âme par la lecture d’une œuvre où ils avaient trouvé la révélation d’une vérité intérieure attendue en vain jusque-là. Au crépuscule du siècle où l’accélération de l’histoire a fait surgir et s’écrouler tant d’idoles, ce livre apparaît de plus en plus comme un message d’éternité adressé à l’homme éternel, ce « néant capable de Dieu », esclave de la pesanteur et libéré par la grâce« . – Gustave Thibon – post-scriptum de 1990 à la préface de l’édition de février 1947.

     

                  Tuer le moi de l’intérieur, voilà la bataille à mener ! L’offrir en sacrifice en s’exposant nue et sans défense à toutes les vicissitudes de la vie. Théologie et métaphysique, la pesanteur c’est la loi de la création, la condition de l’homme et seule la grâce peut nous permettre de nous y soustraire car seule la grâce nous permet de nous « dé-créer » pour rejoindre Dieu : « Dire au Christ comme saint Pierre : Je te resterai fidèle, c’était déjà le trahir car c’était supposer en soi et non dans la grâce la source de la fidélité ».

    Privée d’armure, Simone Weil est l’anti-héroïne par excellence car le saint est nu, toujours ! Pour Simone Weil, le bien ne peut être qu’une nécessité intérieure : on ne peut pas faire autrement. A propos du Mal, Simone Weil écrira : "Si quelqu'un me fait du mal, il faut désirer que ce mal ne me dégrade pas par amour pour celui qui me l'inflige et ce, afin qu'il n'ait pas vraiment fait du mal"... seule condition qui permette le pardon tout en rendant à tout un chacun son humanité même si ses actes semblent l'en avoir exclu. Et à ce propos, rares sont ceux qui savent se montrer à la hauteur de leur martyre et de leur histoire même si quelques exceptions individuelles existent car, regroupées en communauté, les victimes ont tôt fait de rejoindre en acte leurs bourreaux selon le principe qui veut que nous ayons tous de bonnes raisons d'être ce que l'on est et de faire ce que l'on fait.

    La pire des atrocités devrait pousser la victime, dans un élan irrépressible, à la sainteté... quasiment. Certes ! Le calendrier n'y suffirait pas. Aussi, on pourra longtemps regretter que Simone Weil n’ait pas vu l’Europe libérée car nul doute, elle aurait su comme personne nous rappeler que les pires atrocités et injustices nous rapprochent du divin, de Dieu et de la grâce… et obligent ses victimes plus que les bourreaux à une exemplarité qui toucherait alors à la sainteté, elle qui l’a toujours frôlée de ses ailes d'ange turbulent.

     

                "L’extrême grandeur du Christianisme vient de ce qu’il ne cherche pas un remède surnaturel contre la souffrance mais un usage surnaturel de la souffrance" : souffrance expiatrice de celui qui veut le bien tout en ignorant le mal qui le lie contre une souffrance rédemptrice, celle de l’innocence... fascinée par l’absolue et l’éternel, son unique vœu était de ne plus faire écran entre Dieu et les hommes et de disparaître de son œuvre... une œuvre qui nous réconcilie avec le Christianisme, loin de ceux qui ne savent que nous en offrir une lecture et une interprétation unidimensionnelles.

               Qu’il soit ici permis de dire que le siècle qui est le nôtre sera non pas religieux mais... notre siècle sera celui de l’enracinement et de la spiritualité ou bien… il ne sera qu’un nouvel enfer sans purgatoire pour le plus grand nombre, et pas seulement pour les plus faibles d'entre nous.

     

     

                       

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  • Graffitis "anonymes" et non datés : Barlinek - Pologne

                     graffitis serge uleski barlinek pologne anonyme              

                         Oeuvre "anonyme" non datée, malheureusement éphémère car le site qui l'a vue naître  (une scierie désaffectée depuis une vingtaine d'année)  sera détruit très prochainement. 

                        Notez que "Kocham cie" signifie "Je t'aime" en polonais.

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                             Scierie désaffectée depuis une vingtaine d'année (c'est l'étage supérieur à la toiture détruite qui est représenté ici) ; bâtiment aujourd'hui livré à la forêt qui enserre le lac de Barlinek.

                             Cette friche sera détruite très prochainement. Une partie de ses murs (au RDC) abritent de très belles compositions de graffitis.

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                 Un miracle le fait qu'il ait pu être donné à un visiteur fortuit de "sauver" photographiquement ces oeuvres ?

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                  Qu'il me soit permis de me déclarer "légataire universel" de la représentation et de lla conservation photographique (juin 2019) de ces graffitis sortis à la fois de l'oubli et de la menace d'une disparition définitive. 

     

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  • Gilbert Bécaud : le bain de minuit

     

     


     

                   Où vont-ils tous quand ils nous quittent après nous avoir donné tout ce qu'ils ne pouvaient pas ne pas nous donner car pour eux, c'est de leur propre existence, de leur propre vie et survie, dont il était question et dont il a toujours été question ? Nous qui avons eu la folie ou bien la bêtise de penser  que nous pouvions faire sans eux...

                   Si nous ne savons pas et ne saurons sans doute jamais où ils sont allés, une chose est certaine : ils sont reviennent ; oui, ils nous reviennent tous ! Et c'est alors que l'on prend conscience de tout ce que l'on a bien failli oublier d'eux...

    Irréfutables ils sont quand ils s'avèrent rétrospectivement irremplaçables !

     

    Pour prolonger, cliquez : Crise de la transmission
                                                     

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  • Bukowski, Gazzara, Ferreri and co

     

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    Style is the answer to everything.
    Fresh way to approach a dull or dangerous day.
    To do a dull thing with style is preferable to doing a dangerous thing without style.
    To do a dangerous thing with style, is what I call art.
    Bullfighting can be an art.
    Boxing can be an art.
    Loving can be an art.
    Opening a can of sardines can be an art.
    Not many have style.
    Not many can keep style.
    I have seen dogs with more style than men.
    Although not many dogs have style.
    Cats have it with abundance.

    When Hemingway put his brains to the wall with a shotgun, that was style.
    For sometimes people give you style.
    Joan of Arc had style.
    John the Baptist.
    Jesus.
    Socrates.
    Caesar.
    García Lorca.
    I have met men in jail with style.
    I have met more men in jail with style than men out of jail.
    Style is a difference, a way of doing, a way of being done.
    Six herons standing quietly in a pool of water, or you, walking
    naked out of the bathroom without seeing me.

     

    ***
         

     

     

    Extrait de Tales of Ordinary Madness de Marco Ferreri d'après le roman de Charles Bukowski (1920–1994).

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    And the sun wields mercy but like a jet torch carried to high.

    And the jets whip across its sight
    and rockets leap like toads…

     

    Peace is no longer, for some reason, precious
    Madness drifts like lily pads
    on a pond circling senselessly…

     

    The painters paint

    Dipping their reds and greens and yellows
    poets rhyme their loneliness
    musicians starve as always

    and novelists miss the mark…


    But not the pelican , the gull
    Pelicans dip and dive, rise
    shaking shocked half-dead
    radioactive fish in their beaks…

     

    The sky breaks red and orange

    Flowers open as they always have opened

    but covered with thin dust of rocket fuel

    and mushrooms, poison mushrooms…

     

    And in a million rooms, lovers lie entwined and lost and sick as peace…
    Can’t we awaken?

    Must we forever, dear friends, die in our sleep?

     

     

    ____________________________

     

    Extrait du poème And the sun wields mercy de Charles Bukowski

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  • Mylène Vignon : une garance pour le violoncelle

     

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    Vers l'Or 

     

     

     

     

     

    Mettre dans la lumière

     

    Une belle inconnue

     

    Encensée

     

    Dans la diversité

     

    Ecrire une sonate

     

    Sur un texte improvisé

     

    Esquisser une valse

     

    Slamer

     

    Dans la galaxie

     

    Au-delà des clivages

     

    Quelle est ta règle d'Or ?

     

    Toi

     

    Vous

     

    Réunis

     

     

                 "J’ai écrit ces lignes sous forme de poèmes, pour exprimer les couleurs de mes émotions face aux œuvres contemplées, avant analyses. Car nos émotions correspondent aux couleurs : vert de rage, rose de confusion, rouge de honte, idées noires, blanc de douleur, rire jaune, bleu à l'âme, bleu comme une orange..." - Mylène Vignon.

     

    ____________________

     


                 Vers Orion et la Fille à l’arrosoir, cafetière d’amour, café des fous...

    Objectif : nostalgie et nuit avec Anaïs, ange et femme plume.

    Sous  la neige et la vie d’un bleu d’une beauté en toute saison pareille à la Tour Eiffel, et sur les toits aussi, le sculpteur de verre a la sensualité d’une sphère

    Tandis que la Sirène blessée, questionne de son violoncelle le blanc d’une trace qui conduit à la mer.

    Le bonheur, poète de la nuit, la rivière et  l'Homme Personne à l'Origine du monde, rap et écriture de l'enfance, cette inconnue du métro Henri IV et des ruches de Manhattan

    Librairie d’Or, atelier en fête de Saint-Germain-des-Près consacrent alors un nouveau mariage : Jazz et souvenir... celui d’Elena.

                      Alors oui ! Rose la vie de Mylène Vignon, une garance pour le violoncelle et les enfants du paradis, là où Prévert et Eluard se regardent et attendent.

     

    ___________________________

    mylène vignon,garance,prévert,éluard,poésie,recueil,les étidions unicité,littérature,édition,livres,lectureMylène Vignon est journaliste, commissaire d’événements culturels, expert en art contemporain, rédactrice en chef à Saisons de Culture, présentatrice et co-productrice de Secrets d’Ateliers à BDM TV.

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  • Dieudonné, qu'il pleuve ou qu'il vente

     

                         

     

                       Ce que l'on pourra difficilement leur pardonner à tous (associations communautaires juives - CRIF et UEJF en tête -, médias, élus locaux - maires des communes -, tribunaux) c'est d'avoir contraint le plus grand humoriste de la scène francophone à exercer son art dans des champs de betterave , parfois sous la pluie, qu'il vente, qu'il neige...

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                          Décor minimaliste pour Dieudonné dans la campagne nivernaise ; succès maximal de son public © Photo Jean-Christophe Henriet

     

                    De ce Molière des temps modernes, ce Voltaire pourtant bien plus respectable que le millionnaire du 18è siècle du même nom dont la fortune a pour origine la spéculation et le commerce triangulaire (la Traite)...


                                 

     

                       ... difficile d'oublier Dieudonné chez Fogiel en 2008 et ce sketch qui mettait en scène un colon religieux israélien ; ce sketch a eu l'imprudence de dénoncer une frange extrémiste du judaïsme (après le Christianisme et l’Islam que Dieudonné avait moqués dans deux spectacles précédents) encouragée et soutenue par l’Etat israélien à des fins d’expansion territoriale via la colonisation des territoires palestiniens ; une politique du fait accompli qui se veut irréversible.

    Jamais Dieudonné ne s'en excusera.

    En 48H, toutes les portes se fermèrent  - télés, radios, presse, salles de spectacle -, à la demande du CRIF - une des nombreuses officines israéliennes sur notre sol - et ce dans l'indifférence générale.

    Jamais Dieudonné ne cédera.

    D'où l'immense respect (et fidélité) que son talent et son courage suscitent chez nombre d'entre nous depuis plus de 20 ans.

     

                                                                     ***

     

                     "Le rire reste un mode de résistance d’une efficacité redoutable contre notre impuissance face à la tyrannie du réel car, avec l’humour, et le rire qui l’accompagne, on reprend la main et le pouvoir." - Serge ULESKI à propos du "rire" :  ICI

     

                  Dieudonné, un humoriste avec de la suite dans les idées ?           

                 C'est sûr ! Rien n’est plus politique que Dieudonné le métis qui porte en lui l’assurance du maître et la révolte de l’opprimé - un métissage qui est une force ! Dieudonné, son public, ses détracteurs et tout ce qu’un gouvernement est capable de mettre en oeuvre pour tenter de le faire taire hurlent à la politique. Même le silence de ceux qui ne pipent mot, terrés et terrorisés à l'idée de rendre justice à son immense talent, hurle politique, hurle à la politique.

    Tout est éminemment politique sur le phénomène Dieudonné. Et c’est là que toutes les forces coalisées se rejoignent et œuvrent et tirent dans le même sens, tous tenus d’obtempérer - Dieudonné ne s'exprimera pas, il ne doit pas être entendu ! - jusqu'au ridicule et la honte, l'épuisement pour d'autres.

    Un Dieudonné Spartacus du rire, là où l'humoriste, ainsi nommé, cesse d'être un esclave et ce faisant, libère tous les autres humoristes de la malédiction d'un humour tiroir-caisse, un humour de flagorneur, et pour voie de conséquence, un humour affligeant comme tout ce qui rabaisse l'homme à ce qu'il croit savoir de lui-même, qui n'est le plus souvent que ce qu'on a daigné lui enseigner ou bien ce qu'on a souhaité lui faire espérer de lui-même et des autres.

                   Dieudonné demeure le plus grand satiriste-activiste français depuis DADA, les surréalistes, Alphonse Allais, Jarry... et plus tôt, bien plus tôt encore : Molière.

     

    _______________________

     

    Pour prolonger, cliquez  : DIeudonné, une résistance inespérée

                                                        

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  • Crise de la transmission et deuil de l'oubli

     

                       Ce que vous n'avez pas connu ne peut en aucun cas vous manquer !

                      En sommes-nous si sûrs aujourd'hui ?

     

     

    Léo Ferré. Paul Verlaine. Colloque sentimental

     

    Allain Leprest - Sur les pointes

     


     

    _____________________

     

     

                 Léo ferré, Allain Leprest, François Béranger, Colette Magny, Jean Vasca...

    Qui les protègera de l'oubli, de cette perte de mémoire, de cette amnésie savamment organisée et entretenue par des marchands de succédanés et une économie de l'ersatz qui a tout emporté sur son passage ?

     

                 Au sujet de cet oubli, le véritable deuil, finalement, n’a pas pour objet la perte - à l'heure du numérique, plus rien ne se perd, et pour peu qu’il s’agisse d’une œuvre, celle-ci est indestructible : désormais, ce qui a été le sera à jamais !

    Non ! Aujourd'hui, le deuil a bien plutôt pour objet l’absence de transmission et l’ignorance certaine de ceux à qui aucune chance ne sera donnée de découvrir et de connaître tout ce dont il nous a été donné d'être les témoins...

    Car si Internet c'est toute la mémoire du monde, avec le concours de millions d'acteurs du web déterminés à transmettre le passé, même récent, encore faut-il soupçonner l'existence de tout ce qu'une génération a pu faire advenir intellectuellement et artistiquement.

     

                  Le deuil, c’est donc le deuil de la non-transmission avec lequel il nous faut vivre ; le deuil de notre incapacité à pouvoir transmettre et « raconter l’autre » qui n’est plus ; le raconter auprès d’un public absent, indisponible ; des millions d'êtres humains privés de leurs capacités à faire un pas en arrière car, aujourd’hui,  il n’est donné à personne de se retourner : "Pas le temps ! Et puis j'étais pas né !"

    Et ce deuil-là est sans recours ni consolation.

     

     

    ***

     

                 Bernard Lavilliers... sans doute un des derniers auprès desquels trouver encore un peu de réconfort.

     

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